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Full text of "Archives de l'art français"

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PURCHASED   FOR  THE 

UNIVERSITY  OF  TORONTO  LIBRARY 

FROM  THE 

CANADA  COUNCIL  SPECIAL  GRANT 

FOR 

ART   «68 


3 


7^^'" 


NOUVELLES    ARCHIVES 

DE   L'ART    FRANÇAIS 


nJB  lonnoi  rj 


REVUE   DE    L'ART   FRANÇAIS   ANCIEN    ET    MODERNE 

{4«   ANNÉE,    1887) 


Les  deux  premières  années  de  la  Revue  parues  en  1884  et 
en  i885,  en  même  temps  que  les  deux  derniers  volumes  des 
Scellés  et  Inventaires  d^artistes,  peuvent  être  classées  à  leur  suite 
et  former  ainsi  le  Tome  I  de  la  Troisième  Série  des  Nouvelles 
Archives  de  l'Art  français. 


Nogent-le-Rotrou,  imprimerie  Daupeley-Gouverneur. 


NOUVELLES  ARCHIVES 


DE 


L'ART   FRANÇAIS 


TROISIEME    SERIE 

TOME  III 

ANNÉE    1887 


REVUE  DE  L'ART  FRANÇAIS  ANCIEN  ET  MODERNE 

(QUATRIÈME    ANNÉE) 


PARIS 
CHARAVAY    FRÈRES 

LIBRAIRES    DE    LA   SOCIÉTÉ   DE    l'hISTOIRE   DE    l'aRT   FRANÇAIS 
4,    RUE    DE    FURSTENBERG 


2ÎA^ 


OCT  9 


A. 


N 

Se-;,  3/9 
i3 


LISTE  ALPHABÉTIQUE 
DES    MEMBRES    FONDATEURS 

DE    LA   SOCIÉTÉ 

DE  L'HISTOIRE  DE  L'ART  FRANÇAIS 

EN    1887. 


La  Bibl 
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othèque  de  Copenhague. 

othèque  de  Grenoble. 

othèque  de  Lille. 

othèque  de  l'Ecole  nationale  de  Limoges. 

othèque  du  Palais  des  Arts,  à  Lyon. 

othèque  de  Munich. 

othèque  de  la  Ville  de  Paris. 

othèque  de  Pau. 

othèque  de  Saint-Etienne. 

othèque  de  la  préfecture  de  la  Seine. 

othèque  de  Troyes. 

othèque  de  l'Ecole  des  Chartes. 

othèque  de  l'École  nationale  des  Arts  décoratifs, 

MM. 


Alkan  (Alphonse),  à  Paris. 

André  (Edouard),  à  Paris. 

Armand,  architecte,  à  Paris. 

Arnauldet  (Thomas),  à  Niort. 

Bailly,  membre  de  l'Institut,  à  Paris. 

Ballu  (Roger),  inspecteur  des  Beaux-Arts,  à  Paris. 

Bapst  (Germain),  à  Paris. 


Barbet  de  Jouy,  membre  de  l'Institut,  à  Paris. 

Barthélémy  (le  comte  Edouard  de),  à  Paris. 

Berger  (Georges),  à  Paris. 

Bonnaffé  (Edmond),  à  Paris. 

Bonnassieux,  membre  de  l'Institut,  à  Paris. 

Bosc  (Ernest),  architecte,  à  Paris. 

Bouvenne  (Aglaûs),  à  Paris. 

Bouvrain,  architecte,  à  Paris. 

Bûche  (Henri),  à  Paris. 

Burbure  de  Wezembeech  (le  chevalier  Léon  de),  à  Gand. 

Capetter  (Gustave),  à  Angoulême. 

Castagnary,  conseiller  d'Etat,  à  Paris. 

Chabouillet,  conservateur  du  Cabinet  des  Médailles,  à  Paris. 

Charavay  (Etienne),  à  Paris. 

Chennevières  (le  marquis  de),  membre  de  l'Institut,  à  Paris. 

Chevrier  (Maurice),  à  Paris. 

Corroyer  (Edouard),  architecte  du  gouvernement,  à  Paris. 

Courajod  (Louis),  conservateur-adjoint  au  Louvre,  à  Paris. 

Darcei  (Alfred),  directeur  du  Musée  de  Cluny. 

Dassy  (Léon),  directeur  du  Forum  artistique,  à  Paris. 

Decaux  (G.),  à  Paris. 

Delaborde  (le  vicomte  Henri),  membre  de  l'Institut,  à  Paris. 

Delagrave,  à  Paris. 

Delaherche,  à  Beauvais. 

Delisle  (Léopold),  membre  de  l'Institut,  à  Paris. 

Destailleur,  architecte,  à  Paris. 

Devrez  (Désiré),  architecte  du  gouvernement,  à  Paris. 

Doucet,  à  Paris. 

Dreyfus  (Gustave),  à  Paris. 

Dubost  (R.),  à  Courbevoie. 

Duplessis  (Georges),  conservateur  du  Cabinet  des  Estampes. 

Fabré,  à  Paris. 

Fayet,  à  Paris. 

Fidière  des  Prinveaux  (O.),  à  Paris. 

Fournier  (Charles),  à  Paris. 

Gautier,  à  Paris. 

Gérard,  à  Paris. 

Gérardin  (Alfred),  à  Paris. 

Giacomelli,  à  Versailles. 

Gonse  (Louis),  à  Paris. 

Grandmaison  (Charles  de),  à  Tours. 

Guiffrey  (Jules),  à  Paris. 

Havard  (Henry),  à  Paris. 

Hédou  (Jules),  à  Rouen. 

Heiss  (A.),  à  Paris. 

Herbet,  à  Paris. 

Herluison  (H.),  libraire,  à  Orléans. 

Jacob,  notaire,  à  Angerville. 


—   VIÎ   — 

Jarry  (Louis),  à  Orléans. 

Jeancourt  (Charles),  à  Paris. 

Jouin  (Henry),  à  Paris. 

Laborde  (le  marquis  de),  à  Paris. 

Lafenestre  (Georges),  conservateur-adjoint  au  Louvre,  à  Paris. 

Laisné  (Charles),  architecte  du  gouvernement,  à  Paris. 

Le  Breton  (Gaston),  à  Rouen. 

Lemarié,  à  Paris. 

Letrône,  à  Paris. 

Liepmannssohn  (Léon),  libraire,  à  Berlin. 

Lisch  (Just),  architecte  du  gouvernement,  à  Paris. 

Lopinot  (Amédée),  à  Paris. 

Louvrier  de  Lajolais,  directeur  de  l'École  des  Arts  décoratifs. 

Lucas  (Charles),  architecte,  à  Paris. 

Maciet,  à  Paris. 

Mantz  (Paul),  directeur  honoraire  des  ^eaux-Arts,  à  Paris. 

Marcille  (Eudoxe),  à  Paris. 

Mareuse  (Edgar),  à  Paris. 

Marx  (Roger),  à  Paris. 

Mauban  (Georges),  à  Paris. 

Mely  (F.  de),  à  Paris. 

Menu  (Henri),  libraire,  à  Paris. 

Mercier  (Charles),  à  Paris. 

Merson  (Olivier),  à  Paris. 

Molinier  (Emile),  attaché  à  la  conservation  du  Louvre. 

Montaiglon  (Anatole  de),  professeur  à  l'École  des  Chartes,  à  Paris. 

Mûntz  (Eugène),  à  Paris. 

Nicard  (Pol),  à  Paris. 

Pallier,  à  Viroflay. 

Paris  (Gaston),  membre  de  l'Institut,  à  Paris. 

Patenotte  (M°"),  à  Paris. 

Pécoul  (Auguste),  à  Paris. 

Périn,  architecte,  à  Paris. 

Petit  (F.),  à  Paris. 

Popelin  (Claudius),  à  Paris. 

Port  (Célestin),  correspondant  de  l'Institut,  à  Angers. 

Portails  (le  baron  Roger),  à  Paris. 

Raynal  (E.  de),  conseiller  référendaire  à  la  Cour  des  Comptes. 

Régnier  (L.),  à  Gisors. 

Reiset  (Frédéric),  directeur  honoraire  des  Musées  nationaux. 

Revilliod  de  WattevJlle,  à  Genève. 

Richard,  archiviste  du  département  de  la  Vienne,  à  Poitiers. 

Rondot  (Natalis),  au  château  de  Chamblon  (Suisse). 

Salles  (E.),  à  Paris. 

Scheffer,  directeur  de  l'École  des  langues  orientales,  à  Paris. 

Siret  (A.),  commissaire  d'arrondissement,  à  Saint-Nicolas  (Belgique). 

Sourdois,  au  château  de  Vaux,  à  Creil. 

Stein  (Henri),  à  Paris. 


—   VIII    — 

Sully  Prudhomme,  de  l'Académie  française,  à  Paris. 

Tarnizey  de  Larroque,  à  Gontaud  (Lot-et-Garonne). 

Tempier  (D.),  archiviste  des  Côtes-du-Nord,  à  Saint-Brieuc, 

Thibaudeau  (A.-W.),  à  Londres. 

Tourneux  (Maurice),  à  Paris. 

Tuetey  (Alexandre),  à  Paris. 

Vaillant  (V.-J.),  à  Boulogne-sur-Mer. 

Valabrègue  (Antony),  à  Paris. 

Vandeuvre  (Gabriel  de),  à  Paris.    ' 

Varennes  (le  marquis  de),  à  Paris. 

Vasselot  (Marquet  de),  statuaire,  à  Paris. 


aUENTIN    WARIN 

(QUINTIN   VARIN) 

L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    R.    LEVIEUX, 
J.  DE  SAINT-IGNY,  LETELLIER. 


f 


Mon  cher  Guiffrey, 

Vous  aviez  bien  voulu  me  confier,  —  il  y  a  déjà  plusieurs 
années,  et  j'en  suis  tout  honteux,  —  un  gros  dossier  de  pièces  inté- 
ressant Quintin  Varin  et  son  dangereux  ami,  Etienne  Durant,  «  l'un 
des  gentils  poètes  de  son  temps,  inventif  à  dresser  des  ballets.  » 
Votre  amitié  se  souvenait  des  vingt  pages  que  j'avais  consacrées 
au  maître  du  Poussin  dans  mon  premier  volume  des  Peintres 
provinciaux  et  où  j'avais  essayé  de  débrouiller  son  histoire  assez 
confuse.  Et,  parce  que  vous  pensiez  que,  depuis  le  temps  bien  éloi- 
gné déjà  où  j'écrivais  cette  notice  fort  primitive  et  trop  bâtie  sur 
hypothèses,  j'avais  dû  recueillir  des  renseignements  nouveaux  sur 
ce  curieux  peintre  picard,  vous  me  demandiez  d'annoter  les  docu- 
ments rencontrés  par  vous.  Il  est  certain  que  ma  pauvre  notice 
n'était  qu'un  embryon,  comme  au  reste  tous  les  autres  chapitres 
de  mon  livre,  mais  j'ai  toujours  été  de  l'avis  de  Soulié,  mon  vieil 
ami  de  Versailles,  qui  prétendait  qu'en  telle  matière  «  la  publicité 
immédiate  »  importait  avant  tout,  et  que  «  c'est  toujours  pour 
vouloir  trop  bien  faire  qu'on  ne  fait  rien.  »  Ce  qui  n'empêche  que, 
pour  assurer  quelque  valeur  véritable  à  mes  anciennes  études  sur 
les  artistes  de  province,  il  faudrait  aujourd'hui  les  refondre  de 
bout  en  bout. 

A  l'œuvre  de  Finsonius,  il  me  faudrait  ajouter  «  VAnnon- 

A.RT   FR.    IV  l 


2  QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

dation,  par  Louis  Fin^onio,  »  du  Musée  royal  Bourbon, 
de  Naples,  6"  salle,  2^  paroi,  n°  365  du  catalogue  rédigé  par 
Michel  B.,  Naples,  iSSy.  Cest  la  même  composition,  pastiche 
étrange  des  anciennes  peintures  de  son  pays,  dont  le  Belge  de 
Bruges  emporta  à  Aix  le  prototype  sans  doute,  signé  et  daté  : 
Ludovicus Finsonius fecit  in  Neapoli  anno  16 12,  curieux  tableau 
échoué  de  mon  temps  au  pavillon  Lanfant,  maison  de  campagne 
des  séminaristes  d'Aix,  et  dont  je  retrouvai  alors  une  autre  répéti- 
tion agrandie  dans  l'église  Saint-Antoine,  d'Arles.  —  Le  tableau 
de  la  Circoncision,  dont  j'avais  vu  la  gravure  par  Van  Panderen 
dans  la  collection  de  M.  de  Baudicour,  se  trouve  à  Paris,  dans 
l'église  Saint-Nicolas-des-Champs,  rue  Saint-Martin.  Cest  une 
immense  composition  d'un  très  grand  nombre  de  figures,  parmi 
lesquelles,  à  gauche,  se  reconnaît  la  tête  de  Finsonius.  Comme  le 
tableau  n'était  pas  signé,  il  fut,  chose  vraiment  trop  singulière, 
attribué  à  Lenain,  et  donné  sous  ce  nom  à  Saint-Nicolas-des- 
Champs,  au  commencement  de  ce  siècle,  par  l'administration 
impériale  des  Musées.  Mais  voilà  qu'un  autre  exemplaire ,  bien 
enfumé,  de  la  même  Circoncision  et  celui-ci  signé,  et  où  le  peintre 
reproduit  encore  son  portrait  [Finsonius  aimait  décidément  à 
répéter  ses  compositions),  se  rencontre,  devinez  où?  dans  la  cha- 
pelle du  Lycée  de  Poitiers,  où  me  l'a  signalé  /.  Marlet,  professeur 
de  dessin  à  ce  lycée.  —  M.  de  Baudicour  m'a  dit  avoir  trouvé  une 
gravure  d'après  un  tableau  de  Finsonius;  c'est  une  sainte  famille 
qu'aucun  catalogue  n'indique.  —  M.  Alfr.  Michiels,  étudiant  en 
1870  V  Art  flamand  dans  VEst  et  le  Midi  de  la  France,  a  déchiffré 
et  traduit  la  singulière  inscription  de  V Incrédulité  de  saint  Tho- 
mas dans  la  cathédrale  d'Aix  :  «  Par  les  serviteurs  de  Bacchus  et 
les  compagnons  de  Gnide  la  peinture  est  ici  méprisée;  d'où  vient 
le  proverbe  :  Gueux  comme  un  peintre,  que  l'on  répète  journelle- 
ment. ))  Et  il  croit  reconnaître  comme  père  de  notre  Louis  Finson 
un  peintre  décorateur,  Jacques  Fyson,  qui  fut  reçu  Franc-Maître 
dans  la  corporation  de  sa  ville  natale  de  Bruges  le  6  février  i56o, 
puis  juré  de  la  ghilde  en  1574  et  1576. 

Quant  à  ses  portraits,  je  crois  fermement  que  celui  de  son  pro- 
tecteur, Peyresc,  se  trouvant  aujourd'hui  au  musée  de  Versailles, 
est  du  pinceau  de  «  notre  Finson.  »  J'eus  la  bonne  fortune  de 
faire,  en  mars  i853,  à  la  vente  Glérian,  l'acquisition  du  superbe 
morceau  de  peinture  qui  a  toujours  passé  pour  le  portrait  de  la 
mère  de  Finsonius^  et,  presque  au  même  moment,  je  devenais 


QUENTIN   WARIN,   L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC.  3 

possesseur,  par  l'entremise  de  mon  ami  M.  de  Séranon,  des  deux 
portraits,  si  célèbres  dans  la  ville  d'Aix  depuis  le  temps  de  leur 
exécution,  de  Finsonius  lui-même  et  de  son  ami  Martin,  et  que 
j'avais  vus  et  décrits  chez  M™^  Ravanas.  Ainsi  je  possédais,  je  puis 
dire,  les  peintures  les  plus  intimes  de  mon  Finsonius;  mais,  à  la 
demande  du  bon  M,  Clapier,  le  zélé  représentant  des  Bouches- 
du-Rhône  à  PAssemblée  nationale,  j'ai  cédé,  il  y  a  dix  ans,  ces 
deux  colossales  demi-figures  de  Finson  et  Martin  au  Musée  de 
Marseille,  où  M.  Clapier  avait  jugé,  avec  raison  peut-être,  qu'elles 
seraient  mieux  à  leur  place  que  chez  moi.  Malherbe,  à  en  croire  la 
gravure  de  Coelernans,  dans  le  Recueil  des  plus  beaux  tableaux  du 
cabinet  de  messire  Bqyer  d''Eguille,  avait  été  peint  par  Finso- 
nius  en  i6i3.  Je  puis  même  vous  avouer  aujourd'hui  que  ce  por- 
trait peut-être  apocryphe,  —  puisqu'il  est  avéré  que  Malherbe  ne  se 
trouvait  point  à  Aix  en  i6i3,  —  ce  portrait  a  exercé  une  grande 
influence  sur  ma  vie.  C'est  à  Aix  qu'en  1843  je  rencontrais  la 
gravure  d'un  portrait,  inconnu  de  moi,  de  mon  illustre  et  cher 
compatriote  Malherbe.  Malherbe  avait  longtemps  vécu  à  Aix,  loin 
de  sa  Basse-Normandie,  comme  j'y  vivaismoi-même,  et,  par  amour 
pour  le  glorieux  modèle,  je  me  passionnai  pour  le  peintre.  De  là, 
de  proche  en  proche,  et  de  Finsonius  à  Daret,  de  Daret  à 
Levieux^  de  Saint-Igny  à.  Quintin  Varin,  etc.,  mon  premier 
volume  des  Peintres  provinciaux^  de  là  un  peu  toute  ma  vie  de 
recherches  et  de  publications  sur  les  artistes  français.  Et  notez, 
mon  ami,  que  je  ne  m'en  plains  pas,  et  que  je  n'en  veux  point  à 
Finsonius  du  chemin  qu'il  m'a  fait  faire,  même  aujourd'hui,  où 
l'âge  est  venu  de  vider  les  vieux  cartons  et  les  vieux  souvenirs.  Je 
dois  donc  m'intéresser  particulièrement  à  ce  portrait  de  Malherbe, 
fût-il  quelque  peu  douteux.  Or,  un  portrait  d'une  peinture  très 
ferme  et  singulièrement  ressemblant  à  celui  gravé  par  Coelernans, 
pour  l'âge,  les  traits  et  le  costume,  qui  ne  diffère  guère,  s'il  m'en 
souvient  bien,  que  dans  la  collerette,  se  trouvait,  en  août  1846, 
à  Caen,  chez  M.  P. -A.  Lair,  le  Malherbolâtre,  et  je  remarquai 
qu'au  dos  de  la  toile  on  avait  pris  soin  de  coller  les  vers  latins  de 
J.-B.  Reboul,  gravés  au  bas  de  l'estampe  du  portrait  de  la  collec- 
tion Boyer  d'Eguille. 

Notre  ami  A.  Darcel,  bien  étonné  sans  doute,  avait  relevé  la 
signature  suivante  sur  le  tableau  du  maître-autel  de  l'église  d'Er- 
menonville : 

Ludovicus  Finsonius  Belga  Brugensis  /*■  an"  161 5^  inscrit  sur  un 


4  QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

carré  blanc  imitant  une  feuille  de  papier.  —  Saint  Martin,  debout 
devant  son  cheval,  que  tient  un  écuyer,  coupe  son  manteau.  Le 
pauvre,  placé  à  sa  gauche,  est  à  genoux,  vu  un  peu  de  dos  et  la  figure 
de  profil.  —  Le  saint  porte  le  costume  bravache  des  guerriers 
héroïques  du  xvn^  siècle.  La  cuirasse  moulée  sur  le  torse  et  le  casque 
empanaché.  —  Le  pauvre  est  d'un  réalisme  brutal.  —  La  couleur 
rappelle  celle  du  Valentin.,  si  ce  n'est  que  les  chairs  sont  plus  blanches. 
—  Les  ombres  sont  très  noires,  tellement  même  que  de  l'écuyer  on 
ne  voit  que  la  main.  —  Ce  tableau  peut  avoir  2™5o  de  haut  environ 
sur  1^70  de  large.  Il  est  encadré  dans  un  motif  d'architecture  contem- 
porain. —  Deux  cartouches,  qui  surmontent  les  portes  de  la  sacristie 
placée  derrière  l'autel,  portent  : 

Celui  du  côté  de  l'Épître  : 

Devic  Henrici  IV  cornes...  obiit  anno  MDCX. 

Celui  du  côté  de  l'Évangile  : 

Devic  Archiepiscopus  Auscensis...  obiit  anno  MDCLXI. 

Ce  nom,  répété  par  deux  fois  si  près  de  l'autel  que  décore  le 
tableau  de  Finsonius,  indique  certainement  la  famille  qui  le  fit 
peindre  par  notre  artiste  de  passage. 

Il  s'agit  de  Dominique  de  Vie,  évêqued'Auch  de  1629  à  1662. 
Le  De  Vie,  «  Henrici  quarti  cornes,  »  a  été,  sous  Louis  XIII, 
garde  des  sceaux  de  France,  le  24  décembre  1621.  Il  avait  acquis, 
rue  Saint-Martin,  vis-à-vis  de  la  rue  de  Montmorency,  l'hôtel 
bâti  sous  François  I"  par  Guillaume  Budé  (Piganiol,  1765,  III, 
477-478),  et  la  maison  était  encore  connue  sous  son  nom  il  y  a 
quelques  années.  Elle  a  été  récemment  démolie. 

J'en  aurais  aussi  long  à  ajouter  et  à  refondre  dans  mon  Daret. 
Je  me  contenterai  de  dire  ici  que  j'ai  pu  acquérir,  à  la  vente  de 
M.  Portes,  la.  ch2ivm2inx&\)txiiQ  Sainte  famille  servie  par  des  anges., 
q*ii  fut  peut-être  son  dernier  tableau,  puisqu'il  est  daté  de  1668, 
année  de  sa  mort,  et  une  petite  esquisse  de  Vierge  assise  et  tenant 
V Enfant  Jésus  entre  saint  Dominique  et  sainte  Thérèse  (la  tête  de 
saint  Dominique  a  été  retouchée  par  P.  Bevoil^  auquel  le  tableau 
avait  appartenu)  ;  et  peu  à  peu  dans  ma  collection  sont  venus,  soit 
tout  droit  d'Aix  en  Provence,  soit  de  portefeuilles  d'amateurs 
provençaux  qui  se  sont  vendus  successivement  à  Paris,  vingt-trois 
dessins  pour  le  moins  de  la  main  de  Daret,  dont  trois  composi- 
tions, celle  de  l'immense  plafond  de  la  Résurrection,  peint  par  lui 
dans  la  chapelle  des  Pénitents  blancs  ;  celle  de  ^Instruction  de  la 
sainte  Famille,  a  plafond  placé  à  la  Congrégation  des  PP.  de 
l'Oratoire,  »  et  le  joli  dessin,  ayant  appartenu  à  M.  Portes,  et  où 


QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC.  5 

Ton  voit  le  Christ  dans  les  deux,  entre  la  Vierge  et  saint  Joseph, 
et  dans  la  partie  inférieure  les  saints  Apôtres  debout  ou  agenouil- 
lés. Ce  laborieux  Daret  a  été  l'un  des  plus  abondants  et  des  plus 
consciencieux  dessinateurs  d'études  que  je  sache.  C'est  un  tempé- 
rament probe  et  calme  à  la  Philippe  de  Champaigne^  son  com- 
patriote, et  qui  convenait  à  merveille  à  la  peinture  religieuse  de 
ce  temps.-là,  une  grâce  douce  et  froide,  mi-italienne  mi-flamande. 

Dans  la  lettre  qu'il  m'écrivait  le  27  juin  1 847,  pour  me  remercier 
de  renvoi  de  mon  livre,  M.  Robert-Dumesnil  médisait  :  «  Depuis 
la  mise  au  jour  de  mon  premier  volume,  j'ai  eu  occasion  de  voir  le 
sujet  de  thèse  dont  parle  Heineken,  —  il  porte  effectivement  la  date 
de  1642,  —  et  un  petit  Reniement  de  saint  Pierre^  daté  de  1639.  » 
—  V.  aussi,  dans  Piganiol  de  la  Force  {Description  de  la  France), 
l'éloge  des  peintures  de  Daret  dans  la  petite  chapelle  de  la  cour  des 
Pères  de  l'Oratoire  et  dans  la  chapelle  des  Pénitents  blancs.  — M.  A. 
Michiels  pense  que  J.  Daret  devait  avoir  pour  ancêtres  ces  Jacques 
et  Daniel  Daret,  francs-maîtres  de  la  corporation  de  Tournay, 
qui  travaillèrent  pour  les  ducs  de  Bourgogne  en  1449  et  1467,  et 
dont  les  descendants  avaient  pu  s'établir  à  Bruxelles. 

Mais  ce  qu'il  me  faudrait  reconstruire  de  bout  en  bout,  et  de 
fond  en  comble,  c'est  mon  chapitre  si  mal  bâti  de  R.  Levieux. 
Charmant  peintre,  ce  Levieux,  si  doux  et  tendre  de  forme  et  de 
claire  coloration  en  ses  têtes  de  jeunes  femmes,  d'expression  si 
agréable  et  si  jolie,  avec  un  dessin  suffisamment  ferme  et  savant  ! 
Et  puis,  encore  un  qui  a  eu  affaire  à  Nicolas  Poussin,  et  personne, 
en  1847,  ne  s'en  doutait  plus  que  moi.  D'ailleurs,  Quatremère 
de  Quincy,  dans  son  édition  des  lettres  du  Poussin,  avait  bien  fait 
tout  ce  qu'il  fallait  pour  nous  dérouter  tous;  partout  où  Poussin 
avait  écrit  lisiblement  Levieux,  Quatremère  avait  lu  Le  Rieux, 
et  la  seule  raison  qu'on  en  puisse  donner,  c'est  qu'à  une  certaine 
énumération  des  copies  commandées  par  Chantelou  et  surveillées 
par  Poussin,  celui-ci,  après  avoir  parlé  de  la  copie  «  du  Vieux  » 
(c'est  sa  façon  de  dire  en  plus  d'un  endroit),  cite  une  autre  «  petite 
copie  »  faite  par  Claude  Le  Rieux.  Vous  jugez  du  tort  que  cette 
fâcheuse  confusion  a  causé  à  notre  pauvre  Levieux,  pour  qui 
c'était  une  telle  fortune  d'avoir  travaillé  à  Rome,  sous  les  yeux  de 
Nicolas  Poussin.  N'est-il  pas  juste  de  lui  restituer  un  peu  de  ce 
qui  lui  est  dû,  en  citant  à  son  propos  le  vrai  texte  du  Poussin  ? 

Dans  sa  lettre  du  22  juin  1643,  Poussin  dit  à  M.  de  Ghan- 


O  QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

Hier  au  matin,  je  fus  à  Farnèse  pour  voire  en  quel  estât  estoient 
vos  copies.  Celle  que  le  sieur  Mignard  a  entreprise  est  finie.  Le  s""  Le 
Vieux  en  a  fini  une,  celle  qui  est  à  demi-corps  descouurant  un  petit 
Crist  qui  est  couché  sur  un  oreiller.  M""  Le  Maire  a  fini  son  Dieu  de 
Pitié  du  Caracio;  M""  Evrard  aura  bientôt  fini  ses  portraits.  Le  Napo- 
litain n'a  pas  beaucoup  aduansé  la  Vierge  du  Chat,  mais  il  promet 
de  continuer  à  y  trauaillier.  Nocret  a  esté  malade,  de  sorte  qu'il  n'a 
peu  rien  finir.  Le  Vieus  a  esbauché  encore  la  Vierge  du  Chat.  Le  tout 
va  assés  raisonnablement  bien,  et  chascun  s'efforcera  de  faire  le  mieux 
qu'il  lui  sera  possible.  Vous  me  manderés,  s'il  vous  plaist,  ce  que 
vous  désirés  que  l'on  face. 

Lettre  du  4  août  1 643  : 

Monsieur  Errard  vous  a  escrit  que  tout  aloit  bien  à  Farnèse;  il  est 
vray,  mais  non  pas  très  bien...  Le  Vieus  a  fini  une  de  ses  coppies, 
c'est  assavoir  la  Vierge  à  mi-corps  qui  lèue  un  voile  de  dessus  son 
petit  Crist.  Elle  est  coppiée  moyennement  bien  ;  celui-là  s'accommode 
alla  raison  et  se  contente  de  vingt-cinq  escus...  Le  susdit  Vieux  a 
esbauché  la  mesme  (Vierge  surnommée  de  la  Gatta),  mais  il  ne  peut 
y  trauailler  que  quand  l'autre  aura  finie... 

Lettre  du  25  août  1643  : 

Ceux  qui  coppient  à  Farnèse  ne  se  monstrent  pas  plus  affectionnés 
à  faire  leur  debuoir  que  Chaperon;  principallement  Nocret,  Le  Maire, 
Le  Vieux  et  Mignard,  qui  tous,  de  commun  accord,  se  veulent  faire 
payer  à  leur  mode  et  ne  veulent  pour  rien  faire  les  secondes  coppies 
qu'ils  auoient  commensées.  Je  ne  sais  pas  quelles  esperanses  vous 
leurs  auies  donnés,  mais,  quand  ils  ont  veu  la  chause  retournée,  ils 
ont  tous  montré  les  dens  comme  chiens  enragés  et  ont  pris  plaisir 
à  vous  maltraitter  s'il  ont  peu,  se  qui  m'a  contrains  de  m'accommo- 
.  der  auec  eux  le  mieux  que  j'ay  peu,  et  enfin  j'ay  retiré  de  leurs  griffes 
la  copie  du  Dieu  de  Pitié  d'Anibal  Caragio  du  Maire,  la  Vierge 
d'après  le  Parmesan  de  Nocret,  la  Vierge  à  mi-corps  coppiée  du 
Vieux,  les  portrais  de  Monsieur  Errard,  vostre  portrait  et  la  coppie 
fête  par  Nocret... 

Lettre  du  27  octobre  1643  : 

Je  n'ay  pas  encore  parlé  à  M""  Le  Maire  ni  au  Vieux  pour  voir  s'il 
voudroint  finir  les  deux  coppies  de  Vierges  quil  auoient  commencées 
à  coppier  à  Farnèse,  c'est  assauoir  la  coppie  double  de  celle  du  Chat  et 
l'autre  que  le  s""  Mignard  a  fette  ;  je  verray  s'il  y  a  moyen  de  les  con- 
tenter ou  de  les  conuertir,  puisque  ainsy  vous  le  desires. 

Lettre  du  1 1  décembre  1 643  : 

Pour  les  deux  autres  coppies  que  vous  desiriés  auoir,  l'une  que  Le 
Maire  auoit  commencée  et  l'autre  Le  Vieux,  n'acompagneront  point 


QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC.  7 

les  autres  que  je  vous  enuoyerai,  d'autant  que  Le  Vieux  se  part  de 
Rome,  et  le  dit  Le  Maire  a  fini  la  siene  d'après  celle  que  Mignart 
vous  a  coppie'e  asse's  mal,  de  sorte  que  je  ne  suis  nullement  d'aduis 
de  y  employer  vostre  argent... 

Lettre  du  2 1  décembre  1 643  : 

Sachant  le  désir  que  vous  aués  des  secondes  coppies  des  Vierges  de 
Farnèse,  Monsieur  Le  Maire^  à  qui  j'ay  parlé  de  nouueau,  m'a  pro- 
mis de  finir  la  siene  d'après  l'original  ;  il  l'auoit,  comme  je  vous  ay 
escrit,  par  paresse  et  negligense,  finie  d'après  celle  dé  Mignart.  Mais, 
pour  celle  que  Le  Vieus  auoit  commencée,  je  ne  sçais  commen  nous 
ferons  ;  au  pis  aler,  vous  pourrez  faire  coppier  à  Paris  celle  que  vous 
aurés  de  Ciche,  mais  premièrement  je  prouuerei  toutte  chose  pour 
luy  la  faire  finir... 

Lettre  du  12  janvier  1644  : 

Les  toilles  ou  coppies  de  la  plus  petite  quaisse  sont  au  nombre  de 
nœuf  :  la  Vierge  du  Chat  ;  la  Vierge  qui  est  assise  et  qui  tient  sur  son 
giron  le  petit  Crist,  qui  est  celle  de  Mignart;  celle  d'après  le  Parme- 
san^ de  Nocret;  celle  du  Vieus  ;  les  portraits  de  M''  Errard;  le  Dieu 
de  Pitié  du  Maire;  vostre  portraict  et  la  coppie  ;  et  une  pe^tite  coppie 
d'une  Vierge  en  pie,  fette  de  Claude  Le  Rieus.  Je  prie  à  Dieu  que  le 
tout  arriue  à  bon  port  et  à  sauuement... 

Enfin,  dans  la  lettre  du  2  5  avril  1644,  il  est  une  dernière  fois 
question  de  cette  fastidieuse  affaire  des  copies,  et  la  moralité  s'y 
trouve  : 

Je  vous  prie  de  croire  que  j'ai  fet  mon  possible  pour  vous  faire  bien 
seruir  aux  coppies  que  l'on  vous  a  fettes  ;  mais  les  peintres  qui  les  ont 
coppiées  ne  sauent  pas  faire  dauantage,  comme  je  crois,  ou  l'amour 
qu'ils  deuoient  auoir  à  i  employer  touttes  leurs  forces  aura  esté  dimi- 
nué pour  quelque  subiec  qui  ne  m'est  pas  assez  cogneu.  Il  ne  laissent 
pas  de  croire  d'auoir  fet  des  merueilles,  car  au  payement  je  m'ensuis 
bien  aperseu.  La  dernière  coppie  que  Monsieur  Le  Maire  a  fette  (si 
bien  il  y  a  bien  pris  de  la  peine)  est  inférieure  à  celle  de  Mignart.^  que 
vous  aués;  et  si  Le  Vieux  auoit  fini  la  siene,  s'auroit  esté  la  moindre. 
Enfin,  Monsieur,  il  faut  confesser  qu'il  ne  se  rencontre  guère  de 
personne  qui  puisse  contenter  les  intelligens,  manquant  aux  uns  les 
forces  et  aux  autres  l'amour  et  la  dilligense  qu'il  faut  auoir  pour  bien 
faire... 

Évidemment,  ce  n'est  pas  une  chance  vulgaire  pour  un  honnête 
peintre  destiné  à  florir  en  sa  province,  d'avoir  son  nom  tracé  si 
souvent  par  la  plume  du  souverain  maître,  et,  si  le  dernier  mot 
qu'en  dit  le  Poussin  n'est  pas  des  plus  à  sa  gloire,  nous  pouvons 


8  QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

toutefois  observer  que  ce  n'était  pas  déjà  pour  Reynaud  Levieux 
une  si  mauvaise  note  d'avoir  été  choisi  par  Nicolas  Poussin,  entre 
les  jeunes  Français  étudiant  alors  à  Rome,  pour  Tun  de  ceux  les 
plus  capables  d'exécuter,  aux  frais  de  M.  de  Chantelou,  les  meil- 
leures copies  possibles  des  plus  excellents  tableaux  de  la  ville 
éternelle.  Florent  Lecomte,  il  est  vrai,  avait  eu  le  bon  esprit  de 
ne  pas  omettre  le  nom  de  «  Levieux  de  Languedoc  »  dans  le 
«  dénombrement  de  quelques  étrangers  qui  ont  travaillé  à  Rome 
depuis  cinquante  ans  et  plus,  et  dont  les  ouvrages  leur  ont  acquis 
toute  la  réputation  qu'ils  en  pouvaient  espérer.  »  Mais  quand  tra- 
vaillait-il à  Rome  et  qu'y  avait-il  laissé?  Nous  savons  désormais 
que  ce  fils  d'un  orfèvre  de  Nîmes  devait  être  né,  quoi  qu'on  ait  dit, 
bien  avant  i63o,  puisqu'il  ne  pouvait  avoir  moins  de  vingt-cinq 
ans  pour  y  être  chargé,  en  peintre  déjà  expert,  de  sa  part  des  copies 
de  Chantelou,  à  la  date  de  1643.  Cela  reporterait  donc  sa  date  de 
naissance  aux  environs  de  161 8.  Au  commencement  de  1644, 
Levieux  part  de  Rome,  mais  il  y  reviendra,  puisque,  Dieu  merci 
pour  sa  renommée,  il  y  a  laissé  cette  fois  d'autres  marques  de  son 
talent  que  de  médiocres  copies. 

Dans  la  quatrième  chapelle  à  droite  de  Saint-Louis-des- Fran- 
çais, le  tableau  de  l'autel  est  de  Levieux,  et  ce  seul  tableau  mérite 
d'attacher  à  son  nom  un  rang  des  plus  honorables  dans  notre 
École.  Cette  grande  toile  représente  un  évêque,  dont  deux  diacres 
soutiennent  la  chape,  et  qui  touche  de  la  main  droite  les  yeux 
d'un  jeune  aveugle,  que  sa  mère  à  genoux  présente  au  saint  per- 
sonnage. Le  diacre  à  gauche  arrête  doucement  de  sa  main  droite, 
pendant  le  miracle,  un  autre  jeune  aveugle,  impatient  d'être  tou- 
ché par  le  saint.  A  droite,  entre  la  tête  de  l'évêqué  et  celle  du 
diacre,  paraît  une  tête  d'assistant  qui  a  presque  la  réalité  d'un  por- 
trait. Au-dessus  du  saint,  les  cieux  sont  entr'ouverts,  et  des  anges 
volent  sur  des  nuages.  Ce  tableau  est  assurément  des  meilleurs 
de  Levieux,  et  je  n'en  vois  guère  d'un  art  plus  pieux,  plus  pur  et 
plus  élevé  dans  saint  Louis.  Que  n'est-il  aussi  bien  dans  une 
église  de  Paris  pour  y  faire  connaître  son  artiste!  J'en  ai  vu  le 
dessin  en  France,  je  ne  sais  entre  quelles  mains.  Rien  ne  peut 
rendre  la  douceur,  la  tranquillité,  la  piété,  le  charme  de  cette  pein- 
ture aux  types  beaux  et  agréables,  et  dont  l'exécution  est  solide  et 
n'a  rien  du  lâche  de  la  mode  italienne  de  ce  temps-là ,  peinture 
sérieuse  et  simple  et  très  française.  —  Ce  que  je  transcris  là,  c'est 
ma  note  prise  devant  le  tableau  en  i856,  alors  que,  le  volume  de 


QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J,    DARET,    ETC.  g 

Dussieux  à  la  main,  je  contrôlais,  dans  les  églises  de  Rome,  les 
attributions  données  dans  les  anciens  livres  aux  ouvrages  de  ses 
Artistes  français  à  Vétranger. 

En  juillet  1848,  M.  Achard,  archiviste  d'Avignon,  écrivait  à 
notre  ami  Paul  Mantz  une  lettre  dont  j'extrais  quelques  lignes  : 

Avant  1790,  Levieiix,  ce  peintre  si  austère,  si  nourri  de  l'étude  de 
Raphaël  que  sa  manière  en  approche  et  que  M.  Ingres  semble  aujour- 
d'hui le  reproduire, —  (il  faut  bien,  mon  cher  Guiffrey,  passer  quelque 
chose  à  l'enthousiasme  de  la  province,  car  autrement  nous  n'aurions 
rien  d'elle  et  nous  serions  bien  attrapés),  —  Levieux  n'avait  pas  une 
réputation  qui  dépassât  l'enceinte  de  nos  remparts.  Alors  seulement 
Nismes  voulut  le  revendiquer,  et  le  gouvernement  de  cette  époque 
dépouilla  le  musée  d'Avignon  de  quatre  toiles  de  ce  maître,  deux  pour 
Nismes  et  deux  pour  le  Louvre  ;  vous  les  y  trouverez  dans  la  galerie 
française.  Levieux  reçut  deux  cents  écus  de  la  confrérie  des  Pénitents 
de  la  Miséricorde  (d'Avignon),  pour  avoir  peint  deux  toiles,  l'une 
représentant  sainte  Anne,  la  Vierge  et  Jésus,  l'autre  la  Mort  de  Guil- 
laume^ duc  dAquitaine.  Cette  dernière  passe  pour  son  chef-d'œuvre. 
—  La  confrérie  du  Chapelet  paya  au  même  maître  45  écus  pour  un 
tableau  de  \Si  Purification.  Son  rapin  reçut  en  outre  8  deniers  de 
pourboire. 

Quant  aux-  deux  toiles  venues  au  Louvre,  et  qui  faisaient  par- 
tie de  la  série  de  tableaux  représentant  l'histoire  de  saint  Jean- 
Baptiste,  peints  par  Levieux  pour  la  chapelle  des  Pénitents  noirs 
à  Avignon,  j'en  avais  déjà  parlé  dans  mon  volume;  mais,  peu  après 
la  publication  de  ce  volume,  je  trouvais  dans  les  archives  du 
musée  du  Louvre  la  rectification  de  l'histoire,  racontée  par 
M.  Vincent  Saint- Laurent,  de  commissaires  d'art  de  la  Conven- 
tion recueillant  à  Avignon  les  deux  Levieux,  qui  vinrent  à  Paris. 

Voici  la  vérité  sur  le  voyage  de  ces  deux  tableaux  :  le  r  9  ther- 
midor an  V  de  la  République  une  et  indivisible,  le  Directeur 
général  de  Pinstruction  publique,  Ginguené,  écrivait  à  l'admi- 
nistration du  Musée  central  des  arts  : 

Je  vous  préviens,  citoyens,  que  j'ai  présenté  au  Ministre  votre 
demande  tendant  à  faire  venir  du  Musée  d'Avignon  deux  tableaux 
peints  par  Levieux.,  le  Musée  central  étant  dépourvu  des  ouvrages  de 
ce  maître.  Le  Ministre  a,  en  conséquence,  chargé  l'administration 
du  département  de  Vaucluse  de  vous  adresser  ces  deux  tableaux  par 
le  premier  convoi  des  objets  venant  d'Italie  qui  passera  par  Avignon. 
Le  citoyen  Escudier,  chargé  de  la  conduite  de  ces  objets,  a  également 
reçu  les  ordres  nécessaires. 


10  QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

Et,  comme  l'administration  centrale  du  département  de  Vaucluse 
n'avait  sans  doute  mis  aucun  empressement  à  obéir  au  ministre 
de  l'an  V^  le  25  frimaire  an  VIII,  le  Ministre  de  l'intérieur, 
Laplace,  écrivait  à  l'administration  centrale  des  arts  : 

Citoyens,  j'ai  reçu  votre  lettre  du  1 1  frimaire,  présent  mois,  relati- 
vement à  l'envoi  qu'il  conviendrait  accélérer  de  deux  tableaux  de 
Levieux,  destinés  depuis  longtemps  au  Musée  central.  Je  viens  d'écrire 
au  conservateur  du  Musée  d'Avignon,  où  ils  sont  actuellement  dépo- 
sés, de  les  tenir  prêts  à  partir.  Je  le  préviens,  en  effet,  qu'il  doit  pas- 
ser incessamment  par  Avignon  un  convoi  d'objets  d'art  venant  d'An- 
tibes,  et  qu'il  doit  profiter  de  cette  occasion  pour  faire  parvenir  à  leur 
destination  ces  deux  tableaux. 

Cette  fois  pourtant  les  deux  Levieux  arrivent  à  Paris,  mais, 
comme  le  Musée  spécial  de  l'école  française  à  Versailles,  auquel 
indubitablement  ils  étaient  destinés,  ne  tarda  pas  à  être  dissous 
pour  aller  enrichir  de  ses  débris  le  Louvre,  les  églises  de  Paris  et 
les  vingt-deux  musées  de  départements  que  dota  l'Empire,  les 
deux  tableaux  du  maître  Nîmois  furent  séparés,  et  s'en  allèrent  l'un 
ci  l'autre  là,  l'un  à  Bicêtre,  la  Bénédiction  de  saint  Jean-Baptiste, 
l'autre,  qui  représentait  Saint  Jean  traîné  en  prison,  fut  concédé 
à  la  maison  impériale  de  Saint-Denis  ;  il  en  est  revenu  je  ne  sais 
à  quelle  époque,  et  il  décorait  au  Louvre,  avant  le  nouveau  classe- 
ment, l'une  des  salles  françaises  du  bord  de  l'eau.  Il  n'est  pourtant 
pas  des  meilleurs  tableaux  de  Levieux,  et  j'ai  quelque  idée  que 
celui  de  Bicêtre  doit  mieux  montrer  que  celui-là  les  qualités  douces 
et  quelquefois  charmantes  des  peintures  de  ce  maître.  Un  certain 
temps  après  que  j'eus  écrit  cette  note,  je  ne  pus  me  défendre  d'al- 
ler avec  Paul  Mantz  visiter  la  chapelle  de  l'hospice  de  Bicêtre. 
Nous  projetions  alors  un  beau  travail  sur  les  tableaux  des  églises 
de  Paris  et  de  la  banlieue,  et  il  nous  tardait  de  voir  ce  qu'étaient 
devenus  les  tableaux  d'A.  Lèbre,  de  Rival^,  de  Tournier  et  de 
Levieux,  attribués,  au  commencement  du  siècle,  à  cette  chapelle, 
après  s'être  laissé  distraire  si  imprudemment  et  si  inutilement  des 
églises,  puis  des  musées  de  Toulouse  et  d'Avignon.  Nous  les 
retrouvâmes  et  les  reconnûmes  en  effet  dans  ce  Bicêtre,  et  en  assez 
mauvais  état.  J'espère  que  depuis  lors  on  aura  mieux  respecté  la 
Bénédiction  de  saint  Jean-Baptiste  de  Levieux.  Quant  au  Saint 
Jean  traîné  en  prison,  il  a  disparu  des  galeries  françaises  du 
Louvre,  et  déjà  les  catalogues  de  Villot  n'en  faisaient  plus  men- 
tion. Et  finalement  qu'est-il  advenu  de  lui?  Lors  de  la  seconde 


QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC.  I  I 

répartition  entre  les  Musées  de  province  des  tableaux  rejetés  par 
les  «  greniers  »  du  Louvre,  la  Direction  des  Beaux-Arts,  qui  eût 
mieux  fait  peut-être  de  le  renvoyer  à  Avignon,  a  eu  du  moins  le 
bon  esprit  de  l'attribuer,  en  1876,  au  musée  de  Nîmes,  à  la  ville 
natale  de  Partiste. 

Du  temps  que  j'étais  à  Aix,  on  y  rencontrait  encore  des  dessins 
de  R.  Levieux.  J'ai  pu  depuis  lors  en  rassembler  jusqu'à  cinq  dans 
ma  collection.  Deux  font  partie  d'une  série  de  compositions  sur 
les  miracles  d'un  saint  évéque  :  «  ...  guérit  un  enfant  âgé  de  dix 
ans  et  perclus  de  tous  ses  mambres  dès  sa  naissance;  »  «  ...  gué- 
rit une  fille  paralytique  de  naissance.  »  Deux  autres  dessins  de  la 
même  suite  se  trouvaient  mêlés  à  la  collection  d'estampes  de  M.  de 
Baudicour.  S'agirait-il  ici  du  même  saint  évêque,  dont  l'un  des 
miracles  a  été  peint  par  lui  à  Rome  dans  Saint-Louis-des-Fran- 
çais?  Me  sont  venus  par  d'autres  ventes  :  Jésus- Christ  che^ 
Marthe  et  Marie^  grand  dessin  provenant  de  la  vente  C.  Giraud, 
c'est-à-dire  de  la  collection  Aixoise  de  M.  de  Bourguignon;  une 
Assomption  de  la  Vierge^  les  disciples  sont  groupés  autour  du 
tombeau  vide,  vente  Guigou-Maurel,  de  Marseille-,  et  un  sujet 
mythologique  :  Un  berger  assis  au  pied  d'un  arbre  est  éveillé  par 
rapproche  d''une  nymphe.  J'ai  pu,  Dieu  merci,  en  rassembler  un 
assez  beau  nombre  de  ces  dessins  de  petits  maîtres  provinciaux  que 
j'avais  étudiés  jadis,  sans  parler  de  mes  innombrables  et  chers 
compatriotes  de  Normandie.  Je  citerai  du  Comtat  et  de  l'École  pro- 
vençale, outre  Daret  ox  Levieux,  le  P.  de  Saillans,  Nie.  Mignard. 
P.  Puget^  12  dessins,  J.-B.  de  la  Rose,  B.  Toro,  Pellegrin,  J. 
Celloni,  M.  Serre,  tous  les  Parrocel,  Dandré-Bardon,  Ph.  San- 
van,  Chastel,  Moulinneuf,  Thibaut,  J.-L.  Manoyer,  David  de 
Marseille,  Gibelin,  P. -P.  Grégoire,  Magnan  de  la  Roquette  et 
Constantin,  maître  de  Granet  et  de  M.  de  Forbin.  Et  de  l'école 
languedocienne  :  les  Rival^,  Lafage,  J.  Troy,  Caumette,  Game- 
lin,  Lange,  Roque,  le  maître  de  M.  Ingres,  Th.  Richard,  le 
maître  de  Brascassat.  Et  de  l'école  de  Lyon  :  Th.  Blanc het,  P. 
Sevin,  Dan.  Sarrabat,  Ferd.  Delamonce,  J.  Pillement,  J.-J.  de 
Boissieu,  P.  Revoil,  Orsel,  Thierriat,  le  maître  de  Saint-Jean.  > 
Et  de  l'école  de  Dijon  :  Hugues  Sambin,  Jac.  Prévost,  de  Gray, 
Devosge  le  père,  maître  de  Prud''hon.  Et  de  l'école  de  Lorraine  : 
Jac.  Callot,  Jac.  Bellange,  Cl.  Gellée,  Ch.  Meslin,  Cl.  Spierre, 
Jos.  diamant.  EtlePicard  Nicolas Blasset d'' Amiens,  etleCham-  • 
penois  Hellart  de  Reims,  et  l'Orléanais  Et.  Delaulne,  et  le  Bor- 


12  QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

délais  Lacour,  et  les  trente-cinq  Jean  Boucher  de  Bourges.  En 
vérité,  quand  j'y  songe,  cette  collection,  avec  sa  chasse  aux  petits 
maîtres,  m'a  donné  bien  des  joies. 

Laissez-moi  encore,  mon  cher  Guikfrey,  ajouter  quelques  lignes 
pour  soulager  ma  conscience  sur  le  si  brave,  si  gentil  et  si  cavalier 
peintre,  sculpteur,  graveur  Jean  de  Saint-Igny,  l'homme  des  deux 
Adorations  en  grisaille  de  la  chapelle  Saint- Yon  de  Rouen,  l'élé- 
gant et  galant  dessinateur  du  Jardin  de  la  Noblesse  française  et 
de  La  Noblesse  française  à  Véglise.  Deux  ou  trois  notes  seule- 
ment qui  me  sont  revenues  au  lendemain  de  1847  et  que  Je  suis 
trop  honteux  de  ne  pas  trouver  dans  son  chapitre. 

M.  André  Pottier  m'a  fait  voir,  à  Rouen,  dans  la  bibliothèque 
Leber,  deux  charmants  petits  volumes  renfermant  de  nouvelles 
séries  de  costumes  dessinés  par  Saint-Igny  et  gravés  par  Briot. 
La  plus  importante,  de  vingt  et  une  pièces  avec  explication  fort 
curieuse  des  Vestements  et  des  personnages,  a  pour  titre  : 

Le  théâtre  de  France,  contenant  la  diversitez  des  habits  selon  les 
qualitez  et  conditions  des  personnes,  —  dédié  à  messire  Charles  Per- 
rochel,  seigneur  de  Grandchamp,  Conseiller  du  Roy  en  ses  Conseils 
et  grand  audiencier  de  France.  —  De  S'  Igny  inventor.  Briot,  seul., 
—  à  Paris,  chez  Jacques  Hovervogt,  rue  Saint-Jacques,  à  la  ville  de 
Cologne. 

L'autre  série  a  pour  titre  : 

Diversitez  d'habillemens  à  la  mode,  naisvement  portraits  sur  la  dif- 
férente condition  de  la  noblesse,  des  magistrats  et  du  tiers  état,  le  tout 
dédié  à  messire  Nicolas  le  Jay,  chevalier,  seigneur  de  Tilly,  de  Mai- 
sonrouge,  de  Saint-Fargeau  et  de  Villiers,  Cône""  du  Roy  en  ses  Con- 
seils et  second  président  en  sa  cour  de  Parlement.  —  A  Paris,  chez 
Jacques  Hovervogt  excudit.  —  S*  Igi^y  inventor.  —  Briot  sculp. 

Ce  sont  évidemment  là  deux  des  quarante  séries  de  différents 
maîtres  composant  le  Livre  de  portraiture  dont  parle  l'abbé  de 
Marolles  au  n°  cxcvi  de  son  Catalogue  de  livres  d'estampes^  et 
que  je  citais  à  ma  page  166,  puisque  le  livre  intitulé  «  Diver- 
sités d'habillemens  à  la  mode  »  y  est  nettement  signalé,  aussi  bien 
que  «  d'autres  livres  de  portraiture  de  S.  Igny.  »  Quant  aux  £'/e- 
mens  de  pourtraiture  ou  la  métode  de  représenter  et  pourtraire 
toutes  les  parties  du  corps  humain,  par  le  sieur  de  Saint-Igny 
de  Rouen;  —  Paris,  che^  Vautheur  (16.^0),  —  44  pages  de  texte, 
avec  front,  gravé,  et  14  fig.  en  buste  grav.,  il  y  en  eut  plusieurs 
tirages.  Ces  14  fig.  complètent  le  premier  tirage  et  ne  sont  point 


QUENTIN  WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC.  l3 

numérotées.  Dans  les  tirages  postérieurs,  on  trouve  sur  les  qua- 
torze bustes  la  marque  ajoutée  des  chiffres  de  la  série  générale,  qui 
est  fort  nombreuse.  Voici  l'intéressant  privilège  de  ce  rare  et  pré- 
cieux petit  livre  : 

Extraict  du  priuilège  du  Roi.  —  Par  grâce  et  privilège  du  Roy,  il 
est  permis  à  Jean  S.  Igny,  peintre  et  sculpteur,  de  faire  imprimer  et 
graver,  par  tel  imprimeur  et  graveur  ou  libraire  qu'il  voudra  choisir, 
un  livre  intitulé  :  les  Elemens  de  Pourtraitures,  et  défenses  sont  faites 
à  touttes  personnes,  de  quelque  qualité  et  condition  qu'ils  soient,  de 
l'imprimer,  vendre  ny  distribuer,  durant  le  temps  et  espace  de  trois 
ans,  à  peine  de  confiscation  des  exemplaires,  d'amande  arbitraire  et 
de  tous  despens,  dommages  et  interests,  comme  il  est  déclaré  plus 
amplement  en  l'original  de  ces  présentes.  Donné  à  Lyon,  le  dixhuic- 
tiesme  jour  d'octobre  mil  six  cens  trente,  par  le  Roy  en  son  Conseil. 
Pizet. 

Ce  sont,  en  regard  du  texte,  des  têtes  vues  de  face  ou  de  profil, 
ou  en  raccourci,  des  costumes  de  gentilshommes,  de  dames,  de 
moines,  vus  à  mi-corps,  quelques  figures  de  femmes  et  d'enfants 
nus,  avec  l'indication  seulement  pointillée  de  leurs  proportions, 
enfin  des  enfants  jouant  dans  des  fonds  de  paysage.  De  ces  pièces 
très  nombreuses  à  l'eau-forte,  les  unes  sont  ombrées,  les  autres  sont 
au  trait,  quelques-unes,  je  l'ai  dit,  seulement  pointillées. 

«  Mon  opinion  bien  arrêtée,  m'écrivait  M.  Robert-Dumesnil,  est  que 
les  figures  du  texte  et  que  les  bustes  finis  et  ceux  au  trait  ou  à  peu 
près  qui  l'accompagnent  sont  dus  à  la  pointe  pleine  de  goût  et  d'effet 
de  notre  compatriote,  dont  la  qualité  de  sculpteur  se  révèle  pour  moi 
autant  par  les  deux  grisailles  que  vous  citez  que  par  le  repentir  qui 
se  voit  dans  son  joueur  de  cornemuse,  à  la  partie  du  manteau  tou- 
chant le  verre  de  clairet.  » 

Une  bien  curieuse  confirmation  de  sa  qualité  de  «  sculpteur  » 
se  rencontre  dans  une  lettre  que  m'adressait  de  Caen  M.  Trebu- 
tien,  le  i8  novembre  1848  : 

En  explorant  trois  portefeuilles  renfermant  les  notes  envoyées  de 
Caen  à  Huet  pour  ses  Origines,  j'ai  trouvé  le  nom  de  Saint-Igny^ 
qui  aussitôt  m'a  fait  penser  à  vous.  Voici  tout  le  passage  qui  vous 
intéresse  peut-être  :  «  La  première  pierre  de  l'église  (des  Capucins) 
fut  posée  par  M.  le  Président  de  Criqueville.  Les  deux  tableaux  du 
grand  autel  et  de  la  chapelle  Notre-Dame  furent  donnés  par  M™«  de 
la  Louppe,  mère  de  M^^  la  Mareschale  de  la  Ferté.  Celui  du  grand 
autel,  qui  est  une  Adoration  des  Rois,  coûta  800  livres.  Celui  de  la 
chapelle,  qui  est  une  Notre-Dame  de  Pitié,  en  coûta  400.  Tous  deux 


14  QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,   J,    DJIRET,    ETC. 

originaux  de  Vignon.  Le  tabernacle  où  repose  le  S'  Sacrement  fut 
donné  par  M™e  de  Ruandé,  et,  quelques  années  après,  M.  l'abbé  de 
Franquetot  donna  la  contretable  de  l'autel,  ouvrage  corinthien  fait 
par  Saint-Igny.  » 

Saint-Igny  me  paraît  avoir  été  très  employé  à  Caen,  dans  toutes 
les  variétés  de  ses  talents  : 

Le  Mandarin  me  pria  de  vous  dire,  puisqu'il  n'avoit  pas  été  assez 
heureux  pour  retourner  à  Siam  en  votre  compagnie,  qu'il  emporte- 
roit  votre  portrait,  ayant  dans  ce  même  temps  prié  M.  l'abbé  de 
Choisy  de  lui  donner  le  buste  que  le  sieur  de  Saint-Igny  a  fait  de 
vous,  que  j'asseuré  le  Mandarin  vous  ressembler  parfaitement,  M.  de 
Choisy  lui  fit  ce  présent,  qui  fut  en  ma  présence  empaqueté  dans 
son  bagage  pour  l'emporter...  (Lettre  de  M.  d'Angranville  à  M.  de 
Saint-Martin,  protonotaire,  marquis  de  Miskou,  Mandarin  de  Siam 
du  premier  ordre.  —  Suite  de  la  Mandarinade,  à  La  Haye,  chez  Pau- 
pie,  1739.) 

Nul  modèle  ne  pouvait  mieux  convenir  que  ce  grotesque  au 
goût  capricieux  de  Saint-Igny,  et,  puisque  leurs  relations  sont 
notoires  par  ce  passage  de  la  Mandarinade,  je  serais  assez  porté  à 
attribuer  à  Saint-Ignjr  quelques-uns  des  tableaux,  fontaines  et 
statues  dont  l'abbé  de  Saint-Martin  décora  les  églises  et  places 
publiques  de  sa  ville  de  Caen,  et  dont,  ainsi  que  je  l'ai  dit  ailleurs, 
en  cette  même  Revue  de  V  Art  français,  à  propos  des  artistes  bas- 
normands,  on  rencontre  les  mentions  éparses  dans  les  trois  parties 
de  la  Mandarinade. 

Quant  aux  origines  et  à  la  fin  de  cet  habile  artiste,  le  plus 
agréable  dessinateur  des  élégances  de  son  temps,  main  adroite  à 
tout,  à  la  peinture,  à  la  sculpture,  à  la  gravure,  un  peu  architecte, 
écrivain  théoriste,  nature  variable,  délicate  et  capricieuse,  j'aurais 
beau  dire,  pour  sembler  Tapprécier  gravement,  que  Saint-Igny 
me  paraît  l'un  des  derniers  venus  de  cette  petite  école  vraiment 
française,  antérieure  au  Poussin,  qui  se  maintient  entre  Fréminet 
et  Claude  Vignon,  entre  Rabel  et  Quintin  Varin,  et  ne  se  sou- 
ciait guère  de  connaître  Rome  que  par  Fontainebleau  ;  deux  ou 
trois  dates  venant  de  Rouen  font  mieux  notre  affaire  que  ce  ver- 
biage, et  Montaiglon,  en  rééditant  dans  les  Archives  de  VArt 
français  [Documents,  tome  VI,  page  179  et  suiv.)  les  statuts  de 
la  corporation  des  peintres  de  Rouen,  avec  la  liste  des  maîtres  de 
la  confrérie  dei63iài7i4,  a  rendu  à  Saint-Igny  le  plus  profi- 
table des  services.  Nous  y  voyons  Jean  de  Saint-Igny  signant,  le 


QUENTI>f  WARIN,    L.    FINSONIUS,    3.    DARET,    ETC.  r5 

17  septembre  i63 1,  avec  tous  ses  confrères  de  Rouen,  —  et  dans  ie 
nombre  on  rencontre  les  noms  de  Noël  Jouvenet^  Etienne  Ma^e- 
line^  N.  Heude,  qui  prendront  lustre  plus  tard  à  Paris  par  leurs 
enfants;  —  Jean  de  Saint-Igny  signant  les  «  statuts  et  ordonnances 
de  la  confrérie  et  association  érigée  par  les  maîtres  peintres  et 
sculpteurs  de  Rouen,  que  prétendent  fonder  et  instituer,  sous  le 
bon  plaisir  et  authorité  des  illustrissimes  et  reverendissimes  arche- 
vêques de  Rouen  ou  de  leurs  grands  vicaires^  à  l'honneur  de  Dieu 
et  de  la  glorieuse  Vierge  Marie,  sous  l'invocation  et  titre  de  saint 
Luc,  évangéliste,  les  confrères  et  sœurs  de  ladite  confrérie,  ainsi 
que  d'antiquité  elle  a  été  fondée  ;  mais,  à  cause  des  troubles  et  divi- 
sions avenues  en  cette  ville  et  ailleurs,  elle  auroit  été  négligée  et 
discontinuée.  »  Et,  dès  la  cinquième  année  de  la  réorganisation  de 
la  confrérie,  Jean  de  Saint-Igny^  en  i635,  en  était  élu  maître. 
Son  successeur,  en  i636,  sera  NoëlJouvenet.  Plus  tard  le  suivront 
sur  cette  liste  Jean  Jouvenet  Tancien  (i65i),  Laurent  Jouvenet 
(i653)  et  le  grand  Jean  Jouvenet  son  fils  (1700),  Louis  Restout 
(i658),  Jean  Restout  (1695),  Etienne  Ma^eline  (1643),  Robert 
Ma\eline  (1660),  Laurent  Lévêque  (1644),  sans  doute  celui  dont 
le  nom  fut  mêlé  à  Paris  aux  origines  de  l'Académie  royale,  Adrien 
Sacquespée  (r66i),  Pierre  Sacquespée  (1705),  et  A^.  Heude etles 
Pillement  et  Bacheley,  dont  les  noms  reparaîtront  plus  tard  dans 
rhistoire  de  l'art  français.  J.  de  Saint-Igny,  qui  déjà  sur  le  titre 
des  Elémens  de  pourtraiture,  en  i63o,  se  nommait  lui-même 
«  le  s""  de  Saint-Igny  de  Rouen,  »  n'avait  donc  pas  lardé  à  quitter 
Paris,  où  l'on  sait  parle  titre  de  la  Noblesse  française  à  Véglise 
qu'il  demeurait  en  1629  a  au  faubourg  Saint-Germain,  proche  de 
la  porte  de  Bussy,  au  Grand-Turc,  »  et  à  regagner  sa  ville  natale, 
où  il  se  fixait  à  demeure,  puisque,  en  i63r,  il  signe  les  statuts  de 
la  confrérie,  et,  en  i635,  ses  compatriotes,  sûrs  de  la  renommée 
conquise  par  lui  dans  la  capitale,  lui  conféraient  pour  cette  année 
la  plus  haute  dignité  de  leur  confrérie.  L'année  suivante,  i636,  il 
peint  à  Rouen  les  deux  belles  grisailles  de  V Adoration  des  Mages 
et  de  V Adoration  des  bergers,  que  nous  retrouvons  aujourd'hui 
à  Saint-Yon,  et  depuis  lors  nous  ne  rencontrons  plus  nulle  trace 
de  lui  dans  ce  Paris  dont  il  semblait  avoir  tant  aimé  les  modes 
coquettes  des  nobles  dames  et  le  bel  air  des  gentilshommes,  pour 
les  élégants  ajustements  desquels  ses  dessins  avaient  si  longtemps 
fait  loi.  On  dirait  qu'il  n'a  plus  voulu  vivre  et  travailler  que  pour 
sa  province  de  Normandie,  car,  après  Rouen,  c'est  à  Caen  qu'il 


l6  QUENTIN  WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

nous  apparaît  encore,  et,  à  en  juger  par  l'âge  où  il  dut  sculpter  le 
buste  de  l'abbé  de  Saint-Martin,  il  faut  croire  que  Tair  salubre  de 
sa  province  le  conserva  longtemps. 

Il  est  même  possible  qu'il  ait  exercé  là  une  certaine  influence. 
Je  possède  un  grand  et  fort  beau  dessin  deLetellier.  Il  représente 
la  Vierge  assise  et  tenant  debout  près  d'elle  Tenfant  Jésus  qui  de 
la  main  droite  caresse  le  menton  de  sa  mère,  A  gauche,  debout, 
se  tient  saint  Michel,  sa  lance  renversée  et  appuyant  le  pied  sur  le 
démon  terrassé.  A  droite  se  voit  agenouillée  une  jeune  sainte  qui 
baise,  avec  une  dévote  tendresse,  Tun  des  pieds  du  divin  enfant. 
Tout  cela,  bien  que  certains  frottis  de  sanguine  et  quelques  traits 
de  mine  de  plomb  aient  cherché  une  partie  du  modelé  de  la  tête 
de  la  Vierge  et  la  place  de  diverses  draperies ,  n'est  en  réalité  que 
l'étude  à  la  plume  du  nu  dans  les  personnages  delà  composition, 
mais  une  étude  très  serrée,  nette  et  précise  de  la  nature.  Or,  ce  tra- 
vail de  la  plume  est  d'une  finesse,  et  d'une  légèreté,  et  d'une  sûreté 
admirables.  Je  ne  trouve  rien  dans  ce  procédé  qui  rappelle,  en  quoi 
que  ce  soit,  la  manière  du  Poussin,  dont  on  a  toujours  dit  que 
Letellier  avait  pris  les  leçons,  ni  la  façon  large  et  grasse  que  l'on 
connaît  à  Jouvenet  et  aux  Restout,  et  qu'on  leur  pouvait  croire 
venue  d'héritage.  L'exécution  de  ce  dessin  me  rappellerait  bien 
plutôt  la  plume  fine  et  légère  et  sûre  des  deux  seuls  dessins  que  je 
sache  de  Saint-Igny,  l'un  une  feuille  de  croquis  dans  la  collection 
nationale  du  Louvre,  l'autre  qui  est  l'une  de  ses  figures  de  gen- 
tilshommes à  la  mode  et  qui  était  venue  dans  la  collection  de 
M.  Hipp,  Destailleur.  Ce  procédé  délicat,  ferme  et  hardi,  qui 
montrait  une  science  point  hésitante,  avec  tous  les  agréments  et 
les  grâces  d'un  instrument  docile,  n'était  point  fait  pour  déplaire 
aux  artistes  de  sa  province. 


Pour  en  revenir,  —  et  de  très  loin,  —  à  notre  Quintin  Varin, 
vous  serez  le  premier  à  me  dire,  mon  cher  Guiffrey,  que,  depuis 
1847,  ^^^^  ^^  ^"^"^  premier  volume  des  Peintres  provinciaux ,  les 
affaires  de  ce  peintre  très  intéressant  se  sont  fort  éclaircies.  J'avais 
connu  par  les  lettres  de  M.  Elle  Petit  ses  tableaux  de  Beau  vais  et 
constaté  à  Fontainebleau,  dès  1847,  la  ruine  de  son  Christ  à  la 
piscine;  à  Saint-Étienne-du-Mont,  de  Paris,  \q  Saint  Charles  dis- 
tribuant les  aumônes;  j'avais  vu  son  tableau  de  la  cathédrale 
d'Amiens,  et,  en  grimpant  à  une  échelle,  j'avais  lu  dans  l'église 


QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC.  I7 

Saint-Gilles  d'Abbeville,  au  bas  de  son  Christ  en  croix,  sa  signa- 
ture et  sa  date.  Aux  Andelys,  en  1 85 1,  j'avais  reconnu  ses  tableaux 
datés  de  1612  que  M.  Gandar  devait  décrire,  en  1860,  dans  la 
Galette  des  Beaux-Arts,  et,  à  la  même  date,  les  précieuses  lignes 
sur  Varin  arrivaient  à  leur  place  dans  V Abecedario  de  Mariette. 
Enfin  Jal  nous  rendait  le  grand  service  de  trouver  sa  date  de  mort 
et  auàsi  le  nom  de  sa  femme,  sœur  de  peintre  et  morte  peu  après 
son  mari.  Nous  n'avons  donc  aujourd'hui  qu'à  remettre  quelque 
peu  d'ordre  dans  ces  dates  et  ces  œuvres  de  Varin  et  il  nous  appa- 
raîtra ce  qu'il  fut  en  son  époque,  un  artiste  de  vraie  valeur,  plus 
digne  qu'aucun  de  son  temps  de  révéler  son  génie  à  Nicolas  Pous- 
sin, digne  aussi  de  la  protection  des  deux  reines  et  du  roi  et  de  la 
faveur  de  ce  M.  de  Noyers  qui,  vingt  ans  après  avoir  employé  le 
maître  à  Fontainebleau,  devait  mander  de  Rome  son  glorieux 
élève.  » 

Quentin  Warin  (car  c'est  là,  à  n'en  pas  douter,  son  vrai  nom, 
qu'il  latinise,  à  la  mode  du  temps,  au  bas  de  ses  tableaux,  et  le 
nom  ainsi  transformé  de  Quintin  Varin  lui  en  restera  dans  l'his- 
toire), Quintin  Varin  est-il  né  à  Amiens?  est-il  né  à  Beauvais? 
Félibien,  de  Piles,  Florent  Le  Comte,  Mariette,  c'est-à-dire  les 
historiens  parisiens  de  notre  peinture,  et  aussi  Moréri  et  naturel- 
lement aussi  M.  Dusevel,  en  son  Histoire  d'' Amiens,  tiennent 
pour  Amiens.  D'autre  part,  M.  Gilbert,  dans  sa  description  de  la 
cathédrale  d'Amiens,  et  les  historiens  du  Beauvaisis  le  réclament 
pour  Beauvais.  Je  serais  peut-être  de  cet  avis,  mais  pourtant  le 
plus  sûr  serait  de  s'en  tenir  au  terme  de  «  originaire  de  Picardie  » 
que  fournit  Piganiol  de  la  Force.  Ce  que  l'on  sait,  c'est  que, 
tiraillé  entre  ces  deux  villes,  Varin  «  avait  appris  à  peindre  de 
maître  François  Gaget,  chanoine  de  Beauvais,  dont  il  y  a  quelques 
peintures  dans  la  cathédrale  qui  n'approchent  pas  de  celles  de  son 
écolier...  Varin  est  le  premier  des  Français  qui  a  su  peindre  la 
perspective,  et  le  frère  Bonaventure  d'Amiens,  capucin,  lui  en 
avait  donné  l'ouverture.  »  Notez  que  ce  Père  Bonaventure  était, 
dit-on,  le  propre  frère  de  Nicolas  Blasset ,  le  fameux  sculpteur 
d'Amiens.  —  Et  c'est  ici,  mon  cher  Guiffrey,  qu'il  me  paraît  juste 
de  vous  faire  faire  mieux  connaissance  (car  vous  l'avez  retrouvé 
plus  tard  lors  de  votre  réimpression  de  la  Collection  des  livrets 
de  Salons)  avec  un  modeste  et  laborieux  chercheur  de  notre  batail- 
lon, qui  s'occupa  avec  ténacité  de  Varin,  dès  Pannée  qui  suivit 
la  publication  de  mon  volume. 

ART  FR.    IV  % 


l8  QUENTIN  WARIN,    L,    FINSONIUS,    J.   DARET,    ETC. 

Il  y  avait  en  ce  temps-là  un  avocat  de  Paris,  M.  Élie  Petit,  qui 
s'intéressait  à  Phistoire  des  artistes  français.  Il  avait  même  assem- 
blé, comme  nous  tous,  de  gros  paquets  de  notes  et  s'était  mis  en 
relation  avec  Eud.  Soulié,  avec  moi,  avec  tous  ceux  qui  alors  fai- 
saient mine  de  se  mêler  de  pareille  besogne.  Les  hasards  de  la  des- 
tinée n'avaient  pas  tardé  à  le  conduire  à  Creil,  comme  chef  de  la 
gare.  Il  poussait  de  là  facilement  des  pointes  vers  Amiens  ou  vers 
Beauvais.  Vous  reconnaîtrez  sans  doute,  ici  et  là,  qu'il  s'échauffait 
peut-être  trop  aisément  sur  les  qualités  de  notre  cher  peintre,  par- 
lant de  ses  œuvrçs,  par  un  enthousiasme  bien  naturel,  du  même 
ton  qu'il  eût  parlé  des  maîtres  les  plus  célèbres;  mais  cela,  devant 
les  honnêtes  ouvrages  de  nos  inconnus,  ne  nous  est-il  pas  arrivé 
à  tous?  Dès  1848  et  1849,  M.  Élie  Petit,  dans  des  lettres  adres- 
sées à  Soulié  et  à  moi,  nous  avait  signalé  et  décrit  les  tableaux  de 
Varin  et  de  son  maître,  le  chanoine  Gaget,  vus  de  ses  yeux  dans 
les  églises  de  Beauvais  ou  d'Amiens.  Mais,  à  propos  de  Tarticle 
publié  par  moi  dans  le  Magasin  pittoresque  (mars  1 849)  sur  les 
œuvres  d'art  contenues  dans  l'église  Saint-Étienne-du-Mont  (j'avais 
alors  projeté  d'écrire  une  série  de  courtes  notices  sur  les  peintures 
et  sculptures  trop  peu  connues  qui  décoraient  les  églises  de  Paris) , 
M.  Petit,  profitant  de  la  description  que  je  donnais  là  du  tableau 
de  Varin,  Saint  Charles  distribuant  des  aumônes  aux  pauvres, 
adressa  à  M.  Gharton  pour  son  excellent  recueil  une  lettre  qui, 
par  malheur,  n'y  fut  pas  imprimée,  mais  qui  donnait  sur  le  peintre 
picard  des  renseignements  fort  nouveaux  alors  et  qui  même 
aujourd'hui  n'ont  point  iperdu  leur  intérêt;  et  c'est  pourquoi  je 
crois  loyal  de  vous  transcrire  ici  les  parties  de  cette  longue  lettre 
qui  touchent  à  celles  des  peintures  de  Varin  demeurées  en  Picardie  : 

Quintin  Warin  est  vraisemblablement  né  à  Beauvais.  Du  moins 
est-il  certain  qu'il  y  a  reçu  des  leçons  de  peinture  de  François  Gaget, 
chanoine  de  la  paroisse  Saint-Étienne,  peintre  médiocre  ^,  et  peut- 


I.  J'ai  vu,  à  Saint-Étienne  de  Beauvais,  dans  le  bas-côté  de  droite,  en 
entrant,  une  Cène  de  F.  Gaget,  assez  faible,  autant  que  l'on  en  peut  juger 
sous  la  poussière.  Le  tableau  porte  cette  singulière  inscription  :  F.  GAGET 
INV.  ET  FEG.  HVJVS  EGGL.  CANONIG.  GVJVS  EFFIG.  NON  APPARET. 
{Inventé  et  fait  par  F.  Gaget,  chanoine  de  cette  église,  dont  le  portrait 
n'est  pas  là.)  Sur  le  devant,  on  voit  une  figure  à  mi-corps  de  chanoine  (pro- 
bablement le  donateur  du  tableau),  que  l'on  aurait  pu  prendre  pour  celle  de 
l'auteur.  C'est  sans  doute  pour  éviter  la  confusion  qu'il  avertit  que  cette 
figure  n'est  pas  la  sienne. 


QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC.  I9 

être  aussi  de  sa  mère^.  Son  professeur  de  perspective  fut  le  Père 
Bonaventiire^  Capucin  d'Amiens. 

On  ignore  la  date  de  la  naissance  de  Warin,  mais,  en  1 610,  il  quitte 
Beauvais  pour  voyager,  suivant  l'usage  à  peu  près  constant  des  peintres 
de  cette  époque.  Sur  sa  route,  il  rencontre  aux  Andelys  Nicolas  Pous- 
sin^ âgé  de  seize  ans,  cet  écolier  indiscipliné  qui  avait  fait  le  désespoir 
de  son  maître  pour  les  dessins  dont  il  couvrait  ses  livres,  et  lui  donne 
d'utiles  leçons.  Puis  Q..  Warin^  de  retour  à  Beauvais,  peint  à  fresque, 
dans  la  grande  allée  du  cloître  des  Jacobins,  des  pages  importantes 
représentant  :  Saint  Paul  prêchant  les  Athéniens^  —  Jésus  devant 
Pilate,  —  le  Couronnement  d'épines.  A  Saint-Martin  de  Beauvais, 
derrière  le  choeur,  il  y  avait  une  grande  Assomption^  de  sa  main. 

On  ne  peut  juger  du  genre  de  ces  travaux  détruits,  perdus  ou  relé- 
gués dans  quelque  coin  où  la  tradition  ne  les  a  pas  suivis  et  sur  le 
mérite  desquels  le  chroniqueur  ne  dit  rien;  mais  il  reste  encore, 
dans  l'église  Saint-Pierre,  à  Beauvais,  quatre  tableaux  sur  bois  de 
Q..  Warin,  aussi  différents  de  la  manière  du  chanoine  Gaget  que  de 
celle  des  dernières  œuvres  connues  de  Warin,  mais  évidemment  ins- 
pirés par  l'Ecole  flamande.  Aussi  ne  serais-je  pas  éloigné  de  croire 
que  notre  peintre,  après  avoir  quitté  le  jeune  Poussin,  a  visité  la 
Flandre.  De  1610  à  1617,  on  ne  trouve  de  lui  aucune  trace. 

Ces  quatre  tableaux  sont  :  i"  une  Flagellation  du  Christ,  qui  était 
en  1704  à  Beauvais,  chez  la  veuve  d'un  avocat,  Antoine  Mauger.  Le 
Christ  est  attaché  à  la  colonne  ;  deux  bourreaux  le  frappent.  Un  troi- 
sième, à  la  lueur  d'une  chandelle,  rattache  et  serre  une  poignée  de 
verges.  A  droite,  un  soldat  tient  le  roseau  et  la  couronne  d'épines  ; 
à  gauche,  un  enfant  éclaire  avec  une  torche  l'ensemble  de  la  scène. 
J'ai  relevé  sur  le  panneau  même  et  calqué  la  signature  suivante  : 
Q.  Warin  inuê  —  et  pingebat.  Ce  tableau ,  bien  que  défiguré  en 
partie  par  les  frottements  d'un  nettoyage  maladroit,  est  une  œuvre 
recommandable.  Le  dessin  est  faible,  quoique  l'auteur  ait  abordé 
résolument  des  raccourcis  très  difficiles.  La  couleur  est  belle  et  les 
effets  de  lumière  sont  habilement  rendus.  Les  expressions  de  figure 
sont  communes  et  accusent,  ainsi  que  la  facture  générale,  l'étude 
des  Flamands.  La  douleur  du  Christ  est  trop  humaine.  2"  Le  Christ 
en  croix.  Des  anges  recueillent  le  sang  qui  coule  de  ses  plaies.  Le 


I.  On  lit  dans  la  Description  de  la  France,  par  Piganiol  de  la  Force,  qu'en 
1647,  il  y  avait,  aux  Ursulines  d'Amiens,  une  Religieuse  nommée  la  Mère 
Warin  (par  un  double  W),  mère  du  peintre  du  Roi  de  ce  nom,  qui  avait  fait 
vœu  d'exécuter  les  peintures  de  l'église.  Elle  en  avait  fini  les  dessins,  mais 
elle  était  morte  avant  d'avoir  pu  donner  un  seul  coup  de  pinceau.  —  Zani 
cite  une  demoiselle  Varin,  fille  de  Quintin  Varin  (sic),  florissant  en  1640, 
comme  peintre  d'histoire. 


20  QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,   ETC. 

Christ  est  fort  beau  ;  les  anges  sont  lourds  et  communs.  De  beaux 
effets  de  lumière  répandent  sur  la  scène  un  certain  charme,  mais 
sans  compenser  suffisamment  l'inexpérience  et  les  tâtonnements. 
3°  La  Vierge  et  Jésus  enfant  sur  ses  genoux.  Des  anges  montrent 
à  ce  dernier  la  croix  et  les  autres  instruments  de  la  Passion,  Cette 
petite  page,  très  inférieure  aux  autres,  est  d'un  écolier.  Il  est  impos- 
sible cependant  de  n'y  pas  reconnaître  la  même  main.  40  La  Vierge 
assise  et  tenant  sur  ses  genoux  le  corps  livide  du  Sauveur  expiré. 
En  comparant  ce  tableau  avec  ceux  qui  précèdent,  on  ne  peut  guère 
douter  qu'il  ne  soit  de  Q..  Warin.  Mais  il  est  très  supérieur  par 
la  fermeté  du  pinceau  comme  par  l'énergie  et  la  noblesse  des  expres- 
sions. 

Chez  M.  Lefèvre-Soyer,  à  Beauvais,  j'ai  vu  récemment  trois 
tableaux,  aussi  sur  bois,  de  Q..  Warin.  Le  premier  représente  le  Christ 
à  la  colonne.  Au  fond,  on  voit  deux  vieillards  coiffés  de  turbans.  Le 
Christ  est  énergique,  mais  d'une  expression  vulgaire  et  d'un  dessin 
incorrect  ;  la  couleur  est  vigoureuse  et  offre  les  contrastes  de  lumière 
et  d'ombre  familiers  à  Warin.  Le  panneau  est  carré;  la  scène  est 
contenue  dans  un  ovale  et  les  coins  du  carré  sont  ornés  de  fleurs. 

Le  deuxième  montre /'a  Vierge  au  milieu  du  ciel  et  debout  sur  un 
croissant.  En  haut,  sont  deux  anges  adultes,  habillés,  qui  semblent 
s'apprêter  à  recevoir  la  reine  des  cieux  en  chantant.  Ils  sont  lourds, 
surtout  en  ce  qui  concerne  les  draperies,  et  assez  semblables  aux 
anges  du  Christ  en  croix  décrit  plus  haut.  En  bas,  aux  pieds  de  la 
Vierge,  mais  des  deux  côtés,  voltigent  deux  anges,  sous  des  figures 
d'enfants  et  presque  nus ,  d'une  facture  délicieuse ,  d'une  couleur 
transparente  qui  contraste  avec  les  anges  d'en  haut,  et  posés  avec 
beaucoup  de  grâce.  La  Vierge,  dans  une  position  simple  et  noble,  a 
beaucoup  d'éclat  ;  les  draperies,  plus  légères  que  celles  des  anges,  ont 
cependant  de  l'ampleur  et  de  la  dignité.  La  couleur  de  ce  charmant 
tableau  est  à  la  fois  ferme  et  délicate.  Le  dessin  est  très  supérieur  à 
celui  des  autres  œuvres  de  Q.  Warin  à  cette  époque. 

Le  troisième  est  une  Mise  au  tombeau.  Le  Christ  est  couché  sur 
un  linceul  relevé  par  le  haut,  à  l'endroit  où  pose  la  tête,  et  dont  les 
bouts  sont  tenus  par  deux  anges  adultes.  Un  autre  ange,  sous  la  figure 
d'un  jeune  enfant,  tient  les  clous  et  la  couronne  d'épines  ;  il  pleure 
amèrement.  Un  quatrième  ange,  placé  dans  le  bas,  à  gauche,  tient 
une  longue  torche  allumée.  La  Madeleine,  à  genoux  devant  le  Christ 
et  dans  l'attitude  de  la  douleur  la  plus  vive  et  la  plus  noble,  lave  une 
main  du  Christ,  qu'elle  couvre  en  même  temps  de  baisers.  A  ses  pieds 
est  un  vase  en  or  qui  lui  sert  à  rendre  au  Christ  mort  ce  pieux  devoir. 

Ce  magnifique  tableau  porte  la  signature  :  Q.  Warin  inuê  —  et 
pingebat,  semblable  à  celle  de  la  Flagellation.  Il  accuse  un  immense 
progrès  dans  le  talent  de  l'auteur.  Si  la  figure  de  l'ange  qui  pleure 


QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J,    DARET,    ETC.  21 

fait  une  grimace  peu  noble,  elle  est  remarquable  comme  expression. 
Le  Christ  mort  est  sublime;  Madeleine  et  les  autres  anges  ont  un 
air  grandiose  auquel  le  peintre  ne  nous  a  pas  encore  accoutumés; 
la  couleur  est  sombre,  e'nergique  et  merveilleusement  conservée  ;  les 
effets  de  lumière,  admirablement  sentis,  jettent  sur  toute  la  scène 
une  profonde  terreur'. 

Déjà  Warin  secoue  la  manière  flamande  jusqu'ici  remarquée  dans 
ses  œuvres.  Le  dessin  s'élargit  et  revêt  de  la  grandeur  et  de  la  dis- 
tinction. L'auteur  change  de  voie;  il  inaugure,  par  une  page  saisis- 
sante, la  manière  large  et  originale  que  nous  aurons  plus  tard  à  faire 
apprécier. 

Simon,  dans  le  Supplément  à  l'histoire  du  Beauvoisis,  cite  encore  : 

i"  Une  Petite  Assomption  de  la  Vierge  (est-ce  celle  de  M.  Lefèvre- 
Soyer?)  placée  dans  l'église  des  Jacobins  de  Beauvais,  vis-à-vis  de  la 
chaire  à  sermon  et  Jort  finie. 

2°  Un  Grand  Crucifix  chez  le  s.  Tristant,  président  en  élection. 

3°  Un  Saint  Sébastien  chez  M«  Claude  Caignart,  procureur. 

40  Un  grand  Saint  Pierre.,  chez  lui. 

«  Ce  qui  était  cause,  ajoute-t-il,  qu'il  [Warin]  ne  gagnait  pas  tant 
est  qu'il  voulait  faire  tout  lui-même  à  ses  tableaux.  Il  peignait  aussi 
avec  beaucoup  de  netteté  toutes  sortes  de  caractères,  tant  avec  le  pin- 
ceau qu'avec  la  plume.  » 

Où  sont  les  manuscrits,  peut-être  les  enseignes,  que  le  conscien- 
cieux artiste  a  faits  pour  vivre  ? 

Au  milieu  de  tous  ses  voyages,  Warin  vint  à  Amiens,  oii  il  peignit 
des  familles  entières.  Ces  portraits,  du  genre  qu'on  appelle  histo- 
rique, étaient  encore,  en  1704,  dans  l'église  cathédrale  d'Amiens. 

I.  Notre  ami  A.  de  Montaiglon,  à  la  lecture  de  cet  article  en  épreuves,  nous 
communique  obligeamment  la  note  qui  suit,  au  sujet  de  la  Mise  au  tombeau  : 

«  C'est  évidemment  le  tableau  que  j'ai  eu  le  plaisir  de  voir  à  Beauvais  en 
août  1886,  dans  la  curieuse  collection,  presque  un  Musée,  de  M.  de  La  Herche. 
Je  transcris  simplement  la  note  de  mon  carnet  : 

c  Tableau  de  Varin,  signé  en  deux  lignes  : 
«  Q.   Warin  invê 
«  et  pingebat. 

«  Le  Christ  mort,  couché  sur  son  tombeau.  A  droite,  la  Madeleine,  qui 
«  vient  de  laver  ses  plaies,  lui  baise  la  main  gauche.  Deux  anges  soulèvent 
«  sous  sa  tête  le  linceul  sur  lequel  il  est  étendu.  Un  enfant  à  gauche,  grima- 
«  çant  de  douleur,  tient  les  clous  et  la  couronne  d'épines.  Au  coin  gauche, 
«  un  ange  agenouillé  tient  une  très  longue  torche.  Les  têtes  de  l'ange  et  de 
«  la  Madeleine  sont  presque  dans  le  goût  de  Bellange.  Sur  bois,  très  noir, 
«1  en  hauteur,  de  trois  pieds  sur  deux  pieds  et  demi.  »  Je  n'ai  à  ajouter  à  cette 
note,  prise  devant  l'original,  que  ceci.  Ce  doit  être  de  la  jeunesse  de  Varin; 
c'est  vigoureux,  violent  et  parfois  maladroit;  il  y  a  loin  de  là  au  tableau  des 
Carmes  Déchaussés  de  Paris.  » 


22  QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

Vous  avez  remarqué,  dans  l'une  des  notes  de  la  lettre  ci-dessus 
de  M.  Élie  Petit,  la  curieuse  mention,  d'après  Piganiol  de  la  Force 
{Description  de  la  France],  de  cette  Religieuse  Ursuline  d'Amiens 
a  nommée  la  mère  Warin^  mère  du  peintre  du  Roi  de  ce  nom,  qui 
avait,  en  1647,  fait  vœu  d'exécuter  les  peintures  de  l'église  de  son 
couvent.  »  Elle  en  avait  fini  les  dessins,  mais  elle  était  morte  avant 
d'avoir  pu  donner  un  seul  coup  de  pinceau,  —  et  aussi  Pindi- 
cation,  d'après  Zani,  d'une  «  demoiselle  Varin,  fille  de  Quintin 
Varin,  florissant  en  1640,  comme  peintre  d'histoire.  »  —  D'abord 
je  me  sentais  disposé  à  ne  voir  dans  cette  «  mère  Warin  »  et  cette 
a  demoiselle  Varin,  »  Tune  mère,  Tautre  fille  de  notre  peintre, 
qu'un  seul  et  même  personnage,  et,  aujourd'hui  que  nous  savons 
le  jour  précis  de  la  mort  de  Quentin  en  1634,  la  date  de  1647 
rendait  impossible  l'attribution  du  travail  des  Ursulines  à  la  mère 
de  notre  artiste.  En  tout  cas,  si  parenté  il  y  avait,  et  elle  était  pré- 
sumable,  elle  semblait  fournir  un  argument  de  plus  à  la  naissance 
à  Amiens  de  notre  Quentin^  car,  si  la  famille  eût  été  de  Beauvais, 
les  couvents  n'eussent  pas  manqué  dans  cette  ville  à  la  mère  ou  à 
la  sœur  du  peintre,  et  celle-ci  ne  fût  point  venue,  de  préférence  à 
sa  ville  natale,  demander  un  asile  aux  Ursulines  d'Amiens.  Mais 
c'est  décidément  Zani  qui  avait  raison,  et,  quand  Montaiglon  rédi- 
gea la  note  pour  VAbecedario,  il  y  produisit  le  renseignement  de 
bonne  source,  emprunté  à  l'histoire  locale,  et  qui  pour  nous  doit 
faire  foi  :  «  Varin  laissa  une  fille  héritière  de  ses  talents.  Voici  ce 
qu'en  dit  le  P.  Daire,  et  dans  son  Histoire  d'Amiens^  ^1^1-,  ^^^"4% 
II,  p.  319,  et  dans  son  Tableau  historique  des  sciences^  belles- 
lettres  et  arts  en  Picardie,  1768,  in-12,  p.  197-8  :  L'église  des 
Ursulines  d'Amiens,  commencée  en  1624,  fut  consacrée  en  1628, 
et  ce  fut  la  mère  Canterel  de  Saint-Augustin,  seconde  supérieure, 
qui,  songeant  à  décorer  de  peintures  cet  édifice,  employa  à  cet 
ouvrage  la  sœur  Sainte-Magdeleine,  fille  de  Quintin  Varin,  mais 
la  mort  l'enleva  avant  qu'elle  eût  fait  autre  chose  que  les  dessins. 
Ceux-ci  furent  exécutés  par  les  sœurs  Françoise  Becquerel,  dite 
de  Sainte-Marie  des  Anges,  Marguerite  Canteraine ,  dite  de 
Sainte-Agathe,  et  Françoise  du  Croquet,  dite  de  Saint- Augustin. 
Le  crucifix  de  la  voûte,  «  dont  la  perspective  est  charmante,  »  — 
Varin  avait  dans  la  perspective  une  réputation  particulière,  — était 
de  la  façon  de  la  mère  Françoise  Becquerel  des  Anges,  native 
d'Amiens.  » 

1628,  ce  serait  à  mon  sens,  et  plus  loin  je  dirai  pourquoi,  le 


QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,   J.    DARET,    ETC.  23 

moment  où  Varin  aurait  exécuté  son  Christ  en  croix  de  la  cathé- 
drale d'Amiens.  Aurait-il,  vers  cette  époque,  confié  aux  soins  des 
Ursulines  de  cette  ville  une  fille  d'un  premier  mariage,  née  à  Beau- 
vais  peut-être,  avant  le  départ  de  son  père,  et  qu'il  aurait  instruite 
en  son  art?  J'ajouterai,  pour  ne  rien  omettre,  que  M.  de  Marsy, 
dans  sa  monographie  de  l'église  Saint-Jacques  à  Compiègne 
[Inventaire  des  Richesses  d'art  de  la  France.  Province,  monu- 
ments religieux,  t.  I",  p.  174),  lui  attribue  un  «  Christ  insulté  et 
couronné  d'épines.  Le  Christ,  assis,  les  mains  liées,  est  entouré 
de  trois  soldats,  dont  l'un  lui  enfonce  sur  la  tête  la  couronne 
d'épines.  » 

Simon  nous  donne  la  date  de  16 10  comme  celle  de  l'année  où 
Quintin  Varin  quitta  Beauvais.  De  quel  côté  se  dirigea-t-il  ?  Les 
dates  nous  manquent,  ces  précieuses  dates  qu'il  écrivait  volontiers 
au  bas  de  ses  tableaux  à  la  suite  de  sa  signature.  On  peut  présu- 
mer toutefois  qu'il  prit  directement  la  route  d'Amiens,  car  on  sait 
aujourd'hui  que  ce  n'est  pas  en  16 10,  bien  qu'on  l'ait  cru  long- 
temps, qu'il  alla  aux  Andelys  donner  l'éveil  au  génie  du  PoM^^m, 
mais  en  161 2,  et  de  là  deux  années  inexpliquées,  qui  ont  dû  logi- 
quement s'utiliser  à  Amiens. 

Simon,  dans  son  Supplément  à  Vhistoire  du  Beauvoisis,  cha- 
pitre des  Beauvaisiens  illustres  dans  les  arts,  disait,  en  1704,  que 
Quintin  Varin^  après  quantité  d'ouvrages  exécutés  à  Beauvais, 
«  alla  à  Amiens  où  il  peignit  plusieurs  familles  entières  qui  sont 
dans  l'église  de  Notre-Dame.  »  Il  s'agit  évidemment  ici  de  tableaux 
de  la  confrérie  de  Notre-Dame  du  Puy  ;  et,  en  remontant  aux 
années  1608  à  161 2,  on  trouverait  certainement  dans  l'Histoire 
littéraire  de  la  ville  d'Amiens  (Paris,  1782),  où  le  Père  Daire 
donne  la  liste  chronologique  des  maîtres  de  cette  confrérie,  avec 
leurs  devises  ou  refrains^  les  noms  des  familles  pour  lesquelles 
travailla  Quentin  Warin.  Mais  involontairement  il  est  impossible, 
à  propos  de  ces  tableaux  de  donateurs  que  notre  Quentin  peignait 
là  dans  sa  province  de  Picardie,  de  ne  pas  songer  à  une  autre 
grande  toile  de  même  genre  qu'à  l'autre  bout  de  la  France  exécu- 
tait, à  la  même  époque,  un  artiste  de  même  nom,  un  autre  Varin. 
J'avais  lu  dans  la  Description  du  Musée  de  Narbonne ,  par 
M.  Tournai  (1847)  :  «  Portrait  des  six  consuls  de  Narbonne  pen- 
dant l'année  1607.  Voici  leurs  noms  :  Jehan  Barrau,  Pierre  Pélis- 
sier,  Antoine  de  Reboul,  Jehan  de  Cogomblis,  Guillaume  Bus- 


24  QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

chet  et  Pierre  Baron.  Ce  tableau  a  été  peint  par  Varin.  »  J'avais 
traversé  Narbonne  à  deux  reprises  sans  pouvoir  Juger  du  tableau 
par  mes  yeux.  En  i865,  l'obligeant  M.  Tournai  voulut  bien  m'en 
écrire  ces  lignes  : 

Les  six  consuls  sont  représentés  en  costume  officiel  (nîanteau 
pourpre  doublé  de  velours  noir),  à  genoux  et  les  mains  jointes  ;  saint 
Pierre  occupe  le  centre  de  la  composition;  la  toile  a  S^'oô  sur  i™55. 
Elle  est  signée  :  10.  VARINVS  INor  ET  FECIT.  1607.  —  Les  six 
autres  tableaux  du  même  genre  que  possède  le  Musée  ne  sont  pas 
signés  (l'ancien  catalogue  mentionnait  en  effet  les  portraitures  des  con- 
suls de  Narbonne  en  exercice  pendant  les  années  1600,  i6o3,  1626  et 
1643). 

«  J'ignore,  ajoutait  M.  Tournai,  comment  et  pourquoi  Varin 
fut  chargé  d'exécuter  ces  portraits.  On  ne  les  exécutait,  du  reste, 
que  dans  les  circonstances  solennelles,  entrée  d'un  prince  ou  d'un 
archevêque,  etc.  »  Cette  coutume  à  Narbonne  de  peindre  les  con- 
suls rappelle  le  même  usage  qu'on  avait  à  Toulouse  de  représen- 
ter en  une  composition  pareille  les  Capitouls  (v.  le  superbe  tableau 
de  Chalette],  à  Lyon  et  à  Paris  les  échevins;  c'était  une  très  noble 
mode  de  ce  temps.  Mais  qu'était-ce  que  ce  Jean  Varin?  et  que 
faisait-il  en  ces  parages,  où  l'on  ne  trouve  guère  d'autre  œuvre  de 
lui?  Était-il  parent  du  nôtre,  vagabond  comme  lui  et  cherchant 
fortune  comme  lui  au  hasard  des  commandes  ? 

Mais  ce  n'est  point  seulement  un  vague  souvenir  de  travaux 
nombreux  que  Quintin  Varin  a  laissé  à  Amiens.  Dans  la  cathé- 
drale d'Amiens,  à  la  chapelle  Saint-Sébastien,  se  voit  encore  son 
Christ  en  croix  entre  saint  Jean  et  la  Vierge  debout,  peinture  un 
peu  assombrie,  mais  vigoureuse,  et  qui  ne  semblerait  pas  de  ses 
premiers  temps.  La  date  du  tableau,  fort  bien  conservé  d'ailleurs, 
de  ce  contreretable  est  fort  incertaine.  M.  Gilbert  le  croyait  peint 
en  i638  ;  il  n'y  a  à  cela  qu'un  empêchement,  c'est  que  Varin  était 
mort  depuis  quatre  ans.  Un  autre  tableau  de  la  même  cathédrale, 
dans  un  contreretable  pareil  et  faisant  pendant  à  celui-ci,  nous 
pourrait  toutefois  aider  dans  nos  hypothèses  ;  car  les  deux  autels 
de  même  époque,  décorés  symétriquement,  ont  dû  recevoir  leurs 
peintures  à  peu  de  distance  l'un  de  l'autre.  Ce  pendant  au  Christ 
en  croix  du  Varin  représente  une  Assomption  de  la  Vierge;  au 
bas  sont  divers  personnages,  regardant  avec  admiration  le  tom- 
beau qui  est  vide.  Le  tableau  est  signé  :  D"  I.  FRANCKENin  et 
F.  ANNO  1628.  Je  croirais  donc  la  peinture  de  Varin  d'une 


QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC.  25 

date  fort  approchant  de  celle-là  et  j'ai  dit  plus  haut  comment,  vers 
cette  même  année,  la  propre  fille  du  peintre,  religieuse  aux  Ursu- 
lines  d'Amiens,  était  chargée  par  sa  supérieure  de  décorer  la  cha- 
pelle de  son  couvent. 

Quand  il  écrivait  son  Histoire  d'Amiens^  M.  Dusevel  notait 
qu'un  tt  amateur  de  cette  ville  possédait  une  esquisse  de  Varin^ 
peinte  sur  bois,  qui  mériterait  d'être  conservée  à  la  bibliothèque.  » 

Le  1 5  juin  1 85 1 ,  je  fis,  comme  tout  le  monde,  le  pèlerinage  des 
Andelys  pour  assister  à  l'inauguration  de  la  statue  de  Nicolas 
Poussin,  et,  à  cette  occasion,  je  parlai,  dans  le  journal  d'Argentan 
et  dans  le  petit  tirage  à  part  qui  fut  fait  de  mon  récit,  de  ce  que  je 
venais  de  voir  dans  la  très  belle  église  de  Sainte-Clotilde,  «  de  ces 
deux  si  curieuses  peintures  signées  du  nom  de  Quintin  Warin, 
toutes  deux  datées  de  1612,  et  dont  l'une  représente  le  Martyre 
de  saint  Laurent  (je  m'étais  trompé,  c'est  saint  Vincent  dont  l'ar- 
tiste a  peint  ici  la  légende),  l'autre  une  Regina  cœli. —  161 2,  cette 
date  était  bonne  à  constater,  car  on  a  toujours  supposé,  d'après 
Simon,  que  c'était  en  16 10  que  Warin  était  venu  aux  Andelys; 
et,  par  la  date  précise  des  tableaux  de  Sainte-Clotilde,  on  voit  que 
Nicolas  Poussin  n'était  plus  un  enfant  de  seize  ans,  mais  un 
homme  de  dix-huit  ans,  quand  l'esprit  révélateur,  sous  la  forme 
de  Quintin  Varin,  vint  exécuter  sous  ses  yeux  la  grande  compo- 
sition du  Saint  Laurent  qui  décore  aujourd'hui  la  chapelle  de  la 
Charité  et  lui  tirer  des  entrailles  le  Anche  io  du  Corrège.  »  Ma 
visite  avait  été  tellement  rapide,  au  cours  de  cette  journée  très  rem- 
plie, que  je  n'avais  pas  eu  le  temps  de  reconnaître  le  troisième 
tableau,  le  Martyre  de  saint  Clair,  également  signé  de  Quintin 
Varin,  et  que  M.  l'abbé  Porée,  curé  de  Bournainville,  si  actif  et 
si  heureux  en  trouvailles,  nous  a  rendu  le  service  de  nous  signa- 
ler à  la  suite  des  deux  autres  tableaux  du  Varin  (le  saint  Clair  fait 
évidemment  pendant  au  saint  Vincent  par  ses  proportions  et  par 
la  disposition  des  sujets  accessoires  aux  quatre  angles  de  la  toile), 
et  qu'il  nous  a  décrit  de  même  dans  la  Revue  de  VArt  français, 
n°  de  décembre  1 884. 

Déjà  M.  Gandar,  en  son  très  intéressant  travail  :  Souvenirs  de 
la  jeunesse  de  Nicolas  Poussin,  publié  dans  la  Ga:{ette  des  Beaux- 
Arts,  i5  janvier  1860,  avait  donné  la  plus  consciencieuse  des- 
cription, la  plus  délicate  et  la  plus  poétique  des  deux  tableaux  de 
Varin  :  V Assomption  et  le  Martyre  ou  plutôt  la  Légende  de  saint 
Vincent.  Il  en  avait,  comme  après  lui  M.  l'abbé  Porée,  relevé  la 


20  QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

date  précieuse  de  1612.  La  Regina  cœli  est  même  signée,  avec 
plus  de  précision  encore  :  Quintinus  Varinus  inven.  et  pingeb. 
mensejul.  16 12. 

Il  est  certain  par  les  témoignages  de  tous,  et  plus  que  sûrement 
par  celui  du  Poussin,  car  Poussin  est  le  seul  qui  ait  pu  informer 
tous  ces  Italiens  du  xvii®  siècle,  Bellori  et  les  autres,  «  du  grand 
mérite  que  l'on  devait  reconnaître  dans  les  œuvres  laissées  par  ce 
Varin  aux  Andelys  et  à  Paris  ;  »  il  est  certain  que  les  peintures 
exécutées  aux  Andelys  sous  ses  yeux  ont  été  pour  Nicolas  Pous- 
sin la  grande  lumière,  la  révélation  subite  et  supérieure  de  l'art, 
la  rencontre  décisive  de  sa  destinée.  Florent  Le  Comte,  en  écri- 
vant que  Poussin  a  travaillé  pour  Varin,  a  trop  dit.  Poussin  dut 
tourner  autour  de  ses  tableaux,  essayer  de  ses  brosses,  observer  ses 
procédés,  dessiner  et  peut-être  barbouiller  quelques  premières 
ébauches  dans  son  atelier,  admirer  l'abondance  de  ses  compositions, 
car  ce  maître-là  était  un  esprit  rapide  et  fécond,  capable  de  mener 
à  bien  en  quelques  mois  plusieurs. tableaux  aux  figures  innom- 
brables, aux  expressions  fortes  ou  gracieuses  et  dessinées  avec  une 
science  facile  et  sûre  de  contours  et  de  perspective,  et  peints  d'un 
pinceau  souple,  riche  et  harmonieux,  de  cette  coloration  vive  et 
sans  fadeur  qui  nous  venait  des  Flandres  et  qui  servira  quelque 
jour  à  Laon  au  maître  de  Lenain,  à  Troyes  au  maître  de  Cha- 
lette.  Souvenez-vous,  en  outre,  que  ce  Varin  «  voulait  tout  faire 
lui-même  à  ses  tableaux,  ce  qui  était  cause  qu'il  ne  gagnait  pas 
tant,  »  mais  ce  qui  en  faisait  aussi  un  maître  très  scrupuleux,  très 
soigneux  et  par  suite  très  enseignant;  <c  qu'il  peignait  avec  beau- 
coup de  netteté  toutes  sortes  de  caractères  tant  avec  le  pinceau 
qu'avec  la  plume,  »  ce  qui  le  devait  rendre  plus  sensible  aux  cro- 
quis que  l'enfant,  devenu  jeune  homme,  griffonnait,  assure-t-on, 
sur  tous  ses  papiers  et  ses  livres,  et  y  pouvait  mieux  entrevoir 
l'avenir  de  son  imagination.  Ajoutez  encore  que  ce  Varin  devait 
être  d'une  intelligence  et  d'un  verbe  bien  attrayants,  puisque  nous 
le  voyons,  dès  son  arrivée  à  Paris,  captiver  tour  à  tour  le  marguil- 
lier  chez  lequel  il  loge,  puis  l'abbé  de  Saint-Ambroise,  l'intendant 
de  la  Reine,  le  plus  fameux  connaisseur  d'alors,  puis  Marie  de 
Médicis,  puis  Anne  d'Autriche  et  le  Roi,  et  son  ministre  de  Noyers, 
et,  parmi  les  artistes  de  son  temps,  Etienne  de  Lahyre,  le  père  de 
Laurent,  et  son  confrère  Jean  Maressal.  Quand  il  était  venu  aux 
Andelys,  il  avait  déjà  parcouru  bien  des  villes  de  sa  province, 
beaucoup  vu  d'admirables  ouvrages  dans  les  cathédrales  et  pou- 


QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC.  27 

vait  avec  raison  faire  miroiter  aux  yeux  de  Nicolas  et  de  sa  famille 
la  gloire  qu''avaient  conquise  les  grands  artistes  et  qu'il  espérait 
pour  lui-même,  car  il  ne  faut  pas  croire  qu'au  commencement  du 
xviic  siècle,  ce  fût  un  métier  peu  honoré  que  celui-là,  et,  par  les 
nombreux  peintres  et  sculpteurs  que  Paris  et  la  cour  emprun- 
taient à  la  Flandre,  on  savait  à  merveille  dans  nos  villes  nor- 
mandes ou  picardes  la  faveur  singulière  qui  s'attachait  à  leurs 
talents.  Je  ne  pense  donc  pas  que  Varin  ait  eu  autant  de  peine 
qu'on  le  dit  à  persuader  la  famille  du  Poussin.  Quant  à  Nicolas, 
le  Jour  où  Varin  quitta  les  Andelys,  il  savait,  par  intuition  autant 
que  par  première  pratique,  le  plus  clair  de  son  métier,  lïnvention 
rapide  et  point  hésitante,  la  libre  et  facile  exécution,  la  peinture 
et  la  détrempe,  la  peinture  à  l'huile  surtout,  car  c'est  par  ce  pro- 
cédé qu'il  lui  avait  vu  exécuter  les  tableaux  de  l'église  Sainte- 
Clotilde;  et  j'imagine  que,  quand,  dès  l'année  suivante,  il  s'en 
allait,  âgé  de  dix-neuf  ans,  étudier  à  Paris,  «  trois  mois  sous  Fer- 
dinand, un  mois  sous  Lallemand,  »  ni  Lallemand,  ni  Ferdinand 
ne  lui  en  apprirent  davantage.  Ce  qui  lui  était  resté  dans  la  mémoire, 
au  plus  grand  de  nos  peintres  français  dans  sa  sainte  vieillesse  de 
Rome,  c'est  que  «  questo  fu  quegli  (Quint ino  Varîno),  che  per- 
suase  Niccolo  Poussin,  e  l'animô  allô  studio  délia  pittura,  pro- 
mettendogli  il  piti  felice  esito  nell'  arte.  »  Tous  les  autres  s'étaient 
effacés  de  son  souvenir  ;  il  ne  reconnaissait  que  celui-là,  et  de  celui- 
là  en  effet  il  a  sauvé  le  nom  dans  sa  gloire. 

Nicolas  Poussin  retrouva-t-il  plus  tard  Quintin  Varin  à  Paris? 
Rien  ne  le  dit.  Varin  n'était  pas  venu  tout  droit  des  Andelys  à 
Paris,  puisque,  en  1614,  nous  le  rencontrons  à  Abbeville.  J'avais 
été  bien  heureux,  en  i853,  de  constater,  dans  l'église  Saint-Gilles, 
l'existence  de  l'un  de  ses  meilleurs  tableaux  et  d'en  relever  la  signa- 
ture et  la  date.  Ernest  Prarond,  dans  sa  Topographie  historique 
et  archéologique  d' Abbeville,  tome  P"",  p.  448,  vous  en  indiquera 
la  place  avec  sa  précision  ordinaire  : 

Bas-côté  droit.  —  L'œuvre  qui  la  première  doit  arrêter  mieux  que . 
notre  attention,  notre  respect,  est  le  tableau  de  Quintin  Warin,  le 
maître  du  Poussîti  :  Jésus  sur  la  croix  entre  sa  mère  et  saint  Jean.  — 
Q..  Varin  inveniebat  et  pingebat.  1614.  —  La  signature  est  en  toutes 
lettres. 

Lui-même  avait,  dès  la  page  142,  rappelé  que  ce  tableau  déco- 
rait autrefois  la  chapelle  de  Saint-Yves,  à  présent  de  Sainte- Anne, 


28  QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

et  qu'on  appelait  au  xviiie  siècle  la  chapelle  de  MM.  Pascal,  dans 
l'église  Saint-Vulfran,  et  il  ajoute  : 

Ce  tableau,  heureusement  sauvé  pendant  la  Révolution,  est  aujour- 
d'hui dans  l'église  de  Saint-Gilles,  qui  le  conserve  avec  un  juste 
orgueil. 

M.  Douville,  auteur  d'une  Description  des  églises  d' Abbeville^ 
insérée  d'abord  dans  un  almanach  de  Picardie  de  1757,  puis  dans 
l'almanach  du  Ponthieu  de  1783,  nous  apprend  en  effet  qu'en  ce 
temps-là  c'était  dans  l'église  métropolitaine  d'Abbeville  et  non 
dans  l'église  paroissiale  de  Saint-Gilles  qu'il  fallait  chercher  le 
tableau  de  Quintin  Varin.  «  Dans  la  chapelle  de  Messieurs  Pas- 
cal, la  seconde  qui  se  présente  à  droite  dans  la  nef  en  entrant  (à 
Saint-Vulfran),  est  un  crucifix  peint  par  Warin...  »  Que  si  vous 
voulez  avoir  une  appréciation,  point  suffisamment  louangeuse,  à 
mon  sens,  de  ce  tableau  que  j'estime  l'un  des  mieux  peints  du 
maître,  d'une  pratique  très  adroite,  jeune,  forte  et  savante,  —  par 
Dieu,  ce  n'est  pas  là  ni  du  Poussin,  ni  du  Corrège,  mais  ce  n'est 
pas  si  loin  de  VOtto  Vœnius  et  des  bons  Flamands  italianisants 
du  temps,  avec  un  certain  caractère  français,  —  vous  pourrez  la 
trouver  dans  Particle  écrit  par  notre  ami  Darcel  à  l'occasion  de 
l'exposition  archéologique  d'Amiens  [Ga^Qtte  des  Beaux-Arts, 
1860). 

Plus  d'autre  trace  de  notre  Q.  Varin  avant  son  acheminement 
vers  Paris.  Cependant,  comme  Amiens  se  trouvait  la  station  natu- 
relle en  revenant  d'Abbeville,  j'ai  peine  à  croire  qu'entre  16 14  et 
16 16,  que  je  crois  la  date  probable  de  sa  grande  résolution  de 
chercher  fortune  à  Paris,  il  n'ait  fait  une  longue  halte  dans  cette 
ville  d'Amiens,  déjà  riche  de  ses  œuvres  et  à  laquelle  il  était  atta- 
ché à  tant  de  titres  ;  —  et,  pour  dernier  repos  avant  la  lutte,  il 
rencontrait  encore  sur  son  droit  chemin  Beauvais,  la  ville  de  sa 
jeunesse. 

L'histoire  de  Quintin  Varin  à  Paris,  vous  n'ignorez  pas,  mon 
cher  GuiFFREY,  comme  elle  fut  romanesque  et  vous  apportez  encore 
une  fort  belle  gerbe  de  détails  au  chapitre  le  plus  tragique  de  ce 
roman.  Enguignonné  par  ses  travaux  et  sa  demi-brillante  renom- 
mée de  province,  assoiffé  d'une  renommée  plus  grande  et  d'un 
espoir  légitime  de  fortune  meilleure,  notre  Quentin  arrive  dans 
la  grande  ville.  J'imagine  que  ce  fut  vers  1616.  Mais  la  misère  l'y 
a  précédé,  et  les  tribulations  suivirent  de  près.  Nous  savons  tous 
aujourd'hui  par  cœur  la  page  où  Simon,  de  Beauvais,  racontait, 


QUENTIN   WARIN,    L.   FINSONIUS^    J.    DARET,    ETC.  29 

en  1704,  les  étranges  aventures  dans  Paris  du  pauvre  artiste  picard  : 

Il  alla  loger  dans  un  grenier,  rue  de  la  Verrerie,  chez  un  marguil- 
lier  de  la  chapelle  de  Saint-Gharles-Borromée,  de  l'église  de  Saint- 
Jacques-de-la-Boucherie ,  qui  lui  fit  faire  un  grand  tableau ,  où  il 
représentait  ce  saint  cardinal  en  extase,  avec  un  saint  Michel  debout  ; 
cet  ouvrage  ayant  été  vu  par  hasard  et  admiré  par  l'intendant  de  la 
reine  Marie  de  Médicis,  qui  s'informa  du  peintre,  l'alla  chercher  dans 
son  galletas,  lui  donna  de  quoi  payer  son  loyer  et  l'amena  à  la  reine, 
après  lui  avoir  fait  tracer  un  dessin  sur  l'idée  qu'il  lui  en  avait  don- 
née, que  l'on  trouva  si  juste  et  tant  d'imagination  qu'ils  furent  ravis 
d'avoir  trouvé  ce  que  l'on  faisait  chercher  dans  les  pays  étrangers 
depuis  longtemps  ;  on  l'arrêta  pour  travailler  à  la  galerie  du  nouveau 
palais  du  Luxembourg.  Mais,  s'étant  trouvé  associé  avec  le  nommé 
Durant,  poète,  qui  travaillait  aux  inscriptions,  et  ce  dernier,  qui 
aimait  mieux  la  satire,  ayant  écrit  contre  le  gouvernement,  fut  arrêté, 
prisonnier  et  depuis  pendu.  Warin  s'alarma  si  fort,  craignant  le  même 
sort,  qu'il  se  cacha  si  bien  qu'il  ne  put  pas  savoir  qu'on  le  cherchait 
pour  le  faire  travailler  et  qu'on  ne  le  put  déterrer;  ce  qui  fut  cause 
que  l'on  se  servit  de  Rubens  d'Anvers. 

Simon  écrivait  certainement  d'après  de  très  bons  mémoires  qu'il 
tenait  à  coup  sûr  de  la  famille  de  Varin^  car  tout  ce  qu'il  raconte 
est  contrôlé  et  certifié  par  d'autres  témoignages.  Ainsi  cet  «  inten- 
dant de  la  reine  Marie  de  Médicis,  »  que  l'on  ne  nomme  pas  et 
qui  du  premier  coup  apprécie  le  mérite  de  Varin  sur  une  œuvre 
rencontrée  par  hasard,  est,  à  n'en  pas  douter,  Claude  Maugis,  abbé 
de  Saint-Ambroise,  très  intelligent  amateur  des  arts  et  le  premier 
en  date  de  nos  grands  collectionneurs  d'estampes.  Il  avait  en  effet 
le  titre  d'intendant  des  Bâtiments  de  la  Reine  mère  et  je  l'ai  ren- 
contré plus  d'une  fois  sur  la  route  de  nos  artistes.  Il  découvrit 
Quintin  Varin ,  comme  il  protégea  Philippe  de  Champaigne^ 
comme  il  perdait,  faute  de  bon  vouloir,  l'avenir  de  Jean  Mosnier 
de  Blois,  comme  il  acceptait  la  dédicace  de  la  Noblesse  à  l'Église 
de  Saint-Igny. 

Mais  vous-même,  mon  cher  Guiffrey,  dans  votre  Liste  si  pré- 
cieuse des  artistes  et  artisans  employés  à  V embellissement  et  à 
l'entretien  des  châteaux  royaux  du  Louvre,  des  Tuileries,  de 
Fontainebleau,  de  Saint- Germain^  etc.,  de  i6o5  à  i656,  avec 
la  mention  de  leurs  gages  [Nouvelles  Archives  de  V  Art  français, 
année  1872),  vous  venez  apporter  au  dire  de  Simon  un  contrôle 
bien  important  : 

A  Quentin  Warin,  peintre  aussy  retenu  par  Sad«  Maté,  après  avoir 


30  QUENTIN  WARIN,    L.    FINSONIUS,   J.    DARET,    ETC. 

esté  certiffié  qu'il  est  excellent  desseignateur,  pour  son  entretenement, 
la  somme  de  six  cens  livres,  au  lieu  de  pareille  somme  que  souloit 
recepvoir  le  sieur  de  la  Piotière,  depuis  peu  déceddé,  lesquelz  Sa 
Maté  a  affectez  aud.  Warin  à  commancer  du  premier  jour  de  janvier 
XVIc  XVII. 

A  luy,  pour  augmentation  à  luy  accorde'e  par  Sa  Ma^é  par  brevet 
du  dernier  jour  de  juing  dernier,  à  raison  de  vi^  livres  par  an,  dont 
luy  sera  paie  en  la  présente  année  pour  les  mois  de  juillet,  aoust, 
septembre,  octobre,  novembre  et  décembre.  (1618.  Bât.  roy.) 

Et  ainsi  tout  se  déroule  et  s'explique  :  c'est  en  16 16  que  Varin, 
qui  n'était  décidément  pas  homme  à  se  laisser  ignorer,  peint,  pour 
son  marguillier  de  Saint-Jacques-la-Boucherie,  le  Saint  Charles 
en  extase  avec  le  Saint  Michel  ;  Claude  Maugis  voit  le  tableau,  pré- 
sente le  peintre  à  Marie  de  Médicis,  en  tenant  à  la  main  le  dessin 
par  lui  conseillé  et  qui  fait  reconnaître  l'artiste  comme  «  l'excellent 
dessinateur  »  que  le  Roi  peut  retenir  pour  son  service  et  pen- 
sionner d'une  somme  de  600  livres  à  partir  de  janvier  16 17;  et, 
comme  son  mérite  va  s'affirmant  par  la  préparation  de  la  galerie 
du  Luxembourg,  le  Roi  double  la  pension  par  brevet  du  dernier 
jour  de  juin  16 1 8.  Mais,  pendant  que  le  Roi  fait  preuve  pour  Varin 
de  dispositions  si  singulièrement  favorables,  voilà  qu'a  éclaté  cette 
effroyable  affaire  du  libelle  d'Etienne  Durand  et  de  ses  complices, 
les  deux  frères  florentins  François  et  André  Siti,  affaire  qui  prend 
tout  à  coup  une  tournure  si  violente  et  si  terrible.  Les  favoris  ne 
sont  pas  tendres,  quand  on  les  attaque;  les  princes  ne  ménagent 
pas  ceux  qui  discutent  leurs  favoris  ;  les  courtisans,  par  intérêt, 
sont  sans  pitié  pour  qui  tracasse  les  tout-puissants  dont  ils  attendent 
faveurs,  La  fortune  du  duc  de  Luynes  allait  chaque  jour  en  gran- 
dissant. Haro  sans  miséricorde  sur  ceux  qui,  de  près  ou  de  loin, 
s'en  prenaient  à  lui  !  C'est  ici  que  trouve  place  la  série  de  pièces 
que  vous  avez  eu  la  bonne  chance  de  rencontrer,  mon  cher  Guif- 
FREY,  et  qu'il  vous  appartenait  de  coordonner. 

I. 

Note  manuscrite  de  la  collection  Rondonneau^. 

Un  nommé  Durant,  poète,  fut  roué  et  brûlé  à  Paris  pour  avoir  écrit  sati- 
riquement  sur  les  affaires  du  temps.  (Extrait  de  la  seconde  partie  du  Duca- 
tiana,  p.  262.) 

I.  Nous  transcrivons  simplement  dans  leur  ordre  chronologique  le  résul- 


QUENTIN  WARIN,    L.    FINSONIUS,    3.    DARET,    ETC.  3l 

Nota.  —  Le  Duchat  auroit  dû  expliquer  de  quelle  nature  étoit  le  crime  du 
poète  Durant. 

Mercure  français  (tome  V,  p.  268)  :  Durant,  l'un  des  gentils  poètes  de  son 
tems,  inventif  à  dresser  des  ballets,  et  Siti,  Florentin,  qui  avoit  été  secrétaire 
du  jadis  archevesque  de  Tours,  frère  de  la  mareschalle  d'Ancre,  pour  avoir 
ensemblement  composé  un  libelle  diffamatoire  sur  les  affaires  du  tems, 
furent,  par  arrest  de  Messieurs  du  Grand  Conseil  du  16  juillet,  atteins  et  con- 
tât de  nos  recherches  aux  Archives  nationales.  Notre  savant  collaborateur  a 
trop  bien  mis  en  lumière,  de  sa  plume  alerte  et  toujours  jeune,  le  caractère 
et  la  vie  de  Quentin  Varin  pour  que  nous  nous  mêlions  d'intervenir  à  un 
titre  quelconque.  On  nous  permettra  toutefois  de  nous  applaudir  d'avoir  pro- 
voqué, par  nos  modestes  recherches,  l'article  que  la  Revue  de  l'Art  français 
a  la  bonne  fortune  de  publier. 

Nous  insisterons  seulement  sur  deux  points  :  on  remarque  que  le  titre  du 
factum  reproché  au  condamné  n'est  cité  dans  aucun  des  arrêts  qui  se  suc- 
cèdent à  de  si  courts  intervalles,  comme  si  la  cour  eût  voulu  abolir  jusqu'au 
titre  du  pamphlet.  En  vain  avons-nous  demandé  cet  ouvrage  à  tous  les  échos 
des  bibliothèques;  on  en  connaît  bien  le  titre,  mais  nulle  part  on  n'a  pu 
nous  en  montrer  un  exemplaire.  Autre  point  non  moins  singulier  :  parmi 
tous  les  individus  impliqués  dans  cette  affaire,  —  et  les  pièces  suivantes 
prouvent  que  les  plus  légers  soupçons  entraînaient  une  arrestation,  —  ne 
figure  pas  Quentin  Varin.  Son  nom  n'est  pas  prononcé  une  fois.  Voilà  le 
principal  résultat  de  nos  recherches,  résultat  purement  négatif.  On  conçoit 
d'ailleurs  que  la  dureté  de  la  répression  ait  pu  inspirer  une  appréhension  des 
plus  vives  à  un  homme  dont  les  rapports  avec  le  principal  accusé  étaient 
connus  de  tous  à  la  cour  et  à  la  ville. 

Nous  joignons  à  ces  pièces  une  série  de  notes  prises  dans  divers  auteurs 
contemporains  et  classées  dans  les  papiers  de  Rondonneau  (aux  Archives 
nationales).  Elles  résument  assez  bien  le  procès  criminel,  sauf  de  légères 
inexactitudes  de  date  sans  grande  importance. 

En  résumé,  Varin  était  tout  à  fait  innocent  du  crime  reproché  au  poète 
Durand  ;  sinon  les  Florentins  n'eussent  pas  manqué  de  le  compromettre  dans 
les  révélations  arrachées  à  la  torture  et  à  l'épouvante  du  dernier  supplice. 

Il  convient  d'ajouter  aux  notes  de  Rondonneau  le  passage  même  des 
Mémoires  de  Richelieu  (Collection  Michaud  et  Poujoulat,  deuxième  série,  VII, 
183-184) : 

e  Luynes  parachevoit  de  ruiner,  tant  qu'il  pouvoit,  le  parti  qui  lui  étoit 
contraire,  à  opprimer  Barbin  et  à  lui  faire  condamner  toute  la  conduite  de 
la  Reine.  Ce  procès  faisoit  un  grand  bruit  à  la  Cour,  et  sembloit  qu'il  y  eut 
eu  des  menées  capables  de  renverser  toute  la  France.  On  sollicitoit,  de  la 
part  du  Roi,  les  juges  avec  instance,  comme  on  avoit  fait  ceux  de  la  Maré- 
chale d'Ancre;  on  demandoit  gain  de  cause  et  non  de  justice.  On  mêla  en 
cette  affaire  quelques  personnes  qui,  par  leur  imprudence,  avoient  fait 
quelques  écrits  mal  digérés  sur  le  sujet  de  Luynes  et  des  affaires  du  temps. 
Durand  fut  mis  prisonnier  sur  ce  sujet,  et  un  nommé  Sity,  Florentin,  qui 
avoit  été  secrétaire  de  l'archevêque  de  Tours,  frère  de  la  Maréchale  d'Ancre. 
Un  même  livre  fut  imputé  à  tous  deux,  et  même  peine  leur  fut  ordonnée 
d'être  rompus  et  brûlés  avec  leurs  écrits  en  la  Grève,  et  un  frère  dudit  Sity, 
qui  n'avoit  fait  simplement  que  transcrire  une  copie,  fut  pendu...  » 


32  QUENTIN  WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

vaincus  du  crime  de  lèze  Majesté  et  condamnés  d'estre  rompus  et  bruslés 
avec  leurs  écrits  en  la  place  de  Grève,  après  avoir  fait  amende  honorable 
devant  Notre-Dame,  ce  qui  fut  exécuté  cedit  jour,  et  le  frère  dudit  Siti,  pour 
en  avoir  fait  des  copies,  fut  pendu. 

Voir  aussi  la  Mère  et  le  fils,  attribué  à  Mézeray,  mais  dont  l'auteur  est  le 
cardinal  de  Richelieu  (t.  Il,  fol.  3oi).  —  Il  y  est  dit  que  l'écrit  incriminé  était 
dirigé  contre  le  duc  de  Luynes^  favori  de  Louis  XIII  *. 

II. 

6  juillet  1618.  —  Veu  par  le  Conseil  les  charges  et  informations  faittes 
par  les  commissaires  députez  par  le  Roy  les  seize  et  vingt  et  neufiesme  juin 
1618;  interrogatoires,  confessions  et  dénégations  de  François  Sity,  Florentin, 
et  Estienne  Durand,  prisonniers  par  le  commandement  du  Roy  au  chasteau 
de  la  Bastille  par  devant  lesd.  conseillers,  des  28,  29,  3o,  3i  may  et  2  juin 
aud.  an  ;  lettres  missives,  papiers  et  mémoires,  tant  en  langue  françoise  qu'ita- 
lienne; arrest  de  rétention  audict  Conseil;  conclusions  du  procureur  gênerai 
du  Roy; 

Le  Conseil  a  ordonné  et  ordonne  que  le  pèreBonadventure,...  cordelier,  de 
la  province  de  Normandie,  sera  pris  au  corps  et  amené  aux  prisons  dud. 
Conseil,  si  pris  et  appréhendé  peut  estre,  sinon  adjourné  à  trois  briefs  jours 
à  fin  de  ban. 

[Signé  :]  Viart.  —  Berenger.  —  Lanier. 

Fait  au  Conseil,  à  Paris,  le  six  juillet  M  Vie  XVIII 2. 

(Archives  nationales,  V,  3 12.) 

in. 

6  juillet  1618.  —  Veu  par  le  Conseil  les  interrogatoires,  confessions  et 
dénégations  de  François  et  André  Sity,  Florentins,  et  Estienne  Durand,  pri- 
sonniers par  le  commandement  du  Roy  au  chasteau  de  la  Bastille,  par  devant 
les  commissaires  députez  par  le  Roy  des  28,  29,  3o,  3i  may  et  2  juin  1618; 
informations  faittes  par  lesd., conseillers  des  16  et  29  desd.  mois  et  an  ;  lettres 
missives,  papiers  et  mémoires,  tant  de  langue  françoise  qu'italienne;  arrest 
de  rétention  au  Conseil  du  4  juillet  aud.  an;  conclusions  du  procureur  gêne- 
rai du  Roy; 

Il  sera  dict  que  le  Conseil,  auparavant  procéder  au  jugement  dudict  pro- 
cès, a  ordonné  et  ordonne  que  les  tesmoings  ouys  esdites  informations  et 
autres  que  le  procureur  gênerai  du  Roy  voudra  de  nouveau  faire  ouyr,  seront 
recollez  et,  si  besoin  est,  confrontez  ausd.  François  et  André  Sity,  et  Estienne 
Durand,  et  lesd.  accusez  confrontez  les  uns  aux  autres  par  les  commissaires 
à  ce  députez  par  ledict  Conseil,  pour,  ce  faict  et  rapporté  audict  Conseil  et 
communiqué  audict  procureur  gênerai,  estre  ordonné  ce  que  de  raison. 

[Signé  :J  Viart.  —  Berenger.  —  Lanier. 

Fait  au  Conseil,  à  Paris,  le  six'  jour  de  juillet  M  Vie  XVIII. 

1.  Sans  doute  l'écrit  poursuivi  attaquait  de  la  façon  la  plus  outrageante  les 
mœurs  du  duc  de  Luynes  et  aussi  celles  de  son  royal  protecteur. 

2.  Les  pièces  suivantes  portent  toutes  la  même  cote  ,sauf  celles  qui  portent 
un  numéro  de  renvoi.  Les  documents  sont  classés  dans  chaque  liasse  par 
ordre  chronologique. 


QUENTIN  WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC.  33 

IV. 

6  juillet  1618.  —  Veu  par  le  Conseil  les  charges  et  informations;...  lettres 
attributives  de  juridiction  au  Conseil  dud.  procès  du  20  desd.  mois  et  an  ; 
arrest  de  rétention  aud.  Conseil  du  4  juillet  aud.  an  ;  conclusions  du  procu- 
reur gênerai  du  Roy; 

Le  Conseil  a  ordonné  et  ordonne  que  les  nommez  Marsillac  et  Le  Secq 
seront  pris  au  corps  et  amenez  aux  prisons  du  Conseil  si  pris  et  appréhen- 
dez peuvent  estre,  sinon  adjournez  à  trois  briefs  jours  à  fin  de  ban,  et  leurs 
biens  saisiz  et  annotez,  et  au  régime  et  gouvernement  d'iceux,  bons  et  suf- 
fisantz  commissaires  establiz  pour  en  rendre  compte  et  prester  le  reliqua, 
ainsi  que  par  le  Conseil  sera  ordonné. 

[Signé  :]  Viart.  —  De  Remefort.  —  Lanier. 

Faict  aud.  Conseil,  à  Paris,  le  six»  j'  de  juillet  M  Vie  XVIII. 

V. 

16  juillet  16 18.  —  Veu  par  le  Conseil  les  interrogatoires,  confessions, 
etc.,  des  2  juin,  9,  10,  11  et  12  juillet  six  cent  dix  huict;  informations  faittes 
par  les  commissaires  députez  par  le  Roy  et  par  ledict  Conseil  des  16  et 
29  juin,  6,  8,  12  et  i5  juillet  aud.  an;  interrogatoires,  confessions  et  déné- 
gations de  Jacques  Le  Sec  et  Jean  de  Grandsaigne,  prisonniers  aud.  chas- 
teau  de  la  Bastille,  pardevant  les  commissaires  députez  par  led.  Conseil  des 
10  et  12  desd.  mois  et  an;  conclusions  du  procureur  gênerai  du  Roy; 

Il  sera  dict  que  le  Conseil,  auparavant  procéder  au  jugement  du  procès 
desd.  Jacques  Le  Sec  et  Jean  de  Grandsaigne,  a  ordonné  et  ordonne  que 
lesd.  François  Sity  et  Estienne  Durand,  ensemble  les  tesmointz  ouys  esd. 
informations  et  autres  que  le  procureur  gênerai  du  Roy  voudra  faire  ouyr 
de  nouveau,  seront  confrontez  ausd.  Le  Sec  et  de  Grandsaigne  par  les  com- 
missaires députez  par  led.  Conseil,  pour,  ce  faict  et  rapporté  et  communiqué 
aud.  procureur  gênerai,  estre  procédé  au  jugement  dud.  procès,  ainsi  que  de 
raison. 

[Signé  :]  Viart.  —  De  Remefort.  —  Lanier. 

VI. 

Veu  par  le  Conseil  le  procès  criminel  faict  et  parfaict  par  les  commissaires 
deputtez  par  le  Conseil,  à  François  et  André  City  frères,  natifs  de  Florance, 
et  Estienne  Durand,  natif  de  cette  ville  de  Paris,  prisonniers  ez  prisons 
dudict  Conseil,  à  la  requeste  du  procureur  général  du  Roy,  demandeur  ez 
crimes  de  lèze  Majesté  pour  raison  des  livres  et  discours  faictz,  composez  et 
escripts  contre  l'honneur  et  aucthorité  du  Roy,  pratticques,  factions  et  menées 
contre  son  service,  bien  et  repos  de  son  estât,  tant  dedans  que  dehors  le 
royaume,  lesdicts  livres  et  discours,  mémoires  et  lettres  missives  desdits 
François  et  André  Sity,  tant  en  langue  françoise  que  italienne  et  en  chiffres; 

Arrest  de  rétention  audit  Conseil  du  4°  juillet  1618; 

Autre  arrest  dudit  Conseil,  du  6°  desdicts  moys  et  an  ; 

Ouys  lesdicts  François  et  André  Sity  et  ledit  Durand  sur  la  scellette  pour 
ce  mandez  audit  Conseil; 

Conclusions  du  procureur  général  du  Roy  ; 

Il  sera  dict  que  le  Conseil  a  déclarré  et  déclarre  lesdits  François  et  André 

ART  FR.    IV  3 


34  QUENTIN  WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

Sity  et  Estienne  Durant  attainctz  et  convaincus  du  crime  de  leze  Majesté, 
pour  avoir  par  lesdits  François  Sity  et  Estienne  Durant  composé  et  escript 
lesdits  livres,  discours  et  mémoires,  et  par  eux  avec  ledit  André  Sity  faict 
des  pratticques,  menées  et  intelligences  contre  l'honneur  et  aucthorité  du 
Roy,  son  service,  bien  et  repoz  de  son  estât,  tant  dedans  que  dehors  le 
royaume,  pour  réparation  desquelz  crimes...  le  Conseil  a  condamné  et  con- 
damne les  dits  François  Sity  et  Durand  à  estre  menez  par  l'exécuteur  de  la 
haulte  justice  dedans  ung  tombereau  au  devant  de  la  principalle  porte  de 
l'esglise  de  Nostre  Dame  de  cette  ville  de  Paris,  nudz  en  chemise,  la  corde 
au  col,  tenans  chacun  en  leurs  mains  une  torche  ardante  du  poix  de  deux 
livres,  et  illec  dire  et  déclarrer  que  meschament  et  mallicieusement  ilz  ont 
faict,  composé  et  escript  lesdicts  livres  et  discours  et  mémoires  contre  l'hon- 
neur et  aucthorité  du  Roy,  faict  pratticques  et  menées  contre  le  bien  de  son 
service  et  repoz  de  son  estât,  dont  ilz  demandent  pardon  à  Dieu,  au  Roy  et 
à  justice,  de  là  estre  menez  et  conduictz  en  la  place  de  Grève  de  ceste  dicte 
ville,  et  là  estre  lesdicts  François  Sity  et  Durand  rompus  vifs  et  brisez 
sur  ung  eschafault  quy  pour  ce  faire  sera  dressé  audit  lieu,  et  mis  sur  une 
roue  pour  y  demeurer  tant  que  mort  s'en  ensuive,  et  après,  estre  leurs  corps, 
ensemble  lesdicts  livres  et  discours,  bruslez,  et  les  cendres  jettées  au  vent; 
et  ledit  André  Sity  à  estre  mené  en  ung  tombereau  par  ledit  exécuteur  de  la 
haulte  justice  en  ladicte  place  de  la  Grève  et  estre  pendu  et  estranglé  à  une 
pottance  qui,  pour  ce  faire,  sera  dressée  en  ladicte  place,  et  auparavant  ladicte 
exécution,  ledict  Conseil  a  ordonné  que  lesdicts  François  et  André  Sity  et 
Durant  seront  miz  et  applicqués  à  la  question  ordinaire  et  extraordinaire 
pour  scavoir  d'eux  la  vérité  de  leurs  complices;  et  a  ledict  Conseil  condampné 
lesdicts  Sity  et  Durand  en  troys  cens  livres  pour  les  bastimens  de  l'hospital 
de  Sainct  Louis  de  ceste  dicte  ville  de  Paris,  et  en  la  somme  de  deux  mil 
cinq  cens  livres  applicables  en  œuvres  pies,  ainsy  que  par  le  Conseil  sera 
ordonné,  et  en  la  somme  de  quinze  cens  livres  applicables  aux  nécessitez 
dudict  Conseil,  et  en  deux  cens  livres  envers  la  chappelle  dudit  Conseil.  Et  a 
ledit  Conseil  déclaré  le  surplus  des  biens  desdictz  Sity  et  Durand  acquis  et 
confisquez  au  Roy. 

[Signé  :]  Viart.  —  De  Remefort.  —  Lanier. 

Le  présent  arrest  a  esté  mis  au  greffe  dudict  Conseil,  monstre  au  procu- 
reur général  du  Roy  et  prononcé  ausdicts  Sity  et  Durant,  pour  ce  faict  venir 
en  la  Chambre  dudict  Conseil  desdictes  prisons,  et  entièrement  exécuté  à 
Paris  le  19°  jour  de  juillet  16 18. 

A  esté  arresté  que  lesdicts  François  City  et  Durand  seront  estranglez  aupa- 
ravant de  recepvoir  aucuns  coups  1. 

[Signé  :]  Viard.  —  De  Remefort.  —  Lanier. 

Fait  audict  Conseil,  à  Paris,  le  19*  juillet  16 18. 

I.  Cette  clause  restrictive,  nommée  en  termes  juridiques  le  retentum,  n'était 
pas  lue  aux  condamnés,  qu'on  voulait  effrayer  par  la  rigueur  de  l'arrêt  et 
dont  on  espérait  par  suite  des  aveux  jusqu'au  dernier  moment.  Et,  de  fait, 
on  voit,  par  deux  arrêts  rendus  le  lendemain,  qu'à  son  heure  suprême, 
Durand  et  Sity  avaient  dénoncé  comme  complices  plusieurs  individus  qui 
furent  arrêtés  et  tenus  en  prison  jusqu'à  ce  qu'on  eut  reconnu  leur  inno- 
cence. 


QUENTIN  WARIN,    L,    FINSONIUS,   J.    DARET,   ETC.  35 

VII. 

2  0  juillet  1618.  —  Veu  par  le  Conseil  les  interrogatoires,  responses,  con- 
fessions et  dénégations  de  Jacques  Le  Sec  et  Estienne  Durand,  prisonniers  au 
chasteau  de  la  Bastille,  pardevant  les  commissaires  députez  par  led.  Conseil 
des  unze  et  12  juillet  i5i8;  procès-verbal  desd.  commissaires  contenant  les 
responses  et  confessions  dud.  Durand  à  la  question,  du  dix  neufiesrae  desd. 
mois  et  an;  conclusions  du  procureur  général  du  Roy; 

Le  Conseil  a  ordonné  et  ordonne  que  messire ,  sieur  de  Fresnoy,  sera 

pris  au  corps  et  amené  aux  prisons  dudict  Conseil,  si  pris  et  appréhendé 
peut  estre,  sinon  adjourné  à  trois  briefs  jours  à  fin  de  ban,  ses  biens  saisiz 
et  annotez,  et  au  régime  et  gouvernement  d'iceux  bons  et  suffisantz  com- 
missaires establiz  pour  en  rendre  compte  et  prester  le  reliqua,  ainsi  que 
par  le  Conseil  sera  ordonné. 

[Signé  :]  Viart.  —  De  Remefort.  —  Lanier. 

VIII. 

^0  juillet  16 18.  —  Veu  par  le  Conseil  le  procès- verbal  de  l'exécution  de 
mort  de  François  Sity,  contenant  ses  dernières  confessions,  du  19  juillet 
1618;  conclusions  du  procureur  gênerai  du  Roy; 

Le  Conseil  a  ordonné  et  ordonne  que de  la  Noue,  filz  d'un  procureur 

du  siège  presidial  de  Blois,  sera  pris  au  corps  et  amené  aux  prisons  dud. 
Conseil,  si  pris, et  appréhendé  peut  estre,  sinon  adjourné  à  trois  briefs 
jours  à  fin  de  ban,  ses  biens  saisiz  et  annotez,  et  au  régime  et  gouverne- 
ment d'iceux  bons  et  suffisantz  commissaires  establiz  pour  en  rendre  compte 
et  prester  le  reliqua,  ainsi  que  par  le  Conseil  sera  ordonné. 

[Signé  :]  Viart.  —  De  Remefort.  —  Lanier. , 

Faict  aud.  Conseil,  à  Paris,  le  xx°  juillet  M  Vie  XVIII. 

IX. 

23  juillet  16 18.  —  Veu  par  le  Conseil  les  interrogatoires,  responses,  con- 
fessions et  dénégations  de  André  Sity  par  devant  les  commissaires  députez 
par  led.  Conseil,  du  19  juillet  1618;  lettres  et  mémoires  escritz  en  italien  par 
led.  Sity;  autres  interrogatoires,  responses  et  dénégations  dud.  Sity  par 
devant  les  commissaires  députez  par  le  Roy  et  led.  Conseil  des  29  may,  9  et 
18  juillet  aud.  an;  conclusions  du  procureur  gênerai  du  Roy; 

Le  Conseil  a  ordonné  et  ordonne  que ,  sieur  de  Chanteloupe,  sera  pris 

au  corps  et  amené  aux  prisons  dud.  Conseil,  si  pris  et  appréhendé  peut 
estre,  sinon  adjourné  à  trois  briefs  jours  à  fin  de  ban,  ses  biens  saisiz  et 
annotez,  et  au  régime  et  gouvernement  d'iceux  bons  et  suffisantz  commis- 
saires establiz  pour  en  rendre  compte  et  prester  le  reliqua,  ainsi  que  par  le 
Conseil  sera  ordonné. 

[Signé  :]  Viart.  —  De  Remefort.  —  Lanier. 

Faict  au  Conseil,  à  Paris,  le  xxiii*  juillet  XVIc  XVIII. 

X. 

2  3  juillet  161 8.  —  Veu  par  le  Conseil  les  interrogatoires...  de  François 
Sity  et  Estienne  Durand,  amenez  prisonniers  par  devant  les  commissaires 


36  QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

députez  par  led.  Conseil  des  g  et  19  juillet  i6i8;  procès- verbal  de  l'exécution 
de  mort  dud.  Sity,  contenant  ses  dernières  confessions  desd.  jour  et  an;  con- 
clusions du  procureur  gênerai  du  Roy; 

Le  Conseil  a  ordonné  et  ordonne  que Codony,   Italien,  sera  pris  au 

corps  et  amené  aux  prisons  dud.  Conseil,  si  pris  et  appréhendé  peut  estre, 
sinon  adjourné  à  trois  briefs  jours  à  fin  de  ban,  ses  biens  saisiz  et  annotez, 
et  au  régime  et  gouvernement  d'iceux  bons  et  suffisantz  commissaires 
establiz  pour  en  rendre  compte  et  prester  le  reliqua,  ainsi  que  par  le  Conseil 
sera  ordonné. 

[Signé  :]  Viart.  —  De  Remefort.  —  Lanier. 

Faict  au  Conseil,  à  Paris,  le  xxiii''  juillet  XVIc  XVIII. 

XI. 

3o  juillet  1618,  —  Sur  la  requeste  présentée  au  Conseil  par  le  procureur 
gênerai  du  Roy,  tendante  afin  que  l'un  des  conseillers  dudict  Conseil  soit 
commis  pour  se  transporter  en  la  ville  du  Pont  de  l'Arche  et  aux  environs 
d'icelle  aux  fins  d'informer  contre  Jean  de  Grandsaigne,  s"'  de  Marsillac,  pri- 
sonnier au  chasteau  de  la  Bastille,  d'aulcuns  faitz  concernantz  l'accusation 
contre  luy  intentée,  circonstances  et  dépendances  d'icelle  à  la  requeste  dud. 
procureur  gênerai; 

Le  Conseil  a  commis  et  commet  maistre  Claude  Marrot,  conseiller  audict 
Conseil,  pour  se  transporter  en  lad.  ville  du  Pont  de  l'Arche,  et  informer  des 
faitz  concernant  l'accusation  dud.  de  Grandsaigne,  circonstances  et  dépen- 
dances d'icelle;  suyvant  les  mémoires  qui  luy  seront  baillez  par  led.  procu- 
reur gênerai  du  Roy,  pour,  ce  faict  et  rapporté  aud.  Conseil  et  communiqué 
audict  procureur  gênerai  du  Roy,  estre  ordonné  ce  que  de  raison. 

[Signé  :]  Viart.  —  De  Remefort.  —  Lanier. 

Faict  au  Conseil,  à  Paris,  le  xxx'  juillet  XVIc  XVIII. 

XII. 

\ 

3o  août  1618.  —  Arrêt  ordonnant  qu'il  sera  plus  amplement  informé  à 
l'égard  de  Jean  de  Grandseignes,  sieur  de  Marsillac,  et  de  Jacques  Le  Sec, 
accusés  du  crime  de  lèze  Majesté,  après  qu'ils  ont  été  interrogés  sur  la  sel- 
lette. (L'information  a  eu  lieu  en  la  ville  de  Pont-de-l'Arche  le  3o  juillet  1618.) 
En  attendant,  de  Grandseignes  et  Le  Sec  seront  élargis  de  leur  prison. 

XIII. 

4  septembre  16 18.  —  Jean  Lubin  dit  La  Noue,  prisonnier  en  la  Bastille, 
accusé  du  crime  de  lèze  Majesté,  après  avoir  été  ouï,  sera  mandé  au  Conseil 
et  blâmé,  «  et,  ce  fait,  les  prisons  lui  seront  ouvertes.  » 

XIV. 

4  septembre  16 18.  —  Veu  par  le  Conseil  les  interrogatoires,  responses, 
confessions  et  dénégations  de  frère  Bonadventure  Foucquet,  prebstre,  relli- 
gieux  de  l'ordre  de  Sainct  François,  gardien  du  couvent  des  Cordeliers  de 
Sées,  accusé  de  crime  de  lèze  Majesté,  prisonnier  au  chasteau  de  la  Bastille, 


QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,   J.    DARET,    ETC.  3j 

par  devant  les  commissaires  depputez  par  ledict  Conseil  des  vingt  troisiesme 
juillet  et  neufiesme  aoust  M  Vie  dix  huict;  mémoires  tant  en  langue  françoise 
qu'italienne  de  François  Sity  et  Estienne  Durand,  des  trente  uniesme  may 
et  deuxiesme  juing,  g",  lo',  i8^et  19°  juillet,  audict  an;  arrest  dudict  Conseil 
du  19"  desdictz  mois  et  an,  par  lequel  lesd.  Sity  et  Durand  auroient  esté  con- 
damnez à  mort;  confrontation  figurative  audict  Frère  Bonadventure  Fouquet, 
desd.  interrogatoires,  confessions  et  dénégations  et  mémoires  desdictz  Sity 
et  Durand  du  quatriesme  septembre  audict  an  ;  conclusions  du  procureur 
gênerai  du  Roy;  après  que  ledict  frère  Bonadventure  a  esté  ouy  au  Conseil 
pour  ce  mandé  en  icelluy; 

Il  sera  dict  que  le  Conseil  a  ordonné  et  ordonne  qu'il  sera  plus  amplement 
informé  allencontre  dudict  Frère  Bonnadventure  Foucquet;  cependant  ledict 
Conseil  l'a  eslargy  et  eslargist  desdictes  prisons  et  à  luy  enjoinct  de  se  reti- 
rer audict  couvent  des  Cordelliers  de  Séez  et  defFenses  de  sortir  de  ladicte 
ville  de  Séez  pendant  le  temps  d'ung  an,  sans  la  permission  du  Roy. 

[Signé  :J  Viart.  —  De  Remefort.  —  Lanier. 

Le  présent  arrest  a  esté  mis  au  greffe  dud.  Conseil...  prononcé  audit  Fouc- 
quet, pour  ce  mandé  en  la  Chambre  dud.  Conseil,  à  Paris,  le  4"  jour  de  sep- 
tembre 16 18. 

(Archives  nationales,  V,  3i3.) 

Quelle  part  avait  eue  Varin  à  cette  terrible  affaire  de  la  Ripo- 
\ographie?  Il  avait  été  pris  d'une  peur  sans  pareille,  et  il  y  avait 
bien  de  quoi.  Il  ne  pouvait  nier  l'amitié  qui  le  liait  au  principal 
coupable,  dont  il  était  le  compagnon  quotidien  dans  les  travaux  du 
Luxembourg,  où  Durant  composait  les  inscriptions.  Dans  cette 
intimité  de  la  vie,  notre  Quentin  avait-il  pu  ignorer  la  rédaction 
du  libelle,  dont  les  seules  copies  valaient  la  pendaison  à  Tun  des 
frères  Siti?  Il  voyait  Durant  et  les  Siti  «  mis  à  la  question  ordi- 
naire et  extraordinaire  pour  savoir  d'eux  la  vérité  de  leurs  com- 
plices ;  »  il  voyait,  même  après  qu'ils  eurent  été  roués  et  brûlés 
avec  leurs  écrits  en  place  de  Grève,  le  19  juillet  1618,  les  pour- 
suites, et  procès  criminels,  et  recherches  de  complicité,  et  embas- 
tillements  se  continuer  avec  rage  Jusqu'à  Blois,  jusqu'au  fond  de 
la  Normandie,  à 'Séez  aussi  bien  qu'au  Pont-de-l' Arche -,  Varin 
avait  subitement  disparu,  et  il  avait  bien  fait.  Même  au  risque  de 
perdre  toutes  ses  espérances  de  fortune,  on  ne  peut  nier  que, 
devant  une  si  longue  prolongation  des  querelles  et  dénonciations 
et  suspicions  pour  cette  vilaine  affaire,  notre  peintre  n'ait  agi  en 
homme  sage  ;  il  se  rappelait  à  bon  droit  le  vers  de  Villon  : 

Sauroit  mon  col  que  mon  cul  poise. 
Il  disparut  donc  trois  longues  années,  et,  jusqu'en  1622,  nul 
témoin,  nul  tableau  ne  donnent  de  ses  nouvelles. 


38  QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

Le  connétable  de  Luynes  était  mort  le  i5  décembre  1621.  Jus- 
qu'au dernier  jour,  il  avait  joui  de  la  pleine  faveur  de  son  maître 
et,  tant  qu'il  était  là,  notre  Quintin  Varin  n'avait  point  cru  pru- 
dent de  sortir  de  sa  cachette.  Où  s'était-il  si  bien  dérobé  aux 
recherches  dont  parle  Simon,  à  Paris  ou  en  Picardie?  Il  ne  l'a 
point  dit.  Le  roi  Louis  XIII,  dessinateur  lui-même,  avait  un 
grand  faible  pour  ses  peintres,  et  il  eût  sans  doute  hésité  à  laisser 
pendre  celui-là,  et  puis  Varin  se  sentait  peut-être  un  peu  plus 
coupable  que  le  roi  ne  l'eût  voulu  croire.  En  tout  cas,  on  eut  beau 
«  le  chercher  pour  le  faire  travailler,  on  ne  le  put  déterrer.  »  — 
Son  protecteur,  l'abbé  de  Saint-Ambroiseï,  et  Marie  de  Médicis 
s'abouchent  avec  Rubens  dès  la  fin  de  1620;  celui-ci  termine  son 
admirable  série  de  la  vie  de  la  reine  en  i625;  c'est-à-dire  que, 
dès  1620,  notre  pauvre  Quintin  Warin  avait  perdu  sa  plus  belle 
chance  et  la  plus  inespérée  à  Pim mortalité  de  son  nom. 

La  première  fois  qu'on  le  rencontre  à  nouveau,  c'est  dans  une 
cérémonie  de  famille,  que  nous  signale  M.  Jal  en  son  Dictionnaire 
critique  : 

Warin  était  à  Paris  le  21  mars  iD23,  car  ce  jour-là  il  tint  sur  les 
fonts  de  Saint-Nicolas-des-Champs  Quentin ,  fils  d'Etienne  de  La 
Hire^    et  frère  de  Laurent  de  La  Hire ,    qui  fut  célèbre  comme 


'  I.  Sur  Etienne  La  Hire,  père  de  ce  Quentin  et  qui  va  choisir  pour  parrain 
de  l'un  de  ses  derniers  enfants  notre  peintre  picard,  à  peine  remis  de  sa  lugubre 
aventure,  de  fraîche  date  rentré  à  Paris  et  peut-être  fort  incertain  encore  de 
l'humeur  de  la  cour,  voyez  le  mémoire  historique  de  Guillet  de  Saint-Georges 
sur  Laurent  de  la  Hire,  dans  les  Mémoires  inédits  sur  la  vie  et  les  ouvrages 
des  membres  de  l'Académie  royale  de  peinture  et  sculpture,  tome  I",  p.  104; 
mais  voyez  plutôt,  dans  VAbecedario,  le  «  mémoire  pour  servir  à  la  vie  de 
Laurent  de  la  Hyre  par  Philippe  de  la  Hyre,  son  fils,  »  que  Mariette  marque 
à  la  fin  comme  «  copié  sur  l'original  trouvé  parmy  les  papiers  de  M.  Féli- 
bien;  »  Guillet  de  Saint-Georges  et  les  autres  n'ont  fait  que  transcrire,  en  le 
démarquant,  ce  document  de  famille  :  «  Le  père  de  Laurent  s'appelait  Etienne, 
natif  aussi  de  Paris,  qui  étudia  la  peinture  dans  sa  jeunesse,  et,  ayant  eu 
occasion  de  passer  en  Pologne,  il  y  fit  plusieurs  ouvrages  considérables. 
Ensuite,  étant  revenu  à  Paris  dans  les  premières  années  de  ce  siècle  et  ayant 
trouvé  que  les  arts  dont  il  faisait  profession  n'étaient  pas  recherchés  dans  ce 
temps-là,  il  acheta  une  charge  considérable  qu'il  exerça  jusqu'à  la  fin  de  sa 
vie.  11  ne  laissait  pourtant  pas  de  peindre  pour  son  divertissement,  et  les 
tableaux  qu'il  faisait  étaient  de  médiocre  grandeur  et  représentaient  de  grandes 
histoires  comme  celle  de  Scipion,  etc.  Il  se  maria  ensuite  à  la  fille  d'un  bour- 
geois de  Paris,  nommé  Philippe  Humbelot,  dont  il  eut  beaucoup  d'enfants; 
mais  le  premier  fut  Laurent,  »  né  à  Paris  le  27  février  1606. 


QUENTIN  WARIN,    L.    FINSONIUS,   J.    DARET,    ETC.  3 9 

peintre.  Dans  le  baptistère  de  Quentin  de  La  Hire,  Warin  est  dit  : 
m«  peintre,  demeurant  au  Parc-Royal. 

Puis,  à  la  fin  de  cette  même  année  1623,  Warm  a  reconquis 
sans  doute  tout  son  crédit  à  la  cour,  puisque  vous-même,  mon 
cher  GuiFFREY,  avez  trouvé,  aux  Archives  nationales,  la  pièce  sui- 
vante, pleine  de  doux  propos  à  son  endroit  :  «  Notre  cher  et  bien 
amé  Quentin  Varin,  l'un  de  nos  peintres  ordinaires,  en  consi- 
dération de  ses  services.  » 

Remise  de  lo^  et  ventes  pour  Quentin  Varin,  peintre  du  Roi. 

Louis...  A  noz  amés  et  féaulx  conseillers,  les  gens  de  nos  Comptes 
à  Paris,  présidens  et  trésoriers  généraux  de  France,  au  bureau  de 
noz  finances  estably  audit  lieu.  Désirant  gratiffier  et  favorablement 
traicter  nostre  cher  et  bien  amé  Quentin  Varin,  l'un  de  noz  peintres 
ordinaires,  en  considération  de  ses  services,  à  icelluy,  pour  ces 
causes  et  autres  à  ce  nous  mouvans,  avons  faict  et  faisons  don  et 
remise  par  ces  présentes,  signées  de  nostre  main,  des  lotz,  ventes  et 
autres  droictz  seigneuriaux  qu'il  nous  doibt  à  cause  de  l'acquisition 
qu'il  a  faicte  de  Charles  Desous,  sieur  de  Crespières,  d'une  maison 
seize  en  cette  nostre  bonne  ville  de  Paris,  rue  Saint- Anthoine^,  et 
ce  à  quelque  pris  et  somme  que  lesdictz  lotz,  ventes  et  autres  droictz 
seigneuriaux  se  puissent  monter  et  revenir.  Si  vous  mandons.  .  . 
Car  tel  est  nostre  plaisir.  Donné  à  Paris,  le  28^  jour  de  novembre,  l'an 
de  grâce  1623,  et  de  notre  règne  le  i4«.  Signé  :  Louis,  et  plus  bas, 
par  le  Roy,  Potier  et  scellées. 

(Arch.  nat.,  Z.  5976,  fol.  io3.) 

C'est  en  1624  que  Louis  XIII  fit  bâtir,  sous  l'invocation  du 
saint  roi  son  patron,  une  chapelle  pour  la  commodité  des  habitants 
du  bourg  de  Fontainebleau,  en  la  place  de  l'hôtel  de  Martigues, 
que  donna  en  pur  don  la  duchesse  de  Mercœur.  Le  roi  pensa,  tout 
naturellement,  semble-t-il,  à  confier  à  son  cher  et  bien-aimé  Varin 
la  peinture  du  tableau  de  maître-autel  de  cette  église  paroissiale  ; 
et  voici  en  quels  termes  en  parle  le  P.  Dan,  dans  son  Trésor  des 
merveilles  de  Fontainebleau  : 

Sa  Majesté  (Louis  XIII),  au  commencement  de  son  règne,  a  fait  enri- 
chir ce  temple  (la  grande  église  du  bourg  de  Fontainebleau)  de  peintures, 
tant  en  sa  voûte  qu'en  tous  ses  parois,  et  ce  par  les  soins  de  monsei- 


I.  Ainsi  Quentin  Varin  avait  pu  acheter,  en  1623,  à  beaux  deniers  comp- 
tants, une  maison  de  la  rue  Saint-Antoine.  Ce  n'est  pas  là  le  fait  d'un  meurt- 
de-faim. 


40  QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

gneur  de  Noyers,  particulièrement  le  grand  et  principal  autel,  orné 
d'un  beau  rétable,  où  sont  deux  colonnes  corinthes,  chacune  de  vingt 
pieds  de  haut,  le  tout  enrichy  d'or,  avec  un  excellent  tableau  de 
treize  pieds  de  haut  et  de  huit  de  large,  lequel  est  du  sieur  Varin. 
En  ce  tableau  est  représenté  le  paralytique  guary  par  le  Fils  de  Dieu 
auprès  de  la  Piscine  probatique. 

Je  retrouve  en  mes  notes  d'ancienne  date  une  longue  page  sur 
ce  tableau  ;  je  pourrais  lui  donner  pour  titre  :  Comment  finissent 
en  notre  siècle  les  «  excellents  tableaux  »  de  l'École  française.  — 
Je  copie  textuellement  ce  triste  récit  : 

Jules  Buisson  allant  à  Fontainebleau,  ce  mois  de  mai  r847.  Je 
le  chargeai  de  s'enquérir  du  très  beau  tableau  de  Quintin  Varin 
[très  beau,  c'était  le  terme  dont  s'était  servi  l'abbé  Guilbert  en  sa 
Description  historique  de  Fontainebleau),  qui  décorait  autrefois 
le  principal  autel  de  Téglise  Saint-Louis  et  que  ni  lui  Buisson,  ni 
ceux  de  ma  connaissance  qui  étaient  nouvellement  allés  à  Fontai- 
nebleau ne  se  rappelaient  y  avoir  vu.  Il  se  fit  présenter  par  M.  Bau- 
desson  au  curé,  qui  le  conduisit  dans  le  grenier  de  l'église,  où  on 
lui  déroula  une  immense  toile  entièrement  indéchiffrable,  sur 
laquelle  il  passa  l'éponge.  Il  reconnut  le  sujet,  en  vit  bien  l'or- 
donnance et  laissa  là  la  toile.  —  J'allai,  au  mois  de  juillet,  m'assu- 
rer  qu'elle  existait  et  la  trouvai  déroulée,  juste  dans  la  pose  où 
Buisson  Pavait  abandonnée,  mais  bien  plus  encrassée  de  poussière, 
desséchée  par  la  chaleur,  crevée  par  les  pavés.  Elle  était  dans  un 
état  pitoyable,  et  c'est  grand  dommage,  car  c'est  un  très  grand  et 
très  important  tableau.  Il  est  cintré  par  le  haut  et  a  quatre  mètres 
cinquante  centimètres  de  hauteur,  sur  deux  mètres  i>oixante-dix 
centimètres  de  largeur.  —  Jésus-Christ,  entouré  de  ses  disciples, 
guérit  le  paralytique  au  bord  de  la  piscine.  Le  Christ,  debout  à 
droite,  entre  saint  Jean  et  saint  Pierre  (la  tête  du  saint  Jean  est 
d'une  douceur  tendre  et  d'une  beauté  charmante),  étend  la  main 
droite  au-dessus  des  malades,  et  de  la  main  gauche  montre  le  ciel. 
Les  deux  côtés  du  premier  plan  sont  occupés  par  des  groupes  de 
malades  :  à  gauche,  un  affreux  cul-de-jatte,  aux  membres  et  aux 
jambes  tordus,  semblable  à  celui  qu'on  voit  dans  le  carton  de 
Raphaël;  au-dessus  de  lui  et  comme  par  opposition,  une  grande 
figure,  de  la  plus  belle  tournure,  qui  ôte  ses  vêtements.  A  droite, 
au-dessous  des  pieds  du  Christ,  un  jeune  homme  tenant  un  enfant 
dans  ses  bras  ;  la  tête  est  relevée  en  raccourci  vers  Jésus.  Le  milieu 
est  rempli  par  un  groupe  où  se  voit  un  malade  pâle  et  la  tête 


QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC.  4I 

entourée  d'un  chiffon  tout  pareil  à  la  coiffure  du  misérable  qui 
figure  au  tableau  de  saint  Charles  Borromée.  L'homme,  vêtu  de 
rouge,  qui  le  soulève  vers  le  Christ  se  détache  sur  un  petit  monu- 
ment blanc  à  la  vénitienne;  c'est  la  piscine,  et  elle-même  se  détache 
sur  un  paysage  et  un  ciel  d'un  vert  douteux.  L'ordonnance  de  ce 
tableau,  où  l'artiste  a  recherché  le  nu,  est  vraiment  grande  et  l'en- 
semble est  d'une  couleur  harmonieuse;  les  gestes  amples  du  Christ 
et  des  apôtres  et  des  malades  sont  fort  beaux  et  dignes  de  celui 
dont  Varin  fut  le  maître.  L'exécution,  par  malheur,  est  un  peu 
lourde,  gâtée  sans  doute  par  d'abominables  restaurations  (la  der- 
nière est  d'une  dame  Detot).  Ce  que  j'en  dis,  d'ailleurs,  n'est  en 
vérité  que  le  souvenir  d'un  tableau  qui  n'existe  plus.  Jeté  depuis 
sept  ans  dans  le  grenier  du  presbytère,  roulé  ou  plutôt  plié  et  cassé 
sur  lui-même,  la  peinture,  surtout  dans  le  bas  coin  à  droite,  s'en 
va  en  écailles  et  la  toile  en  loques  au  moindre  toucher.  C'est  une 
maîtresse  oeuvre  perdue,  faute  de  pouvoir  être  réparée.  Quand  on 
l'a  enlevée  de  son  autel,  elle  était  encore  en  fort  bon  état.  On  ne 
lui  reprochait  que  de  paraître  trop  noire.  On  la  remplaça  par  un 
grand  tableau  du  malheureux  De  Tierceville,  qui  s'est  suicidé, 
il  y  a  quelques  mois.  Ce  nouveau  tableau  représente  la  mort  de 
saint  Louis  en  Afrique. 
Mariette  est  assez  sévère  pour  le  Varin  de  Fontainebleau  : 

Il  a  peint  aussy,  dans  le  temps  du  ministère  de  M.  Desnoyers,  le 
tableau  du  maistre  autel  de  l'église  paroissiale  de  Fontainebleau,  dont 
le  sujet  est  J.-C.  guérissant  le  paralytique.  L'on  ne  sache  point 
d'autres  ouvrages  publics  de  ce  peintre,  digne  sans  doute  d'une  plus 
grande  réputation,  s'il  est  vray  que  le  tableau  des  Carmes  déchaussés 
soit  de  luy.  Car  celui  de  Fontainebleau  est  non  seulement  fort  infé- 
rieur, mais  dans  une  manière  toute  différente,  et  j'ai  assez  de  peine 
à  croire  que  celui  qui  a  fait  l'un  ait  fait  l'autre.  D'ailleurs,  j'ay  ouy 
dire  à  M.  Halle  que  ce  Varin  étoit  un  peintre  qui  entreprenoit  des 
ouvrages  et  qui  tenoit  chez  lui  de  jeunes  peintres.  Sur  ce  pied  là,  il 
se  pourroit  faire  que  quelque  peintre  habile,  mais  dont  le  nom  n'étoit 
pas  encore  fait,  se  seroit  trouvé  chez  Varin,  et  que  celui-ci,  lui  aiant 
fait  peindre  le  beau  tableau  des  Carmes,  l'auroit  ensuite  donné  comme 
de  lui.  Ce  ne  seroit  pas  la  première  fois  qu'une  pareille  chose  seroit 
arrivée. 

La  note  de  Mariette  est  du  premier  temps  où  il  annotait  son 
Abecedario,  et  le  renseignement  qu'il  tenait  de  Halle  ne  saurait 
faire  foi  pour  nous.  Claude-Guy  Halle  était  né  en  i65i,  long- 


42  QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

temps  après  la  mort  de  Q.  Varin,  et  ne  pouvait  tenir  sa  légende 
que  de  son  père  Daniel,  peintre  rouennais,  fort  différent  d'âge  de 
notre  artiste  picard,  puisque,  en  i63i,  trois  ans  avant  la  mort  de 
Varin,  Etienne  Ma:{eline,  maître  garde  de  la  confrérie  de  Saint- 
Luc  de  Rouen,  certifiait,  dans  sa  ville,  l'apprentissage  de  ce 
Daniel  Halle.  Et  puis,  Montaiglon  l'a  fait  observer  justement, 
comment  faire  concorder  l'assertion  de  Halïé  avec  celle  de  Simon 
si  bien  informé  :  «  Ce  qui  était  cause  que  Varin  ne  gagnait  pas 
tant  est  quUl  voulait  tout  faire  lui-même  à  ses  tableaux,  »  —  La 
vérité  est  que  Q.  Varin  fut  toujours  un  peintre  fort  inégal  dans 
ses  ouvrages.  La  distance  est  aussi  grande  entre  le  tableau  de  Fon- 
tainebleau et  celui  des  Carmes  qu'entre  le  Christ  en  croix  d'Ab- 
beville  et  celui  d'Amiens,  et,  pour  ne  parler  que  de  Paris,  entre 
le  tableau  que  nous  pouvons  voir  à  Saint-Germain-des-Prés  et 
celui  qui  nous  reste  de  lui  à  Saint-Étienne-du-Mont.  Il  fut  toute 
sa  vie  un  vagabond  agité,  très  variable  en  ses  manières,  peu  pareil 
à  lui-même,  quand  il  peignait  pour  la  même  église  la  Regina 
cœli  et  le  Martyre  de  saint  Vincent  des  Andelys,  et  incapable  de 
dresser  un  atelier  d'élèves,  si  bien  que  pas  un  de  son  temps,  si  ce 
n'est  le  Poussin,  et  l'on  sait  dans  quelles  conditions,  ne  s'est  réclamé 
de  lui.  Au  reste,  le  roi  ne  fut  point  tant  mécontent  de  l'œuvre  de 
son  peintre  à  Fontainebleau,  puisque  vous-même,  mon  cher  Guif- 
FREY,  vous  lui  apportez  ce  témoignage,  aux  dernières  lignes  sur 
Quentin  Warin  qui  terminent  votre  Liste  des  artistes  des  châ- 
teaux royaux  : 

L'état  de  1625,  à  partir  de  cet  endroit,  «  peintre  et  dessignateur,  » 
continue  ainsi  :  «  Sur  xii^  1.  de  gaiges  à  luy  accordez,  la  somme  de 
neuf  cens  livres  dont  il  sera  payé  pour  trois  quartiers  de  sesd.  gaiges 
de  ladicte  présente  année  en  considération  de  sa  capacité,  cy  ixc  I.  » 

On  remarquera  qu'on  ne  supprime  qu'un  quart  du  traitement 
de  cet  artiste,  tandis  qu'on  retranche  moitié  à  tous  les  autres. 

Il  faut  bien  en  arriver  à  ce  tableau,  conservé  aujourd'hui  dans 
Saint-Étienne-du-Mont  et  qui,  pour  la  biographie  de  Quentin 
Warin,  est  gros  de  problèmes. 

On  a  placé  sur  l'autel  de  la  chapelle  de  Saint-Charles,  —  dit  l'auteur 
de  l'Essai  d'une  histoire  de  la  paroisse  de  Saint-Jacques-de-la-Bou- 
cherie^  où  l'on  traite  de  l'origine  de  cette  église,  de  ses  antiquités,  de 
Nicolas  Flamel  et  Pernelle  sa  femme ^  etc.,  par  M.  L**  V**  (l'abbé 
Villain,  prêtre  attaché  à  ladite  paroisse);  Paris,  chez  Prault  père, 
1758,  —  un  tableau  peu  connu  peut-être,  parce  qu'il  est  dans  l'obscu- 


QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC.  43 

rite.  Il  représente  saint  Charles,  répandant  ses  aumônes  dans  les 
mains  d'une  troupe  de  pauvres  assemblés  sous  le  vestibule  d'une 
église.  Ce  tableau  est  estimé,  et  l'auteur  en  est  Quentin  Varin,  peintre 
du  roi  Louis  XIII.  On  lit  au  bas  ces  paroles  (ici  je  crois,  pour  éviter 
les  redites,  devoir  transcrire  l'inscription  avec  plus  d'exactitude  que 
l'abbé  Villain,  qui,  entre  autres  détails,  avait  oublié  la  date)  : 

1627. 

QUINTINUS   VARINUS    REGIUS   PICTOR 
s»  CAROLO   BORROMiEO,    SOSPITATORI 
,  SUO   VOVIT  :    JOHANNES    MARESSALLUS 

RITE    QUOD    ILLE   VOVEBAT    (exSOLWT?) 

Il  est  certain  que  cette  inscription  singulière  et  ambiguë,  — 
serait-elle  incomplète?  —  manque  de  clarté  pour  nous.  Les  con- 
temporains de  Varin  et  de  /.  Maressal  devaient  la  comprendre  à 
demi-mot.  L'abbé  Villain  n'hésite  pas  à  nous  dire  que  ce  cette  ins- 
cription nous  apprend  ce  qui  a  occasionné  le  don  de  cette  pein- 
ture, qui  est  la  guérison  que  Jean  Marescal  (sic),  paroissien, 
obtint  par  l'intercession  de  saint  Charles.  »  Il  cite  en  outre,  cinq 
ans  avant  Piganiol  de  la  Force,  qui  n'hésite  pas  d'ailleurs  à  recon- 
naître son  emprunt,  la  longue  note  sur  Varin  «  tirée  d'un  supplé- 
ment à  l'histoire  du  Beauvoisis,  par  M.  Simon.  »  Mais  son  inter- 
prétation de  la  présente  signature  de  Varin  me  laisse  certains 
doutes.  Je  ne  puis  me  défendre  de  remonter  à  cet  autre  tableau  de 
Varin,  à  ce  «  grand  tableau  où  il  représentait  (vers  1616,  en  arri- 
vant à  Paris,  et  pour  la  même  chapelle  de  Saint-Charles-Borromée, 
dans  la  même  église  de  Saint-Jacques-de-la-Boucherie),  ce  saint 
cardinal  en  extase,  avec  un  saint  Michel  debout.  »  —  Cette  cha- 
pelle de  Saint-Charles,  je  l'ai  dit  ailleurs,  était  celle  d'une  confré- 
rie célèbre,  munie  d'indulgences  papales,  et  à  laquelle  étaient  asso- 
ciés la  reine  Anne,  protectrice  de  Varin,  et  tout  ce  qu'il  y  avait 
de  grand  dans  le  royaume.  Elle  se  consacrait  particulièrement  au 
soulagement  des  malades  et  des  pauvres  honteux.  Le  sujet  choisi 
par  Varin,  en  1627,  lui  seyait  donc  mieux  que  le  saint  en  extase 
représenté  en  16 16.  Mais  Varin  seul  avait  le  droit  de  retirer  son 
propre  tableau  pour  le  remplacer,  onze  ans  à  peine  plus  tard,  par 
un  autre  qu'il  jugeait  plus  convenable  à  cet  autel.  Quant  aux  mots 
de  l'inscription  :  Sospitatori  suo,  qui  sait  si  l'artiste  ne  confon- 
dait pas  volontairement  le  sentiment  de  la  reconnaissance  due  par 
lui  à  ce  saint,  dont  la  représentation  première  l'avait  sauvé  jadis 
de  la  misère  et  de  la  faim,  avec  l'exécution  du  vœu  particulier  que 


44  QUENTIN    WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

semblerait  constater  ici  le  nom  de  Jean  Maressal  ?  Mais  je  me 
demande  si  ce  vœu  ne  ferait  pas  allusion  au  mariage  de  Q.  Varin 
avec  la  sœur  de  7.  Maressal,  vœu  que  celui-ci  aurait,  comme  chef 
de  famille,  exaucé  rite^  c'est-à-dire  pour  le  bonheur  commun,  selon 
les  cérémonies  requises.  Cet  ex-voto  se  trouverait  être  ainsi  dou- 
blement un  tableau  de  famille.'  Vous  savez,  en  effet,  mieux  qu'un 
autre,  mon  cher  Guiffrey,  que  le  Jean  Maressal  dont  il  est  ici 
question  n'était  ni  plus  ni  moins  que  le  propre  beau-frère  de  Quen- 
tin Warin.  C'est  par  vous  que  j'ai  appris  que  Jean  Maressal  était 
un  peintre  et  que  j'ai  connu  la  spécialité  de  son  art.  Il  tient  sa 
place  dans  votre  Liste  des  artistes  des  châteaux  royaux  et  ne 
figure  même  dans  le  registre  des  Bâtiments  royaux  qu'au  lende- 
main de  la  mort  de  Warin  : 

Maressal  [Jehan] ^  peintre,  retenu  ci-devant  par  Sa  Majesté  pour 
les  patrons  et  tapisseries  à  destrempe,  et  depuis  restably  pour  la 
servir,  tant  pour  ce  subject  que  pour  les  aultres  qui  se  présentent, 
pour  ses  gaiges,  ii"  1.  i636.  (Bât.  roy.) 

Quant  à  sa  sœur,  Antoinette  Maressal,  vous  nous  la  montrez 
gratifiée  d'une  petite  pension  du  roi,  après  la  mort  de  Quentin 
Warin^  et  M.  Jal  nous  a  trouvé  son  extrait  mortuaire.  Je  n'en 
savais  pas  si  long  en  1847,  et,  n'ayant  même  pas  su  déterrer  son 
tableau  de  saint  Charles  distribuant  des  aumônes,  dont  la  date 
m'eût  éclairé,  je  confondais,  ni  plus  ni  moins  que  Piganiol  de  la 
Force,  les  deux  tableaux  de  Saint-Jacques-la-Boucherie.  Je  retrouve 
et  transcris  ici  une  note  de  peu  postérieure  à  la  publication  de  mon 
volume  et  qui  explique  tellement  quellement  mon  erreur  : 

J'aurais  dû  m'en  fier  davantage  au  demi-mot  de  Maria  Graham. 
Lorsque  je  lus  sa  page  sur  Quintin  Varin,  j'allai  bien  interroger  les 
chapelles  de  Saint-Étienne-du-Mont.  Je  n'en  négligeai  que  deux  ou 
trois  que  des  échafaudages  rendaient  alors  inabordables.  J'y  suis 
revenu  depuis  la  publication  de  ce  livre,  par  inquiétude  de  cons- 
cience, et  à  l'autel  de  la  dernière  des  chapelles,  à  droite,  avant  le 
tombeau  de  sainte  Geneviève,  j'ai  enfin  découvert  le  saint  Charles 
Borromée  distribuant  des  aumônes  aux  pauvres,  que  Quintin  Varin 
avait  exécuté,  non  pas,  comme  le  dit  Maria  Graham,  pour  l'église 
Saint-Étienne-du-Mont,  mais  pour  celle  de  Saint-Jacques-de-la- 
Boucherie.  Comment  est-il  venu  de  Saint-Jacques,  détruh,  paraît-il, 
au  temps  de  la  Révolution,  à  Saint-Étienne,  sans  passer  par  le  Louvre? 
je  n'en  sais  rien.  C'est  un  curieux  tableau  de  moyenne  dimension, 
en  hauteur,  et  qui  a  cruellement  souffert.  La  restauration  en  devrait 
être  faite  avec  de  grandes  précautions.  La  signature  très  lisible  qui 


QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,   J.    DARET,    ETC.  45 

se  voit  au  plus  bas  de  ce  tableau,  dans  le  milieu,  avait  été  relevée 
assez  fidèlement  par  l'historien  de  la  paroisse  de  Saint-Jacques-de- 
la-Boucherie,  qui  en  a  pourtant  omis  une  partie  bien  intéressante  : 
la  date. 

Dans  mon  article  du  Magasin  pittoresque  (mars  1849),  sur  les 
a  œuvres  d'art  de  l'église  de  Saint-Étienne-du-Mont,  »  je  relève, 
à  propos  du  Saint  Charles  de  Varin,  un  détail  qui  n'est  peut-être 
pas  invraisemblable.  Après  avoir  parlé  des  mouvements  naïfs  et 
non  sans  caractère  des  mendiants,  j'ajoutais  :  «  Son  saint  Charles 
est  très  noble  ;  il  est  vêtu  d'un  manteau  rouge,  doublé  d'hermine, 
et  coiffé  d'une  toque  rouge  carrée.  Derrière  lui,  on  voit  une  tête 
d'homme,  jeune  encore,  qui  pourrait  bien  être  le  portrait  de  Jean 
Maressal.  » 

Du  Saint  Charles  de  1627  à  la  Présentation  au  temple^  nous 
n'avons  trace  d'aucune  œuvre  de  Quentin  Warin,  si  ce  n'est  le 
Christ  en  croix  d'Amiens,  dont  j'ai  parlé  plus  haut.  Mariette  dit  que 
a  son  principal  ouvrage  est  le  tableau  du  maître-autel  des  Carmes 
déchaussés  qui  représente  la  Présentation  au  temple  et  qui  a  dû 
être  peint  vers  l'année  i636,  puisque  c'est  le  temps  que  l'autel  a 
été  construit.  »  —  Mariette  ignorait  la  date  de  mort  de  notre 
artiste,  autrement  il  eût  observé  ou  que  l'autel  était  de  date  anté- 
rieure ou  que  le  tableau,  de  commande  ancienne,  ne  fut  posé 
qu'après  la  mort  du  peintre.  En  tout  cas,  cette  toile  énorme,  cin- 
trée par  le  haut,  haute  de  6  mètres,  large  de  3  mètres,  après  être 
restée  jusqu'à  la  Révolution  sur  son  maître-autel  des  Carmes,  rue 
de  Vaugirard,  fut  transportée  au  Louvre  avec  les  meilleurs  tableaux 
des  églises  de  Paris,  puis  de  là  attribuée,  par  une  fâcheuse  méprise, 
lors  de  la  réouverture  des  églises,  à  Saint-Germain-des-Présoù  je 
l'ai  décrite  jadis,  alors  qu'elle  y  décorait  l'un  des  murs  du  bras 
gauche  de  la  croix  du  monument  ;  on  la  voit  aujourd'hui  dans  la 
chapelle  du  catéchisme.  L'écusson  royal  d'Anne  d'Autriche,  dona- 
trice du  tableau,  est  peint  au  plus  haut  de  la  toile,  sur  le  cintre  du 
portique  du  temple,  dont  la  galerie  s'ouvre  en  si  belle  et  si  heu- 
reuse perspective.  Je  ne  répéterai  pas  la  description  de  cette  œuvre 
superbe,  dont  tout  le  monde  a  loué  la  riche  et  vigoureuse  colora- 
tion à  la  vénitienne  et  la  grande  tournure  des  personnages,  du 
saint  Siméon,  de  la  Vierge,  d'Anne  la  prophétesse.  Varin  y  étonna 
ses  contemporains,  et,  plus  de  cent  ans  après,  Dandré-Bardon, 
oublieux  comme  on  l'était  alors  des  meilleurs  titres  de  nos  anciens 
peintres,  confessait  que  «  le  Poussin  et  ce  tableau  sont  les  deux  par- 


46  QUENTIN   WARIN,    L.    FINSONIUS,    J.    DARET,    ETC. 

ticularités  qui  seules  aient  transmis  son  nom  jusqu'à  nous.  »  Karl 
Audran  en  grava  une  petite  estampe,  et  M.  Denon^  s'il  m'en  sou- 
vient, possédait,  dans  sa  riche  collection  de  dessins,  la  première 
pensée  du  peintre.  Varin  donna,  dans  ce  dernier  effort,  la  mesure 
supérieure  de  son  talent  et  de  la  place  qu'il  eût  pu  tenir  dans  l'école 
française  comme  coloriste  de  haute  valeur,  à  l'heure  même  où  cette 
école  se  laissait  entraîner  aux  tons  vulgaires  et  sans  fraîcheur  de 
la  palette  de  Simon  Vouet,  —  et  j'allais,  ô  sacrilège!  parler  des 
colorations  un  peu  rudes  et  sans  apprêt  du  Poussin,  —  oubliant  ce 
qu'elle  avait  dû  jadis  à  ces  fins  et  vifs  coloristes  qui  lui  étaient 
venus  du  Nord  avec  les  Clouet  et  les  peintres  du  Puy  d'Amiens 
et  qu'elle  ne  devait  plus  attendre  que  du  renouveau  de  l'influence 
de  ce  Rubens,  qui  avait  si  cruellement  supplanté  notre  pauvre 
Quintin  Varin. 

Si,  comme  je  l'ai  conjecturé  sur  un  mot  bien  vague,  Quentin 
Warin  s'était  marié  peu  avant  1627,  —  il  devait  avoir  pour  le 
moins  une  douzaine  d'années  de  plus  que  le  Poussin.^  et  cela  en 
faisait,  pour  ses  secondes  noces,  un  marié  d'environ  quarante- 
cinq  ans,  —  notre  pauvre  peintre  ne  jouit  pas  longtemps  de  la 
gloire  que  venait  de  lui  procurer  sa  Présentation  au  temple.  Jal, 
après  avoir  cherché  la  date  de  sa  mort,  avait  fini  parla  trouver  : 

Du  lundy  27^  mars  1634,  conuoy  général  de  feu  noble  homme 
Roch  [sic,  singulier  lapsus  calami  du  vicaire)  Vuarin,  viuant  valet  de 
chambre,  peintre  et  architecte  du  Roy,  pris  rue  Royalle.  M.  le  curé 
présent.  Seruice,  messe  des  dames.  (Saint-Paul.) 

Vous-même,  Guiffrey,  avez  constaté  dans  votre  Liste  des 
artistes  des  châteaux  royaux  que  le  roi,  sans  doute  par  consi- 
dération pour  les  services  du  peintre  qu'il  aimait,  n'avait  pas  laissé 
sa  veuve  tout  à  fait  sans  secours  : 

Anthoinette  Maressal,  veuve  de  feu  Quentin  Warin,  peintre,  à 
prendre  en  plus  grande  somme  dont  jouissoit  led.  Warin,  iic  1.  i636. 
Veuves  et  en/ans  des  officiers  des  bastimens. 

La  date  de  r636  semble  étrange  ici,  puisque  cette  pauvre  veuve 
n'existait  déjà  plus;  mais  il  faut  croire  que  les  registres  de  dépenses 
des  Bâtiments  royaux  étaient  commencés,  par  prévision  de  ces 
dépenses,  au  commencement  de  l'année  précédente,  pour  aboutir 
au  premier  jour  de  l'année  dont  ils  portent  la  date,  ainsi  :  janvier 
i635  jusqu'à  janvier  i636.  Et  nous  avons  vu  qu'à  la  même  date 
de  i636  (i635)  le  roi  s'attachait  J.  Maressal.,  le  beau-frère  de 


PIERRE   GADIER.  47 

Quentin  Warin,  par  suite  sans  doute  du  même  bienveillant  sou- 
venir. Sur  le  reliquat  des  gages  de  Q.  Warin,  le  frère  de  Simon 
Vouet,  Aubin  Vouet,  bénéficiait  à  la  même  date  (Registre  de  i636, 
Bât.  roy.)  d'une  autre  partie  des  largesses  du  roi. 

Aubin  Vouet,  oultre  quatre  cens  livres  dont  il  jouissoit  cy-devant, 
la  somme  de  quatre  cens  livres  d'augmentation  à  prendre  en  plus 
grande  somme  dont  jouissoit  Quentin  Warin,  aultre  peintre,  faisant 
en  tout  la  somme  de  vm^  1. 

Pour  en  revenir  à  la  pauvre  femme  que  Warin  s'était  montré  si 
heureux  d'épouser,  elle  ne  lui  survivait  pas  longtemps,  pas  même 
une  année  entière  ;  voici  son  extrait  mortuaire  d'après  le  Diction- 
naire critique  de  Jal  : 

Dimanche,  ii  feurier  i635,  conuoy  général  de  feue  damoiselle 
Antoinette  Maressal,  veufue  de  feu  noble  homme  Quentin  Warin, 
viuant  valet  de  chambre,  premier  peintre  et  dessinateur  ordinaire, 
prise  rue  Royalle.  Seruice,  M.  le  curé  présent;  messe  des  dames. 
{Saint-Paul.) 

Vous  voyez,  mon  cher  Guiffrey,  que,  grâce  aux  Archives  de 
l'Art  français,  grâce  à  Jal,  grâce  à  vous,  nous  sommes  loin  aujour- 
d'hui de  ce  qu'un  chercheur  de  bonne  volonté  pouvait  rencontrer 
sur  Quintin  Varin  en  1847.  Et  l'on  en  pourrait  dire  autant  sur 
chaque  artiste  de  notre  école.  Décidément,  ces  Archives  ont  eu 
du  bon. 

Ph.  DE  Chennevières. 


PIERRE  GADIER, 

l'un    des   architectes   du    CHATEAU   DE   MADRID,    PRÈS    PARIS. 

l5l  I. 

La  pièce  suivante,  qui  provient,  comme  tant  d'autres  documents 
sur  les  arts,  des  minutes  du  notaire  J.  Foussedouaire,  ne  mérite- 
rait guère  d'être  publiée,  si  elle  ne  concernait  le  maître  maçon 
Pierre  Gadier  ou  Gadyer,  qui  fut  l'un  des  architectes  du  célèbre 
château  de  Madrid.  Dans  nos  Documents  pour  servir  à  Vhistoire 
des  arts  en  Touraine,  nous  l'avons  montré  en  i528  qualifié  de 
maître  des  œuvres  de  l'église  de  Tours;  ici,  il  nous  apparaît,  en 
i5ii,  avec  le  simple,  titre  de  maçon,  celui  d'architecte  n'étant 


48  '       PIERRE   GADIER. 

encore  guère  usité;  il  est  sans  doute  au  début  de  sa  carrière,  qui 
ne  paraît  pas  s'être  prolongée  au  delà  de  i532,  époque  à  laquelle 
il  était  remplacé  à  Madrid  par  un  autre  Tourangeau,  Catien 
François. 

Alexandre  Robin,  qui  figure  avec  lui  dans  cette  pièce,  fut  maître 
des  œuvres  de  maçonnerie  de  la  ville  de  Tours  de  i5i6  à  1540. 
Cette  longue  possession,  à  une  époque  si  féconde  en  talents,  de 
pareilles  fonctions,  nous  est  un  sûr  garant  de  sa  valeur  comme 
architecte. 

Le  port  de  la  Foire-le- Roy  était  au  bas  de  la  place  de  ce  nom, 
sur  la  Loire,  et  Tun  des  principaux  ports  de  la  ville  de  Tours. 

Gh.  DE  Grandmaison, 

Archiviste  d'Indre-et-Loire. 

Le  XVI''  jour  d'avril  mil  cinq  cens  et  unze,  après  Pasques,  en  la 
court  du  Roy  nostre  sire  à  Tours,  personnellement  estably,  Alexandre 
Robin,  masson,  demeurant  audit  Tours,  soubzmettant,  lequel  a  con- 
fessé en  ladite  court  devoir  et  loyaument  estre  tenu  de  paier  à  Pierre 
Gadier,  masson,  à  ce  présent,  la  somme  de  cent  sols,  à  cause  de  res- 
ponce  ce  jourd'huy  faicte  par  lui  audit  Gadier,  pour  Pierre  Poinsson  et 
à  sa  requête,  lequel  devoit  ladite  somme  audit  Gadier,  qui  les  lui  avoit 
avancés,  par  avant  ce  jour,  sur  le  marché  de  certaine  grosse  pierre  que 
ledit  Poinsson  lui  devoit  livrer  à  Boisgency,  le  marché  de  laquelle 
pierre  demeure,  moyennant  ces  présentes,  nul  et  de  nulle  valleur  et 
vertu;  laquelle  somme  de  cent  sols  tournois,  ledit  Robin  a  promis  et 
promet  paier  audit  Gadier  dedans  la  Penthecoste   prochainement 

venant, et  moyennant  ces  présentes,  certaine  pierre  contenant 

troys  pieds  et  demy  de  large  et  cinq  pieds  et  demy  de  long,  estant  de 
présent  au  port  de  la  Foire-le-Roy,  ledit  Poinsson  la  donne  audit 
Gadier,  pour  son  desdommagement  de  ladite  grant  pierre;  et  à  ce 
tenir,  etc.  , 

Signé  :  Foussedouaire,  avec  parafe. 

Suit  l'engagement  de  Poinsson  de  rendre  à  Robin  ladite  somme 

de  100  s.  à  la  Pentecôte  prochaine. 

(Minutes  de  Foussedouaire,  notaire  à  Tours;  registre  de   i5o8  à   i5i4, 
fol.  88.) 


GERMAIN   PILON.  49 

GERMAIN  PILON, 

MAÎTRE    MENUISIER    A    PARIS. 
(1661.) 

Un  passage  des  registres  de  délibérations  de  la  paroisse  Saint- 
Étienne-du-Mont  [Archives  nationales,  LL.  704,  fol.  3ôi  v°)  nous 
fournit  la  mention  d'un  important  marché  passé  avec  un  artisan 
ou  peut-être  artiste  qu'on  peut  signaler  ici.  11  porte,  en  effet,  exac- 
tement le  même  nom  (signalé  déjà  par  Jal,  col.  975)  que  l'un  de 
nos  plus  illustres  sculpteurs  français. 

Il  ne  serait  pas  impossible  que  tous  deux  appartinssent  à  la 
même  famille.  M.  J.  Guiffrey  a  d'ailleurs  appelé  déjà  l'attention 
sur  cette  similitude  de  noms  en  publiant  le  devis  détaillé  des 
travaux  faits  par  le  même  maître  menuisier  Germain  Pilon  pour 
la  chaire  de  Saint- Étienne-du-Mont  en  i65i  [Bulletin  de  la 
Société  de  V Histoire  de  Paris,  X,  47-52).  Notre  homme  tra- 
vailla donc  longtemps  pour  la  fabrique  de  cette  paroisse,  qui  était 
d'ailleurs  la  sienne. 

Henri  Stein. 

Du  vingtiesme  jour  de  février  mil  six  cent  soixante  ung.  A  esté  arresté 
que  le  marché  dressé  pour  les  ouvrages  de  menuiserie  qu'il  convient  faire 
en  la  chapelle  de  la  Vierge  suivant  le  desseing  et  devis  représentez  sera  passé 
par  Messieurs  les  marguilliers  à  présent  en  charge  avec  Germain  Pillon, 
m'  menuisier  à  Paris,  moyennant  la  somme  de  trois  mil  six  cens  livres  tour- 
noiz;  et  pour  les  autres  ouvrages  tant  du  pavé  et  massonnerie  qu'il  convient 
faire  pour  les  fondations  tant  de  l'autel  que  balustres,  que  lesdits  sieurs 
marguilliers  feront  les  marchez  et  les  arresteront  à  la  meilleure  condition 
qu'ilz  trouveront  estre  à  propos,  ensemble  pour  les  vistres  et  ouvrages  de 
serrurerye  et  autres  choses  nécessaires  pour  la  perfection  de  ladite  chapelle. 


ALBERT  DUPARC,  architecte  et  sculpteur, 
ANTOINE  FLEURY,  sculpteur. 

LEURS   TRAVAUX    A    LA    CATHEDRALE    SAINTE-MARIE,    A   TOULON. 
(1696.) 

Dans  sa  notice  sur  la  sculpture  navale  (page  96  du  Bulletin  de 
l'Académie  du  Var,  année  1 860-1 861),  O.  Brun  s'exprime  ainsi  : 

Le  29  août  1692  fut  mise  aux  enchères  la  sculpture  d'un  nouveau  et 
superbe  vaisseau  à  trois  ponts,  nommé  le  Royal-Louis,  qui  remplaça  le  pre- 
ART  FR.   IV  4. 


50  ALBERT  DUPARC,  ANTOINE  FLEURY. 

mier  vaisseau  de  ce  nom,  devenu  hors  de  service,  et  qui  fut  longtemps  appelé 
comme  celui-ci  le  plus  beau  vaisseau  de  la  marine.  Rombaud  (le  successeur 
de  Puget  dans  la  maîtrise  de  l'atelier  de  sculpture  du  port)  en  donna  le  des- 
sin et  y  fit  profiler,  le  plus  qu'il  lui  fut  permis,  des  figures  emblématiques  et 
traditionnelles  provenant  du  magnifique  et  ancien  Royal-Louis;  car  on  avait 
coutume,  même  au  désarmement  des  vaisseaux,  d'ôter  les  sculptures  et  de 
les  mettre  à  l'abri.  Une  délibération  du  conseil  de  construction  de  septembre 
1700  rappelle  à  ce  sujet  les  soins  qu'on  devait  apporter  pour  les  démonter  et 
les  poser  de  nouveau,  voulant  en  outre  qu'on  fît  attention  à  ne  pas  couvrir, 
sur  les  navires,  des  coutures  non  calfatées.  Le  travail  du  nouveau  Royal- 
Louis  fut  adjugé  au  sieur  Duparc  pour  5,3oo  livres. 

Dans  une  autre  notice  publiée  dans  le  Bulletin  de  la  neuvième 
session  des  Sociétés  des  Beaux-Arts  des  départements  à  la  Sor- 
bonne  (année  1884,  page  358),  nous  retrouvons  le  nom  de  Duparc 
au  cours  d'un  extrait  du  registre  des  payements  de  la  marine  de 
1 692.  Il  est  à  supposer  que  le  payement  fait  à  Duparc  est  celui  du 
travail  précité. 

Un  autre  ouvrage,  plus  important  peut-être,  dont  fut  chargé 
Albert  Duparc^  en  association  avec  Antoine  Fleurjr^  est  celui  de 
la  façade  actuelle  de  la  cathédrale  Sainte-Marie  de  Toulon,  dont 
suit  le  prix-fait. 

1696.  —  Façade  de  la  cathédrale  par  Albert  Duparc 
et  Antoine  Fleury. 

Prix-fait  de  la  décoration  de  la  fassade  de  la  paroisse. 

L'an  mil  six  cens  quatre-vingt-seize  et  le  vingt-deuxième  jour  du  mois  de 
may,  en  présence  de  Monseigneur  l'illustrissime  et  reverendissime  père  en 
Dieu,  messire  Armand-Louis  Bonin  de  Chalucet,  évêque  de  Toulon,  par 
devant  nous,  notaire  royal  et  secrétaire  greffier  de  la  communauté  de  cette 
ville  de  Toulon  et  témoins  soussignés;  furent  présents,  etc.,  lesquels  en  exécu- 
tion en  partie  du  contenu  en  ladite  transaction  ont  donné  à  prix-fait  par  le 
présent  acte  au  sieur  Albert  Duparc,  architecte  et  sculpteur,  demeurant  à  la 
ville  de  Marseille,  et  à  Antoine  Fleury,  sculpteur  dudit  Toulon,  présent  et 
acceptant  solidairement  l'un  pour  l'autre  les  travaux,  ouvrages  et  fournitures 
à  faire  pour  la  bâtisse,  construction  et  édifice  de  trois  entrées  des  portes  de 
ladite  église,  faisant  face  au  midi,  conformément  au  plan  et  dessein  à  son 
plan  ;  le  tout  pierre  de  Galissane  bonne  et  fine,  à  la  réserve  du  socle  qui  sera 
de  pierre  froide  bouchardée ,  de  cinq  pans  (i"'2o)  et  plus  si  l'ouvrage  le 
demande.  La  fassade  contiendra  toute  la  largeur  qui  a  douse  cannes  {z3"'o^)\ 
et  la  hauteur  sera  depuis  le  pavé  de  l'église  jusques  au  dessus  du  tympan  et 
au  pied  de  la  croix,  de  dix  cannes  (ig^zo).  Ledit  ouvrage  sera  soustrait  dans 
la  vieille  muraille  et  les  assises  seront  de  deux  pans  de  long  (o'"48)  et  d'un 
pan  (o"'24)  d'hauteur  pour  le  moins,  et  sera  adapté  à  la  vieille  muraille  avec 
tous  les  matériaux  nécessaires  pour  tenir  les  assises.  Ladite  fassade  sera 
décorée  d'un  ordre  corinthien  comme  le  dessein  le  marque,  et  sera  divisé  en 


ALBERT  DUPARC,   ANTOINE   FLEURY.  5l 

trois  parties,  scavoir  :  le  corps  du  milieu  sera  décoré  de  quatre  colonnes, 
deux  de  chaque  costé  avec  leur  entablement  et  tympan,  comme  aussi  pied 
d'estaux,  et  avancera  de  trois  quarts  de  pan  (o^iS)  plus  que  les  aisles,  comme 
le  plan  le  fait  voir.  Les  entrepreneurs  seront  obligés  de  faire  un  fondement 
devant  la  fassade,  qui  contiendra  toute  la  largeur,  et  sera  creusé  jusqu'au 
ferme,  mis  en  talus  pour  servir  d'épaulement  à  tout  l'ouvrage,  qui  sera  basti 
à  chaux  et  sable  bien  graine,  avec  des  pierres  froides  par  bons  quartiers  et 
par  assises  et  non  d'autre  pierre.  Dans  la  fassade  se  trouvera  trois  portes,  une 
au  milieu  de  vingt  quatre  pans  d'hauteur  (5"76)  et  douse  de  large  (2"'88);  et 
si  l'ouvrage  demande  de  la  tenir  plus  haute  les  entrepreneurs  le  pourront 
faire.  Elle  sera  avec  des  champbranle  avec  deux  arrière  corps,  couronnée  d'une 
corniche  avec  fronton,  et  sur  le  fronton  sera  mis  deux  figures  qui  représen- 
teront la  Foi  et  la  Charité;  et  au  dedans  sera  fait  des  ornements  comme  le 
dessein  le  fait  voir,  et  sera  travaillé  au  goust  de  l'entrepreneur,  sans  qu'on 
puisse  le  contredire.  Dans  la  mesme  fassade  sera  fait  trois  fenestre,  une  au 
milieu,  dessus  la  grande  porte,  qui  sera  un  octogone  de  huict  pans  (côtés), 
et  le  jour  de  la  fenestre  sera  de  seize  pans  (3"'84)  de  diamètre  et  portera  sa 
bordure. 

Les  dicts  entrepreneurs  seront  obligés  de  faire  trois  portes  de  noyer  ou  de 
bois  de  chêne  si  on  le  trouve  à  propos,  beau  et  bon  et  de  l'espesseur  conve- 
nable à  la  grandeur  de  la  porte,  qui  sera  de  deux  pouces  sans  le  doublage, 
le  tout  bon  assemblage,  envasée  par  derrière  et  doublée  de  bois  de  sapin  ; 
et  au  devant  le  parement  sera  fait  des  cadres  en  assemblages  avec  ses  panaux. 
En  dedans,  principalement  à  la  porte  du  milieu  et  aussi  aux  petites,  elles  seront 
toutes  trois  brisées  au  milieu  avec  son  montant  à  chacune  qui  sera  orné 
d'une  feuille  coulante,  le  tout  conformément  au  dessein.  Chaque  porte  aura 
son  imposte  qui  sera  dormante  avec  sa  corniche  et  frise.  Et  dedans  le  paneau 
de  celle  du  milieu  sera  fait  un  bas-relief  de  deux  anges  qui  tiendront  un 
cartouche;  et  à  celles  des  costés  sera  fait  un  bas-relief  d'ornement  à  chacune, 
à  la  volonté  de  l'entrepreneur.  Dans  le  tympan  sera  mis  deux  anges  qui  tien- 
dront un  cartouche.  A  costé  de  la  grande  porte,  aux  aisles,  sera  fait  une 
petite  porte  de  dix-huit  pans  (4"'32)  d'hauteur  et  neuf  (2°'i6)  de  large  avec 
son  champbranle,  et  pardessus  une  corniche  un  peu  cintrée  avec  son  fronton 
brisé.  Au  milieu  sera  mis  un  cartouche  orné  de  palme  avec  les  armes  de 
Corpus-Domini  (un  calice  surmonté  de  l'hostie).  Les  entrepreneurs  seront 
tenus  de  rendre  les  ouvrages  conformes  à  leur  plan,  dessein  et  devis,  le  tout 
véritable  pierre  de  Callisane  fine,  avec  les  trois  portes  et  les  trois  vitres 
(fenêtres),  le  tout  de  la  qualité  marquée  au  devis.  Les  débris  tant  bois,  pierre, 
fer  que  vitres  appartiendront  aux  entrepreneurs,  lesquels  ne  seront  pas  obli- 
gés, après  leur  ouvrage  fait,  de  rabaisser  le  terrain,  mais  bien  ils  seront  tenus 
de  faire  trois  marches  de  pierre  dure,  une  à  chaque  porte,  de  demi  pan  (o^ia) 
d'hauteur  et  plus  s'il  est  bon. 

(Archives  communales,  GG.  14,  registre.  Livre  des  transactions  et  autres 
contrats  passés  par  le  Chapitre  de  Toulon.  —  1654-1688.) 

La  pièce  manuscrite  où  nous  puisons  cette  page,  n'étant  que  la 
transcription  du  contrat  original  notarié,  ne  contient  rien  de  plus 
que  les  conventions  ci-dessus  énoncées. 

Charles  Ginoux. 


52  VIVIER,    COUDRET,   BONNEVILLE,    ETC. 

VIVIER,  COUDRET,  BONNEVILLE,  sculpteurs;  DELA- 
CHAPELLE,  CISELEUR  ;  B  OSSE,  architecte,  ET  A  UBER  T, 
graveur. 

1777- 1778. 

Documents  communiqués  par  M.  H.  Herluison. 
I. 

DES   BAPTÊMES    DE    SAINTE-MARGUERITE   DE   PARIS. 

L'an  1777,  le  16  novembre,  a  été  baptisé  Pierre-Etienne,  fils 
de  Jacques-Etienne  Vivier,  sculpteur,  et  de  Geneviève  Huriot, 
rue  Charenton.  Le  parrein  Jean-Pierre  Coudret,  sculpteur, 
grande  rue.  La  marreine  Marguerite  Bernard,  femme  d'Antoine 
Bonneville,  sculpteur,  même  rue,  laquelle  seule  a  seu  signer. 

Collationné  à  Toriginal  par  nous  soussigné,  dépositaire  des  dits 
registres,  à  Paris,  ce  10  décembre  1787. 

Le  Maire, 
Prêtre. 

IL 

DES  REGISTRES  DE  l'ÉGLISE  PAROISSIALE  DE  SAINTE-MARIE-MADELEINE, 
EN    LA    CITÉ   DE   PARIS. 

L^an  1778,  le  i3  novembre,  a  été  baptisé  François-Louis,  né 
d'hier,  fils  de  Edme-Henri  Delachapelle,  m*  ciseleur,  et  de  Marie- 
Jeanne-Françoise  Delatouche,  demeurant  enclos  S*  Denis  de  la 
Chartre  de  cette  paroisse.  Le  parrein  S.  François  de  S**  Agathe, 
m^  de  toiles  peintes,  demeurant  à  l'Arsenal,  paroisse  S*  Paul,  bel 
oncle  de  l'enfant  ;  la  marreine  Louise-Denise  Henri  de  la  Cha- 
pelle, fille  majeure,  dem*  rue  du  Bout-du-Monde,  paroisse  S«  Eus- 
tache,  et  tante  paternelle  de  Tenfant,  lesquels  ont  signé  avec  nous, 
le  père  présent. 

Collationné  à  la  minute  et  délivré  par  nous  soussigné,  prêtre, 
vicaire  de  ladite  paroisse,  à  Paris,  ce  21  juillet  1787. 

Brongniart. 
IIL 

DES  REGISTRES  MORTUAIRES  DE  LA  PAROISSE  SAINT-NICOLAS-DES-CHAMPS, 

A   PARIS. 

Le  vendredi  onze  juillet  de  Tannée  1788,  Françoise-Jeanne 
Brun,  épouse  à' Achille- Jean  Bosse,  architecte,  décédée  hier  rue 


LES  ARMOIRIES   DES   MORTS   A  TOULON.  53 

des  Enfants  rouges,  âgée  de  trente-huit  ans,  a  été  inhumée  au 
cimetière  par  nous,  vicaire  soussigné,  avec  Passistance  des  prêtres 
du  chœur,  en  présence  de  Jacques  Martin  Brua,  bourgeois  de 
Paris,  son  frère,  et  de  François  Henry  Clignot,  facteur  d'orgues 
du  Roy,  son  oncle,  qui  ont  signé. 

Collationné  et  délivré  par  moi,  prêtre,  bachelier  en  théologie  de 
la  Faculté  de  Paris  et  receveur  des  convois  de  ladite  paroisse.  A 
Paris,  le  onze  juillet  1783. 

Séjournet. 

IV. 

DES  REGISTRES  DES  BAPTÊMES,  MARIAGES  ET  SÉPULTURES  DE  l'ÈGLISE 
PAROISSIALE  ET  ARCHIPRESBVTÉRALE  DE  SAINT-SÉVERIN,  DE  LA  VILLE 
DE   PARIS,    POUR   l'an    I788. 

Le  jeudy  vingt-quatre  avril,  Marguerite  Desprez^  v«  de  Paul- 
Adrien  Vallée,  ancien  marchand  boucher,  décédée  d'hier  rue  de 
Sorbonne  de  cette  paroisse,  âgée  de  quatre-vingt-douze  ans  envi- 
ron, a  été  inhumée  dans  la  cave  S'«  Geneviève  de  cette  église.  En 
présence  de  Paul-Félix  Vallée,  ancien  marchand  boucher,  son 
fils,  et  d'' Antoine  Aubert,  graveur,  son  petit  gendre,  et  autres,  qui 
ont  signé  à  la  minute. 

Collationné  à  l'original  et  délivré  par  moi  soussigné,  prêtre, 
vicaire  de  ladite  paroisse,  dépositaire  des  registres.  A  Paris,  ce 
dix-huit  septembre  de  l'an  1790. 

Durand. 


LES  ARMOIRIES  DES  MORTS  A  TOULON. 

(1786.) 

RÉPONSE  AU  PLACET  DE  TROIS  PEINTRES  QUI,  EN  ÉTABLISSANT  UNE 
ACADÉMIE  DE  PEINTURE,  DEMANDAIENT  LE  PRIVILEGE  EXCLUSIF  DE 
FAIRE   LES   ARMOIRIES   DES    MORTS. 

Cette  lettre  des  maire  et  consuls  de  Toulon  n'est  pas  absolument 
inédite.  Elle  a  été  insérée  dans  l'Inventaire  sommaire  des  Archives 
communales.  Imprimé  à  petit  nombre  en  1867,  cet  ouvrage  ne  se 
trouve  guère  qu'entre  les  mains  de  quelques  conseillers  municipaux 
et  de  quelques  savants.  La  bibliothèque  communale  de  Toulon  ne  le 
possède  pas.  Nous  avons  pensé  que  la  publication  de  la  pièce  qui  suit 


54  LES    ARMOIRIES   DES   MORTS   A   TOULON. 

pourrait  n'être  pas  sans  intérêt  aux  yeux  des  lecteurs  qui  s'occupent 
volontiers  de  l'art  du  décor  appliqué  aux  cérémonies  religieuses  ou 
profanes  dans  le  passé. 

Charles  Ginoux. 

Observations  des  maire  et  consuls  de  Toulon  au  placet  de 
trois  peintres  de  la  ville. 

Quelque  protection  que  mérite  l'art  de  la  peinture,  les  maire  et 
consuls  de  Toulon  ne  présument  cependant  pas  que  rétablisse- 
ment dans  la  ville  d'une  académie  en  ce  genre,  avec  privilège 
exclusif  des  armoiries,  puisse  être  avantageux  à  ses  habitants.  En 
effet,  si  les  autheurs  d'un  pareil  projet  méritent,  par  la  supériorité 
de  leurs  talens  et  de  leurs  connoissances,  la  préférence  sur  les 
peintres  du  pais,  ils  doivent  être  assurés  que  les  jeunes  gens  du 
lieu  qui,  par  goût  ou  par  état,  seront  déterminés  à  s'attacher  à  cet 
art  iront  étudier  sous  eux  plutôt  que  sous  des  maîtres  dont  l'infé- 
riorité sera  reconnue.  Dès  lors,  les  moyens  de  subsister  ne  man- 
queront pas,  et  Ton  peut  même  dire  que  la  concurrence  qui  s'éta- 
blira entre  ceux-cy  et  les  peintres  de  la  ville  ne  contribuera  pas 
peu  à  perfectionner  ces  derniers  dans  la  profession  qu'ils  ont 
embrassée.  Le  privilège  exclusif  des  armoiries  ne  pourroit  être 
considéré  que  comme  une  vexation  envers  les  habitants  obligés 
de  satisfaire  à  cet  appareil  funéraire  dans  les  circonstances  d'un 
événement  de  mort  qui  aporte  souvent  du  derrangement  à  leur 
fortune  ;  il  paroît  juste  de  leur  laisser  au  moins  la  liberté  de  dimi- 
nuer les  dépenses  auxquelles  ils  sont  alors  indispensablement 
obligés  en  leur  conservant  la  faculté  de  recourir  aux  peintres  qui 
sçauront  aprécier  à  sa  juste  valeur  un  travail  qui  n'exige  en 
aucune  manière  le  développement  des  talens  qui  constituent  le 
véritable  artiste.  D'après  ces  observations,  les  maire  et  consuls 
affirment  qu'on  peut  permettre  sans  inconvénients  l'établissement 
d'une  académie  de  peinture,  mais  sans  aucun  privilège  exclusif 
quelconque,  pareille  condition  étant  toujours  onéreuse  au  public 
qui  ne  peut  trouver  son  avantage  réel  que  dans  la  concurrence 
qui  doit  nécessairement  résulter  de  la  liberté  de  l'exercice  de  toute 
espèce  de  profession. 

A  Toulon,  le  5  octobre  1786. 

(Archives  communales.  —  Série  BB,  3o.  Armoire  n'  i.) 


QUELQUES  TABLEAUX  REMARQUABLES  DES  ÉGLISES  DE  PROVINCE.     5  5 

QUELQUES   TABLEAUX   REMARQUABLES 
DES  ÉGLISES  DE  PROVINCE. 

Un  de  nos  plus  dévoués  correspondants,  M.  Marionneau,  nous  signale  un 
certain  nombre  de  tableaux  remarquables  dont  il  a  constaté  la  présence  dans 
diverses  églises  de  province.  La  publication  de  cette  liste  pourrait  attirer  l'at- 
tention de  nos  lecteurs  sur  des  toiles  parfois  fort  intéressantes  et  presque 
ignorées.  Nous  les  engageons  vivement  à  nous  indiquer  celles  qu'ils  connaî- 
traient; nous  nous  empresserons  d'accueillir  toutes  les  communications  de 
cette  nature.  Voici  les  tableaux  mentionnés  sur  la  liste  de  notre  confrère  : 

1°  Adoration  des  Bergers^  sur  toile  (haut.  4'"54;  larg.  3'"4o), 
par  Le  Sueur ^  dans  la  chapelle  de  l'Hôpital  Saint-Louis,  à  la 
Rochelle. 

2°  Descente  de  croix,  par  Rubens,  à  Saint-Omer. 

3°  Jésus  et  les  petits  enfants,  par  Hippolyte  Flandrin,  dans 
réglise  de  Lisieux. 

4°  Saint  Clair  guérissant  les  aveugles,  par  Hippolyte  Flan- 
drin, dans  la  cathédrale  de  Nantes. 

Ce  tableau,  peint  à  Rome  en  i836,  fut  payé  mille  francs,  prix  convenu. 

5»  Mariage  de  Jean  IV,  duc  de  Bretagne,  et  de  Jeanne,  fille 
du  roi  de  Navarre.  Tableau  sur  bois  du  xvii®  siècle ,  auteur 
inconnu.  Dans  Téglise  de  Saille,  canton  de  Guérande  (Loire-Infé- 
rieure), où  fut  célébré  le  mariage  en  i386. 

6°  Le  Christ  et  la  Samaritaine,  par  Mignard,  au  village  du 
Petit- Écoyeux,  canton  de  Muret  (Charente- Inférieure). 

j''  Annonciation,  par  Athanase  Bocanegra,  peintre  espagnol 
du  xviiie  siècle,  dans  l'église  de  Margaux  (Gironde). 

8°  Lenfant  Jésus  au  milieu  des  docteurs,  attribué  à  Jacques 
Stella^  provenant  du  château  de  Gai  lion,  dans  l'église  du  Grand- 
Andely  (Eure). 

9°  Saint  Jean,  sainte  Elisabeth  et  Zacharie,  par  Nicolas-Ber- 
nard  Lépicié ,  1771,  dans  Téglise  de  Saint-Martin  de  Castres 
(Gironde) . 

10"  Le  Sacre  de  Louis  XIII,  par  le  Frère  André,  dans  l'église 
cathédrale  de  Pamiers  (Ariège). 

Il"  Déposition  de  croix,  par  le  Frère  André,  dans  l'église 
d'Épinay-sur-Seine, 

12"  Assomption  de  la  Vierge,  attribuée  à  François  Boucher, 
dans  l'église  du  Pay- Notre-Dame  (Maine-et-Loire). 

Un  rapide  voyage  dans  plusieurs  villes  du  département  de  la  Manche  nous 


56     QUELQUES  TABLEAUX  REMARQUABLES  DES  ÉGLISES  DE  PROVINCE. 

a  révélé  l'existence  de  certaines  œuvres  d'art  peu  connues  dont  nous  avons 
pris  note.  Voici  le  relevé  de  nos  observations  : 

i3°  Dans  Téglise  de  Saint-Gervais  d'Avranches  :  la  Lutte  de 
Jacob  et  de  VAnge^  signée  :  Auguste  Hesse.  (Haut.  4";  larg.  a^So.) 
14°  Dans  la  même  église,  un  Christ  en  croix ^  avec  la  signa- 
ture :  A.  Desvaux ^  18 38. 

iS"  Dans  Téglise  Saint-Saturnin,  également  à  Avranches  :  une 
Vierge  foulant  aux  pieds  le  serpent,  signée  :  Lecerf  pinxit, 
Avranches.  (Haut.  2™;  larg.  î"^jo.)  Tableau  moderne. 

1 6°  Dans  la  même  église  :  Saint  Roch  guérissant  un  pestiféré, 
signé  :  Frit\  Millet.  Tableau  moderne.  (Haut.  2"'7o;  larg.  i^So.) 

17°  La  chaire  de  l'église  Saint-Pierre  (monument  historique)  de 
Coutances  porte  dans  sa  partie  inférieure  cette  inscription  rébus  : 
^Gl9  •  ROBERT  •  LA^  (lisez  Lacroix)  ME  •  FEGIT  •  lySy 
GURA  •  R  •  P  •  JULIANI  •  MAZIER  •  GUANDIANI. 

18°  Dans  la  même  église  Saint-Pierre  de  Coutances  :  Vierge 
assise  au  pied  de  la  croix,  signée  :  Quesnel,  1843.  (Haut.  i^So; 
larg.  i"'20.)  Le  n^  986  que  porte  encore  le  cadre  est  sans  doute  un 
numéro  d'exposition. 

1 9"  Encore  dans  la  même  église  :  Pietà,  signée  :  D''après  San- 
terre  Aug^^  Leriverend.  Mars  18 53. 

20°  Dans  l'église  Saint-Nicolas  de  Coutances  :  Saint  Sébastien 
et  un  Ange,  signé:  Bichupinx.,  176^.  (Haut.  2'"5o;  larg.  i^So.) 

21"  Même  église  :  une  femme  étendue  à  terre  et  soutenue  par 
une  autre  femme  regarde  le  Saint-Esprit  apparaissant  dans  le  ciel  ; 
c'est  peut-être  la  Mort  de  la  Vierge.  Signé:  Bichuepinxit,  ij65. 
(Haut.  2">5o;  larg.  i"  5o.) 

22°  Même  église  :  Jésus  guérissant  le  paralytique.  Signé  sur 
la  margelle  de  la  piscine  :  Franciscus  de  la  Vente  Virœuspinxit, 
1760.  (Haut.  2'"5o;  larg.  5"".) 

23°  Même  église  Saint-Nicolas  de  Coutances  :  Assomption  de 
la  Vierge,  signée  -.A.  F.  Louaintie,  i836.  (Haut.  2'"5o;  larg.  2"".) 

2^  Même  église  :  un  Saint  guérissant  une  femme  et  un  enfant 
portes  sur  une  civière.  Signé  :  A.  Colas,  1843.  (Haut.  2'"5o; 
larg.  i'"8o.) 

25°  Même  église  :  sur  le  cadre  d'un  Christ  en  croix  d'aspect 
sombre  se  lit  cette  inscription  :  Christ  original  de  Sébastien 
Gonie\  donné  par  le  Roi  en  i838. 

26°  Dans  l'église  de  Notre-Dame,  à  Vire  (Calvados)  :  la  chaire, 
décorée  de  diverses  figures  en  bois  sculpté,  porte  cette  inscription 


CLAUDE-FERDINAND   GAILLARD.  5  7 

gravée  sur  une  plaque  de  marbre  noir  :  Cet  ouvrage  a  estéfaict 
par  les  soins  de  maistre  Guillaume  Boevin^  prestre  Angevine, 
de  Jehan  de  Banville,  escuier,  seigneur  de  Lalande,  patron  de 
Breteville,  maistre  des  requestes  de  Mons.  le  duc  d'Orléans, 
oncle  du  Roy,  lieutenant  général  du  bailli  de  Caen  au  bailliage, 
de  Vire,  maire  et  juge  politique  dudict  lieu,  et  de  Jean-Baptiste 
Brouard,  sieur  de  la  Motte,  trésorier  en  V église  de  Nostre  Dame 
de  Vire.  —  i64-3' 

27°  Dans  la  même  église  :  plusieurs  toiles  signées  :  J.  J.  Guer- 
nier,  1824,  et  d'autres  avec  la  même  signature  et  la  date  1834 
dans  l'abside.  Un  des  vicaires  de  l'église  nous  a  dit  que  ce  Guer- 
nier  était  père  du  professeur  de  l'école  municipale  de  dessin  de 
Vire  (1875). 

28°  Dans  l'église  Saint-Thomas  de  Vire  :  Christ  en  croix,  signé  : 
X.  Hellouin  de  Vire,  1854.  (Haut.  2"";  larg.  i'"5o.) 

290  Même  église  :  Pierre  tombale  d^un  architecte  oublié,  au 
milieu  de  la  nef,  près  de  l'entrée.  L'inscription  mentionne  ainsi 
la  date  de  sa  mort  :  Tombeau  de  Af""^  Jacques  Burnout,  archi- 
tecte, déc.  le  ij  septembre  l'jiS. 

3o"  Dans  l'église  de  Villedieu-les-Poeles  (Manche)  :  Saint  Guil- 
laume (?)  et  saint  Hubert.  Signé  en  blanc  :  Potanchet  (ou  Patan- 
chet),  i8oy.  (Haut.  i^So;  larg.  i  ■».) 

3i°  Saint  François  recevant  le  rosaire,  dans  la  même  église. 
Signé  sur  la  couverture  d'un  livre  posé  à  terre  :  Peint  par  Pesse- 
Une  (ou  Pesselive),  ijSg.  (Haut.  2"i2  5  ;  larg.  i™5o.) 

Sans  doute  la  plupart  de  ces  peintres  sont  des  artistes  dont  la  réputation 
ne  s'est  pas  étendue  au  delà  des  limites  de  leur  ville  natale.  Quelques-uns  ne 
manquaient  pas  de  mérite  et  leurs  noms  veulent  être  conservés  dans  l'his- 
toire des  arts  en  province.  Les  chaires,  les  orgues,  les  pierres  tumulaires 
portent  souvent  des  inscriptions  instructives. 

J.  J.  GUIFFREY. 


CLAUDE-FERDINAND  GAILLARD, 

PEINTRE  -  GRAVEUR. 

(1834-1887.) 

L'artiste  éminent  Claude-Ferdinand  Gaillard,  peintre  et  graveur,  prési- 
dent de  la  Société  des  Graveurs  au  Burin  de  France,  est  décédé  le  19  jan- 
vier 1887,  à  l'hôpital  Saint-Jacques,  impasse  des  Volontaires,  rue  de  Vaugirard, 


58  CLAUDE-FERDINAND   GAILLARD. 

227,  OÙ  il  était  entré  quatre  jours  auparavant  pour  y  recevoir  les  soins  des 
docteurs  Jousset  et  Tessié. 

La  vie  et  l'œuvre  de  Gaillard  méritent  d'être  racontés.  Déjà  des  écrivains 
distingués  se  sont  appliqués  à  lui  rendre  hommage.  Nous  nous  proposons 
de  suivre  leur  exemple,  et  de  consacrer  une  étude  développée  à  l'analyse  des 
meilleures  pages  du  maître,  au  portrait  de  l'homme  droit  et  simple  chez  qui 
le  caractère  ne  fut  pas  moins  grand  que  le  talent.  Nos  souvenirs  personnels, 
des  communications  obligeantes  qui  nous  ont  été  faites  par  M.  François- 
Eugène  Burney,  graveur  distingué,  formé  à  l'école  de  Gaillard,  dont  il  est 
aujourd'hui  l'un  des  exécuteurs  testamentaires,  les  notes  et  les  indications 
précieuses  que  nous  devons  à  M.  J.  Arnoux,  qui  vécut  dans  l'intimité  de 
Gaillard,  les  détails  ignorés  que  M.  de  Baruel,  curé  de  MaroUes  en  Hure- 
poix,  chez  qui  l'artiste  passait  chaque  année  plusieurs  mois,  a  bien  voulu 
nous  faire  ie  confident,  nous  permettront  sans  doute  d'ajouter  plus  d'un 
trait  à  l'attachante  physionomie  qui  se  dégage  des  écrits  actuellement 
publiés  sur  l'artiste.  Toutefois,  notre  premier  devoir  ici  est  de  laisser  la 
parole  à  ceux  qui  ont  plus  particulièrement  connu  Ferdinand  Gaillard, 
et  nous  nous  garderions  de  rien  ajouter  pour  l'instant  à  des  témoignages 
dictés  par  une  haute  estime  ou  un  attachement  de  vieille  date. 

Au  nombre  des  orateurs  qui  ont  pris  la  parole  sur  la  tombe  de  Gaillard, 
le  vendredi  21  janvier,  se  trouvent  deux  artistes  :  MM.  Bouguereau  et  Chapu. 
Nos  lecteurs  estiment  à  haut  prix  les  écrits  d'artistes.  Dans  le  but  d'assurer 
à  notre  public  la  primeur  de  documents  d'un  caractère  spécial,  nous  nous 
sommes  hâté  d'obtenir  de  MM.  Bouguereau  et  Chapu  le  texte  manuscrit  de 
leurs  discours  dont  ils  se  sont  dessaisis  avec  une  parfaite  bienveillance.  Mal- 
heureusement, —  cet  adverbe  ne  concerne  que  nous,  —  à  l'heure  même  où 
nous  recevions  la  copie  de  l'allocution  de  M.  Bouguereau,  un  journal  poli- 
tique très  répandu,  le  Voltaire,  l'insérait  dans  ses  colonnes  (n°  3i53,  du 
dimanche  23  janvier,  Obsèques  de  C,-F.  Gaillard).  Cette  publication  nous 
empêche,  à  notre  vif  regret,  de  donner  ici  cette  page  sévère,  non  moins  digne 
de  son  auteur  que  du  maître  qu'elle  a  pour  objet  d'honorer. 

Le  discours  de  M.  Henri  Chapu,  membre  de  l'Institut,  est  inédit.  Peu 
s'en  est  fallu  qu'un  journal  d'art  ne  le  publiât;  mais,  à  la  dernière  heure,  un 
ami  de  la  Société  de  l'Histoire  de  l'Art  voulut  bien  s'interposer  utilement 
pour  nous  assurer  le  bénéfice  d'une  bonne  fortune  dont  nous  étions  très  jaloux. 

Nous  donnons  in  extenso  le  discours  de  M.  Chapu, 

Mon  cher  Ami, 

C'est  avec  une  profonde  émotion  que  je  viens  te  dire  le  dernier 
adieu. 

Je  viens  au  nom  de  ceux  qui  t'aimaient,  tes  parents,  tes  amis, 
tes  camarades  de  l'atelier  Cogniet  et  de  l'Académie  de  Rome  que 
le  coup  si  brusque  qui  les  atteint  a  tous  consternés. 

Je  ne  ferai  pas  l'éloge  de  tes  travaux,  ils  sont  connus  de  toute 
l'Europe.  Les  qualités  qui  distinguaient  ton  talent  méritent  une 
appréciation  raisonnée,  et,  dans  le  trouble  de  l'heure  présente,  je 
ne  veux  songer  qu'à  Tami  perdu. 


CLAUDE-FERDINAND   GAILLARD.  5 9 

Tu  avais  en  toi  les  qualités  natives  qui  font  les  vrais  artistes  : 
le  culte  élevé  de  Part,  la  volonté  sans  défaillances  et  cette  simpli- 
cité du  croyant  qui  fait  l'âme  clairvoyante. 

Je  t'ai  suivi  depuis  le  jour  où,  quittant  les  bons  Frères  Igno- 
rantins  du  Gros-Caillou,  tu  passas  par  l'École  de  dessin,  l'atelier 
Cogniet  pour  te  rendre  à  Rome,  où  t'appelait  ton  titre  de  Pen- 
sionnaire de  l'Académie  de  France. 

Là,  chacune  de  tes  années  était  marquée  par  un  voyage  d'étude. 
Tantôt  tu  revenais  de  Naples,  épris  de  l'antiquité,  tantôt  de  Venise, 
plein  d'enthousiasme  pour  les  Vénitiens,  de  Florence,  pour  les 
primitifs  Toscans.  Ceux-là  t'ont  charmé  longtemps  ;  ils  t'ont  rap- 
pelé souvent. 

Tu  as  su  puiser  dans  ces  contacts  multiples,  dans  cette  succes- 
sion d'études  cette  puissance  d'assimilation  qui  a  fait  le  charme 
de  ton  talent  et  que  Ton  se  plaisait  à  louer  comme  l'une  de  tes 
qualités  originales. 

Tu  n'étais  pas  un  homme  de  transaction.  En  face  d'un  maître, 
en  présence  de  la  nature,  tu  te  plaisais  à  fouiller,  à  pénétrer  la 
forme  ou  le  procédé,  et  c'est  dans  cette  recherche  patiente,  dans 
cette  étude  passionnée  que  tu  as  conquis  la  haute  expérience  qui 
seule  permet  à  l'homme  de  laisser  après  lui  des  œuvres  solides  ; 
qui  seule,  dans  les  arts,  constitue  la  personnalité. 

De  quelle  nouvelle  et  juvénile  ardeur  lu  fus  pris  devant  ces  deux 
chefs-d'œuvre  que  la  France  attendait  de  ta  main  savante,  la 
Joconde  et  la  Cène  de  Léonard  ! 

A  t'entendre,  ce  que  tu  avais  produit  jusqu'à  ce  jour  ne  valait 
plus  la  peine  d'être  compté  !  Tu  allais  te  surpasser  toi-même!  Tu 
demandais  à  vivre,  afin  de  donner  ta  mesure!... 

Pauvre  ami  !  Nous  pouvons  juger  ton  chef-d'œuvre  entrevu  par 
ceux  qui  nous  restent  de  toi  ! 

Tu  n'as  eu  qu'une  seule  ambition,  celle  de  mieux  faire,  et  c'est 
à  cette  soif  des  grandes  âmes  que  tu  t'es  sacrifié  ! 

Dédaignant  le  bien-être  pour  toi-même,  tu  n'as  cessé  de  faire 
un  noble  usage  de  ce  que  tu  avais  acquis  par  tes  ouvrages  ! 

Simple  et  bon,  ainsi  t'ai-je  connu  aux  jours  lointains  de  nos 
débuts,  ainsi  es-tu  resté  jusqu'à  ta  dernière  heure  ! 

Ce  n'est  donc  pas  sans  raison  que,  par  une  attention  touchante, 
on  t'a  revêtu  pour  ton  dernier  sommeil  de  la  robe  de  bure  des 
Franciscains.  11  est  bien  vrai  que  tu  es  demeuré  durant  toute  ta 


6ô  CLAUDE-FERDINAND    GAILLARD. 

vie  un  vrai  disciple  de  saint  François  !  Ton  âme  est  allée  rejoindre 
le  bienheureux  modèle  qu'elle  s'était  choisi. 

Adieu  !  mon  cher  Gaillard,  à  Dieu  ! 

Puisse  le  témoignage  unanime  de  nos  regrets  apporter  un  peu 
de  consolation  à  ta  vieille  mère  accablée,  à  ta  famille  privée  de  son 
soutien  ! 

A  cet  adieu  touchant  devait  s'en  ajouter  un  autre  d'un  caractère  non  moins 
pénétrant.  M.  Roger  Marx,  critique  d'art,  ami  de  l'artiste  regretté,  s'était 
proposé  de  lire  sur  le  bord  de  la  tombe  les  lignes  suivantes.  Son  émotion 
ne  lui  a  pas  permis  de  tenir  parole  au  groupe  d'intimes  qui  l'avaient  choisi 
pour  être  leur  interprète  : 

Vous  avez  achevé  de  souffrir,  Maître,  mais  vous  ne  disparaissez 
point  tout  entier.  Dans  vos  œuvres,  par  vos  œuvres  vous  demeu- 
rerez vivant  parmi  nous.  L'élévation  de  votre  âme,  l'indépendance 
de  votre  talent,  l'énergie  de  cette  foi  inébranlable  qui  vous  a  cons- 
tamment servi  d'aide  et  d'appui  pour  la  réalisation  de  vos  entre- 
prises, les  a  faites  impérissables.  Graveur,  peintre,  sculpteur, 
—  soldat  à  l'heure  des  désastres  de  la  patrie,  —  moraliste  et  phi- 
losophe, la  gloire  vous  a  été  donnée  de  continuer  au  xix«  siècle  cette 
race  des  maîtres  de  la  Renaissance  qu'on  croyait  à  jamais  éteinte, 
de  laisser  à  la  postérité  de  sublimes  pages  et  l'admirable  exemple 
d'une  vie  consacrée  dans  son  entier  à  l'amour  du  bien,  au  culte 
de  l'art. 

Messieurs,  vous  pleurez  le  deuil  irréparable  de  l'école  française; 
vous  pleurez  l'artiste,  sa  carrière  prématurément  rompue,  les  chefs- 
d'œuvre  perdus,  les  promesses  ravies,  et  votre  douleur  ne  peut  se 
contenir.  Mais  qui  rendra  à  ceux  qui  entouraient  le  maître  et  le 
chérissaient,  qui  leur  rendra  la  haute  philosophie  de  ses  enseigne- 
ments, la  prévoyante  tendresse  de  son  affection,  sa  généreuse  ardeur 
à  stimuler  les  idées  grandes  et  fortes,  à  développer  chez  tous  la 
conception  supérieure  et  libre  de  l'art?  Son  intelligence  rayon- 
nante, sa  douce  sérénité  était  celle  des  anciens  pasteurs  qui  s'en 
allaient  répandre  au  loin  la  lumière;  ses  paroles,  comme  celles  de 
ces  pasteurs,  étaient  des  paroles  de  paix,  de  justice,  d'amour,  de 
liberté.  Et  maintenant  nous  ne  jouirons  plus  de  cette  éloquence 
exquise  de  l'esprit  et  du  cœur;  nous  ne  recevrons  plus  ses  conseils; 
nous  n'aurons  plus  l'exemple  de  cette  bienveillante  sollicitude,  de 
cette  inépuisable  pitié  pour  les  faibles.  Le  pasteur  nous  a  quittés... 

Adieu,  Maître,  au  nom  de  tous  vos  amis,  adieu. 

Colligite  fragmenta  ne  pereant.  Les   futurs  biographes  de  Gaillard,  les 


CLAUDE-FERDINAND   GAILLARD.  6l 

critiques  qui  auront  à  parler  de  lui  nous  sauront  gré  d'avoir  sauvé  de  l'ou- 
bli les  moindres  renseignements  sur  le  maître  disparu. 

Voici  d'abord  la  lettre  de  décès  dont  la  réception,  le  jeudi  20  janvier,  a  si 
soudainement  ému  ceux  qui  gardent  le  culte  de  notre  art  national  et  qui 
n'ignoraient  point  la  place  importante  que  Ferdinand  Gaillard  occupait  dans 
l'école  contemporaine  : 

M 

Vous  êtes  prié  d'assister  au  Convoi,  Service  et  Enterrement  de 
Monsieur  Claude-Ferdinand  Gaillard,  Peintre  Graveur,  Président  de 
la  Société  des  Graveurs  au  Burin  de  France,  Officier  de  la  Légion 
d'honneur,  de  l'Ordre  de  Saint-Grégoire-le-Grand,  de  Léopold  de 
Belgique,  Commandeur  de  l'Ordre  Impérial  et  Royal  de  François- 
Joseph  d'Autriclie,  décédé  le  19  Janvier  1887,  muni  des  Sacrements 
de  l'Eglise,  en  son  domicile,  rue  de  Madame,  n°  74,  à  l'âge  de  52  ans^; 
qui  se  feront  le  Vendredi  21  courant,  à  10  heures  8/4  très  précises, 
en  l'Église  Saint-Sulpice,  sa  paroisse. 

De  Profundis  ! 

On  se  réunira  à  la  maison  mortuaire. 

De  la  part  de  M™^  v^e  Gaillard,  sa  mère,  de  M^^  v^e  Judissé,  sa 
sœur,  de  M.  et  M™«  Désiré  Gaillard,  leurs  enfants  et  petits-enfants, 
de  M™«  V^e  Gaillard,  de  M.  et  M'"^  Gonnot  et  leur  fille,  ses  oncles  et 
tantes,  de  M.  Jules  Judissé,  son  neveu,  de  M"»*  Adèle,  Élisa  et  Cécile 
Judissé,  ses  nièces,  MM.  Emile  et  Eugène  Gaillard,  de  M"«  Élisa 
Gaillard,  de  M.  et  M™^  Frischer,  de  M"«  V^e  Bigre  et  son  fils,  et  de 
la  famille  Judissé,  ses  cousins  et  cousines. 

L'inhumation  aura  lieu  au  cimetière  Montparnasse. 

En  cas  d'oubli,  prière  d'en  faire  part. 

M.  Roger  Marx,  écrivant  dans  le  Voltaire  du  22  janvier  un  article  sur 
Ferdinand  Gaillard,  terminait  ainsi  :  «  A  cette  heure,  dans  la  chambrette 
nue  d'une  maison  de  retraite,  il  repose  inerte  sous  la  robe  de  bure  du  Fran- 
ciscain. »  M.  iMarx  était  bien  informé.  Gaillard  n'a  pas  succombé,  comme 
le  laisse  supposer  la  lettre  de  décès  que  nous  venons  de  reproduire,  dans 
son  domicile,  mais  bien  à  l'hôpital  Saint-Jacques. 

L'auteur  de  l'Homme  à  l'œillet,  de  la  Vierge  de  Botticelli,  des  Disciples 
d'Emmaûs,  du  Saint  Georges,  de  la  Tête  de  cire  et  des  incomparables  por- 
traits de  Dom  Guéranger,  du  Cardinal  Pie,  de  Léon  XIII  appartenait  au 
Tiers-Ordre  de  saint  François.  Son  nom  de  Tertiaire  atteste  sa  profonde 
humilité.  11  avait  voulu  s'appeler  «  Frère  Marie-François  de  la  Crèche.  » 

Voici  la  lettre  de  convocation  des  Tertiaires  au  service  religieux  célébré 
pour  lui  le  dimanche  3o  janvier  : 


1.  Gaillard  étant  né  le  7  janvier  1834  avait  en  réalité  53  ans  et  12  jours 
lorsqu'il  est  mort. 


6a  CLAUDE-FERDINAND   GAILLARD. 

TIERS-ORDRE  Paris,  le  21  janvier  1887. 

DE    LA    PÉNITENCE 

DE   SAINT-FRANÇOIS   d'aSSISE 

FRATERNITÉ    DE   PARIS 
(Obédience  des  FF.  MM.  Capucins) 

t 

Que  Notre-Seigneur  vous  donne  sa  paix. 

Mes  bien  chers  Frères, 

Notre  Père  céleste  vient  de  nous  imposer  un  nouveau  deuil  en  rap- 
pelant à  Lui  notre  excellent  et  très  aimé  Frère  Marie-François  de 
LA  Crèche,  dans  le  monde  M.  Claude-Ferdinand  Gaillard,  décédé 
le  19  janvier,  dans  sa  54™^  année,  après  9  ans  11  mois  et  10  jours  de 
profession  du  Tiers-Ordre. 

C'est  aujourd'hui  même  que  nous  l'avons  conduit  à  sa  dernière 
demeure,  après  l'avoir  revêtu  de  son  habit  de  pénitence. 

Surpris  par  la  nouvelle  de  sa  mort,  je  n'ai  pu  vous  inviter  à  ses 
obsèques,  qui  ont  été  dignes  du  grand  artiste,  du  fervent  chrétien  et 
de  l'humble  Tertiaire;  mais  je  vous  convie  tous,  mes  bien  chers 
Frères,  à  la  messe  qui  sera  dite  le  3o  janvier,  jour  de  notre  réunion 
générale,  à  l'intention  du  très  regretté  défunt.  Nous  y  communierons 
ensemble  pour  le  repos  de  son  âme,  et  d'ici  là  chacun  de  nous  acquit- 
tera les  prières  prescrites  par  la  règle  :  cinquante  Psaumes  ou 
cinquante  Pater  avec  Requiem  œternam  ou  un  chapelet. 

La  force  me  manque  pour  vous  en  dire  davantage,  mais  les  Annales 
Franciscaines  vous  diront  ce  qu'était  notre  bien-aimé  Frère,  et  quelle 
perte  nous  avons  faite  en  sa  personne  ^. 

Je  vous  attends  tous  au  pieux  rendez-vous  du  Dimanche  3o.  N'ou- 
bliez pas  que  la  messe  commencera  à  8  heures  précises. 

Votre  bien  indigne  Frère  et  serviteur  en  N.-S.  et  S. -F. 

Frère  LOUIS  du  Saint-Sacrement, 
Recteur. 

Gaillard  n'était  pas  moins  connu  en  Allemagne,  en  Angleterre,  en  Italie 
que  dans  son  propre  pays.  Tenter  une  bibliographie  des  études  de  quelque 
importance  dont  ses  ouvrages  ont  été  l'objet  depuis  à  peu  près  vingt  ans 

I.  La  notice  annoncée  doit  être  rédigée  par  un  Religieux  de  l'Ordre  des 
Capucins,  sur  les  notes  qui  auront  été  recueillies  par  des  Tertiaires.  Au 
moment  où  nous  donnons  le  bon  à  tirer  de  cet  article,  les  Annales  Francis- 
caines de  mars  1887  qui  doivent  renfermer  l'étude  en  question  ne  sont  pas 
encore  distribuées. 


BIBLIOGRAPHIE.  63 

nous  entraînerait  trop  loin.  Rappelons  cependant  un  travail  étendu  et  de  tous 
points  élogieux  pour  l'artiste,  paru  dans  la  Galette  de  Cologne  du  27  dé- 
cembre i883.  La  Revue  Britannique  de  mai  1882  lui  a  consacré  plusieurs 
pages  dignes  d'être  lues.  Le  Temps  du  2  janvier  1884,  VUnivers  du  22  jan- 
vier 1887,  par  la  plume  de  M.  Arthur  Loth,  le  même  journal,  dans  son 
numéro  du  3i  janvier  1887,  sous  la  signature  de  M.  François  Lovet,  ren- 
ferment de  curieux  articles  sur  Ferdinand  Gaillard.  On  devra  lire  aussi  Le 
Salon  de  1886,  par  C.  de  Beaulieu  (Paris,  Bloud  et  Barrai,  1886,  in-S"  de 
32  pages),  et  le  Journal  des  Arts  du  i5  février  1887,  où  M.  A.  Portier  de 
Beaulieu,  secrétaire-rédacteur  de  la  Société  des  Graveurs  au  burin,  a  rendu 
compte  de  la  réunion  dans  laquelle  il  a  été  procédé  à  l'élection  d'un  prési- 
dent de  la  Société  en  remplacement  de  Gaillard.  Nos  lecteurs  sont  trop 
familiarisés  avec  la  Ga:{ette  des  Beaux-Arts,  à  laquelle  l'artiste  avait  long- 
temps prêté  son  utile  concours,  et  avec  VArt,  dont  il  était  devenu  en  ces  der- 
nières années  le  collaborateur,  pour  que  nous  ayons  la  pensée  de  leur  signaler 
les  planches  de  Gaillard  ou  les  études  écrites  sur  le  maître,  qu'ils  sauront 
découvrir  dans  ces  publications.  On  n'a  pas  oublié  le  Saint  Sébastien  paru 
dans  VArt,  2'  année,  t.  IV,  p.  326,  gravé  par  Gaillard  d'après  une  peinture 
de  sa  composition. 

Henry  Jouin. 

BIBLIOGRAPHIE. 

Jean  Grancher  de  Trainou,  dit  Jean  d'Orléans,  peintre  des  rois  Charles  VI 
et  Charles  VII  et  du  duc  Jean  de  Berry.  Documents  nouveaux,  publiés  par 
L,  Jarry.  1886,  16  p.  in -8°.  —  Un  acte  de  vente  retrouvé  dans  les  anciennes 
minutes  d'un  notaire  d'Orléans  a  fait  connaître  à  M.  Jarry  le  nom  d'un  peintre 
du  duc  de  Berry,  Jean  Grancher,  originaire  de  la  paroisse  de  Trino  ou  Trai- 
non,  située  à  quelques  kilomètres  d'Orléans.  D'autre  part,  les  Archives  du 
Cher,  consultées  par  leur  conservateur,  ont  fourni  de  nombreuses  mentions 
sur  le  peintre  Jean  Grancher,  aliàs  d'Orléans,  s'établissant  à  Bourges  en 
1410  et  y  résidant  jusqu'en  1458.  Du  rapprochement  des  textes,  M.  Jarry 
tire  la  conclusion  très  vraisemblable  que  le  Jean  Grancher  de  Trainou  et  celui 
de  Bourges  ne  sont  qu'un  seul  individu,  né  aux  environs  d'Orléans  et  qui  a 
occupé  parmi  les  peintres  du  xv"  siècle  une  place  distinguée.  Désormais 
l'origine  orléanaise  des  peintres  qui  ont  joint  à  leur  nom  de  baptême  celui 
de  la  ville  d'Orléans  est  définitivement  établie  par  pièces  authentiques.  Bien 
des  points  restent  encore  obscurs  dans  la  généalogie  de  ces  vieux  maîtres 
provinciaux.  Nous  ne  saurions  trop  engager  M.  Jarry  à  poursuivre  les 
recherches  qui  ont  donné  déjà  de  si  curieux  résultats.  Les  archives  des 
notaires  renferment,  comme  le  répétait  naguère  ici  même  notre  confrère  et 
ami  M.  Henry  Havard,  dans  leurs  minutes  à  peu  près  inconnues  jusqu'ici, 
les  plus  précieux  renseignements  sur  la  biographie  et  les  travaux  de  nos 
anciens  artistes.  —  J.  G. 

Le  Livre  de  raison  de  Jacques-Charles  Dutillieu,  publié  et  annoté  par 
F.  Bréghot  du  Lut.  Lyon,  irapr.  Mougin-Rusand,  1886,  gr.  in-8°.  —  Un 
curieux,  qui  porte  dignement  un  nom  estimé  parmi  les  érudits  lyonnais,  a 
retrouvé  dans  ses  papiers  de  famille  le  Livre  de  raison  de  Jacques-Charles 
Dutillieu,  peintre  de  fleurs,  puis  fabricant  d'étoffes  d'or,  d'argent  et  de  soie, 


64  BIBLIOGRAPHIE. 

né  à  Paris  en  17 18,  mort  à  Lyon  en  1782.  Grâce  à  ces  mémoires  intimes, 
les  Dittillieu  tiendront  désormais  une  place  fort  honorable  dans  le  livre 
d'or  de  l'Art  français.  En  effet,  le  grand-père  de  l'auteur,  François  Le 
Pesant  DutilUeu,  élève  à.'' Antoine  Hérault  et  Noël  Coypel,  était  peintre  de 
paysage  ;  son  oncle  A  mand,  camarade  de  Lancret,  de  Pater  et  de  Pillement, 
annonçait  de  brillantes  dispositions  comme  peintre  de  fleurs,  mais  il  mourut 
à  vingt  et  un  ans.  Enfin,  son  père  Charles-Gilles,  membre  de  l'Académie  de 
Saint-Luc,  fut  élève  d'un  peintre  brocanteur  bien  ignoré  aujourd'hui,  Cauvin, 
et  ne  tarda  pas  à  conquérir  la  réputation  d'un  habile  décorateur.  Tour  à 
tour  employé  aux  embellissements  de  Chantilly,  de  Sceaux,  d'Anet,  de  Bagno- 
let,  de  l'hôtel  de  Samuel  Bernard,  rue  Notre-Dame-des-Victoires,  il  fut  sol- 
licité par  le  comte  de  Tessin  de  l'accompagner  en  Suède  et  choisi  par  F.  Le 
Moine  pour  peindre  les  fleurs  du  plafond  d'Hercule  à  Versailles.  Jacques- 
Ch.  Dutillieu,  encouragé  par  Oudry,  débuta,  comme  tant  d'autres,  à  l'expo- 
sition de  la  jeunesse,  place  Dauphine  (il  ne  dit  pas  en  quelle  année),  travailla 
'pour  la  cour  et  pour  M""=  de  la  Vrillière  (depuis  duchesse  de  Mazarin)  et  ne 
se  résigna  à  entrer  dans  l'industrie  qu'après  la  crise  déterminée  par  la  guerre 
de  la  succession  d'Autriche.  En  1759,  lors  d'un  de  ses  séjours  à  Lyon,  J.-B. 
Perronneau  peignit  le  portrait  de  J.-Ch.  Dutillieu  et  celui  de  sa  femme.  Ces 
deux  portraits,  soigneusement  conservés  par  la  famille,  sont  reproduits  dans 
le  beau  volume  de  M.  Bréghot  du  Lut,  dont  l'exemple  devrait  encourager  et 
provoquer  d'autres  publications  de  même  nature.  —  M.  Tx. 

Maîtres  contemporains,  par  M.  Henry  Jouin,  lauréatde  l'Institut  (Paris,  in-12, 
1887).  —  Le  nouvel  ouvrage  qui  vient  de  paraître  sous  ce  titre,  à  la  librairie 
Didier-Perrin,  n'est  pas  un  travail  d'érudition,  mais  une  suite  d'articles  écrits 
avec  verve  et  passion,  sur  des  personnages  très  différents.  L'auteur  ne  sau- 
rait être  trop  félicité  d'avoir  réuni  en  un  volume  ces  biographies  et  ces  por- 
traits de  Corot,  de  Baudry,  de  Fromentin,  de  Lehmann,  de  Gustave  Doré, 
de  Nittis,  de  Cham,  tracés  d'une  plume  fine,  alerte  et  piquante,  qui  se  trou- 
vaient disséminés  dans  plusieurs  revues  étrangères.  Ce  n'est  pas  seulement 
l'intention  de  rendre  hommage  à  un  artiste  décédé  qui  a  dicté  à  M.  Jouin 
ses  excellentes  pages  sur  les  maîtres  de  notre  siècle  :  car  ce  sont  des  eaux- 
fortes  de  M.  Massard  qui  nous  ont  valu  les  charmants  tableaux  qu'il  fait  de 
la  vie  de  Henri  Regnault  et  de  celle  de  Tassaert.  Une  exposition  à  Paris  des 
œuvres  de  Frédéric  van  de  Kerckove  fut  le  point  de  départ  de  l'étude  de 
M.  Jouin  sur  cet  artiste  mort  à  l'âge  de  dix  ans!  Et,  à  côté  des  artistes,  les 
amateurs,  les  protecteurs,  les  amis  des  beaux-arts  ne  sont  pas  oubliés  : 
on  lira  avec  infiniment  de  plaisir  la  notice  consacrée  à  Charles  Timbal, 
une  des  meilleures  du  livre.  On  lira  surtout  le  nouvel  ouvrage  de  M.  H. 
Jouin,  parce  qu'il  sait  merveilleusement  tenir  son  lecteur  en  éveil,  parce 
qu'à  la  correction  et  à  la  netteté  du  style,  à  l'élévation  des  pensées,  il  a 
su  joindre  une  série  d'anecdotes,  qui  sont,  selon  sa  propre  expression,  le 
complément  de  l'histoire,  qui  en  sont  même  le  correctif,  à  la  condition 
qu'elles  soient  authentiques.  Or,  on  peut  répondre  de  leur  authenticité. 
M.  Jouin  vit  dans  le  monde  de  l'art  et  connaît  tous  nos  grands  maîtres  ;  il 
tient  d'eux  ses  amusantes  historiettes  sur  tel  confrère,  sur  tel  ami,  et  sans 
lui,  peut-être,  nul  n'aurait  songé  à  nous  les  redire.  Nul  surtout  n'aurait  su 
mieux  les  raconter.  —  S. 


LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV°  ET  AU  XV*  SIÈCLE.  65 

LES   SCULPTEURS   DE   TROYES 

AU   XIV®   ET   AU    XV®   SIECLE. 

Nous  avons  fait,  il  y  a  une  vingtaine  d'années,  des  recherches 
dans  les  archives  du  département  de  l'Aube  et  dans  les  archives 
de  la  ville  de  Troyes,  dans  le  but  de  recueillir  les  matériaux  d'une 
étude  sur  les  travaux  d'art  et  de  métier  à  Troyes.  Nous  avons 
réuni  et  classé  plus  de  5o,ooo  extraits  de  pièces  originales,  mais 
des  circonstances  diverses  ne  nous  ont  pas  permis  d'achever  le 
dépouillement  de  ceux  des  documents  conservés  aux  archives  qui 
nous  faisaient  connaître  avec  certitude  les  œuvres  accomplies  et  les 
maîtres  qui  les  avaient  exécutées. 

Pour  quelques-unes  des  branches  du  travail  et  principalement 
pour  les  ouvrages  d'art,  nous  possédons  une  assez  grande  quan- 
tité de  faits  pour  pouvoir  donner  au  moins  un  aperçu  du  person- 
nel de  travailleurs  qui  était  établi  à  Troyes.  Il  nous  a  paru  inté- 
ressant de  montrer  par  un  exemple  comme  les  maîtres  de  métiers 
confinant  à  l'art  étaient  nombreux  dans  cette  ville,  même  à  une 
époque  assez  éloignée,  et  nous  nous  sommes  proposé  de  donner 
les  noms  des  sculpteurs  en  pierre  et  en  bois  qui  ont  habité 
Troyes  au  xiv®  et  au  xv®  siècle. 

Ces  sculpteurs  ont  été  au  nombre  de  89  :  22  dans  le  xiv®  siècle 
et  67  dans  le  xv®. 

Ils  étaient  désignés  dans  les  rôles  des  tailles  et  les  comptes  comme 
tailleurs  d'images,  imageurs,  imagiers  ou  imagers. 

Sur  ces  89,  27  étaient  étrangers  :  22  étaient  flamands  et  5  alle- 
mands. 

43  étaient  seulement  sculpteurs  ;  24  étaient  à  la  fois  huchiers  et 
sculpteurs,  11  peintres  et  sculpteurs,  10  maçons  et  sculpteurs, 
I  était  orfèvre  et  sculpteur. 

Aucun  de  ces  sculpteurs  n'a  été  en  grand  renom.  Cependant 
Jean  Gailde,  l'architecte  et  le  sculpteur  du  jubé  deTéglise  Sainte- 
Madeleine,  Jacques  Bachot ^  auquel  on  doit  le  sépulcre  de  l'église 
de  Saint-Nicolas-du-Port  et  le  tombeau  de  Henri  de  Lorraine, 
Nicolas  Haslin,  l'auteur  des  bas-reliefs  de  l'église  Saint- Pierre 
de  Troyes,  furent  des  maîtres  de  haute  valeur  et  dont  il  serait 
juste  de  garder  la  mémoire.  Si  nous  avions  fait  connaître  les  sculp- 
teurs du  xvi"  siècle,  nous  en  aurions  signalé  plusieurs  qui  ont 

ART  FR.   IV  ,  5 


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66  LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV«  ET  AU  XVe  SIÈCLE. 

travaillé  au  château  de  Fontainebleau  et  parmi  eux  un  Florentin, 
Domenico  Ricoveri,  dont  l'œuvre  comme  sculpteur  et  comme 
graveur  est  important. 

XIV®    SIÈCLE. 

I.  Jean  /  OuDOT  (..1 320-1 342). 

Jean  I  ou  Jeannin  Oudot,  tailleur  d'images  et  huchier,  a  tra- 
vaillé pour  l'église  Saint-Étienne  de  Troyes  de  i33o  à  1337. 
2.  Jeannin  (i  345-1 370). 
Jeannin  (Jehanin),  tailleur  d'images  et  huchier,  vivait  à  Troyes, 
de  1345  à  1370. 

3.  Etienne  (..i 348-1 354). 

Etienne,  tailleur  d'images. 

4.  Jean  Lalement  (..i 362-1 370). 

Jean  Lalement  (l'Allemand),  maçon,  tailleur  de  pierre  et  tail- 
leur d'images,  travaillait  de  i362  à  1370. 

5.  Jeannin  Trubert  (. .1364-1370). 

Jeannin  Trubert,  tailleur  d'images,  vivait  à  Troyes  de  1364  à 
1370. 

6.  Hennequin  (..1 365-1 368). 

Hennequin,  tailleur  d'images,  Flamand. 

7.  Jean  //Oudot  (..1367- 1396). 
Jean  II  ou  Jeannin  Oudot,  tailleur  d'images  et  huchier,  a  tra- 
vaillé, en  1377- 1378,  pour  la  cathédrale  de  Troyes  ;  en  1 389-1 390 
et  en  1 395-1 396,  pour  Téghsc  Saint-Urbain. 

8.  Girard  Biau  Temps  (..i 36 8- 1370). 
Girard  Biau  Temps,  tailleur  d'images. 

9.  Thibaut  (..i368"i  370). 
Thibaut  ou  Thiébaut,  maître  tailleur  d'images  et  huchier. 

10.   r^oma^  Trubert  (..1370- 1376). 
Thomas  Trubert,  tailleur  d'images,  frère  de  Perrin. 

ri.  Drouin  I  (..1 376-1 390). 
Drouin  I,  peintre  et  sculpteur  (ymager),  a  travaillé  pour  les 
églises  Saint-Etienne  et  Saint-Urbain;  il  a  fait  et  réparé  des  sta- 
tues. Ge  n'est  pas  le  même  personnage  que  Drouin  de  Mantes. 


LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV®  ET  AU  XV^  SIÈCLE.  67 

12.  Hennequin  de  la  Place  (..iSjS). 

Hennequin  de  la  Place,  tailleur  d'images  et  tombier,  était  de 
Tournai.  Il  fit,  en  iSyS,  le  tombeau  et  la  statue  du  chanoine  Jean 
Bizet  de  Barbonne.  Jean  Bizet,  revêtu  de  Faumusse,  tenait  d'une 
main  un  livre  ouvert  et  de  l'autre  main  le  bâton  de  chantre.  Ce 
tombeau,  élevé  dans  Téglise  Saint- Etienne,  était  de  pierre;  il  fut 
payé  à  Hennequin  26  livres  tournois. 

i3.  Jean  de  Provins  (..i 378-1 386). 
Jean  de  Provins,  tailleur  d'images  et  huchier,  a  travaillé  à  la 
cathédrale  de  1378  à  i385.  Il  y  a  fait  des  ouvrages  de  toute  sorte, 
depuis  des  portes,  des  stalles,  un  buffet  d'orgues,  jusqu'à  des 
règles  et  des  équerres  pour  les  ouvriers.  Il  était  surtout  huchier. 

14.  Drouin  de  Mantes  (..i 379-1 385). 

Drouin  de  Mantes,  tailleur  d'images,  a  travaillé  pour  la  cathé- 
drale de  i38o  à  i383.  Il  a  sculpté  une  statue  de  saint  Pierre,  qui 
fut  placée  à  la  porte  du  jubé  de  Henri  de  Bruisselles  ;  cette  statue 
lui  fut  payée  cent  sols. 

i5.  G/rarf/ Gay  (..1381-1400). 

Girard  Gay,  tailleur  d'images,  est  le  même  que  Girard  de  Han 
et  maître  Girard.  Il  a  travaillé  à  la  cathédrale.  Il  a  sculpté,  en 
i38i-i382,  une  statue  de  saint  Paul,  et  plus  tard  une  autre  statue 
de  saint  Paul,  qui  fut  placée  à  l'entrée  du  jubé  et  pour  laquelle  il 
reçut  six  livres. 

16.  Jean  de  Bruisselles  (..i 383-1 385). 

Jean  de  Bruisselles,  maçon  et  tailleur  d'images,  a  travaillé  au 
jubé  de  la  cathédrale  de  Troyes. 

17.   Conrad  de  Strasbourg  (..i 384-1 385). 

Conrad  de  Strasbourg  était  tailleur  d'images.  Son  nom  est  écrit 
Conrrot  de  Strambourt  ou  de  Strabourt.  Conrad  a  travaillé,  en 
août  1384,  pendant  deux  semaines,  au  jubé  de  la  cathédrale  de 
Troyes;  il  recevait  4  s.  2  d.  par  Jour.  Ce  salaire  était  élevé,  c'était 
le  même  que  celui  qui  était  payé  à  l'architecte,  Henri  Soudan,  et 
à  l'auteur  des  plans  du  jubé  qui  était  aussi  un  des  constructeurs, 
Henri  de  Bruisselles ^ 


I.  Bibliothèque  nationale,  mss.,  n"  91 12,  i384-i385,  Comptes  de  l'œuvre 
de  l'église  de  Troyes. 


68  LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV^  ET  AU  XV*  SIÈCLE. 

i8.  Girardin  de  Mons  (..i385-i388). 
Girardin  de  Mons  ou  de  Mont  a  en  AUemaine,  »  maçon  et 
ymager^  travaillait,  en  février  i385,  au  jubé  de  la  cathédrale;  il 
était  payé  2  s.  6  d.  par  jour, 

19.  Henri  TiE  Mons  (..i385-i388). 
Henri  de  Mons  ou  de  Mont,  «  en  AUemaine,  »  maçon  et  j^m(a!- 
ger^  a  travaillé  au  jubé  de  la  cathédrale,  en  février  i385  ;  il  était 
payé  2  s.  6  d.  par  jour. 

20.  Drouin  II  (..i386-r389). 

Drouin  II  le  peintre  était  aussi  sculpteur.  Il  a  travaillé  à  Téglise 
Saint- Urbain. 

1 386-1 387.  «  ...  Pour  son  salaire  de  remettre  à  point  la  main 
de  rimage  Saint-Urbain  qui  est  ou  portai  de  l'église  par  devers  la 
grand  Rue,  laquelle  main  estoit  brisée,  et  pour  refaire  la  croison 
dessus  la  croiz  qui  estoit  cheu  et  brisé...  » 

21.  Perr/n  /  Trubert  (..1390-1402). 

Perrin  ou  Pierre  Trubert  était  tailleur  d'images  et  huchier.  Il 
demeurait  dans  la  rue  Notre-Dame. 

22.  Jacquet  (..i 396-1 398). 
Jacquet,  le  tailleur  d'images  ou  le  tombier,  a  fait,  en  1398,  la 
tombe  de  Jean,  maître  de  l'œuvre  de  la  cathédrale;  il  en  fit  le 
pourtrayet^  tailla  cette  tombe,  la  grava  et  emplit  de  ciment  (pro- 
bablement les  traits  du  dessin  gravé  en  creux) . 

XV"  SIÈCLE. 

23.  Gaucher aniiTs.N\TE.L  (..1400- 1402). 

Gaucheran  ou  Gauterin  de  Vitel,  tailleur  d'images  et  huchier, 
a  ce  rappareillé  et  remis  à  point,  »  en  1401-1402,  les  sièges  du 
chœur  à  la  cathédrale.  Il  a  travaillé  à  l'église  Saint-Urbain. 

24.  Jean ///OuDOT  (..140 1-1451). 

Jean  III,  Jeannin  ou  Jeançon  Oudot  l'aîné,  maître  tailleur 
d'images  et  huchier,  était  appelé  le  plus  souvent  «  Jehanin,  Jeha- 
nin  le  tailleur,  Jehanin  le  tailleur  d'ymaiges.  » 

Il  a  été  marié  et  a  eu  deux  fils,  Jeannin  etThevenin,  qui  furent 
huchiers  tous  les  deux  et  qui  ont  commencé  à  travailler  avec  leur 
père  en  143  9- 1440. 

Jean  Oudot  demeurait  dans  la  rue  Moyenne  en  1421-1422. 


LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV«  ET  AU  XV«  SIÈCLE.  69 

lia  travaillé  pour  la  cathédrale  et  les  églises  Notre-Dame-aux- 
Nonnains,  Saint-Etienne,  Saint-Jean,  Sainte-Madeleine  et  Saint- 
Urbain. 

Saint-Etienne.  1401-1402.  lia  rappareillé  les  stalles  du  chœur. 

Sainte-Madeleine.  1411-1412.  Marché  pour  faire  les /ef^em  du 
chœur  (9  liv.  10  s.)  ;  travaux  aux  stalles  du  chœur. 

Cathédrale.  1413.  Anges  du  maître-autel.  —  1413-1414,  1415- 
1416.  Huis  au  jubé.  —  1418-1419.  Clocher.  —  1419-1420. 
Ouvrages  au  buffet  d'orgues,  i3  liv.  t.;  «  façon  de  l'ange  qui  est 
dessubz  les  orgues  auci  Tespy  sur  quoy  il  est...  c  s.  t.  »  —  1420- 
142 1,  1422-1423.  Orgues.  —  1423-1424.  «  Tailler...  le  chande- 
lier à  mettre  le  cierge  benoist.  »  —  1425-1426,  1426-1427.  Orner 
de  sculptures  la  chaise  de  l'évêque.  —  1427-1428.  «  Pour  avoir 
réparez  les  ymaiges  des  apostres  sainct  Pierre  et  sainct  Pol...  avoir 
taillé  ij  prophetez  et  corbeaux  qui  portent  lesdictes  ymaiges...  xl  s.  » 

Sainte -Madeleine.  1421-1422.  Fait  «  l'ouvraige  de  bois  du 
ciboire...  xvj  1.  » 

Cathédrale.  143 1- 143 2,  143 2- 143 3.  Orgues. 

Saint-Etienne.  1433-1434,  1436-1437.  Ange  peint,  placé  sur 
une  colonne  en  arrière  de  l'autel,  tenant  dans  une  des  mains,  sous 
le  cincenier  suspendu  à  la  voûte,  une  chaîne  qui  supportait  la 
pixide. 

Saint-Jean.  1441.  «  Trois  grans  nos  neufs...  xxx  s.  » 

Cathédrale.  1439-1440  à  1448-1449.  C'est  pendant  ce  temps 
que  Jean  Oudot  a  fait  «  la  hucherye  du  tabernacle  à  mettre  les 
châsses,  »  ouvrage  qui  paraît  avoir  été  important.  Ses  deux  fils 
ont  travaillé  avec  lui  à  ce  tabernacle  de  143  9- 1440  à  1442- 1443. 

2  5.  Nicolas  Cordouanier  (..1402- 1406). 

Nicolas  I  Cordouanier,  Corduanier  ou  Nicolas  «  le  Flament  » 
était  peintre  et  tailleur  d'images. 

26.  Colin  NooT  (..1403- 1434). 

Colin  Noot  ou  Nouot,  huchier  et  tailleur  d'images,  a  travaillé 
en  1411-1412  pour  l'église  Sainte-Madeleine  et  en  1433-1434 
pour  l'église  Notre-Dame-aux-Nonnains. 

27.  Thomas  ou  PoîiT  {..1^06). 

Thomas  du  Pont  ou  Thomas  «  l'ymager  »  travaillait  à  Troyes  en 
1406. 


70  LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  Xive  ET  AU  XV^  SIÈCLE. 

28.  Perrm //Trubert  (..1406- 1462). 

Perrin  II  ou  Pierre  Trubert,  maître  tailleur  d'images  et  huchier, 
a  travaillé  pour  la  cathédrale  et  pour  les  églises  Saint-Etienne  et 
Sainte-Madeleine. 

En  1411-1412,  il  a  refait  et  taillé,  à  l'église  Sainte-Madeleine, 
«  deux  des  coulombes  du  grant  autel,  »  et  les  a  «  rassises  avec  le 
bassement  dudit  autel.  »  Il  a  fait  en  même  temps  la  table  de  Fau- 
tel.  Il  a  réparé,  en  1439-1440,  une  des  statues  de  bois  de  cette  église. 

Trubert  fut  chargé,  en  1441 ,  de  faire  «  iij  patrons  (deux  en  pap- 
pier  et  ung  de  bois)  de  l'ymaige  sainct  Jehan,  »  reliquaire  qui  fut 
exécuté  en  argent  doré  par  Jean  Garnier. 

La  qualité  d'orfèvre  lui  a  été  donnée  probablement  par  erreur 
dans  un  des  comptes  de  la  même  année,  dans  lequel  il  est  fait 
mention  d'une  somme  qui  lui  fut  payée  «  pour  avoir  vacqué  pour 
plusieurs  fois  à  mettre  à  point  les  orgues  de  l'église  et  avoir  fait 
plusieurs  ymaiges  d'or  molu  du  pié  de  l'yuiaige  sainct  Jehan.  » 

Perrin  Trubert  a  travaillé,  en  1449-1450,  au  buffet  d'orgues  de 
l'église  Sainte-Madeleine. 

Il  fit,  en  1461-1462;  pour  cette  église,  le  patron  de  papier  d'un 
reliquaire  dont  l'exécution  fut  confiée  à  l'orfèvre  Barat. 

29.  /ean/NooT  (..1410-1455). 

Jean  I  ou  Jeannin  Nodt  ou  Nouot,  huchier  et  tailleur  d'images, 
a  travaillé  pour  les  églises  Saint-Etienne,  Sainte-Madeleine  et 
Saint- Urbain. 

30.  Gilles  NooT  (. .1418-1435). 

Gilles,  Gillet  ouGillot  Noot,  maître  huchier  et  tailleur  d'images, 
a  travaillé  pour  la  cathédrale  et  pour  les  églises  Sainte-Madeleine 
et  Notre-Dame-aux-Nonnains.  Il  a  fait,  à  la  cathédrale,  en  1428- 
1429,  la  chayère  à  prescher^  et  à  l'église  Sainte-Madeleine,  en 
1431-1432,  la  chayre  où  Von  pr esche. 

3i.  Gautier  (. .1419-1435). 
Maître  Gautier  (Gaultier,  Gaulthier,  Galtier),  tailleur  d'images, 
était  de  Paris;  il  était  marié. 

32.  Jean  I  (..1420-1428). 

Jean  I  ou  Jeannin,  tailleur  d'images,  a  fait,  pour  la  cathédrale, 
en  1420,  un  ange  de  bois  qui  fut  placé  au-dessus  des  orgues.  Il 
répara  des  statues  pour  la  cathédrale  et  pour  les  églises  Sainte- 
Madeleine  et  Saint-Urbain. 


LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV®  ET  AU  XV®  SIECLE.  7 1 

33.  Etienne  Simart  (.,1421-1424). 
Etienne  Simart,  huchier  et  tailleur  d'images. 

34,  Henriet  de  Cologne  (..1423). 

Henriet  ou  Henriot  de  Cologne  (de  Couloigne) ,  tailleur  d'images. 

35.  Jeannin  (..1423). 
Jeannin,  tailleur  d'images,  demeurait  dans  le  quartier  de  Com- 
porté. 

36.  Gui/Zemm  Taillebois  (..1423-Î-1426). 

Guillemin  Taillebois,  tailleur  d'images,  a  épousé  Jeanneton; 
il  est  mort  en  1426. 

37.  Jean  /// Oudot  (,.1423-1460). 

Jean  III  ou  Jeannin  Oudot  le  jeune,  huchier  et  tailleur  d'images, 
était  fils  de  Jean  II.  Il  a  travaillé  pour  la  cathédrale  et  pour  l'église 
Saint-Étienne. 

38,  Jac^weif  /  Cordonnier  (.,1425-1429). 

Jacquet  I  Cordonnier  ou  Cordouannier,  maître  peintre  et  tail- 
leur d'images,  était  appelé  ordinairement  «  Jaquet  le  peintre.  » 

Il  a  travaillé  pour  la  cathédrale  et  l'église  Saint-Etienne. 

3g.  G1LLEQUIN  (..  1426-143 1). 
Gillequin,  tailleur  d'images,  Flamand. 

40.   Girardin  de  Bruxelles  (..1435-1441). 
Girardin  de  Bruxelles,  huchier  et  tailleur  d'images,  a  fait  pour 
la  cathédrale  des  statues  de  bois  et  des  ouvrages  de  hucherye. 

41.  Henri  (..1436-  -]-  de  1438  à  1444). 
Henri  le  Flament  (le  Flamand),  tailleur  d'images,  avait  épousé 
Alix.  Il  a  travaillé  à  la  cathédrale. 

42.  Huguenin  BfLiLhY  (..1439-1442). 
Huguenin  Bailly,  huchier  et  tailleur  d'images,  était,  en  1439- 
1440,  varlet  de  Jeannin  Oudot  et  travaillait  alors  avec  celui-ci 
à  la  cathédrale,  à  «  la  hucherye  du  tabernacle  à  mettre  les  châsses.  » 

43.  Thomassin  (..1440- 1446). 

Thomassin  le  Flament  (le  Flamand),  tailleur  d'images  et  huchier, 
a  travaillé  à  la  cathédrale. 

44.  Jacques  I  (..1441-1444). 
Jacques  I  le  tailleur  d'images. 


72  LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV"  ET  AU  XV^  SIECLE. 

45.  Henneguin  HE  TovnîiAY  (..1444- 1445). 

Hennequin  de  Tournay,  tailleur  d'images,  a  fait  en  partie,  en 
1 444- 1 44  5 ,  à  la  cathédrale,  le  tabernacle  où  l'on  mettait  les  châsses. 

46.  Haquinet  de  Tournay  (..1444- 1447). 

Haquinet  de  Tournay,  tailleur  d'images,  a  achevé,  en  1444- 
1445,  à  la  cathédrale,  le  tabernacle  où  l'on  mettait  les  châsses  qui 
avait  été  commencé  par  Hennequin. 

47.  Robert  de  Tournay  (..1444- 1447). 

Robert  de  Tournay,  tailleur  damages  et  huchier,  a  été  varlet^ 
d'abord  de  Hennequin  de  Tournay,  ensuite  de  Haquinet  de  Tour- 
nay. Il  a  travaillé  avec  eux  à  la  cathédrale. 

48.  JeanHE  Metz  (..1445). 

'  Jean  de  Metz,  tailleur  d'images. 

49.  Jacquet  Le  Vachier  (. .1452-1484). 

Jacquet  Le  Vachier,  Le  Vacher  ou  Vacher,  maçon,  tailleur  de 
pierre  et  tailleur  d'images,  a  travaillé  à  la  cathédrale. 

5o.  Jacquet  //Cordonnier  (..1452-1496). 

Jacquet  II  Cordonnier  ou  Cordouannier,  maître  peintre  et  tail- 
leur d'images,  a  été  marié.  Il  a  eu  un  fils,  Nicolas. 

11  signait  Jaquet  Cordonier.  Il  est  désigné  dans  les  comptes 
par  les  noms  de  «  Jaquet  le  pointre  »  et  de  «  Jaquet  le  tailleur.  » 

11  a  travaillé  pour  la  ville  de  Troyes,  pour  la  cathédrale  et 
les  églises  Sçiint-Étienne  et  Sainte-Madeleine. 

Cathédrale.  1462-1463.  «  ...  Pour  avoir  faict  iiij  ymages  petis 
de  Gayn  et  Abel  en  l'une  des  pierres  du  portail,  xxx  s.  » 

1470-1471.  «  ...  Pour  tailler  en  bois  deux  anges  et  ung  sainct 
Pierre  pour  faire  patron  et  la  faire  d'argent  pour  ledict  tableau 
(des  reliques),  xv  s.  » 

1 480-1 481.  «...  Pour  avoir  faicl  ung  crucefiz  de  bois  pour 
mooler  et  faire  ung  aultre  de  cuivre  pour  faire  le  crucefiz  de 
ladicte  crois  d'argent,  xx  s.  » 

Église  Sainte-Madeleine.  1495-1496.  «  ...  Pour  avoir  faict  ung 
ymaige  de  sainct  Moise,  estoffé  et  painct  pour  le  baston  »  d'une 
des  confréries  de  l'église. 

5i.  Hennequin  de  Louvain  (..1460-  -]-  avant  1472). 

Hennequin  de  Louvain,  tailleur  d'images,  a  été  marié. 


LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV«  ET  AU  XV®  SIÈCLE.  7  3 

52.  ^nfome  Colas  (..  1 462-1 493). 

Antoine  Colas,  appelé  souvent  maître  Antoine,  était  maître 
maçon  et  tailleur  d'images.  Il  a  été  marié  et  a  eu  au  moins  deux 
enfants  :  un  fils,  Oudart,  qui  a  été  tailleur  d'images,  et  une  fille. 

Il  a  dirigé  les  travaux  de  la  construction  de  la  cathédrale  de 
1462  à  1480;  il  fit,  en  1479- 1480,  «  les  pourtrais  et  moles  à  faire 
Totiau  et  le  premier  huys  de  ladicte  librairie  nouvelle,  les  armes 
de  monseigneur  l'évesque  oudit  huys  et  en  ladicte  formette  les 
moolez  pour  faire  un  arc  boutant  emprès  le  petit  huys  de  nostre 
dit  seigneur  Tévesque.  »  Il  a  travaillé  à  l'église  Saint-Urbain. 

11  a  taillé  et  gravé,  en  146 9- 1470,  d'après  \c  pourtraict  de  Jac- 
quet le  peintre,  la  tombe  de  Henrion  Dorey,  qui  fut  placée  dans 
la  cathédrale.  Il  fit  aussi,  en  1482,  la  représentation  de  Guillaume 
Lesguisé,  chanoine  de  l'église  Saint-Pierre  et  curé  de  Sainte-Syre. 

53.  Jean  Le  Boucher  (..1463- 1464). 

Jean  Le  Boucher,  tailleur  d'images,  était  de  Malines. 

Petit  Jean,  son  cousin,  et  lui  ont  fait,  en  1463- 1464,  des  sta- 
tues pour  la  cathédrale  de  Troyes  : 

a  ...  Pour  avoir  faict  une  ymage  de  saint  Xpistofle  pour  mettre 
oudict  portail,  par  marchié  faict  à  luy  à  la  somme  de  x  livres. 

«...  Pour  avoir  faict  une  autre  ymage  de  saint  Nicolas,  par 
marchié  faict  à  luy  à  la  somme  de  x  1.  t.  » 

54.  Petit  Jean  (..1463- 1464). 
Petit  Jean,  de  Malines,  tailleur  d'images,  cousin  du  précédent, 
a  fait  avec  celui-ci  des  statues  pour  la  cathédrale. 

55.  Jean  Le  Vachier  (..i 468-1471). 
Jean  Le  Vachier,  Le  Vacher  ou  Le  Y  achats  ymageur,  a  tra- 
vaillé à  la  cathédrale;  il  a  sculpté  une  statue  de  saint  Louis. 

56.  Jacquet  de  La  Bouticle  (..1468-1500). 
Jacquet  de  La  Bouticle,  maçon  et  tailleur  d'images,  a  travaillé 
à  la  cathédrale,  aux  églises  Saint-Etienne  et  Saint-Urbain. 

57.   Hanse  (..1472). 
Hanse  (Hans)  Lalement  (l'Allemand),  tailleur  d'images. 

5  8 .  Jean  I  Caupain  (. .  i  480-  i  5  34) . 
Jean  I  Caupain  ' ,  maître  peintre  et  tailleur  d'images,  a  été  marié; 

I.  Le  nom  est  écrit  de  différentes  façons  :  Caupain,  Caupin,  Coppains, 


74  LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV«  ET  AU  XV»  SIÈCLE. 

il  a  eu  un  fils,  Pierre,  qui  a  été  aussi  peintre  et  tailleur  damages. 

Jean  Caupain  a  travaillé  comme  peintre,  doreur  et  tailleur 
d'images  pour  la  ville,  pour  la  cathédrale  et  les  églises  Saint- 
Étienne,  Saint-Jean,  Sainte-Madeleine  et  Saint-Pantaléon, 

Le  3o  juillet  i5oo,  il  commença  à  «  ramoler  le  grant  Hector 
pour  estre  à  l'entrée  de  la  porte  du  beuffroy.  »  Il  fit,  en  i5i2- 
i5i3,  des  statues  de  bois  pour  Téglise  Sainte-Madeleine. 

Il  travailla  en  i534  aux  préparatifs  faits  pour  l'entrée  de  la 
reine  Éléonore  à  Troyes  ;  il  était  payé  i  o  sous  tournois  par  jour. 

Jean  Caupain  habitait,  en  i5io,  une  «  maison  à  petit  frestre 
estant  des  appartenances  de  l'hostel  de  la  ville,  séant  en  la  grand 
Rue,  près  la  Belle  Croix,  «  qu'il  tenoit  à  loyer  de  la  ville  pour  neuf 
années,  moyennant  i  lo  sous  tournois  par  an. 

59.  Co/o^  GoDiER  (..1 482-1530). 

Colot  Godier,  maître  huchier,  menuisier  et  tailleur  d'images, 
était,  en  1483,  au  nombre  des  gens  «  faisant  guet  et  garde  de  la 
ville  ;  »  député  des  menuisiers  et  des  serruriers  en  1 5  1 3  et  preu- 
dhomme  de  son  quartier  en  iSip. 

Il  a  travaillé  pour  la  ville,  pour  la  cathédrale  et  l'église  Saint- 
Etienne. 

Il  a  fait  à  la  cathédrale,  entre  autres  ouvrages,  le  buffet  d'orgues 
en  1484-1485,  la  chaire  à  prêcher  en  1 527-1528,  un  grand  coffre 
sculpté  («  ...  de  taille  en  forme  de  drapperie  et  au  dessoubs  de  la 
sarrure  y  a  un  escusson  entaillé  où  sont  les  armes  de  l'église  »). 

60.  Antoine  (. .1483-1488). 

Antoine,  tailleur  d'images. 

61.  A7'îco/a5 // Cordonnier  (. .1486-1540). 

Nicolas  II  ou  Colas  Cordonnier,  Cordouannier  ou  Cordoan- 
nier  est  désigné  le  plus  souvent  dans  les  comptes  de  la  ville  et  des 
églises  de  Troyes  sous  les  noms  de  Nicolas  le  painctre,  de  Nico- 
las le  tailleur,  de  Nicolas  le  tailleur  painctre  et  de  Nicolas  le 
Flamant.  Il  signait  Nicolas  Cordoannier  ou  Nicolas  le  painctre. 
Son  nom  était  toujours  surmonté  de  sa  marque  qui  consistait  en 
trois  anneaux  entrelacés,  deux  et  un,  avec  les  lettres  N  C  Qt  P, 
placées  chacune  dans  un  anneau,  et  ceux-ci  étant  accotés  dans  le 
même  ordre  que  les  lettres  N  C  P  (Nicolas  Cordoannier,  painctre). 

Coppain,  Copain,  Copen,  Gopin,  Gompain.  On  lit  Caupain  sur  le  bail  de  sa 
maison. 


LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV°  ET  AU  XV®  SIÈCLE.  7  5 

Nicolas  Cordonnier  était  peintre,  tailleur  d'images  et  peut-être 
aussi  verrier. 

Il  était  fils  de  Jacquet  Cordonnier,  peintre  et  tailleur  d'images, 
et  avait  pour  frère  Victor,  peintre  verrier. 

Il  était  Flamand. 

Il  a  été  marié  et  a  eu  plusieurs  enfants. 

Il  a  travaillé  pour  la  ville,  pour  la  cathédrale  et  les  églises  Saint- 
Etienne,  Saint-Jean,  Sainte-Madeleine,  Saint-Nicolas  et  Saint- 
Pantaléon, 

Il  a  travaillé,  en  i486,  avec  son  père  Jacquet,  aux  préparatifs  de 
l'entrée  de  Charles  VIII. 

Nous  ne  signalerons  que  quelques-uns  des  ouvrages  de  sculp- 
ture de  Nicolas  Cordonnier,  en  passant  sous  silence  ses  travaux 
de  peinture,  ses  dessins,  plans  et  projets  beaucoup  plus  importants. 

En  1497,  Cordonnier  a  «  faict  et  gravé  des  mosles  et  patrons  en 
pierre  de  Tonnerre  pour  faire  les  cornettes  et  roses  de  plomb  qui 
revestent  les  douze  liens  »  qui  étaient  aux  gros  barreaux  de  fer 
des  trois  poteaux  de  la  Belle-Croix,  et  a  «  refaict  des  mosles  nou- 
veaux pour  les  coronnes  d'iceulx  poteaux...  » 

Il  a  fait,  en  1498,  pour  une  entrée  de  Louis  XII  (entrée  qui 
n'eut  pas  lieu),  des  ouvrages  de  peinture  et  de  sculpture  avec  Jean 
Compain  et  Pierre  Compain  ;  ces  ouvrages  furent  payés  22  livres. 

Il  fut  employé  par  les  échevins  pour  l'entrée  de  1 5oo,  avec  «  son 
gran  quarson  et  son  variet;  »  il  était  payé  6  sous  8  deniers  par 
jour.  Il  est  fait  mention  de  lui  dans  les  comptes  à  raison  des  sta- 
tues et  des  ornements  qu'il  a  modelés  {a  moles)  ou  sculptés  (tail- 
lés), entre  autres  une  grande  statue  d'Hector  qui  fut  élevée  à  la 
porte  de  Belfroy  et  des  statues  d'enfants  placées  à  une  fontaine. 

Nous  transcrivons  ci-après  quelques  articles  des  comptes  : 

i5oi-i5o3.  Cathédrale.  «  ...  Pour  avoir  faict  trois  ymaiges  de 
sainct  Pierre...  » 

i5o4-i5o5  et  1 507-1 5o8.  Ville.  Travaux  de  sculpture  aux  for- 
tifications et  à  la  tour  de  Belfroy. 

i5io-i5ii.  Saint- Pantaléon.  a  ...  Pour  avoir  fait  les  patrons 
de  l'ymage  sainct  Pantaléon...  » 

1 519- 1 5 20  et  1 5 20-1 521.  Cathédrale.  Il  a  fait  les  «  vij  ymaiges 
pour  les  vij  autelz  députez  pour  les  visitacions.  » 

i525-i526.  Saint-Nicolas.  «  ...  Une  ymage  du  crucifix,  une 
ymage  de  résurrection,  une  armoyrie  du  pape...  » 

Nicolas  Cordonnier  a  modelé  et  peint,  en  1 53o,  de  grands  écus- 


76  LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV  ET  AU  XV  SIECLE. 

sons  armqye\^  «  bordez  à  l'entour  de  chappeletz  de  triomphe.  » 
Il  a  été  preudhomme  de  son  quartier  et  député  des  libraires,  des 
brodeurs  et  des  peintres.  Il  habitait  à  Troyes,  dans  k  la  grant 
Rue,  proche  Sainct  Urbain.  » 

62.  Jean  Odon  (..1490- 1498). 
Jean  Odon,  tailleur  d'images  et  maçon,  a  travaillé  à  l'église 
Saint-Loup. 

63.  jQdard  Colas  (. .1491-1495). 
Odard  ou  Oudard  Colas,  tailleur  d'images,  était  fils  d'Antoine 
Colas,  maître  de  l'œuvre  de  la  cathédrale. 

Il  sculpta,  en  1492- 1493,  pour  le  prix  de  ro  livres,  une  statue 
colossale  de  saint  Michel,  faite  de  pierre  de  Tonnerre,  qui  fut  pla- 
cée sur  le  pignon  d'un  mur  de  la  cathédrale. 

64.  Jean  G AihUE  {..î:^g3- j-ibi g). 

Suivant  une  tradition  rapportée  par  Courtalon  et  Grosley,  Jean 
Gailde  serait  un  Italien  du  nom  de  Giovanni  Gualdo.  Nous 
n'avons  trouvé  rien  qui  justifie  cette  assertion.  Ce  maître  est  dési- 
gné dans  les  comptes  de  la  ville  et  des  églises  sous  les  noms  sui- 
vants :  Gailde,  Gaiilde,  Gaylde,  Guailde,  Guayde,  Guaide,  Gaûecte, 
Gayde,  Gahilde  etGahide.  Il  signait  Jean  Gahilde*.  Il  était  appelé 
le  plus  souvent  «  Grant  Jehan  Gailde  ou  Guayde,  »  ou  simplement 
a  maistre  Grant  Jehan.  »  Il  est  inscrit  sous  ce  dernier  nom  dans 
les  comptes  de  Péglise  Saint-Jean  de  i5io  à  i5i2. 

Il  était  maître  maçon  et  tailleur  d'images. 

Il  était  neveu  de  Jean.de  Damas,  plus  connu  sous  le  nom  de 
Jean  de  Soissons. 

Il  a  été  marié.  Sa  femme  a  quêté,  le  24  avril  i5i3,  à  l'église 
Sainte-Madeleine,  «  pour  l'euvre  du  jubé  »  de  cette  église. 

Gailde  a  eu  plusieurs  enfants. 

Il  a  été  député  des  maçons  en  1 5 1 3. 

Il  a  eu,  parmi  ses  varlets,  Colinet  Mauvoisin,  Claude,  Jean 
Grisliot,  Philippe  de  Vandœuvre  et  Noël  de  Lyon. 

Il  est  célèbre  par  les  travaux  qu'il  a  dirigés  et  exécutés  à  l'église 
Sainte-Madeleine,  dont  il  était  le  maître  maçon,  depuis  l'an- 
née 1495  jusqu'à  sa  mort,  et  principalement  par  le  plan  et  la  cons- 
truction du  jubé  de  cette  église. 

Les  articles  des  comptes  relatifs  à  ces  travaux  sont  tellement 


I.  Comptes  de  l'église  Sainte-Madeleine,  1495-1496. 


LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV*  ET  AU  XV^  SIECLE.  77 

nombreux  et  souvent  si  longs  qu'il  n'est  pas  possible  de  les  repro- 
duire même  en  partie.  Nous  les  résumerons. 

Jean  Gailde  s'est  mis  à  l'œuvre  en  1495.  De  1496  à  i5o8, 
il  reconstruisit  le  chœur,  l'abside  et  une  partie  du  deambula- 
torium. 

Il  commença  le  jubé  en  i5o8;  il  en  avait  terminé  Tambon  en 
1 5 14  et  passait,  en  octobre  i5i4,  neuf  jours  à  faire  «  les  pour- 
traicts  de  la  viz  du  jubé.  »  Les  escaliers,  les  statues  et  les  orne- 
ments furent  achevés  à  la  fin  de  Tannée  1517.  Le  jubé  fut  inau- 
guré le  jour  de  Noël  1517. 

Gailde  a  fait  lui-même  la  plus  grande  partie  des  sculptures, 
statues  et  ornements.  Nous  le  voyons,  à  la  veille  de  l'inauguration , 
refaire  «  un  espy  dudict  jubé,  lequel  avoit  esté  rompu  par  ceulx 
qui  ont  tendu  la  tapisserye,  »  et  prendre  le  soin  d'épousseter  le 
jubé.  Il  était  payé  6  sous  3  deniers  tournois  par  jour,  Thiver 
excepté  ;  il  ne  recevait  que  5  sous  5  deniers  pendant  «  les  petitz 
jours  esquieulx  d'iceulx  on  a  de  couslume  de  ramendryr  le  pris 
d'un  chacun  jour  desdicts  ouvriers  à  cause  de  leur  fournir  durant 
iceulx  petitz  jours  les  chandoilles  pour  ouvrer  et  le  charbon  pour 
leur  chauffer.  » 

Pour  certains  travaux  qui  exigeaient  de  nombreux  bras,  Gailde 
eut  Paide  de  prêtres  et  d'autres  personnes,  comme  le  constate  l'ar- 
ticle suivant  des  comptes  de  Téglise  :  «  En  la  sepmaine  du  dimanche 
xj  décembre  (i5i2),...  pour  avoir  baillé  à  gouster  à  maistre  Jehan 
Gailde,  tous  les  massons  et  manouvriers,  ensemble  certains  prestres 
et  autres  gens  qui  vindrent  tant  à  ceste  fois  que  autres  pour  ayder 
à  monter  les  grosses  pierres  du  jubé,  eurent  deux  douzaines  flan- 
netz,  trois  pains  blans  et  vin,  pour  ce  xv  s.  vj  d.  » 

En  1 5 1 7- 1 5 1 8,  Jean  Gailde  a  sculpté  les  statues  de  saint  Pierre 
et  de  saint  Michel  et  les  a  mises  «  sur  deux  pilliers  de  la  porte 
(de  Téglise)  de  vers  le  cymetière;  »  il  a  fait  d'autres  ouvrages  à 
Sainte-Madeleine  de  1 5 1 5  à  1 5 1 9. 

Il  avait  été  employé  par  la  ville  avant  d'entreprendre  les  travaux 
de  Sainte-Madeleine. 

En  1493-1494,  il  «  vacqua...  à  la  massonnerye  de  la  Belle- 
Croix  tant  à  la  tallier  comme  à  l'asseoir,  a  II  travailla  de  1499  à 
i5i7  aux  fortifications  de  la  ville  et  à  la  tour  de  Belfroy;  il  était 
payé  7  sous  6  deniers  par  jour.  Il  sculpta,  en  i5o4,  à  cette  tour, 
a  iiij  fleurs  de  lis,  ij  grans  anges  tenant  l'escu  de  France  coronné, 
ij  tabernacles  contre  les  pilliers  boutans.  » 


75  LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XI V^  ET  AU  XV«  SIECLE. 

Gailde  a  fait,  en  1 5o6  et  en  i  Soj,  des  statues  pour  Téglise  Saint- 
Jean. 

Il  mourut  en  iSig. 
-   Il  fut  enterré  sous  le  jubé  de  Sainte-Madeleine,  auquel  son  nom 
est  resté  attaché  et  qui  est  un  des  plus  précieux  monuments  de  ce 
genre. 

65.  Le  Flamand  (..1494). 

Le  Flamand,  tailleur  d^images,  a  travaillé  pour  la  ville  en  1494  : 
«...  Pour  ces  peines  et  salaires  d'avoir  tallié  en  bois  et  fait  les 
patrons  d^une  Magdelenne  et  de  neuf  petis  prophéties  qui  sont 
assis  en  laditte  crois  (la  Belle  Croix),  —  c'est  assavoir  la  Magda- 
lenne  qui  embrasse  icelle  crois  dessoubz  les  pietz  du  cruxifiz  et 
les  prophéties  autour  des  trois  gros  pilliers,  lesquelz  personnages 
ledit  fondeur  («  Henry  le  sarrurier  »)  n'antandoit  à  faire  pour  ce 
qu'il  disoit  de  la  cherté  des  patrons,  combien  que  ilz  en  parent  et 
ambellissent  fort  l'euvre,  pour  ce  cy  Iv  s.  t.  » 

66.  Co/me?  Copain  (..1494-1 5oo). 

Colinet  Copain,  peintre  et  tailleur  d'images. 

6y.  Drouin  III  (..1494-1508). 

Drouin  III,  tailleur  d'images,  a  sculpté  des  statues  pour  les 
églises  de  Troyes,  entre  autres  une  statue  de  Notre  Dame  pour  la 
cathédrale. 

68.  Jacques  Bachot  (..1495-1548). 

Jacques  Bachot,  maître  maçon  et  tailleur  d'images,  a  été  député 
des  libraires,  des  brodeurs,  des  peintres  et  des  tailleurs  d'images 
en  i5i3. 

Il  fit,  en  mai  1493,  «  les  mosles  et  les  patrons  des  fleurs  delix, 
coronnes,  estoilles  et  guimberges  (?).,.  pour  revestir  et  embellir  la 
couverture  de  plomb  des  posteaux  de  la  Belle  Croix.  » 

Jacques  Bachot  exécuta  en  i5oo  le  tombeau  de  Henri  de  Lor- 
raine, évéque  de  Metz,  pour  l'église  Saint-Laurent,  à  Joinville, 
dans  laquelle  les  princes  de  la  maison  de  Lorraine  avaient  leur 
sépulture  : 

«  A  Jacques  Bachot,  tailleur  d'ymaiges,  demourant  à  Troyes, 
la  somme  de  huit  vingt  livres  tournois,  c'est  assavoir  sept  vingt 
dix  livres  tournois  pour  sa  peine  et  salaire  avoir  faict  de  son  mes- 
tier  les  ouvrages  cy  après  déclarez  : 

a  Premiers...  pour  avoir  taillé  et  assise  la  pierre  de  marbre  fai- 


LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV«  ET  AU  XV»  SIECLE.  79 

sant  le  soubzbassement  de  la  sépulture  de  mondit  seigneur  que 
puis  naguères  il  a  faict  mettre  et  asseoir  en  sa  chapelle  de  nouvel 
édiffiée  en  Péglise  collégiale  Saint-Laurent  de  Joinville. 

a  Item,  pour  avoir  taillé  et  assis  la  tombe  de  marbre  ensemble 
les  soubzbassemens  que  mondit  seigneur  a  fait  mettre  et  asseoir 
au  cueur  de  ladite  église  sous  les  sépultures  de  feuz  de  glorieuse 
recordation  monseigneur  le  comte  Ferry  et  madame  Yolant  d'An- 
jou, jadis  son  espouse... 

«  Item,  pour  avoir  taillé  et  assis  les  deux  tables  en  pierres  de 
marbre,  ensemble  les  soubzbassemens  de  deux  petitz  autels  que 
mondit  seigneur  a  fait  mectre  et  asseoir  soubz  le  jubé  de  ladite 
église  Sainct- Laurent  avec  une  autre  table  en  pierre  de  marbre, 
pour  servir  au  grant  autel  du  cueur  d'icelle  église. 

tt  Et  dix  livres  tournois  que  mondit  seigneur  a  données  et 
octroyées  audit  Jaques  pour  le  drap  d'une  robe^..  » 

Jacques  Bachot  fit,  en  i5o4-i5o5,  pour  la  cathédrale,  une  sta- 
tue de  saint  Pierre,  et,  en  iSoô-iSoy,  pour  Téglise  Saint-Jean,  à 
Troyes,  «  la  Nostre-Dame  (de  Pitié)  neufve,  les  deux  anges  et  tôt 
l'ouvrage  qui  est  autour  de  ladite  ymage.  » 

i5io-i5ii.  Église  Saint-Pantaléon.  «  ...  Pour  la  fasson  de  la 
Notre-Dame  de  la  grande  volte... 

«...  Pour  avoir  faict  le  patron  du  reliquaire  xxx  s.  » 

1 524-1 525.  Église  Saint-Nicolas.  «  Payé  à  Jaques  Bachot,  tail- 
leur, pour  l'ymage  de  Nostre  Dame  estant  à  présent  sur  le  grant 
autel,  xiiij  1.  t.  » 

L'auteur  du  tombeau  de  Pévéque  de  Metz  a  été  appelé  en  Lor- 
raine pour  exécuter  d'autres  travaux.  Dom  Calmet  lui  a  consacré 
une  courte  notice  dans  son  histoire  de  la  Lorraine.  «  Jacques 
Bachot,  dit-il,  sculpteur  fameux  de  son  temps,  a  travaillé  le 
sépulcre  qui  se  voit  à  Saint-Nicolas  en  Lorraine,  avec  les  figures 
qui  y  sont.  Chateaurou,  bourgeois  de  Troyes  en  Champagne,  dans 
son  voyage  manuscrit,  qu'il  fit  à  Saint-Nicolas  en  i532,  dit  que 
ce  Jacques  Bachot,  tailleur  d'images,  étoit  un  des  plus  singuliers 
ouvriers  du  royaume  de  France  ^.  »  Nous  avons  visité  la  grande  et 


1.  Archives  de  la  Haute-Marne.  Compte  rendu  à  l'évêque  de  Metz  par 
Arnoul  Vivien,  chanoine  de  Troyes,  son  secrétaire,  du  i"  octobre  1495  au 
2  décembre  i5o4. 

2.  Dom  Calmet,  Histoire  de  Lorraine,  t.  IV,  Bibliothèque  de  Lorraine, 
col.  69. 


8o  LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV'  ET  AU  XV«  SIÈCLE. 

belle  église  de  Saint-Nicolas-du-Port,  qui  fut  fondée  en  1495  par 
un  religieux  bénédictin,  Simon  Moyset,  et  achevée  en  1544;  le 
sépulcre,  fait  par  Bachot,  existe  encore;  il  est  dans  une  crypte 
creusée  sous  le  chœur.  Bachot  a  représenté  la  déposition  du  Christ 
au  tombeau  en  présence  des  saintes  femmes.  Huit  personnages, 
sculptés  en  pierre  avec  assez  d'habileté,  sont  réunis  dans  cette  scène. 
Jacques  Bachot  a  fait  d'autres  statues  pour  cette  église. 

69.  Jean  Godier  (..1496-15 12). 

JeanXjodier,  huchieret  tailleur  d'images,  a  travaillé  à  la  cathé- 
drale. 

70.  Jacquinot  Passot  {. .1498-1506). 

Jacquinot  Passot,  tailleur  d'images,  a  travaillé  pour  la  ville  de 
Troyes. 

71.  Pzerre  Caupain  (..1498- 1524). 

Pierre  Caupain,  peintre  et  tailleur  d'images,  était  fils  de  Jean, 
également  peintre  et  tailleur  d'images.  Il  a  été  marié. 

Son  nom  est  écrit  de  plusieurs  façons  :  Caupain,  Copain,  Cop- 
pain,  Compain. 

Pierre  Caupain  a  travaillé  pour  la  ville  et  pour  les  églises  Saint- 
Jean  et  Sainte-Madeleine.  Il  a  fait  surtout  des  ouvrages  de  pein- 
ture. 

Voici  la  mention  de  l'exécution  d'un  tableau  :  i5i4-i5i5. 
Église  Sainte-Madeleine.  «...  Pour  avoir  painct  ung  Dieu  pour- 
tant sa  croix  en  ung  pan  de  toille  pour  mettre  par  le  bas  devant 
le  grant  autel. . .  » 

72.  Drouin  IV  (xv^  siècle). 

Drouin  IV  ou  Droyn,  tailleur  d'images,  a  sculpté  des  statues 
pour  la  cathédrale. 

73.  Co/a5  Didier  (..  1499-15 02). 

Colas  Didier,  tailleur  d'images,  a  travaillé  pour  la  cathédrale. 
Il  a  fait,  entre  autres  ouvrages,  «  les  armes  (de  pierre)  de  feu  mon- 
sieur maistre  Oudart  Hennequin,  jadis  doyen  de  Sainct-Urbain..., 
lesquelles  armes  sont  soustenues  par  deux  anges...  » 

74.  Jacquinot  CoRDOtfmER  (..i5oo-i5i6). 
Jacquinot  ou  Jacquot  Cordonnier  ou   Cordouannier,  appelé 
communément  «  Jaquinot  le  tallieur,  »  était  tailleur  d'images  et 
peintre. 


LES  SCULPTEURS  DE  TROYBS  AU  XIV  ET  AU  XV^  SIECLE.  Q I 

Il  a  été  marié  et  a  eu  un  fils.  Il  était  frère  d'Etienne  qui  a  été 
son  varlet  en  i5oo. 

11  a  été  chargé  par  la  ville,  en  i5oo,  de  modeler  des  statues  et 
des  ornements  pour  l'entrée  du  roi.  11  a,  entre  autres  ouvrages, 
a  ramolé  le  grant  Hector  pour  estre  à  l'antrée  de  la  porte  du  Beuf- 
froy,  »  fait  trois  enfants,  trois  colombes,  etc. 

lia  sculpté,  en  1 5o8,  les  gargouilles  de  pierre  de  la  chapelle  des 
Rois  à  l'église  Saint-Pantaléon. 

Les  orfèvres  avaient  chargé  Jean  Papillon,  orfèvre,  de  faire  une 
statue  de  saint  Éloi  pour  leur  chapelle  dans  Féglise  Sainte-Made- 
leine. Papillon  étant  occupé  à  d'autres  travaux,  Jacquinot  Cor- 
donnier le  remplaça,  et  la  statue  que  fit  celui-ci  fut  placée  sur 
Tautel,  en  i5i5. 

y 5.  Etienne  Cordonnier  (..i5oo-  -j-  de  i52  5  à  1540). 

Etienne  Cordonnier,  ymager  ou  tailleur  d'images,  frère  de  Jac- 
quinot, a  été  marié.  Il  a  eu  au  moins  une  fille,  Sirette. 
Il  a  travaillé  pour  la  ville  et  pour  l'église  Saint-Pantaléon. 

76.  Nicolas  Haslin  (..i5oo-i56i). 

Nicolas  Haslin,  tailleur  d'images  et  peintre,  est  venu  de  Flandre 
à  Troyes.  11  est  désigné  quelquefois  dans  les  comptes  de  la  ville 
et  des  églises  sous  le  nom  de  «  Nicolas  le  Flameng  »  ou  de  «  Le 
Flamant,  »  Son  nom  est  écrit  :  Halins,  Hallain,  Hallin,  Haslin, 
Haselin,  Harselin,  Arcelin,  Havelin,  et  le  plus  souvent  Haslin 
ou  Halins. 

Nicolas  Haslin  a  beaucoup  travaillé  comme  sculpteur  dans  les 
églises  de  Troyes. 

Église  Sainte-Madeleine.  Juillet  i5i3.  «  A  Nicolas  Havelin, 
tailleur  d'ymaiges,  pour  avoir  tailler  les  trois  ymaiges  en  ron- 
deaulx  pour  le  devant  du  jubé...  >  v  s.  t.  » 

i5i3-i5i4.  «  ...  Pour  avoir  taillé  le  reliquièrede  bois  en  fasson 
de  couppe  avecquez  mis  ung  piedz  de  griffez  ou  chef  oti  est  le 
reliquière  de  sainct  Loup,  pour  ce  marché  faict  à  luy    xxviij  s.  t.  » 

Cathédrale.  i52i-i522.  «  A  Nicolas  Hallinz,  tailleur  d'imaiges, 
paie  six  escuz  souleil  sur  ce  qu'il  a  faict  sur  les  histoires  de  la 
Passion.  xij  1.  t.  » 

1 522-1 523.  «  A  Nicolas  Halins,  ymager,  demorant  à  Troyes, 
près  la  Licorne,  auquel  ay  paie  la  somme  de  Ix  s.  t.  de  marchié 
faict  à  luy  par  moy  présent  Jehan  de  Soissons,  pour  avoir  une 

ART   FR.    IV  6 


82  LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV  ET  AU  XV*  SIÈCLE. 

histoire  de  sainct  Pierre  pour  asseoir  au  beau  portail  de  ceste 
église,  Ix  s.  t.  » 

1 523-1 524.  a  ...  Pour  quatre  histoires  de  la  vie  sainct  Pierre 
qu'il  a  faictz  pour  asseoir  ou  premier  portail  devers  la  rue,  paie 

xij  1.  t.  » 

12  août  1524.  «...  Pour  une  hystoire  de  la  vie  sainct  Paul 
faicte  par  luy  pour  asseoir  au  portail  neuf  de  Sainct  Paul,  pour  ce 
paie...  Ix  s.  » 

II  octobre  1524.  «...  Pour  deux  autres  histoires  de  Simon 
Magus,  dont  l'une  signiffie  que  icelluy  Magus  en  cuydant  voler 
ce  laissa  cheoir  et  se  rompit  le  col  et  l'autre  comment  les  chiens 
luy  dessirèrent  sa  robe,  pour  ce  à  luy  paie...  vj  1.  » 

18  octobre  1524.  «...  Pour  une  autre  histoire  comment  sainct 
Pierre  deslya  les  chiens  de  Simon  Magus  qui  coururent  à  luy  et 
luy  désirèrent  ses  habits,  pour  ce  à  luy  paie  Ix  s.  » 

18  décembre  1524.  «...  Baillé  la  somme  de  soixante  sols  sur  le 
commencement  des  histoires  de  la  Passion  continuant  comment 
Nostre-Seigneur  fut  bastu  à  Testache...  » 

1"  avril  i525.  «  ...  Dix  sols  tournois  qui  luy  estoient  dhuz 
pour  histoire  dessusdict  et  soixante-dix  sols  tournois  pour  histoire 
comment  Job  fust  bastu  du  diable,  à  luy  payé  iiij  1.  » 

.  i3  avril  i525.  «  ...  Pour  histoire  comment  sainct  Paul  fut 
baptisé  de  Ananias,  cy  Ixx  s.  » 

23  avril  i525.  «  ...  Pour  une  histoire  comment  sainct  Paul  fut 
descolley  par  Néron,  empereur  de  Romme...  iiij  1.  » 

6  mai  i525.  «  ...  Pour  une  histoire  comment  sainct  Paul  preis- 
cheit  les  juifs  en  prison,  à  luy  paie  Ixx  s.  » 

4  juin  1 525.  «...  Pour  une  histoire  comment  sainct  Paul  print 
lettres  de  l'évesque  de  Jhérusalem  afïin  d'avoir  puissance  pour 
persécuter  les  Xprestians  et  est  la  première  histoire  du  portail  de 
Sainct  Paul,  à  luy  paie  Ixx  s.  » 

18  juin  i525.  «  ...  Comment  sainct  Paul  fust  ensevely  par  ses 
disciples,  paie  Ixx  s.  » 

1 525-1 526,  a  A  Nicolas  Halins,  ymagier,  pour  avoir  faict 
quatre  petits  prophètes  es  quatre  pilliers  de  boys  qui  ont  esté  faicts 
neufs  par  les  menusiers  de  ceste  église  pour  mettre  sur  le  bayart 
à  porté  la  saincte  hostie  le  jour  du  sainct  Sacrement,  xl  s.  » 

«...  Pour  ses  peines  et  salaires  d'avoir  faict  de  son  mestierdeux 
anges  tenant  Fescu  de  France  avec  Tordre  d'environ  lesdictes  armes 
assis  sur  le  portail  neuf  de  ceste  église  du  costé  de  la  rue,    xvj  1.  » 


LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIVc  ET  AU  XV«  SIÈCLE.  83 

3  février  i526.  «  ...  Pour  une  histoire  contenant  la  résurrection 
nostre  Seigneur  pour  mettre  audict  grant  portail,  Ixx  s.  » 

i526.  «  ...  Pour  trois  histoires  pour  mettre  audict  portail,  — 
Tune  contenant  comment  Jonas  sortit  du  ventre  de  la  balaine  qui 
est  figure  de  la  résurrection  Nostre  Seigneur,  —  une  autre  com- 
ment sainct  Paul  fut  dévallé  en  une  corbaille  par  dessus  les  murs 
de  Damassène,  et  l'autre  comment  sainct  Paul  résucita  Patrocle, 
boutailler  de  Néron,  qui  estoit  cheu  d'une  fenestre  et  se  tua,  paie 

X  1.  X  s.  » 

a  Pour  une  histoire  contenant  comment  sainct  Paul  convertit 
sainct  Denis,  qui  estoit  payen,  à  la  foy  xprestienne^  payé  la  veille 
de  Pasques  Ixx  s.  » 

28  avril  i526.  «  ...  Pour  une  autre  histoire  contenant  comment 
sainct  Paul  presche  le  nom  de  Jhésus,  payé  Ixx  s.  » 

26  mai  1526.  «  ...  Pour  deux  histoires  pour  le  portail  Sainct 
Paul,  l'une  d'icelles  contenant  comment  sainct  Paul  fust  battu  de 
verges  par  les  Juifs,  et  l'autre  comment  sainct  Paul  chassa  le  diable 
du  corps  d'une  femme  nommée  la  Philippucienne...  à  luy  paie 

vij  1.  » 

Eglise  Saint-Nicolas.  1 525-1 526.  «  Payé  à  Nicolas  le  Flameng, 
ymager,  pour  ouvrages  par  luy  faict  xxx  s.  » 

Cathédrale.  1526-1527.  «  A  Nicolas  Halins  pour  avoir  gravé 
le  tableau  (de  cuivre)  de  la  fondation  dudict  messire  Henry  de  la 
Noe  et  pour  l'avoir  assis  et  mis  à  point^  de  marchié  faict    xl  s.  » 

a  A  Nicolas  Halins,  ymagier,  demorant  à  Troyes,  pour  un 
patron  de  bois  de  saincte  Marguerite  pour  le  faire  d'argent  pour 
mettre  dedans  le  tabernacle  et  ung  petit  Dieu  aussy  de  bois  pour 
le  faire  d'argent  pour  mettre  au  dessus  dudict  tabernacle  avec  ung 
petit  lyon  aussy  pour  en  faire  de  cuivre  pour  porter  le  pied  dudict 
reliquier,  à  luy  paie  xxx  s.  » 

«  ...  Pour  deux  hystoires  pour  le  grant  portail  ou  milieu,  assa- 
voir Tune  comment  Nostre  Seigneur  fu  baffetti  yeulx  bandez  et 
l'autre  comment  il  fut  coronné  du  chappeau  d'espine,  pour  ce  à 
luy  paie  vij  1.  » 

«...  Pour  une  hystoire  contenant  comment  Pillatte  monstre 
Nostre  Seigneur  aux  Juifs  en  disant  :  Ecce  Homo,  payé  la  somme 
de  Ixx  s.  » 

25  janvier  1527.  «  ...  Pour  une  hystoire  comment  Pillatte  jugea 
Nostre  Seigneur  et  qui  lava  ses  mains,  à  luy  paie  Ixx  s.  » 


84  LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV^  ET  AU  XVe  SièCLE. 

10  février  1527.  «  ...  Pour  une  hystoire  comment  Dieu  porte 
sa  croix  ou  mont  de  Calvaire,  pour  ce  payé  Ixx  s.  » 

2  avril  1527.  «  ...  Pour  une  hystoire  comment  Nostre  Seigneur 
fust  descendu  de  la  croix  par  Joseph  et  Nichodemus,  à  luy  paie 

Ixx  s.  » 

6  avril  1527.  «  ...  Pour  trois  histoires,  —  c'est  assavoir  le  pre- 
mier comment  Nostre  Seigneur  descendit  es  enfers,  le  deuxiesme 
comment  il  fust  mis  ou  sépulcre,  et  le  troisiesme  comment  Nostre 
Dame  de  Pitié  tient  Nostre  Seigneur  sur  ses  genoulx  après  ce  qu'il 
fust  descendu  de  la  croix,  à  luy  paie  x  1,  x  s.  » 

1*''  juin  1527.  a  ...  Pour  deux  hystoires,  —  une  comment  on 
liève  Nostre  Seigneur  avec  la  croix,  et  l'autre  comment  il  est  pendu 
en  la  croix,  pour  ce  à  luy  payé  viij  1.  » 

1527.  a  ...  Paie  pour  récompensée  des  hystoires  qu'il  a  faictes 
pour  les  portaux  et  tours  de  ceste  église  Ix  s.  » 

1 527-1 528.  «  A  Nicolas  Halins,  ymagier...,  pour  la  façon  des 
armoiries  du  Daulphin,  xvj  1.  » 

14  janvier  i53i.  «  A  Nicolas  Halins,  ymagier,  le  xiiij®  jour  de 
janvier  v^  xxxj...  Sur  la  somme  de  xxxvj  liv.  tournois  à  quoy  il  a 
marchandé  à  messeigneurs  de  faire  trois  ymaiges,  assavoir  Nostre 
Dame  de  Pitié,  sainct  Jehan  et  la  Magdelène,  aux  deux  boutz 
selon  le  volume  et  l'ordre  que  le  maistre  maçon  de  ceste  église  luy 
a  donné... 

«...  Pour  avoir  remis  à  point  le  petit  oreloge...  en  sorte  et 
manière  quj  torne. ..  Ix  s.  » 

a  Nicolas  Haslin  dict  le  Flament  »  a  été  employé,  comme 
tailleur  d'images,  en  janvier  i534,  aux  préparatifs  de  l'entrée  de 
la  reine  Éléonore.  11  était  payé  1 5  sous  par  jour,  et,  entre  autres 
ouvrages,  il  «  taille  la  salemande...  ung  bra  armey  estant  en  une 
nuée  pour  soubzienir  le  pavillon  de  l'eschaffault  du  don  de  la 
Royne...  » 

Nous  l'avons  retrouvé  travaillant,  en  1 535- 1 536,  à  la  cathédrale 
de  Troyes  et,  en  i538,  à  l'église  Saint-Etienne. 

Cathédrale.  «  A  Nicolas  le  Flamant,  tailleur  d'ymages,  pour 
avoir  refaict  tout  à  neuf  plusieurs  ymages  de  bois  servant  à  l'or- 
loge  (estant  dans  la  nef  de  l'esglise) ,  ix  U .  » 


I.  Toutes  les  mentions  de  travaux  d'Haslin  à  la  cathédrale  ont  été  extraites 
des  comptes  de  Péglise  de  Troyes,  qui  sont  conservés  aux  Archives  de  l'Aube. 


LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XI V«  ET  AU  XV^  SIECLE.  85 

Saint-Etienne.  «...  Pour  avoir  racoustré  et  réparé  la  crosse  qui 
porte  le  Corpus  Domini...  ung  aille  d'un  des  anges...  » 

Nicolas  Haslin  a  quitté  Troyes  à  cette  époque;  il  y  est  revenu 
au  moins  en  1548^.  Il  ne  figure  sur  aucun  rôle  d'impôt  à  partir 
de  1540. 

Il  a  travaillé,  de  1540  à  i55o,  au  château  de  Fontainebleau, 
«  aux  ouvrages  de  painture  et  de  stucq,  tant  en  la  salle  du  Roy, 
près  sa  chambre,  qu'en  la  salle,  chambres  et  estuves  estans  sous 
la  grande  gallerie  audict  chasteau.  »  Il  gagnait  alors  9  livres  par 
mois^. 

Haslin  a  travaillé  encore  au  château  après  i55o,  car,  le  17  oc- 
tobre i56i,  il  a  tenu  sur  les  fonts  de  baptême,  à  Avon,  avec 
Catherine  Jacquet  dit  de  Grenoble,  femme  de  Noël  Millon  et  sœur 
du  célèbre  sculpteur,  un  enfant  de  Jean  Le  Noir 3. 

Il  a  eu  un  fils  Nicolas,  qui  a  travaillé  également  au  château  de 
Fontainebleau. 

Il  habitait  à  Troyes,  «  près  la  Licorne,  »  hôtellerie  qui  était 
dans  a  la  Grant  Rue.  » 

77.  Jacquinot  Passot  (..i5oi-i5o6). 

Jacquinot  Passot,  tailleur  d'images,  a  sculpté,  à  une  des  portes 
de  la  ville  de  Troyes,  «  ij  anges_,  l'escu  de  France,  iiij  fleurs  de  liz, 
ij  tabernacles  pour  couvrir  deux  personnaiges  ou  ymaiges.  » 

78.  Garnaiz  (..i5o3-i5o4). 

GarnaiZj  de  Paris,  était  maçon  et  tailleur  d'images. 

79.  6'îmon  Mauroy  (..i5o3-i 5 16). 

Simon  Mauroy,  tailleur  d'images,  a  sculpté,  en  i5i5-i5i6,  à 
l'église  Sainte-Madeleine,  «  les  escussons  et  armoyries  estant  au 
jubé  devers  le  cueur.  » 

80.  Jean  Brissonnet  (..i5o5-i52i). 

Jean  Brissonnet  dit  Savine  était  huchier  et  tailleur  d'images. 
Il  a  fait  des  ouvrages  pour  les  églises  Saint-Jean,  Sainte-Made- 
leine et  Saint- Pantaléon. 


1.  Jean  Hashn  («  Jehan  Arcelin  »)  a  fait  des  statues  pour  l'entrée  de  Henri  II 
en  1648. 

2.  Bibliothèque  nationale,  mss.,  Comptes  des  Bâtiments  du  Roi,  n*  1117g, 
fol.  180. 

3.  Registres  de  l'église  d'Avon,  I"  volume.  Le  nom  est  écrit  Harselin. 


86  LES  SCULPTEURS  DE  TROYES  AU  XIV«  ET  AU  XV«  SIECLE. 

8r.  Jacques  II  (..iSoô-iSog). 

Jacques  II,  tailleur  d'images. 

82.  Quentin  Berny  (..i 507-1549). 

Quentin  Berny,  maître  huchier,  menuisier  et  tailleur  dUmages, 
est  désigné  quelquefois  dans  les  comptes  sous  le  seul  prénom  de 
Quentin.  Il  a  travaillé  à  l'église  Saint-Jean  et  à  l'église  Saint- 
Nicolas.  Il  a  fait,  pour  l'église  Saint-Jean,  des  stalles,  «  la  chaire 
en  laquelle  l'on  presche.  » 

83.  Marc  Bachot  (..i 5 10-1524). 

Marc  Bachot,  tailleur  d'images. 

Église  Sainte-Madeleine.  i5  ly-iSiS.  «  A  Marc  Bachot,  tailleur 
d'ymages,  pour  avoir  faict  du  portier  du  Sépulcre  ung  sainct 
Pierre,  —  lequel  a  refaict  la  teste  tout  entièrement,  l'estomac,  les 
bras,  les  clerfz  et  reblanchir  tout  le  reste  d'îcelluy  ymage,  —  que 
aussy  pour  avoir  faict  une  main  et  une  croix  à  sainct  Michel,  les- 
quelz  ymages  sont  assis  d'une  part  et  d'autre  du  portail  d'icelle 
église  du  costé  devers  le  cymetière,  la  somme  de  xxx  s.  » 

84.  Etienne  Le  Natier  (..i5i5-r52i). 

Etienne  Le  Natier,  tailleur  d'images  et  orfèvre,  a  travaillé, 
en  i52i,  sous  les  ordres  de  l'orfèvre  Jean  Papillon,  à  la  pièce  d'or- 
fèvrerie qui  fut  offerte  à  François  I"  à  son  entrée.  Il  était  payé 

10  sous  tournois  par  jour. 

85.  ^/moM  Collot  (..1 5 16-1548). 

Simon  Collot,  maître  huchier,  menuisier  et  tailleur  d'images, 
a  épousé  Deline.  Il  fut  député  des  menuisiers  à  l'assemblée  géné- 
rale du  3  avril  1548  pour  l'élection  des  échevins. 

Il  a  fait  de  nombreux  ouvrages  pour  la  ville,  pour  la  cathédrale 
et  les  églises  Saint-Étienne,  Saint-Jean  et  Sainte-Madeleine. 

Il  a  été  «  le  maistre  et  conducteur  de  l'euvre  de  menuyserie  » 
pour  les  préparatifs  de  l'entrée  de  la  reine  Éléonore. 

"86.  Jean  Philippon  (..i 5 18-1576). 

Jean  Philippon  ou  Phelippon,  maître  menuisier,  signait/.  Pho». 

11  était  neveu  de  Colot  Godier. 

Il  a  travaillé  pour  la  ville,  pour  la  cathédrale  et  les  églises  Saint- 
Jean,  Saint-Pantaléon  et  Saint-Urbain.  Il  a  fait,  pour  la  cathé- 
drale, des  panneaux  de  bois  avec  des  fleurs  de  lis  et  des  écussons 
armoriés  sculptés. 


les  sculpteurs  de  troyes  au  xlv  et  au  xv®  siecle.  87 

87.  Corneille  (..i 5 19-1522). 

Corneille  ou  Cornille  le  Flamand  était  tailleur  d'images. 

Voici  un  article  des  comptes  de  la  cathédrale  qui  le  concerne  : 

i52i-i522.  «  ...  Pour  avoir  taillé  les  armes  de  monseigneur 
l'ausmonnier  (Odard  Hennequin,  aumônier  du  roi)  en  la  clef  de 
la  dernière  chapelle,  à  luy  pour  ce  x  s.  t. 

«  Et  encor  pour  avoir  taillé  les  armes  de  l'église  en  la  clef  de  la 
petite  volte  d'icelle  chapelle...  viij  s.  t.  » 

88.    yvon  Bachot  (..1521-1534). 

Yvon  Bachot,  tailleur  d'images,  a  travaillé  pour  la  ville,  la 
cathédrale  et  l'église  Saint-Nicolas. 

Cathédrale.  i53i-i532.  «  A  Yvon  Bachot,  ymagier,  auquel  a 
esté  marchandé  par  messires  en  leur  chapitre  de  faire  les  quatre 
grandes...  chaaires  avec  les  deux  basses...  dedans  le  cueur  (sous 
les  ordres  de  maître  Mathieu  de  Rommelles)...  le  tout  selon  le 
pourtraict  à  luy  montré  et  exibé,  moyennant  vj'^''  x  1.  » 

Yvon  Bachot  a  fait^  à  la  cathédrale,  en  i5  32-i533,  pour  le  prix 
de  6  livres,  les  anges  a  qui  sont  en  la  cloison  du  cueur  de  l'église,  » 
et  il  lui  a  été  «  baillé  cxv  sols  pour  avoir  besongné  sur  l'ymaige 
de  Miséricorde.  » 

Il  a  reçu,  en  1 533-1 534,  10  livres,  «  pour  deux  petites  hystoires 
qu'il  a  faictes  pour  le  grant  portail  »  de  la  cathédrale. 

Bachot  a  été  employé,  avec  ses  deux  serviteurs,  en  Janvier  et  en 
février  i534,  aux  préparatifs  de  l'entrée  de  la  reine  Éléonore.  Il 
était  payé  alors  1 5  sous  tournois  par  Jour. 

Nous  donnons  ci-après  deux  articles  du  compte  de  ces  travaux  : 

Janvier  1534.  «  A  Yvon  Baschot,  tailleur  d'ymages...  pour 
avoir  taillé  ung  grand  daulphin  de  boys  blanc  estant  de  deux 
pièces  pour  le  mistère  de  l'eschaffault  de  monseigneur  le  Daulphin 
et  avoyr  faict  trois  manequins  de  boys  blanc  pour  la  fontaine  de 
l'eschaffault  devant  l'hostel  de  la  ville.  » 

Février  1534.  (Au  même.)  a  ...  Pour  avoir  faict  et  tailler  en 
boys  blanc  ung  oyseau  à  troys  testes  et  troys  piedz...  racoustrer 
et  radoubey  la  queue  du  grand  daulphin  que  le  sarrurier  avoit 
rompue  et  avoir  racoustrer  les  manequins  delà  fontaine...  xxx  s.  » 

89.  Jean  Le  Natier  (..1 521- 1 538). 
Jean  Le  Natier  ou  Natier,  tailleur  d'images,  a  travaillé  à  l'église 
Saint-Nicolas.  Il  a  fait,  dans  cette  église,  la  chapelle  de  Notre- 
Dame-de-Lorette  et  l'a  décorée  de  statues. 

Natalis  Rondot. 


88  NOTRE-DAME   DE   PARIS. 

NOTRE-DAME    DE    PARIS. 

(i  396-1 526.) 
Communication  de  M.  E.  Coyecque. 

I. 

1396. 

Compotus  campane,  vocate  Marie,  ecclesie  Parisiensis,  noviter  facte, 
que  fracta  fuerat  xxiiii»  die  mensis  februarii,  anno  Domini  millesimo 
trecentesimo  nonagesimo  quinto,  pulsando  missam  domini  nostri 
Regis^,  factus  per  Johannem  de  Villaribus,  ad  presens  clericum  fabrice 
dicte  ecclesie,  tam  in  receptis  quam  in  misiis,  modo  et  forma  que 
secuntur. 

Et  sciendum  est  quod  dicta  campana  fuit  liquefacta  et  facta  ultima 
die  mensis  Augusti  anni  millesimi  trecentesimi  nonagesimi  sexti. 

Recepta Somma une  1.  p. 

Expensa  presentis  compoti. 

Et  primo  pro  emptione  merreni  pro  faciendo  ingénia  pro  descen- 
dendo  dictam  campanam,  chables  gallice,  vetturarum  et  pro  salario 
carpentariorum,  etc 

Somma xlvI.   iiis. 

Expensa  pro  emptione  metalli,  mitallie, 
stanni  et  vetturarum  propter  hoc  factarum... 

Somma vi^^xiiii        »       vid. 

Expensa  facta  pro  locagio  suffletorum  per 
villam  Parisius  captorum  et  pro  salario  socio- 
rum  qui  juverunt  ad  sufflandum  pro  fundendo 
metallum  ad  faciendum  dictam  campanam... 

Somma  parcium xxxvn       vi     viii 

Expensa  facta  pro  operariis  et  sufflatoribus 
supradictis,  scilicet  pro  commestione  matu- 
tinali,  antequam  inciperent  sufBare,  et,  post- 
quam  campana  fuit  liquefacta,  pro  eorum 
prandio  ;  et  fuerunt,  ad  faciendum  dictam 
expensam,  tam  sufBatores  quam  adjutores, 
usque  ad  numerum  vi'^'^  personarum  et  plus... 

Somma x  xvni       vi 

Expensa  facta  pro  salario  operariorum  qui 

j.  Charles  VI,  1380-1422. 


»  Sr 


NOTRE-DAME   DE    PARIS,  89 

dictam  campanam  fuderunt,  suspenderunt  ac 
eciam  in  loco,  ubi  est,  posuerunt  et  assede- 
runt... 

Somma ix^xinl.      »        » 

Expensa  facta  pro  defîerrando  antiquam 
campanam  fractam  et  ferrando  novam... 

Somma ixl.     vis. 

Alia  expensa  pro  emptione  merrenipro  rep- 
paratione  Scolarum  sancti  Dionisii  de  Passu* 
ubi  molum  dicte  campane  fuit  factum,  et  pro 
faciendo  unam  chargiam,  gallice  charge^  ad 
ponendum  super  trolium  predicte  campane, 
ac  eciam  pro  salario  carpentariorum... 

Somma »     cxii        » 

Expensa  pro  lathomia  facta  in  claustro 
capituli  et  in  ecclesia  pro  eodem  facto,  et  pro 
portando  terras  et  gravesia  ad  Terrale.  Et 
primo  : 

Berthaudo  de  Grigny,  scissori  lapidum,  pro 
deassedendo  columpnas  et  arcus  de  claustro 
qui  fuerunt  pro  facto  campane  amoti,  in 
quo  negocio  laboravit  per  unam  diem  in  sep- 
timana  incipiente  lune  xxviii  die  augusti  .     .  b        v        » 

Item  Guillelmo,  dicto  d'istreville,  Johanni 
Filleul  et  Johanni  de  Templo,  pro  simili 
causa,  cuilibet  pro  una  die  v  s.;  valent.     .     .  »      xv        » 

Item  dicto  Berthaudo  pro  reassedendo  dic- 
tas columpnas  et  arcus,  postquam  dicta  cam- 
pana  fuerat  facta  et  complecta... 

Somma xx      xn        x  d.  ob. 

Somma  totalis  expensarum nii<=xl.  xvis.   vid.ob.^ 

Facta  deduccione  de  recepta  superius  con- 
tenta, que  est iiii<=  1.     »        » 

Misia  excedit  receptam  in xl.  xvis.    vid.  ob. 

que  debentur  dicto  officiario. 


1.  «  5.  Denis  du  pas  est  une  église  située  derrière  celle  de  Notre-Dame... 
Elle  s'appelle  aujourd'hui  5.  Denis  et  S.  Jean  Baptiste  à  cause  de  la  réunion 
que  l'on  y  a  faite  en  1749  du  titre  paroissial  de  S.  Jean  le  rond.  »  Piganiol, 
1765,  p.  391-3. 

2.  Ce  total  est  inexact  ;  la  dépense  s'éleva  en  fait  à  455  1.  19  s.  6  d.  ob., 
et  par  suite  le  déficit  à  55  1.  19  s.  6  d.  ob. 


go  NOTRE-DAME   DE  PARIS. 

Auditus  fuit  presens  compotusanno  Domini  millesimo  GCC"  nona- 
gesimo  VI°,  mensis  aprilis  die  xv. 

R.  DE  LORRIACO. 

(Arch.  nat.,  L  5i5,  n°  41.  Cah.  parch.  8  feuillets.) 

II. 
25  janvier  i5io. 

Jean  Moireau^  maître  des  œuvres  de  maçonnerie  de  Notre-Dame, 
accompagné  de  Jean  Guitard,  maître  des  œuvres  de  charpenterie  de  la 
cathédrale,  Jean  de  Félon,  Jean  le  Breton,  Gilles  Grain^  Jean  Motu, 
Michelet  Blesie,  maçons,  Hugues  Martin,  Girard  Geheri,  charpentiers, 
visitent  la  voûte  de  la  grande  croisée  de  la  nef  :  «  Laditte  voulte  et  ars 
doubleaux  d'icelle  sont  mauvais,  bouclez  et  corrompuz,  et  grant  partie 
d'iceulx  sont  en  grant  danger  de  cheoir...;  et  est  neccessité  de  abatre 
et  démolir  laditte  voulte  le  plus  toust  que  faire  se  pourra  et  la  refaire 
tout  de  neuf.  Er,  pour  ce  faire,  fault  faire  les  eschafaulx  propres  et 
convenables,  avec  les  ceintres  des  doubleaux,  ogives  et  formeretz,  et 
avec  ce  estoquer  et  contreficher  les  autres  voultes  joignant,  en  telle 
manière  qu'il  n'en  puisse  advenir  inconvénient;  et  pour  procéder 
à  faire  bien  et  deuement  lesdittes  voultes  pour  le  prouffict  de  la 
besongne,  eu  esgard  ad  ce  que  laditte  croisée  est  de  grant  estandue, 
tant  en  longueur  que  en  largeur,  est  neccessité  de  faire  les  tas  de 
charges  et  arriéres  charges  par  avancement,  de  telle  haulteur  que  la 
besongne  le  requiert,  et  faire  les  retumbées,  et  au  dessus  desdittes 
retumbées  monter  le  mur  au  dessus  des  arrières  charges  en  telle 
manière  qu'il  puisse  soustenir  et  porter  les  tirans  de  la  charpenterie  ; 
et,  pour  ce  que  les  cartiers  de  laditte  voulte  sont  de  grant  largeur,  est 
neccessité  de  faire  laditte  voulte  à  tierserons,  y  faire  cinq  clefz  avec 
les  liâmes  qui  descendront  sur  les  doubleaux  pour  porter  le  pen- 
dentis  de  laditte  voulte...  » 

[Signatures.] 
29  janvier  i5io. 

Procès-verbal  analogue  dressé  par  Noël  Bii(eau,  Louis  Duchastel, 
Jean  Garnier,  Nicolas  Beaucorps,  Pierre  Delyé  et  Guillaume  Bar- 
reau^ maçons. 

[Signatures.] 

(Arch.  nat.,  L  5 15^2.  Orig.  parch.) 

III. 

17  avril  i52i. 

Etienne  Barrillet,  fondeur,  reconnaît  avoir  reçu  du  Chapitre 
600  1. 1.  «  sur  et  tant  moins  de  ce  qui  luy  a  esté  promis  pour  la  façon 


NOTRE-DAME  DE   PARIS.  91 

et  matières  de  la  closture  du  cueur  de  laditte  église  que  ledit  Barrillet 
a  promis  faire,  et  ce  oultre  et  pardessus  la  somme  de  douze  cens 
vingt  quatre  livres  sept  solz  neuf  deniers  tournois  qu'il  a  receuz  à 
plusieurs  foiz  par  avant  ce  jour  d'uy...  » 

[Signé  :]  Martin,  Boreau. 

(Arch.  nat.,  Orig.  parch.,  L  5i5''*.) 

IV. 

Mercredi  7  mars  i526. 

Louis  Poireau,  maçon,  Jean  Montinier,  charpentier,  Nicolas  Beau- 
corps,  maçon,  se  transportent  «  en  l'église  de  Paris  et  en  la  petite 
tour  d'icelle  église,  du  costé  du  cloistre,  pour  veoir  et  visiter  l'auceau 
de  la  croisée  de  laditte  église  au-dessus  du  portail,  du  costé  du  logis 
de  l'evesché^,  et  pour  veoir  et  visiter  la  charpenterie  du  beffroy  de 
laditte  tour  ;  »  les  maîtres  des  œuvres  de  maçonnerie  et  charpenterie 
de  Notre-Dame,  Jean  Lagrippe  et  Jean  Asselin,  les  accompagnent  : 
«  En  iceulx  auceau  et  beffroy  l'on  n'y  sauroit  faire  aucune  chose  ny 
reparacion,  parce  que  iceulx  auceau  est  exessivement  bouclé,  pendant 
et  corrompu,  de  nulle  valleur,  en  danger  de  cheoir  de  heure  à  autre 
dedans  laditte  église  et  y  a  péril  emynent;  et  laditte  charpenterie 
dudit  beffroy  de  laditte  petite  tour  vielle,  pourrye,  corrompue,  de 
nulle  valleur  et  en  danger  de  cheoir  et  tumber  par  terre,  et  en  ce 
faisant  démolir  et  rompre  partie  de  la  maçonnerie  de  laditte  tour  ;  et 
oultre  que,  si  l'on  continuoit  à  sonner  les  cloches  estans  en  laditte 
tour,  l'estonnement  du  vol  et  branllement  d'icelles  pourroyent  cor- 
rompre la  maçonnerie  des  pans  de  murs  de  laditte  tour,  à  cause  et 
parce  que  entre  laditte  charpenterie  dudit  beffroy  et  lesdiz  pans  de 
murs  de  laditte  tour  y  a  plusieurs  tasseaulx  et  estrillons  de  boys  ser- 
vans  de  contrefiches  à  contreficher  ledit  beffroy. 

Si  disons  que,  le  plus  tost  que  faire  se  pourra  et  pour  obvyer  audit 
péril  emynent,  il  est  expressément  nécessité  de  abatre  et  démolir 
ledit  auceau  avec  toute  la  maçonnerie  tenant  à  icellui,  et  abatre  et 
démolir  ledit  beffroy  et  iceulx  réfère  et  redifier  de  neuf  pour  la  seu- 
reté  de  laditte  église...  » 

9  mars  i526. 

Rapport  identique  dressé  par  Jean  le  Breton,  maçon,  Jean  Gou- 
lart,  maçon  et  voyer  de  l'évêché,  Jean  Martin,  charpentier,  et  Sébas- 
tien de  Caumont,  maître  des  œuvres  de  charpenterie  de  la  Ville. 

(Arch.  nat.,  L  5i5''2.  Orig.  parch.) 


I.  L'O  ou  Voccau  (de  ocellus),  c'est-à-dire  la  grande  rose  du  transept 
méridional.  La  petite  tour  du  côté  du  Cloître  est  au  contraire  du  côté  nord. 


9*  NOTRE-DAME   DE   PARIS. 

V. 

Angoulême,  i6  juin  i526. 

Lettre  du  roi  au  Parlement  de  Paris  lui  ordonnant  de  recevoir  le 
chapitre  de  Notre-Dame  à  requérir  contre  l'évêque,  pour  «  qu'il  soit 
tenu  contribuer  aus  reparacions  d'ediffices  et  paier  les  manifacteurs 
et  sallaire  d'oeuvriers  pour  les  refFections  des  chappes  et  ornemens.  » 

On  lit  dans  cet  acte  :  «  Il  est  neccessaire  promptement  réparer  une 
grant  verrière  nommé  O,  estant  au  dessus  de  la  porte  par  laquelle  on 
descend  en  l'hostel  épiscopal  ;  lequel  O,  combien  que  jà  pieçà  ait  esté 
et  soit  encores  de  présent  estayé,  neantmoins  sans  prompte  repara- 
cion  est  chascun  jour  en  dangier  de  ruyner;  et  le  beflfroy  de  l'une 
des  tours  est  si  caducque  et  ruyneulx  qu'il  est  en  voye  de  tumber, 
en  manière  que  de  présent  on  n'y  ose  sonner  les  cloches  en  bransle^. 
Aussi  la  couverture  des  chappelles  estant  autour  de  ladite  église  2  et 
les  verrières  sont  fort  usées  ;  et  en  plusieurs  autres  endroiz  est  besoing 
faire  plusieurs  grosses  reparacions  fort  neccessaires...  » 

(Arch.  nat.,  L  5i56*.  Orig.  parch.) 

VI. 

20,  21,  3 1  août,  10,  16  septembre  i526. 

Rapport  sur  les  réparations  à  faire  à  la  cathédrale,  adressé  à  Chris- 
tophe Hennequin,  conseiller  au  Parlement,  par  Mary  Bureau,  Robert 
Piedefer,  Robert  le  Lieur,  Robert  Marteau,  bourgeois  de  Paris,  Jean 
le  Breton^  Louis  Poireau,  Jean  Goulart,  maçons,  Jean  Montinier^ 
Clément  Favereau,  Jean  Martin  et  Georges  Genest!(,  charpentiers, 
jurés  du  Roi  es  offices  de  maçonnerie  et  charpenterie  ;  Nicolas  Beau- 
corps,  Simon  Cressy,  Gervais  Drouart  et  Pierre  «  Chambigues,  » 
maçons  bacheliers. 

Item  est  neccessité  d'abatre  et  démolir  le  grant  osceau  estant  au 
pignon  de  la  croisée  de  laditte  église,  du  costé  de  l'hostel  épiscopal, 
et  les  deux  petis  osceaulx  estans  audit  pignon  au  dessus  dudit  grand 
osceau,  et  pareillement  la  maçonnerie  et  pointte  du  pignon  au  dessus 
desdiz  osceaulx,  pour  ce  que  iceulx  osceaulx  sont  très  excessivement 


1.  «  Mais  lesfault  sonner  en  carrillon,  qui  est  deshonneste  pour  telle  église.  » 
(Id.,  L  5i565.) 

2.  «  Laquelle  couverture,  estant  de  pierres  de  lyès,  est  fort  endommaigée 
en  divers  lieux,  tellement  que,  quant  il  vient  grand  chcute  de  eaue,  elle  chet 
sur  les  vol  tes  et  les  pourrist,  à  l'occasion  de  quoy  l'eaue  chet  à  grant  abon- 
dance en  laditte  église.  »  (Id.) 


NOTRE-DAME    DE   PARIS.  9 3 

corrompuz,  bouclez,  de  nulle  valleur,  en  danger  de  cheoir,  et  y  a 
péril  emynant  de  heure  à  autre,  et  feussent  cheuz  et  fondeuz  par 
terre  long  temps  a,  n'eussent  esté  les  estayemens  et  contrefiches  qui 
y  ont  esté  faictz;  et  convient  et  est  neccessité  de  faire  laditte  demoli- 
cion  et  réfère  le  tout  de  neuf  le  plus  brief  que  se  pourra  faire,  pour 
obvier  audit  péril  emynant  et  aux  inconveniens  qui  s'en  pourroient 
et  peuvent  ensuir  de  heure  à  autre;  et  appert  que  laditte  ruyne,  cor- 
rompture  et  pourriture  qui  est  esdiz  osceaulx  est  intervenue  passé  a 
plus  de  quatre  vingtz  ou  cent  ans. 

Item  est  neccessité  de  faire  des  clères  voyes  en  forme  de  garde-fol  à 
la  gallerie  entre  lesdittes  deux  tours  au  pan  du  costé  de  la  nef,  ainsy 
que  autrefoys  a  esté,  comme  appert  à  veue  d'œil,  pour  ce  que  de 
présent  n'en  y  a  point  et  n'y  a  que  des  apuyes  de  boys  seullement, 
qui  sont  pourries  et  de  nulle  valleur  ;  lesquelles  clères  voyes  pevent 
estre  cheuttes  et  tumbées  passé  a  quarante  ans  ou  plus. 

Item  est  neccessité  de  refaire  les  couronnemens  des  guymberges 
estans  tant  sur  le  petit  portail  nommé  le  portail  rouge,  que  aux  chap- 
pelles  estans  aux  deux  costés  dudit  portail,  pour  ce  que  lesdiz  cou- 
ronnemens sont  corrompuz,  de  nulle  valleur,  partie  cheutte  et  tum- 
bée,  autre  partie  en  danger  de  cheoir,  en  péril  emynant  et  en  pourroit 
advenir  inconvénient  ;  et  en  ce  faisant  mettre  des  pierres  neufves  aux 
terrasses  des  chappelles  et  derrière  lesdittes  guymberges,  ou  lieu  de 
celles  qui  seront  trouvées  rompues  et  cassées,  tant  à  jour  que  cou- 
vertes de  plomb,  et  faire  partie  desjoinctzde  pierre  de  taille  desdittes 
terrasses  où  ilz  sont  mynez  et  de  nulle  valleur;  lesquelles  cheutes, 
romptures  et  casseures  desdiz  couronnemens  d'icelles  guymberges 
sont  intervenues  de  si  long  temps  que  n'en  saurions  bonnement  ne 
au  vray  parler. 

Item  est  neccessité  de  rejointtoyer  partie  des  ogives,  fermettes, 
doubleaux,  et  pendentis  des  voultes  des  chappelles  de  laditte  église 
au  pourtour  de  la  nef  et  cueur,  tant  des  chappelles  de  BouUault, 
sainct  Eustace,  la  voulte  sur  le  portail  rouge,  de  la  chapelle  Nostre 
Dame  de  Pitié,  la  chapelle  près  du  revestuaire  et  la  chapelle  de  la 
Magdaleine  ;  et  en  ce  faisant  quérir  esdittes  voultes  plusieurs  pierres 
neufves  ou  lieu  de  celles  qui  seront  trouvées  rompues,  cassées  et  de 
nulle  valleur  ;  ce  qui  est  et  peut  estre  intervenu  par  [deflfault]  d'avoir 
bien  et  deuement  entretenu  les  joinctz  des  dalles  et  terrasses  d'au 
dessus  desdittes  voultes,  et  depuis  vingt  cinq  ans  en  çà  ou  environ. 

Item  est  neccessité  de  refaire  et  redresser  le  grant  arc  doubleau  de 
la  voulte  de  laditte  croisée  du  costé  d'icelluy  cloistre  avec  partie  des 
branches  d'ogives  de  laditte  voulte  pour  ce  que  lesdiz  doubleaux  et 


94  PEINTRES  OUBLIES. 

Ogives  sont  corrompuz  et  grandement  affessez;  et  appert  que  lesdittes 
corrompture  et  avallement  sont  et  pevent  estre  intervenuz  depuis 
cinquante  ans  ou  environ  ^. 
(Arch.  nat.,  L  ôiS^ï.  Cah.  de  i6  feuillets  papier.  Copie.) 


PEINTRES  OUBLIES. 

(i559-i586.) 

NICOLAS  CHEVALIER,  JEHAN  BUTAYE,  RANSINT  DE  LA 
MARCHE,  PHILIPPE  BEN  ART,  GUYON  DE  VA  BLES , 
CHARLES  DRAM  ART,  NICOLAS  II  PINAIGRIER,  GUIL- 
LAUME SAULNIER,  LAZARE  LEJEUNE,  MARTIN  LE 
RICHE. 

Extraits  des  notes  inédites  d'Auguste  Jal,  communiqués  et  annotés 
par  M.  Henry  Jouin. 

I. 

Chevalier  (Nicolas),  —  iSSg. 
BuTAYE  (Jehan).  —  iSSg. 

10  juillet  iSSg.  Baptême,  à  Saint- Paul,  de  Anthoyne,  fils  de 
Robert  Rouser  [sic]  et  Jehanne  Gratis,  demeurant  rue  Saint- 
Anthoyne.  Les  parrains,  Nicolas  Chevalier.,  painctre,  demeurant 
à  la  porte  Saint-Victor,  et  Jehan  Butaye.,  painctre,  demeurant  à 
la  rue  au  Prêtre. 

(Registre  de  Saint-Severin.) 

L.  de  Laborde  mentionne  entre  1640  et  i55o  un  peintre  du  nom  dM«- 
thoine  «  Chevallier  »  {Comptes  des  Bâtiments,  l,  192).  Voy.  aussi  sur 
Anthoine  «  Chevalier  »  l'ouvrage  la  Renaissance  des  Arts  (I,  417). 

Jehan  Butaye  est  l'arrière-grand-père  de  Susanne  Butay,  femme  de  Charles 
Le  Brun  (voyez  Jal,  Dictionnaire  critique,  p.  296,  col.  i).  L.  de  Laborde  cite 
au  sujet  de  «  Jean  Butaye  »  un  extrait  de  comptes  où  le  nom  de  cet  artiste 
est  suivi  de  la  mention  «  jeune  paintre.  »  Ce  document  se  rattache  à  la  période 
décennale,  1 540-1 55o  {Renaissance  des  Arts,  I,  424).  Le  même  texte  se 
retrouve  dans  les  Comptes  des  Bâtiments  (I,  198). 


I.  Voir  un  procès-verbal  analogue,  du  1 1  août  iSôy,  dressé  par  Guillaume 
Guillain,  Jean  Chapponnet,  maçons,  Jean  Grand-Remy  et  Jacques  Marchant, 
charpentiers,  Claude  Penelle,  couvreur,  Guillaume  Laurent  et  François  le 
Queux,  plombiers.  (Id.,  L  5i5''o.  Original.  Cah.  de  34  feuillets  papier.) 


PEINTRES   OUBLIÉS.  gS 

IL 

RaNSINT  (sic)  DE  LA  M  ARCHE.  —  i56g. 
Benart  (Philippe).  —  1569. 
GuYON  DE  Vables.  —  i56g. 

i5  octobre  iSôg.  Baptême,  à  Saint-Jacques-de-la-Boucherie,  de 
Jehanne,  fille  de  Ransint  de  la  Marche^  peintre,  et  de  Perrette 
Moyrinier,  sa  femme,  rue  de  la  Savonnerie.  Parrain,  Philippe 
Benart^  painctre;  marraine,  Jehanne  Arrent,  femme  de  Guyon  de 
Vables^  maître  painctre. 

(Registre  de  Saint-Jacques-de-la-Bouchçrie.) 

Philippe  Benart  n'est  pas  mentionné  par  L.  de  Laborde,  mais  un  Philbert 
Bénard,  imager,  est  cité  pour  la  période  1 537-1540  {Comptes  des  Bâtiments, 
I,  i35,  et  Renaissance  des  Arts,  I,  4o3). 

Guyon  de  Vables,  que  nous  verrons  paraître  au  baptême  d'une  fille  de 
Nicolas  II  Pinaigrier,  en  1572,  a  pour  femme,  nous  l'apprenons  ici, 
Jehanne  Arrent,  et  nous  sommes  en  1569.  Nicolas  II  Pinaigrier,  à  la  même 
époque,  est  marié  à  Nicole  Arrent  (Jal,  Dictionnaire  critique,  p.  976,  col.  i). 
On  peut  donc  supposer  que  ce  Guyon  de  Vables,  ami  de  Pinaigrier,  est 
aussi  son  parent  par  alliance. 

III. 
Dramart  (Charles).  —  iSôg. 

i5  juin  1569.  Baptême,  à  Saint-Jacques-de-la-Boucherie,  d'An- 
thoine,  fils  de  Charles  Dramart^  pinctre,  et  de  Bernarde  Boullet, 
sa  femme,  rue  de  Sauonnerye. 

(Registre  de  Saint-Jacques-de-la-Boucherie.) 

IV. 

Pinaigrier  (Nicolas  II).  —  1572. 
Guyon  de  Vables.  —  1572. 

Guyon  de  Vables,  peintre,  parrain,  à  Saint-Jacques-de-la-Bou- 
cherie, le  3i  mars  1572,  de  Marguerite,  fille  de  Nicolas  Pinai- 
grier, m®  vitrier. 

Jal,  nous  le  disons  plus  haut,  a  nommé  Guyon  de  Vables  dans  le  Diction- 
naire critique,  p.  976,  col.  i,  au  sujet  du  baptême  de  Marguerite,  quatrième 
fille  ÛQ  Nicolas  II  Pinaigrier,  mais  c'est  par  erreur  que  dans  le  Dictionnaire 
ce  baptême  se  trouve  inscrit  sous  la  date  du  i"  mars  1572.  La  note  auto- 
graphe de  Jal  porte  3 1  mars. 


96  PEINTRES   OUBLIÉS. 

V. 

Saulnier  (Guillaume).  —  iSjS. 

A  Guillaume  Saulnier^  painctre,  demeurant  à  P^is,  trois  escuz 
pour  auoir  painct  par  le  dedans  deux  chariots  de  Ikd.  dame  et  les 
panneaux  d'iceulx.  19  juillet  1578. 

(Maison  de  la  Reine  de  Navarre,  1578.  Archives  nationales,  KK.  i63.) 

VI. 

Lejeune  (Lazare).  —  iSyg. 

12  novembre  i5yg.  Baptême,  à  Saint-Jacques-de-la-Boucherie, 
de  Martin,  fils  de  Lazare  Lejeune^  maître  peintre,  et  de  Gene- 
viève Ledoux,  sa  femme,  demeurant  rue  des  Arsis. 

(Registre  de  Saint-Jacques-de-la-Boucherie.) 

On  trouve  dans  les  Comptes  des  Bâtiments  de  L.  de  Laborde,  années  iSSy- 
1540,  mention  d'un  Pierre  le  Jeunne,  peintre  (I,  i36).  Le  même  artiste  repa- 
raît en  1547  {Renaissance  des  Arts,  I,  3o2).  Quant  à  Lazare  Lejeune,  nous 
ne  parvenons  pas  à  le  découvrir.  Toutefois,  L.  de  Laborde  a  transcrit  une 
pièce  de  1574  dont  voici  le  début  :  «  A  M«  Lazare  (lacune  laissée  en  blanc), 
paintre,  demourant  à  Paris,  »  etc.  Cette  lacune  est-elle  autre  chose  que  l'es- 
pace réservé  par  le  scribe  pour  le  nom  propre  qui  devait  être  inscrit  à  la 
suite  du  prénom?  S'il  en  est  ainsi,  La:^are  Lejeune,  que  L.  de  Laborde 
désigne  sous  la  simple  appellation  de  Lazare,  aurait  décoré  un  carrosse  de 
fin  or,  argent  et  couleurs  vermeilles  à  titre  de  peintre  hors  d'office  [Renais- 
sance, I,  317). 

VII. 
Le  Riche  (Martin).  —  i586. 

27  juin  i586.  Baptême,  à  Saint-Merry,  de  Denis,  fils  de  Mar- 
tin Le  Riche,  m*  peintre  à  Paris,  et  de  Marcelle  Robert,  sa  femme. 
Parrain,  Jehan  Guinard,  peintre. 

6  mai  1 588.  Baptême,  à  Saint-Merry,  de  Théodore,  fils  de  Mar- 
tin Le  Riche  et  de  Marcelle  Muscon,  sa  femme. 

(Registre  de  Saint-Merry.) 


LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIIP  AU  XV^  SIÈCLE.  97 

LES    PEINTRES   DE   TROYES 

DU   Xirie   AU   XV®    SIÈCLE. 

La  ville  de  Troyes  est  une  des  villes  où  les  travaux  d'art  ont 
été,  au  Moyen  âge  et  à  la  Renaissance,  entrepris  avec  le  plus  de 
hardiesse  et  d'ardeur  et  conduits  avec  le  plus  de  persévérance.  Le 
goût  de  Fart  y  était  très  répandu;  il  n'y  a  pas  une  des  nom- 
breuses églises  de  cette  ville  dans  laquelle  on  n'observe,  en  outre 
d'une  ordonnance  architecturale  toujours  digne  de  remarque  par 
quelque  trait  imprévu,  une  diversité,  une  originalité  et  une 
richesse  dans  l'ornementation  qui  sont  vraiment  rares. 

De  l'habileté  des  maîtres  maçons,  qui  étaient  à  la  fois  les  archi- 
tectes de  ces  édifices  et  les  conducteurs  des  travaux  de  maçonnerie, 
il  reste  des  exemples  ;  on  a  la  mesure  de  leur  talent.  Leur  science 
de  la  construction  était  unie  à  un  vif  sentiment  de  l'élégance,  à 
une  extrême j  fécondité  dans  la  composition  et  l'emploi  des  élé- 
ments de  la  décoration.  Dans  les  églises,  les  tableaux,  les  vitraux, 
les  tapisseries  à  histoires^  les  statues,  les  bas-reliefs,  les  sculptures 
en  bois  étaient  multipliés  jusqu'à  la  profusion.  Cela  est  propre  à 
Troyes  :  Viollet-le-Duc  en  a  fait  la  remarque.  Un  nombre  aussi 
grand  d'églises,  dans  une  ville  peu  populeuse,  avait  fait  réduire 
les  proportions  de  leurs  vaisseaux.  De  là,  dans  l'ordonnance, 
quelque  chose  de  fermé,  d'intime,  d'attirant  ;  de  là  un  parti  pris 
d'élégance. 

Quand  nous  aurons  fait  connaître  une  partie  des  maîtres, 
maçons,  sculpteurs,  peintres,  verriers,  huchiers,  orfèvres,  qui  ont 
travaillé  à  Troyes,  nous  présenterons  plus  utilement  un  aperçu 
de  l'état  du  milieu  dans  lequel  ils  ont  accompli  leur  œuvre  et  des 
entreprises  auxquelles  ils  ont  été  associés. 

Un  érudit,  M.  Alexandre  Assier,  qui  a  fait  des  recherches  dans 
les  archives,  s'est  attaché  à  tracer,  dans  plus  d'un  livre,  l'histoire 
des  arts  à  Troyes'.  Nos  propres  recherches,  plus  étendues  et  plus 
prolongées 2,  ont  eu  une  direction  différente,  et  nous  espérons 

1.  M.  A.  Assier  a  donné  une  sorte  de  résumé  de  ses  recherches  dans  un 
livre  publié  en  1876  et  intitulé  :  les  Arts  et  les  Artistes  dans  la  capitale  de 
la  Champagne  (t25o-i68o). 

2.  M.  Assier  a  fait  connaître  18  peintres  du  xiir  au  xv"  siècle,  nous  en 
avons  signalé  87. 

ART   FR.    IV  7 


9$  LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIII^  AU  XV"  SIECLE. 

avoir  pu  mieux  déterminer  la  personnalité  des  maîtres  troyens. 

Nous  donnons,  dans  la  présente  étude,  les  noms  de  peintres 
du  xiiie,  du  xiv^  et  du  xv^  siècle,  peintres  qui  ont  fait  toute  sorte 
d'ouvrages  de  peinture.  Dans  bien  des  cas,  les  maîtres  peignaient 
des  tableaux  pour  la  décoration  des  églises,  couvraient  les  murs, 
à  rintérieur  des  habitations,  d'un  semis  de  devises  ou  de  fleurs, 
et  peignaient  des  bannières,  des  bâtons  de  dais  ou  de  confrérie. 

Nous  signalons  91  maîtres  : 

4  au  xiii*^  siècle  ; 

35  au  xiv^  siècle; 

52  au  xv«  siècle. 

64  maîtres  étaient  peintres,  9  à  la  fois  peintres  et  enlumineurs, 
10  peintres  et  verriers,  8  peintres  et  sculpteurs. 

9  peintres  étaient  étrangers  :  8  flamands  et  i  allemand. 

XIII®  SIÈCLE. 

I.  Bernard  (..1256-1262). 

Maître  Bernard  était  peintre. 

La  chapelle  d'Igny-le-Jard,  bâtie  par  le  comte  de  Champagne 
Thibaut  V,  était  ornée  de  peintures  dues  au  pinceau  de  maître 
Bernard. 

2.  Jacques  I  (..1265). 
Jacques  I,  peintre. 

3.  Jean  I  (..1281). 
Jean  I  le  peintre  vivait  à  Troyes  en  1281. 
4.  Climençon  (..1292). 
Climençon,  de  Troyes,  peintre,  travaillait  à  Paris  en  1292. 

XI v«  siècle. 

5.  Pierre  (..i3i6-i32o). 

Pierre  «  le  pointre.  » 

6.  Ithier  (. .1335-1340). 

Ithier  (YtherusJ,  peintre  et  enlumineur,  vivait  à  Troyes  de 
i335  à  1340. 

7.  Guillaume  I  (.,1 3 38-1 341). 

Guillaume  I,  le  peintre,  a  travaillé  à  la  cathédrale  de  Troyes 
de  i338  à  1341. 


LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIII^  AU  XV®  SIÈCLE.  99 

8.  GiLLEQUIN  I   (..1 341-1343). 

Gillequin  I,  peintre. 

9.  Simon  (..i359). 

Simon  «  le  pointre»  a  fait,  en  i359,  des  peintures  à  «  l'ostelde 
Pons,  »  qui  lui  furent  payées  par  la  ville  de  Troyes  27  livres 
1 3  sous  tournois  * . 

10.  GUYET  (..I  360-1370). 

Guyet  le  Flamand,  peintre  et  enlumineur,  habitait  à  Troyes  de 
i36o  à  1370. 

11.  Garin  (..1 363-1 367). 

Garin,  peintre  et  enlumineur,  a  travaillé  à  la  cathédrale. 
12.  Guillaume  II  (..i365-i372). 

Guillaume  II,  maître  peintre  et  verrier,  a  peint  des  statues 
(ymagines)  pour  des  confréries  à  la  cathédrale  et  a  réparé  des 
verrières  à  la  cathédrale. 

Nous  supposons  que  le  maître  Guillaume,  peintre,  est  le  même 
personnage  que  le  maître  Guillaume,  verrier;  un  maître  Guil- 
laume, désigné  tantôt  comme  peintre  et  tantôt  comme  verrier,  a 
travaillé  à  Troyes  de  i365  à  1372. 

i3.  Raoul  (..i 366- 136/). 

Maître  Raoul  (Radulphus)  le  peintre  a  peint  des  statues  à  la 
cathédrale  2. 

14.  Hennequin  I  (..1 367-1 370). 
Hennequin  I  «  le  pointre  flamand.  » 

i5.  Pierre  de  Bruges  (..1370). 
Pierre  de  Bruges,  peintre,  vivait  à  Troyes  en  1370. 

16.  Guyet  (..1370). 
Guyet  le  Flamand,  peintre. 

17.  Antoine  (..1370- 1372). 
Antoine,  peintre. 

i8.  Jeannin  1  (..1370- 1374). 
Jeannin  I  le  peintre  habitait  à  Troyes  de  1370  à  1374. 


1.  Archives  de  Troyes,  B  2,  comptes  de  la  ville. 

2.  Archives  de  l'Aube,  comptes  de  la  cathédrale,  G  1559. 


ÎOO  LES  PEINTRE?  DE  TROYES  DU  XIII^  AU  XVe  SIECLE. 

19.  Jacques  II  (..rSyo-iSyô). 

Jacques  II,  peintre,  né  à  Bar-sur-Aube,  a  travaillé  à  Troyes. 
Il  a  décoré,  en  iSyo,  le  château  de  Germoles,  près  de  Dijon. 

20.  GiLLOT  (..rSyo-iSgS). 

Gillot,  peintre,  marié  à  Agnès,  demeurait  à  Troyes,  dans  la 
rue  Notre-Dame,  devant  la  halle  aux  tanneurs. 

21.  Jean  Benne  (..  iSyr-iSyS). 

Jean  Benne,  peintre,  a  fait  des  peintures  dans  Téglise  Saint- 
Étienne. 

22.  Perrin  (..1 371-1377). 
Perrin  le  peintre  a  travaillé  à  la  cathédrale. 

23.  Guillaume  de  Mantes  (i  371-1378). 

Guillaume  de  Mantes,  maître  peintre,  a  peint  des  statues  dans 
Téglise  Saint-Etienne;  il  a  peint  aussi  les  bâtons  surmontés  de 
statuettes  de  la  confrérie  de  Sainte-Hoylde  à  Saint-Etienne. 

Il  est  possible  que  Guillaume  de  Mantes  soit  le  même  que 
Guillaume  II. 

24.  GiLLET  I  (..1 374-1 377). 

Gillet  ou  Gilet  I,  peintre. 

Ce  Gillet,  peintre,  est  différent  de  Gillot,  peintre,  mentionné 
plus  haut. 

25.  Jacquet  d'Aillefol  (..i 374-1381). 

Jacquet  d'Aillefol  était  peintre;  il  est  appelé  Jaquet  de  Aquile- 
fago  dans  les  comptes  écrits  en  latin.  Il  a  travaillé  en  i38o-i38i 
dans  l'église  Saint-Etienne. 

26.  Denisot  (..i 376-1390). 

Denisot  le  peintre  a  travaillé  à  la  cathédrale  de  1379  à  i382  : 

1 379-1380.  «  ...  Pour  repoindre  ledit  reloige  et  refaire  les 
ymages  des  heures...  es.» 

i38i-i382.  «  ...  Pour  nettoier  et  blanchir  les  ymaiges  dou 
portau  d'entrée,  refaire  le  dyadème  de  l'imaige  de  Dieu,  la  main 
destre,  la  teste  de  l'aigle,  une  des  clez  et  les  deux  piez  et  croistre 
les  clez  dou  beuf  et  mectre  ledit  portau  en  premier  estât  qui  fut... 

iiij  1.  ij  s.  vj  d.  » 

Denisot  a  fait  des  peintures  à  l'église  Saint- Urbain  de  i386 
à  1389. 


LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIII«  AU  XV°  SIECLE.  TOI 

27.  Droin  (..iByô-iSgo). 
Droin  était  peintre  et  sculpteur  {-ymager).  Il  a  peint  des  sta- 
tues des  églises  Saint- Etienne  et  Saint- Urbain. 

28.  Jean  de  Damery  (.  .i377-|-i38o). 

Jean  de  Damery  était  maître  peintre  et  verrier.  Il  était  surtout 
verrier.  Le  chapitre  de  la  cathédrale  refusa  de  prendre  livraison 
de  la  verrière  d'une  des  croisées  faite  par  Damery,  et  les  arbitres 
nommés,  «  ouvriers  et  bonnes  personnes,  »  jugèrent  en  effet 
a  que  l'ouvrage  n'étoit  pas  souffisant  ne  convenable.  » 

29.  Gillet  II  (..1378-1384). 
Gillet  II  ou  Gilet  «  le  poinctre  »  a  travaillé  à  la  cathédrale. 

3o.  /eaK  de  Savières  {..  i38o-i38i). 
Jean  de  Savières,  peintre,  a  travaillé  à  la  cathédrale. 
3i.  Guilleminot  HE  Plancy  (..i 3 80- 1384). 
Guilleminot  de  Plancy,  peintre,  a  travaillé  à  la  cathédrale. 
32.  Gautier  I  (..i38i-i384). 

Gautier  I,  peintre,  a  travaillé  à  la  cathédrale.  Il  a,  en  i383- 
1384,  peint  en  partie  le  cincenier  ou  dais  qui  surmontait  le  saint 
ciboire  : 

«  A  Gautier  le  pointre  qui  avoit  marchandé  de  poindre  ledit 
cincenier  et  faire  tout  autour  de  la  bordure  dedans  et  dehors  des 
armes  de  France  à  fleurs  de  Hz  sur  Tasur  et  des  armes  de  l'église 
d'argent  sur  le  rouge,  et  au  dessus  dou  plomel  faire  une  couronne 
d'or  bien  ouvrée  desdites  armes  et  semer  d'estoilles  d'or  la  guelle 
dou  cescle  tout  autour,  parmy  la  somme  de  ix  frans  liquelx  en  fist 
environ  la  moitié  et  puis  se  départi  et  s'en  ala  en  Aragon  et  avoit 
reçu  pour  sa  peine  senz  les  couleurs  Ix  s.  » 

Jean  de  Dijon  acheva  l'ouvrage  commencé  par  Gautier. 

33.  Jacquemin  (..i382-i388). 
Jacquemin  le  peintre  a  travaillé  à  la  cathédrale. 
34.  Jean  de  Dijon  (..i383-i386). 
Jean  de  Dijon,  peintre,  a  achevé  la  peinture  du  cincenier  de  la 
cathédrale  en  1 383- 1384.  Il  reçut  «  pour  son  salaire  senz  aucunes 
couleurs  c  s.  t.  » 

Il  a  fait,  en  1384-1 385,  des  peintures  dans  l'église  Saint- 
Urbain. 


102  LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIII^  AU  XV^  SIÈCLE. 

35.  Jean  II  (..i384-i389). 
M  Maistre  Jehan  le  pointre  »  a  fait  des  peintures  à  la  cathédrale, 
dans  les  églises  Saint-Étienne^  Saint-Urbain,  etc. 

36.  Hennequin  II  (..i388-i39i). 
Hennequin  II  le  Flamand,  peintre,  a  travaillé  à  l'église  Saint- 
Etienne. 

37.  Guillaume  I  Gehevois  (. .1389-1390). 

Guillaume  I  Genevois,  peintre,  a  travaillé  à  l'église  Saint- 
Urbain. 

38.  Etienne  Machefoing  (..i 391-1407). 

Etienne  Machefoing,  peintre  et  verrier,  a  travaillé  dans  plu- 
sieurs des  églises  de  Troyes  de  1394  à  1407.  Il  paraît  avoir  été 
surtout  verrier. 

39.  Jean  Beau  Jehan  (..i 392-1406). 

Jean  Beau  Jehan,  peintre. 

XV*    SIÈCLE. 

40.  Nicolas  /CoRDOUANiER  (..1402- 1406). 

Nicolas  r  Cordouanier- était  peintre;  il  était  Flamand  et  est 
désigné  plusieurs  fois  sous  le  nom  de  «  Nicolas  le  flament.  » 

41.  Jacquemin  Le  Clerc  (..1402- 1406). 

Jacquemin  Le  Clerc,  peintre  et  enlumineur. 

42.  GiLLEQUîN  II  (..1402-1441). 

Gillequin  II  le  peintre  a  fait  de  nombreux  ouvrages  de  peinture 
et  de  dorure  dans  les  églises  de  Troyes,  entre  autres  à  la  cathé- 
drale et  aux  églises  Sainte-Madeleine  et  Saint-Urbain. 

43.  Jacquet  de  Valenciennes  (. .1406-1416). 

«  A  Jaquet  de  Valenciennes  et  son  compaignon  pointres  pour 
avoir  piastre,  blanchi  et  point  la  grant  table  basse  devant  le  grant 
autel  —  faire  les  hystoires  qu'il  faut  de  bonne  pointure  et  suffi- 
sante de  leur  mestier  par  l'espace  de  troys  mois  sens  leurs  despens 
—  baillé  pour  ledit  ouvraige...  par  accort  ix  1.  t.  »  (Compte  de 
l'église  Sainte-Madeleine  pour  les  années  141 1  à  1416.) 

44.  Jean  Sève  (..1406- 1427). 
Jean  ou  Jeannin  Sève,  peintre. 


LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIII*  AU  XV«  SIÈCLE.  Io3 

45.  Jean  I  Symon  (..1407- 1440). 

Jean  I  Symon,  peintre  et  verrier,  est  plus  connu  par  son  sur- 
nom, Jean  de  Bar-sur- Aube.  Il  a  été  marié  et  a  eu  un  fils,  Jean 
ou  Jeannin,  qui  fut  aussi  peintre  et  verrier,  et  dont  nous  parle- 
rons plus  loin. 

Jean  de  Bar-sur-Aube  est  toujours  inscrit  comme  peintre  sur 
les  rôles  des  tailles,  mais  presque  tous  les  travaux  qu'il  a  faits  à  la 
cathédrale,  aux  églises  Saint-Etienne,  Sainte-Madeleine  et  Saint- 
Urbain  sont  des  ouvrages  de  verrier. 

Il  occupait  a  la  moitié  d'une  maison  de  la  Grand  Rue  qui  va 
jusques  en  Rue  Moyenne.  » 

46.  Rasset  Tau  (..1408- 1420). 

Rasset  Tau,  peintre,  est  appelé  dans  les  comptes  Rasset  ou 
Racet  Tau,  Rasset  «  le  pointre  »  et  Jehan  Rasset. 

Il  a  travaillé  à  la  cathédrale  et  à  l'église  Sainte-Madeleine. 

Cathédrale.  1411-1412.  «  ...  Pour  son  salaire  d'avoir  point  de 
nuef  les  iiij  bastons  à  porter  le  paille  super  Corpus  Domini 
avèques  les  armes  du  Roy  et  de  l'Esglise... 

a  ...  Pour  sa  peine  d'avoir  point  ledit  cercle  (du  cincenier  du 
grand  atitel)  par  marchié  fait  (le  2 1  juin)  iij  s.  iiij  d.  » 

Sainte-Madeleine.  1411-1412.  «  ...  Poindre  la  table  enfoncée 
dessus  le  grant  autel,  la  daurer  bien  et  suffisamment  de  même  or 
et  les  ymages  vissez  ensemble  et  aussin  la  fauce  table  d'icelle, 
poindre  au  pareil  des  ymages...  xiiij  1.  t.  » 

Cathédrale.  1414-1415.  «  ...  Pour  avoir  paintes  iij  desdites 
châsses...  que  ledit  Lopin  a  délaissées  d'achever  par  l'espasse  de 
ij  ans...  viij  1.  » 

1417-1418.  a  ...  Pour  avoir  contrefait  le  pourtrait  d'une  croix 
hensé  bacin  et  le  cochet  sur  ung  patron  envoyé  par  Martin  de 
Cornuaille,  orfèvre,  demeurant  à  Seurre  près  de  Citeaux... 

xij  s.  vj  d.  » 

1419-1420.  «  ...  Par  marchié  fait  à  ly  de  paindre  ledit  ange 
(sculpté  par  Jean  le  tailleur  d'images)  et  l'espy  dessusdit,  dorer 
ij  estoilles  et  les  paneaux  où  lesdites  estoilles  tourneront  assises 
dessoubz  ledit  ange,  par  marchié  fait  à  ly  xxij  1.  x  s.  t.  » 

47.  Perrinot  Lopin  (.  .1409-1415). 

Perrinot  Lopin,  peintre,  a  travaillé  à  la  cathédrale.  Il  y  a  peint 
des  statues.  En  1414-1415,  il  a  peint  des  châsses,  «  les  iiij  anges 


104  l'Es  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIIP  AU  XV«  SIECLE. 

des  colonnes  de  l'autel,  l'aigle  de  devant  l'autel,  Parbre  dou  cierge 
benoist  et  j  ymaige  plat  de  mons'"  Saint  Père,  et  avec  ce  a  paint 
icelluy  Lopin  l'ymaige  de  Nostre  Dame,  ij  banyères  de  tafetas.  » 

48.  Jean  de  Savoye  (..1412-1415). 
Jean  de  Savoye,  peintre,  a  fait  des  peintures  à  la  cathédrale. 

49.  Aubry  Saulcier  (..1412-  -J-  de  1416  à  1418). 
Aubry  Saulcier,  peintre  et  verrier,  a  épousé  Thévenette,  dont 
il  a  eu  un  fils,  Jeannin,  qui  fut  verrier. 

5o.  Jean  de  Saint-Lynart  (..141 2-1423). 
Jean  de  Saint-Lynart,  peintre. 

5i.  Jacquet  Cautet  (..141 3-1427). 
Jacquet  Cautet  ou  Tautet,  peintre. 

52.  Jean  III  (..1416-1420). 
Jean  III,  peintre. 

53.  Jean  Talemer  (..14 16- 1428). 
Jean  Talemer,  peintre  et  verrier. 

54.  Perrin  Le  Raslat  (..141 8- 1423). 
Perrin  Le  Raslat,  peintre  et  verrier. 

55.  Simon  de  Neufchastel  (..14 19- 1429). 

Simon  ou  Simonnet  de  Neufchastel  ou  Simon  l'enlumineur, 
maître  peintre  et  enlumineur,  a  été  marié. 

Il  a  travaillé  pour  la  cathédrale  et  Téglise  Sainte-Madeleine. 

Cathédrale.  1422-1423.  «  ...  Pour  avoir  paint  le  visaige  de 
rimage  et  eslevé  et  formée  la  maçonnerie  de  ladite  banière... 

XXX  s.  » 

1423-1424.  «  ...  Pour  avoir  refait  le  visaige  de  la  banière 
nuefve,  lequel  estoit  trop  petit,  pour  ce  xx  s,  » 

Simon  de  Neufchastel  a  donné,  en  1426-1427,  les  dessins  de 
deux  des  tapisseries  (les  patrons  des  tapt^)  représentant  la  vie  de 
sainte  Marie-Madeleine  et  destinées  à  décorer  cette  église.  Chaque 
patron  lui  fut  payé  7  livres  tournois. 

56.  Pierre  de  Neufchastel  (..  1420-1423). 

Pierre  de  Neufchastel  ou  de  Nuefchastel,  peintre  et  enlumineur. 

57.  Etienne  (. .1421-1422). 
Etienne,  peintre,  a  travaillé  à  la  cathédrale. 


LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIII*  AU  XV®  SIECLE.  I05 

58.  Jacquet  /Cordonnier  (..1425-1429). 

Jacquet  I  Cordonnier  ou  Cordouannier,  maître  peintre  et  tail- 
leur d'images,  était  appelé  ordinairement  «  Jaquet  le  pointre.  » 

Il  a  travaillé  pour  l'église  Sainte-Madeleine  : 

1425- 1426.  «  ...  Pour  avoir  fait  ung  petit  patron  en  papier 
touchant  la  vie  de  la  Magdeleine,  x  s.  t.  » 

«  Pour  avoir  fait  le  patron  du  second  drap  (tapisserie  de  haute 
lice  faite  par  Thibault  Clément),  par  marchié  fait  à  lui  et  pour  le 
vin  dudit  marchié,  paie  cxv  s.  » 

1426-1427.  «  ...  Pour  avoir  fait  ung  petit  ymage  de  sainct 
Claude  pour  mettre  au  baston  de  la  confrairie,  iij  s.  iiij  d.  » 

1427-1428.  «  ...  Pour  marchié  fait  à  lui  du  iij®  drap  (de  la 
troisième  tapisserie  de  la  vie  de  sainte  Madeleine)        vj  1.  xv  s.  » 

Jacquet  Cordonnier  a  été  employé  à  des  travaux  à  la  cathédrale. 

59.  Gautier  II  (..1/126-1429). 
Gautier  II,  peintre  et  tailleur  d'images. 

60.  Jean  Symon  (..143 i-  f  en  1472  ou  en  1473). 

Jean  ou  Jeannin  Symon,  plus  connu  sous  le  nom  de  Jean  de 
Bar-sur-Aube,  était  maître  peintre,  doreur  et  verrier. 

Nous  n'avons  trouvé  dans  les  comptes  des  églises  que  des  tra- 
vaux de  verrier  au  nom  de  ce  maître,  qui  a  fait  ou  réparé  des 
vitraux  de  la  cathédrale  et  aux  églises  Saint-Etienne  et  Sainte- 
Madeleine.  Il  est  inscrit  le  plus  souvent  comme  peintre  sur  les 
rôles  des  tailles. 

61.  Jeannin  II  (. .1436-1450). 

Jeannin  II  («  Jehanin  le  pointre  »),  peintre,  a  travaillé  princi- 
palement à  la  cathédrale  et  à  l'église  Sainte-Madeleine.  Il  a  peint 
des  statues. 

Il  peignit  «  des  ystoires...  sur  le  coffre  »  dans  lequel  on  déposa 
les  restes  de  a  madame  Saincte  Hélène.  » 

62.  Jean  Boivin  (xv®  siècle). 
Jean  Boivin,  peintre. 

63.  Jean  I  Loppin  (..1440-  -j-  avant  1454). 
Jean  I  Loppin  ou  Lopin,  peintre,  a  été  marié.  Il  a  travaillé  à  la 
cathédrale. 

64.  Jean  de  Villiers  (..1440- 145 5). 

Jean  ou  Jeannin  de  Villiers,  peintre. 


i06  leç  peintres  de  troyes  du  xiii^  au  xv«  siècle. 

65.  Sevin  (..1446- 1448). 

Sevin,  peintre,  a  travaillé  à  Téglise  Notre  -  Dame  -  aux- 
Nonnains. 

66.  Jacquet  II  Cordonnier  (. .1452-1496). 

Jacquet  II  Cordonnier  ou  Cordouanier,  maître  peintre  et  tail- 
leur d'images,  était  appelé  le  plus  souvent  «  Jaquet  le  pointre,  » 
et  rarement  «  Jaquet  le  tailleur.  »  11  signait  Jaquet  Cordonier. 

Il  a  été  marié  et  a  eu  un  fils,  Nicolas. 

Il  habitait,  en  i486,  «  auprès  Saint-Urbain.  » 

Jacquet  Cordonnier  a  fait  d'assez  nombreux  ouvrages  de  pein- 
ture et  de  sculpture  pour  la  cathédrale,  pour  les  églises  Saint- 
Etienne  et  Sainte-Madeleine  et  pour  la  ville. 

Nous  ne  ferons  connaître  que  quelques-uns  de  ces  travaux. 

Église  Sainte-Madeleine.  1457- 145 8.  «  A  Jaquet  Cordonnier 
paingte  pour  sa  peine  et  salaire  d'avoir  redoré  et  repparé  une 
ymaige  de  Nostre-Dame...  pour  avoir  repainctles  ymaiges  estans 
en  deulx  des  tableaux  faisant  parement  aux  bons  jours...     xl  s.  » 

Cathédrale.  1462-1463.  «  ...  Pour  avoir  faict  iiij  ymaiges  petis 
de  Cayn  et  Abel  en  l'une  des  pierres  dudict  portrait...       xxx  s.  » 

Ville.  1463-1464.  «  A  Jaquet  Cordouannier,  paintre,...  pour 
sa  peine  et  salaire...  d'avoir  fait  et  paint  pour  la  décoracion  et 
embélissement  de  ladite  porte  (Saint-Jacques)  une  Annonciation 
de  Nostre-Dame,  un  grant  saint  Jaques,  les  armes  de  France 
et  de  Champagne,  et  patronné  en  plusieurs  lieux  de  couleurs, 

XV  1.  t.  » 

Cathédrale.  1470.  Peint  les  armes  du  cardinal  d'Avignon  à  la 
clef  d'une  des  voûtes. 

1 470-1 471.  «...  Pour  tailler  en  bois  deux  anges  et  ung  saint 
Pierre  pour  faire  patron  et  les  faire  d'argent  pour  ledit  tableau 
(des  reliques)  ^  xv  s.  » 

Ville.  3  mars  1480.  Service  funèbre  de  M.  de  Chaumont, 
ancien  gouverneur  de  la  Champagne.  «  ...  xl  escussons  armoyriés 
des  armes  de  feu  mondit  seigneur  pour  mectre  esdites  torches  et 
sierges  et  à  Pentour  du  poelle  et  aussi  au  coing  du  grant  hostel, 

xl  s.  t.  » 

Cathédrale.  1480-1481.  «  A  Jaquet  le  pointre  pour  avoir  fait 
ung  crucefiz  de  bois  pour  mooler  et  faire  ung  aultre  de  cuivre 
pour  faire  le  crucefiz  de  ladite  crois  d'argent,  pour  ce  paie  xx  s.  » 

1484- 148 5.  «  A  Jaquet  Cordonnier,  paintre,...  paindre  tout  le 


LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIII^  AU  XV®  SIÈCLE.  lOJ 

fust  desdites  orgues  de  vermeillon,...  faire  les  elles  de  l'ange  tout 
neufves  avec  les  deux  soulaiz. . .  dorer  ledict  ange  et  lesdits  soulaiz 
d'or  bruny,...  estoffes  de  fin  or...  paindre  la  volte  qui  couvre 
lesdictes  orgues,  c'est  assavoir  faire  les  quartiers  de  fin  Inde  semez 
d'estoilles  d'estain  dorey... 

«...  Faire  de  bois  deux  grans  escussons  esquieulx  sont  les 
armes  de  monseigneur  Lancion?  et  les  peindre,...  faire  un  escusson 
de  France  coronné  et  le  paindre  d'azur  et  d'or  fin  pour  le  mettre 
dessus  le  pinacle  de  l'ange...  (en  tout  60  1.  7  s.  6  d.).  » 

Ville,  i486.  Entrée  de  Charles  VIII. 

Jacquet  a  travaillé  avec  son  fils  «  pour  plusieurs  menues  parties 
de  son  mestier.  » 

Saint-Etienne.  1488-1491.  «  ...  Pour  avoir  repaint  une  petite 
châsse  couverte  d^yvoire  que  Jaques  Ruban  a  reffaicte  et  recou- 
verte d'autres  pièces  d'yvoireen  laquelle  a  repaint  es  deux  devans 
les  douze  apostres  et  à  l'ung  des  costez  ung  jugement  et  de  l'autre 
costez  une  apparition  à  la  Magdelène...  xl  s.  t.  » 

Sainte-Madeleine,  1495-1496.  Jacquet  a  fait  une  ymaige  de 
saint  Biaise,  «  estofîée  et  painte,  »  pour  le  bâton  d'une  des  con- 
fréries de  l'église. 

67.  Nicolas  Simon  (..1452). 
Nicolas  Simon,  peintre. 

68.  Nicolas  (. .1454-1456). 
Nicolas,  peintre  et  verrier. 

69.  Antoine  Lescuier  (..145 8- 1460). 
Antoine  Lescuier,  peintre  et  enlumineur. 

70.  Le  Boiteux  (..1464- 1465). 
Le  Boiteux,  peintre. 

Cathédrale.  «...  Pour  trasser  et  pourtraire  (la  tombe  de  Simon 
Roier,  chanoine  et  maître  de  Poeuvre  de  Saint- Pierre).  » 
71.  Jacquet  (..1465). 
Jacquet,  peintre. 

72.  Guillaume  //Genevois  (..1470-  f  avant  1483). 
Guillaume  II  Genevois,  peintre. 

73.  Guillemin  Passot  (..i47o-i5o3). 
Guillemin  ou  Guillaume  Passot,  maître  peintre,  appelé  souvent 
«  maistre  Guillemin  »  ou  «  Guillemin  le  pointre,  »  était  Alle- 
mand. Il  signait  G.  Passot. 


I08  LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIII®  AU  XV®  SIÈCLE. 

Il  demeurait  «  près  des  estuves  aux  hommes.  » 

Il  a  travaillé  pour  les  églises  Saint-Etienne,  Sainte-Madeleine 
et  Saint-Remi. 

Il  a  fait,  en  14g  5,  pour  l'église  Sainte-Madeleine,  «  la  pour- 
traiture  de  la  verrière  devant  l'ostel  monseigneur  de  Lirey.  » 

«  Guillaume  Passeaut,  paintreet  allemant,  »  a  peint,  en  i5o2- 
i5o3,  une  bannière  pour  l'église  Saint-Remi  ^ 

74.  Jean  I  CoTELLE  (..1472-1505). 
Jean  I  Cotelle  était  peintre  et  enlumineur. 

Il  était  au  nombre  des  habitants  armés.  Il  avait  chez  lui, 
en  1474,  une  couleuvrine  et  un  maillet  de  plomb.  Guillemin 
Passot  possédait  une  salade  et  un  maillet. 

Cotelle  a  travaillé,  en  1 5oo,  aux  préparatifs  faits  pour  l'entrée 
de  Louis  XII  à  Troyes.  et  a  peint,  en  1 504-1 5o5,  «  des  ymages 
de  la  chapelle  des  apostres  »  à  la  cathédrale.  Il  a  enluminé  des 
livres  d'église. 

75.  Jean  II  Loppin  (..1475-1478). 

Jean  II  Loppin,  peintre. 

76.  Jean  IV  (.. i476-fi5o7). 
Jean  IV,  peintre,  a  peint  pour  l'entrée  du  roi,  en  i486,  «  la 
targette  présentée  au  Roy,  la  crois  et  les  huit  bastons  du  ciel.  » 
Il  fut  inhumé  dans  l'église  Saint-Jean,  le  i3  février  1507. 

77.  Pierre  I  Blancpignon  (.,1477-1524). 
Pierre  I  Blancpignon,  peintre. 

78.  Guillemin  (..1478). 
Guillemin,  peintre. 

79.  Jean  Labbé  (1478-1484). 
Jean  Labbé,  peintre  et  enlumineur. 

80.  Jean  /Caupain  (..1480-1534). 
Jean  I  Caupain  ^  était  maître  peintre  et  tailleur  d'images. 
Il  a  été  marié  et  a  eu  un  fils,  Pierre  I,  qui  a  été  aussi  peintre  et 
tailleur  d'images. 

Il  a  travaillé  comme  peintre,  doreur  et  tailleur  d'images  pour  la 

1.  Archives  de  l'Aube,  20,  G  14. 

2.  Le  nom  est  écrit  de  différentes  façons  :  Caupain,  Caupin,  Coppains, 
Coppain,  Copain,  Copen,  Copin,  Compain.  On  lit  Caupain  sur  le  bail  de  sa 
maison. 


LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIII«  AU  XV^  SIECLE.  IO9 

cathédrale  et  les  églises  Saint-Etienne,  Saint-Jean,  Sainte-Made- 
leine et  Saint- Pantaléon. 

Nous  ne  citerons  que  quelques-uns  de  ses  ouvrages. 

Jean  Caupain  a  peint,  en  1492-1493,  à  la  cathédrale,  la  statue 
de  saint  Michel,  «  assavoir  estre  tout  doré  de  fin  or,  excepté  le 
visage  et  les  mains,  qui  doivent  estre  de  chair,  et  le  revers  de 
manteau  de  fin  azur,  le  diable  de  diverses  couleurs  et  le  tout 
faire  le  plus  richement  que  faire  se  pourra...  xxxv  1.  t.  » 

En  1498,  pour  une  entrée  de  Louis  XII,  qui  n^eut  pas  lieu,  il 
fit ,  de  concert  avec  Nicolas  Cordonnier  et  Pierre  Caupain ,  les 
peintures  des  décors.  Dans  cette  même  année,  il  peignit  et  dora  le 
monument  de  la  Belle-Croix. 

Louis  XII  fit  son  entrée  à  Troyes  en  i5oo.  Caupain  fut  appelé 
à  l'hôtel  de  ville  le  29  juillet  1 5oo  pour  donner  son  avis  sur  les 
travaux  à  faire  ;  il  fut  employé  à  ces  travaux  avec  son  fils  et  son 
varlet.  Il  fut  payé  6  sols  8  deniers  par  jour  et  son  fils  3  sols 
4  deniers. 

Il  peignit,  en  iSoô-iSoy,  un  saint  Sébastien  à  l'église  Saint- 
Jean. 

Voici  la  mention  de  plusieurs  peintures  : 

i5o7-i5o8.  Ville  de  Troyes.  «  ...  Pour  avoir  restofé  d'or  et  de 
couleurs  les  deulx  vielz  ymaiges  de  pierre  représentans  l'Anoncia- 
tion  de  l'ange  Gabriel  à  la  vierge  Marye,  qui  de  longtemps 
estoient  à  la  porte  dudit  Beuflfroy,  cv  s.  t.  » 

iSog.  Ville.  «...  Escu  de  France  or  et  couleur  sur  la  porte  de 
Comporté...  armes  de  la  ville  blanc  et  noir  à  la  porte  de  Com- 
porté. . .  (et  autres  travaux) .  » 

i5io-i5ii.  Eglise  Saint-Pantaléon.  «  ...  Pour  avoir  paint  et 
doré...  voltes  et  ymaiges...  » 

i5ii-i5i2.  Ville.  «  ...  Pour  quatre  escussons  armoyez  des 
armes  de  la  ville  portés  le  ix^  jour  du  moys  de  septembre  à  l'en- 
terrement de  feu  Jehan  de  Sainct-Aulbin,  en  son  vivant  procureur 
de  Troyes...  x  s.  t.  » 

i5ii-i5i2.  Église  Sainte- Madeleine.  «...  Pour  avoir  redoré  et 
racoustré  les  visages  et  tout  ce  qu'il  falloit  aux  quatre  anges  estant 
sur  les  quatre  coulombes  du  grant  autel,  xxx  s.  t.  » 

i5i3-i5i4.  Eglise  Saint-Jean.  «  ...  Pour  avoir  redoré  et  painct 
tout  à  neuf  les  deux  chapelles  où  l'on  met  les  ymaiges  des  confrai- 
ries...  » 


I  10  LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIII^  AU  XV*  SIECLE. 

i5i8-i5i9.  Église  Saint-Etienne.  «  ,,.  Pour  avoir  ...  painctles 
estuys  de  deux  chasses...  xxxj  s.  t.  » 

Jean  Caupain  a  travaillé  en  i534  aux  préparatifs  faits  pour 
l'entrée  de  la  reine  Éléonore  à  Troyes.  Il  était  payé  alors  lo  sols 
tournois  par  jour. 

Il  habitait,  en  1 5 1  o,  une  «  maison  à  petit  frestre  estant  des  appar- 
tenances de  rhostel  de  la  ville,  séant  en  la  grand  rue,  près  la 
Belle-Croix,  »  louée  à  la  ville  moyennant  i  lo  sols  tournois  par  an. 

8i.  Nicolas  Hubin  (..1483-1488). 

Nicolas  Hubin,  peintre,  a  travaillé  à  l'église  Saint-Etienne. 

^    82.  Jean  Tharonot  (..1484-1485). 

Jean  Tharonot,  peintre. 

83.  Nicolas  //Cordonnier  (..1486-1535). 

Nicolas  II  ou  Colas  Cordonnier,  Cordouannier  ou  Cordoan- 
nier  est  désigné  le  plus  souvent  dans  les  comptes  de  la  ville  et  des 
églises  sous  les  noms  de  «  Nicolas  le  painctre,  Nicolas  le  tai- 
lleur, Nicolas  le  tailleur,  painctre,  et  Nicolas  le  Flamant.  »  Il 
signait  Nicolas  Cordoannier  ou  Nicolas  le  painctre.  Son  nom 
était  toujours  surmonté  de  sa  marque,  consistant  en  trois  anneaux 
entrelacés,  deux  et  un,  avec  les  lettres  N  C  et  P,  placées  chacune 
dans  un  anneau,  et  ceux-ci  étant  accotés  dans  le  même  ordre  que 
les  lettres  majuscules  N,  C  et  P  (Nicolas  Cordoannier,  painctre). 

Cordonnier  était  peintre ,  tailleur  d'images  et  probablement 
aussi  verrier. 

Il  était  fils  de  Jacquet,  peintre  et  tailleur  d'images,  et  avait  pour 
frère  Victor  le  verrier. 

Il  était  flamand.  lia  épousé  Catherine  et  a  eu  plusieurs  enfants. 

Nicolas  Cordonnier  a  travaillé  pour  la  ville,  pour  la  cathédrale 
et  les  églises  Saint-Etienne,  Saint-Jean,  Sainte-Madeleine,  Saint- 
Nicolas  et  Saint-Pantaléon,  etc. 

Il  a  travaillé,  en  i486,  avec  son  père  Jacquet,  aux  préparatifs  de 
l'entrée  de  Charles  VIII. 

Il  a  peint  à  la  cathédrale,  en  1496- 1497,  pour  le  prix  de  28  1., 
les  clefs,  les  quatre  branches  et  les  Jilatières  des  cinq  voûtes,  et  a 
peint  les  armoiries  aux  clefs.  Il  avait  de  plus,  en  cette  année,  fait 
marché  avec  le  chapitre  «  de  peindre  bien  et  richement  le  reloge 
de  bonnes  painctures  et  riches.  » 

A  partir  de  Tannée  1497,  le  nombre  d'articles  des  comptes  rela- 


LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIII®  AU  XV®  SIECLE.  I  1 1 

tifs  à  des  ouvrages  de  peinture  et  de  sculpture  de  Nicolas  Cordon- 
nier est  tellement  grand  que  nous  n'en  reproduirons  que  quelques- 
uns.  Ne  nous  occupant  ici  que  du  peintre,  nous  passerons  sous 
silence  les  travaux  du  sculpteur.  Nous  n'avons  pas  non  plus  à 
examiner  à  présent  si  ce  maître  a  été  verrier,  s'il  a  peint  sur  verre. 
Toutefois,  sans  nous  prononcer  sur  l'attribution  qui  lui  est  faite 
du  vitrail  représentant  la  vie  de  saint  Éloi,  fait,  au  commencement 
du  xvp  siècle,  pour  la  communauté  des  orfèvres,  dans  leur  cha- 
pelle à  l'église  Sainte-Madeleine,  nous  regardons  comme  très  pro- 
bable que  Cordonnier  en  fit  les  cartons  (le  patron). 

Par  les  extraits  d'articles  des  comptes  qui  suivent,  on  jugera  de 
la  diversité  des  travaux  de  Nicolas  Cordonnier. 

Cathédrale.  i5oo-i5oi.  «  ...  Pour  avoir  repainct  le  chasteletdu 
jour  de  Pasques  et  le  ...  des  orgues...  » 

i5oi~i5o3.  «  ...  Pour  avoir  faict  trois  ymaiges  de  sainct 
Pierre...  » 

i5o2-i5o3.  «  ...  Pour  avoir  faict  quatre  escussons  esquelx  sont 
imprimez  les  armes  de  feu  monseigneur  de  Nemours...  » 

i5o5-i5o6.  a  ...  Pour  avoir  faict  ung  patron  au  petit  pied  selon 
lequel  les  verriers  doivent  faire  les  verrières  de  la  croisée...  xx  s.  » 

«...  Pour  avoir  redoré  les  tuyaux  des  orgues...  » 

1 507-1 5o8.  «  ...  Pour  avoir  faict  six  escussons esquelz  sont  les 
armes  du  pape  moderne  Julius...  xij  s.  » 

1 509-1 5 10.  «  ...  Pour  avoir  painct  ung  crucifiment,  une  Nostre 
Dame,  ung  sainct  Jehan  l'évangéliste...  » 

Saint-Pantaléon.  i5io-i5ii.  «  ...  Pour  avoir  faict  les  patrons 
de  l'ymage  sainct  Pantaléon...  xx  s.  » 

Saint-Jean.  i5io-i5i2.  «  ...  Pour  avoir  doré  et  paint  la  table 
d'autel  ensemble  les  ventaulx...  Ix  livres.  » 

i5ii-i5i2.  «  ...  Pour  avoir  paint  le  soubassement  de  la  table 
de  l'autel  Nostre-Dame,  avoir  relavé  et  épousseté  celle  du  grant 
autel...  et  fait  un  patron  du  pied  de  la  croix  d'argent  qui  se  met 
sur  le  bureau  aux  bans...  » 

i5i2-i5i3.  «  ...  Pour  son  salaire  d'avoir  dorey  le  cochet,  la 
crois,  la  pomme,  la  hense  de  cuyvre  et  celle  de  plont  ensemble  les 
rays  du  soleil  et  aussy  pour  avoir  dorey  la  couronne  estant  autour 
le  clocher  et  pour  l'or  couleur  qu'il  a  fourny,  viij  1.  » 

Église  Sainte-Madeleine,  îbiS-i5ig.  «  ...  Pour  avoir  remis  à 
point  les  venteaulx  de  la  table  du  grand  autel,  assavoir  reburny, 
laver  et  nettoyer  et  mettre  de  l'or  là  où  il  en  falloit,  faire  un 


112'  LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  Xllie  AU  XV»  SIECLE. 

patron  de  damas  lequel  a  esté  envoyé  à  Lyon  pour  faire  les  beaulx 
habits  et  aussi  pour  avoir  remis  à  point  le  dyadème  de  Nostre 
Seigneur  au  grand  autel,  xxx  s.  » 

Cathédrale.  1 5 19-1520.  a  ...  Paie  (le  2  3  mars  i52o)...  sur  les 
sept  ymaiges  que  doibt  faire  pour  les  sept  aultels  députés  pour  les 
visitations  desquels  il  a  jà  fait  Nostre  Dame  la  Majeure...     x  1.  » 

Église  Saint-Étienne.  1 5 19-1520.  «  ...  Avoir  tailler,  painct, 
conduire  l'euvre  envers  les  filles  pénitentes  à  faire  la  bannière 
neufve,  Iv  1.  t.  » 

«...  Avoir  faict  tailler  le  ciel  à  mettre  sur  le  corps  Nostre  Sei- 
gneur, le  dorey  et  avoir  faict  quatre  hystoires  de  la  feste  et  avoir 
doré  le  baston  saincte  Hoylde,  Tymage  de  ladicte  saincte  et  celle 
de  sainct  Laurent,  xxxij  1.  t.  » 

«...  Bannière  painte  sur  taffetas. 

«...  Pour  faire  deux  des  hystoires  dudict  ciel  (de  taffetas 
blanc)...  » 

Cathédrale.  i5i9-i52o.  «  ...  vij  ymaiges  pour  les  vij  autelz 
députez  pour  les  visitacions...  » 

Église  Saint-Jean.  i52i-i522.  «  ...  Pour  avoir  pourtrait  la 
voste  et  les  pandans  de  Tymage  Nostre- Dame...  » 

Église  Notre-Dame-aux-Nonnains.  i52i-i  522.  Patrons  «par 
luy  faictz  et  fourniz  pour  la  réfection  de  la  verrière  de  ladicte 
église...  » 

Cathédrale.  1 524-1 525.  «  ...  Pour  avoir  painct  Fymage  de 
Nostre  Dame  de  la  chapelle  de  Droyn...  » 

Église  Saint-Nicolas.  1 524-1 525.  «  ...  Pour  racoustrer  de 
paincture  le  mont  de  Calvaire  et  redorer  et  racoustrer  de  paincture 
î'ymage  sainct  Nicolas  du  bureau...  » 

Église  Sainte-Madeleine.  i525-i526.  «  ...  Faict  un  patron  de 
la  banière...  » 

Église  Saint-Nicolas.  i525-i526.  «  ...  Pour  le  pourtraict  de  la 
forme  de  l'église... 

«...  Faict  ung  ymage  de  crucifix,  ung  ymage  de  résurrection, 
une  armoyrie  du  pape...  » 

Cathédrale.  1 526-1 527.  «  ...  Pour  douze  pièces  de  patrons  de 
la  vie  saincte  Marguerite  pour  le  pied  de  ladicte  saincte  pour 
envoyé  à  la  ville  de  Limoges  pour  faire  esmaulx  sur  iceulx 
patrons...,  à  lui  paie  iiij  1-  x  s.  » 

Ville.  Juillet  i53o.  «  ...  Pour  quatre  grans  escussons  armoyez 
des  armoiries  de  France,   Daulphiné,  Orléans  et  Champaigne, 


LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIII"  AU  XV^  SIECLE.  I  I  3 

bordez  à  l'entour  de  chappeletz  de  triumphe  mis  en  décoracion 
devant  Thostel  de  la  ville  durant  le  jour  de  la  feste  de  la  joyeuse 
rédicion  de  messeigneurs  les  enfans  de  France,  iiij  1.  » 

Église  Sainte-Madeleine.  i53o-i53i.  «  ...  Pour  avoir  faiçt  le 
pourtraict  de  la  tour  d'icelle  église...  Ix  s.  » 

Nicolas  Cordonnier  a  travaillé,  en  janvier  i534,  aux  prépara- 
tifs de  l'entrée  de  la  reine  Éléonore  à  Troyes;  il  était  payé  lo  sols 
tournois  par  jour.  On  voit  par  les  comptes  que  Mytart  et  lui 
(«  Nicolas  le  Flament  »)  étaient  chargés  de  «  conduire  et  maneu- 
vrer  la  salamandre  et  son  jeu.  » 

Nicolas  Cordonnier  a  élé  preud  homme  de  son  quartier;  il  assis- 
tait en  cette  qualité  à  l'assemblée  générale  du  2  avril  019  pour 
l'élection  des  échevins.  Il  a  été  député  des  libraires,  des  brodeurs 
et  des  peintres  en  1 5 1 3. 

Il  habitait  «  la  grant  rue  proche  Saint-Urbain,  »  et  nous  avons 
trouvé  sa  veuve,  en  i536-i540,  au  même  lieu,  «  maison  neufve 
grand  rue...  avec  court  et  jardin  derrière  icelle  '.  » 

84.  Pierre  Camus  (..1488- 1497). 

Pierre  Camus,  peintre  et  enlumineur. 

85.  Vincent  Cordonnier  (.  .1492-1496). 

Vincent  Cordonnier,  peintre. 

86.  Jean  Baudrier  (. .1493-1495). 

Jean  Baudrier,  peintre,  a  peint,  en  1494,  «  les  ymaiges  et  le 
portail  de  devant  ladicte  église  »  Notre-Dame-aux-Non nains. 

87.  Co/mef  Copain  (..  1494-15 00). 
Colinet  Copain,  peintre  et  tailleur  d'images. 

88.  Pierre  I  Caupain  (..  1 498-1 524). 

Pierre  I  Caupain,  peintre  et  tailleur  d'images,  était  fils  de  Jean, 
également  peintre  et  tailleur  d'images. 

Il  a  été  marié. 

Son  nom  est  écrit  de  plusieurs  manières  :  Caupain,  Copain 
Coppain,  Compain. 

Pierre  I  Caupain  a  travaillé  pour  la  ville  et  pour  les  églises 
Saint-Jean  et  Sainte-Madeleine. 

Voici  la  mention  de  quelques-uns  de  ses  ouvrages  : 

I.  Archives  de  l'Aube,  censier  de  Saint-Urbain. 

art  fr.  IV  8 


It4  LES  PEINTRES  DE  TROYES  DU  XIII«  AU  XVe  SIÈCLE. 

Pierre  Caupain  a  été  employé  par  la  ville  en  1498  et  en  i5oo 
aux  travaux  de  décoration  faits  pour  les  entrées  de  Louis  XII. 

i5i4.  Ville.  «...  Pour  avoir  faict  xlviij  escussons  en  armoy- 
rie...  xl  s.  t.  » 

i5i4-i5i5.  Église  Sainte-Madeleine.  «  ...  Pour  avoir  painct 
ung  Dieu  pourtant  sa  croix  en  ung  pan  de  toille  pour  mettre  par 
le  bas  devant  le  grant  autel...  » 

1 5 17-15 18.  Église  Sainte-Madeleine.  «  ...  Pour  avoir  painct 
de  diverses  couleurs  le  sainct  Pierre  et  le  sainct  Michel  estant  au 
portail  devers  le  cimetière...  » 

i3i8.  Église  Saint-Jean.  «  ...  Pour  la  despanse  du  ciel  qui  a 
esté  faict  pour  mettre  sur  le  grant  autel...  tant  pour  avoir  livré 
les  estoffes  de  la  paincture  du  ciel  que  pour  sa  fasson,     ix  1.  x  s.  » 

1 521 -1 522.  Église  Saint-Jean.  «  ...  Pour  avoir  repainct  sainct 
Marc...  » 

Pierre  I  Caupain  habita,  avec  son  père  Jean,  aur moins  jusqu'en 
i5i6,  une  «  maison  à  petit  frestre  estant  des  appartenances  de 
l'hostel  delà  ville  (dans  la  grande  rue),  près  de  la  Belle  Croix,  » 
que  Jean  avait  louée  à  la  ville. 

89.  CoTELLE  (..1499-15 00). 

Cotelle,  frère  de  Jean,  peintre,  a  travaillé  en  1 5oo  aux  prépa- 
ratifs de  l'entrée  de  Louis  XII. 

90.  Jean // Caupain  (..1499-15 14). 

Jean  II  Caupain  ou  Copain  le  jeune,  peintre,  fils  de  Jean  I. 
Il  a  fait  des  ouvrages  de  peinture  et  de  dorure  à  l'église  Saint- 
Jean. 

91.  Jean  I  Macadré  (..1499-  f  de  i5i4  à  1547). 

Jean  I  Macadré,  peintre  et  verrier,  était  neveu  du  verrier  Liévin 
Varin;  il  a  été  marié  et  a  eu  un  fils  Jean,  qui  fut  aussi  verrier. 

Jean  I  Macadré  ne  nous  est  connu  que  par  des  travaux  de 
verrier. 

Natalis  Rondot. 


JEHAN    DURANT.  I  I 5 

JEHAN  DURANT. 

(i5oo.) 

Contrat  d' apprentissage  passé  par  Mexme  Peguet  avec  Jehan 
Durant,  maître  des  œuvres  de  maçonnerie  et  charpenterie pour 
le  Roi  en  Touraine. 

Nos  Documents  sur  les  arts  en  Touraine  mentionnent  dès 
1478  Jehan  Durant  comme  compagnon  maçon;  il  est  alors  au 
début  de  sa  carrière.  En  i4g3,  il  refait  pour  la  ville  de  Tours  un 
pilier  du  pont  Sainte-Anne,  et  en  i5oo  il  donne  son  avis  sur  les 
réparations  de  quelques  piles  du  grand  pont,  récemment  endom- 
magées par  une  inondation. 

La  pièce  suivante  nous  le  montre,  en  la  même  année,  passant  un 
contrat  d'apprentissage  avec  Mesme ,  ou  plutôt  avec  Mexme 
Peguet,  natif  des  environs  de  Chinon,  où  saint  Mexme  était  en 
grande  vénération,  ce  qui  explique  ce  prénom  assez  rare.  Peguet 
n^a  du  reste  laissé  aucune  trace,  et  l'on  ne  connaît  rien  de  lui. 

Jehan  Durant  est  qualifié  maître  des  œuvres  de  maçonnerie  et 
charpenterie  pour  le  Roi  en  Touraine,  ce  qui  était  un  poste  consi- 
dérable, toujours  occupé  à  cette  époque  par  des  hommes  d'un  véri- 
table talent,  dans  lequel  il  a  probablement  succédé  à  Jehan 
Regnard.,  que  nous  trouvons  jusqu'en  1498  et  qui  ne  fut  pas  sans 
doute  étranger  aux  beaux  travaux  exécutés  au  château  d'Am  boise 
par  Charles  VIII.  Jehan  Durant  paraît  lui-même  avoir  commencé 
le  couronnement  du  clocher  nord  de  notre  cathédrale,  ce  premier 
spécimen  de  la  renaissance  architecturale  en  Touraine,  car  nous 
le  trouvons  dans  les  comptes  de  la  ville  avec  le  titre  de  maître  des 
œuvres  de  l'église  de  Tours,  ce  qui  s'entend  toujours  de  la  cathé- 
drale. Son  nom  mérite  donc  d'occuper  une  place  honorable  sur  la 
liste  de  nos  architectes  tourangeaux. 

Ch.  DE  Grandmaison, 
Arclîiviste  d'Indre-et-Loire. 

8  juillet  i5oo.  , 

Le  vin*  jour  de  juillet,  l'an  mil  cinq  cens,  en  la  court  du  Roy  nostre  Sire, 
à  Tours,  personnellement  establiz,  honorable  homme  Jehan  Durant,  maistre 
des  œuvres  de  charpenterie  et  massonnerie  pour  le  Roy  nostre  Sire,  en  Tou- 
raine, d'une  part,  et  Mesme  Peguet,  aagé  de  xviii  ans  ou  environ,  natif  de 
la  paroisse  de  Saint-Benoist,  près  Chinon,  promectant  par  deffaut  d'aage  de 
non  venir  encontre  ces  présentes,  o  l'auctorité  et  consentement  d'Anthoine 


ir6  PEINTRES    OUBLIÉS. 

Menard  son  oncle,  d'autre  part,  soubzmectans,  lesquels  ont  confessé  en 
ladicte  court  avoir  fait  et  font  entre  eulx  les  accords,  convenances,  pro- 
messes et  obligations  qui  s'ensuivent,  en  la  manière  qui  s'ensuit;  c'est  assa- 
voir, que  ledit  Peguet  s'est  loué  et  accueilli,  lui  et  ses  œuvres,  audit  Durant, 
de  la  Saint-Jehan-Baptiste  dernière  passée,  jusqu'à  six  ans  consécutifs,  et  se 
suivans  l'un  l'autre  sans  intervalle,  pour  icelluy  Durant,  sondit  maistre,  servir 
bien  et  loyaument  en  son  fait  et  art  de  maczonerie  et  en  toutes  autres  choses 
licites  et  honnestes,  ledit  temps  durant,  son  protïit  faire,  et  dommage  eschi- 
ver  à  son  pouvoir,  moienant  que  ledit  Durant  sera  tenu  et  a  promis  et  pro- 
met instruire  et  monstrer  audit  Peguet  ledit  mestier  et  art  de  massonerie, 
bien  et  duement  ledit  temps  durant,  si  audit  Peguet  ne  tient,  et  oultre,  le 
fournir  de  boire,  manger,  feu  et  lit  et  de  tous  les  habillemens  à  luj  néces- 
saires ledit  temps  durant,  fors  et  excepté  que  à  l'entrée  de  son  service,  ledit 
Peguet  sera  tenu  se  habiller  tout  de  neuf,  fors  de  souUiers,  et  à  la  fin  dudit 
temps,  ledit  Durant  sera  tenu  et  a  promis  et  promet  l'habiller  tout  de  neuf, 
ainsi  que  à  son  estât  appartient;  et  à  ce  tenir,  etc. 

Signé  :  J.  Foussedouaire. 
(Minutes  de  J.  Foussedouaire,  notaire  à  Tours,  registre  de  i5oo  à   i5o2 
inclus,  fol.  34.) 


PEINTRES  OUBLIÉS. 

(1588-1598.) 

ROBERT  BOULANGER,  NICOLAS  LESCUYER,  GRÉGOIRE 
PETITPAS,  JEAN  BERRY,  ETIENNE  PONNANCEAU, 
JEHAN    DE    BELL  Y,    JEHAN   FACE,    PIERRE    TESSIER. 

Extraits  des  notes  inédites  d'Auguste  Jal,  communiqués  et  annotés 
par  M,  Henry  Jouin. 

I- 
Boulanger  ou  Boullenger  (Robert).  —  i588. 

3  septembre  i588.  Baptême,  à  Saint-Merry,  de  Pierre,  fils  de 
Robert  Boulanger^  peintre,  et  de  Charlotte  Lesguier  [sic]\  sa 
femme. 

(Registre  de  Saint-Merry.) 

II. 

Boullenger  (Robert).  —  iSSg. 
Lescuyer  (Nicolas).  —  1589. 

Du  dimanche  27^  d'aoust  1589.  Baptême,  à  Saint-Jacques-de- 
I .  Lesguier  pour  Lescuyer. 


PEINTRES    OUBLIES.  l  I  7 

la-Boucherie,  de  Nicollas,  fils  de  Robert  Boullenger,  peintre,  et 
de  Charlotte  Lescuyer,  sa  femme,  rue  Saint-Martin.  Parrain, 
Nicollas  Lescuyer,  aussi  peintre. 

(Registre  de  Saint- Jacques-de-la-Boucherie.) 

m. 

Petitpas  (Grégoire).  —  iSSg. 

Dupont  (Philippe),  parrain  de  Claude,  fille  de  Grégoire  Petit- 
pas,  peintre,  le  i5  octobre  iSSg. 
(Registre  de  Saint-Jean-en-Grève.) 

IV. 

Berry  (Jean).  —  1592. 

6  janvier  1592.  Baptême  à  Saint-Germain  l'Auxerrois  de  Marie, 
fille  de  honorable  homme  Jean  Berry,  maître  peintre  à  Paris,  et 
d'' Isabelle  Trieur,  sa  femme. 

(Registre  de  Saint-Germain-l'Auxerrois.) 

Un  homonyme  de  ce  maître  peintre  «  Jean  Bery,  imager,  »  est  mentionné 
par  L.  de  Laborde,  à  la  date  de  1 540,  dans  la  Renaissance  des  arts  (I,  4o3). 

V. 
PoNNANCEAu  (Etienne).  —  1592. 

28  avril  1592.  Baptême  de  Marie,  fille  de  honneste  homme 
Estienhe  Ponnanceau,  maître  painctre,  et  de  Renée  Longuet,  sa 
femme. 

(Registre  de  Saint-Jean-en-Grève.) 

VI. 
Belly  (Jehan  de).  —  rSgô. 

16  may  iSgô.  Baptême  à  Saint-Germain-PAuxerroisd^Isabelle, 
fille  de  Jehan  de  Belly,  maître  paintre,  et  dlsabelle  Tomur,  sa 
femme. 

(Registre  de  Saint-Germain-l'Auxerrois.) 

VII. 
Face  (Jehan).  —  iSgy. 
4  aoust  1597.  Baptême  de  Louis,  fils  de  Jehan  Face,  maître 


I  l8  CLAUDE    DERUET. 

painctre,  et  de  Catherine  Ponteron,  sa  femme.  Parrains,  Loj^s 
Vaillant,  maître  menuisier,  et  Hyérosme  Bollery,  maître 
painctre. 

Jehan  Face  demeurait  rue  Mondetour, 

(Registre  de  Saint-Eustache.) 

Jal  {Dictionnaire  critique,  p.  244,  col.  i)  mentionne  incidemment  le  bap- 
tême du  fils  de  Jehan  Face,  mais  il  ne  dit  pas  que  ce  peintre  est  allié  aux 
Pontheron,  ce  qui  ressort  des  lignes  qui  précèdent.  Au  cours  de  l'article  qu'il 
consacre  aux  peintres  Pierre  I",  Nicolas,  Pierre  II  Pontheron  (même 
source,  p.  988,  col.  i  et  2),  Jal  est  muet  sur  Jehan  Face.  Catherine  Ponthe- 
ron, femme  de  Jehan  Face,  doit  être  une  fille  de  Pierre  /"  Pontheron  ;  son 
acte  de  naissance  a  échappé  aux  recherches  de  Jal. 

VIII. 

Tessier  (Pierre).  —  iSgS. 

Jehanne  Jessier,  fille  de  Pierre  Tessier,  maître  peintre,  mar- 
raine à  Saint-Merry,  le  25  juillet  iSgS,  de  Jacques,  fils  de  Jus- 
quin  Testelin. 

(Registre  de  Saint-Merry.) 


UN  TABLEAU  DE  CLAUDE  DERUET. 

(1621.) 

On  ne  peut  guère  reprocher  à  E.  Meaume  d'avoir  donné  une 
liste  incomplète  des  tableaux  du  peintre  lorrain  Claude  Deruet. 
A  l'époque  déjà  éloignée  où  il  publia  une  biographie  d'ailleurs 
intéressante  de  cet  artiste,  les  travaux  sur  l'art  français  étaient  à 
peu  près  nuls,  les  recherches  restaient  difficiles,  les  archives 
n'avaient  pour  ainsi  dire  encore  livré  aucun  de  leurs  secrets.  Il 
convient  d'ajouter  aux  oeuvres  dont  Deruet  est  reconnu  l'auteur 
une  Assomption  de  la  Vierge  qui  lui  fut  commandée  pour  l'église 
de  Mirecourt  (Vosges)  en  1621  (Arch.  comm.  de  Mirecourt,  BB.  3) 
et  qui  devait  orner  le  maître-autel.  Cette  toile,  qui  lui  fut  payée 
800  francs  (mêmes  archives,  CC.  18  et  20)  en  deux  fois,  existe 
toujours  à  l'église  paroissiale  de  Mirecourt.  Elle  mesure  2'"6o  de 
haut  sur  2'"3o  de  large,  et  représente  la  Vierge  montant  au  ciel, 
entourée  d'anges  ;  sur  le  plan  inférieur  est  figuré  le  groupe  des 

apôtres. 

Henri  Stein. 


SERVANDONI,    BRUNETTI,    TRAMBLIN,    ETC.  II9 

LES  PEINTRES  DÉCORATEURS  DU  XVIII"  SIÈCLE. 

SERVANDONI,  BRUNETTI,  TRAMBLIN,  ETC.,  ETC. 

NOTES    INÉDITES    DE    FAVART. 


Ce  serait  un  bien  curieux  chapitre  de  l'histoire  de  l'art  celui  qui  serait 
spécialement  consacré  aux  peintres  décorateurs  pour  les  théâtres,  les  fêtes 
publiques  et  les  cérémonies  funèbres.  Il  est  à  craindre  que  ce  chapitre  ne 
soit  pas  écrit  de  sitôt,  en  raison  des  difficultés  du  sujet  et  de  la  rareté 
des  documents  positifs.  11  y  a  cependant  parmi  ces  peintres,  qu'on  est  trop 
habitué  à  traiter  en  artistes  d'ordre  inférieur,  des  virtuoses  de  premier  ordre, 
d'une  intelligence  très  remarquable,  d'une  habileté  de  main  sans  égale.  On 
pourrait  se  demander  à  cette  occasion  si  la  décoration  des  murailles  planes 
n'est  pas  le  véritable  but  de  la  peinture,  bien  plutôt  que  l'exécution  d'un 
panneau  microscopique  ou  d'un  trompe-l'œil  plus  ou  moins  habile  qui  peut 
se  placer  indifféremment  dans  tous  les  jours  et  s'enlever  suivant  le  caprice  du 
propriétaire.  L'examen  de  cette  grosse  question  nous  mènerait  loin.  Pour 
le  moment  contentons-nous  de  présenter  aux  lecteurs  les  documents  que 
nous  avons  recueillis  sur  les  peintres  décorateurs  du  xviri»  siècle. 

Favart,  l'auteur  bien  connu,  le  mari  de  la  célèbre  actrice,  est  chargé,  par 
le  comte  de  Durazzo,  conseiller  intime  de  Leurs  Majestés  Impériales,  de 
recruter,  parmi  les  plus  habiles  artistes  de  Paris,  des  décorateurs  disposés  à 
faire  le  voyage  de  Vienne  et  à  s'installer  pour  quelque  temps  en  Autriche. 
Avant  de  rien  conclure,  il  envoie  à  son  correspondant  des  notes  détaillées 
sur  les  hommes  les  plus  aptes  à  remplir  ses  vues.  Nul  n'était  mieux  placé 
que  Favart  pour  connaître  le  fort  et  le  faible  de  tout  ce  qui  touchait  de  près 
ou  de  loin  au  théâtre.  Aussi  ces  notes  nous  ont-elles  paru  particulièrement 
intéressantes  en  raison  de  la  situation  de  leur  auteur,  qu'elles  s'appliquassent 
à  des  artistes  connus  comme  Servandoni  ou  Brunetti,  ou  qu'elles  fournissent 
des  renseignements  sur  des  peintres  dont  le  nom  est  aujourd'hui  presque 
complètement  oublié.  Il  n'est  pas  jusqu'aux  détails  sur  les  décorateurs 
machinistes  comme  Fouré  et  Duclos  et  jusqu'aux  appréciations  sur  les  cory- 
phées de  la  danse  à  l'Académie  royale  de  musique  qui  ne  prennent  une 
importance  particulière  sous  la  plume  d'un  homme  compétent  comme  Favart. 
Aussi  donnons-nous  sans  exception  toutes  les  notes  contenues  dans  le  dossier 
qu'un  heureux  hasard  a  fait  venir  en  nos  mains. 

Aucune  des  pièces  que  nous  publions  n'est,  il  est  vrai,  signée.  Ce  ne  sont 
que  des  brouillons  de  lettres,  des  projets  de  traités  ou  des  renseignements 
fournis  par  les  intéressés,  comme  la  note  sur  le  machiniste  Duclos,  dont 
nous  avons  scrupuleusement  respecté  la  fantastique  orthographe.  Mais  ces 
brouillons  nous  paraissent  présenter  tous  les  caractères  de  l'authenticité  la 
plus  certaine.  Les  analyses  sommaires  ajoutées  en  tête  de  chaque  pièce  par 
une  main  différente  prouvent  l'intérêt  qu'on  attachait  déjà  par  le  passé  à 
ces  documents.  L'annotateur  n'hésite  pas  d'ailleurs  sur  le  nom  du  corres- 
pondant dQ  la  cour  de  Vienne. 

Les  Mémoires  et  correspondance  littéraires,  dramatiques  et  anecdotiques 


I20  SERVANDONI,    BRUNETTI,    TRAMBLIN,    ETC. 

de  C.  S.  Favart,  publiés  par  A.  P.  C.  Favart,  son  petit-fils,  parurent  en 
1808*  (3  vol.  in-è".  Paris,  Léopold  Collin).  Ils  contiennent  toute  la  cor- 
respondance de  Favart  avec  le  comte  de  Durazzo.  L'auteur  dramatique  tient 
le  conseiller  intime  au  courant  de  toutes  les  nouvelles  théâtrales  et  s'occupe 
constamment  de  recruter  des  sujets  pour  le  théâtre  de  Vienne.  Nous  nous 
sommes  assuré  que  les  lettres  suivantes  navaient  pas  paru  dans  le  recueil 
de  1808  qui  renferme  parfois  des  renseignements  curieux  sur  les  artistes 
nommés  ici. 

La  correspondance  avait  commencé  le  20  décembre  175g.  Elle  débute 
par  une  lettre  du  comte  précisant  la  nature  des  services  qu'il  attend  de 
son  agent  littéraire.  Comme  une  lettre  du  20  juillet  1760  annonce  qu'un 
des  artistes  signalés  par  Favart,  le  sieur  Charles-André  Tremblin,  engagé 
par  la  cour  de  Vienne,  n'avait  pas  réussi  et  avait  dû  quitter  l'Autriche  pour 
la  Russie,  il  s'ensuit  que  le  dossier  que  nous  publions  date  des  premières 
relations  de  Favart  avec  le  conseiller  intime,  c'est-à-dire  du  commencement 
de  l'année  1760. 

Nous  mentionnons  plusieurs  passages  des  lettres  imprimées  se  rapportant 
à  quelques  artistes  nommés  dans  nos  pièces.  Au  milieu  de  beaucoup  de 
détails  curieux  sur  le  théâtre  et  d'anecdotes  scabreuses,  on  rencontre  çà 
et  là  quelques  renseignements  intéressants  sur  les  artistes  en  réputation. 
Signalons  notamment  le  passage  de  la  lettre  du  2  5  septembre  1761,  relatif 
aux  peintres  Doyen^  Grem^e  et  Casanova. 

A  côté  des  peintres  décorateurs,  Favart  énumère  dans  les  pièces  qui 
suivent  les  décorateurs  machinistes  les  plus  habiles.  Ces  détails  sont  d'au- 
tant plus  précieux  que  les  hommes  auxquels  ils  se  rapportent  sont  moins 
connus.  Nous  reproduisons  également  un  état  des  danseurs  et  danseuses  en 
réputation,  bien  que  cet  état  soit  par  sa  nature  assez  étranger  à  l'objet  de  la 
Revue.  Il  est  court  et  certaines  appréciations  de  l'écrivain  ne  laissent  pas  d'être 
assez  piquantes. 

J.   J.    GUIFFREY. 

I. 

Lettre  de  Favart  au  comte  de  Dura^o  ^. 

Monseigneur, 
Depuis  que  j'ai  eu  l'honneur  d'écrire  à  V.  Exe,  je  n'ai  point 

i.  Une  édition  abrégée  de  ces  mémoires  a  été  publiée,  en  i853  (Paris, 
Eugène  Didier,  i  vol.  in-12),  sous  ce  titre  :  Œuvres  de  M.  et  M"""  Favart, 
leur  vie,  par  lord  Pilgrim  ;  M'"°  Favart  et  le  maréchal  de  Saxe,  par  Léon 
Go^lan. 

2.  En  tête  de  la  pièce,  on  lit  cette  annotation  :  «  De  M.  Favart.  Il  propose 
plusieurs  peintres;  d'abord  le  chevalier  Servandoni,  ensuite  Brunetti,  après 
le  s.  Piètre,  Italien,  puis  Tremblin,  dont  il  fait  l'éloge.  11  dit  que  Bocquet 
ferait  ici  des  dessins  pour  le  théâtre  de  Vienne. 

«  Il  propose  encore  les  s"  de  Leu:^e,  Guillet  et  Moulin,  ensuite,  comme 
peintres  du  second  ordre,  les  s"  Boudon,  Le  Maire,  Tardif. 

«  Il  parle  du  s.  Fouré,  décorateur  machiniste.  » 


SERVANDONI,  BRUNETTI,  TRAMBLIN,  ETC.  121 

discontinué  mes  recherches.  Voici  un  état  exact  des  sujets  qui 
pourroient  convenir. 

Peintres  décorateurs  : 

On  m'a  dit  que  le  chevalier  Servandoni^  est  dans  le  dessin  de 
s'attacher  à  la  cour  de  Vienne.  Ce  célèbre  artiste  a  une  réputation 
trop  étendue  pour  qu'il  soit  besoin  de  détailler  ses  talens. 

Après  lui,  on  peut  citer  le  s.  Brunetti^  que  j'ai  déjà  proposé. 
Ensuite  le  s.  Piètre^  Italien,  premier  peintre  et  décorateur  de 
rOpéra.  On  a  vu  ses  ouvrages  au  théâtre  de  Dresde.  Il  est  lié  à 
Paris  par  des  engagements.  Il  ne  pourroit  travailler  ailleurs  que 
par  congé. 

Le  s.  Tremblin,  actuellement  directeur  des  travaux  des  Gobe- 
lins  pour  les  peintures  et  dorures  des  équipages.  Il  a  décoré  le 
théâtre  de  l'escalier  des  Ambassadeurs,  à  Versailles,  et  celui  de 
]yjme  jg  Pompadour,  à  Bellevue.  Il  a  été  chargé  par  la  Ville  de 
plusieurs  fêtes  publiques  qu'il  a  fait  exécuter  sur  ses  dessins.  Il  a 
été  pendant  quelques  années  premier  peintre  et  décorateur  de 
l'Opéra.  Il  a  Timagination  vive  et  beaucoup  de  goût.  Il  travaille 
dans  tous  les  genres,  dessine  la  figure  et  très  bien  Tornement. 
Comme  personne  n'est  plus  en  état  d'apprécier  les  talens  que 
Votre  Grandeur,  je  lui  envoyé  quelques  dessins  de  Tremblin.  Il 
vous  supplie,  Monseigneur,  de  les  renvoyer  à  Paris  lorsqu'ils 


I.  Né  en  i6g5,  à  Florence,  le  chevalier  Jean-Nicolas  Servandoni  est  trop 
connu  pour  qu'il  soit  besoin  de  retracer  ici  les  principales  étapes  de  sa 
longue  carrière.  On  sait  que  l'ouvrage  qui  établit  surtout  sa  réputation  est 
le  portail  fastueux  de  l'église  Saint-Sulpice. 

Servandoni  était  membre  de  l'Académie  royale  de  peinture  et  de  sculpture, 
chevalier  de  l'ordre  du  Christ,  d'où  le  titre  de  chevalier  qu'il  joignait  à  son 
nom,  et  avait  été  nommé  premier  architecte  décorateur  du  roi  de  Pologne, 
électeur  de  Saxe.  Il  mourut  en  1766. 

Sur  un  autre  brouillon  de  la  lettre  de  Favart,  faisant  partie  du  même  dos- 
sier, on  lit  ce  passage  qui  paraît  avoir  été  supprimé  sur  le  texte  définitif 
du  rapport  :  «  On  m'a  dit  que  le  chevalier  Servandoni,  actuellement  à 
Bruxelles,  seroit  flatté  d'être  au  service  de  la  cour  de  Vienne.  Si  cela  est,  tous 
les  sujets  que  j'ai  à  proposer  doivent  baisser  pavillon  devant  lui.  Cet  artiste 
célèbre  est  le  premier  de  son  genre  pour  la  décoration  des  théâtres,  l'ordon- 
nance des  fêtes  et  la  majesté  des  spectacles.  11  réunit  le  goût  et  le  génie,  et, 
lorsqu'il  est  secondé,  on  est  sûr  d'une  parfaite  exécution.  II  est  vrai  que 
l'on  l'accuse  d'employer  souvent  des  moyens  trop  dispendieux;  mais, 
lorsque  l'on  vise  au  grand,  l'économie  resserre  l'imagination.  » 


122  SERVANDONI,    BRUNETTI,    TRAMBLIN,    ETC. 

auront  été  examinés,  parce  que  ce  sont  des  originaux  qu'il  veut 
faire  graver  et  qu'il  n'en  a  pas  de  copies.  Tremblin  iroit  à  Vienne 
à  meilleure  composition  que  tous  les  autres,  ayant  lieu  d'espérer 
qu'il  seroit  employé  pour  les  peintures  et  dorures  des  voitures  de 
la  cour.  Il  a  déjà  fait  plusieurs  carrosses  pour  Leurs  Majestés 
Impériales,  pour  Monseigneur  le  comte  de  Konitz,  etc.  11  n'y  a 
que  lui  et  le  s.  Martins  qui  possèdent  ces  beaux  vernis  égaux  et 
supérieurs  même  à  ceux  de  la  Chine.  Tremblin  décore  aussi  les 
appartemens. 

Le  s.  Boquet*,  dessinateur  des  Menus  Plaisirs  du  Roi  et  de 
l'Opéra,  a  beaucoup  d'intelligence  pour  la  décoration.  Il  fait  l'or- 
nement avec  goût  et  dessine  supérieurement  les  habits.  Je  ne  crois 
pas  qu'il  soit  dans  l'intention  de  quitter  Paris,  mais  on  pourroit 
toujours  avoir  de  ses  dessins  selon  les  sujets  et  les  différences  du 
costume.  Je  les  lui  ferois  faire  conformément  aux  intentions  de 
Votre  Grandeur.  Ces  dessins  seroient  coloriés.  J'y  joindrois  des 
notes  qui  indiqueroient  exactement  les  étoffes. 

Les  s'^'Guillet,  Moulins  et  de  Leu^e  ont  encore  beaucoup  de 
talens.  Ils  ont  eu  l'Opéra  en  société  pour  les  décorations  ;  mais, 
comme  ils  ont  besoin  de  travailler  ensemble  pour  réussir,  je  ne 
leur  ai  fait  aucune  proposition.  Leurs  paysages  sont  charmants  et 
de  la  plus  grande  fraîcheur,,  leur  architecture  un  peu  mesquine, 
leurs  ornemens  assez  bien;  ils  ne  se  sont  point  attachés  à  la 
figure  2. 

Parmi  les  sujets  de  second  ordre,  il  y  a  le  sieur  Boudon,  très 
bon  paysagiste,  le  s.  Lemaire,  qui  fait  un  peu  de  tout,  et  grand 
nombre  d'autres,  entre  lesquels  on  doit  distinguer  le  s.  Tardif, 
jeune  homme  de  beaucoup  d'espérance,  que  Piètre  employé  pré- 
férablementà  ceux  qui  passent  pour  les  plus  habiles.  Les  demandes 
de  Tardif^  se  réduisent  à  3,ooo  livres  ;  peut-être  l'aurons-nous  à 


1.  Les  Archives  nationales  conservent  plusieurs  mémoires  des  ouvrages 
faits  par  Bocquet  pour  les  habits  de  théâtre,  en  1762  et  1753. 

2.  L'autre  brouillon  de  la  lettre  contient  ce  passage  sur  Guillet  et  Moulins  : 
«  Ils  ont  très  bien  réussi  au  grand  théâtre  du  Louvre  dans  le  spectacle  Mogol 
qu'ils  ont  donné  après  le  s.  Servandoni.  On  y  admire  surtout  un  palais 
d'architecture  indienne  qui  faisoit  un  grand  effet.  » 

3.  Dans  sa  lettre  du  i""^  mai  1 761,  au  comte  de  Durazzo,  Favart  écrit  :  t  J'ai 
dit  au  s.  Tardif  que  j'attendais  les  ordres  de  Votre  Excellence  pour  terminer 
avec  lui,  »  et  il  ajoute  :  «  J'ai  oublié,  dans  l'énumération  des  peintres,  le 
s.  Crépin,  excellent  paysagiste,  qui  n'a  pas  moins  de  talent  pour  l'ornement 


SERVANDONI,  BRUNETTI,  TRAMBLIN,  ETC.  123 

moins.  Il  est  capable,  au  défaut  de  Boquet,  de  donner  des  modèles 
d'habits.  J'enverrai  dans  quelques  jours  de  ses  dessins,  afin  que 
l'on  en  puisse  juger. 

Décorateurs  machinistes. 

Le  s.  Fouré  a  donné,  Pété  dernier,  sur  les  boulevarts  un  spec- 
tacle en  machines  sous  le  titre  de  Junon  aux  enfers.  Il  en  donne 
un  autre  à  la  foire  Saint-Germain,  qui  représente  Lycaon  puni  par 
J  upiter  ^ .  Le  s.  Fouré  se  dit  élève  du  chevalier  Servandoni.  Il  n'est 
pas  sans  talens;  mais  tout  ce  qu'il  a  fait  jusqu'à  présent  n'a  eu 
qu'un  succès  des  plus  foibles  et  n'a  pas  percé. 

Je  reviens  encore  à  Duclos^ ;  je  ne  crois  pas.  Monseigneur,  que 
l'on  puisse  trouver  quelqu'un  plus  nécessaire  que  lui  pour  la 
machine,  les  accessoires  et  le  service  du  théâtre.  Il  ne  demande 
que  3,000  1.  Cette  somme  est  très  modique  pour  l'utilité  dont  il 
est  et  l'économie  qu'il  apporte  dans  tout  ce  qu'il  exécute,  sans  que 
cette  économie  puisse  nuire  à  l'effet.  Au  contraire,  il  perfectionne 
en  simplifiant.  Par  exemple,  le  fameux  serpent,  que  l'on  admiroit 
en  Angleterre  sur  le  théâtre  de  Le  Riche  et  qui  a  coûté  plusieurs 
centaines  de  guinées,  a  été  exécuté  à  Paris  par  Duclos  et  ne  reve- 
noit  pas  à  une  pistole.  Il  est  vrai  que  ce  n'étoit  point  un  ouvrage 
d'horlogerie;  un  simple  ressort  spiral  en  fil  de  fer  revêtu  de  toile 
composoit  toute  la  magie  ;  mais  ce  serpent  faisoit  des  choses  plus 
merveilleuses  que  celui  de  Londres.  Après  avoir  rampé  sur  le 
théâtre,  il  montoit  et  s'entortilloit  à  un  arbre  avec  des  mouvements 
qui  imitoient  parfaitement  la  nature.  Des  paysans  armés  de  fléaux 
paraissant  l'attaquer,  il  s'élançoit  de  côtés  et  d'autres  pour  se 
défendre.  Enfin,  on  l'assommoit;  il  tomboit  alors,  il  haletoit,  pal- 
pitoit  et  rendoit  les  derniers  soupirs  avec  une  vérité  qui  faisoit 
croire  aux  spectateurs  que  c'étoit  un  objet  réel.  M.  Servandoni., 
pour  lequel  Duclos  a  travaillé,  peut  rendre  témoignage  de  ses 
talens.  J'ai  eu  beaucoup  d'occasions  de  l'employer  et  je  l'ai  fait 


et  les  fleurs;  il  peint  aussi  la  figure;  il  doit  m'apporter  de  ses  ouvrages  que 
j'aurai  l'honneur  de  vous  envoyer  aussitôt  s'ils  peuvent  être  transportés  faci- 
lement. » 

I.  Dans  son  autre  brouillon,  Favart  analyse  toute  la  pièce  à  laquelle  il  est 
fait  allusion  ici. 

■i.  Ce  passage  est  emprunté  au  second  brouillon  de  Favart.  Il  manque 
complètement  à  celui  dont  nous  suivons  le  texte  comme  plus  correct. 


124  SERVANDONI,    BRUNETTI,    TRAMBLIN,    ETC. 

avec  succès.  Cest  lui  qui,  dans  une  pièce  que  je  donnai  à  la  comé- 
die italienne,  représenta,  si^r  un  bassin  formé  par  des  (mot  illisible) 
dont  les  eaux  avoient  des  ondes  progressives  en  proportion  de  leur 
éloignement,  des  cignes  qui  nageoient,  tournoient  en  tous  sens, 
battoientdes  ailes,  plongeoient,  sepluchoient,  prenoient  leur  essor 
et  s'envoloient  dans  les  airs.  Je  pourrois  citer  cent  autres  exemples. 
C'est  encore  lui  qui,  conformément  aux  ordres  que  Je  lui  donnai, 
éleva  en  moins  de  huit  heures  le  parterre  et  l'orchestre  du  grand 
théâtre  de  Bruxelles. 

II. 

Lettre  de  Fav art  sur  Brunetti^ . 

Brunettî,  peintre  d'architecture  et  de  toutes  les  parties  de  déco- 
ration, établi  à  Paris,  est  connu  par  différens  travaux  de  consé- 
quence, tant  publics  que  particuliers,  dans  les  églises,  hôtels  et 
différens  théâtres  de  Paris;  il  est  actuellement  à  mettre  le  Théâtre 
français  en  état,  ouvrage  qu'il  a  commencé  à  la  clôture  dernière. 
Les  décorations  que  Ton  y  a  vu  cette  année  sont  de  lui,  sçavoir  : 
le  sallon  pour  le  haut  comique,  la  chambre  pour  le  Molière,  la 
place  publique,  le  jardin,  le  camp,  le  paysage,  Sémiramis,  etc., 
toutes  décorations  nouvelles.  Il  peint  un  palais  très  riche  et  fas- 
tueux qui  paraîtra  de  lundi  en  huit  dans  Hypermnestre.  Il  va 
commencer  un  temple  pour  Athalie,  etc. 

Ouvrages  remarquables  : 

L'église  des  enfants  trouvés. 
L'escalier  de  l'hôtel  de  Luynes^. 


1.  «  Cette  lettre  de  M.  Favart  ne  parle  que  des  ouvrages  et  de  la  personne 
de  M.  Brunetti,  peintre  »  (note  en  tête  de  la  minute). 

2.  Brunetti  {Paul- Antoine)  reçoit  le  titre  de  peintre  doreur  et  décorateur 
de  la  Comédie  française  dans  le  procès-verbal  d'apposition  et  de  levée  de 
scellés,  publié  dans  les  Nouvelles  Archives  de  V  Art  français  (tome  VI,  i885, 
p.  i57).  Il  meurt  le  23  octobre  1783,  âgé  de  soixante  ans,  d'après  le  procès- 
verbal  mentionné  ci-dessus,  ce  qui  fixe  la  date  de  sa  naissance  aux  environs 
de  1723.  Bellier  de  la  Chavignerie  ne  cite  même  pas  dans  son  dictionnaire 
le  nom  de  cet  artiste,  qui  travailla  si  longtemps  à  Paris.  Nagler  le  nomme 
Cajetan  et  fixe  son  établissement  à  Paris  en  lySo.  Double  erreur,  on  le 
voit.  On  chercherait  vainement  dans  les  auteurs  contemporains  des  détails 
aussi  précis  que  ceux  que  nous  a  laissés  Favart,  sur  les  travaux  du  peintre 
décorateur  dans  les  hôtels  et  les  théâtres  de  Paris. 


SERVANDONI,  BRUNETTI,  TRAMBLIN,  ETC.  125 

L'escalier  de  Belle  vue. 

L'escalier  du  maréchal  de  Richelieu  et  le  pavillon. 

Le  pavillon  de  Thôtel  d'Egmont. 

Étant  établi  à  Paris,  ayant  toujours  projeté  de  s'y  fixer,  il  s'est 
arrangé  en  conséquence,  et,  ayant  longtemps  sacrifié  ses  intérêts 
pour  acquérir  une  réputation  distinguée,  a  eu  le  bonheur  d'y  par- 
venir et  commence  depuis  quelque  temps  à  en  jouir.  Il  ne  peut 
donc  quitter  Paris  que  pour  un  objet  qui  soit  plus  qu'équivalent 
et  une  place  sûre.  Il  s'agit  d'un  autre  établissement.  La  place 
qui  lui  est  proposée  a  pour  titre  premier  ingénieur  et  archi- 
tecte décorateur  de  l'Impératrice  avec  une  pension  pour  la  vie  de 
deux  mil  écus  et  les  ouvrages  payés  à  part,  ainsi  que  en  a  joui  le 
S''  Bibienna,  qui  est  mort.  Brunetti  demande  aussi  une  petite  pen- 
sion  pour  un  peintre  qui  travaille  depuis  longtemps  avec  lui  et 
dont  il  ne  peut  se  passer,  d'autant  plus  qu'il  est  Allemand  et  que,  ne 
sachant  pas  lui-même  la  langue,  ce  nommé  Spourny  lui  sera  d'une 
grande  ressource.  Sous  ces  conditions,  il  acceptera  la  place  qu'on 
lui  fait  l'honneur  de  lui  proposer. 

IIl. 
Autre  note  de  Favart  sur  Brunetti^. 

Note  en  tête  :  «  De  M.  Favart.  Il  propose  d'envoyer  un  peintre 
nommé  Brunetti.  Il  propose  de  faire  faire  des  dessins  par  Boc- 
quet.  » 

...  Il  avoue  cependant  qu'il  n'est  pas  grand  praticien  dans  le 
paysage  ;  mais,  s'il  se  trouve  quelqu'un  pour  le  seconder,  il  répond 
de  l'exécution.  Ses  ornements  sont  galants  sans  rien  avoir  de  ce 
goût  colifichet  si  fort  à  la  mode.  Ses  fleurs  sont  touchées  légère- 
ment et  avec  beaucoup  de  vérité.  Ses  figures  ont  le  trait  des 
Grâces,  On  croit  y  reconnaître  le  pinceau  de  Boucher.  Je  ne  parle 
point  de  l'architecture  où  il  excelle,  puisqu'il  y  a  à  Vienne 
d'habiles  gens  en  ce  genre.  Monsieur  le  duc  de  Choiseul  a  recom- 
mandé M.  Brunetti  à  Monseigneur  l'Ambassadeur. 

Si  Votre  Grandeur  est  contente  des  deux  dessins  que  j'ai  eu 
l'honneur  de  luy  envoyer  et  qu'elle  veuille  en  avoir  de  la  même 
main  toutes  les  fois  qu'il  sera  nécessaire,  sans  que  Boquet  soit 
obligé  de  quitter  Paris,  on  pourra  faire  un  arrangement.  Il  se 
contentera  d'une  somme  très  modique. 

I .  Brunetti  avait  aussi  décoré  l'escalier  du  palaiis  Soubise. 


t26  SERVANDONI,  BRUNETTI,  TRAMBLIN,  ETC. 

IV. 

Traité  du  s.  Tremblin,  peintre^  pour  aller  à  Vienne. 

Sous  l'autorité  et  protection  de  Son  Excellence  Monseigneur  le 
comte  de  Durazzo,  Conseiller  intime  et  actuel  de  Leurs  Majestés 
Impériales, 

Nous,  soussignés,  Charles-Simon  Favart,  agent  littéraire  de 
mond.  seigneur,  demeurant  à  Paris,  rue  du  Petit-Lion,  paroisse 
Saint -Sauveur,  et  Charles- André  Tremblin\  peintre  du  Roi, 
demeurant  aux  Gobelins,  sommes  convenus  de  ce  qui  suit,  sça- 
voir  :  que  moi  Favart  engage  pour  le  service  de  la  cour  de  Vienne 
ledit  Tremblin  en  qualité  de  peintre  et  vernisseur  pour  une  année, 
à  commencer  du  i5  juin  1760  et  finir  au  i5  juin  1761,  et  moi 
Tremblin^  reconnais  m'être  engagé  et  m'engage  pour  ledit  temps, 
sans  autre  conditions  et  appointemens  que  ceux  qu'il  plaira  à  Son 
Excellence  Monseigneur  le  comte  de  Durazzo  de  m^accorder,  m'en 
rapportant  entièrement  à  son  équité. 

Fait  double  entre  nous  à  Paris,  ce  1 1  juin  1 76 1  (il  faut  lire  1 760) . 


I.  Charles -André  Tramblin  était  fils  d^André  Tramblin,  professeur  de 
l'Académie  de  Saint-Luc,  mort  le  24  juin  1742,  dans  une  maison  du  quai 
de  Gesvres,  comme  l'apprend  le  procès-verbal  d'apposition  et  de  levée  de 
scellés  publié  dans  les  Nouvelles  Archives  de  V Art  français,  2°  série,  tome  V, 
p.  17-27.  Lors  de  la  mort  de  son  père,  Charles-André  prend,  ainsi  que  son 
frère  Pierre-Robert,  la  qualité  de  membre  de  l'Académie  de  Saint-Luc. 
Dix  ans  plus  tard,  en  1752,  lors  du  décès  de  Pierre  de  Neufmaison,  peintre 
du  roi,  directeur  des  ouvrages  de  la  Chine  aux  Gobelins,  Charles-André 
Tramblin,  qui  avait  épousé  la  fille  du  défunt,  Anne-Ursule  de  Neufmaison, 
préside  en  cette  qualité  aux  opérations  d'apposition  de  scellés.  Il  porte  alors 
le  titre  de  peintre  et  directeur  pour  le  Roi  des  ouvrages  de  la  Chine  à  la 
manufacture  des  Gobelins  {Nouvelles  Archives,  même  volume,  p.  140).  Le 
traité  dont  nous  publions  le  texte  reçut  son  exécution  et  Tramblin  partit 
pour  Vienne.  Il  n'y  resta  pas  longtemps,  car  une  lettre  de  Favart,  datée  du 
20  juillet  1760  et  publiée  dans  la  Correspondance  de  l'écrivain  avec  le  comte 
de  Durazzo,  nous  apprend  que  Tramblin,  n'ayant  pas  réussi  à  Vienne,  prit 
le  parti  de  partir  pour  la  Russie.  Les  éditeurs  de  la  Correspondance  ajoutent 
que,  peu  de  temps  après,  l'artiste  se  suicida  en  Russie.  Dans  la  lettre  sui- 
vante, Favart  ajoute  que  Tramblin  était  plus  propre  à  diriger  qu'à  opérer 
lui-même.  Adrienne  Lecouvreur  était  la  cousine  de  notre  artiste,  comme  le 
rappelle  Favart  en  rapportant  une  légende  bien  connue  sur  la  mort  de  la 
grande  tragédienne. 


SERVANDONI,  BRUNETTI,  TRAMBLIN,  ETC.  I27 

V. 

Note  ^ur  Duclos,  machiniste  (autographe). 

Duclos,  machiniste  et  décorateurs  de  la  Commédie  italliene,  sy 
devent  tenens  la  maime  amploix  à  l'armée  de  Flandre  sous  la  pro- 
teection  du  marechalle  de  Saxce,et  exseceutteles  faittesous  les  ordre 
de  monsieur  Favart,  directeur  des  menuplaisire  du  marechalle  de 
Saxce,  ayant  fait  les  machine  et  painture  et  feux  d'artifice  ;  de  plus, 
aprais  la  paix  avoire  ainvanté  et  exseceuté  à  Mastraike  une  faitte 
pour  l'aniverser  du  praince  d'Orange  pour  l'étamajore  des 
Aulandais. 

Ettat  de  mes  tallans. 

Machiniste  et  pains  la  decorasion. 

Modelle  masque  de  tout  caracter,  quasque  et  quirace  et  autre 
axsesoire. 

Fait  les  creux  desdit  moulage. 

Les  cartonne,  les  pain  et  dor  enfain  quant  faux. 

Conposse  Fartifice  des  tehatre,  ettans  elleve  des  artifisié  ita- 
lien dit  Rugery  donc  j'en  nay  exsecuté  des  travaux  pour  le  Dan- 
nemarcke. 

VI. 

Etat  de  la  danse  sur  les  quatre  théâtres  de  Paris. 

Opéra. 
Les  sieurs  : 
Lani  '  pour  les  demi  caractères,  le  comique  et  trop  souvent  le 
sérieux. 
Vestris^  pour  le  sérieux  et  le  galant.  Plusieurs  personnes  lui 

1.  Sur  le  danseur  Jean-Barthélemy  Lany,  né  en  lyiSet  maître  des  ballets 
de  l'Académie  de  musique  jusqu'en  1770,  on  peut  lire  la  curieuse  notice 
insérée  par  M.  Emile  Campardon  dans  son  livre  sur  Y  Académie  royale  de 
musique  au  XVIII'  siècle,  1884,  2  vol.  in-8',  tiré  à  petit  nombre,  tome  II, 
p.  59.  Louise-Madeleine  Lany,  à  qui  M.  Campardon  a  consacré  également 
une  notice  biographique  très  complète  dans  le  même  ouvrage,  était  non  la 
femme,  mais  la  sœur  du  précédent. 

2.  Dans  l'ouvrage  déjà  cité,  M.  Campardon  a  résumé  tout  ce  qu'on  sait  de 
la  carrière  théâtrale  des  deux  Vestris  père  et  fils.  Il  s'agit  ici  du  père,  né 
en  1729.  Rien  n'égalait  la  fatuité  présomptueuse  de  ce  danseur;  son  bio- 
graphe en  cite  de  nombreux  exemples. 


128  BIBLIOGRAPHIE. 

préfèrent  le  s.  Pitro  pour  le  haut  de  corps,  mais  il  (Vestris)  lui  est 
de  beaucoup  supérieur  pour  la  jambe. 

Lionnois  pour  les  Démons,  les  Vents  et  les  Furies. 

Laval  a  des  prétentions  à  tout. 

Les  dames  : 

Lani.  Personne  ne  sçait  la  danse  comme  elle  et  ne  Texécute 
aussi  bien,  mais  son  visage  ne  dit  mot. 
Vestris  pour  la  volupté.  Son  visage  et  ses  attitudes  disent  trop. 
Puvigne  pour  les  grâces. 

Lionnois  pour  les  Baccantes,  les  Furies  et  la  Danse  terrible. 
Ces  huits  sujets  sont  supérieurs. 


BIBLIOGRAPHIE. 

EuDEL  (Paul).  —  L'Hôtel  Drouot  et  la  Curiosité  en  i885-i886,  avec  une 
préface  par  Emile  Bergerat;  illustrations  par  Job  et  Comba.  —  Paris,  Char- 
pentier. 1887,  466  pages.  —  Nous  avons  déjà  signalé  l'intérêt  de  ces  volumes 
où  un  connaisseur  émérite  note  au  jour  le  jour  tous  les  faits  saillants  qui 
surviennent  dans  le  monde  de  la  curiosité  et  des  ventes.  La  publication  que 
poursuit  M.  Eudel  sans  défaillance  rendra  les  plus  grands  services  non  seu- 
lement aux  amateurs,  mais  encore  aux  érudits.  Chaque  volume  nouveau  qui 
vient  s'ajouter  aux  anciens,  —  celui-ci  est  le  sixième  de  la  série,  —  nous 
cause  un  nouvel  étonnement  par  la  souplesse  ingénieuse  avec  laquelle  l'au- 
teur sait  renouveler  un  sujet  assez  monotone  et  par  l'art  aimable  avec  lequel 
il  dissimule  soigneusement  son  érudition  toujours  sûre.  Un  autre  talent  de 
ces  comptes-rendus  est  l'habileté  avec  laquelle  l'écrivain  sait  éviter  le  prin- 
cipal écueil  du  genre  :  jamais  un  mot,  une  appréciation,  une  épithète  dont 
qui  que  ce  soit  puisse  prendre  ombrage.  Même  dans  les  questions  les  plus 
épineuses,  M.  Eudel  sait  rester  impartial  pour  chacun. 

Un  des  chapitres  les  plus  piquants  du  présent  volume  est  certainement 
celui  où  l'auteur  rend  compte  d'une  vente  de  quatre  tableaux  du  peintre 
Court,  faite  à  Rouen  le  11  mars  1886.  Les  frais  préparatoires  atteignirent  la 
somme  de  i  ,255  fr.  et  les  quatre  tableaux  furent  payés  en  tout  8  (huit)  francs  ; 
le  premier  cinq  et  les  trois  autres  un  franc  chacun.  On  voit  que  la  publica- 
tion de  M.  Eudel  renferme  parfois  des  documents  bien  curieux  et  bien 
caractéristiques  sur  l'histoire  de  l'art  et  les  variations  du  goût. 

J.  G. 


ASSEMBLIÉE   GÉNÉRALE.  I29 

ASSEMBLÉE  GÉNÉRALE 

DES   MEMBRES   FONDATEURS 
DE   LA   SOCIÉTÉ   DE   l'hiSTOIRE   DE   l'aRT   FRANÇAIS. 

L'Assemblée  générale  annuelle  des  membres  fondateurs  de  la  Société  de 
l'histoire  de  l'Art  français  s'est  réunie  le  17  mai  1887,  à  quatre  heures  et 
demie,  dans  la  salle  des  Cours  de  l'Ecole  des  Chartes,  sous  la  présidence  de 
M.  Anatole  de  Montaiglon. 

Etaient  présents  :  MM.  Paul  Mantz,  Henry  Havard,  Henry  Jouin,  membres 
du  Comité  ;  M.  Alexandre  Tuetey,  trésorier;  M.  Jules  Guifïrey,  secrétaire 
du  Comité;  MM.  F.  de  Mély,  Maurice  Tourneux,  Stein,  Fayet  et  Alkan, 
membres  fondateurs. 

Le  président,  après  avoir  ouvert  la  séance,  expose  en  ces  termes  l'état  des 
travaux  de  la  Société  pendant  l'exercice  1886,  ainsi  que  des  publications  en 
cours  d'exécution  : 

Messieurs, 

Bien  que  les  années  soient  rapides,  elles  ne  passent  jamais  sans 
laisser  de  tristes  souvenirs  ;  avant  le  tableau  annuel  de  nos  tra- 
vaux, il  n^est  pas  possible  de  ne  pas  signaler  nos  pertes,  et  d'abord 
celle  de  M.  Sénemaud,  Archiviste  du  département  des  Ardennes. 
Il  prenait  intérêt  à  vos  travaux,  puisqu'il  tenait  à  les  recevoir,  et, 
s'il  n'a  pas  figuré  parmi  nos  collaborateurs,  c'est  que  ses  archives 
ne  lui  ont  probablement  donné  rien  de  relatif  aux  arts.  Nous 
n'avons  parmi  nous  que  quelques  Archivistes  ;  il  serait  bon, 
même  pour  eux,  que  nous  en  eussions  davantage  -,  ce  sont  pour 
nous  des  collaborateurs  naturels,  et  auxquels  notre  recueil  est 
ouvert  d'avance. 

M.  Louis  Bruyerre,  qui  n'était  pas  d'un  âge  à  mourir,  était 
un  architecte  archéologue;  nous  avons  toujours,  parmi  nos 
membres,  plus  d'architectes  que  de  peintres  et  de  sculpteurs.  L'on 
a  vu  au  Salon  les  beaux  travaux  de  M.  Bruyerre  sur  les  églises 
d'Auvergne  faits  pour  la  Commission  des  monuments  historiques. 
Il  avait  été,  sous  M.  Lefuel,  inspecteur  des  travaux  du  nouveau 
Louvre,  et  il  y  avait  relevé  bien  des  notes  précieuses,  qui  pourront 
être  mises  en  œuvre  par  son  fils  et  s'ajouteront  utilement  aux 
travaux  de  Berty  sur  la  topographie  du  Louvre  et  des  Tuileries. 

Nous  avons  aussi  perdu  trop  tôt  le  Baron  Jules  David,  petit-fils 
du  grand  peintre  Louis  David.  On  a  pu  être  étonné  que  le  Marat 
qu'il  possédait  et  d'autres  œuvres  du  Maître  français  aient  passé 
de  chez  lui  au  Musée  de  Bruxelles,  Il  ne  les  avait  en  quelque 

ART   FR.    IV  9 


a3o  ASSEMBLÉE  GÉNÉRALE. 

sorte  qu'en  dépôt,  et  la  famille,  en  souvenir  de  l'accueil  fait  à  son 
exil,  les  avait  formellement  léguées  d'avance  au  pays  dans  lequel 
David  a  passé  la  fin  de  sa  vie  et  qui  conserve  avec  honneur  son 
tombeau. 

Dans  un  autre  sens,  notre  confrère  a  élevé  à  son  aïeul  un  monu- 
ment qui  subsistera.  Il  a  publié  en  1880  un  magnifique  volume 
sur  la  vie  de  Louis  David,  et  il  Ta  complété  par  un  second  volume 
de  planches,  dessinées  et  gravées  par  lui,  qui  présentent  la  suite 
complète  de  l'œuvre  du  maître.  Il  est  peu  de  monographies  plus 
simples,  plus  sincères,  mieux  informées,  plus  complètes,  et  son 
livre  comptera  dans  les  meilleurs  de  ceux  qui  sont  consacrés  à 
l'histoire  d'un  artiste  français. 

Pour  en  revenir  aux  travaux  de  l'année,  j'ai  déjà  parlé  en  par- 
tie de  la  première  moitié  de  ceux  de  Tannée  1886.  Le  volume  de 
la  Revue  de  l'Art  français  s'est  terminé  en  vingt-cinq  feuilles 
compactes.  Pour  être  court,  je  ne  vous  rappellerai  que  l'article  de 
M.  Henry  Havard,  consacré  à  un  tombeau,  inconnu  et  perdu, 
d'un  Abbé  de  Sainte-Geneviève  par  Germain  Pilon,  et  les  notices 
si  intéressantes  de  M.  de  Chennevières,  notre  Président  honoraire 
et,  dans  le  passé,  notre  véritable  fondateur,  sur  des  artistes  nor- 
mands peu  connus  des  xvii^  et  xviii''  siècles.  C'est  la  suite  et  le 
supplément  de  ses  Peintres  provinciaux. 

Enfin,  l'exercice  1886  a  été  complété  par  la  publication  du 
VII*  volume  des  Procès-  Verbaux  de  V Académie  de  peinture,  qui 
comprend  douze  années,  de  lySi  à  1763. 

L'exercice  de  1887  sera  plus  riche  encore.  Les  numéros  parus 
de  la  Revue  de  VArt  français  contiennent  déjà  un  travail  très 
nouveau  et  très  important  de  M.  de  Chennevières,  complétant  ce 
qu'il  a  dit  autrefois  de  Quentin  Warin,  et  celui  de  M.  Rondot  sur 
les  sculpteurs  de  Troyes  aux  xiv%  xv*  et  xvi*  siècles.  La  Revue  est 
donc,  en  réalité,  comme  les  Anciennes  Archives,  un  recueil  de 
documents  inédits  annotés.  Ce  ne  sont  pas  des  numéros,  rnais  un 
volume  publié  en  fascicules.  Seulement,  le  doublement  du 
nombre  de  ses  feuilles,  sa  périodicité  régulière,  dont  il  faut 
remercier  ceux  qui  veulent  bien  en  prendre  le  soin,  nous  ont  déjà 
fait  et  continueront  de  nous  faire  avoir  des  communications  pré- 
cieuses, qui  ne  nous  seraient  pas  venues  si  elles  avaient  dû  trop 
attendre  et  ne  paraître  qu'en  une  fois  par  an. 

Je  vous  ai  parlé,  l'année  dernière,  du  traité  qui  avait  été  passé 
entre  la  Direction  des  Beaux-Arts  et  notre  Société  pour  la  publi- 


ASSEMBLÉE   GÉNÉRALE.  l3l 

cation  de  la  correspondance  des  Directeurs  de  l'Académie  de  Rome 
avec  les  Surintendants.  L'impression  en  est  commencée.  Le  pre- 
mier volume  comprendra  le  Directorat  d^J^rr^air^i,  de  1666  à  1673, 
les  deux  années  de  celui  de  Noël  Cqypel^  de  lôyS  à  1675,  le 
second  Directorat  A'Errard^  de  1675  à  i683,  et  le  commencement 
du  Directorat  de  La  Teulière  sous  la  Surintendance  de  Louvois. 
Cette  première  période  sera  la  plus  incomplète.  Les  documents 
sont  rares.  Malgré  ce  que  j'y  ai  ajouté  d'après  les  Procès-Ver- 
baux de  r Académie,  les  Mémoires  inédits  des  Académiciens^ 
nos  Archives  de  rArt  français,  les  Comptes  des  Bâtiments  du 
Roi  et  d'autres  sources  imprimées,  il  y  reste  trop  de  lacunes. 

Dans  les  correspondances  diplomatiques  de  nos  Ambassadeurs  et 
de  nos  Chargés  d'affaires  à  Rome^  il  ne  peut  manquer  d'y  avoir 
plus  d^une  lettre  qui  s'y  encadrerait;  mais,  s'il  avait  fallu  dépouil- 
ler à  ce  point  de  vue  toutes  les  correspondances  des  Dépôts  de  la 
Marine,  de  la  Guerre  et  des  Affaires  étrangères,  on  n'aurait  pas 
commencé  de  plusieurs  années.  Ce  sera  forcément  l'objet  d'un 
appendice,  mais  la  publication  de  ce  qui  reste  du  fonds  de  l'Aca- 
démie sera  même  une  raison  pour  qu'on  signale  ce  que  d'autres 
rencontreront  dans  des  dépouillements  plus  généraux.  Au  con- 
traire, dans  la  seconde  moitié  de  la  Surintendance  de  Louvois,  et 
surtout  à  partir  de  celle  de  M.  de  Villacerf,  les  documents  des 
Archives  nationales  donnent  une  série  bien  autrement  suivie  et 
importante.  Ce  qu'on  y  pourra  encore  ajouter  se  perdra  dans  la  suite 
très  complète  et  très  abondante  du  fonds  des  Archives,  qui  suffi- 
rait à  elle  seule.  C'est  le  commencement  qui  est  et,  malgré  ce  qui 
pourra  venir  s'y  joindre,  restera  toujours  très  incomplet.  Je  vous 
ai  dit  que  l'impression  était  commencée  ;  il  y  en  a  déjà  six  feuilles; 
la  suite  de  la  copie  est  prête,  et  le  volume  sera  distribué  avant  la 
fin  de  l'année. 

Il  paraîtra  aussi  dans  le  même  exercice  un  travail  bien  utile  et 
qu'on  désirait  depuis  longtemps,  c'est-à-dire  la  table  des  Nou- 
velles Archives.  Elle  comprendra  deux  parties;  celle  des  noms  et 
des  matières  sera  alphabétique;  l'autre  sera  l'indication  des  docu- 
ments rangés  dans  l'ordre  chronologique.  L'une  permettra  de 
chercher  les  noms,  l'autre  de  grouper  et  de  suivre  les  époques, 
et  elles  comprendront,  avec  tous  les  volumes  des  Nouvelles 
Archives,  les  deux  volumes  de  la  seconde  série  des  Anciennes, 
publiées  chez  Tross.  C'est  notre  confrère  M.  Stein  qui  a  bien 
voulu  s'en  charger,  et  nous  ne  saurions  trop  le  remercier  de  son 


l34  ASSEMBLÉE   GÉNÉRALE. 

dévouement.  Son  travail,  très  avancé,  sera  mis  sous  presse  à  la  fin 
de  juillet  et  fera  partie  de  l'exercice  1887. 

Puisqu'il  est  question  de  tables,  j'ai  à  vous  en  annoncer  une 
autre.  Vous  savez  que,  l'année  dernière,  à  la  suite  de  la  mort  de 
M.  Dumoulin,  les  exemplaires  restants  des  douze  volumes  des 
Anciennes  Archives  et  de  VAbecedario  de  Mariette  se  sont  trou- 
vés dans  sa  vente.  Comme  il  n^y  a  pas  de  différence  dans  l'objet, 
dans  la  forme  et  dans  l'utilité  des  Anciennes.,  publiées  par  un 
libraire,  et  des  Nouvelles^  publiées  par  votre  Société,  qui  est  la 
fille  et  la  suite  des  premières,  il  avait  été  décidé  par  votre  Conseil, 
convoqué  extraordinairement,  qu'il  y  aurait  lieu,  si  les  Anciennes 
Archives  ne  montaient  pas  à  un  trop  haut  prix,  de  les  acheter 
pour  les  sauver,  et  l'on  avait  voté  une  somme  qui  eût  été  fort 
lourde  pour  notre  budget.  Elles  l'ont  heureusement  dépassée  et  se 
sont  vendues  à  un  prix  qui  les  fera  conserver.  C'était  là  ce  qui 
était  le  plus  important.  En  même  temps,  il  y  avait,  dans  la  même 
vente,  le  reste  de  l'édition  en  deux  volumes  des  Mémoires  inédits 
des  Académiciens.  Pour  l'histoire  de  nos  artistes  du  xvii^  siècle 
surtout,  c'est  un  document  de  premier  ordre.  M.  Guiffrey  les  a 
acquis,  et  notre  Société  lui  a  demandé  de  prendre  son  marché 
pour  les  mettre  dans  votre  collection  annexe,  dans  laquelle  ils 
pourront  être  vendus  moins  cher  qu'autrefois.  L'œuvre  avait  été 
surtout  celle  de  M.  Saint- Vincent  Duvivier  et  de  M.  Dussieux; 
c'est  M.  Mantz  qui  en  a  écrit  la  préface,  et  je  m'étais  chargé  de  la 
table.  Malheureusement,  pour  vouloir  trop  bien  faire,  je  l'avais 
divisée  en  trois  parties  :  les  noms,  les  lieux  et  les  sujets.  La  pre- 
mière seule  a  été  imprimée  alors,  et  les  deux  autres  étaient  restées 
dans  un  tiroir.  L^ouvrage  étant  devenu  notre  propriété,  il  y  avait 
lieu,  pour  lui  redonner  un  peu  de  nouveauté,  de  les  imprimer. 
C'est  ce  qui  se  fait  dans  le  moment.  Il  y  en  a  déjà  trois  demi- 
feuilles  de  tirées,  et  ce  sera  terminé  avec  une  quatrième  demi- 
feuille.  Elles  seront  jointes  aux  exemplaires  restants  et  tirées  en 
sus,  de  manière  à  pouvoir  être  acquises  par  ceux  qui  possèdent 
déjà  l'ouvrage. 

Le  catalogue  de  notre  collection  annexe  se  trouve  à  la  fin  du 
volume  de  documents  de  1 886.  Depuis  il  s'y  est  joint  deux  ouvrages 
importants.  Le  premier  est  un  tirage  à  part  d'une  liste  chronolo- 
gique des  anciens  Peintres  de  Lyon  publiée  à  Lyon  par  notre  con- 
frère M.  Rondot,  qui  a  donné  et  qui  donnera  encore  à  notre  recueil 
de  documents  des  listes  analogues,  fruits  de  longues  et  pénibles 


ASSEMBLÉE   GENERALE.  l33 

recherches  dans  les  Archives.  Le  second  est  un  travail  de  notre 
autre  confrère  M.  Tuetey  sur  Phabile  médailleur  et  orfèvre  Fran- 
çois Briot,  qui  est  bien  Français  et  de  Lorraine.  Les  Archives 
avaient  déjà  donné  sur  lui  des  pièces  intéressantes.  M.  Tuetey, 
en  résumant  tout  ce  qui  était  connu  et  épars,  y  ajoute  beaucoup 
de  nouveau. 

En  somme,  notre  Société,  depuis  1875,  a  publié  trente  et  un 
volumes  : 

Les  documents  des  Nouvelles  Archives  en  douze  volumes; 

Sept  volumes  des  Procès-  Verbaux  de  l'Académie  de  peinture, 
de  1648  à  1768; 

Deux  volumes  des  Comptes  des  Bâtiments; 

Un  volume  des  quatre  années  du  Bulletin  de  1875  à  1878; 
trois  volumes  de  1 884  à  1 886  de  la  Revue,  qui  reprend  la  publica- 
tion de  la  suite  des  documents,  et,  à  Tétat  de  volumes  séparés, 
l'Histoire  des  Maisons  royales  de  Félibien,  deux  volumes  d'actes 
d'état  civil  d'artistes,  la  Stromatourgie  de  Dupont  et  les  Mémoires 
de  Cochin. 

Grâce  au  dévouement  désintéressé  de  tous  les  collaborateurs,  à 
la  modicité  très  volontaire  des  frais  généraux,  toutes  les  ressources 
de  la  Société  passent,  comme  vous  le  voyez,  en  papier  et  en 
impression.  Cest,  malgré  des  ressources  trop  modiques,  ce  qui 
nous  a  permis  de  créer  une  collection  d'une  importance  et  d^une 
vitalité  réelles. 

Quant  à  ce  qui  reste  à  publier,  il  est  facile  de  le  prévoir  d^avance, 
et  l'exercice  de  1 888  sera  composé  : 

D'un  volume  de  documents; 

Du  VHP  volume  des  Procès- Ferôaujc  de  l'Académie;  il  a  déjà 
quinze  feuilles  d'imprimées,  qui  vont  jusqu'en  1776,  et  Ton  peut 
voir  que  la  publication  sera  terminée  au  IX"  volume  et  au  plus  au  X®; 

*Du  volume  des  Lettres  de  Prud'hon  réunies  par  M.  Marcille, 
dont  le  manuscrit  est  prêt  et  dont  la  publication  aurait  ce  carac- 
tère de  pouvoir  intéresser  le  grand  public  et  se  vendre  en  dehors 
des  membres  de  la  Société; 

Enfin  de  la  suite  de  la  Correspondance  de  T Académie  de  Rome, 
qui,  malgré  le  format  plus  compact,  ne  pourra  pas  faire  moins 
de  six  à  sept  volumes. 

Je  terminerai  en  rappelant  qu'en  exécution  de  nos  Statuts  cinq 
membres  du  Conseil  sortent  cette  année;  ce  sont  MM.  Courajod, 
Gonse,  Laborde,  Lajolais  et  Tuetey,  (^ui  sont  tous  rééligibles.  Votre 


l34  ASSEMBLÉE   GÉNÉRALE. 

Bureau  n'a  pas  à  faire  de  choix  entre  eux;  mais,  en  les  soumettant 
à  vos  suffrages,  je  suis  chargé  de  vous  exprimer  en  son  nom  le 
désir  de  voir  entrer  dans  le  Conseil  M.  Henri  Stein.  C'est  à  lui, 
comme  je  vous  le  disais  tout  à  l'heure,  que  la  Société  va  devoir 
la  table  complète  de  l'ensemble  des  Nouvelles  Archives;  ce  serait 
la  seule  récompense  et  la  seule  marque  de  remerciement  que  nous 
puissions  donner  à  un  travail  aussi  long,  aussi  méritoire  et  aussi 
profitable  à  la  Société  et  au  public. 

La  parole  est  ensuite  donnée  à  M.  Tuetey,  trésorier,  qui  présente  le  rap- 
port suivant  sur  l'étal  des  finances  de  la  Société  : 

J'ai  l'honneur  de  placer  sous  vos  yeux  le  tableau  de  la  situation 
financière  de  la  Société  au  i*"  mai  1887  • 
Les  recettes  se  sont  élevées  à  la  somme 

de .  5,280  fr.  3o 

dont  voici  le  détail  :  • 

1.  Souscription  ministérielle  aux  to- 
mes XII  etXIIIdes  Nouvelles  A  r- 
chives  de  V  Art  français  (40  exem- 
plaires)     1,600  fr.  »» 

2.  Règlement  de  compte  du  libraire 

au  3o  juin  1886 229      i5 

3.  Cotisations  des  membres  (149).     .     2,980      »» 

4.  En  caisse  au  i5  mai  1886  ...        471       i5 

Total 5,280  fr.3o 

Les  dépenses  ont  atteint  le  chiffre  de  4^989  fr.  20 

savoir  : 

1.  Frais  d'impression  du  tome  VII 

à^s Procès-Verbaux àtVAcdiàévaiQ.     2,oo5  fr.  90 

2.  Frais  d'impression  de  la  Revue  de 

V  Art  français  "pour  i'&2>Ç>    .     .     .     2,806       3o 

3.  Impression  de  circulaires  et  avis  .  66       »» 

4.  Frais  de  distribution  du  tome  VII  1 
des  Procès- FerèaMAT  de  l'Académie          21       5o 

5.  Enregistrement  du  traité  avec  le 
Ministère  (Dir.  des  Beaux-Arts)  au 
sujet  de  la  publication  de  la  Cor- 
respondance de  V  Académie.     .     .  25       »» 

6.  Débours  du  secrétaire     ....  23       »» 


ASSEMBLEE   GENERALE.  1 35 

7.  Frais  de  recouvrement    ....  3i      60 

8.  Frais  de  posteet  timbres-quittances  g      90 

Total 4^989  fr.  20 

Balance  : 

Recettes 5,280      3o 

Dépenses.     ........      4,989      20 

Reste  en  caisse .  291  fr.  10 

Votre  trésorier  prend  la  liberté  de  vous  faire  observer  que,  sur 
le  montant  des  dépenses,  la  presque  totalité,  soit  4,812  fr.  20  sur 
4,989  fr.  20,  représente  le  règlement  de  frais  d'impression  pour 
deux  volumes;  vous  remarquerez  également  que  les  frais  d'admi- 
nistration proprement  dits  n'y  figurent  que  pour  une  somme  très 
minime,  une  centaine  de  francs  à  peine,  ces  frais  ayant  été  réduits 
par  votre  secrétaire  et  votre  trésorier  à  leur  plus  simple  expression. 

Nous  espérons  que  la  publication  en  1887  du  premier  volume 
de  la  Correspondance  de  P Académie,  actuellement  en  cours 
d'impression,  en  allégeant  nos  charges  dans  une  proportion 
notable,  permettra  de  solder  l'acquisition  des  Mémoires  inédits 
sur  les  membres  de  P Académie  royale  de  peinture  faite  pour  le 
compte  de  la  Société  et  de  mettre  en  même  temps  sous  presse  la 
table  si  utile  due  à  l'obligeance  de  notre  confrère  M.  Stein. 

A  la  suite  de  la  lecture  de  ce  rapport,  les  comptes  de  l'exercice  1886  sont 
approuvés  et  des  remerciements  votés  au  trésorier  pour  le  zèle  et  le  soin  qu'il 
apporte  à  la  gestion  des  finances  de  la  Société. 

L'ordre  du  jour  appelle  l'élection  de  cinq  membres  du  Comité  en  rempla- 
cement de  cinq  membres  arrivés  au  terme  de  leur  mandat.  Le  scrutin  donne 
les  résultats  suiva'Vits  :  M.  Tuetey  obtient  10  voix;  MM.  de  Lajolais,  Gonseet 
marquis  de  Laborde,  chacun  9  voix;  M.  Stein,  8  voix.  MM.  Tuetey,  Gonse, 
de  Laborde,  de  Lajolais  et  Stein,  ayant  obtenu  la  majorité  des  voix  expri- 
mées par  les  membres  présents,  sont  proclamés  membres  du  Comité  pour  une 
période  de  six  années. 

L'ordre  du  jour  étant  épuisé  et  aucune  proposition  n'étant  soumise  à  l'As- 
semblée, la  séance  est  levée  à  cinq  heures  un  quart. 


l36  JEAN   RONDET. 

JEAN   RONDET 

PEINTRE. 
(l563.) 

-  L'extrait  suivant,  tiré  des  Registres  du  Parlement,  offre  cette  particularité 
de  mentionner  des  tableaux  exécutés  en  vertu  d'un  arrêt  de  la  Cour.  Ces 
tableaux  représentaient  peut-être  les  portraits  d'un  certain  nombre  d'indivi- 
dus décrétés  d'accusation  et  en  fuite.  Le  Parlement,  il  faut  en  convenir,  ne 
se  montrait  pas  généreux  pour  les  artistes  qu'il  employait. 

J.  J.  G. 

La  Court  a  ordonné  et  ordonne  à  Jehan  Habert,  receveur  des 
exploictz  et  amendes  d'icelle,  bailler  et  payer  à  Jehan  Rondet, 
painctre,  demourant  en  ceste  ville,  la  somme  de  xxv  livres  tour- 
nois à  luy  taxée  par  lad.  Court  pour  seize  tableaulx  par  luy  livrez 
pour  l'exécution  de  l'arrest  donné  par  lad.  Court  par  defïault  et 
constumace  à  l'encontre  de  Berthomiers  et  autres,  le  xvn<=  jour 
de  ce  présent  moys  de  février,  Tan  mil  cinq  cens  soixante-deux 
(i563,  n.  st.). 

(Archives  nationales,  X2a  i3o,  fol.  3o2  r°.) 


MEDAILLONS  POUR  L'HOTEL  DE  VILLE  DE  PARIS 

COMMANDÉS  A  GILLES  GUÉRIN  et  exécutés 
PAR  GIRARDON. 

(i653.) 

Communication  de  M.  E.  Coyecque.  • 

LesNouvelles  Archives  de  l'Art  français  ont  publié  naguère  (1882,  tome  IX, 
85-9)  le  marché  conclu  par  le  sculpteur  Gilles  Guérin  avec  le  prévôt  des  mar- 
chands et  les  échevins  de  la  ville  de  Paris  pour  l'exécution  de  la  statue  repré- 
sentant le  Roi  foulant  aux  pieds  la  Discorde  ou  la  Rébellion.  On  a  rappelé  à 
cette  occasion  que  la  statue  de  Louis  XIV,  remplacée  en  1687  par  celle  de 
Coy^evox  qui  existe  encore,  avait  trouvé,  après  diverses  vicissitudes,  un  asile 
au  château  de  Chilly-Mazarin,  où  elle  se  trouve  aujourd'hui.  Le  marché 
signé  le  27  mars  i653  ne  faisait  mention  que  de  la  figure  principale.  11  annon- 
çait seulement  que  l'artiste  serait  tenu  de  «  faire  à  côté  des  arcades  qui  sont 
au  derrière  où  sera  posé  ledit  piédestal  les  ornements  et  décorations  conve- 
nables pour  accompagner  ledit  piédestal  et  figures,  etc.  »  Quatre  mois  plus  tard 
environ,  le  5  août  i653,  Guérin  signait  un  nouveau  traité  dont  voici  le  texte, 
par  lequel  il  s'engageait  à  exécuter  neuf  portraits  en  médaillon  de  marbre  et 


GILLES   GUÉRIN    ET   GIRARDON.  I  Sy 

de  grandeur  naturelle,  «  pour  remplir  les  ronds  qui  sont  à  côté  des  arcades 
dans  l'Hôtel  de  Ville.  »  La  pièce  ne  donne  pas  les  noms  des  personnages 
représentés  sur  ces  médaillons;  mais  Guillet  de  Saint-Georges,  plus  explicite, 
nous  apprend,  dans  la  vie  de  Gilles  Guérin,  que  les  médaillons  représen- 
taient le  maréchal  de  l'Hôpital,  gouverneur  de  Paris,  le  prévôt  des  marchands, 
les  trois  échevins,  les  procureurs  du  Roi  et  de  la  ville,  le  secrétaire  et  le  rece- 
veur. Il  ajoute,  et  le  détail  est  bon  à  noter,  que  Guérin  n'exécuta  pas  lui- 
même  le  travail,  mais  le  fit  faire  par  Girardon  qui  avait  alors  vingt-cinq  ans. 
Malheureusement  l'œuvre  que  ces  circonstances  rendraient  si  curieuse  est 
très  certainement  perdue.      « 

Je  soubzné  Gilles  Guer/n,  sculpteur  ordinaire  du  Roy,  m'oblige 
et  promets  à  messieurs  les  Prévost  des  marchands  et  eschevins  de 
la  ville  de  Paris  de  faire  et  construire  la  quantité  de  neuf  portraîcts 
dont  les  noms  d'iceux  sont  gravez  sur  le  pied  d'estail  où  doibt 
estre  posé  la  figure  du  Roy  à  présent  régnant;  les  susdicts  por- 
traicts  seront  de  marbre  blanc,  en  bas-relief,  de  grandeur  au  natu- 
rel, en  médail  ronde,  pour  remplir  les  ronds  qui  sont  à  coslé  des 
arcades,  dans  l'Hostel  de  Ville  de  Paris,  lesquelz  ronds  ont  chacun 
vingt  un  à  vingt  deuîc  poulces  de  diamètre. 

Plus,  s'oblige  aussy  ledict  Guérin  de  fournir  et  poser  sur  une 
bande  qui  règne  au  pourtour  de  chacun  portraict  le  nom  d'iceux 
en  lettres  de  bronze,  tenant  à  chacune  lettre  pour  estre  incastrée 
et  Justement  appliquée  sur  ladicte  bande  du  pourtour  des  por- 
traicts  en  médalle,  le  tout  bien  et  deuement  faict  et  fourny,  posé, 
ragréé  et  acquitté  de  tous  frais  sur  le  lieu  par  ledict  Guérin^  pour 
le  prix  et  somme  de  mil^  livres  qui  sera  à  cette  fin  augmentée  sur 
le  premier  marché  que  j'ay  faict  avec  lesdits  sieurs  de  la  ville,  en 
vertu  de  quoy  je  feray  les  ouvrages  cy  dessus,  encores  qu'elles  ne 
soient  sy  particulièrement  spécifiées  par  ledict  marché, 

Guérin. 

Faict  à  Paris,  le^  cinquiesme  jour  d'aoust  i653^. 


1.  Ici  l'écriture  change. 

2.  Même  remarque. 

3.  Original,  2  feuillets  papier.  Bibl.  nat.,  Coll.  Moreau,  vol.  1067,  fol.  g-12. 


l38  BERAIN,    SIMON,    FRANCART,    ETC. 

BERAIN,  SIMON,  FRANCART,  CAMOS,  LEHONGRE, 
SLODTZ,  PAUILLON\  SILVESTRE ,  SCOTIN, 
DUCREUX. 

(1689-1701.) 

EXTRAITS   DES   MENUS   DE    1689. 

Pompe  funèbre  de  la  reine  d'Espagne. 

Payez  la  somme  de  4,222  livres  4  s.  pour  le  parfait  payement 
des  pompes  funèbres  de  la  reyne  d'Espagne. 

Payez  à  M.  Berain,  pour  avoir  fait  le  dessein  du  mausolée  de 
la  reyne  d'Espagne,  peine  et  vaccations,  la  somme  de  3oo  livres. 

A  M.  de  Saintot,  maître  des  cérémonies,  la  somme  de  5oo  livres 
pour  sa  robbe  de  deuil,  à  cause  du  service  de  la  reyne  d'Espagne 
à  Notre-Dame, 

(Archives  nationales,  O^  2822.) 

A  Simon  et  Francart,  peintres,  la  somme  de  619  livres  pour  les 
ouvrages  de  peintures  et  metalfaux  par  eux  faits  pour  le  service 
de  la  reyne  d'Espagne. 

A  Camos,  peintre,  166  livres  pour  idem. 

Au  s""  Lehongre^  sculpteur,  800  livres  pour  les  figures  et  autres 
ornemens  par  luy  faits  pour  idem. 

(Archives  nationales,  O*  2823.) 

EXTRAITS   DES   MENUS   DE    169I. 

Anniversaire  de  Madame  la  Dauphine. 

A  Slodt\.  sculpteur,  pour  avoir  réparé  quatre  grandes  figures 
auxquelles  il  a  fait  des  pieds  et  des  mains,  la  somme  de  3o  livres, 
pour  le  service  fait  en  Téglise  de  Saint- Denis  le  3o  avril  1691,  à 
l'occasion  de  l'anniversaire  de  Madame  la  Dauphine. 

A  Francart  et  Pauillon,  peintres,  la  somme  de  igS  livres  pour 
avoir  retouché  toutes  les  armoiries,  repeint  le  mauzollée,  bronzé 
quatre  grandes  figures,  huit  candélabres  et  3o  testes  de  morts  pour 
ledit  service  dessus. 

Au  s'  Berin,  pour  ses  desseins  et  paines  d'avoir  conduit  lesdits 
ouvrages  la  somme  de  3oo  livres, 

(Archives  nationales,  O*  2825.) 


BERAIN,    SIMON,    FRANCART,    ETC.  ï3g 

EXTRAITS    DES    MENUS    DE    I7OI. 

Pompe  funèbre  de  Monsieur^  frère  unique  du  Roy. 

A  Silvestre,  peintre,  la  somme  de  trois  cens  livres  pour  les  deux 
grands  tableaux  représentant  Tun  le  Siège  de  Saint-Omer.,  et 
l'autre  la  Bataille  de  Moncassel^  qui  ont  servy  à  laditte  pompe 
funèbre  et  qui  occupoient  les  deux  grandes  croisées  du  chœur  au 
dessus  des  deux  amphiteastres, 

A  Berrain  la  somme  de  huit  cens  livres  pour  les  desseins  du 
mausollée,  des  décorations  du  chœur,  de  l'autel  de  laditte  église  et 
les  soins  qu'il  a  pris  pour  la  conduitte  desdits  ouvrages. 

A  Sco  tin,  graveur,  1^  somme  de  deux  cens  livres  pour  avoir  gravé 
la  planche  dudit  mausolée  et  des  décorations  qui  environnent  le 
cœur  à  Saint-Denys. 

.  ASlodt-(,  sculpteur^  la  somme  de  1,612  livres  pour  la  sculture 
par  luy  faite  au  grand  service  de  Saint-Denis,  comme  il  est  cy 
après  déclaré,  sçavoir  : 

Pour  les  quatre  figures  de  carton  du  mauzolée  de  six  à  sept 
pieds  de  hauteur,  représentant  des  vertus  à  cent  quinze  livres  cha- 
cune, 460  livres. 

Quatre  armoiries,  aussy  de  carton,  avec  les  testes  de  mort  et 
autres  ornemens  pour  poser  sur  les  quatre  faces  du  tombeau,  pour 
chacune  vingt  livres,  80  livres. 

Pour  les  quatre  consolles  de  pieds  d'estaux  des  quatre  angles 
avec  des  testes  de  mort,  à  quinze  livres  chacune,  60  livres. 

Pour  les  quatre  pieds  en  griffes  pour  porter  le  tombeau,  à  six 
livres  quinze  sols  chaque,  25  livres. 

Pour  trente  chapiteaux  d'ordre  ionique,  composé  avec  les  volutes 
et  ornemens  datributs  mortuaires,  à  quinze  1.  chacun,  450  livres. 

Huit  testes  de  mort  avec  leurs  ailles,  pour  servir  de  clef  au  ban- 
deau des  six  arcades,  à  cinq  livres  chacune,  40  livres. 

Quatorze  cartons  avec  leurs  couronnes  et  testes  de  mort,  ornez 
de  cordons  de  mirthe  qui  ont  esté  posez  à  chaque  balustrade,  à 
quinze  livres  chacun,  "  210  livres. 

APauillon,  peintre,  la  somme  de  trois  mil  huit  cens  cinquante 
deux  livres  pour  les  peintures  et  dorures  par  luy  faittes  pour  le 
mauzollée  et  décorations  funèbres,  sçavoir  : 

Pour  avoir  peint  et  doré  seize  corps  d'architecture  de  vingt 
quatre  pieds  de  haut  sur  neuf  et  demi  de  large,  avec  les  ornements 
et  cartouches. 


140  JEAN    RANG. 

Pour  avoir  bronzé  cinquante  toises  de  corniche  construits  par 
le  maître  menuisier  du  roi,  et  architrave,  pour  border  le  premier 
lez  de  velours. 

Pour  avoir  peintes  toutes  les  marches  du  mausolée  en  marbre 
avec  une  moulure  de  bronze,  ainsy  que  les  pieds  d'estaux  avec 
des  corniches  et  des  bas-reliefs. 

Pompe  funèbre  du  feu  rqy  d'Angleterre,  décédé  au  chasteaude 
Saint- Germain  en  Laye,  le  ly"  septembre  lyoï. 

A  Du  Creux  ^  sculpteur,  la  somme  de  deux  cens  livres  pour 
deux  portraits  qu'il  a  faits  du  feu  roy  d'Angleterre  en  cire,  dont 
Tun  le  représente  mort  et  Tautre  vivant,  par  ordre  de  la  dame 
d'honneur  de  la  reyne  d'Angleterre,  cy  200  livres. 

(Archives  nationales,  O*  2832.) 

Henry  de  Chennevières. 


CONTRAT  DE  MARIAGE  DE  JEAN  RANG. 

(1715.) 

On  sait  quelles  furent  les  relations  étroites  des  Ranc  et  des 
Rigaud.  Antoine  Ranc  le  vieux  (i634?-i7r6)  eut  pour  élève /3^<2- 
cinthe  Rigaud.  A  son  tour,  celui-ci  accueillit  dans  son  atelier  le  fils 
de  son  maître,  Jean  Ranc  (1674-1735).  Ranc,  à  titre  d'ami,  accepta 
le  22  juillet  1697  d'être  le  parrain  de  Marguerite  Rigaud,  fille  de 
Gaspard  Rigaud.,  frère  d'Hyacinthe.  Or,  c'est  cette  filleule,  âgée 
de  dix-huit  ans,  que  Jean  Ranc,  qui  avait  dépassé  la  quarantaine, 
épousa  le  17  juin  171 5.  Nous  donnons  ci-après  le  texte  de  son 
contrat  ^  Ce  document  a  son  intérêt  en  raison  des  clauses  qu'il 
renferme. 

Henry  Jouin. 

Par  deuant  les  nc*^  au  Chastelet  de  Paris  soussignez  furent  présens 
sieur  Jean  Ranc,  peintre  ordinaire  du  Roy,  demeurant  à  Paris,  rtie 
des  Fossez  Montmartre,  paroisse  Saint  Eustache,  fils  de  sieur  i4«^o/«e 

I.  M.  Ponsonailhe,  écrivain  d'art,  connu  par  une  vie  de  Sébastien  Bour- 
don, a  présenté  au  Comité  des  Sociétés  des  Beaux-Arts,  à  l'occasion  de  !a 
session  de  1887  à  la  Sorbonne,  une  rapide  étude  sur  les  Ranc,  qu'il  repren- 
dra sans  doute  à  loisir  pour  lui  donner  la  forme  et  le  caractère  d'un  livre. 


JEAN    RANG.  I41 

Ranc^  peintre,  et  de  defFunte  d""  Françoise  Boyer,  jadis  sa  femme, 
ses  père  et  mère,  dud.  sieur  son  père  ayant  le  consentement,  ainsy 
qu'il  a  dit,  pour  luy  et  en  son  nom,  d'une  part  ; 

Et  damoiselle  Marie  Margueritte  Caillot,  venue  de  Gaspard 
Rigault,  peintre  du  Roy,  demeurante  a  Paris,  riie  Montmartre, 
paroisse  susd,,  stipullante  en  cette  partye  pour  d"e  Margueritte  Elisa- 
beth Rigault,  leur  fille,  dem^^  avec  sad.  mère,  pour  ce  présente,  de 
son  voulloir  et  consentem»^,  aussy  pour  elle  et  en  son  nom,  d'autre 
part. 

Lesquelles  partyes,  pour  raison  du  futur  mariage  d'entre  led.  sieur 
Ranc  et  lad.  d"«  Rigault,  en  la  présence  et  du  consentement  de  leurs 
parens  et  amis  cy  après  nommés,  sçauoir,  de  la  part  dud.  sieur  futur 
époux,  de  JuUien  Lemaigre,  escuyer,  sieur  de  Lan,  son  amy;  et  de  la 
part  de  lad.  d''^  Rigault,  de  Margueritte  Ligoneau,  veuue  de  Jacques 
Caillot,  marchand  épicier  a  Paris,  son  ayeulle  maternelle;  sieur 
Nicolas  Caillot,  bourgeois  de  Paris  ;  damoiselles  Suzanne  Margueritte 
et  Catherine  Suzanne  Caillot,  filles  majeures,  ses  oncle  et  tantes  ;  et 
Jacques  Allain,  bourgeois  de  Paris,  son  amy,  ont  volontairement  fait 
et  font  les  traittés  et  conventions  dudit  mariage  suiuant. 

C'est  a  sçauoir  que  lad.  d"<=  veuue  Rigault  a  promis  donner  lad. 
damoiselle  sa  fille,  de  sond.  voulloir  et  consentement,  aud.  sieur  Ranc^ 
qui  de  sa  part  promet  la  prendre  pour  sa  légitime  épouse  par  nom  et 
loy  de  mariage  qui  sera  célébré  en  sainte  église  dans,  le  plus  bref 
temps  que  faire  ce  pourra  et  qu'il  sera  desliberé  entr'eux. 

Pour  de  là,  en  auant,  estre  comme  en  effet  seront  lesd.  sieur  et  d"« 
futurs  époux  uns  et  communs  en  tous  biens  meubles  et  conquets 
immeubles,  suiuant  la  coutume  de  Paris  qui  réglera  leurd.  commu- 
nauté, renonceans  à  cette  fin  a  toutes  autres  coutumes  et  loix  con- 
traires. 

Sans  pour  ce  estre  tenus  des  debtes  et  hypotecques  l'un  de  l'autre 
faittes  et  crées  auant  la  célébration  dud.  mariage,  et  s'il  y  en  a,  elles 
seront  payées  et  acquittées  par  celuy  ou  celle  qui  les  aura  faittes  et 
crées  et  sur  son  bien  particulier,  sans  que  celuy  de  l'autre  en  soit 
aucunement  tenu. 

Ledit  sieur  futur  époux  a  pris  et  prend  lad.  damoiselle  future  épouse 
aux  biens  et  droits  qui  luy  appartiennent,  dont  un  tiers  entrera  en 
lad.  commté  et  les  deux  autres  tiers  demeureront  propres  à  lad. 
damoiselle  future  épouse,  et  aux  siens  de  son  costé  et  ligne  auec 
tout  ce  que,  pendant  led.  mariage,  luy  pourra  auenir  et  echéoir  a 
quelque  titre  que  ce  soit,  tant  en  meubles  qu'immeubles. 

Ledit  sieur  futur  époux  a  doiié  et  doiie  lad,  damoiselle  future 
épouse  de  la  somme  de  cinq  cens  liures  de  rente  de  douaire  préfix, 
dont  elle  jouira  sitôt  qu'il  aura  lieu,  suiuant  laditte  coutume. 

Le  suruiuant  desd.  sieur  et  damoiselle  futurs  époux  aura  et  pren- 


142  JEAN    UANC. 

dra  par  préciput  et  auant  faire  partage  des  biens  meubles  de  laditte 
communauté,  tels  d'jceux  qu'il  voudra  choisir,  suiuant  la  prisée  de 
l'inuentaire  qui  en  sera  lOrs  fait  et  sans  criée,  jusqu'à  la  somme  de 
trois  mil  liures,  ou  lad.  somme  en  deniers  comptans,  au  choix  et 
option  dud.  suruiuant  réciproquement. 

Laditte  damoiselle  future  épouse  et  les  enfans  qui  pourront  naistre 
dudit  mariage  auront  la  faculté  de  renoncer  a  laditte  communauté, 
ce  faisant  reprendront  tout  ce  qu'elle  y  aura  apporté,  auec  ce  que 
constant  led.  mariage  luy  pourra  estre  auenû  et  écheû  tant  en 
meubles  qu'jmmeubles,  par  succession,  donnation,  legs  ou  autrement, 
mesme  jcelle  future  épouse,  ses  douaire  et  préciput  tels  que  dessus 
stipuliez,  sans  par  elle  ny  sesd.  enfans  estre  tenus  d'aucunes  debtes, 
ny  hypotecques  de  laditte  communauté,  encorres  qu'elle  y  eust  parlé, 
s'y  fut  obligée,  ou  y  eut  esté  condamnée,  dont,  audit  cas,  elle  et  sesd. 
enfans  seront  acquittés,  garentis  et  indemnisés  par  et  sur  les  biens 
présens  et  auenir  dud.  sieur  futur  époux,  tant  meubles  qu'jmmeubles 
generallement  quelconques. 

Sy,  pendant  ledit  mariage,  il  estoit  vendu  et  aliéné  quelques  biens, 
terres  et  héritages,  ou  rachepté  quelques  rentes  propres  a  l'un  ou  à 
l'autre  desd.  sieur  et  d"«  futurs  époux,  le  remploy  sera  aussitôt  fait  des 
deniers  en  prouenant  en  acquisition  d'autres  biens  qui  tiendront 
mesme  nature  de  propre  a  celuy  ou  celle  du  costé  duquel  lesd.  deniers 
seront  prouenus,  et  si,  lors  de  la  dissolution  de  lad.  communauté, 
lesdits  remploys  n'estoient  faits,  les  deniers  pour  ce  nécessaires  seront 
pris  sur  les  biens  de  lad.  communauté,  s'ils  suffisent,  sinon  ce  qui  s'en 
defifaudra  sera  pris  sur  les  propres  et  autres  biens  dud.  futur  époux. 

Pourquoy  et  pour  toutes  les  autres  clauses  et  conditions  du  présent 
contract,  l'hypotecque  demeure  estably,  cejourd'huy. 

Et  pour  la  singulière  amitié  que  led.  sieur  futur  époux  a  dit  porter 
a  lad.  damoiselle  sa  future  épouse,  il  luy  a  par  ces  présentes  fait  don- 
nation  entreuifs,  pure  et  simple  et  jrréuocable,  en  la  meilleure  forme 
qu'elle  puisse  ualloir,  ce  acceptant  laditte  damoiselle  future  épouse, 
de  tous  et  uns  chacuns  les  biens  meubles,  acquêts,  conquets,  propres 
jmmeubles  gnallement  quelconques,  qui  se  trouueront  luy  appartenir 
au  jour  de  son  décès,  au  cas  qu'jl  la  predécedc,  et  qu'jl  n'y  ait  lors 
de  son  dit  décès  aucuns  enfans  viuans,  nez  ou  procrées  dudit  mariage, 
et  s'jl  y  en  auoit,  et  qu'jls  vinssent  à  décedder  sans  laisser  enfans 
d'eux  en  légitime  mariage,  laditte  donnation  reprendra  sa  force  et 
vertu,  comme  s'jl  n'y  en  auoit  point  eu  ;  pour  par  laditte  damoiselle 
future  épouse  esdits  cas  cy  dessus,  jouir,  faire  et  disposer  en  pleine 
propriété,  et  comme  de  chose  luy  appartenante  au  moyen  des  présentes, 
de  tous  les  dits  biens  quelconques  dud.  futur  époux,  en  quoy  qu'jls 
puissent  concister,  sans  aucuns  en  excepter,  que  seuUement  les 
immeubles  qui  se  trouveront  luy  appartenir  dans  le  diocèse  de  Mont- 


CHARDIGNY.  143 

pellier,  qui  lui  sont  écheûs  par  le  décès  de  laditte  deffunte  sa  mère, 
et  qui  pourront  cy  apre's  luy  écheoir  par  celuy  dudit  sieur  son  père, 
qui  ne  seront  point  compris  dans  la  présente  donnation,  pour  laquelle 
faire  jnsinuer  au  greffe  des  insinuations  du  Chastelet  de  Paris  et  par- 
tout ailleurs  ou  besoin  sera,  lesdittes  partyes  ont  constitué  pour  leur 
procureur  le  porteur  des  présentes,  luy  en  donnant  pouuoir,  et  d'en 
requérir  acte  dans  le  temps  prescript  par  les  edit  et  déclarations  de 
Sa  Majesté,  promettant  etc.,  obligeant  etc.,  renonceant  etc. 

Fait  et  passé  a  Paris,  es  estudes,  Tan  mil  sept  cens  quinze,  le  treize 
juin  après  midy,  et  ont  signé  la  minutte  des  présentes,  demeurée  en 
la  garde  et  possession  de  M^  Goudin,  l'un  des  noi'es  soussignez,  qui  a 
desliuré  la  présente  expédition  cejourd'huy  six  octobre  mil  sept  cens 
vingt  trois, 

de  Mahault.  Goudin. 

En  marge  est  écrit  :  «  Scellé  lesd.  jour  et  an  xiij'=.  » 


LE   SCULPTEUR    CHARDIGNY. 

(1788-1789.) 

Communication  de  M.  Charles  Ginoux. 

\. 

PROCÈS   ENTRE    CHARDIGNY ^    SCULPTEUR,  ET   LA  COMMUNAUTÉ   DE 
TOULON,    AU    SUJET    DE   TRAVAUX    COMMANDÉS  ^ 

Chardigny,  ayant  obtenu,  en  1782,  le  premier  prix  de  sculp- 
ture à  PAcadémie  royale  de  Paris,  fut,  «  en  conformité  du  règle- 
ment de  1749,  »  envoyé  à  Rome,  aux  frais  de  l'État,  pour  y 
étudier  les  chefs-d'œuvre  des  anciens  maîtres. 

A  son  passage  à  Toulon,  il  fut  adressé  à  Sigaud,  architecte- 
ingénieur  des  États  de  Provence,  chargé  de  la  construction  de  la 
paroisse  Saint-Louis.  Le  8  décembre  1783,  il  fit  avec  ce  dernier 
une  convention  par  laquelle  il  s^engageait  à  exécuter  pour  cette 
église  un  grand  bas-relief  et  vingt  autres  bas-reliefs  plus  petits, 
dont  deux  en  pierre  d'Arles  et  dix-huit  en  terre  cuite.  Il  devait 

I.  Chardigny  {Barthélémy-François),  né  à  Rouen  en  1757,  mort  à  Paris 
en  i8i3,  ancien  pensionnaire  de  l'Académie  de  France  à  Rome.  Il  habita 
longtemps  la  Provence,  où  il  a  beaucoup  travaillé,  et  résidait  ordinairement 
à  Aix.  11  eut  un  fils,  Pierre-Joseph,  né  à  Aix  en  1794,  mort  à  Paris  vers  .i86G, 
dont  les  talents  en  sculpture  furent  médiocres. 


144  CHARDIGNY. 

recevoir  pour  ce  travail  dix  mille  livres  payables  à  divers  termes. 

Le  choix  de  cette  décoration  n'ayant  pas  été  agréé  par  les  Con- 
suls, qu'on  avait  laissés  dans  l'ignorance  de  la  convention  susdite, 
Sigaud  écrivit  à  Chardigny,  qui  se  trouvait  à  Rome,  de  ne  pas 
continuer  le  travail  des  bas-reliefs  (dont  un  seulement  était  com- 
mencé). 

Un  nouveau  traité  fut  passé,  le  i3  mars  1786,  avec  Féraud  et 
Millon,  entrepreneurs  de  l'église  Saint- Louis,  en  présence  de  Far- 
chitecte  Sigaud,  cette  seconde  convention  résiliant  la  première, 
faite  le  8  décembre  1783.  Ce  nouveau  traité  portait  que  Chardi- 
gny exécuterait  :  i"  en  pierre  d'Arles,  un  grand  bas-relief  devant 
occuper  tout  le  cintre  de  la  grande  nef,  au-dessus  de  Feutrée  du 
sanctuaire,  conformément  au  modèle  qu'il  avait  fait  à  Rome; 
2°  également  en  pierre  d'Arles,  deux  statues  de  six  pieds,  qui 
devaient  représenter  la  Religion,  tenant  un  calice,  et  la  Vierge 
écrasant  la  tête  du  serpent  ;  3°  en  pierre  de  même  qualité  que  celle 
des  précédents  ouvrages,  un  groupe  de  deux  personnages  en  ronde- 
bosse,  de  six  pieds  de  proportion,  devant  figurer  une  «  Descente 
de  croix,  »  c'est-à-dire  le  Christ  mort  sur  les  genoux  de  la  Vierge. 
Il  avait,  en  outre,  à  fournir  un  modèle  pour  la  chaire  à  prêcher. 
Le  prix  de  tous  ces  travaux  fut  fixé  à  dix  mille  cinq  cents  livres. 
Il  s'était  engagé  à  les  livrer  au  mois  de  septembre  1787. 

Le  terme  échu,  pour  la  livraison  de  tous  les  ouvrages  mention- 
nés ci-dessus,  Chardigny  n'avait  fait  qu'envoyer,  en  1786,  aux 
Consuls,  une  caisse  contenant  des  modèles.  Il  ne  parut  à  Toulon 
que  l'année  suivante,  après  avoir  retiré  des  entrepreneurs  les  dix 
mille  cinq  cents  livres  qui  lui  avaient  été  promises.  Alors,  il  offrit 
aux  Maire  et  Consuls  d'exécuter  en  marbre  le  groupe  de  la  Des- 
cente de  croix  ou  Pieta,  moyennant  une  augmentation  de  près  de 
dix  mille  livres.  Sa  proposition  fut  rejetée.  11  ne  fut  plus  possible 
de  s'entendre  avec  lui,  à  cause  de  ses  prétentions  excessives;  en 
1788,  il  alla  jusqu'à  demander,  pour  Fexécution  en  marbre  et  en 
pierre  de  Calissanne,  au  lieu  de  pierre  d'Arles,  des  travaux  énu- 
mérés  plus  haut,  la  somme  de  dix-neuf  mille  livres,  en  sus  des 
dix  mille  cinq  cents  livres  qu'il  avait  reçues  avant  de  commencer 
tout  travail  d'exécution  et  qu'il  avait  «  dissipées.  » 

La  Communauté,  ayant  déclaré  qu'aucun  arrangement  avec 
Chardigny  ne  pouvait  avoir  lieu,  fit  exécuter,  en  stuc,  d'après  le 
modèle  de  ce  dernier,  par  le  sculpteur  Roux,  le  grand  bas-relief 
représentant  saint  Louis,  sur  son  lit  de  mort,  donnant  des  instruc- 


CHARDIGNY.  145 

lions  à  son  fils;  bas-relief  qui  fut  payé  cinq  cents  livres  audit 
Roux.  Jusqu'ici,  Chardigny  n'avait  exécuté,  en  pierre  de  Calis- 
sanne,  que  les  statues  de  la  Religion  et  de  la  Vierge,  qui  furent 
placées  dans  les  absides  des  nefs  latérales  de  l'église  Saint-Louis. 
Enfin,  Chardigny  intenta  un  procès  à  la  Communauté  de  Tou- 
lon, lorsqu'il  apprit  que  Roux  exécutait,  en  stuc,  le  bas-relief  ^ 

La  Municipalité  ayant  délibéré,  le  2  février  1789,  de  rendre  à 
Chardigny  ses  modèles,  de  faire  Fabandon  des  dix  mille  cinq 
cents  livres  perçues  par  lui  et  de  payer  une  partie  des  dépens,  les 
conclusions  de  l'avocat,  du  procureur  et  du  commissaire  chargés 
de  l'instruction  du  procès  furent  que,  sur  ces  offres,  les  Consuls 
et  la  Communauté  de  Toulon  seraient  mis  «  hors  de  Cour  et  de 
procès  »  et  que  Chardigny  payerait  les  autres  dépens  2. 

Ch.  G. 

IL 

PROPOSITION  DU  SCULPTEUR  CHARDIGNY  d'exécuter  en  marbre 

UN    GROUPE    POUR     LA     PAROISSE     SAINT-LOUIS.    —    DELIBERATION    DU 
CONSEIL    DU    20   DÉCEMBRE    1787. 

Messieurs  les  Maire  et  Consuls,  monsieur  Gineste  premier,  portant 
la  parole,  ont  dit  que,  par  une  convention  que  le  sieur  Sigaud.,  archi- 
tecte chargé  de  la  direction  de  la  construction  de  la  paroisse,  a  fait 
passer  par  les  sieurs  Millon  et  Féraud,  entrepreneurs  de  cet  édifice, 
avec  le  sieur  Chardigny^  sculpteur  de  tous  les  ouvrages  en  sculpture 
à  faire  pour  cette  église,  de  laquelle  convention  il  est  fait  mention 
dans  le  mémoire  que  le  sieur  Sigaud  remit  au  Conseil  tenu  le  onze 
septembre  1786,  il  est  dit  que  le  groupe  (bas-relief)  représentant 
saint  Louis,  à  l'article  de  la  mort,  donnant  à  son  fils  les  instructions 
pour  l'administration  de  son  royaume  sera  fait  en  pierre  d'Arles.  Le 
peu  de  solidité  de  cette  pierre  a  fait  penser  qu'il  conviendrait  de  le 
faire  en  pierre  de  Calissanne,  pour  le  plus  grand  avantage  de  l'ou- 


1.  Pendant  la  tourmente  révolutionnaire  de  1789,  le  grand  bas- relief-  et 
diverses  autres  sculptures,  exécutées  en  stuc  par  Roux,  furent  détruits.  Les 
deux  statues  de  Chardigny  furent  également  abattues. 

2.  Ce  qui  précède  est  un  résumé  de  deux  mémoires;  l'un  contre  Chardigny, 
sculpteur,  demandeur  et  défendeur,  l'autre  contre  les  maire  et  consuls  de 
Toulon,  demandeurs  et  défendeurs.  Chacun  de  ces  deux  mémoires,  impri- 
més à  Aix,  en  1789,  est  composé  de  quarante-sept  pages  in-8''.  —  Archives 
communales  de  Toulon,  série  FF.  212  à  216  (carton). 

ART   FR.    IV  10 


146  CHARDIGNY. 

vrage  ;  ils  ont,  en  conséquence,  retiré  de  cet  artiste  la  soumission 
nécessaire  qu'ils  représentent  au  Conseil.  Du  depuis,  monsieur  le 
premier  président  et  intendant  leur  a  fait  parvenir  un  placet  que  le 
sieur  Chardigny  lui  a  présenté,  par  lequel  il  désirerait  que  la  Des- 
cente de  croix,  qui  doit  être  placée  au  fond  du  sanctuaire,  fût  exé- 
cutée en  marbre  au  lieu  de  l'être  en  pierre,  ainsi  que  le  porte  la  con- 
vention. Ils  mettent  sous  les  yeux  de  l'assemblée  ce  placet  et  la  lettre 
dont  Mgr  l'intendant  a  honoré  l'administration  pour  délibérer;  ils 
lui  observent  en  même  temps  que  cet  artiste,  qui  leur  avait  déjà  fait 
connaître  son  vœu  à  ce  sujet,  demanderait,  pour  ce  seul  changement, 
une  augmentation  de  près  de  dix  mille  livres,  cette  dépense  serait 
bien  considérable  après  celle  que  la  Communauté  est  obligée  de  faire 
pour  la  construction  de  la  paroisse. 

Sur  quoi,  l'assemblée,  après  avoir  entendu  la  lecture  de  la  conven- 
tion passée  par  les  sieurs  Millon  et  Féraud  avec  le  sieur  Chardigny^ 
le  treize  mars  1786,  de  la  soumission  donnée  par  cet  artiste  de  faire 
en  pierre  de  Calissanne  l'ouvrage  ci-mentionné,  du  placet  qu'il  a  pré- 
senté à  Mgr  l'intendant,  par  lequel  il  voudrait  que  la  Communauté 
fît  en  marbre  la  Descente  de  croix  qu'il  doit  faire  en  pierre  d'après 
son  marché,  a,  maintenant,  rejeté  cette  demande  et  a  délibéré  de  s'en 
tenir  à  la  susdite  convention,  en  l'autorisant  seulement  de  faire  en 
pierre  de  Calissanne  le  groupe  (bas-relief)  représentant  saint  Louis, 
en  conformité  de  la  soumission  qu'il  a  donnée  à  messieurs  les  Con- 
suls le  trois  novembre  dernier  ^ 

III. 

LETTRE   DE    CHARDIGNY  ADRESSÉE,    EN    I788,   A    MM.    LES   CONSULS. 

Messieurs, 

Il  y  a  longtemps  que  j'ai  eu  l'honneur  de  présenter  à  messieurs  vos 
prédécesseurs  le  modèle  d'un  groupe  représentant  le  Christ  sur  les 
genoux  de  la  Vierge  ;  l'administration  de  votre  ville  doit  avoir  décidé 
depuis  lors  si  l'ouvrage  mérite  d'être  exécuté  en  marbre  ou  en  pierre. 
Dans  le  cas  où  on  aurait  délibéré  de  l'exécuter  en  pierre,  je  vous  prie. 
Messieurs,  de  vouloir  bien  charger  M.  Millon  de  me  le  faire  parve- 
nir, pour  que  je  mette  la  main  à  l'œuvre  le  plus  tôt  possible. 

J'ose  vous  prier  encore.  Messieurs,  de  vouloir  bien  presser  MM.  les 
entrepreneurs  de  faire  mettre  en  place  au  plus  tôt  la  pierre  de  Calis- 
sanne qui  doit  servir  à  l'exécution  du  grand  bas-relief  qui  sera  placé 
au-dessus  de  la  porte  d'entrée  du  sanctuaire.  Je  crois  entrer  dans  les 

I.  Archives  communales  de  Toulon,  série  BB.  96  (Registre). 


LES    PEINTRES   DE   TROYES.  I47 

vues  de  l'administration  en  pressant  l'exécution  d'un  ouvrage  qu'il 
vous  importe,  Messieurs,  autant  qu'à  moi  de  voir  finir. 
J'ai  l'honneur  d'être  avec  le  plus  profond  respect, 
Messieurs, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

Ckardigny. 
A  Aix,  le  4  mars  1788. 

IV. 

LETTRE   ÉCRITE   A   M.    DE   LA   TOUR,    INTENDANT   DE   LA   PROVENCE, 

PAR  CHARDIGNY^  sculpteur,  le  14  novembre  1788. 

Je  m'étais  flatté  que  MM.  les  Consuls  de  Toulon  s'en  seraient  tenus 
à  votre  décision  d'après  la  prière  qu'ils  vous  avaient  faite  de  vouloir 
bien  être  juge  de  la  contestation  qu'il  y  a  entre  eux  et  moi,  pour  les 
ouvrages  dont  je  suis  chargé  ;  je  m'applaudissais  de  leur  choix  et  me 
faisais  un  devoir  d'obéir  à  vos  ordres,  quels  qu'ils  fussent  ;  mais  mon 
espoir  est  trompé;  Messieurs  les  Consuls,  sans  qu'aucune  considéra- 
tion les  arrête,  ont  fait  prendre  une  délibération,  par  la  Communauté, 
qui  a  adjugé  au  sieur  Roux,  sculpteur  d'ornement  en  plâtre,  l'exécu- 
tion en  stuc  du  bas-relief  et  du  groupe  de  la  Descente  de  croix  d'après 
mes  modèles,  dont  ils  ne  sont  que  dépositaires.  Cet  acte  d'autorité  me 
force  d'avoir  recours  à  la  justice  de  la  Cour,  pour  obtenir  que  mes 
modèles  soient  mis  en  séquestre  et  qu'il  soit  défendu  de  les  faire  exé- 
cuter par  d'autres  que  par  moi.  Ce  n'est  qu'à  regret  que  je  prends  ce 
parti,  mais  j'y  suis  obligé  en  attendant  vos  ordres  auxquels  vous  me 
verrez  toujours  soumis. 

Je  suis,  etc.^ 


LES  PEINTRES  DE  TROYES 

DANS    LA    PREMIÈRE    MOITIÉ    DU     XVI*    SIECLE. 

Nous  avons  fait  connaître  précédemment  9 1  peintres  ayant  tra- 
vaillé à  Troyes  au  xiii^  au  xrv**  et  au  xV  siècle;  nous  avons 
trouvé  dans  cette  ville  1 1 1  peintres  pendant  la  première  moitié 
du  xvie  siècle. 

Cent  onze  peintres,  et,  en  tenant  compte  de  ceux  dont  une  partie 
de  la  vie  s'est  passée  dans  le  xv«  s.,  cent  vingt  peintres,  c'est  une 


I.  Archives  communales  de  Toulon,  série  BB.  498-1050  (carton).  —  Les 
deux  lettres  sont  dans  une  chemise  portant  le  n"  614. 


148  LES    PEINTRES    DE   TROYES  / 

proportion  digne  de  remarque.  Un  tel  nombre  de  maîtres  prouve 
que,  dans  cette  période,  les  travaux  d'art  ont  été  poussés  très  acti- 
vement dans  cette  ville. 

Les  artistes  et  les  ouvriers  étrangers  ne  venaient  plus  alors  à 
Troyës  ;  nous  n'avons  compté  que  trois  Flamands. 

Il  n'y  avait  plus  qu'un  petit  nombre  de  maîtres  qui  exerçaient 
deux  métiers  :  3  peintres  étaient  en  même  temps  enlumineurs, 
5  étaient  verriers,  5  sculpteurs,  3  tailleurs  d'histoires  ou  graveurs 
sur  bois. 

Nous  avons  constaté  un  fait  très  intéressant,  c'est  le  grand 
nombre  de  peintres  de  Troyes  qui  ont  été  employés  aux  travaux 
de  peinture  du  château  de  Fontainebleau,  surtout  de  1540  à  i55o. 
Il  y  en  a  vingt  et  un.  La  plupart  d'entre  eux  sont  des  peintres  tout 
à  fait  obscurs,  mais  quelques-uns  ont  eu  certainement  une  assez 
haute  valeur.  Nous  citerons  parmi  ceux-ci  Nicolas  Cordonnier, 
François,  Jean  et  Nicolas  Pothier,  Jacques  Cochin,  les  Flamands 
Nicolas  Haslin  et  Jean  de  Hoey.  Nous  n'avons  pas  à  parler  ici 
des  sculpteurs. 

Il  est  très  probable  que  ces  peintres  furent  appelés  à  Fontaine- 
bleau par  Domenico  Ricoveri,  peintre,  sculpteur  et  graveur  flo- 
rentiU)  qui  y  a  travaillé  sous  les  ordres  de  Rosso  et  du  Primatice. 
Ricoveri  était  venu  s'établir  à  Troyes  et  s'y  était  marié  •  il  était 
connu  sous  le  nom  de  maître  Dominique  ou  de  Dominique  le 
Florentin. 

Enfin,  on  éprouve  un  très  vif  sentiment  de  surprise  en  voyant 
combien  nombreux  étaient  les  maîtres  et  les  ouvriers  qui,  à  un 
moment  donné,  tenaient  les  pinceaux.  Lors  de  l'entrée  de  Henri  II, 
en  1548,  34  peintres,  maîtres,  compagnons  et  serviteurs  travail- 
lèrent aux  décorations  qu'on  éleva  sur  le  parcours  du  cortège. 

Nous  avons  recueilli  plusieurs  centaines  d'articles  de  comptes 
mentionnant  des  ouvrages  de  peinture  de  toute  sorte  faits  par  les 
peintres  dont  nous  allons  donner  les  noms.  En  général,  ces  ouvrages 
ne  paraissent  pas  avoir  eu  beaucoup  d'importance  au  point  de 
vue  de  l'art.  Cependant  on  voit  plusieurs  maîtres  peindre  des 
tables  (tableaux)  pour  les  églises,  peindre  des  histoires  sur  des 
toiles  lors  de  l'entrée  de  souverains  ou  de  princes,  et  la  suite  de 
tableaux  que  Nicolas  Cordonnier  fit  «  dans  l'ancien  goût  fla- 
mand, »  pour  le  calvaire  de  l'église  Saint-Nicolas,  arrête  l'atten- 
tion. C'est  à  raison  du  peu  d'intérêt  que  les  articles  des  comptes 
présentent  que  nous  n'en  avons  reproduit  qu'un  très  petit  nombre. 


DANS    LA   PREMIÈRE   MOITIE    DU   XVr   SIECLE.  I49 

XVI^    SIÈCLE. 

92.  Jean  Robert  (..i 504-1 5 34). 

Jean  Robert,  peintre  et  enlumineur,  a  peint  des  statues.  Il  a 
enluminé  plusieurs  des  livres  de  la  cathédrale,  peignant  des  his- 
toires, des  lettres,  etc. 

93.  Nicolas  Haslin  (..i5i2-i56i). 

Nicolas  Haslin,  peintre  et  tailleur  d'images,  était  Flamand,  Il 
est  désigné  quelquefois  sous  le  nom  de  Nicolas  le  Flameng  ou  le 
Flament,  et  son  nom  est  écrit  Halins,  Hallain,  Hallin,  Haslin, 
Haselin,  Harselin,  Havelin. 

Il  a  beaucoup  travaillé  comme  sculpteur  dans  les  églises  de 
Troyes  et  n'a  fait,  comme  peintre,  que  de  peindre  des  statues.  Il 
a  fait  des  ouvrages  de  peinture  et  de  sculpture  au  château  de  Fon- 
tainebleau de  1540  à  i55o. 

94.  Jean  //Tharonot  (..i 5 12-1548). 

Jean  II  Tharonot,  peintre,  a  été  marié  et  a  eu  un  fils,  Guil- 
laume, qui  a  été  peintre. 

Il  a  travaillé  aux  préparatifs  de  l'entrée  de  la  reine  Éléonore  à 
Troyes,  en  1 534,  et  recevait  alors,  pour  lui  et  son  serviteur,  1 5  sous 
tournois  par  jour.  Il  marchait,  dans  le  cortège  de  cette  entrée,  avec 
«  les  paintres,  libraires,  enlumineurs,  tailleurs  d'ymaiges  et  bro- 
deurs, »  vêtu  d'un  habit  «  de  taffetas  vyolet  avec  bouffettes  de  taf- 
fetas blanc.  » 

95.  Jacques  Tharonot  (..i5i2-i557). 

Jacques  Tharonot,  peintre,  a  fait  des  travaux  de  peinture  de 
toute  sorte. 

On  lit  dans  les  comptes  de  l'église  Saint-Jean  (i5i2-i5i3)  : 
«  Payé  à  Jacques  Taronot,  paintre,  pour  avoir  estamé  les  pinacles 
et  escussons,  —  painct  et  doré  iceulx,  —  avoir  faict  et  painct  au- 
dessus  desdits  pinacles  les  mistères  du  baptesme  de  Nostre  Sei- 
gneur et  la  décolacion  monseigneur  sainct  Jehan  Baptiste  conte- 
nant six  personnages  et  painct  et  estamé  tous  les  autres  ouvrages 
de  plomberie  dudit  clocher,  pour  ce  xxij  1.  vij  s.  ij  d.  » 

Tharonot  a  signé  la  quittance  de  cette  somme  de  ses  initiales, 
et  dans  les  traits  supérieurs  des  lettres  J.  T.  sont  les  lettres  7.  T. p. 
(Jean  Tharonot,  peintre). 

Dans  les  travaux  pour  l'entrée  de  la  reine  Éléonore,  il  a  été,  en 


l50  LES   PEINTRES   DE   TROYES 

décembre  i533  et  en  janvier  r534,  a  occuppé  (d'abord  avec  le 
peintre  Jacques  Passot)  à  prandre  les  préparatives»et  jolivetez  de 
paincture  de  l'entrée  de  la  Royne;  »  (ensuite,  avec  les  peintres 
Jacques  Passot,  Pierre  Cotelle,  Guyot  Cotelle  et  Jacques  Cochin) 
(c  à  dorer,  paindre  et  estoffer  les  escussons,  armoiries,  lys,  ceptres 
des  Roynes  et  autres  jolivetez  et  gentillesses  pour  ladicte  joyeuse 
entrée.  »  On  paya  pour  ces  travaux,  «  au  maistre  et  au  serviteur,  » 
20  sous  tournois  par  jour. 

96.  Pierre  Abret  (,.i5i3-i5i4). 
Pierre  Abret,  peintre. 

97.  Gérard  (..i5i3-i534). 
Gérard,  peintre  et  verrier. 

Il  y  avait  dans  le  même  temps,  à  Troyes,  deux  Gérard,  peintres 
et  verriers  ;  Tun  était  appelé  le  grand  Gérard  et  l'autre  le  petit 
Gérard. 

i533-i534.  Église  Saint- Nicolas.  «  ...  Au  grand  Gérard, 
painctre,  pour  le  ject  de  la  verrière  de  Toussaincts...  » 

98.  Jean  Briais  (..r5i4'i5i8). 

Jean  Briais,  Briois  ou  le  Briois,  peintre,  a  travaillé  pour  Péglise 
Sainte-Madeleine. 

i5i5-i5i6.  Il  a  peint  «  les  ymages  estant  sur  le  grand  autel  et 
le  sainct  Lazare  estant  près  d'iceluy.  » 

i5i6-i5i7.  a  ...  Pour  avoir  pourtraict  en  papier  et  depuis  en 
une  peau  de  parchemin  du  drap  de  soye  sur  une  chappe  de  Sainct- 
Pierre  pour  en  faire  faire  à  Lyon  de  pareil  pour  ladicte  église  de 
la  Madeleine...  x  s.  t.  » 

Briais  a  fait  un  dessin  en  iSry-iSiS  pour  le  chapitre  de  la 
cathédrale  : 

a  A  Jehan  Briais,  paintre,  pour  avoir  faict  en  papier  de  blanc 
et  noir  ung  Dieu  pour  l'estanfiche  du  principal  portail,  —  deux 
saincts  Pierre  et  ung  sainct  Paul  pour  iceulx  monstrer  à  messei- 
gneurs  pour  savoir  s'ils  feroient  bons  patrons  pour  sur  iceulx  faire 
les  ymaiges  de  la  grandeur  qu'il  convient  pour  les  portaux  ou 
estanfiches,  —  pour  ce  à  luy  paie  xl  s.  » 

9g.  Mathurin  Maquart  (..i5i8-i52o). 

Mathurin  ou  Mathelin  Maquart,  peintre,  demeurait  «  devant  le 
beau  portail  »  de  la  cathédrale. 
Cathédrale^  iSiS-iSig.  v  ...  Pour  avoir  refreschi  de  couleur  de 


DANS    LA   PREMIÈRE   MOITIÉ   DU    XVI«    SIECLE.  I  5 1 

vermillon  la  croix  estant  sur  la  capse  des  stations,  —  avoir  osté 
des  croix  blanches  qui  estoient  en  ung  poille  estant  à  l'entour  de 
la  capse  de  la  croisade  lequel  poille  monseigneur  Tarchipreste 
Hennequin  a  donné  à  la  fabrique  et  y  est  seullement  demoré  les 
armes  du  pape  et  du  Roy,  —  avoir  aussy  lavé  vingt-deux  escus- 
sons  du  pape,  du  Roy  et  de  la  Royne  pour  iceulx  mettre  aux 
advenues  de  l'église  et  aillieurs...  » 

i5i9-i52o.  «  ...  Pour  avoir  repainct  la  toille  en  laquelle  sont 
les  armes  du  pape  et  du  Roy  pour  mettre  à  Tentour  de  la  petite 
capse  et  aussi  pour  avoir  painct  cent  ou  six  vingts  escussons 
esquels  sont  les  armes  du  pape,  du  Roy  et  de  la  Royne  pour 
mettre  et  envoyer  en  plusieurs  lieux...  » 

1 00.  Nicolas  I  Passot  {. .  i  5  i  8-  i  5  2  i  ) . 
Nicolas  I  Passot,  peintre,  a  travaillé  en  i52i  pour  Tentrée  de 
François  I".  Il  fit  le  «  grand  patron  »  de  la  pièce  d'orfèvrerie  qui 
fut  présentée  au  roi  («  Hector  monté  et  armé  sur  ung  cheval  »)  et 
le  dessin  de  statues  faites  pour  l'entrée  de  ce  prince. 

i  o  i .  Jacques  I  Passot  (. .  i  5  i  8-  f  de  1 546  à  1 548) . 

Jacques  I  Passot,  maître  peintre,  a  épousé  Jeanne.  Il  a  eu 
une  fille. 

Il  avait  pour  marque  un  écusson  ayant  dans  le  champ  trois 
petits  écus  vides,  avec  les  initiales  J  (à  gauche)  et  P  (à  droite).  Cet 
écusson  était  celui  des  peintres. 

Jacques  Passot  a  travaillé  en  i534  aux  décorations  faites  pour 
l'entrée  de  la  reine  Éléonore  ;  il  était  payé  1 5  sous  par  jour.  Nous 
le  voyons  dans  les  comptes  en  cette  occasion  :  tantôt  «  vaquant  à 
prandre  les  préparatives  et  jolivetez  de  painctrie  de  Pentrée  de  la 
Royne  ;  »  tantôt  occupé  a  à  dorer,  paindre  et  estoffer  les  escus- 
sons, armoisies,  lys,  ceptres  des  Roynes  et  autres  jolivetez  et  gen- 
tillesses pour  ladicte  joyeuse  entrée.  » 

Il  était  employé  par  la  ville  à  ces  travaux  avec  Jacques  Cochin, 
Jacques  Tharonot,  Girard  Daulge,  Pierre  Cotelle  et  Guyot  Cotelle. 

Jacques  I  Passot  a  travaillé  pour  l'église  Saint-Nicolas. 

1 534-1 535.  «...  Pour  avoir  faict  une  devise  par  escript  de  la 
paincture  d'icelle  table  (du  grant  autel)...  » 

1543- 1544.  «...  Pour  avoir  repainct  les  tables  et  ymages  de  la 
dicte  église...  xxxvij  s.  vj  d.  » 

Passot  a  fait  encore  des  peintures  en  1 545  pour  l'entrée  du  duc 
de  Guise. 


l52  LES    PEINTRES   DE   TROYES 

Les  dernières  pièces  qui  le  concernent  portent  la  date  de  r  548  ; 
elles  sont  toutefois  au  nom  de  Jeanne,  sa  veuve  : 

a  ...  Pour  avoir  dorey  iiijc  pommes  de  bois  pour  les  chappeaulx 
de  triumphe...  xl  s.  i.  » 

«...  Pour  les  armoysies  de  Tensaigne  de  la  trompette  pour  la 
ville...  XV  s.  t.  » 

La  quittance  (du  25  juin  1548)  est  signée  Jehanne  veuve  de 
Jaques  Passât. 

102.  Edme  Gehtyl  (..  i528-i522). 

Edme  Gentil,  peintre  et  verrier,  a  travaillé  à  la  cathédrale. 

1 520-1 521.  «  ...  Pour  la  paincterie  des  deux  clefz  ensemble  le 
feuillaige  et  escussons  entaillés  pour  les  deux  voltes  de  la  chapelle 
Droyn,  esquelles  clefz  sont  les  armes  de  Révérend  père  en  Dieu 
monseigneur  de  Troyes  et  Droyn  de  la  Marche...  marché  fait... 
la  somme  de  x  1.  t.  » 

i52i-i522.  «...  Pour  avoir  painct  lesdictes  deux  clefz  ensemble 
les  feuillailles  et  escussons  ainsi  comme  il  peult  apparoir  à  luy 
par  Tadviz  de  Jehan  de  Soissons  maistre  maçon  la  somme  de 

xj  1.  t.  » 

Il  paraît  que  Edme  Gentil  est  le  père  de  François  Gentil,  le 
sculpteur,  mais  nous  n'avons  eu  aucune  preuve  de  ce  fait. 

io3.  Antoine  I  (..i52i-i523). 
Antoine  I,  peintre. 

104.  Louis  PoTHiER  (■.i520--î-i55i  ou  l552). 
Louis  Pothier,  peintre'. 

io5.  Gérard  Dauge  (..i 5 22-1 5 34). 
Gérard  Dauge  ou  Daulge  était  peintre  et  doreur. 
Cathédrale.  i525-i526.  «  A  Gérard  Dauge...  auquel  a  esté  con- 
venu et  marchandé  de  redorer  le  coq  estant  sur  le  grand  clocher... 
d'or  fin  renforcy  bien  et  deuement...  iij  1. 

«  Item  pour  les  couleurs  qu^il  a  fournyes  pour  estamer  de  feuilles 
d'estain  les  clefs  et  fleurs  de  lys  à  l'entour  dudit  clocher     cxv  s.  » 
Les  voûtes  du  chœur  de  l'église  de  Moutier-la-Celle  ont  été 
«  paintes  et  estoffées  »  par  Dauge,  aux  frais  d'Antoinette  de  Bour- 
bon, duchesse  de  Guise. 

I.  Voir  notre  notice  dans  les  Nouvelles  Archives  de  l'Art  français, 
t.  XIV  (ou  t.  \V  de  la  3-^  série),  1886,  p.  338  à  342. 


DANS    LA    PREMIÈRE    MOITIÉ   DU    XVI*    SIÈCLE.  l53 

Ce  maître  a  été,  en  i534,  «  occupé  à  Teuvrede  painctrye,  »  avec 
Jacques  Cochin  et  Jacques  Passot,  pour  les  préparatifs  de  Tentrée 
de  la  reine  Éléonore  ;  il  était  payé  1 5  sous  tournois  par  jour  pour 
lui  et  son  serviteur. 

io6.  Antoine  Moreau  (..i523-i557). 

Antoine  Moreau,  peintre  et  doreur,  a  été  marié  et  a  eu  un  fils 
qui  fut  aussi  peintre. 

Église  Sainte-Madeleine.  1 524-1 525.  «...  Pour  avoir  redoré  et 
estofîé  la  croix  du  Dieu  de  dessus  le  grant  hostel  et  les  dyadesmes 
de  la  Magdeleine,  xl  s.  t.  » 

Église  Saint-Jean.  1 526- 1527.  «...  Pour  luy  avoir  doré  la  croix 
estant  sur  le  grant  portail...  » 

Ville  1529.  a  ...  Pour  avoir  faict  deux  grands  armoiries  de  la 
ville  de  Troyes  (à  l'occasion  du  service  fait  à  l'église  Saint-Panta- 
léon  pour  le  remède  de  l'âme  de  feu  noble  homme  Jacques  Dori- 
gny,  maire  de  Troyes.  » 

Ville.  i53o.  «  ...  Pour  avoir  rougy  les  boys  et  basions  dudict 
châssis  (du  ciel  porté  sur  monseigneur  le  légat  à  son  arrivée)...  » 

Ville.  1534.  «...  Occupé  à  l'euvre  de  painctrie  (avec  son  fils, 
pour  les  préparatifs  de  l'entrée  de  la  reine  Éléonore}.  » 

Église  Saint-Jean,  i535-i536.  «  ...  Pour  avoir  repainct  les 
y  mages  qui  sont  en  l'eau  benoiste  et  les  y  mages  sur  le  grant  autel.. . 

XV  s.  » 

Ville.  i538.  «  ...  Pour  deux  grandes  armoiries  des  armes  delà 
ville,  lesquelles  estoient  atachées  ausdictes  torches  (lors  de  l'enter- 
rement de  M"  Antoine  Huyard,  avocat  du  roi)...  et  six  petitz 
escussons  aux  armes  de  ladicte  ville  pour  mectre  es  cierges...  » 

Eglise  Saint-Jean.  1 539-1 541.  «  ...  Pour  avoir  painct  la  Nostre 
Dame  du  grant  ostel...  » 

1547-1549.  «  ...  Pour  avoir  painct  deux  ymages...  » 

Ville.  1548.  «  ...  Pour  avoir  paincft  le  devant  du  corps  d'hostel 
de  la  ville  des  coulleurs  de  noir  et  blanc  et  mis  les  devises  du  Roy 
(entrée  de  Henri  II).  » 

Église  Saint-Jean.  i552-i553.  «  ...  Pour  avoir  painct  deux 
ymages  à  l'ostel  de  la  Madeleine...  » 

Antoine  Moreau  tenait  à  loyer  «  un  corps  de  maison  qui  est  des 
appartenances  dudict  hostel  (de  ville)  séant  en  la  Grand  Rue.  »  Il 
était  pauvre. 


l54  LES   PEINTRES   DE  TROYES 

107.  Jean  Dauge  (..i523-i562). 
Jean  Dauge,  peintre,  a  été  député  des  «  paintres,  verriers  et  yma- 
gers  »  à  l'assemblée  de  la  Saint-Barnabe,  en  i562. 
108.  Jean  Prunay  (..i 524-1 544). 
Jean  Prunay,   Prunet  ou  Prunier,  peintre,  était  à  Troyes  en 
1524. 

Il  a  travaillé  aux  ouvrages  de  peinture  et  de  stuc  au  château  de 
Fontainebleau  de  i535  à  1540. 

109.  Parceval  Blancpignon  (..i525-i528). 
Parceval  Blancpignon,  appelé  le  plus  souvent  dans  les  comptes 
maistre  Parceval,  était  peintre. 

Il  a  peint,  en  1 525-1 526,  la  bannière  de  l'église  Sainte-Made- 
leine et,  en  1 527-1 528,  les  armoiries  du  pape  à  Téglise  Saint- 
Nicolas, 

no.  Jacques  I  Pinsot  (..1 526-1528). 

Jacques  I  Pinsot,  peintre,  a  travaillé  pour  l'église  Saint-Jean, 
iri.  Guyot  I  Cotelle  (..i526-  f  de  i558  à  1570), 

Guyot  I  Cotelle,  peintre  et  doreur,  a  été  marié. 

Il  est  porté  sur  les  Comptes  de  l'église  Saint-Jean  pour  l'an- 
née 1526-1527  : 

a  ...  Pour  avoir  par  luy  painct  la  table  de  l'autel  sur  lequel  l'on 
chante  la  messe  des  trespassés  et  pour  avoir  par  luy  repainct  les 
faces  des  ymages  des  reliques,  pour  ce  Ixxiij  s.  iiij  d.  » 

Il  a  travaillé,  en  i53o-i53r,  à  l'église  Saint-Nicolas;  il  a  reçu, 
en  cette  année,  20  sous  tournois  «  pour  la  façon  du  tappiz  de  alen- 
tour le  grant  tronc  d'icelle  église.  » 

En  janvier  1 534,  i^  ^  ^^^  employé  «  à  l'euvre  de  painctrie,  »  pour 
l'entrée  de  la  reine  Éléonore,  avec  Jacques  Cochin,  Pierre  Cotelle, 
Jacques  Passot  et  Jacques  Tharonot.  Il  était  payé  i5  sous  tour- 
nois pour  lui  seul  ou  20  sous  pour  lui  et  son  serviteur. 

Guyot  Cotelle  a  fait  pour  la  ville  d'autres  ouvrages  de  peinture 
de  peu  d'importance. 

Il  tenait  «  la  moictyé  d'une  maison  assize  en  la  rue  de  la  Mon- 
tée-Saint-Pierre. » 

Il  est  mort  de  i558  à  1570.  Sa  veuve  était  pauvre. 
112,  Nicolas  Quenet  (..i53o-i537). 

Nicolas  Quenet,  peintre,  était  à  Troyes  en  i53o.  Il  a  travaillé 
au  château  de  Fontainebleau  en  i536  et  en  1537. 


DANS    LA    PREMIÈRE   MOITIÉ   DU    XVI*    SIECLE.  l55 

Il 3.  Louis  Bachot  (..i 5 30-1547). 
Il  y  avait  à  Troyes  dans  le  deuxième  quart  du  xvi«  siècle  un 
peintre  du  nom  de  Louis  Bachot.  Dans  le  même  temps,  un  Louis 
Bachot,  peintre,  travaillait  à  Paris  et  au  château  de  Fontaine- 
bleau. Nous  ignorons  si  le  peintre  de  Troyes  est  le  même  que  le 
\peintre  de  Fontainebleau. 

114.  Jean  Vatepin  (..i53o-  -f-  de  1  588  à  1590). 
Jean  Vatepin,  maîtrp  enlumineur  et  peintre,  a  épousé  Margue- 
rite; il  signait  /.    Vatepin  et  Vatepin.  Sa  maison  était  dans  la 
«  Grant  Rue  »  et  touchait  à  la  «  ruelle  des  Quenoulles.  » 
11  a  fait  surtout  des  ouvrages  d'enlumineur. 

1x5.  Genêt  Collet  (..i53i-  f  de  1564  à  i56g). 
Genêt  Collet,  peintre  et  tailleur  d'images,  a  travaillé  pour  la 
ville,  la  cathédrale  et  l'église  Saint-Nicolas.  Il  signait  Jenet  Collet. 
116.  Pierre  Cotelle  (..i532-i534). 
Pierre  Cotelle,  peintre,  a  fait  des  travaux  de  peinture  pour 
la  ville. 

117.  Jean  de  Beaumont  (..i 533- 1548). 
Jean  de  Beaumont,  peintre. 

118.  Guyot  Drouynot  (..  i533-i548). 

Guyot  Drouynot  ou  Droynot,  peintre,  a  été  employé  aux  tra- 
vaux de  décoration  pour  l'entrée  de  la  reine  Éléonore  et  pour  celle 
de  Henri  II. 

Il  a  peint,  lors  de  cette  dernière  entrée,  «  les  deux  anges  de  l'es- 
cusson  du  Roy,  ledit  escusson,  les  armoyries  de  la  ville  et  de 
Champaigne,  »  et  a  «  rafreschy  les  deux  ymages  de l'Annunciade 
estant  le  tout  à  la  porte  du  Belfroy.  » 

1 19.  Girard  Viare  (..i533-  f  de  1548  à  i556). 

Cet  artiste  est  désigné  par  des  noms  différents  dans  les  rôles  de 
rimpôt,  dans  les  comptes  de  la  ville  et  des  églises.  Voici  ces  noms  : 
Viare,  Vyarre,  Viaron,  Viarrey,  Vierrey,  Vyerrey,  Vierry,  Verrey, 
Verry,  Verrier,  Gérard  Verrier,  Girard  le  peintre.  II  était  aussi 
appelé  quelquefois  Petit  Gérard,  pour  le  distinguer  du  Grand 
Gérard,  verrier,  qui  vivait  à  la  même  époque.  Il  signait  G.  Viare. 
Son  nom  est  tracé  en  lettres  romaines  majuscules  et  suivi  d'un 
écusson. 

Girard  Viare  était  peintre.  Il  a  épouse  Madeleine  et  a  eu  d'elle 
deux  fils,  nés  l'un  en  i536  et  l'autre  en  1542. 


l56  LES   PEINTRES   DE   TROYES 

Il  a  travaillé  pour  les  églises  Saint-Jean  et  Saint-Nicolas. 

Église  Saint-Nicolas.  i533-i534.  «  Payé  au  petit  Gérard, 
painctre,  pour  avoir  faict  le  patron  de  la  verrière  Sainct Claude... 

a  ...  Pour  avoir  faict  l'ordonnance  des  ymages  de  la  chapelle  de 
Toussaincts...  » 

Église  Saint-Jean.  1546.  «  ...  Pour  avoir  paint  les  ventaulx  des 
orgues  tant  dehors  que  dedans,  auxquels  ventaulx  sont  hystoriés 
le  preschement,  le  baptesme  et  la  décolation  de  sainct  Jehan  Bap- 
tiste... vij  liv.  » 

Viare  a  fait,  en  1545,  pour  la  ville,  «  deux  portraictz. . .  des 
plans  de  la  ville  esquelz  sont  figurez  les  forteresses  faites  et  quom- 
mancées  à  faire  en  icelle  ville^  esquelz  portraictz  il  a  esté  baillé  ung 
à  monseigneur  le  gouverneur  et  Pautre  est  délivré  à  la  ville...  » 

Il  a  travaillé  en  1548  pour  l'entrée  de  Henri  II  et  de  Cathe- 
rine de  Médicis.  Il  a  fait  pour  la  ville,  à  cette  occasion,  avec  le 
peintre  Nicolas  Pothier,  le  modèle  de  la  pièce  d'orfèvrerie  qui  fut 
offerte  à  la  reine. 

a  Nous  Girard  Vyarre  et  Nicolas  Pothier,  painctres,  demeurant 
à  Troyes,  confessons  avoir  eu  et  receu  de  messieurs  les  maire  et 
eschevins  de  la  ville  de  Troyes  la  somme  de  sept  livres  dix  solz 
tournois  pour  nos  peines,  salaires  et  vacacions  d'avoir  faict  et  par- 
faict  le  modelle  du  présent  et  joyeulx  don  que  l'on  entend  faire  à 
la  Royne  à  sa  joyeuse  et  nouvelle  entrée  naguères  faicte  audict 
Troyes  et  icelle  modelle  estoffer  d'or  et  d'argent,  ainsi  qu'il  estoit 
nécessaire  et  laquelle  somme  de  sept  livres  dix  solz  tournois  nous 
avons  receue...  dont  nous  tenons  pour  contens  et  payé  et  en  quic- 
tons  et  avons  quicté  par  ceste  mesdicts  sieurs  et  tous  autres  com- 
bien que  pour  icelle  modelle  deussions  avoir  par  promesse  à  nous 
faicte  plus  grosse  somme.  » 

Cette  quittance  porte  la  date  du  9  juin  1 548  et  les  signatures  de 
Viare  et  de  Louis  Pothier  qui  a  signé  pour  son  fils. 

Viare  est  mort  de  1548  à  i556.  Sa  veuve  était  dans  la  misère  en 
1 557,  comme  en  1 569. 

120.  Jacques  I  CocmN  (..i533-  f  de  1549  à  i55i). 

Jacques  I  Cochin,  peintre,  a  épousé  Edmonne  et  a  eu  d'elle 
plusieurs  enfants. 

Grosley  dit  qu'il  était  «  peintre,  dominotier  et  marchand 
d'images,  de  la  religion  réformée  ^ .  » 

I.  Œuvres  inédites,  t.  I,  p.  257. 


DANS   LA   PREMIÈRE   MOITIÉ    DU   XVl"   SIECLE,  ï5j 

Le  fait  est  vrai.  Voici  ce  que  Nicolas  Pithou  a  écrit  dans  V His- 
toire ecclésiastique  de  l'église  de  la  ville  de  Troyes  :  «  Passant 
par  la  ville  de  Troyes  (en  1549),  il  (Macé  Moreau^)  alla  veoir  un 
certain  peintre  du  lieu,  nommé  Jaques  Cochin,  chez  lequel  il  avoit 
accoustumé,  du  temps  de  sa  première  vocation,  se  fournir  de 
drappeletz  (ou  images).  Ce  peintre  avoit  quelque  entrée  en  la  con- 
gnoissance  de  la  vraye  religion  qu'il  avoit  acquise  en  fréquentant 
la  prédication  de  MoreP.  » 

Jacques  Cochin  a  travaillé  pour  la  ville  et  pour  quelques-unes 
des  églises  de  Troyes. 

Il  a  été  employé  en  1 534  aux  préparatifs  de  l'entrée  de  la  reine 
Eléonore;  il  était  payé  alors  20  sous  par  jour,  «  homme  et  servi- 
teur. » 

Église  Saint- Nicolas.  1 533-1 534.  «  ...  Pour  avoir  painct  le 
dociel  de  derrière  les  ymaiges  de  la  chapelle  de  Toussaints  et  les 
ymaiges,  Ix  s.  » 

Ville.  Août  i536.  «  ...  Pour  avoir  faictetlivreydeuxescussons 
des  armoiryes  de  la  ville  pour  mectre  es  torches  de  l'enterrement 
de  feu  Nicolas  Dorigny  eschevin  et  six  autres  petis  escussons 
pour  mettre  es  cyerges  du  service  dudit  Dorigny,  ij  s.  viij  d.  t.  » 

Cochin  a  fait  des  peintures  au  château  de  Fontainebleau  de 
1537  a  1 540^,  et,  entre  autres  travaux  qu'il  y  a  faits,  il  a  «  vacqué 
esdits  ouvrages  (de  peinture)...  pour  la  venue  et  réception  dudit 
empereur  (Charles- Quint)  audit  Fontainebleau  à  raison  de 
XX  sols  par  jour.  » 

Il  a  été  occupé  aux  préparatifs  de  l'entrée  de  Henri  II  à  Troyes, 
en  1548. 

Il  a  été  député  des  peintres,  des  libraires,  des  imagers,  des  ver- 
riers et  des  enlumineurs  à  l'assemblée  générale  d'avril  1542. 

Il  demeurait  «  près  Saint-Aventin.  » 

Il  signait  Jaques  Cochin  et  dessinait  au-dessous  de  son  nom 
l'écusson  des  peintres  (avec  trois  petits  écus  vides  dans  le  champ). 
Il  est  mort  de  1549  ^  i55r.  Sa  veuve  était  pauvre. 


1.  Macé  Moreau  fut  brûlé  vif  à  Troyes  le  18  octobre  1549. 

2.  Nicolas  Pilhou,  Histoire  ecclésiastique  de  l'église  de  la  ville  de  Troyes. 
Bibliothèque  nationale,  mss.,  Coll.  Du  Puy,  vol.  698,  fol.  47. 

3.  Comptes  des  bâtiments  du  Roi.  Bibliothèque  nationale,  mss.,  n°  11179, 
fol.  137. 


l58  LES   PEINTRES    DE   TROYES 

131.  Jacques  Gentil  (..i533-i565). 

Jacques  Gentil^  peintre. 

122.  Michel  I  Thays  (,.i533-i572). 

Michel  I  Thays  ^,  peintre,  signait  Michel  Thays  et  dessinait 
au-dessous  de  son  nom  une  ancre  avec  les  lettres  M  T,  et  au-des- 
sus du  nom  les  mêmes  lettres  M  T. 

Il  a  travaillé  pour  la  ville,  la  cathédrale  et  les  églises  Saint- 
Etienne  et  Saint-Jean. 

Cathédrale.  i535-i536.  «...  Pour  avoir  estoffélesdictes  ymages 
(de  bois  faites  par  Nicolas  de  Flamand  pour  l'horloge  de  la  nef) 
de  painture  selon  qu'ils  le  requéroient  et  aussi  pour  avoir  radoubé 
et  repaint  en  plusieurs  lieux  la  monstre  et  quadran  dudict  orloge 

ix  1.  » 

Église  Saint-Etienne.  1 540-1 541.  a  ...  Pour  avoir  painct  les- 
dites  trois  ymaiges  de  monsieur  sainct  Estienne,  sainct  Aventin 
et  saincte  Hoylde,  pour  avoir  repainct  les  visages  des  ymaiges  de 
Nostre  Dame,  du  petit  Dieu  et  de  Sainct  Estienne,  dorey  le  dya- 
desme  dudit  petit  Dieu  et  pour  avoir  repainct  les  visages,  piedz 
et  mains  et  elles  des  quatre  anges  du  grand  aultel  xl  s.  t.  » 

1 542-1 543.  «...  Pour  avoir  repainct  le  prophette  qui  est  au- 
dessus  ladite  piscine...  » 

Ville.  1544-1545.  «  ...  Pour  la  paincture de  iiij  bastons  servant 
à  porter  le  poille  faict  pour  Mgr  le  duc  d'Orléans  xlv  s.  » 

Cathédrale.  1 548-1 549.  «...  Pour  avoir  fait  les  incarnacions 
des  ymaiges  de  la  chasse  (saint  Savinien  que  l'on  redorait)...  paint 
les  soubsbassemens  d'icelle  châsçe  et  les  embassemens  de  quatre 
columnes...  » 

1 556-1 557.  «  ...  Pour  avoir  paint  les  armoyries  et  tappiz  pour 
couvrir  et  parer  le  tronc...  » 

Église  Saint-Jean.  r556-i557.  «  ...  Pour  l'ordonnance,  histoires 
et  painctures  des  deux  cielz  sur  le  grant  autel  xxxiij  1.  » 

Michel  Thays  a  travaillé  aux  préparatifs  de  l'entrée  de  la  reine 
Éléonore  et  de  l'entrée  de  Henri  II. 

123.  Jacques  Quevestre  (..1534-1548], 

Jacques  Quevestre,  maître  peintre,  a  été  marié  et  a  eu  un  fils. 
Il  a  pris  part  comme  preudhomme  à  l'élection  des  échevins 
en  1534. 

I.  Le  nom  est  écrit  Thays,  Thaïs,  Tays,  Taiz  et  Theis. 


DANS   LA   PREMIÈRE  MOITIÉ   DU   XVI^   SIECLE.  l5g 

124.  Jean  Gendret  (..i 534-1541). 

Jean  Gendret,  peintre  et  tailleur  d'ima.ges^preudhomme  en  1 534. 

Il  a  travaillé_,  en  i534,  pour  l'entrée  de  la  reine  Éléonore,  «  à 
l'enrichissement  des  portaulx,  arcs  et  triumphes,  tables  d'attentes 
et  aultres  singularitez,  » 

Il  demeurait  dans  une  maison  située  devant  le  cimetière  Notre- 
Dame,  au  coin  de  la  rue  des  Mauberts,  du  côté  de  l'église  Saint- 
Urbain. 

125.  Jean  Macadré  (..i 534-1  56o). 

Jean  Macadré  le  jeune,  maître  verrier  et  peintre,  signait  Jehan 
Machadre. 

Il  a  épousé  Perrette,  et  a  eu  d'elle  plusieurs  enfants,  entre  autres 
Jean  (1537)  et  Antoine  (1541). 

Macadré  a  été  un  des  plus  habiles  verriers  de  Troyes,  et,  quoi- 
qu'il soit  désigné  quelquefois  comme  peintre,  nous  ne  connais- 
sons de  lui  aucun  ouvrage  de  peinture  proprement  dit. 
126.  Nicolas  I  Pothier  (..i 535- i 566). 

Nicolas  I  Pothier,  peintre. 

Voir  notre  notice  sur  ce  maître  dans  les  Nouvelles  Archives  de 
V Art  français,  t.  XIV,  i886,  p.  342  à  348. 
127.  Antoine  II  (i536). 

Antoine  II,  peintre,  a  travaillé  à  l'église  Saint- Pantaléon. 

128.  Jean  Portier  (..i536-i565). 

Jean  Portier,  Poretier  ou  le  Portier,  peintre,  a  travaillé  au  châ- 
teau de  Pontainebleau  de  i536  à  i55o.  Il  était  à  Troyes  de  i556 
à  i565. 

129.  Jean  Caillet  (..i 537-1 548). 

Jean  Caillet,  peintre,  demeurait  à  Troyes  dans  la  maison  de 
Jacques  Bachot,  le  sculpteur.  Il  a  travaillé  au  château  de  Pontai- 
nebleau de  1537  à  1540  et  a  été  un  des  peintres  employés  aux 
préparatifs  qui  furent  faits  pour  la  réception  de  Charles-Quint  à 
Pontainebleau  en  1539. 

i3o.  Nicolas  II  Blancwgnon  {. .1537-1557). 

Nicolas  II  Blancpignon  ou  Blam pignon,  peintre  et  doreur,  est 
aussi  un  des  peintres  qui  ont  été  occupés,  de  i537  à  1540,  «  aux 
ouvrages  de  painture  et  stucq  »  du  château  de  Pontainebleau.  Il 
était  marié  et  a  eu  deux  fils;  nous  l'avons  suivi  à  Troyes  de  1548 
à  1557. 


l6o  LES   PEINTRES   DE   TROYES 

i3r.  Nicolas  III CoRDOT^mER  [..i53y-  -|-  en  1572  ou  en  t5j3). 

Nicolas  III  Cordonnier  l'aîné,  maître  peintre,  signait  Nicolas 
Cordoannier  et  le  plus  souvent  Nicolas  Cordonnier.  Son  nom 
était  écrit  quelquefois  Cordouannier.  Sa  marque  consistait  en 
trois  anneaux  entrelacés,  placés  deux  et  un,  rarement  un  et  deux, 
dans  lesquels  étaient  les  lettres  N,  C  et  P  (Nicolas  Cordonnier 
peintre) . 

Nicolas  III  était  fils  de  Nicolas  II.  Il  a  épousé  en  1541  Odette 
ou  Oudette,  fille  de  Claude  Chalon,  peintre.  Il  a  eu  d'elle  au 
moins  trois  enfants. 

Il  a  été  député  des  peintres,  des  verriers  et  des  tailleurs  d'images 
à  rassemblée  générale  du  i  r  juin  iSôy. 

Michel  Oudin,  bourgeois  de  Troyes,  de  retour  vers  i55o  d'un 
voyage  à  Jérusalem,  avait  fait  ériger  sur  ses  plans  un  sépulcre  et 
un  calvaire  dans  Péglise  Saint-Nicolas.  Il  chargea  Nicolas  Cor- 
donnier de  peindre  sur  bois,  pour  le  calvaire,  une  suite  de  tableaux. 
Ces  tableaux,  «  représentant  les  détails  des  lieux  saints,  les  céré- 
monies particulières  à  ces  lieux  et  aux  diverses  nations  qui  y 
abordent,  et  surtout  celles  qui  s'y  pratiquent  le  jeudi  saint,  » 
d'après  les  dessins  qu'Oudin  en  avait  faits  lui-même,  étaient,  dit 
Grosley,  «  bien  traités  dans  l'ancien  goût  flamande  »  Cet  ouvrage 
fut  achevé  en  i552  ;  on  lit  dans  les  comptes  de  l'église  : 

i552.  a  ...  Pour  avoir  parachevé  de  paindre  la  table  Michel 
Oudin  et  de  marché  faict  xv  l.  » 

Jean  Ascelin  ou  Ancelin  composa  et  mit  en  vers  les  inscriptions 
de  ces  tableaux. 

Cordonnier  a  travaillé  en  1548  pour  l'entrée  de  Henri  II.  Il  a 
été  occupé,  avec  son  fils,  de  décembre  i563  à  avril  1564,  sous  les 
ordres  de  Dominique  Ricoveri,  avec  lequel  il  s'était  trouvé  à 
Fontainebleau,  aux  préparatifs  de  l'entrée  de  Charles  IX.  Il  était 
payé  1 2  sous  par  jour.  On  conserve  aux  archives  de  la  ville  de 
Troyes  des  quittances  signées  par  lui  et  relatives  à  des  ouvrages 
qu'il  a  faits  en  cette  occasion.  Une  d'elles  (i  i  mars  1564)  fait  men- 
tion de  «  cinq  douzennes  de  panachez,  »  une  autre  (20  mars  1 564) 
du  a  guidon  faict  pour  l'efiigye  de  la  France  victorieuse  ;  »  une 
troisième  (22  avril  1564)  s'applique  à  «  plusieurs  vaccacions  de 
son  estât  de  painctre  par  luy  faictes  aux  accoustremens  des  habitz 
et  bastons  des  saulvages  ordonnez  pour  l'entrée  du  Roy.  » 

I.  Grosley,  Œuvres  inédites,  t.  II,  p.  271. 


DANS   LA   PREMIÈRE   MOITIÉ  DU   XVI^   SIÈCLE.  l6l 

Cordonnier  a  peint  des  armoiries  pour  la  ville  en  iSôy  et 
en  iSyi. 

Il  est  mort  en  1672  ou  en  iSyS,  laissant  sa  veuve  dans  la  pau- 
vreté. 

i32.  Pierre  Pothier  (..i538-f  de  iSSg  à  i568). 

Pierre  Pothier,  peintre. 

Voir  notre  notice  dans  les  Nouvelles  Archives  de  V Art  fran- 
çais, t.  XIV,  1886,  p.  348  et  349. 

i33.  Jacques  III  Cochin  (..1539-1612). 

Jacques  IIP  Cochin,  peintre,  fils  de  Jacques  I  et  d^Edmonne, 
sa  femme,  est  né  à  Troyes  et  a  été  baptisé  le  3  mars  i539  (1540). 

Il  a  épousé  :  en  premières  noces,  Marie;  en  secondes  noces, 
Jacquette  Linard,  veuve  de  Antoine  Portier. 

Il  a  eu  de  sa  première  femme  sept  enfants,  nés  de  i563  à  1576. 

On  a  vu  plus  haut  que  Jacques  I  Cochin  passait  pour  professer 
la  religion  réformée;  il  en  a  été  de  même  de  Jacques  III.  Il  s'est 
marié  cependant  à  l'église  catholique,  et  tous  ses  enfants  ont  été 
baptisés  à  Péglise  Saint-Jean  ;  il  a  été  plusieurs  fois  parrain  d'en- 
fants de  peintres  de  Troyes. 

Voici  ce  que  Nicolas  Pithou  rapporte  :  «  (En  i56i),  un  de 
Troyes,  nommé  Païot,  tixerrant  de  toilles  de  son  mestier,  » 
prétendit  avoir  recouvré  la  vue  par  miracle,  après  une  neuvaine 
à  la  Belle  Croix;  «  un  certain  peintre  de  la  religion,  nommé 
Cochin,  se  doublant  qu'il  y  avoit  de  l'imposture,  résolut  de  des- 
couvrir et  faire  connoistre  au  peuple  cet  abus^...  » 

Jacques  Cochin  a  travaillé  en  1564  aux  préparatifs  de  l'entrée 
de  Charles  IX  ;  il  était  payé  1 2  sous  par  jour. 

Il  était  pauvre. 

Il  signait  Jaques  Cochin  et  dessinait  à  la  suite  de  son  nom 
l'écusson  des  peintres. 

134.  Jean  III  Tharonot  (..1540- f  avant  1547). 

Jean  III  Tharonot,  peintre,  a  épousé  Jeanne  et  a  eu  d'elle 
deux  fils. 

Il  est  mort  avant  1547,  et  sa  veuve  s'est  remariée  avec  le  peintre 
Richard  Perrot. 

1.  On  trouvera  plus  loin  Jacques  II  Cochin,  peintre. 

2.  Nicolas  Pithou,  Histoire  ecclésiastique  de  l'église  de  la  ville  de  Troyes, 
Bibliothèque  nationale,  mss.,  Collection  Du  Puy,  vol.  698,  fol.  174. 

ART  FR.    IV  1 1 


l62  LES   PEINTRES  DE  TROYES 

i35.  Claude  Remyot  (..i 540-1 548). 
Claude  Remyot,  peintre,  a  été  marié  et  a  eu  un  fils  en  1 540. 

i36,  Antoine  Chevallier  (..i540-i55o). 
Antoine  Chevallier,  peintre,  a  travaillé  «  aux  paintures  de  la 
grande  gallerie  »  du  château  de  Fontainebleau.  Il  était  payé  à 
raison  de  1 2  livres  par  mois. 

iSy.  Pierre  Haslin  (..i 540-1  55o). 

Pierre  Haslin  ou  Halins,  peintre,  était  Flamand.  Il  était  à 
Troyes  en  1541. 

Il  a  été  employé  comme  peintre,  de  1 540  à  1 55o,  au  château  de 
Fontainebleau.  Il  y  a  «  vacqué  aux  ouvrages  de  painture  tant  du 
cabinet  du  Roy  que  chambre  rouge  des  estuves  estans  sous  la 
grande  gallerie  ^ . .  lia  également  travaillé  à  la  salle  haute  du  grand 
pavillon  près  de  l'étang,  aux  tableaux  pour  le  cabinet  du  roi  et  à 
la  chambre  de  la  duchesse  d'Étampes. 

i38.  Denis  Canet  (..1540-1 552). 
Denis  Canet,  peintre  et  doreur,  a  fait  des  peintures  au  château 
de  Fontainebleau  de  1540  à  i55o.  Il  était  à  Troyes  en  i552. 

iSg.  Jean  I  Pothier  (..i540--i-i557). 
Jean  I  Pothier,  peintre. 

Voir  notre  notice  dans  les  Nouvelles  Archives  de  l'Art  fran- 
çais, t.  XIV,  1886,  p.  35o  à  352, 

140.  Nicolas  II  Haslin  {..i 540-1  56o). 

Nicolas  II  Haslin,  fils  de  Nicolas  I,  était  tailleur  d'images  et 
peintre.  Il  a  épousé  Renée  Devobes  ? 

Il  a  travaillé,  avec  son  père,  de  1540  à  i56o,  «  aux  ouvrages  de 
painture  et  de  stucq  »  au  château  de  Fontainebleau. 

141. /e^in  /  Nérot  (. .1540-1569). 

Jean  I  Nérot^  a  été  employé  aux  travaux  du  château  de  Fon- 
tainebleau de  1540  à  i55o,  en  qualité  de  «  paintre  doreur  et 
estoffeur.  » 

II  était  de  Troyes  et  y  était  revenu  en  1569.  Il  était  alors 
pauvre.  » 


1.  Comptes  des  Bâtiments  du  Roi.  Bibliotiièque  nationale,  mss.,  n°  11 179, 
fol.  181.  —  Le  nom  est  écrit  Harlin.  ^ 

2.  Le  nom  est  écrit  Nero,  Nerot,  Nerau  et  Néron. 


DANS   LA   PREMIÈRE   MOITlé    DU   XVI^   SIÈCLE.  l63 

142.  C^ar/e^  Colin  (. .1540-1574). 

On  lit  dans  les  comptes  des  bâtiments  de  Fontainebleau  de 
1540  à  i55o  :  «  Ouvrages  de  painture  et  stucq...  à  Charles  Colin, 
jeune  paintre,  à  raison  de  6  livres  par  mois^  »  Colin  a  travaillé, 
entre  autres,  «  tant  aux  chambres  des  estuves  estans  sous  la  grande 
gallerie  que  aux  frizes  de  la  gallerie  sous  la  grande  terrasse.  » 

Il  était  fils  de  Jean,  huchier  à  Troyes.  Nous  l'avons  trouvé  à 
Troyes  en  1548  et  plus  tard  à  partir  de  i552,  mais  il  est  presque 
toujours  mentionné  comme  tailleur  d'images.  C'est  comme  sculp- 
teur qu'il  a  pris  part  aux  préparatifs  pour  l'entrée  de  Henri  II  et 
pour  l'entrée  de  Charles  IX. 

Il  fut  chargé,  pour  la  seconde  entrée,  «  de  faire  en  boys  la 
modelle  du  présent  que  l'on  entend  faire  au  Roy  suyvant  le  por- 
traict  qui  luy  avoit  esté  monstre  et  de  réparer  et  approprier  deux 
effigies  pour  servir  au  dessus  de  deux  colonnes  du  marché  au 
bled.  »  Il  reçut  pour  cela  25  livres  10  sous  tournois  ;  le  mandat 
est  du  21  avril  1564,  et  la  quittance,  signée  C.  Colin,  est  du 
22  avril.  Colin  fit  d'autres  ouvrages  de  sculpture  pour  cette 
entrée. 

143.  François  Pothier  (..1540-  -J-  de  1584  à  iSgo). 

François  Pothier,  peintre  et  verrier. 

Voir  notre  notice  dans  les  Nouvelles  Archives  de  P Art  fran- 
çais, t.  XIV,  p.  353  à  356. 

144.  Dominique  PoTmER  {1540-  -J-  de  1597  à  1600). 

Dominique  Pothier,  peintre. 

Voir  notre  notice  dans  les  Nouvelles  Archives  de  V Art  fran- 
çais, t.  XIV,  p.  36o  et  36 1. 

145.  Claude  I Chalou  (..1541-1542). 
Claude  I  Chalon  ou  Challon,  peintre,  a  été  marié  et  a  eu  une 
fille  qui  a  épousé  Nicolas  II  Cordonnier. 

146.  Antoine  Macadré  (..1541-^1577). 

Antoine  Macadré,  verrier  et  peintre,  était  fils  de  Jean  II  Maca- 
dré et  de  Perrette;  il  est  né  en  juin  1541. 

Il  a  épousé  Catherine  Larbalestrier  et  a  eu  d'elle  trois  enfants. 


I.  Comptes  des  Bâtiments  du  Roi.  Bibliothèque  nationale,  mss.,  n"  1 1179, 
fol.  181. 


164  LES    PEINTRES   DE   TROYES 

147.  Marc  Dauge  (..i 548-1 556). 

Marc  Dauge,  tailleur  d'images  et  peintre,  était  fils  de  Nicolas. 
Il  signait  Marc  Dauge. 

148.  Pierre  //Gaupain  (..1542-  -f-  de  i555  à  1569). 
Pierre  II  Gaupain,  peintre,  a  été  marié. 

149.  Nicolas  I  CHXhETTE  (..1544). 

Nicolas  I  Ghalette,  peintre,  a  épousé  Madeleine  et  a  eu  d'elle  en 
1544  un  fils,  Jean. 

i5o.  Nicolas  Dugué  (..i 544-1 577). 

Nicolas  Dugué  ou  Duguey  l'aîné,  peintre,  faiseur  et  vendeur 
d'images. 

i5i.  Jean  de  Hoey  (..i545-î-i6i5). 

Jean  de  Hoey,  peintre,  petit-fils  de  Lucas  de  Leyde,  est  né  à 
Leyde  en  1 545.  Il  signait  J.  d'Hoey,  J.  Dhoejy  et  Jean  de  Hoey. 

Il  s'est  établi  à  Troyes  et  s'y  est  marié.  Il  était  marié  en  1578. 

Il  avait  épousé  Marie  Ricoveri,  fille  de  Antoine  Ricoveri,  petite- 
fille  de  Dominique.  Il  a  eu  d'elle  sept  enfants,  nés  de  1 5 80  à  1 599. 

Jean  de  Hoey  était  à  Troyes  de  1571  à  i585.  Il  était  déjà,  en 
1592,  peintre  et  valet  de  chambre  du  roi  ;  il  était  à  Avon,  près  de 
Fontainebleau,  en  1594,  avec  sa  femme  et  ses  enfants.  Nous 
l'avons  trouvé  à  Paris  en  1597,  en  1599  et  en  1602.  Il  était  de 
nouveau  à  Avon  en  i6o3. 

Jean  de  Hoey  appartient  en  réalité  à  la  seconde  moitié  du 
XVI*  siècle,  de  sorte  que  nous  ne  ferons  pas  ici  mention  de  ses  tra- 
vaux. Il  est  mort  le  9  septembre  161 5  à  Avon  et  fut  inhumé  dans 
l'abbaye  de  Barbeaux. 

i52.  Richard  Perrot  (..i 546-1 5 80). 

Richard  Perrot,  peintre,  a  épousé  Jeanne,  veuve  du  peintre 
Jean  Tharonot.  Il  demeurait  dans  la  rue  du  Bois. 

II  signait  Perrot. 

Il  était  député  des  peintres,  des  verriers  et  des  imagers  à  l'as- 
semblée générale  de  la  Saint-Barnabe  du  11  juin  i562. 

Il  a  fait  des  peintures  à  l'église  Saint-Remi  en  i552  et  a  été 
employé  à  la  décoration  de  l'hôtel  de  ville  lors  de  l'entrée  de 
Charles  IX  en  1564. 

i53.  Nicolas  Thays  (..i 547-1 549). 
Nicolas  Thays,  peintre,  a  travaillé  pour  l'église  Saint-Etienne. 


DANS    LA   PREMIÈRE   MOITIE   DU    XVI*   SIECLE.  l65 

154.  Nicolas  Fagot  (..i 547-1 558). 
Nicolas  Fagot,  peintre,  a  travaillé  pour  la  ville  et  pour  les 
églises  Sainte-Madeleine  et  Saint-Nicolas. 

Église  Sainte-Madeleine.  i557-i558.  «  ...  Pour  avoir  repainct 
deux  y  mages  de  Nostre  Dame  qui  sont  sur  les  deux  portaulx...  w 
Fagot  a  fait  des  peintures  pour  Tentrée  de  Henri  II  en  1548.  Il 
a  peint,  entre  autres,  «  les  deux  anges  de  l'escusson  du  Roy,  ledit 
escusson,  les  armoyries  de  la  ville  et  de  Champaigne,...  les  deux 
ymages  de  l'Annunciade  estant  le  tout  à  la  porte  de  Belfroy.  » 
i55.  Antoine  Buisson  (..i 547-1 564). 
Antoine  Buisson,  peintre,  a  travaillé  aux  décorations  pour  l'en- 
trée de  Charles  IX;  il  signait  A  B  en  lettres  majuscules  ou  avec 
un  simple  paraphe. 

i56.  Jean  Blaiseau  (..1548). 
Jean  Blaiseau,  peintre. 

157.  Jean  Chevillon  (..1548). 
Jean  Chevillon,  peintre. 

i58.  Pierre  Chevillon  (..1548). 
Pierre  Chevillon,  peintre. 

159.  Jacques  //Cochin  (..1548). 
Jacques  II  Cochin  le  jeune,  peintre^  a  travaillé  en  1548  pour 
l'entrée  de  Henri  II. 

Il  signait  Jaques  Cochin  et  dessinait  à  la  suite  de  son  nom  un 
écusson  ayant  dans  le  champ  trois  petits  écus  vides. 
160.  Claude  Dauge  (..1548). 
Claude  Dauge  ou  Daulge,  peintre. 

161.  François  Gendret  (. .  1 548) . 
François  Gendret,  peintre. 

162.  Pierre  Gruyer  (..1548). 
Pierre  Gruyer,  peintre. 

i63.  Nicolas  Lantynois  (..1548). 
Nicolas  Lantynois,  peintre. 

164.  Pierre  La  Tasche  (..1548). 
Pierre  La  Tasche,  peintre. 

i65.  Louis  Le  Lonpnat  (..1548). 
Louis  Le  Lonpnat,  peintre. 


^66  LES  PEINTRES  DE  TROYES 

i66.  Jean  Le  Rouge  (..1548). 
Jean  Le  Rouge,  peintre. 

167.  Lynard  (..1548). 
Lynard  dit  de  Bourt,  peintre. 

168.  Jacques  Marout  (..1548). 
Jacques  Marout,  peintre. 

169.  Christofle  Michelin  (..1548). 
Christofle  Michelin  dit  Michelin,  peintre. 

170.  Jean  Mordant  (..1548). 
Jean  Mordant,  peintre. 

171.  Grégoire  Quevestre  (..1548). 
Grégoire  (Quevestre  ou  Quavastre,  peintre. 

172.  Jean  Rousseau  (..1548). 
Jean  Rousseau,  peintre. 

173.  GaMf/er  Sancey  (..1548). 
Gautier  Sancey,  peintre. 

1 74.  Gautier  Saussoys  ^  (. .  i  548) . 
Gautier  Saussoys,  peintre. 

175.  François  Tharcilin  (..1548). 
François  Tharcilin,  peintre. 

176.  Jean  Vaultrouilley  (..1548). 
Jean  Vaultrouilley,  peintre. 

177.  Etienne  Blampignon  (..1548-  -J-  de  i554  à  i556). 
Etienne  Blampignon  dit  Colot,  peintre,  a  épousé  Louise. 
Il  a  quitté  Troyes  en  i552  et  est  revenu  y  mourir  de  i554 
à  i556. 

178.  Jean  La  Tasche  (. .1548-1557). 

Jean  La  Tasche,  peintre,  a  été  marié. 

179.  Michel  Buisson  {..i 548-1 56 i). 

Michel  Buisson  ou  Buysson,  peintre,  a  été  député  des  impri- 
meurs, des  libraires,  des  enlumineurs,  des  peintres,  des  verriers, 
des  brodeurs  et  des  imagiers  à  rassemblée  générale  de  la  Saint- 
Barnabe  du  II  juin  i56i. 

I.  Gautier  Sancey  et  Gautier  Saussoys  sont  deux  peintres  différents. 


DANS   LA   PREMIÈRE   MOITIÉ  DU   XVI*  SIÈCLE.  1  67 

180.  Edmond  Cocquille  (..i 548-1 564). 
Edmond  Cocquille,  peintre. 

181.  Jean  //Cotelle  (..i 548-1 569). 
Jean  II  Cotelle,  peintre. 

182.  Jean  Cardet  (..i548-fi57i). 
Jean  Cardet  ou  Cadet,  maître  enlumineur  et  peintre,  a  épousé 
Guillemette. 

i83.  Guillaume  Tharonot  (..1548-  f  iSyi  ou  en  iSyS). 
Guillaume  Tharonot,  peintre,  fils  de  Jean,  a  été  marié. 
Il  a  travaillé  aux  préparatifs  de  l'entrée  de  Henri  II. 

184.  Erard  Cotelle  (..i 548-1 572). 
Érard  ou  Érardot  Cotelle,  peintre,  a  été  employé  aux  travaux 
de  peinture  pour  l'entrée  de  Henri  1 1  et  pour  l'entrée  de  Charles  IX. 
i85.  Claude  de  Saingt-Loup  {..1548- 157 2). 
Claude  de  Sainct-Loup  dit  Soubrien,  peintre,  était  appelé  quel- 
quefois Soubrien  de  Sainct-Loup  ou  seulement  Soubrien'. 

Il  avait  embrassé  la  religion  réformée,  et  Nicolas  Piihou  parle 
de  lui  en  deux  endroits  de  son  histoire  : 

i555.  «  ...  Un  peintre  de  la  religion,  Claude  de  Sainct-Loup 
dit  Soubrien,  qui  demeuroit  vis  à  vis  des  Cordeliers,  à  l'entrée  de 
la  rue  du  pan  (paon)  2...  » 

i558.  a  ...  (Girard  de)  Gorlieu,  à  son  arrivée,  fut  logé  en  la 
maison  d'un  peintre  nommé  Claude  de  Sainct-Loup  dit  Soubrien. 
Cette  maison  estoit  en  une  fort  mauvaise  assiche  et  mal  avoisinée, 
car  elle  estoit  fort  proche  des  Cordeliers^.  » 

186.  Larme  Gallois  (..i 548-1 572). 
Larme  Gallois,  Galloys  ou  Galois,  maître  peintre,  signait  Larme 
Galois;  il  avait  pour  marque  un  L  et  un  G  enlacés.  11  est  quel- 
quefois appelé  dans  les  comptes  a  maistre  Larme.  » 

II  a  été  employé  aux  préparatifs  de  l'entrée  de  Charles  IX  en 
i563  et  en  1564.  Il  a  peint  «  les  quatre  basions  (du  ciel  avec  azur 
et  fleurs  de  lys  d'or)  »  et  «  quatre  aultres  bastons  des  coulleurs  du 
Roy  distribués  aux  quatre  commissaires  qui  avoyent  la  charge  de 
dresser  et  mettre  en  ordre  les  gens  de  mestier  et  aultres  habitans 

1.  Il  y  avait  à  Troyes,  en  i556,  un  autre  «  Sobrian  de  Sainct  Loup,  fai- 
seur de  formes  à  papier.  » 

2.  Bibliothèque  nationale,  mss.,  Collection  Du  Puy,  vol,  698,  fol.  83. 

3.  Bibliothèque  nationale,  mss.,  Collection  Du  Puy,  vol.  698,  fol.  117. 


l68  LES   PEINTRES    DE   TROYES 

de  la  ville  pour  aller  au  devant  dudict  seigneur  (le  Roy)  le  jour  de 
son  entrée.  »  Il  a  fait  de  grandes  «  pièces  de  paincture  en  toille 
pour  servir  à  l'arc  triumphal  du  marché  au  bled  et  suyvant  les 
ordonnances  à  luy  délivré  par  M*  Dominique  (Ricoveri).,.  » 

187.  Robert  Regnault  (..i 548-1 572). 

Robert  Regnault,  maître  peintre,  signait  R.  Regnault,  et  un 
écusson  portant  trois  petits  écus  vides  était  dessiné  entre  le  pré- 
nom et  le  nom. 

Il  a  été  marié  et  a  eu  un  fils. 

Il  a  travaillé  pour  les  entrées  de  Henri  II  et  de  Charles  IX. 

188.  Jean  Taillet  (..i 548-1 572). 

Jean  Taillet,  peintre,  signait  JTaillet,  JTalliet  et  JTallet,  le 
J  et  le  T  étant  réunis. 

Il  a  été  un  des  signataires  des  doléances  des  imprimeurs^  des 
libraires,  des  enlumineurs,  des  peintres,  des  verriers,  des  brodeurs 
et  des  imagers  présentées  aux  états  généraux  de  Meaux  en  i56o. 
Il  a  été  député  de  cette  grande  communauté  à  l'assemblée  générale 
des  habitants  du  14  octobre  i56o  et  à  l'assemblée  générale  de  la 
Saint-Barnabe  du  1 1  juin  i  570. 

Il  a  fait  des  peintures  pour  Pentrée  de  Henri  II  en  1548. 

Pour  le  service  funèbre  célébré,  en  mars  r562,  en  Phonneurdu 
duc  de  Guise  assassiné  au  siège  d'Orléans,  lors  du  passage  du 
corps  du  duc  à  Troyes,  Taillet  peignit  les  armoiries  du  duc  de 
Guise,  la  chapelle  ardente,  etc. 

A  l'occasion  de  l'entrée  du  duc  d'Auraale,  gouverneur  de  Cham- 
pagne, en  1 563,  ce  maître  peignit  vingt  armoiries  du  blason  du 
duc,  trente-six  armoiries  du  blason  de  la  ville  et  des  décorations. 

Enfin  il  fut  occupé  aux  préparatifs  de  l'entrée  de  Charles  IX,  et 
ce  fut  lui  qui  peignit  et  décora  l'oratoire  qui  fut  élevé  pour  le  roi 
dans  la  cathédrale,  devant  le  maître-autel. 

189.  Michel  Tharonot  (..  i  548-1 572). 
Michel  Tharonot,  peintre,  a  été  marié  et  a  eu  deux  fils. 

190.  Jean  III  Cotelle  (..1548-  -|-  de  1575  à  1578). 
Jean  III  Cotelle,  peintre,  a  épousé  Jeanne  Poterat,  dont  il  a  eu 
une  fille.  Il  a  fait  des  peintures  pour  la  ville. 

191.  Raphaël  Prunay  (..i548-i58o). 
Raphaël  Prunay,  Prunet  ou  Prunel,  peintre. 


DANS   LA    PREMIÈRE   MOITIÉ    DU   XVP   SièCLE.  l6g 

192.  Nicolas  I  Hvnfiur  (..1548-1587). 

Nicolas  I  Hurant,  peintre,  a  épousé  une  des  filles  de  Dominique 
Ricoveri,  le  célèbre  sculpteur;  il  habitait  en  1 548  dans  la  maison 
de  son  beau-père,  rue  des  Forces. 

193.  Jacques  II  Passot  (..i 548-1609). 

Jacques  II  Passot  l'aîné,  maître  peintre,  signait/.  /*^550if  et  des- 
sinait à  la  suite  ou  au-dessous  de  son  nom  un  écusson  ayant  dans 
le  champ  trois  petits  écus  vides. 

Il  a  épousé  Catherine  et  a  eu  d'elle  quatre  enfants. 

Nous  avons  trouvé  dans  les  comptes  de  la  ville  et  dans  ceux 
des  églises  la  mention  de  nombreux  ouvrages  de  peinture  faits  par 
ce  maître.  Nous  n'en  citerons  que  quelques-uns  de  genres  diffé- 
rents : 

Ville.  1548  (entrée  de  Henri  II).  Nicolas  Cordonnier  et  Passot 
écrivirent  les  devises  des  tables  d'attente. 

Église  Sainte-Madeleine.  i557-i558.  «  ...  Pour  avoir  painct  et 
doré  ledict  entrepié  à  mestre  la  grande  croix  sur  le  bureau  de 
l'église...  » 

Ville.  1564.  (Entrée  de  Charles  IX.)  «  ...  Pour  avoir  vacqué 
avec  son  frère  à  faire  les  armoyries  et  aultres  œuvres  de  son  mes- 
tier  qui  ont  esté  faictes  ausdictz  batteaulx.  » 

a  A  Jaques  Passot  et  son  filz  pour  avoir  besongné  chacun  ung 
jour  et  une  nuict  et  encor  demy  Journée  aux  ouvrages  cy  dessus 
(les  basteaulx  pour  bailler  passe  temps  au  Roy  et  à  la  Royne  et 
autres  princes  de  la  rivière)...  » 

Église  Sainte- Madeleine.  1566-1569.  «  ...  Pour  avoir  relavé  et 
racoustré  et  reverny  quinze  tables  d'hostel  estant  dans  ladite 
église.  » 

Cathédrale.  1578-1 574.  «  ...  Pour  avoir  blanchi  et  escript  l'es- 
cripture  sur  le  tronc  de  la  confrairie  Sainct  Pierre...  » 

a  Pour  avoir  painct  la  monstre  de  l'horloge  par  marché  faict... 

iii]'^^  liv.  t.  » 

Église  Saint-Jean.  1577.  «  ...  Pour  avoir  repainct  la  table  du 
grand  autel  iij  escus  xxv  sols.  » 

Cathédrale.  1579-15 80.  «  ...  De  bien  et  duement  peindre  en 
façon  d'albastre  le  tableau  du  trépassement  de  Notre  Dame  (sculpté 
par  François  Gentil).  Icelluy  enrichir  de  fin  aur  et  les  ventaulx  en 
dedans  peints  en  huilles  et  de  couleur  selon  les  histoires  qu'on 
donnera  et  au  dehors  de  noir  et  blanc  en  huille,  et  le  tout  rendre 


l!^  LES   PEINTRES  DE   TROYES. 

dedans  la  my  aoust,  la  somme  de  quarante  escus  nouveaulx  à  la 
somme  de  six  vingt  livres  tournois.  » 

i58o.  Le  chapitre  de  l'église  Saint-Pierre  fit  donner  à  Jacques 
Passot  la  somme  de  cinq  livres  «  pour  le  récompenser  tant  de  la 
perte  qu'il  pouvoit  avoir  fait  en  son  marché  du  cadran  de  l'hor- 
loge de  ceste  église  que  pour  Tavoir  bien  fait.  » 

194.  Augustin  CoTELLE  (..1548-1624). 
Augustin  Cotelle,  peintre,  a  épousé  Catherine  Deléry,  dont  il  a 
eu  deux  filles. 

Il  signait  Augustin  Cotelle. 

Il  a  travaillé  aux  préparatifs  de  l'entrée  de  Henri  II  en  avril 
1 548  et  à  ceux  de  l'entrée  de  Charles  IX  en  1 564. 

Nous  avons  trouvé  dans  les  archives  de  l'hôtel  de  ville  de 
Troyes  une  ordonnance  de  i3  livres  12  sols,  faite  au  profit  de 
«  Augustin  et  Yrardot  les  Cautelles,  »  avec  la  quittance  d'Augus- 
tin du  19  mars  i563  (1564),  «  pour  deux  pièces  de  paincture  en 
thoilles  par  eulx  faictes  suyvant  l'ordonnance  de  maistre  Domi- 
nicque  pour  icelles  mettre  dedans  le  grant  arc  devant  l'hostel  de 
la  ville.  » 

Augustin  Cotelle  fut  député  des  «  painctres,  verriers  et  yma- 
gers  »  à  l'assemblée  générale  du  24  avril  iSgo. 
195.  Jean  (..i55o). 
Jean,  peintre,  a  été  marié. 

196.  Manclou  Chevret  (..i53o-i552). 
Manclou  Chevret,  peintre. 

^  197.  Pferre  LiNARD  (..1 5 5o-i 553). 

Pierre  Linard,  peintre. 

198.  Pierre  Liart  (..i55o-fi557). 
Pierre  Liart  ou  Lyart,  peintre. 

199.  Jean  Dauge  (..i55o-i562). 
Jean  Dauge,  peintre,  député  des  peintres,  des  verriers  et  des 
tailleurs  d'images  à  l'assemblée  générale  de  la  Saint-Barnabe  du 
II  juin  r562. 

200.  C/aM^e  Cotelle  (..i55o-i56o). 

Claude  Cotelle,  peintre. 

201.  Guillaume  Mainfroy  (..i55o-i563). 
Guillaume  Mainfroy  ou  Mainfray,  pejnpre,  a  épousé  Marie 


FERDINAND   MEGLIORINI   ET   PHILIPPE   BRANCHI.  I7I 

Nivelon.  Il  a  travaillé  au  château  de  Fontainebleau  de  i553  à 
i563.  Il  était  à  Troyes  de  i55o  à  i553. 

Sa  femme  a  été  marraine  à  Avon,  en  iSSg,  avec  «  vénérable  et 
discrette  personne  Françoys  Prymatice,  abbé  de  Saint-Martin  de 
Troye.  » 

Natalis  Rondot. 


FERDINAND  MEGLIORINI  ET  PHILIPPE  BRANCHI, 

LAPIDAIRES, 
TRAVAILLANT    EN    PIERRES   FINES,    MANIÈRE   DE   FLORENCE. 

(i683.) 

Dans  une  note  récente  sur  les  tentatives  faites  autrefois  pour 
introduire  et  acclimater  en  France  Part  de  la  mosaïque,  nous 
parlions  incidemment  de  Tatelier  de  la  maison  des  Gobelins,  sur 
lequel  les  Comptes  des  Bâtiments  du  Roi  fournissent  des  détails 
précis.  Voici  quelques  renseignements  nouveaux  à  joindre  à  ceux 
que  nous  avons  antérieurement  donnés  : 

I. 

Dès  1669,  l'atelier  des  Gobelins  fut  dirigé  par  Ferdinand 
Megliorini,  recevant  un  traitement  fixe  de  210  livres  par  mois. 
On  verra  par  la  pièce  suivante  que  le  traité  passé  par  l'artiste  pour 
venir  travailler  en  France  est  de  1668.  Me gliorini  est  secondé  par 
Horace  Megliorini,  son  frère,  Philippe  Branchi  et  Jean-Ambro- 
gîo  Giacetti.  Ces  noms  reviennent  presque  tous  les  ans  sur  l'état 
des  Gobelins.  De  plus,  un  certain  nombre  d'ouvriers  payés  à  la 
journée  sont  occupés  à  scier  et  à  polir  les  marbres  mis  en  œuvre 
par  les  habiles  artistes  qu'on  vient  de  nommer.  Cet  état  de  choses 
se  prolonge  jusqu'à  la  mort  de  Megliorini,  et  même  au  delà. 

Mais,  si  les  Comptes  donnent  des  détails  sur  le  personnel  de 
l'atelier,  ils  ne  fournissent  presque  pas  de  renseignements  sur  la 
nature  des  travaux  qui  en  sortaient  et  qui  sont  conservés  dans  nos 
collections  publiques.  La  pièce  suivante  comblera  cette  lacune  et 
précisera  quelques  points  de  la  biographie  de  Megliorini. 

C'est  une  analyse  du  procès-verbal  des  scellés  apposés  dans  le 
logement  que  le  mosaïste  occupait  aux  Gobelins,  aussitôt  après 


172  FERDINAND    MEGLIORINI    ET   PHILIPPE   BRANCHI. 

son  décès  dont  nous  ignorions  la  date  et  qui  est  fixé  par  notre 
procès- verbal  au  1 5  décembre  i683.  Nous  ne  donnons  de  ce  docu- 
ment que  les  passages  offrant  quelque  intérêt  biographique  ou 
artistique.  Mais  nous  avons  pensé  qu'il  n'y  avait  rien  à  retrancher 
de  rinventaire  descriptif  des  ouvrages  du  défunt  et  autres  objets 
servant  à  Pexécution  des  mosaïques  de  Florence,  réclamés  au  nom 
du  Roi. 

Cette  pièce  nous  initie  aux  détails  d'un  métier  sur  lequel  les 
renseignements  sont  rares  ;  aussi  avons-nous  conservé  jusqu'à  la 
mention  des  outils  employés  par  le  mosaïste.  Quant  aux  autres 
incidents  provoqués  par  l'ouverture  de  la  succession,  nous  ne 
sommes  pas  entré  dans  tous  les  développements  qu'entraînent 
les  opérations  d'inventaire  et  de  scellé.  Mais  les  passages  relatifs 
à  la  famille  du  défunt  ou  à  ses  travaux  ont  été  soigneusement 
notés  et  présentés  sous  une  forme  aussi  concise  que  possible. 

SCELLÉS  DE  MEGLIORINI^. 

Dans  une  lettre  signée  par  Louvois,  jointe  aux  pièces,  se  trouve  ce 
passage  :  «  11  ne  faut  point  se  mesler  de  ce  qui  regarde  la  succession 
«  du  s.  Megliorini^  excepté  seuUement  pour  les  agathes,  cornalines  et 
«  autres  choses  qui  appartiennent  au  Roi,  qu'il  faudra  faire  remettre 
«  au  s.  Branchi,  pour  qu'il  puisse  continuer  le  travail  qu'ils  faisoyent 
«  conjointement,  dont  il  se  chargera  au  bas  de  l'inventaire  que  vous 
«  en  ferés  faire.  A  Versailles,  le  26  décembre  i683.  » 

Le  procès-verbal  de  scellé  est  commencé  le  vendredi,  17  décembre 
1783,  par  Nicolas  Delamarre,  commissaire  au  Châtelet,  qui  se  trans- 
porte en  la  maison  royale  des  Gobelins,  sur  l'ordre  du  Roi  transmis 
par  M.  de  la  Reynie,  lieutenant  général  de  police,  «  pour  faire  des- 
«  cription  des  agathes,  cornalines,  jaspes  et  autres  pierres  apparte- 
«  nant  à  Sa  Majesté,  qui  étaient  en  la  possession  de  Ferdinand  de 
«  Megliorini,  lapidaire,  travaillant  en  pierres  fines  de  la  manière  de 
«  Florence  en  lad.  maison  des  Gobelins,  où  il  est  décédé  le  1 5  du  pré- 
«  sent  mois,  comme  aussi  de  faire  description  des  outils,  ustancils  et 
«  meubles  qui  se  trouveront  dans  les  lieux  qui  y  estoient  occupez  par 
e  led.  Megliorini.  t 

Rochon,  concierge  des  Gobelins,  avait  fait  mettre  sous  clef  toutes 
les  pierres  trouvées  chez  le  défunt  et  les  représente  au  commissaire 
qui  rédige  alors  la  description  suivante  des  objets  réclamés  au  nom 
du  Roi  : 


I.  Arch.  nat.,  O*.  2040. 


FERDINAND   MEGLIORINI   ET   PHILIPPE   BRANCHI.  lyS 

Extrait  de  l'Inventaire  du  i-j"  décembre  i683  fait  après  le  déceds  du 
s.  Megliorini,  lapidaire,  travaillant  en  ouvrages  de  pierres  fines  dans  les 
Gobelins,  pour  les  articles  seulement  qui  concernent  le  Roy. 

1.  Un  tableau  de  pierres  de  rapport  d'agathe  et  de  jaspe,  d'un  pied  de  large, 
sur  lo  pouces  de  haut,  représentant  un  Hibou. 

2.  Un  autre  tableau  de  mesmes  pierres  de  rapport,  d'un  pied  de  large,  sur 
10  pouces  de  haut,  représentant  une  Canne  entrant  dans  l'eau. 

3.  Un  autre  tableau  de  mesme  grandeur,  desd.  pierres  de  raport,  représen- 
tant une  Canne  sortant  de  l'eau. 

4.  Deux  petits  tableaux,  aussi  de  pierre  de  rapport  agathe  et  jaspe,  de  cha- 
cun 5  pouces  et  demi  de  large  sur  4  pouces  de  haut,  représentant  des  pay- 
sages et  les  ruines  d'un  château. 

5.  Un  tableau  de  mêmes  pierres,  d'un  pied  de  large  sur  10  pouces  de  haut, 
représentant  une  Canne,  ledit  tableau  non  achevé. 

6.  Deux  pierres  tendres  de  Florence,  de  couleur  jaune,  au  milieu  de  cha- 
cune desquelles  est  représenté  au  naturel  un  arbre;  lesdites  pierres  de  figure 
ovale,  de  5  pouces  de  haut  sur  3  pouces  et  demi  de  large. 

7.  Un  petit  tableau  représentant  une  fleur  non  achevée  ni  polie. 

8.  Quarante-sept  pièces  de  d ifférentes  pierres,  tant  de  jaspe,  agathe  qu'autres 
pierres  dures  taillées,  représentant  différents  fruits,  fleurs,  feuilles  et  papil- 
lons, le  tout  prest  à  mettre  en  œuvre. 

g.  Trois  pieds  de  dogue  d'albastre. 

10.  Trois  cent  quarante  petits  grains  de  cornaline  rouge  taillés  de  diffé- 
rentes formes  et  figures. 

11.  Soixante-quinze  trenches  de  jaspe  de  différentes  grandeurs,  depuis  six 
pouces  en  quarré  jusqu'à  un  pouce,  taillées  et  polies. 

12.  Deux  morceaux  ovales  d'agathe  romaine,  de  cinq  pouces  de  haut  sur 
3  pouces  de  large,  et  un  autre  de  même  agathe,  de  8  pouces  de  long  sur 

2  pouces  de  large. 

i3.  Quatre-vingt-dix-sept  trenches  d'agathe  commune,  tant  romaine  que 
d'Allemagne  et  France,  de  différentes  grandeurs,  coupées  et  polies,  depuis 

3  pouces  en  quarré  jusqu'à  6  lignes  ou  environ, 

14.  Douze  trenches  d'agathe  orientale,  coupées  et  polies,  de  différentes 
grandeurs,  depuis  4  pouces  en  quarré  jusqu'à  i  pouce. 

i5.  Sept  trenches  d'amétistes,  coupées,  polies,  de  différentes  grandeurs, 
depuis  4  pouces  en  quarré  jusqu'à  i  pouce. 

16.  Un  autre  morceau  d'ametiste,  coupé  et  poly,  de  8  pouces  de  long  sur 
6  pouces  de  large. 

17.  Seize  tranches  de  chalcédoine  commune,  coupées  et  polies,  de  différentes 
grandeurs,  depuis  6  pouces  en  quarré  jusqu'à  un  pouce. 

18.  Un  autre  morceau  de  chalcédoine,  de  8  pouces  de  long  sur  6  pouces 
de  large. 

19.  Deux  petites  trenches  ovalles  de  chalcédoine  orientalle. 

20.  Trois  morceaux  de  jaspe,  l'un  d'un  pied  de  long  sur  2  pouces  de  large, 
l'autre  ovalle  de  6  pouces  3  lignes  de  long  sur  4  pouces  2  lignes  de  large, 
et  le  3'  de  figure  irrégulière,  de  8  pouces  de  long  sur  6  pouces  de  large. 

21.  Trente-huit  morceaux  tant  d'agathe  que  de  jaspe  et  autres  pierres  dures, 


174  FERDINAND  MEGLIORINI   ET   PHILIPPE  BRANCHI. 

coupées  et  taillées,  représentant  différents  fruits,  fleurs  et  feuilles  prêts  à 
mettre  en  œuvre. 

22.  Item,  six  petits  morceaux  d'agathe  et  six  morceaux  de  cornaline  taillés 
en  oeuvre. 

23.  Quarante  morceaux  de  jaspe,  coupez  et  taillez,  et  commencez  à  travail- 
ler pour  former  différentes  figures  de  fruits. 

24.  Six  petits  morceaux  de  jaspe,  polys  et  taillés,  de  différentes  figures. 

25.  Item,  un  morceau  de  chalcédoine,  de  4  pouces  de  long  sur  3  pouces 
de  large. 

26.  Deux  morceaux  d'agathe  orientale  de  4  pouces  de  long  sur  2  pouces 
et  demi  de  large,  et  un  autre  morceau  de  même  agathe  taillé  de  figure  octo- 
gone, de  3  pouces  3  lignes  de  long,  sur  un  pouce  10  lignes  de  large. 

27.  Cent  trente-un  grains  de  cornaline  taillés  en  forme  de  cerises  et  raisins 
et  un  morceau  de  corail  aussi  taillé  en  forme  de  cerise. 

28.  Dans  une  armoire,  vingt-neuf  tiroirs  n'ayant  chacun  de  hauteur  qu'en- 
viron 3  lignes,  dans  lesquels  se  sont  trouvés  plusieurs  morceaux,  fragments 
de  pierres  communes  et  de  peu  de  valeur. 

29.  Cent  vingt  trenches  de  jaspe  de  différentes  couleurs  et  grandeurs,  depuis 
6  pouces  en  quarré  jusqu'à  2  pouces. 

30.  Quarente  morceaux  de  jaspe  de  différentes  couleurs  et  grandeurs, 
depuis  demi  pied  en  quarré  jusqu'à  3  pouces. 

3i.  Onze  formes  de  jaspe  commencées  à  travailler,  de  différentes  grandeurs 
et  figures. 

32.  Trente-trois  trenches  de  chalcédoine,  aussi  coupées  et  non  polies,  depuis 
un  pied  en  quarré  jusqu'à  4  pouces  ou  environ. 

33.  Trente  morceaux  de  chalcédoine  seulement,  coupez  en  deux  différentes 
grandeurs,  depuis  six  pouces  en  quaré  jusqu'à  3  pouces. 

34.  Quatorze  trenches  d'agathe  communes,  coupées  et  non  polies,  de  dif- 
férentes grandeurs,  depuis  six  pouces  en  quaré  jusqu'à  demi  pouce  ou  environ. 

35.  Dans  la  même  boutique  s'est  trouvé  un  tas  de  cailloux  et  autres  pierres 
bruttes  et  de  peu  de  valeur. 

36.  Dans  l'arrière-boutique,  sur  une  planche,  plusieurs  autres  cailloux  et 
autres  pierres  communes  bruttes  et  aussi  de  peu  de  valeur. 

37.  Une  table  d'ardoise,  de  3  pieds  1/2  de  long,  sur  3  pieds  4  pouces  de  large. 

38.  En  l'arrière-boutique,  un  banc  à  travailler,  garni  de  sa  roue  de  bois  et 
de  sa  petite  roue  de  plomb  à  polir  les  pierres. 

39.  Une  table  de  bois  de  chesne  montée  sur  son  châssis. 

46.  Un  étably  garni  de  son  rouet  à  polir  et  de  son  marchepied. 

47.  Dans  le  tiroir  dudit  étably  vingt-cinq  limes,  six  petits  burins,  une 
paire  de  pinces,  un  compas  et  un  petit  réchaux. 

48.  Deux  petits  étaux  à  scier  les  pierres,  deux  tablettes  garnies  d'un  fond 
et  de  petites  tringles  pour  polir  les  pierres"  après  qu'elles  sont  façonnées. 

i3i.  Une  pierre  de  Florence  coupée  et  polie,  de  4  pouces  et  demi  de  long 
sur  3  pouces  de  large,  représentant  au  naturel  des  ruines  de  bâtiments. 

A  la  suite  des  objets  réclamés  au  nom  du  Roi  sont  énumérés  diffé- 
rents ustensiles  de  travail.  Nous  signalerons  les  principaux  et  les  objets 
mobiliers  dignes  d'une  mention  : 


FERDINAND   MEGLIORINI   ET  PHILIPPE   BRANCHI.  lyS 

a  Une  machine  faisant  mouvoir  six  scies  pour  scier  des  pierres 
t  avecq  une  grande  roue  de  bois  servant  à  faire  travailler  lad.  machine.  » 

En  marge  de  cet  article  se  lit  la  note  suivante  :  «  Rendue  par  ordre 
c  de  Monseigneur  de  Louvois,  comme  inutile  au  service  du  Roy, 
«  ayant  esté  faicte  aux  dépends  de  feu  Migliorini.  » 

La  description  du  mobilier  en  évidence  n'offre  que  peu  d'articles  à 
citer;  voici  les  plus  curieux  : 

«  Trois  pièces  de  tapisserie  de  bouquets  de  fleurs  en  confusion,  de 
a  deux  aunes  demi  quart  de  haut  sur  six  aunes  de  cours. 

«  Quatre  tableaux  peints  sur  toile,  trois  représentant  des  paysages 
«  et  le  quatrième  une  taverne,  avec  leurs  bordures  dorées. 

«  Un  tric-trac  d'ébeine  et  d'ivoire. 

t  Sept  petits  bas-reliefs  de  plâtre  représentant  divers  sujets. 

«  Quatre  figures  de  terre  cuite,  l'une  représentant  Mercure  et  les 
«  autres  trois  Dames  romaines,  ayant  vingt  pouces  de  haut. 

«  Deux  tableaux  peints  en  huile  sur  toile,  l'un  représentant  une 
«  Descente  du  Saint-Esprit,  l'autre,  sans  bordure,  représentant  le  Roi, 
«  avec  un  autre  petit  tableau  représentant  une  sainte  Face. 

«  Huit  tableaux  de  petit  point  avec  leur  bordure  de  bois  verni, 
«  représentant  l'Histoire  de  la  Sainte- Vierge. 

«  Quarante  trois  volumes  de  vieux  livres  italiens. 

«  Une  épée  à  lame  espagnole ,  poignée  et  garde  d'acier  poli  ;  un 
«  mousqueton;  une  paire  de  pistolets  de  poche  et  un  pistolet  de  cein- 
«  ture ,  avec  quatre  cannes ,  l'une  garnie  d'agathe  commune  et  les 
«  trois  autres  de  leurs  poignées  d'ivoire.  » 

Nous  passons  la  cave,  la  cuisine,  la  vaisselle  et  les  meubles  ordi- 
naires. 

Sur  ces  entrefaites,  se  présente  M«  Dominique  Zipoly,  prêtre, 
agent  de  S.  A.  S.  le  grand-duc  de  Toscane,  demeurant  rue  de  Bussy, 
se  disant  exécuteur  du  testament  du  s.  Megliorini,  reçu  par  Lecou- 
vreur  et  son  collègue,  notaires  à  Paris.  Il  retire  un  baguier  contenant 
six  bagues  d'or  avec  diamants,  rubis,  saphirs,  à  lui  léguées  par  le 
défunt,  et  onze  autres  bagues  à  pierres  communes,  laissées  au  frère 
du  s.  Megliorini.  Il  retire  aussi  des  armoires  un  sac  contenant  cent 
écus  et  remet  les  clefs  desdites  armoires  au  s.  Lefebvre  pour  la  con- 
tinuation de  l'inventaire. 

On  trouve  dans  ces  armoires  six  cuillers  et  six  fourchettes  d'argent, 
poinçon  de  Paris,  pesant  avec  une  paire  de  boucles,  aussi  d'argent, 
un  marc  quatre  onces  six  gros.  Dans  une  boîte  enfermée  en  l'une  des 
armoires  :  deux  petites  salières  d'agathe  orientale,  cinq  cristaux  tail- 
lés en  modèles  de  gros  diamants,  neuf  tabatières  de  coco,  sept  autres 
tabatières  d'ivoire,  trois  morceaux 'de  cristal  commun,  cinq  médailles 
représentant  les  grands-ducs  de  Toscane,  une  boîte  d'ivoire  contenant 
cent  cinquante  petites  turquoises,  deux  pierres  nommées  œils-de-chat, 


176  FERDINAND   MEGLIORINI    ET   PHILIPPE   BRANCHI. 

une  certaine  quantité  d'autres  pierres  dont  l'énumération  est  sans 
grand  intérêt,  des  boucles  d'oreilles  de  diamants  faux,  plusieurs  paires 
de  boutons  de  manchettes  en  argent,  des  rubis,  des  éméraudes,  des  bra- 
celets, notamment  deux  bracelets  de  pied  d'élan,  un  morceau  de  cris- 
tal de  roche  noir  ovale  ;  cinquante-huit  petites  croix ,  chemises  de 
Chartres  et  larmes,  et  deux  médailles  en  forme  de  cœur,  le  tout  d'ar- 
gent doré;  un  instrument  de  cuivre,  servant  à  mesurer  les  carats  de 
diamants;  deux  pierres  de  besoard;  un  chapelet  d'ambre  taillé  et  six 
morceaux  de  cristal  de  roche  taillés  et  disposés  pour  faire  un  reli- 
quaire; dix  petites  tasses  de  cristal  de  roche  taillées  à  gaudrons;  onze 
tabatières  de  marrons  de  mer;  un  diamant  fin  taillé  en  pointe  étant 
encore  en  plomb  ;  un  grenat  enchâssé  dans  un  chaton  d'or  émaillé, 
en  forme  de  cachet,  sur  lequel  est  gravé  un  carquois  ;  une  paire  de 
lunettes  d'approche  ;  une  pierre  de  Florence,  coupée  et  polie,  de 
quatre  pouces  et  demi  de  long  sur  trois  pouces  de  large,  représentant 
au  naturel  des  ruines  de  bâtiments,  laquelle  pierre  le  s.  Branchi  a 
déclaré  appartenir  à  la  succession  dud.  Megliorini.  Cependant  cette 
mosaïque  est  plus  tard  remise  au  Roi.  C'est  celle  qui  porte  sur  la  liste 
ci-dessus  le  n"  1 3 1 . 

La  garde-robe  et  la  lingerie  sont  bien  garnies  et  indiquent  une 
situation  aisée. 

Parmi  les  papiers  relatifs  aux  créances  et  aux  dettes  du  défunt,  au 
milieu  des  quittances,  procurations,  mémoires  et  autres  pièces,  se 
trouve  le  duplicata  de  la  convention  faite  par  M.  l'abbé  Strozzi  pour 
Sa  Majesté  avec  ledit  Ferdinand  de  Megliorini^  Horace  de  Meglio- 
rini^ son  frère,  et  le  nommé  Belligny  pour  venir  de  Florence  en 
France  travailler  aux  ouvrages  de  pierres  fines,  manière  de  Florence, 
pour  le  service  de  Sa  Majesté,  en  date  du  10  août  1668. 

Les  objets  revendiqués  au  nom  du  Roi  sont  remis  au  s.  Branchi; 
les  autres  appartenant  au  défunt  sont  abandonnés  à  l'abbé  Zipoli  pour 
en  disposer  suivant  les  prescriptions  du  testament. 

IL 

Philippe  Branchi,  qui  succède  a  Megliorini  dans  la  direction  de  l'ate- 
lier de  mosaïques,  était  venu  de  Florence  à  peu  près  à  la  même 
époque  que  son  prédécesseur  ;  mais  il  était  sans  doute  plus  jeune  que 
lui.  Il  épousa,  quelques  années  après  son  arrivée,  la  fille  d'un  autre 
pensionnaire  du  Roi.  C'est  ce  que  nous  apprend  le  contrat  de  mariage, 
en  date  du  10  février  1676,  de  Catherine  Van  den  Kerchove,  fille  de 
Josse  Van  den  Kerchove,  teinturier  ordinaire  du  Roi  aux  Gobelins,  et 
de  Catherine  Petit,  demeurant  à  l'hôtel  des  Gobelins,  d'une  part,  et 
de  Philippe  Branchy^  lapidaire  ordinaire  de  Sa  Majesté  en  pierres 
fines,  façon  de  Florence,  en  la  manufacture  des  Gobelins,  fils  de  feu 


JACQUES    CLERION.  I  77 

Marc  Branchy,  de  Florence,  et  d'Antoinette  Lesprit,  d'autre  part. 
Parmi  les  témoins  figurent  Charles  Lebrun,  premier  peintre  du 
Roi,  et  Suzanne  Butay,  sa  femme,  amis  ;  Jean  Le/eèvre,  tapissier  ordi- 
naire du  Roi,  ami;  Sébastien  Leclerc,  dessinateur  et  graveur  ordinaire 
du  Roi,  beau-frère  de  la  future. 

J.-J.    GUIFFREY. 

(Arch.  nat.,  ¥281,  fol.  352  v".) 


DECOUVERTE   A    MARSEILLE    D'UNE   ŒUVRE 
DE  JACQUES  CLÉRION 

EXÉCUTÉE    EN    1688. 

Grâce  à  MM.  Rey  et  Clastrier,  deux  sculpteurs  de  notre  ville  qui 
l'ont  si  habilement  restaurée,  Marseille  peut  montrer,  non  plus  une 
œuvre  aussi  grandiose  que  les  Termes  de  Toulon,  mais  un  bas-relief 
de  la  même  époque,  dont  la  valeur  artistique  a  cependant  son  prix, 
car  il  est  de  la  main  d'un  sculpteur  provençal  déjà  en  réputation, 
quand  l'illustration  de  notre  Puget,  qui  le  dépassait  de  la  hauteur  de 
son  génie,  n'était  encore  qu'en  partie  consacrée,  surtout  dans  son  propre 
pays.  Nous  avons  nommé  Jacques  C  1er  ion. 

Perdu  dans  un  quartier  à  demi  désert,  rue  Sainte,  87,  on  a  devant 
soi  un  morceau  qui  sert  de  frise  à  la  porte  d'entrée  du  domaine 
Court  de  Payen.  Ce  morceau,  d'environ  deux  mètres  de  largeur  sur 
un  mëtre  de  hauteur  et  quinze  centimètres  de  saillie,  est  plein  de  mou- 
vement et  semble  n'être  qu'une  envolée  sensualisée  du  génie  de  notre 
grand  Marseillais,  c'est  une  œuvre  très  personnelle,  qui,  malgré  ses 
deux  cents  ans  d'existence,  reste  toujours  jeune,  car  la  nature  y  est 
prise  sur  le  fait,  dans  son  éternité  sans  cesse  renaissante. 

Sur  un  arc  de  cercle,  dont  la  flèche  est  très  courte,  ayant  dans  l'axe 
un  cartouche  incliné,  deux  enfants  d'un  modelé  puissant,  aux  chairs 
palpitantes,  s'abandonnent. 

A  gauche,  c'est  une  fille,  ses  cheveux  fins  flottent  au  vent,  elle 
sourit,  elle  se  laisse  aller  dans  un  mouvement  plein  de  grâce  naïve, 
les  doigts  de  ses  petits  pieds  gras  et  dodus  sont  détendus,  tout  effort  a 
disparu,  elle  s'est  accrochée  aux  saillies  du  cartouche  qui  s'incline, 
elle  ne  touche  plus  la  terre  ;  elle  semble  flotter  dans  l'air. 

A  droite,  c'est  le  garçon,  gros  et  joufflu,  plus  gauche,  plus  massif, 

renversé  par  le  cartouche  qui  s'abat  sur  lui,  et,  comme  le  dirait 

Molière,  «  qui  tombe  lourdement  sur  son  cul,  »  les  jambes  en  l'air, 

empoignant  de  sa  main  sa  cuisse  gauche,  laissant  tomber  son  bras 

ART  FR.  IV  12 


178  JACQUES   CLÉRIOK. 

droit  replié,  dont  la  main  s'engage  derrière  ses  reins  :  ses  cheveux 
embroussaille's  se  hérissent,  les  doigts  de  ses  petits  pieds  se  crispent, 
et,  ahuri,  il  reste  tout  penaud,  tout  ébaubi  de  sa  chute;  voilà  le 
tableau. 

Maintenant,  ce  bas-relief  est  signé  J.  C;  c'est  Clérion,  nous  l'avons 
dit,  non  un  élève  de  Puget,  comme  nous  l'avions  affirmé  autrefois 
par  erreur ',  mais  son  émule;  la  preuve  c'est  que,  lorsque  en  1687  le 
contrat  fait  avec  Puget  pour  l'érection  de  la  statue  équestre  de 
Louis  XIV  fut  résilié  par  l'intendant  de  Provence,  la  ville  de  Mar- 
seille en  passa  un  autre  le  28  octobre  1688  avec  Clérion;  de  là  pro- 
cès, où  Puget  assigna  vainement  Clérion  devant  le  Conseil  d'État,  car 
le  contrat  de  ce  dernier  fut  maintenu.  Il  faut  donc  rapporter  à  cette 
époque  le  bas-relief  dont  nous  venons  de  parler. 

Inutile  d'ajouter  que  la  statue  équestre  du  Roi  ne  fut  jamais  termi- 
née ;  la  guerre  ayant  éclaté,  la  ville  y  contribua  pour  3oo,ooo  livres, 
son  trésor  était  vide,  et,  par  acte  du  3o  décembre  171 1,  les  échevins, 
se  conformant  aux  intentions  du  roi,  transigèrent,  au  nom  de  la  ville, 
avec  le  sculpteur  Clérion  2. 

M.  Lieutier,  l'intelligent  architecte  chargé  de  surveiller  la  restau- 
ration de  cette  sculpture  originale,  l'a  fait  mouler;  il  en  a  offert  un 
exemplaire  à  notre  École  des  Beaux-Arts  et  un  autre  au  Petit  Marseil- 
lais. Nos  sincères  félicitations  à  M.  Lieutier.  Il  serait  à  désirer  que  des 
exemplaires  de  cette  sculpture  pussent  être  multipliés,  elle  ne  serait 
pas  déplacée  dans  nos  écoles  provinciales,  même  au  Louvre  et  à 
l'École  des  Beaux-Arts  de  Paris,  où  elle  rappellerait  le  faire  d'un  de 
nos  sculpteurs  célèbres  du  xvii'  siècle,  qui  fait  honneur  à  notre  école 
française. 

Autres  détails  à  noter.  —  La  maquette  de  cette  sculpture,  c'est-à- 
dire  le  premier  jet,  d'environ  60  centimètres  de  largeur,  avait  été 
abandonnée  en  1690  par  le  maître  à  Cailhiol.,  son  praticien;  elle  est 
restée  de  père  en  fils  aux  mains  des  descendants  dudit  Cailhiol.^  tous 
sculpteurs  ou  plâtriers  ornemanistes.  On  n'a  pas  oublié  dans  nos  murs 
les  derniers  représentants  de  ces  artistes.  L'un,  l'aîné,  s'est  fait  une 

I.  Voici  la  note  que  nous  lui  consacrons  dans  nos  Annales  de  la  Pein- 
ture, 1862  : 

€  Clérion  Jacques,  né  à  Treste,  fut  un  bon  sculpteur,  il  travailla  pour  la 
cour,  quelques-uns  de  ses  ouvrages  existent  encore  dans  le  parc  de  Versailles. 
On  distingue  parmi  eux  une  statue  de  Jupiter,  une  Junon  et  une  Vénus 
d'après  l'antique.  Le  Bacchus  de  la  salle  de  Trianon  est  encore  de  lui;  il  y 
avait  également  de  sa  main  deux  bustes  qui  existaient  avant  la  Révolution  à 
l'église  de  Saint-Jean,  à  Aix.  Clérion  avait  épousé  Geneviève  Boulogne,  qui 
peignait  l'histoire,  les  fleurs  et  les  fruits,  et  dont  les  talents  lui  avaient  valu 
une  place  à  l'Académie;  Clérion  la  perdit  en  1708;  il  mourut  en  17 14.  » 

Si.  Registre  r  14  des  délibérations  municipales,  fol.  22,  Archives  de  la  pille. 


JACQUES    CLERION.  I79 

spécialité  comme  rocailleur  et  constructeur  de  ruines  en  ciment,  de 
tous  les  styles,  qui  ornent  un  grand  nombre  de  jardins  des  villas 
marseillaises  et  des  environs  de  Nice.  Le  cadet,  le  plus  célèbre,  eut 
une  existence  très  accidentée.  Il  avait  élevé,  en  1848,  sur  la  place 
Saint-Michel,  la  statue  de  la  Liberté,  haute  de  4  mètres'.  Nous  nous 
souvenons  avoir  vu  dans  son  atelier,  où  nous  avons  passé  de  longues 
heures,  une  épreuve  moulée  d'après  le  bas-relief  original  de  Clérion, 
qui  nous  avait  frappé  par  sa  fière  tournure;  cette  épreuve  était  alors 
encadrée  par  une  bordure  Louis  XV,  sculptée  et  peinte.  L'atelier  dudit 
Cailhiol,  vaste  salle  à  blé,  englobée  aujourd'hui  dans  les  magasins  de 
la  Belle  Jardinière,  était  garni  dans  son  pourtour  de  projets  et 
maquettes,  toutes  plus  originales  les  unes  que  les  autres;  groupes 
représentant  des  Bédouins  à  cheval  ou  à  dos  de  chameaux,  attaqués 
par  des  lions  ou  des  tigres,  bœufs,  moutons,  chèvres,  meute  de  chiens 
attaquant  des  ours  ou  forçant  des  cerfs  et  des  sangliers,  groupes  de 
lutteurs  dans  les  attitudes  les  plus  mouvementées  ;  le  plus  grand 
nombre  à  l'état  d'ébauches  rudimentaires  et  plus  ou  moins  avancées, 
quelque  peu  écornées.  C'était  en  réalité  un  spectacle  étrange  et  des 
plus  curieux.  Cailhiol  était  une  sorte  d'illuminé,  vivant  comme  un 
cénobite,  mais  seulement  au  point  de  vue  de  la  frugalité;  c'était  un 
républicain  fougueux  et  endiablé. 

Obligé  d'abandonner  son  atelier  en  i85i,  ces  objets  avaient  été 
transportés  dans  un  ancien  atelier  des  Cailhiol,  rue  du  Bon- Pasteur, 
mais  à  la  mort  de  notre  artiste,  tout  ce  qui  avait  quelque  valeur  fut 
enlevé.  Son  frère  absent,  seul  héritier,  à  son  arrivée  à  Marseille,  ne 
put  que  constater  cette  disparition.  Cailhiol  avait  une  maîtresse, 
connue  sous  le  nom  de  la  Vénus  Hottentote,  elle  tenait  une  librairie; 
mais  ne  troublons  pas  la  cendre  de  cette  femme. 

Toujours  est-il  que  ces  objets  furent  en  grande  partie  envoyés  à 
Paris,  car  nous  nous  souvenons  avoir  vu  en  i855,  année  de  l'Expo- 
sition Universelle,  bon  nombre  des  œuvres  dont  nous  parlons,  expo- 
sées place  de  la  Bourse  et  dans  divers  Passages. 

Le  moulage  de  la  maquette  de  Clérion  doit  donc  figurer  dans 
quelque  cabinet  de  Paris.  Quant  à  la  maquette  de  Clérion,  le  père  du 
sculpteur  Cailhiol,  qui  travaillait  aux  ornements  de  VArc  de  triomphe 
de  Marseille  en  i838,  l'avait  donnée  à  l'architecte  Penchaud,  auteur 
de  ce  monument.  Il  est  possible  que  les  héritiers  de  Penchaud  aient 
conservé  cette  œuvre  originale. 

E.  Parrocel. 
20  avril  1887. 

I.  Annales  de  la  Peinture,  p.  467.  Voir  sa  biographie  assez  étendue. 


l80  HENRY   COUET. 

HENRY  COUET, 

SCULPTEUR     DU     ROI. 
(1702.) 

Un  mémoire  jvfdiciaire  qui  ne  compte  pas  moins  de  54  pages  in-40, 
re'digé  pour  Louis-Jean  Thévenet  et  autres,  appelants,  contre  les 
mineurs  Lefebvre  et  leur  curateur,  intimés,  nous  apprend  que  Henri 
Couet,  sculpteur  c^u  Roi,  inconnu  de  presque  tous  les  biographes, 
même  de  Nagler,  mais  dont  le  nom  revient  fréquemment  dans  les 
Comptes  des  Bâtiments  du  Roi,  avait  épousé  Marie  Vendalle,  qui  resta 
veuve  à  la  fin  de  l'année  1702,  à  l'âge  de  soixante-trois  ans,  ce  qui 
fixe  la  date  du  décès  de  son  mari.  Peu  de  temps  après  la  perte  de  son 
mari,  Marie  Vendalle  recueillit  la  succession  de  Françoise  Buyster', 
sa  cousine  germaine,  veuve  d'un  procureur  au  Châtelet,  nommé 
Baudry  (Jean-Baptiste).  C'est  tout  ce  que  ce  long  mémoire  off"re  d'in- 
téressant sur  la  biographie  de  Couet  et  de  sa  femme.  Mais  le  nom  de 
cet  artiste  étant  peu  connu,  nous  avons  cru  devoir  recueillir  les  ren- 
seignements de  nature  à  fixer  quelques  dates  importantes  de  sa  vie. 

J.  G. 


LE  SCULPTEUR  JEAN-PANCRACE  CHASTEL. 

1784. 

Ce  fut  avant  le  second  traité  passé,  le  i3  mars  1786,  par  le  sculpteur 
Cliardigny  avec  Féraud  et  Millon,  entrepreneurs  de  la  paroisse  Saint-Louis, 
en  présence  de  Sigaud,  architecte-ingénieur  chargé  de  la  construction  de  cette 
église,  que  Chastel,  sculpteur  d'Aix,  demanda  d'exécuter  en  marbre  ou  en 
pierre  de  Calissanne  les  deux  statues  qu'on  avait  l'intention  de  faire  sculpter 
pour  être  placées  dans  les  absides  des  nefs  latérales  de  la  paroisse  Saint- 
Louis.  Mais  cet  artiste  dut  renoncer  à  ce  travail,  la  municipalité  se  réservant 
de  faire  faire  les  deux  statues  par  Chardigny,  qu'on  avait  chargé,  en  ij83, 
pour  le  prix  de  dix  mille  livres,  et  sans  la  consulter  quant  au  choix  des 
sujets,  d'une  décoration  dont  le  programme  ne  lui  convenait  nullement. 
Chastel,  né  à  Avignon  en  1726,  mourut  à  Aix  en  lygS.  11  a  beaucoup  tra- 
vaillé dans  cette  dernière  ville,  où  il  s'était  fixé  à  l'âge  de  vingt-quatre  ans. 

Charles  Ginoux. 

I.  D'une  donation  faite  à  la  chapelle  de  Notre-Dame-de-Lorette,  sise  aux 
Porcherons,  par  le  sculpteur  Philippe  Buyster,  en  date  du  10  avril  1681 
(Archives  nationales,  Y  240,  fol.  270  v°),  il  résulte  que  ledit  Buyster  était 
veuf  à  cette  époque  de  Jeanne  Vandelle  ou  Vendalle,  pour  laquelle  il  fondait 
deux  services  annuels.  Françoise  Buyster  était  donc  la  fille  de  Philippe  Buys- 
ter et  de  Jeanne  Vandelle  ou  Vendalle. 


JEAN-PANCRACE   CHASTEL.  lOI 

DÉCORATION   DE   LA   PAROISSE   SaiNT-LoUIS,   DE   ToULON. 

Le  sculpteur  Jean-Pancrace  Chastel  demande  à  faire  deux  sta- 
tues pour  cette  nouvelle  paroisse. 

I. 

A  Messieurs  les  Maire  et  Consuls,  lieutenants  de  Roy. 

Messieurs, 

Ayant  fait  des  modelles  pour  le  plan  que  Monsieur  Sigaud  avait 
fait  de  votre  église,  dont  je  n'ai  rien  retiré,  et,  dans  l'intention  où 
Je  suis  de  me  reposer  bientôt.  Je  souhaiterois  pour  dernier  ouvrage 
et  avant  d'envoyer  mon  fils  à  Paris,  de  faire  les  deux  statues  qu'il 
faut  à  cette  église  ;  j'en  serois  d'autant  plus  charmé  que  cet  ouvrage 
étant  à  portée  d'être  vu  souvent  par  de  grands  amateurs,  Je  vou- 
drois,  en  méritant  le  choix  qu'on  auroit  fait  de  moi,  faire  voir,  en 
sus  de  ma  réputation,  ce  dont  je  suis  capable;  J'agis,  en  cela,  plus 
par  honneur  que  par  intérest,  tellement  que  Je  les  ferois  à  un  prix 
bonnette.  Pour  ce  qui  est  des  payements,  ce  sera.  Messieurs, 
comme  vous  trouverez  bon  et  de  manière  que  la  communauté  ne 
s'en  reconnoîtra  pas,  peu  à  peu,  à  fur  et  à  mesure  de  l'ouvrage, 
qui  ne  sera  fait  qu'environ  au  temps  que  l'église  sera  achevée;  car 
avant  que  les  modelles  soient  faits,  les  blocs  tirés  et  rendus  chez 
moi,  d'autres  ouvrages  que  J'ai  à  faire  et  celui-là  fait,  il  faut  du 
temps.  Ainsi,  Messieurs,  vous.fairez  votre  ouvrage  sans  vous  en 
apercevoir,  et  vous  l'aurez  à  temps  pour  en  Jouir  lorsque  l'église 
sera  finie;  d'ailleurs,  c'est  un  épargne  réel  pour  la  communauté, 
parce  que,  lorsque  je  ne  travaillerai  plus,  il  vous  couteroit  beau- 
coup plus  cher,  parce  qu'il  n'y  a  pas  dans  cette  province  des  gens 
pour  cela.  J'ose  me  flatter  que  vous  serez  satisfait  de  mon  ouvrage 
et  que  vous  voudrez  bien  Jeter  les  yeux  plutôt  sur  un  citoyen  que 
sur  un  étranger. 

Je  suis  avec  respect,  Messieurs,  votre  très  humble  et  très  obéis- 
sant serviteur, 

Chastel., 

Professeur  de  sculpture  de  la  Province  et  son  pensionnaire. 
(Lettre  reçue  le  28  mai  1784.) 


l82>  JEAN-PAJ4CRACE   CHASTEL. 

II. 

Du  i8  juillet  1784. 
Messieurs, 

Je  m'empresse  de  répondre  à  la  lettre  que  vous  m'avez  fait 
rhonneur  de  m'écrire,  pour  vous  donner  les  éclaircissements  que 
vous  paraisses  souhaiter  au  sujet  des  statues  de  votre  nouvelle 
paroisse  et  des  conditions  pour  le  payement. 

C'est  par  honneur  et  pour  me  surpasser  dans  cet  ouvrage  que 
j'ai  demandé  la  préférence  sur  les  ouvriers  de  Paris,  car  il  n'y  a 
personne  en  Provence  qui  fut  en  état  de  Texécuter,  et  il  vous  en 
coûteroit  le  double  si  vous  vous  adressiés  à  un  sculpteur  de  la 
capitale. 

Une  statue  en  marbre  de  hauteur  naturelle,  faite  par  un  maître 
de  Paris,  coûte  dix  mille  francs,  il  faut  en  outre  leur  fournir  le 
bloc,  faire  voiturer  la  statue  et  payer  les  droits  d'entrée. 

Pour  vous  témoigner  toute  ma  bonne  volonté,  je  fournirai  les 
deux  blocs  de  marbre,  je  ferai  les  deux  statues  de  la  proportion 
convenable  au  local,  qui,  devant  être  beaucoup  plus  hautes  que 
nature,  seroient  beaucoup  plus  chères;  je  les  ferai  transportera 
Toulon  et  vous  ne  me  payerés  que  cinq  mille  francs  pièce;  ainsi, 
l'avantage  pour  votre  communauté  sera  plus  que  du  double. 

Si  vous  ne  voulez  faire  les  statues  qu'en  pierre  de  Calissanne, 
qui  est,  après  le  marbre,  la  plus  belle  pierre  connue,  je  les  fairai 
pour  deux  mille  et  cinq  cents  livres  chaque,  mais  il  n'y  a  pas 
cependant  de  la  comparaison  entre  la  pierre  de  Calissanne  et  le 
marbre. 

Pour  les  arrangements  qui  seroient  à  prendre  entre  votre  com- 
munauté et  moi,  j'imagine  qu'il  seroit  à  propos  de  me  payer  un 
tiers  de  la  somme  convenue  lorsque  j'irai  avec  mon  fils  à  Carrara, 
en  Italie,  pour  choisir  les  blocs,  les  faire  transporter  et  payer  les 
droits  d'entrée;  un  second  tiers  lorsque  l'ouvrage  sera  à  moitié 
fait,  et  le  tiers  restant  lorsque  les  deux  statues  seront  finies. 

Au  reste,  Messieurs,  vous  réglerez  vous-mêmes  les  payements 
de  la  manière  que  vous  trouverez  la  plus  convenable  aux  intérêts 
de  votre  communauté,  pourvu  que  les  miens  n'en  souffrent  pas 
essentiellement. 

Je  suis  avec  respect,  Messieurs,  votre  très  humble  et  très  obéis- 
sant serviteur, 

Chastel, 
Professeur  de  sculpture  de  la  Province  et  son  pensionnaire. 


BELLONI,  l83 

III. 

A  Aix,  le  14  décembre  1784. 
Messieurs, 
Je  n'ai  pu  jusqu'à  ce  moment  vous  envoyer  les  mesures  des 
deux  statues  que  je  souhaiterois  faire  dans  votre  église,  parce  que 
M.  Sigaud  étant  attendu  à  Aix  de  Paris  tous  les  jours,  je  ne  pou- 
vois  lui  écrire. 

Depuis  son  arrivée  à  Aix,  ayant  toujours  été  dehors,  je  n'ai  pu 
le  voir  qu'à  son  retour  de  l'assemblée  ;  il  me  les  a  données,  elles 
doivent  avoir  cinq  pieds  et  demi  de  haut.  Il  m'a  dit  que  pour  dire 
si  peu  de  chose,  il  n'étoit  pas  nécessaire  d'une  lettre,  mais  que  s'il 
en  falloit  absolument  une  vous  auriez  la  bonté  de  lui  écrire  et  qu'il 
envoyeroit  tout  de  suite  ces  mesures  par  écrit;  audit  cas,  Messieurs, 
si  vous  voulez  bien  m'honorer  d'une  réponse,  je  ferai  ce  qui  sera 
nécessaire. 

Je  suis  avec  respect,  Messieurs,  votre  très  humble  et  très  obéis- 
sant serviteur, 

Chastel^ 
Professeur  de  sculpture  de  la  Province. 
(Arch.  comm.  de  Toulon.  —  DD.  106  bis,  Carton.  —  Chastel,  lettres.) 


ARRIVEE  DE  BELLONI  A  PARIS. 

(1798.) 

Dans  le  tome  II  de  la  troisième  série  (1886,  p.  169-174),  M.  Jules  GuifFrey 
a  publié  des  notes  sur  les  anciennes  manufactures  de  mosaïque  en  France 
et  surtout  sur  celle  de  Belloni.  La  pièce  suivante  vient  utilement  compléter 
ce  qu'on  savait  du  mosaïste  italien. 


H.  J. 


MINISTERE   DE    L  INTERIEUR. 


Paris,  le  19  prairial  an  6^  de  la  République 
française,  une  et  indivisible  (7  juin  1798). 

Le  chef  de  la  4«  division  des  bureaux  du  ministère  de  l'intérieur 

au  citoyen  Duvivier. 

Je  vous  engage,  citoyen,  à  écouter  le  cit.  Belloni,  porteur  de 

cette    lettre.    Il  vient    d'importer  en    France  l'industrie  de  la 

mosaïque,  et  il  paroît  que  le  gouvernement  est  disposé  à  le  favo- 


184  AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS. 

riser.  Y  auroit-il  moyen,  comme  le  cit.  Belloni  le  présume,  de 
former  son  petit  établissement  dans  quelque  partie  des  bâtiments 
de  la  manufacture  que  vous  dirigez?  Voilà  ce  qu'il  a  besoin  d'exa- 
miner et  ce  que  je  vous  invite  à  lui  faire  connoître. 
Salut  et  fraternité. 

J.-B.  Dubois. 

L'époque  précise  de  l'arrivée  de  Belloni  à  Paris  était  incertaine;  elle  est 
déterminée  par  cette  lettre,  adressée  à  Duvivier,  directeur  de  la  Manufacture 
nationale  des  tapis  de  la  Savonnerie,  à  Ghaillot. 

Gerspach. 


AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS. 

Communiqués  et  annotés  par  M.  Henry  Jouin. 

BOSIO. 

i8i5. 

Statue  du  duc  d'Enghien. 

■  On  connaît  la  statue  de  Louis-Antoine-Henri  de  Bourbon,  duc  d'Enghien, 
par  le  baron  François-Joseph  Bosio.  Ce  marbre  est  au  Musée  de  Versailles 
(n°  iSSg,  catal.  d'Eud.  Soulié).  Il  a  été  exposé  au  Salon  de  1817  (n»  ygôjavec 
la  mention  :  «  Statue  ordonnée  par  le  Roi.  »  Ce  qu'on  ignore,  c'est  l'empres- 
sement qu'apporta  l'artiste  à  s'acquitter  de  sa  commande.  La  lettre  suivante, 
que  nous  avons  acquise  à  une  vente  d'autographes,  nous  renseigne  sur  la 
date  exacte  à  laquelle  Bosio  acheva  le  modèle  de  sa  statue. 

A  Monsieur  Lenoir,  Directeur  général  du  Musée  des  Petits- 

Augustins. 

Paris. 

Paris,  ce  2  3  octobre  181 5. 
Monsieur  et  ami, 
Vous  savez  que  Monseigneur  le  Prince  de  Condé  m'a  promis 
de  me  faire  l'honneur  de  venir  à  mon  atelier  pour  voir  la  statue 
de  Monseigneur  le  duc  d'Enghien,  Comme  elle  est  entièrement 
terminée,  je  serais  bien  aise  qu'il  la  vît  avant  qu'elle  seré  [sic] 
moulée.  Faites-moi  doncl^amitié  [de]  déterminer  le  prince  à  venir 
le  plus  tôt  possible.  Vous  m'obligeriez  infiniment. 

Agréez,  Monsieur  et  ami,  l'assurance  des  sentimens  distingués 
d'estime  et  d'amitié  avec  lesquels  je  serai  toujours, 

Votre  dévoué  serviteur, 
Bosio. 


AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS.  l85 

Alexandre  Lenoir  s' empressa  de  faire  connaître  au  Prince  le  désir  de  Bo^io 
et,  sous  la  date  du  3i  octobre  i8i5,  il  reçut  de  Chantilly  le  billet  que  voici  : 

A  Monsieur  Lenoir,  etc.,  etc.,  rue  des  Petits- Augustins. 
Le  Ch"  Jacques  a  Thonneur  de  faire  ses  compliments  à  Mon- 
sieur Lenoir.,  et  de  Pinformer  que  Mgr  le  Prince  de  Condé  a  fixé 
jeudi  prochain,  à  dix  heures  du  matin,  pour  aller  visiter  la  statue 
de  son  malheureux  petit-fils,  et  le  prie  aussi  d'en  faire  prévenir 
M.  r Artiste,  dont  il  ne  se  rappelle  pas  le  nom. 

Cette  dernière  phrase  se  passe  de  commentaire.  Elle  donne  toutefois  à 
réfléchir  sur  la  vanité  de  la  gloire  humaine.  Bosio  inconnu  du  Prince  de 
Condé  en  i8i5 I 

CORTOT. 

1839. 

Statue  de  l'Immortalité,  destinée  au  couronnement  du  Dôme 
DU  Panthéon. 

M.  le  marquis  de  Chenneviéres,  dans  sa  curieuse  plaquette  les  Décorations 
du  Panthéon  (Paris,  in-4'',  i885),  s'exprime  en  ces  termes  :  «  Il  nous  faut 
transcrire  ici  trois  billets,  seul  souvenir  pour  nous  d'une  œuvre  considérable 
du  grand  sculpteur  Cortot  et  qui  devait  évidemment,  dans  la  pensée  de  l'ar- 
chitecte du  monument,  naturellement  préoccupé  de  rentrer  dans  les  anciens 
projets  révolutionnaires  de  Quatremère  de  Quincy,  tenir  la  place  de  la 
fameuse  renommée  de  Dejoux.  »  Les  trois  billets  sauvés  de  l'oubli  par  M.  de 
Chenneviéres  ont  leur  prix,  mais  ces  notes  sont  sans  signatures.  Voici  une 
lettre  de  Cortot,  relative  au  même  ouvrage,  dont  le  modèle  fut  seul  achevé, 
puis  détruit  au  bout  de  quelques  années,  après  avoir  été  payé  20,000  francs 
à  l'artiste. 

A  M.  le  comte  Duchatel,  ministre.,  secrétaire  cTEtat  au  dépar- 
tement de  r  Intérieur. 
J'ai  l'honneur  de  vous  prévenir  que  la  statue  colossale  àtV Im- 
mortalité., destinée  à  être  placée  sur  la  coupole  du  Panthéon  et 
qui  est  terminée  depuis  trois  ans,  a  été  exécutée  par  moi  dans  un 
atelier  qui  fait  partie  de  la  fonderie  de  la  ville  de  Paris.  Cet  ate- 
lier menace  ruine;  une  partie  même  du  bâtiment  est  tombée,  et 
Je  dois  vous  dire,  Monsieur  le  Ministre,  que  la  statue  court  les 
plus  grands  dangers.  Il  serait  très  urgent  d'ordonner  quelques 
réparations  devenues  indispensables.  J'ai  l'honneur  d'être  avec  un 
profond  respect,  Monsieur  le  Ministre, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

Cortot, 
Membre  de  l'Institut. 
Paris,  le  20  octobre  1839. 


l86  AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS. 

FLATTERS. 

1839. 

Le  groupe  de  Ganymède. 

Nous  savions  que  Flatters  [Jean- Jacques),  né  à  Crevelt,  ancien  départe- 
ment de  la  Roër,  avait  reçu  les  leçons  de  Houdon.  Il  nous  apprend  qu'il  est 
également  élève  de  David.  A  quelle  date  a-t-il  rencontré  Nave^  dans  l'ate- 
lier du  peintre  ?  Quoi  qu'il  en  soit,  c'est  d'une  rencontre  ancienne  qu'il  s'au- 
torise pour  obtenir  par  lui,  s'il  est  possible,  la  vente  rémunératrice  de  son 
groupe  en  marbre,  de  grandeur  naturelle,  représentant  Ganymède,  exposé 
au  Salon  de  1822  (n°  i4i3)et  dont  il  retrace,  en  iSSg,  l'odyssée  lamentable. 

Monsieur  et  cher  Camarade, 

Nos  anciennes  relations  dans  l'atelier  de  notre  maître  David 
m'encouragent  à  vous  demander  aujourd'hui  un  service.  Depuis 
douze  ans,  ma  statue  de  Ganymède  est  au  Musée  de  Bruxelles, 
cette  statue  était  destinée  au  Roi  de  Prusse,  pour  lequel  je  l'avais 
envoyée.  Le  Roi  la  trouva  fort  de  son  goût,  mais  ensuite,  ayant 
réfléchi,  il  me  fit  écrire  de  Berlin  que  la  nudité  de  la  statué  l'em- 
pêchait d'en  faire  l'acquisition.  Deux  ou  trois  ans  après,  le  roi 
Guillaume \  à  qui  je  la  proposai,  me  répondit  qu'il  ne  savait 
point  si  pour  le  moment  il  pouvait  en  faire  l'acquisition,  et  que 
l'on  m'en  donnerait  avis.  La  Révolution  arriva  et  la  statue  ne  fut 
point  vendue. 

Vous  savez,  mon  cher  Monsieur  A^ave^,  qu'un  tel  ouvrage 
occasionne  beaucoup  de  frais.  Cette  statue  me  coûte,  argent 
déboursé,  sept  mille  huit  cents  francs.  Si  vous  pouviez  me  la  pla- 
cer au  Gouvernement  ou  à  d'autres  personnes  pour  le  prix  de  l'ar- 
gent qu'elle  me  coûte,  attendu  que  je  suis  dans  un  état  de  gêne 
déplorable,  vous  me  rendriez  aujourd'hui  un  service  éminentque 
je  n'oublierai  jamais  et  que  je  réclame  de  vous  comme  un'ancien 
camarade  d'atelier. 

Je  serais  heureux  si  de  mon  côté  je  pouvais  vous  être  agréable, 
et  dans  le  cas  où  vous  auriez  besoin  de  moi  je  vous  prie  de  ne 
point  vous  gêner. 

I.  Guillaume  I"  d'Orange-Nassau,  roi  des  Pays-Bas,  de  181 5  à  i83o. 


AUTOGRAPHES   DE  SCULPTEURS.  I  87 

Cette  lettre  vous  servira  de  titre  pour  la  vente  de  ma  statue  en 
marbre  de  Ganimède. 
Agréez,  je  vous  prie,  mes  amitiés. 

Votre  tout  dévoué, 

FlatterSy  statuaire. 

A  Yvry-sur-Seine,  rue  de  Liegat,  n°  22. 

Banlieue  près  Paris. 
19  avril  iSSg. 

(Bibliothèque  de  Bruxelles.  Legs  Navez.  —  Transcrit  par  les  soins  de 
M.  Hymans.) 

DESBŒUFS. 

1845. 

Souvenir  de  la  fête  de  la  madone  di  Pie  di  Grota. 

Antoine  Desbœufs,  graveur  en  médailles,  graveur  sur  pierres  fines  du  cabi- 
net du  duc  d'Angoulême  et  enfin  statuaire,  avait  remporté  le  grand  prix  de 
Rome  en  1814  pour  la  gravure  en  médailles.  Condisciple  à  l'Académie  de 
France  à'' Achille-Etna  Michallon,  qui  devait  mourir  à  vingt-six  ans,  après 
avoir  conquis  une  réputation  plus  qu'ordinaire,  Desbœufs  était  devenu  son 
ami.  C'est  au  cours  d'un  voyage  à  Naples  fait  en  compagnie  de  Michallon 
qu'il  aurait  conçu  l'idée  de  son  groupe  Souvenir  de  la  fête  de  la  Madone, 
exposé  d'abord  au  Salon  de  iSSy  (n"  igoS)  et  réexposé  à  Bruxelles  en  1845, 
comme  on  va  le  voir  tout  à  l'heure.  Nave^  [François-Joseph),  né  à  Charle- 
roi,  élève  de  David  à  Bruxelles  de  i8i5  à  1817,  s'était  lié  en  Italie  avec  Z)es- 
bœufs  et  Michallon  de  181 7  à  1821. 

Mon  cher  Nave:{, 

C'est  un  vieux  camarade  qui  se  rappelle  à  votre  souvenir,  je  dis 
vieux  avec  quelque  raison,  car  voilà  si  je  me  trompe  vingt-sept  ou 
vingt-huit  ans  que  nous  fîmes  pédestrement,  et  en  compagnie  de 
ce  pauvre  Michallon^  le  voyage  de  Naples  ;  le  bon  temps,  et  comme 
on  se  reporte  volontiers  à  ces  souvenirs!  J'ai  revu  Tltalie  il  y  a 
quelques  années,  mais  quelle  différence,  le  prisme  de  la  jeunesse 
était  éteint!  Enfin,  il  faut  se  résigner! 

Voici,  mon  cher  ami,  le  motif  de  ma  lettre.  J'ai  envoyé  à  l'ex- 
position de  Bruxelles  un  groupe  demi-nature,  que  j'ai  exécuté  en 
me  rappelant  ce  voyage  dont  je  vous  parlais  tout  à  Theure.  Il  est 
nécessaire  de  vous  dire  que  je  ne  suis  pas  resté  graveur,  et  que 
depuis  vingt  ans  je  ne  fais  plus  que  de  la  statuaire. 

Je  ne  vous  dirai  rien  de  la  qualité  de  mes  travaux,  mais  ils  sont 
nombreux,  à  la  Chambre  des  pairs,  à  celle  des  députés,  à  la  Made- 


100  AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS. 

leine,  place  de  la  Concorde,  etc.  Je  désire  beaucoup  ajouter  à  ma 
croix  nationale  celle  de  Belgique.  Si  vous  pouvez,  comme  je 
pense,  vu  votre  influence  si  bien  méritée  dans  votre  pays,  m'aider 
à  cela,  je  vous  en  serai  très  reconnaissant. 

Je  vous  prie  d'examiner  avec  indulgence  le  petit  groupe  en 
question,  car  les  objets  traduits  en  bronze  perdent  toujours  un  peu 
à  cause  du  travail  des  ouvriers,  au  lieu  que  ceux  de  marbre  se 
trouvent  en  voie  d'amélioration  sur  le  modèle. 

Vous  voyez,  mon  cher  Nave:{,  que  je  n'ai  pas  hésité  à  m'adres- 
ser  à  vous,  en  me  rappelant  toute  votre  obligeance  et  votre  aimable 
caractère.  Je  vous  fais  à  l'avance  tous  mes  remercîments,  ne  dou- 
tant pas  que  si  vous  pouvez  m'être  utile  dans  cette  circonstance 
vous  m'accorderez  votre  protection. 

Adieu,  mon  cher  Nave:{^  mille  compliments  affectueux  de  votre 
ancien  et  dévoué  camarade. 

A.  Desbœufs ^ 
Statuaire,  rue  Larochefoucauld,  24. 

25  août  1845. 

(Bibliothèque  de   Bruxelles.  Legs  Navez.  —  Transcrit  par   les  soins  de 
M.  Hymans.) 

GUERSANT. 

1848. 

Buste  de  Quintilien. 

Pierre-Sébastien  Guersant,  élèVe  de  Cartellier,  né  en  1789,  était  un  con- 
temporain de  David  d'Angers.  C'est  à  lui  qu'est  adressée  la  lettre  qu'on  va 
lire.  David  la  transmit,  en  l'appuyant,  ainsi  que  le  souhaitait  son  auteur,  à 
Charles  Blanc,  Directeur  des  Beaux-Arts.  Mais,  au  lieu  d'un  «  brave  guerrier 
ayant  versé  son  sang  généreux  pour  la  défense  de  nos  lois,  »  Guersant  dut 
représenter  un  rhéteur  du  i"  siècle  de  notre  ère,  dont  l'image  manquait 
encore  à  l'École  normale.  Le  buste  de  Quintilien  fut  exposé  au  Salon  de  1849 
(n"  2287). 

Paris,  i5  septembre  i84'8. 
Mon  brave  et  ancien  camarade, 
Il  y  a  quarante  ans,  c'était  le  titre  qui  nous  unissait;  aujour- 
d'hui, c'est  celui  de  Représentant  du  peuple,  que  vos  talents  et 
vos  vertus  civiques  vous  ont  mérité. 

Vous  êtes,  dans  cette  honorable  position,  [disposé]  à  venir  en 
aide  par  la  voix  de  la  justice  à  vos  concitoyens  les  artistes. 

Sensible  au  serrement  de  main  fraternel  et  à  l'affection  que  vous 
m'avez  témoignée  mardi,  lorsque  je  fesais  partie  de  la  députation 


JEAN-FRANÇOIS   MILLET.  189 

du  Comité  central  des  artistes,  qui  nous  avait  chargé  de  vous  expo- 
ser combien  il  était  pressant  de  leur  venir  en  aide. 

Forcé  de  vous  parler  de  moi,  je  vous  prie  de  vouloir  bien 
m'appuyer  auprès  de  M.  Charles  Blanc,  Directeur  des  Beaux-Arts, 
qui  m'a  promis  un  buste,  et  une  copie  quelconque  de  peinture  à 
ma  fille. 

Je  désirerais  que  ce  buste  soit  un  de  nos  braves  guerriers  qui 
ont  versé  leur  sang  généreux  pour  la  défense  de  nos  lois.  Je  serais 
heureux  de  remplir  le  rôle  du  véritable  artiste  qui,  par  son  tra- 
vail, fait  passé  [sic]  les  héros  à  la  postérité. 

Vous  acquerrez  par  ce  fait  un  nouveau  titre  à  ma  reconnais- 
sance et  au  dévouement  avec  lequel  j'ai  l'honneur  d'être  votre 

très  humble  serviteur. 

Guersant^ 

log,  quai  Valmy. 

Au  citoyen  David  d'Angers,  Représentant  du  peuple. 
(Collection  de  M.  Robert  David.) 


JEAN-FRANÇOIS  MILLET 

JUGÉ    PAR    LES    AMÉRICAINS. 
(1880-1881.) 

Au  moment  où  l'œuvre  de  Millet  reçoit  de  l'exposition  ouverte  à 
l'École  des  Beaux-Arts  une  sorte  de  consécration  officielle,  il  nous 
paraît  intéressant  de  signaler  à  nos  lecteurs  une  des  études  les  plus 
complètes  et  les  plus  consciencieuses  consacrées  dans  un  journal  étran- 
ger au  peintre  des  paysans  et  de  la  campagne.  Une  Revue  américaine, 
fort  au  courant  de  tout  ce  qui  se  passe  en  France  et  dans  les  diverses 
contrées  du  vieux  continent,  a  publié  en  1 880-1 881,  sous  le  titre  : 
Jean-François  Millet,  peasant  and  painter,  une  série  de  cinq  articles 
richement  illustrés  de  nombreuses  reproductions  de  dessins  par  le 
procédé  Yves  et  Barret.  Cette  Revue  portait  alors  le  titre  de  Scribner's 
Monthly,  qu'elle  a  échangé  depuis  plusieurs  années  contre  celui  de 
Tke  Century  Illustrated ;  elle  donne  tous  les  mois,  pour  un  prix 
modique,  un  volumineux  cahier  décoré  d'une  quantité  de  dessins 
d'une  originalité  charmante,  gravés  avec  une  habileté  remarquable. 
Nous  ne  voyons  pas,  parmi  les  recueils  similaires  édités  en  France  ou 
en  Angleterre,  de  Revue  ou  de  magazine  pouvant  rivaliser  avec  la 
publication  américaine. 

Pour  nous  en  tenir  à  l'article  relatif  à  Millet^  c'est  un  résumé  très 


ÏQO  JEAN-FRANÇOIS   MILLET, 

substantiel,  très  complet  de  la  biographie  du  peintre  français  préparée 
par  Alfred  Sensier.  L'auteur  ne  dissimule  pas  ses  emprunts  ;  il  avoue 
tout  ce  qu'il  doit  au  livre  de  Sensier  et  ajoute  en  note  :  «  M.  Sensier's 
manuscript  has  been  edited  by  one  of  the  most  prominent  French 
critics,  M.  Mantz.  »  On  voit  qu'il  est  au  courant  de  la  littérature 
aussi  bien  que  de  l'art.  Nul  doute  que  cette  étude  si  développée  n'ait 
contribué  dans  une  large  mesure  à  inspirer  aux  Américains  un  goût 
très  vif  pour  le  peintre  de  Barbizon. 

L'article  a  plus  de  soixante  pages  à  deux  colonnes  ;  il  commence 
dans  le  numéro  du  mois  de  septembre,  se  continue  en  octobre,  no* 
vembre,  décembre  1880  et  en  janvier  1881.  Voici  une  liste  des  dessins 
reproduits  en  fac-similé.  Cette  énumération  donnera  une  idée  de  la 
richesse  de  l'illustration  de  la  Revue  américaine,  qui  se  préoccupe 
beaucoup  de  l'art  français  et  qui,  à  ce  titre,  mérite  d'être  tout  parti- 
culièrement signalée  aux  artistes  et  aux  curieux  : 

Tome  XX. 

Portrait  de  M*»  Millet. 

Maison  natale  de  Millet,  à  Gruchy. 

Pileuse, 

Paysans  retournant  chez  eux. 

Femmes  rapportant  le  linge  après  la  lessive. 

Portrait  de  Millet,  dessiné  par  lui-même  en  1847. 

L'agneau  nouveau-né. 

Femme  portant  le  lait  à  la  maison. 

Midi  (femme  couchée). 

Bergère, 

Bergère  tricotant. 

Femme  au  bain. 

Gardeuse. 

Tonte  des  moutons. 

Œdipe  détaché  de  l'arbre  (d'après  Ed.  Hédouin). 

Le  bûcheron. 

Apprenant  au  bébé  à  marcher. 

La  plaine  de  Barbizon. 

Les  glaneuses. 

Tome  XXI,  en  frontispice. 

Le  semeur,  gravé  par  T.  Gole. 
Le  moissonneur. 
Les  laboureurs  (diggers). 
L'Angelus. 

Portrait  de  Millet,  d'après  un  dessin  de  lui,  exécuté  en  1846- 1847. 
C'est  le  portrait  qui  figure  en  tête  du  catalogue  de  l'exposition  récem- 


EPITA!>HES  DE  PEINTRES.  igi 

ment  organisée  à  l'École  des  Beaux-Arts.  Un  certain  nombre  des  des- 
sins réduits  au  format  in-S"  de  la  Revue  de  New- York  ont  paru  en 
plus  grandes  dimensions,  si  nos  souvenirs  sont  exacts,  dans  le  jour- 
nal l'Art*.  Plus  de  soixante-dix  lettres  de  Mi7/ef,  traduites  en  anglais 
d'après  les  originaux  recueillis  par  MM.  Mantz  et  Sensier,  accom- 
pagnent l'article  anonyme  contenant  une  appréciation  très  intéres- 
sante du  talent  de  Millet  avec  de  précieux  renseignements  sur  plu- 
sieurs de  ses  œuvres,  conservées  aujourd'hui  en  Amérique. 

J.  G. 


EPITAPHES  DE  PEINTRES 

relevées  dans  les  cimetières  de  paris  et  publiees  suivant 
l'ordre  chronologique  2. 

MERINO,    POWER,    BRION,    REYNARD,    MASSON,    ANTIGNA. 

CXXXV.  Merino.  —  1876. 
Ygnacio  —  Merino,  —  peintre,  —  né  à  San-Miguel   de  Piura 
(Pérou),  —  en  1818,  —  mort  à  Paris,  —  en  1876. 
(Père-Lachaise,  53*  division.) 

CXXXVI.  Power.  —  1876. 
Jean  Charles  —  Power,  —  peintre,  —  11  janvier   1857.   19  ans. 
5  avril  1876.  —  Deuil  éternel. 
(Montparnasse,  i3«  division.) 

CXXXVIl.  Brion.  —  1877. 
G.  Brion,  —  né  —  à  Rothau  (Vosges),  —  MDCCGXXIV,  —  mort 
—  à  Paris,  —  MDCGCLXXVII. 
(Montparnasse,  iS^  division.) 

CXXXVIII.  Reyn^rd.  —  1877. 
Louis  Ovide  Georges  —  Reynard,  —  peintre  décorateur,  —  né  à 
Paris,  le  17  février  1844,  —  décédé  à  Paris,  le  i3  Xbre  1877. 
(Père-Lachaise,  10^  division.) 

1.  Certains  de  ces  dessins  ont  gardé  la  trace  sensible  d'une  influence  dont 
on  ne  tient  pas  assez  de  compte,  nous  semble-t-il,  quand  on  analyse  le  talent 
de  Millet.  Charles  Jacques  était  à  Barbizon  le  voisin  de  Th.  Rousseau  et  de 
son  ami.  Il  avait  vu  et  traduit  les  scènes  de  la  campagne  sous  un  aspect  qui 
offre  de  frappantes  analogies  avec  le  style  du  peintre  de  l'Angelus.  Millet  a 
connu  Charles  Jacques  à  Barbizon;  ses  paysans  et  ses  bergères  rappellent 
sensiblement  les  silhouettes  des  personnages  de  l'habile  aqua-fortiste.  C'est 
un  détail  bon  à  noter.  Il  est  bien  de  glorifier  les  morts,  mais  ce  n'est  pas  un 
motif  pour  oublier  les  vivants. 

2.  Voy.  tome  II  de  la  S*  série,  p.  365-366. 


1 92  BIBLIOGRAPHIE. 

CXXXIX.  Masson.  —  1878. 

Hippolyte  Masson,  —  artiste  peintre,  —  décédé  à  Paris,  —  le 
12  novembre  1878. 

(Père-Lachaise,  44e  division.) 

CXI..  Antigna.  —  1878. 

Jean  Pierre  Alexandre  Antigna,  artiste  peintre,  —  chevalier  de  la 
Légion  —  d'honneur  et  de  l'ordre  du  Christ,  —  décédé  à  l'âge  de 
60  ans,  le  26  février  1878.  —  Ici  reposent  — dame  Sébastien  Rendu, 
née  Jeanne  Gillet,  —  décédée  le  i3  déc.  1823,  dans  sa  76^  année.  — 
Dame  Honoré  Chabaud,  née  Victorine  Rendu,  —  décédée  le  2  5  mars 
i83o,  dans  sa  46^  année.  —  Honoré  Chabaud,  conseiller  à  la  cour 
royale,  —  décédé  le  7  janvier  1845,  dans  sa  79»  année.  —  Jeanne 
Marie  Antigna,  —  décédée  le  11  octobre  1864,  à  l'âge  de  2  ans  1/2, 

—  Achilt  Jules  Pettit,  —  décédé  le  7  juillet  1874,  dans  sa  77^  année. 
(Montparnasse,  21"  division.) 

(A  suivre.)  H.  J. 

BIBLIOGRAPHIE. 
H.  Beraldi.  —  Les  Graveurs  du  XIX'  siècle,  5»  livraison  :  Cherrier-Dien, 

—  Paris,  Conquet,   in-S",   240  p.  et  3  pi.  —  6'  livraison  :  Doré-Gavard. 

—  Paris,  Conquet,  1887,  in-8°,  253  pages.  — Nous  avons  signalé,  à  diverses 
reprises,  les  débuts  de  cette  utile  publication,  guide  indispensable  des  ama- 
teurs d'estampes  et  d'illustrations.  M.  Beraldi  continue  son  œuvre  sans  inter- 
ruption. Il  ne  prétend  pas  donner  la  liste  complète  des  planches  de  tous  les 
artistes  qui  ont  tenu  la  pointe  ou  le  burin.  11  fait  mieux,  il  signale  les 
œuvres  marquantes;  il  juge  et  choisit  avec  l'indépendance  et  la  sûreté  d'un 
connaisseur  éraérite.  Il  jette  dans  son  récit  mainte  anecdote  et  réveille  ainsi 
l'attention.  Ce  catalogue  est  en  somme  un  livre  d'une  lecture  aussi  attrayante 
qu'instructive.  Faute  de  pouvoir  citer  tous  les  noms  qui  figurent  à  la  table  de 
la  cinquième  livraison,  nous  signalerons  seulement  les  plus  célèbres  :  Chifflart, 
Corot,  Courtry,  Daubigny,  Daumier,  Dau:çats,  Decamps,  Eugène  Delacroix, 
Paul  Delaroche,  Bouclier-Desnoyers,  Desboutin,  Détaille,  Achille  Devéria, 
Dia^,  Lien.  Quand  il  s'agit  d'un  maître  comme  Corot,  Daubigny,  Dela- 
croix, l'auteur  donne  l'énumération  complète  des  œuvres  originales,  sauf  à 
renvoyer,  s'il  y  a  lieu,  pour  le  détail  aux  catalogues  déjà  publiés.  Parfois  il 
s'adresse  à  un  collègue  particulièrement  compétent.  C'est  ainsi  que  M.  Alfred 
Robaut  a  dressé  la  liste  des  eaux-fortes  de  Corot.  —  La  sixième  livraison 
abonde  en  boutades  fort  judicieuses  sous  leur  aspect  humoristique.  Elle 
débute  par  l'appréciation  et  le  catalogue  de  l'œuvre  de  Gustave  Doré.  Nous 
y  trouvons  ensuite  les  noms  de  Draner,  Dubouchet,  Dubufe,  Duplessi-Ber- 
taux,  Jules  Dupré,  Durand-Brager,  Engelmann,  Etex,  Falguière,  Fantin- 
Latour,  Feuchère,  Feyen-Perrin,  L.  Flameng,  Hippolyte  et  Paul  Flandrin, 
comte  de  Forbin,  Forster,  Fortuny,  Foulquier,  Français,  Frœlich,  Ferdi- 
nand Gaillard,  Garnerey,  Gatteaux,  Gauclierel,  Gaujean,  Théophile  Gau- 
tier, etc.,  etc.  Cinq  gravures  à  l'eau-forte  sont  jointes  à  ce  fascicule.  —  J.  G. 


JEHAN   BREFFECT.  igS 

JEHAN  BREFFECT 

PEINTRE   TOURANGEAU. 
(1548.) 

L'église  de  Sepmes,  commune  du  canton  de  la  Haie,  arrondis- 
sement de  Loches,  est  du  xii®  siècle  et  d'un  bon  style.  Une  cha- 
pelle de  la  Renaissance,  ouverte  dans  le  côté  nord,  offre  des  pein- 
tures murales  à  demi  effacées,  avec  Tinscription  suivante  qui  nous 
donne  le  nom  d'un  peintre  dont  jusqu'ici  nous  ne  connaissons 
aucune  autre  œuvre.  Celle-ci,  qui  représente  des  saints,  est  trop 
détériorée  pour  permettre  d'apprécier  le  talent  de  l'artiste.  L'ins- 
cription est  en  deux  lignes  : 

En  l'an  mil  cinq  cent  quarante  et  huict,  maistre  Jhan  Breffect^  paintre, 
Loys  du  Boys,  seigneur  du  Puy,  a  faict  cette  chappelle  paindre. 

La  chapelle  avait  été  bâtie  quelques  années  auparavant  par  Jehan  ' 
du  Boys,  oncle  de  Louis. 

Ce  bourg  de  Sepmes  offre  un  château  du  milieu  du  xvi^  siècle 
qui  est  demeuré  inachevé  environ  d'un  tiers,  mais  où  se  voit  un 
bel  escalier  à  travées  parallèles,  avec  caissons  sculptés.  Au  pre- 
mier étage,  dans  la  grande  salle,  une  vaste  cheminée,  peinte  et 
dorée,  porte  l'inscription  :  concordia  fratrum.  Cette  décoration 
est  peut-être  l'œuvre  de  notre  peintre. 

Ch.  DE  Grandmaison, 
Archiviste  d'Indre-et-Loire. 


LES  GRAVEURS   DE  LYON 

(XVI**  ET  XVI1«  siècles). 

ACTES  D'ÉTAT  CIVIL. 

Les  actes  que  nous  donnons  ci-après  ont  été  tirés  des  registres 
des  baptêmes,  des  mariages  et  des  sépultures  faits  dans  les  églises 
de  Lyon,  et  ces  registres  sont  conservés  dans  les  archives  de  la 
ville  de  Lyon. 

Ces  actes  se  rapportent  à  des  graveurs,  tailleurs  d'histoires  ou 
graveurs  sur  bois  et  graveurs  en  taille-douce. 

ART   FR.    IV  l3 


194  '^^^   GRAVEURS   DE   LYON. 

Otton  Vendegrin, 
Peintre  et  tailleur  d'histoires  (..i 583-1 588). 

1.  Le  sabmedy  pénultiesme  jour  dudict  moys  (mars  i585),  j'ay 
baptizé  Jehan  Baptiste,  filz  de  Otte  Vendegrin,  tallieur  d'his- 
toire, et  de  Maurice  Genty,  sa  femme,  demeurant  à  la  place  de 
Confort;  et  est  son  parrain  le  sieur  Jehan  Baptiste  Buysson, 
marchant  librayre,  et  sa  marraine  Jehanne  Moret  et  Bénigne 
Gaultyer. 

(Saint-Nizier,  de  i583  à  i588<.) 

Léonard  Odet, 
Tailleur  d'histoires,  dominotier  et  libraire  (..i58i-i597), 

2.  Ledit  jour  (i3  septembre  1594),  j'ay  baptisé  Mérode,  fille  de 
Léonard  Audet,  dominotier,  et  de  Symonde  Porte,  sa  femme; 
son  parrain,  Mons'  M«  Loys  Audin,  procureur  es  cours  de  Lyon, 

"  et  ces  marraines  damoyzelles  Mérode  Collet  et  Perrenette  Morans- 
sier.  En  Ferrandière,  près  la  ma  Pretet. 

(Signé  :)  Delaroche. 
(Saint-Nizier,  de  1594  a  iSgô.) 

Mathieu  de  la  Forest, 
Tailleur  d'histoires  (..i  592-1 596). 

3.  Le  20  dudit  moys  (de  juin  1592),  j'ay  baptizé  Anthoine,  filz 
de  Mathieu  de  la  Forest:{^  tallieur  d'istoyres,  et  de  Françoyse  de 
Bargues,  sa  femme,  demeurant  en  rue  Tomassin,  devant  les 
troys  pigeons;  son  parrain,  Mahiet  de  Bargues,  m*  joueur  d'ins- 
trumens  à  Lyon;  sa  marraine,  Marye  Griffius,  fille  de  Anthoine 
Griffius,  marchant  libraire  audit  Lyon. 

(Signé  :)  Douy. 
(Saint-Nizier,  de  1591  à  1601.) 

Claude  Audran, 
Maître  graveur  en  taille-douce  (i592--f-i677). 

4.  Ledict  jour  (i3  juin  1627),  j'ay  baptisé  Marie,  fille  de  hon- 
neste  Claude  Audran^  maistre  graveur  en  taille  douce,  et  de 

I.  Chaque  acte  a  été  reproduit  in  extenso  et  textuellement.  Il  est  suivi  de 
la  mention  de  l'église  dans  laquelle  la  cérémonie  religieuse  a  eu  lieu  et  du 
registre  d'où  l'acte  a  été  tiré.  Il  était  sans  intérêt  de  transcrire  chaque  fois 
le  titre  de  ce  registre  ;  il  suffira  de  donner  comme  exemple  le  titre  du  présent 
registre  :  «  Registre  des  baptizés  faictz  en  l'esglize  coUégialle  de  Sainct-NIzier 
de  Lyon,  du  27  juin  i583  au  3i  décembre  i588.  » 


LES  GRAVEURS   DE   LYON.  igS 

Gabrielle  Paussier,  sa  femme.  Parrain,  sieur  Pierre  Drobet,  mar- 
chant libraire  à  Lyon;  marraine,  dame  Marie  Lambert. 

(Signé  :)  Aubert. 
(Saint-Nizier,  de  1626  à  i63o.) 

5.  Le  II  (juillet  1628),  J'ay  baptisé  Christofle,  filz  de  Claude 
Odran^  graveur,  et  de  Gabrielle  Pausier,  sa  femme.  Parrain, 
Christofle  Cartier,  maistre  bateur  d'or;  marreine,  Françoise 
Geofrey.  Mercière  viz  M'  Cardon. 

(Signé  :)  Turquet. 
(Saint-Nizier,  de  1626  à  i63o.) 

6.  Le  i6«  (avril  i63o),  j'ay  baptisé  Grégoire,  filz  de  Claude 
Odran^  graveur  en  taille  douce,  et  de  Hélie  Frételat,  sa  femme. 
Parrain,  Grégoire  f7re?,aussy  graveur  en  taille  douce;  marraine, 
Françoise  Veron. 

(Signé  :)  Arbon. 
(Saint-Nizier.) 

7.  Ledict  jour  (4  février  i635),  j'ay  baptizé  Anne,  fille  de 
Claude  Odran,  graveur  en  taille  douce,  et  de  Hélie  Fretlat,  sa 
femme.  Le  parrain,  Charles  Odran,  de  mesme  estât,  et  sa  mar- 
raine, Anne  Poysat. 

(Signé  :)  Crozai. 
(Saint-Nizier,  de  i633  à  1639.) 

8.  Le  i6«  (juillet  lôSy),  j'ay  baptisé  Nicolas,  filz  de  Claude 
Odran,  maistre  graveur  en  taille  douce,  et  de  Hélie  Béthenon, 
sa  femme.  Parrain,  Nicolas  Gay,  maistre  libraire;  marraine, 
Léonore  Jumeaux. 

(Signé  :)  Aubert. 
(Saint-Nizier,  de  i633  à  1639.) 

9.  Le  27  (mars  lôSg),  j'ay  baptisé  Claude,  fils  à  Claude 
Audran,  m«  graveur,  et  à  Hélie  Fratelat,  sa  femme;  parrain, 
sieur  Claude  Savarjy;  marraine,  dame  Marie  Favre. 

(Signé  :)  J.  Benoist. 

(Saint-Nizier,  de  i633  à  1639.) 

10.  Le  dict  jour  (3o  novembre  1642),  j'ay  baptizé  Lucresse, 
fille  de  Claude  Odran,  m"  graveur,  et  de  Hélie  Frétela,  sa 
famé.  Parrain,  s""  François  Aubert,  m®  enlumineur;  marraine, 
dame  Lucresse  Renaud. 

(Signé  :)  Benoist. 
(Saint-Nizier,  de  1640  â  1643.) 


ig6  LES   GRAVEURS   DE   LYON. 

11.  Ledict  jour  (2  juillet  1644),  j'ay  baptisé  Anthoinette,  fille 
de  Claude  Audran,  graveur  en  taille  douce,  et  de  Élie  Fretlat,  sa 
femme.  Parrain,  s"^  Guillaume  Perrier,  peintre;  marraine, 
Anthoinette  Couzon. 

(Signé  :)  Peccoult. 
(Saint-Nizier,  de  1644  à  1647.) 

12.  Le  ri  (avril  1646),  j'ay  baptisé  Catherine,  fille  de  Claude 
Audran^  graveur,  et  de  Élie  Fétela,  sa  femme.  Le  parrain,  Jean 
Vaynier^  sculpteur  ;  marraine,  Catherine  Deponsony. 

(Signé  :)  Deuenache. 
(Saint-Nizier,  de  1644  à  1647.) 

i3.  Le  6  mars  1648,  j'ay  baptisé  Anne,  fille  de  Claude  Audr an ^ 
maistre  graveur,  et  de  Élie  Frételas,  sa  femme.  Le  parrain,  sieur 
Jacques  Bianchet,  marchand;  la  marraine,  dame  Anne  Huguetan. 

(Signé  :)  Deuenache. 

(Saint-Nizier,  de  1647  à  i65o.) 

Jacques  de  Fornazeris, 
Graveur  en  taille-douce  (..1600- 1622). 

14.  Le  vingt  quattriesme  (juillet  1607),  j'ay  baptisé  Marie, 
fille  donnée  à  Jaques  Fournasayre^  graveur,  par  Denise  Ysabeau. 
Parrain,  honneste  Aymé  Durize  dit  La  Roche,  soldat  en  la  com- 
pagnie du  sieur  de  la  Poyvrière,  et  sa  marreyne  Jane  Chasteney. 

(Signé  :)  A.  Cuet. 

(Saint-Nizier,  de  1606  à  1608.) 

Pierre  Favre, 
Maître  graveur  d'histoires  en  taille-douce  (..1622-1626). 

i5.  Le  dimanche  11  janvier  1626  a  esté  baptizé  Durand,  filz 
de  Pierre  Faure,  graveur  d'istoires  en  taille  douce,  et  de  dame 
Anne  Volpo,  sa  feme.  Son  parrain,  sieur  Durand  Le  Roux,  visi- 
teur à  la  douane  du  Roy,  et  sa  marraine,  dame  Claire  Volpo. 
Demeure  vis  le  Cygne. 

(Signé  :)  P.  Guilhon. 

(Saint-Paul,  de  1625  à  i63i.) 

David  Fanveldan, 
Graveur  en  taille-douce  (..i 623-1 626). 

16.  Ledit  jour  (16  février  1625),  j'ay  baptisé  Barthélémy,  filz 
de  David  Fanveldan,  graveur  en  taille  douce,  et  de  Philippe 


LES    GRAVEURS   DE    LYON.  I  97 

Lariose,  sa  femme.  Parrein,  sieur  Barthélémy  Dauttier,  mar- 
chant ymagier,  et  marreine,  Gabrielle  Chervet.  Place  Confort. 

(Signé  :)  Turquet. 
(Saint-Nizier,  de  1623  à  1626.) 

Claude  Savary, 
Maître  imagier  (. .1626-1640). 

17.  Ledit  jour  (22  juin  1629),  j'ay  baptisé  Pierre,  (fils)  de 
Claude  Savary^  maistre  et  marchant  ymagier,  et  de  dame 
Benoiste  Gaultier,  sa  femme.  Son  parrain,  sieur  Pierre  Broisin, 
marchant,  et  la  marraine,  dame  Benoiste  Guychard. 

(Signé  :)  Aubert. 
(Saint-Nizier,  de  1626  à  i63o.) 

Germain  Audran, 
Graveur  en  taille-douce  (i63i— J-1710). 

18.  Ledit  jour  (7  décembre  i63i),  j'ay  baptizé  Germain^  fils  de 
Claude  Audran^  maistre  graveur  à  Lion,  et  de  Hélie  Fratelard, 
sa  femme;  son  parrain,  sieur  Germain  Panthot,  maistre  peintre 
audit  Lion  ;  sa  marraine,  dame  Jaquème  Collet. 

(Signé  :)  Sébastien. 
(Saint-Nizier,  de  i63o  à  i632.) 

19.  Ledit  jour  (25  août  i658),  j'ay  baptisé  Claude,  fils  de  Ger- 
main Audran,  m*'  graveur,  et  de  Jeanne  Ciseron,  sa  femme;  par- 
rain, Claude  Audran,  m^  graveur;  marreine,  dame  Andrée 
François. 

(Signé  :)  Claude  Audran,  Andrée  François,  Prosi. 
(Saint-Nizier,  de  1657  à  1661.) 

20.  Le  3o®  (septembre  1659),  j'ay  baptisé  Gabriel,  fils  de 
Germain  Odran,  graveur,  et  de  Jeanne  Cizeron,  sa  femme;  le 
parrain,  s''  Gabriel  de  Tourbe,  peintre;  la  marraine,  dame  Antoi- 
nette Miline. 

(Signé  :)  Gabriel  Destourbet,  Clémenson.  vicaire. 
(Saint-Nizier,  de  1657  à  1661.) 

21.  Ledit  jour  (14  octobre  1660),  j'ay  baptizé  Hélie,  fille  de 
Germain  Odran,  graveur,  et  de  Jeanne  Sizeron,  sa  femme.  Le 
parrain,  s'  Joachim  Liquerie,  peintre-,  la  marraine,  dame  Hélie 
Frételat,  veuve  de  Thomas  Haut. 

(Signé  :)  Joachin  Liquerie,  Clementon. 
(Saint-Nizier,  de  lôSy  à  1661.) 


igS  LES    GRAVEURS  DE   LYON. 

22.  Ledit  jour  (19  décembre  1662),  j'ay  baptisé  Olivier,  fils  de 
Germain  Audran,  m^  graveur,  et  de  Jeanne  Cizeron,  sa  femme; 
le  parrain,  s'' Olivier  Monnyer,  fondeur;  la  marraine,  Hélye  Fré- 
telat,  grande  mère. 

(Signé  :)  Prost. 
(Saint-Nizier,  de  1661  à  1664.) 

23.  Ledit  jour  (7  may  1664),  j'ay  baptisé  Pierre,  nay  le  5  du 
courant,  fils  de  Germain  Audran^  graveur  en  taille  douce,  et  de 
Jeane  Sizeron,  sa  femme;  le  parrin,  s'  Pierre  Comba,  m^  mas- 
son  ;  la  marrine,  Antoinette  Audran. 

(Signé  :)  P.  Comba,  A.  Audran,  Froumand. 
(Saint-Nizier,  de  1661  à  1664.) 

24.  Ledit  iour  (3o  décembre  1668),  j'ay  baptizé  Pierre,  né  le 
iour  d'hier,  fils  de  Germain  Audran,  graveur,  et  de  Jeanne  Cize- 
ron, sa  femme.  Parrein,  Pierre  Comba,  maistre  masson;  mar- 
reine,  Anthoinette  Audran,  fille.  Rue  Mercière. 

(Signé  :)  G.  Audran,  P.  Comba,  Anthoinnette  Audran,  Jobart, 
vicaire. 
(Saint-Nizier,  de  1667  à  1670.) 

25.  Ledit  (4  mai  17 10),  j'ay  enterré  en  grande  procession  sieur 
Germain  Audrand,  m"  graveur,  âgé  de  quatre-vingt-trois  ans  ; 
présens,  Noël  Chevrier,  m«  embaleur,  et  Philippe  Ogier,  affaneur. 

(Signé  :)  Jaubert,  vicaire. 
M'  Reg.  60  1. 
(Saint-Nizier,  1710  et  171 1.) 

Claudine  Bouzonnet-Stella, 
Graveur  et  peintre  (i636— 1-1697). 

26.  Claudine.,  fille  de  M*  Estienne  Bou:{onnet,  m^  orphèvre,  et 
de  dame  Magdeleyne  Stella,  a  esté  baptisée  le  7  juillet  i636;  son 
parrain,  sieur  François  Roy,  marchand^  sa  marraine,  dame  Clau- 
dine de  Massot  ;  par  moy  vicaire  soubsigné. 

(Signé  :)  Megemond,  vicaire. 
(Sainte-Croix,  de  i63i  à  lôSg.) 

Antoine  Bouzonnet-Stella, 
Graveur  à  l'eau-forte  et  peintre  (i637-fi682). 

27.  Antoine,  fils  de  M""  Estienne  Boy  sonnet,  orphèvre,  et  de 
dame  Magdeleyne  Stella,  ses  père  et  mère,  a  esté  baptisée  le 


LES    GRAVEURS   DE    LYON.  I99 

25  novembre  lôSy;  son  parrain,  M*  Antqyne  de  Masso, 
me  orphèvre  ;  sa  marreyne,  dame  Estiennette  Roy,  femme  de  feu 
M"^  Jacques  Payelle,  et  ce  par  moy  vicaire  soubsigné. 

(Signé  :)  Demasso,  Megemond,  vicaire. 
(Sainte-Croix,  de  i63i  à  lôSg.) 

Françoise  Bouzonnet-Stella, 
Graveur  et  peintre  (i638--|-i692). 

28.  Françoise,  fille  de  sieur  Estienne  Bou^onnet,  m^  orfebvre 
à  Lyon,  et  de  Magdelaine  Stella,  sa  femme,  a  esté  baptizée  dans 
l'esglize  parrochialle  Sainte-Croix,  le  12  décembre  i638;  a  esté 
son  parrain  s'  Claude  du  Clair,  m*  horlogier  audit  Lyon,  et  mar- 
raine Françoise  Stella  ;  par  moy  soubsigné  commiçaire  en  ladite 
esglize. 

(Signé  :)  Estienne  Bouzonnet,  C.  Duclair,  Paie,  vicaire. 
(Sainte-Croix,  de  i63i  à  1639.) 

Girard  Audran, 
Graveur  en  taille-douce  (i64o--î-i69i). 

29.  Ledit  jour  (2  aoust  1640),  j'ay  baptizé  Girard,  filz  de 
Claude  Odran,  m«  graveur,  et  de  Hélie  Frételat,  sa  femme.  Par- 
rain, sieur  Girard  Cibret^  mestre  sculpteur,  et  la  marreinedame 
Françoise  Cloquemain. 

(Signé  :)  Aubert. 
(Saint-Nizier,  de  1640  à  1643.) 

François  Retondeur, 
Maître  graveur  sur  bois  (..i 631-1645). 

30.  Le  24  (apvril  1641),  j'ay  baptizé  Amable,  fille  de  François 
Retondeur ^  m®  graveur  en  bois,  et  de  Magdelaine  Paule,  sa  famé. 
Parrain,  Jean  Prudan,  m*  cartier,  marraine,  Amable  Charin. 

(Signé  :)  Benoist, 
(Saint-Nizier,  de  1640  à  1643.) 

3i.  Ledict  Jour  (27  avril  1644),  j'ay  baptisé  Marie,  fille  de 
François  Retondeur,  graveur  en  bois,  et  de  Magdelaine  Paule, 
sa  femme.  Parrain,  sieur  Biaise  Roffavier,  marchand  espinglier; 
marraine,  damoiselle...  Sobliaz. 

(Signé  :)  Rofavier,  Peccoult. 

(Saint-Nizier,  de  1644  à  1647.) 


200  LES   GRAVEURS   DE   LYON. 

Antoinette  Bouzonnet-Stella, 
Graveur  et  peintre  (1641-I-1676). 

32.  Anthoinette,  fille  d'hon*  Estienne  Boussonnet,  orfaivre  de 
Lyon,  et  d'honte  Magdelaine  Stella,  sa  femme,  a  esté  baptisée  le 
24^  aoust  1641,  dans  l'esglise  Sainte-Croix  dudict  Lyon;  a  esté 
son  parrin  noble  Jehan  Clément  de  Belle-Croix,  chanoine  et 
mestre  du  ceurde  Tesglise  Saint-Just  de  Lyon,  et  marraine,  dame 
Anthoinette,  d'aujourd^huy  femme  d'hon**  Barthélémy  Robert, 
garde  de  présent  aux  portes  ;  ce  par  moy  vicaire  soubsigné. 

(Signé  :)  Clément  de  Belle-Croix,  Estienne  Bouzonnet,  Paie, 

vicaire. 
(Sainte-Croix,  de  1640  à  1647.) 

Nicolas  AuROux, 
Graveur  en  taille-douce  (..i 648-1 672). 

33.  Ledit  jour  (18  août  1667),  j'ay  baptisé  Jean,  né  cejourd'huy, 
fils  de  sieur  Nicolas  Auroux^  graveur,  et  dame'  Antoinette 
Gonnon,  sa  femme.  Le  parein,  sieur  Jean  Molin;  la  marreine, 
dame  René  Billiard. 

(Signé  :)  René  Billard,  Giry,  Molin. 
(Saint-Nizier,  de  i665  à  1667.) 

34.  Ledit  jour  (5  février  1670),  j'ay  baptisé  Taurin,  né  depuis 
hier,  fils  de  sieur  Nicolas  Auroux^  graveur  en  taille  douce,  et  de 
Antoinette  Gonnon,  sa  femme.  Le  parein,  sieur  Thaurin  Jobert, 
marchant;  la  marreine,  damoiselle  Catherine  Gallien,  femme  de 
Barthélémy  Clerc. 

(Signé  :)  Nicolas  Auroux,  Jobert,  Catherine  Gallien,  Bozon. 
(Saint-Nizier,  de  1667  à  1670.) 

Claude  Audran, 
Graveur  en  taille-douce  (1657-1-1734). 

35.  Ledit  jour  (27  may  1657),  j'ay  baptisé  Claude,  fils  de 
Germain  Audran,  graveur,  et  de  Jeanne  Siseron,  sa  femme.  Le 
parrin,  Claude  Audran,  graveur;  la  marrine,  Magdelaine  Vau- 
gin.  Rue  Mercière. 

(Signé  :)  Claude  Audran,  Magdeleine  Uosgin,  Froumand. 
(Saint-Nizier,  de  1657  à  1661.) 


LES   GRAVEURS   DE    LYON.  201 

Benoît  AuDRAN, 
Graveur  en  taille  douce  (lôôr-fiyai). 

36.  Ledit  jour  (23  novembre  1661),  j'ay  baptisé  Benoist,  fils 
de  Germain  Odran,  graveur,  et  de  Jeanne  Ciseron,  sa  femme; 
le  parrain,  s'  Benoist  Coral,  marchand  libraire;  la  marraine,  dame 
Benoiste  Desprele. 

(Signé  :)  B.  Coral,  Clémenson. 
(Saint-Nizier,  de  1661  à  1664.) 

Marin  Fiselet, 
Graveur  en  taille-douce  (166 2- 166  6). 

37.  Ledit  Jour  (8  novembre  i665),  i'ay  baptisé  Jeane,  née 
aujourd'hui,  fille  de  Marin  Fiselet^  maistre  graveur  en  taille 
douce,  et  d'Antoinette  Arche,  sa  femme.  Le  parrin,  sieur  Jacques 
Arche,  peletier;  la  marrine,  dame  Jeane  Marcieu. 

(Signé  :)  Froumand,  Archier,  Jeanne  Mercieu. 
(Saint-Nizier,  de  i665  à  1667.) 

François  Cars, 
Graveur  en  taille-douce  (..1665-1682.) 

38.  Ledit  jour  (9  novembre  i665),  j'ay  baptisé  Jean,  né  le  8  du 
présent,  fils  de  sieur  François  Cars,  maistre  graveur  en  taille 
douce,  et  de  dame  Virgine  Chesne,  sa  femme.  Le  parrin,  sieur 
Jean  Grégoire,  et  la  marreine,  damoiselle  Françoise  Méton. 

(Signé  :)  Françoise  Metton,  Grégoire,  Gris. 
(Saint-Nizier,  de  i665  à  1667.) 

39.  Ledit  jour  (3i  mai  1667),  j'ay  ondoyé  le  fils  du  sieur  Fran- 
co^ Cars,  maistre  graveur  en  taille  douce,  et  de  dame  Anne 
Auroy,  sa  femme,  avec  permission  de  M' l'abbé  de  Saint-Just, 
ledit  enfant  est  né  aujourd'huy. 

(Signé  :)  Froumand. 
(Saint-Nizier,  de  i665  à  1667.) 

40.  Ledit  jour  (3  décembre  1682),  j'ay  baptisé  François,  né 
hier,  fils  de  sieur  François  Cars,  graveur  en  tallie  douce,  et  de 
demoiselle  Anne  Auroy,  sa  femme.  Parrain ,  sieur  François 
Dublé,  maistre  d'escole  ;  marraine,  demoiselle  Jeanne  Françoise 
Joannon,  fille  de  sieur  Jean  Joanon.  Mercière. 

(Signé  :)  François  Cars,  F.  Dubled,  Foulliet,  vicaire. 
(Saint-Nizier,  de  1682  à  1684.) 


202  LES   GRAVEURS  DE  LYON. 

Jean  Audran, 
Graveur  en  taille-douce  (1667-^1756). 

41.  Ledit  Jour  (28  avril  1667),  j'ay  baptisé  Jean,  né  le  27  du 
courant,  fils  de  Germain  Audran^  graveur  en  taille  douce,  et  de 
Jeane  Sizeron,  sa  femme  ;  le  parrin,  s""  Jean  Carteron,  va."  impri- 
meur ;  la  mareine,  Antoinette  Audran.  Rue  Mercière. 

(Signé  :)  J.  Carteron,  Antoinette  Audran,  Froumand. 
(Saint-Nizier,  de  166 5  à  1667.) 

Louis  Audran, 
Graveur  en  taille-douce  (i670-J-r7i2). 

42.  Ledit  jour  (8  mai  1670),  j'ay  baptizé  Louys,  né  hier,  fils 
de  Germain  Audran,  graveur,  et  Jeanne  Cizeron,  sa  femme.  Par- 
rein,  Claude  Audran,  aussy  graveur;  marreine,  Jeanne  Mon- 
tucla,  femme  d'Anthoine  Ofîray,  libraire. 

(Signé  :)  G.  Audran,  Claude  Audran,  J.  Montucla,  Jobart, 
vicaire. 
(Saint-Nizier,  de  1670  à  1672.) 

Antoine  Audran, 
Graveur  en  taille-douce  (1673-1723). 

43.  Ledit  jour  (26  novembre  1673),  j'ay  hapûzé  Anthoine,  né 
hier,  fils  de  Germain  Audran,  graveur,  et  de  Jeanne  Cizeron,  sa 
femme;  le  parein,  Anthoine  Deschamps,  tailleur  d'habits,  et  la 
mareine,  Simonde  Magat,  femme  de  Nicolas  Caille. 

(Signé  :)  A.  Deschamps,  Simonde  Magat,  Boion,  vie". 
(Saint-Nizier,  de  1672  à  1674.) 

Pierre-Mathieu  Ogier, 
Graveur  en  taille-douce  (..i 676-1 689). 

44.  Ledit  jour  (3  octobre  i683),  j'ay  baptisé  Jeanne  Marie,  née 
le  premier  iour  dudit,  fille  de  Pierre  Mathieu  Oger,  graveur  en 
taille  douce,  et  de  Anne  Balet,  sa  femme.  Parrain,  Jean  Boyron, 
maistre  ouvrier  en  soye;  marraine,  Jeanne  Garbol,  femme  de 
Sébastien  Ballet. 

(Signé  :)  Mathieu  Ogier,  Janne  Garbet,  PouUiet,  vicaire. 
(Saint-Nizier,  de  1682  à  1684.) 

Claude  Dessvargues, 
Graveur  sur  bois  (..1683-1684). 

45.  Ledit  jour  (3o  septembre  i683),  j'ay  baptisé  Anne,  née 


JACQUES    PROU.  203 

hier,  fille  de  Claude  Desvargue,  graveur,  et  de  Marie  Materon, 
sa  femme.  Parrain,  sieur  Louys  Materon,  marchant;  marraine, 
Anne  Collaud,  femme  du  sieur  Jean-Baptiste  Sparron,  marchant. 

(Signé  :)  L.  Materon,  Anne  Colaud,  Claude  Desuargues,  Ber- 
trand, vicaire. 

(Saint-Nizier,  de  1682  à  1684.) 

Jean  Dessvargues, 
Graveur  sur  bois  (..i 683-1689). 

46.  Ledit  Jour  (14  février  i683),  j'ay  baptisé  Jacqueline,  née 
aujourd'hui,  fille  de  Jean  Desvargue^  graveur  en  bois,  et  de 
Andrée  Ofifray,  sa  femme.  Parrain,  sieur  Claude  Barry,  marchant; 
marraine,  Jacqueline  Barry,  femme  de  François  Olagnier,  mar- 
chant. Mercière. 

(Signé  :)  J.  Delsuargues,  C.  Barry,  Jacqueline  Barry. 
(Saint-Nizier,  de  1682  à  1684.) 

Jean  Chavanne, 
Graveur  en  taille-douce  (..1682-1684). 

47.  Le  vingt  huitiesme  Jour  du  mois  de  décembre  1684,  J'ay 
baptisé  Philippe,  né  hier,  fils  de  Jean  Chavanne^  graveur  et 
marchand  des  tallies  douces,  et  de  d"®  Louise  Tailleur,  sa 
femme.  Parrain,  messire  Philippe  Doré,  prêtre  habitué  de  Saint- 
Nizier;  marraine,  d"*  Catherine  Tallieur,  fille  de  Nicolas  Tai- 
lleur, marchand.  Tupin. 

(Signé  :)  Durriet,  Chavane,  Doré,  Tallieur. 
(Saint-Nizier,  de  1682  à  1684.) 

Natalis  Rondot. 


JACQUES  PROU 

SCULPTEUR    DES    BATIMENTS    DU    ROI. 
(1688.) 

Communication  de  M.  Det. 
M.  Det,  bibliothécaire  adjoint  de  la  ville  de  Troyes*,  nous  envoie  la  quit- 

I.  M.  Det  vient  de  faire  paraître,  dans  l'Annuaire  de  l'Aube  de  1887,  une 
note  de  huit  pages  sur  le  clown  Mignard.  Dans  cette  note,  l'auteur  établit 
que,  contrairement  à  l'hypothèse  que  nous  avions  accueillie  dans  cette  Revue, 


204  NICOLAS    BAILLY. 

tance  suivante  trouvée  dans  une  liasse  de  papiers  manuscrits.  Bien  que  le 
Dictionnaire  des  artistes  de  l'École  française  déclare  que  les  renseignements 
font  défaut  sur  les  travaux  de  Jacques  Prou,  les  registres  des  Comptes  des 
Bâtiments  abondent  en  mentions  d'ouvrages  exécutés  par  cet  artiste  pour 
Versailles  ou  les  châteaux  de  Trianon  et  de  Marly.  A  partir  de  1679,  '^  ^^^ 
constamment  occupé  à  la  sculpture  des  Bâtiments.  Il  travaille  surtout  aux 
travaux  d'ornements,  chapiteaux,  cassolettes,  etc.  En  somme,  c'est  un  artiste 
d'ordre  secondaire.  Cette  quittance  est  donnée  sur  un  imprimé  dont  les  par- 
ties imprimées  ici  en  italiques  ont  été  ajoutées  à  la  main. 

J.  G. 

En  la  présence  des  Notaires  du  Roy  au  Chasteletde  Paris,  sous- 
signez,  Jacques  Prou,  Sculpteur  ordinaire  des  Bastimens  du 
Roy,  confesse  avoir  receu  de  Messire  Charles  le  Bègue,  seigneur 
de  Majainville,  Conseiller  Secrétaire  du  Roy,  Maison,  Couronne 
de  France  et  de  ses  Finances,  et  Trésorier  général  des  Bâtimens 
et  Jardins  de  Sa  Majesté,  Arts  et  Manufactures  du  Royaume,  la 
somme  de  trois  cens  livres  à  hiy  ordonné  à  compte  de  huit  cas- 
solettes de  sculpture  qu'il  fait  au  dessus  du  chasteau  de  Marly. 
Dont,  etc.  Quittant,  etc.  Fait  et  passé  à  Paris  ez  estudes,  le  hui- 
tième jour  de  novembre  mil  six  cens  quatre-vingt-huit,  etc.  Signé  : 
J.  Prou.  —  Thibert.  —  Caillet. 


NICOLAS  BAILLY 

PEINTRE   DU   ROI    ET   GARDE   DES   TABLEAUX    DE    SA   MAJESTÉ. 
(1699.) 

Les  Mémoires  du  marquis  de  Sourches,  de  même  que  la  plu- 
part de  ceux  de  ses  contemporains,  ne  contiennent  que  bien  rare- 
ment des  renseignements  qui  puissent  servir  à  Phistoirede  l'art 
français  et  étranger.  On  y  relève  cependant  une  date  que  je  ne  me 
rappelle  pas  avoir  trouvée  ailleurs,  celle  de  la  nomination  par 
Louis  XIV  de  Nicolas  Bailly  comme  conservateur  des  peintures 
de  la  couronne. 

On  lit  en  effet  (t.  VI,  p.  m)  :  «  16  janvier  1699 le  Roi 


il  y  a  quelques  mois,  le  Mignard  qui  se  fit  une  réputation  par  son  agilité 
n'était  ni  le  neveu  du  peintre,  ni  celui  de  la  comtesse  de  Feuquières,  mais 
appartenait  à  une  branche  collatérale  assez  éloignée,  quoique  tirant  son  ori- 
gine de  la  même  souche. 


*  LEFÈVRE.  20 5 

accorda ce  jour-là  la  charge  de  garde  de  ses  tableaux  à  un 

peintre  nommé  Bailly,  avec  cinq  cents  écus  de  gages.  » 

Il  s'agit  ici  de  Nicolas,  fils  de  Jacques  Bailly  qui  fut  reçu  de 
l'Académie  le  3o  juin  i663,  «  ayant  faict  voir  des  tableaux  de 
fleurs  en  migniature  »  {Procès-verbaux) ,  et  qui  était  logé  depuis 
le  26  août  1667  (Jal)  aux  galeries  du  Louvre  où  il  mourut  le 
2  septembre  1679  (Herluison  et  Billets  d'' enterrement  des  Aca- 
démiciens). Les  Scellés  d' artistes  iQsignalQm  [t.  I,  p.  140)  comme 
ayant  travaillé  avec  Bonnemer  à  peindre  sur  de  la  moire  de  soie, 
sur  du  gros  de  Tours  ou  de  Naples  diverses  tentures  inventoriées 
après  le  décès  de  Ch.  Le  Brun. 

Quant  à  Nicolas  Bailljy^  qui  fut  peintre  du  Roi  et  dont  nous 
signalons  ici  la  date  d'entrée  en  sa  charge  de  Garde  des  tableaux 
du  Roi,  Jal  donne  sur  lui,  p.  96,  des  renseignements  accessibles  à 
tous.  On  sait  d'ailleurs  que  son  fils  Jacques  lui  succéda. 

V.-J.  Vaillant. 


LEFÈVRE 

TAPISSIER   DE    HAUTE    LISSE   AUX    GOBELINS. 
(1738.) 

Jean  Le/èvre,  entrepreneur  des  ouvrages  de  la  manufacture  des 
Gobelins,  directeur  d'un  des  deux  ateliers  de  haute  lisse,  avait  suc- 
cédé à  son  père  dans  ces  fonctions  vers  1700.  Il  était  petit-fils  du 
tapissier  parisien  fixé  à  Florence  et  appelé  à  Paris  lors  de  la  recons- 
titution de  la  manufacture  royale.  Il  eut  pour  successeur,  en  1736, 
Monmerqué.  D'un  mémoire  judiciaire  imprimé  pour  M^  Thomas 
Michelin  le  jeune,  ci-devant  notaire  au  Châtelet,  contre  la  demoiselle 
veuve  du  sieur  Lefèvre,  entrepreneur  des  ouvrages  de  la  manufacture 
des  Gobelins,  portant  à  la  fin  la  date  de  1743  (36  pages  in-folio),  il 
résulte  qu'au  courant  de  l'année  1738,  Lefèvre,  entrepreneur  des 
Gobelins,  avait  prêté  une  somme  de  3o,ooo  francs  lui  appartenant,  à 
un  sieur  Bidault,  conseiller  en  l'élection  de  Paris,  par  l'entremise  de 
Michelin,  notaire.  Nous  n'avons  pas  à  entrer  ici  dans  le  détail  des  dif- 
ficultés qui  ne  tardèrent  pas  à  surgir  et  des  plaintes  intentées  par  la 
dame  Lefèvre  contre  Michelin;  nous  nous  contenterons  de  constater 
que  le  mémoire  fixe  la  date  du  décès  de  Lefèvre  au  mois  de  septembre 
1739,  renseignement  confirmé  par  le  procès-verbal  de  scellé  publié 
dans  les  Nouvelles  Archives  de  l'Art  français  (2"  série,  t.  IV,  i883, 
p.  366).  En  effet,  Jean  Le/èvre  mourut  le  14  septembre  1739,  laissant 


206  LAURENT  CARS.  ♦ 

une  fortune  assez  considérable,  ainsi  que  le  constatent  le  procès- 
verbal  du  commissaire  et  l'inventaire  du  notaire  Thomas  Michelin. 
Ces  divers  actes  démontrent  que  tous  les  tapissiers  des  Gobelins 
n'étaient  pas  réduits  à  la  misère. 

J.-J.  G. 


LE  GRAVEUR  LAURENT  CARS 

ET   l'expulsion    DES   JÉSUITES. 
(1762.) 

Fils  de  Jean-François  Cars,  «  graveur  de  thèses,  »  Laurent  Cars 
acquit  une  réelle  notoriété  comme  artiste,  et  son  œuvre  gravée  est 
importante.  A  l'instar  de  son  père,  il  fit  du  métier  en  même  temps 
que  de  l'art,  et  c'est  sans  doute  le  métier  qui  l'aidait  surtout  à  vivre. 
Il  gravait  des  thèses  pour  les  collèges  des  jésuites  de  Périgueux,  de 
Reims,  d'Angoulême  et  de  Limoges,  comme  nous  l'apprend  la  pièce 
suivante,  tirée  des  minutes  du  Conseil  secret  du  Parlement,  à  la  date 
du  7  septembre  1762.  Lorsque  les  jésuites  furent  chassés  de  France, 
les  travaux  de  gravure  faits  pour  leurs  quatre  collèges  en  1760  et  en 
1761  par  Laurent  Cars  restaient  impayés  (ils  montaient  à  1,401  livres), 
et  l'artiste  réclama  ce  qui  lui  était  dû.  Mais,  par  des  considérations 
un  peu  spécieuses,  il  fut  convenu  que  les  preuves  de  sa  réclamation 
n'étaient  point  suffisamment  fondées,  et  le  Parlement  le  débouta  de 
sa  demande  en  revendication.  L'arrêt  est  à  lire  en  entier. 

Henri  Stein. 

Vu  par  la  Cour  la  requête  à  elle  présentée  par  le  Procureur  géné- 
ral du  Roy,  poursuite  et  diligence  d^Edme-Louis  Bronod,  éco- 
nome séquestre  des  biens  des  cy-devant  soi  disant  Jésuites,  con- 
tenant que  Laurent  Cars,  graveur  du  Roy,  membre  et  conseiller 
de  l'Académie  royale  de  peinture  et  sculpture,  a  fait  signiffier  une 
requête  le  trente  aoust  dernier,  par  laquelle,  après  avoir  exposé 
que  depuis  plusieurs  années  il  étoit  dans  l'usage  de  livrer  des 
thèses  pour  différents  collèges  des  cy-devant  soy  disans  Jésuites, 
dont  le  prix  se  payoit  par  leurs  écoliers  ou  leurs  parents  auxdits 
soi  disans  Jésuites,  qui  se  chargeoient  de  le  luy  faire  parvenir  à  la 
fin  de  chaque  année  classique,  mais  que  la  révolution  arrivée 
ayant  changé  les  choses,  il  luy  étoit  dû  par  diiférens  collèges,  pour- 
quoi il  a  conclu  à  ce  que,  vu  l'extrait  des  registres  en  datte  du 
28  aoust  1762  de  luy  certifié  véritable,  ensemble  les  déclarations 


LAURENT   CARS.  207 

contenues  aux  procès  verbaux  qui  ont  été  dressés  par  les  officiers 
royaux  des  villes  de  Périgueux,  Rheims,  Angoulême  et  Limoges 
en  exécution  de  l'arrêt  de  la  Cour  du  23  avril  dernier,  il  lui 
fut  donné  acte  de  la  déclaration  qu'il  faisoit  des  deniers  prove- 
nus des  thèses  qu'il  avoit  fournies  auxdits  cy-devant  soi  disans 
Jésuites  aux  collèges  de  Périgueux,  Rheims,  Angoulême  et  Limoges 
es  années  1760  et  1761,  payées  par  les  écoliers,  et  dont  le  prix  est 
resté  es  mains  des  cy-devant  soi  disant  Jésuites  desdits  collèges, 
en  conséquence  qu'il  fut  ordonné  que  sur  les  sommes  apparte- 
nantes auxdits  cy-devant  soi  disant  Jésuites  étant  es  mains  du 
supliant,  il  seroit  payé  dans  la  huitaine,  à  compter  du  jour  de  la 
signiffication  à  domicilie  de  l'arrêt  à  intervenir  et  par  préférence 
à  tous  créanciers  de  la  somme  de  mille  quatre  cent  une  livres,  à 
quoi  se  montent  les  différentes  livraisons  de  thèses  par  lui  faites 
dans  le  courant  des  années  1760  et  1761  aux  collèges  desdits  cy 
devant  soi  disans  Jésuites,  savoir  deux  cent  dix  sept  livres  en  l'ac- 
quit et  décharge  du  collège  de  Périgueux,  huit  cens  vingt  huit 
livres  en  l'acquit  du  collège  de  Rheims,  cent  cinquante  livres  en 
l'acquit  de  celuy  d' Angoulême,  et  deux  cent  six  livres  en  l'acquit 
du  collège  de  Limoges,  ensemble  les  intérêts  desdites  sommes  à 
compter  du  jour  de  la  demande,  aux  offres  par  lui  faittes  d'affirmer 
que  lesdites  sommes  lui  sont  bien  et  légitimement  dues  et  d'en 
donner  bonne  et  valable  décharge.  Cette  demande  n'est  point  régu- 
lière :  d'abord  le  sieur  Cars  ne  donne  point  copie  par  extrait  de 
son  prétendu  registre,  et  rien  ne  justifie  par  conséquent  que  la 
somme  qu'il  demande  luy  soit  réellement  due,  mais,  quand  cela 
seroit,  quelle  raison  a-t-il  pour  avoir  un  privilège?  Où  est  la  preuve 
que  les  écoliers  ayent  remis  aux  cy-devant  soi  disant  Jésuites  le 
montant  des  thèzes  dont  il  demande  aujourd'huy  le  payement  ?  Où 
cet  argent  se  trouve-t-il  en  dépost  ?  Car,  pour  pouvoir  le  revendi- 
quer, il  faudroit  que  sous  les  scellés  on  eût  trouvé  cacheptées  et 
enveloppé  une  indication  qui  prouvât  qu'il  luy  appartient.  Or  cette 
indication  est-elle  trouvée  ?  Les  cy-devant  Jésuites  chargés  de  la 
remise  de  cette  somme  Font-ils  donnée  pour  la  faire  passer  au  sieur 
Cars?  Le  sieur  Cars  lui-même  en  apporte-t-il  quelques  preuves? 
Non.  Il  n'a  par  conséquent  pas  plus  de  privilège  que  les  autres 
créanciers  des  cy-devant  soy  disant  Jésuites  et  doit  se  pourvoir 
comme  eux  dans  la  direction  pour  y  demander  son  payement  si 
sa  dette  est  légitime,  à  ce  qu'il  plût  donner  à  la  Cour  donner  acte  au 
supliant  de  ce  que  pour  defifenses  à  la  demande  du  sieur  Cars 


208  COMMANDES  DE  TABLEAUX  d'oRFÈVRERIE  PAR  LA  VILLE. 

portée  par  sa  requête  du  3oaoust  dernier,  il  emploiroit  le  contenu 
en  ladite  requête  et  faisant  déclarer  ledit  Laurent  Cars  purement 
et  simplement  non  recevable  dans  sa  demande  en  revendication  et 
privilège,  ou  en  tout  cas  Ten  déboutter,  sauf  à  lui  à  se  pourvoir 
dans  la  direction  desdits  cy-devant  soy  disans  Jésuites,  et  le  con- 
damner aux  dépens  que  le  supliant  pourra  en  tout  événement 
employer  en  frais  de  séquestre  ;  ladite  requête  signée  du  procureur 
général  du  Roy. 
(Arch.  nat.,  XiB  8942.) 


COMMANDES  DE  TABLEAUX  D'ORFEVRERIE,  ETC., 
PAR  LA  VILLE. 

Communication  de  M.  J.  J.  Guiffrey. 

Marché  pour  le  présent  en  argenterie  lors  du  mariage  de  M.  Bignon, 
fils  de  M.  le  Prévost  des  marchands. 

20  septembre  1764. 

Du  jeudy,  vingt  septembre  mil  sept  cent  soixante  quatre.  —  Ce  jour, 
nous,  Echevins  de  la  ville  de  Paris,  assemblés  au  Bureau  de  la  Ville 
avec  le  Procureur  du  Roy  et  de  lad.  Ville  pour  les  affaires  d'icelle, 
avons  en  conséquence,  et  pour  l'exécution  de  notre  délibération  du 
onze  du  présent  mois,  mandé  et  fait  venir  devant  nous  Antoine- 
Sébastien  Durant,  marchant  orphevre  à  Paris,  y  demeurant,  rue  de 
Gesvres,  paroisse  Saint-Jacques-de-la-Boucherie,  qui  nous  a  présenté 
le  dessein  que  nous  luy  avions  ordonné  de  faire  pour  l'exécution  de 
deux  terrines  d'argent  couvertes  avec  leurs  doubles  fonds,  deux  pla- 
teaux et  les  deux  cuillieres  pour  le  présent  que  nous  nous  sommes 
proposés  de  faire  à  Monsieur  Bignon,  fils  de  Monsieur  le  Prévost  des 
Marchands,  à  l'occasion  de  son  mariage,  et,  après  avoir  examiné  lesd. 
desseins  et  trouvé  conforme  à  nos  intentions,  nous  sommes  convenus 
avec  led.  s""  Durant  de  ce  qui  suit  :  c'est  à  sçavoir  que  led.  Antoine- 
Sébastien  Durant  a  promis  et  s'est  obligé  de  faire  et  exécuter  lesd. 
deux  terrines,  leurs  couvercles,  leurs  doubles  fonds  et  leurs  plateaux, 
ensemble  les  deux  cuillieres  composant  au  total  dix  pièces,  suivant  et 
conformément  ausd.  desseins,  lesquels  demeureront  joints  à  ces  pré- 
sentes, après  avoir  été  paraphés  de  nous,  du  Procureur  du  Roy  et  de 
la  Ville  et  dud.  s"^  Durant,  et  de  les  exécuter  avec  le  plus  grand  art, 
de  n'y  employer  qu'environ  cent  marcs  d'argent,  et  de  faire  graver  sur 
chacune  des  deux  terrines  les  armes  de  la  Ville  et  celles  de  Monsieur 
Bignon,  et  de  faire  faire  des  etuys  propres  et  à  charnières  pour  ren- 


COMMANDES  DE  TABLEAUX  D  ORFÈVRERIE  PAR  LA  VILLE.  209 

fermer  lesd.  terrines,  leurs  plateaux  et  les  cuillieres,  le  tout  au  prix 
de  cinquante  six  livres  le  marc,  suivant  que  le  poids  en  sera  reconnu 
lors  du  jugement  de  réception,  y  compris  le  controlle;  et,  après  que 
tous  lesd.  ouvrages  auront  été  bien  et  duement  faits  et  parfaits,  pesés 
et  reçus  en  la  manière  accoutumée,  nous  promettons  pour  et  au  nom 
de  la  Ville  de  faire  payer  aud.  sieur  Durant  la  somme  de  cinquante 
six  livres  par  marc,  y  compris  le  controlle,  4,5oo  livres  pour  la  façon 
desd.  dix  pièces  et  la  gravure  des  quatre  armoiries,  et  celle  de  200  1. 
pour  les  etuys  doublés.  S'est  en  outre  soumis  led.  sieur  Durant  de 
nous  livrer  toutes  lesd.  pièces  faites  et  parfaites  dans  leurs  etuys  dans 
le  i5  du  moys  de  novembre  prochain;  toutes  lesquelles  sommes  luy 
seront  payées  des  deniers  de  la  Ville  sur  les  mandements  qui  en  seront 
par  nous  ordonnés  ;  tous  lesquels  prix,  charges,  clauses  et  conditions 
led.  s""  Durant  a  accepté,  promis  et  s'est  obligé  de  les  exécuter  dans 
tout  leur  contenu,  s'est  pour  cet  effet  soumis  à  l'entière  juridiction 
du  Bureau,  et  a  pour  cet  effet  élu  son  domicile  en  sa  demeure  cy  des- 
sus dite;  et  a  signé  avec  nous  et  le  Procureur  et  de  la  Ville  lesd.  jour 
et  an  que  dessus. 

[Signé  :]  Poultier  —  Durant  —  Phelippe  de  la  Marnierre 
—  Marcel  —  Gauthier  —  Jollivet. 


Et  le  vingt  décembre,  aud.  an  mil  sept  cent  soixante  quatre.  Nous, 
Echevins  de  la  ville  de  Paris,  assemblés  au  Bureau  de  la  Ville  avec  le 
Procureur  du  Roy  et  de  la  Ville,  vu  les  deux  terrines  d'argent  cou- 
vertes, leurs  doubles  fonds,  les  deux  plateaux  et  les  deux  cuillieres 
par  nous  ordonnés  par  le  marché  du  20  septembre  dernier  des  autres 
parts,  ensemble  deux  autres  doubles  fonds,  ainsi  par  nous  verbale- 
ment ordonnés  par  augmentation,  le  tout  pour  le  présent  à  M.  Bignon, 
fils  de  M.  le  Prévost  des  Marchands  ;  et  après  les  avons  examinés  et 
trouvé  qu'ils  étoient  faits  conformément  au  dessein  joint  aud.  marché 
et  le  tout,  formant  douze  pièces,  peser  ensemble  io5  marcs  3  onces 
3  gros,  et  après  avoir  aussi  examiné  lesd.  étuits,  avons,  du  consente- 
ment du  Procureur  du  Roy  et  de  la  Ville,  donné  du  tout  acte  de 
réception  aud.  s""  Durant,  comme  bien  et  duement  fait  et  ordonné, 
qu'il  luy  sera  payé  des  deniers  de  la  recette  de  la  Ville  la  somme  de 
10,727  livres  12  sols  6  deniers,  sçavoir  :  5,9o3  livres  12  sols  6  deniers 
pour  les  io5  marcs  3  onces  3  gros  de  matière,  à  raison  de  56  livres  le 
marc,  compris  le  contrôle,  4,624  livres  pour  la  façon  et  gravure,  et 
200  livres  pour  les  étuits,  le  tout  relativement  aud.  marché,  et  reve- 
nantes lesd.  trois  sommes  à  ladite  première,  de  10,727  livres  12  sols 
6  deniers,  et  en  outre  celle  de  86  livres  1 5  sols  pour  les  droits  dud. 
marché   et  réception   d'iceluy,  ces  deux  dernières  sommes  faisant 

ART  FR.    IV  14 


2  I O  COMMANDES  DE  TABLEAUX  d'oRFÈVRERIE  PAR  LA  VILLE. 

ensemble  celle  de  10,814  livres  7  sols  6  deniers.  Fait  au  Bureau  de 
la  Ville  lesd.  jour  et  an. 

[Signé  :]  Poultier  —  Phelippe  de  la  Marnière  —  Marcel  — 
Gauthier  —  Jollivet. 

(Arch.  nat.,  K  ggS.) 

A  cette  pièce  est  joint  un  dessin  à  l'encre  de  la  Ciiine,  représentant  de 
grandeur  d'exécution  un  grand  vase  à  anses,  en  forme  de  soupière,  sur  un 
plat  avec  un  couvercle  à  gaudrons  surmonté  d'un  bouton  formé  d'un  groupe 
de  légumes,  poireaux,  navet,  chou-fleur.  Les  guirlandes  de  feuilles  de  lau- 
rier, le  médaillon  ovale,  la  baguette  entourée  d'un  ruban  annoncent  le  style 
Louis  XVI,  tandis  que  les  anses  et  le  plateau  affectent  encore  des  formes 
rocailles  très  prononcées.  Au  bas  du  dessin,  on  lit  ces  mots,  tracés  d'une 
écriture  très  irrégulière  :  «  Un  pot  à  œil  conforme  au  dessein  pèsera  5o  marcs, 
la  façon  coûtera  2,000  livres.  »  Au  dos  du  dessin  se  trouve  le  visa  des  éche- 
vins,  conçu  dans  les  termes  suivants  : 

Le  présent  dessein  paraphé  par  Nous,  Échevins,  Procureur  du  Roy 
et  de  la  Ville  et  par  le  s'  Durant,  pour  demeurer  annexé  à  notre  déli- 
bération et  marché  du  20  septembre  mil  sept  cent  soixante  quatre, 
suivant  qu'il  y  est  porté. 

[Signé  :]  Poultier  —  Durant  —  Phelippe  de  la  Marnière  — 
Marcel  —  Gauthier  —  Jollivet. 

Marché  d'une  écritoire  d'argent  pour  M.  de  Barentin,  nouvel  avocat 

général^  passé  avec  M""*  Roettiers,  orfèvres  du  Roy. 

6  février  1766. 

Fourni  à  Monsieur  de  Barentin,  avocat  général  du  Parlement,  par 
ordre  de  Messieurs  les  Prevosts  des  Marchands  et  Échevins  de  la  ville 
de  Paris  par  Roettiers  père  et  fils,  orfèvres  ordinaires  du  Roy  : 

Une  écritoire  composée  d'un  grand  plateau,  orné  de  baguettes  à 
doubles  rubans ,  soutenu  par  quatre  petits  pieds  à  l'antique  à  car- 
reaux, enrichi  sur  la  gorge  de  bâtons  rompus  antiques,  mêlés  de 
rozettes,  ledit  plateau  est  parqueté  d'une  mosaïque  de  rosettes 
antiques,  surmonté  d'un  trépied  sur  un  double  socque  servant  de 
porte  sonette,  décoré  de  l'œil  de  la  justice  sur  trois  faces  et  de  tête  de 
béliers  soutenant  des  guirlandes,  les  pieds  sont  entrelassés  d'un  ser- 
pent, simbole  de  la  Prudence  ;  led.  trespied  est  posé  sur  un  socque 
canelé  à  cordon  de  feuilles  de  lauriers,  sur  lequel  est  adapté  les  armes 
de  la  Ville,  décoré  de  rames,  gouvernails  et  guirlandes  servant  de 
supports,  et  de  l'autre  les  arro.es  de  M.  de  Barentin,  décoré  aussi  de 
guirlandes  et  de  supports  de  caducé,  simbole  de  l'Eloquence,  les  deux 
cornets  représentants  deux  vases  antiques  ornés  de  caneaux  et  guir- 
landes, posé  sur  des  socques  à  paneaux  avec  cordons  de  feuilles  de 
lauriers;  la  sonete  est  orné  de  paneaux,  avec  des  guirlandes  de  lau- 
riers, surmonté,  ainsi  que  les  cornets,  de  fleurs  de  lys,  lad.  écritoire 
pezant  18  marcs  5  onces  3  gros. 


COMMANDES  DE  TABLEAUX  d'orFÈVRERIE  PAR  LA  VILLE.  2 1  I 

A  56  1.,  argent  et  controlle    .     .     .       i,o52  1.  i3  s.  \ 

Façon 1,200      »»      >  2,282  1.  i3  s. 

Inscription 3o      »»      } 

Boette,  pour  ce 5      »  » 

Total 2,287  1-  "^  s. 

Du  douze  septembre  mil  sept  cent  soixante  cinq.  Ce  jour,  Nous, 
Prévost  des  Marchands  et  Echevins  de  la  ville  de  Paris,  assemblés  au 
Bureau  de  la  Ville  avec  le  Procureur  du  Roy  et  de  la  Ville  pour  les 
affaires  d'icelle,  y  est  entré  Jacques-Nicolas  Roettiers^  orphèvre  ordi- 
naire du  Roy,  y  demeurant  à  Paris,  place  du  Carousel,  paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois,  avec  lequel  nous  sommes  convenus  de  ce 
qui  suit  :  c'est  à  sçavoir  que  le  s"'  Roettiers  a  promis  et  s'est  obligé  de 
faire  et  exécuter  en  argent,  avec  le  plus  grand  art,  une  écritoire  pour 
être  présentée  au  nom  de  la  Ville  à  M.  de  Barentin,  nouvel  avocat 
général  du  Parlement,  suivant  le  dessein  qu'il  nous  en  a  présenté  et 
qui  a  été  par  nous  agréé,  et  de  n'employer  néantmoins  que  la  quan- 
tité de  18  marcs  environ^  et  après  que  lesd.  ouvrages  auront  été  bien 
et  duement  faits,  parfaits  et  reçus  en  la  manière  accoutumée,  nous 
promettons,  pour  et  au  nom  de  la  Ville  de  faire  payer  aud.  s""  Roet- 
tiers, tant  pour  le  prix  de  la  matière  que  controlle,  façon  et  autres 
objets,  la  somme  de  2,287  livres  i3  sols  des  deniers  de  la  recepte  de 
ladite  Ville,  tous  lesquels  prix,  charges, 'clauses  et  conditions  led, 
S'  Roettiers  a  accepté,  promis  et  s'est  obligé  de  les  exécuter  en  tout 
leur  contenu,  s'est  soumis  pour  l'exécution  dud.  marché  à  l'entière 
juridiction  du  Bureau,  a  pour  cet  effet  élu  son  domicile  en  sa  demeure 
cy  dessus  déclarée,  et  a  signé  avec  nous  et  le  Procureur  du  Roy  et  de 
la  Ville  lesd.  jour  et  an  que  dessus. 

[Signé  :J  Bignon  —  Marcel  —  Gauthier  —  Roettiers  — 
Jollivet  —  Larsonnyer. 

Et  le  mercredy,  six  février  mil  sept  cent  soixante  six,  veu  au  Bureau 
de  la  Ville  lad.  écritoire  cy  dessus  à  nous  présentée  par  led.  s^ Roet- 
tiers, dénommée  aud.  marché,  et  après  avoir  reconnu  qu'elle  a  été 
exécutée  avec  la  plus  grande  perfection,  nous  avons  ouy  et,  ce  con- 
sentant le  Procureur  du  Roy  et  de  la  Ville,  donné  acte  aud.  s'  Roet- 
tiers de  la  réception  du  marché  du  12  septembre  1765;  en  conséquence, 
avons  ordonné  qu'il  sera  payé  des  deniers  de  la  recepte  de  la  ville  de 
la  somme  de  2,287  livres  i3  sols,  d'une  part,  et  de  celle  de  5o  livres 
5  sols  pour  le  prix  et  réception  dud.  marché,  fesant  lesd.  deux  sommes 
ensemble  celle  de  2,337  livres  18  sols.  Fait  au  Bureau  de  la  Ville  lesd. 
jour  et  an  que  dessus. 

[Signé  :]  Bignon  —  Marcel  —  Gauthier  —  Larsonnyer  —  Jollivet, 

(Arch.  nat.,  K  ggS.) 


212  AUTOGRAPHES   DE   SCULPTEURS. 

AUTOGRAPHES   DE   SCULPTEURS 
Communiqués  et  annotés  par  M.  Henry  Jouin. 

ROLAND. 

i8i3. 

Conseils  a  PIERRE-JEAN  DAVID^  son  élève,  alors 
A  l'Académie  de  France. 

Nous  avons  publié  Rattachante  biographie  de  Roland,  écrite  en  1846  par 
David  d'Angers*.  Cette  étude  valut  à  son  auteur  la  médaille  d'or  mise  au 
concours  par  la  Société  royale  des  Sciences,  de  l'Agriculture  et  des  Arts  de 
Lille.  Mais,  en  l'écrivant,  David  n'avait  pas  cédé  à  l'ambition  vulgaire  de  se 
révéler  homme  de  lettres.  Il  s'acquittait  d'un  devoir.  Roland,  qui,  au  cours 
d'une  carrière  honorable  et  glorieuse  à  son  heure,  en  1802,  n'avait  formé  que 
quatre  élèves,  Caillouette,  Van  Geel,  Massa  et  David,  fut  pour  eux  plus 
qu'un  maître.  C'est  avec  une  sollicitude  paternelle  qu'il  écrit  à  David.  Or, 
ce  qu'il  dit  de  Van  Geel  et  de  Massa  au  cours  de  sa  lettre  montre  l'affec- 
tion qu'il  leur  gardait.  Du  style  épistolaire  de  Roland,  de  son  orthographe, 
de  sa  ponctuation,  nous  n'avons  rien  à  dire.  David  a  pris  pour  épigraphe  de 
son  étude  sur  l'artiste  ces  deux  vers  d'André  Chénier  : 

Il  est  si  doux,  si  beau  de  s'être  fait  soi-même, 

De  devoir  tout  à  soi,  tout  aux  beaux-arts  qu'on  aime  ! 

Cette  maxime  s'applique  très  justement  à  Roland.  A  n'en  point  douter, 
quelques  leçons  de  grammaire  lui  ont  manqué.  Mais  le  bon  sens,  l'élévation 
de  la  pensée,  le  goût,  le  cœur  suppléent  amplement  chez  lui  aux  lacunes  de 
l'éducation  littéraire. 

Paris,  7  mars  181 3. 
Vous  mescuserés,  mon  cher  David,  du  long  terme  que  jai  mis 
à  vous  répondre,  si  vous  vous  persuadez  que  ce  nest  ni  par  indif- 
férence à  votre  sujet  ni  à  aucune  raison  contraire  à  Tintérêt  que 
jai  toujours  pris  à  votre  avancement.  La  véritable  raison  ces  ma 
mauvaise  santé^  surtout  pendant  liver,  les  rhumes  continuels  et  le 
dépérissement  de  ma  santé  qui  en  est  la  suite,  et  qui  m'eaute 
entièrement  le  courage  de  faire  aucune  chose.  Jai  beaucoup  tra- 
vaillé l'été  dernier  pour  finire  les  deux  statue  que  jai  mis  au  Salon  2. 
Cette  fatigue  a  bien  pu  contribuer  encore  à  mon  affaiblissement; 
j'espère  que  le  printems  pourra  me  faire  du  bien.  J'ai  reçu  vos 
deux  lettres  et  vous  remercie  des  choses  obligentes  que  vous  m'avez 
adressez  au  sujet  d'Homère.  Jai  eu  à  la  vérité  quelque  satisfaction 
à  ce  sujet  de  la  part  des  artistes,  mais  rien  du  tout  de  celle  des 

1.  David  d'Angers,  sa  vie,  son  œuvre,  ses  écrits,  etc.,  t.  II,  p.  216-245. 

2.  Les  statues  d'Homère  et  de  Tronchet. 


AUTOGRAPHES   DE   SCULPTEURS.  21  3 

journalistes  à  qui  je  ne  fais  pas  la  cour,  ausi  ne  perdent  il  pas  l'oc- 
casion de  s'en  venger  dans  toute  les  circonstences. 

Vous  ne  m'auriez  pas  trouvé  cet  air  d'insouciance,  mon  cher 
David,  si  javois  eu  de  linquiétude  sur  la  marche  de  vos  étude.  Je 
la  trouve  toujour  conforme  aux  conseil  que  je  vous  ai  donné,  c'et 
à  dire  Tetude  de  lantique  et  celle  de  la  nature  et  ne  sécarter  jamais 
de  cette  dernière.  Cet  en  suivant  ces  principes  que  les  plus  abilles 
maîtres  ont  produit  les  chef  deuvre  que  vous  voyez.  En  efet,  en 
suivant  cette  marche  il  est  impossible  de  ségarer.  Vous  pouvez 
aussi  mesurer  les  statue  de  Monte  Cavallo  et  tout  autre-,  on  ne 
risque  jamais  rien  de  s'instruire.  Au  sujet  de  la  figure  de  jeune 
homme  que  vous  avez  fait,  je  pence  que  quelqun  vous  aura  obser- 
vez que  le  mouvement  du  bra  levé  et  la  main  fermé  nest  pas  heu- 
reux et  que  vous  naurez  pas  fait  retourner  la  tête  du  chevrau 
comme  celle  d'un  dragon,  ces  observations  là  ne  vous  auront  pas 
echapé  ^ . 

Je  vous  plain,  mon  cher  David,  d'être  ataqué  des  fièvres.  Ces 
un  motif  de  plus  pour  vous  recommander  de  ne  pas  trop  travailler; 
vous  avez  été  quelque  fois  thémoin  que  je  me  croye  obligé  de 
recommander  le  contraire  à  certains  de  mes  élèves  ;  ces  encore 
une  obligation  que  je  me  suis  imposé.  Ne  vous  laissez  jamais 
entraîner  au  faux  entousiasme  des  inovateurs  qui  croyent  reformer, 
agrandir  ou  corriger  le  stil  des  grand  maistres  etenfain  introduire 
un  stil  nouveau,  comme  nous  avons  vu  l'année  dernière,  stil  voi- 
sin du  gotique  et  même  de  la  barbarie  et  près  de  la  décadence  de 
la  Peinture.  Ainsi  point  de  milieu  :  l'antique  et  la  belle  nature. 

Dernièrement,  VangueV^  a  partagé  la  tête  dexpression  avec  un 
pintre.  Massa^  doit  profiter  d'un  surcy  pour  concourir  au  grand 
prix  ;  s'il  ne  gagne  pas  au  moins  le  segond,  il  sera  sûrement  obligé 
de  partir. 

Nous  avons  vue  à  l'afain  du  Salon  deux  charmante  statue  de 
M''  Canova,  la  Dance  et  la  Musique''.  Ces  deux  ouvrages  sont 

1.  Il  s'agit  de  la  figure  de  Jeune  Berger,  envoi  de  dernière  année  de 
P.-J.  David,  aujourd'hui  au  Musée  David.  Le  chevreau  a  été  supprimé  par 
l'artiste  avant  l'exécution  en  marbre. 

2.  Van  Geel  (Louis),  2'  grand  prix  de  Rome  en  181 1.  Le  lauréat  du  con- 
cours avait  été  Pierre-Jean  David. 

3.  Massa  (Toussaint),  3"  grand  prix  de  Rome  en  iSi2,ex-cequoavecPra- 
dier;  2"  grand  prix  en  18 1 5. 

4.  Ces  deux  œuvres  de  Canova  ne  furent  pas  exposées  du  même  coup  au 
Salon  de  1812.  Le  livret  en  fait  foi.  Une  seule  statue  est  inscrite  sous  le  nom 
du  «  chevalier  Canova  à  Rome,  »  Elle  portait  le  n'   102$,  et  l'auteur  du 


214  AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS. 

remplie  de  grâce.  Si  vous  voyez  M'  Canova  ditte  lui  beaucoup  de 
choses  aimable  de  ma  part. 

M""  Vincent  et  Pajou  sintéresse  bien  à  votre  Papa;  il  ni  a  pas 
longtemps  quil  mont  dit  quil  n^y  avoit  encore  rien  de  nouveau  à 
son  sujet.  Vous  avez  auprès  de  vous  de  bon  camarades.  Cortot 
en  et  un  que  je  connois  le  plus  particulièrement  et  que  jaime.  Je 
pence  que  sa  frecantation  doit  vous  plaire.  Il  est  doux  et  sincère. 
Je  mintéresse  beaucoup  à  son  sort  et  lui  fait  beaucoup  d'amitiez. 
Madame  Roland  vous  remercie  de  votre  bon  souvenir,  ainsi  que 
M""  et  M""^  Lucas  ^  ;  ils  vous  assurent  tous  de  leur  amitiez. 

Adieu,  mon  cher  David,  aimé  moi  comme  je  vous  aime.  Je 
serois  toujours  à  vous  pour  la  vie. 

Roland. 

Sil  vous  manque  quelque  chose,  mandé  le  moi.  Je  suistoujour 
prés  à  vous  être  utile. 

A  Monsieur,  Monsieur  Davide,  statuaire,  pensionnaire  de  S.  M.  Impérial 
et  Royal  à  l'École  des  beaux-arts,  à  Rome^. 

LE  MOT. 

1817. 

François  Gérard,  administrateur  de  l'École  des  Beaux-Arts. 

Il  n'y  a  guère  que  des  fonctionnaires  érudits  à  savoir  de  nos  jours  quel  a 
été  le  mode  de  gouvernement  appliqué  à  l'École  des  Beaux-Arts  au  commen- 
cement de  ce  siècle.  Une  lettre  de  Lewof,  administrateur  pendant  l'année  181 7, 
précise  sur  un  point  important  les  droits  du  Conseil  d'administration. 

École  Royale  des  Beaux-Arts  de  Paris. 

Paris^  le  3  décembre  18 17. 
Monseigneur, 
D'après  votre  lettre  du  1 3  février  dernier  relative  aux  fonctions 

livret  la  désigne  ainsi  :  «  Une  Muse.  —  Statue  en  marbre,  commandée  par 
M.  de  Sommariva.  »  Cette  muse  porte  un  nom  dans  l'œuvre  de  Cijwova;  elle 
s'appelle  «  Terpsichore.  ï  L'artiste  l'exécuta  deux  fois,  avec  variantes.  Une 
lyre  est  son  attribut  ;  de  là  le  titre  que  lui  donne  Roland.  11  y  voit  une  allé- 
gorie de  la  Musique.  Quant  à  la  Danse,  c'est  l'une  des  trois  statues  de  dan- 
seuses exécutées  par  Canova,  nous  dit  Quatremère  de  Quincy,  «  pour 
charmer  les  déplaisirs  que  lui  causoit  la  triste  situation  de  Rome  à  l'époque 
de  l'enlèvement  du  pape  par  Bonaparte  »  (voy.  Canova  et  ses  ouvrages,  gr. 
in-8%  1834,  p.  ibo-162). 

1.  La  fille  unique  de  Roland  avait  épousé  tfi.  Lucas  de  Montigny,  devenu 
conseiller  de  préfecture  du  département  de  la  Seine. 

2.  Cet  autographe  fait  partie  de  notre  collection. 


AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS.  21  5 

d'administrateur  de  l'École  Royale  des  Beaux-Arts,  et  en  consé- 
quence des  dispositions  que  les  professeurs  ont  arrêtés  dans  les 
réglemens  définitifs  de  PÉcole  qu'ils  ont  eu  l'honneur  de  sou- 
mettre à  Votre  Excellence  et  dont  ils  attendent  avec  impatience 
l'approbation,  M""  Gérard,  vice-président,  passe  de  droit  à  la  pré- 
sidence Tannée  prochaine,  et  en  cette  qualité  il  doit  administrer 
l'Ecole  pendant  le  cours  de  l'année  1818.  MM.  les  professeurs 
prient  votre  Excellence  de  vouloir  bien  approuver  ce  choix. 

Je  suis,  avec  le  plus  profond  respect,  Monseigneur,  de  Votre 
Excellence,  le  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

Lemot^ 
Administrateur  de  l'Ecole  Royale  des  Beaux-Arts. 
(Bibliothèque  d'Angers.  —  Manuscrits.  —  N*  572.) 

EDME-ÉTIENNE-FRANÇOIS  GOIS. 
1819. 

^  LÉDA  REGARDE  SES  QUATRE  ENFANTS  SORTIR  DE  LEUR  COQUILLE. 

Qu'est  devenu  le  groupe  exposé  par  Gois  le  fils  au  Salon  de  1827  et  qu'il 
était  en  mesure  de  montrer  à  ses  invités  dès  1819?  Le  billet  ci-joint  est 
adressé  à  François  Grille. 

Monsieur, 
L'honneur  d'obtenir  le  suffrage  des  hommes  les  plus  instruits 
est  le  but  principal  des  efforts  d'un  artiste  et  la  plus  flatteuse  récom- 
pense qu'il  puisse  ambitionner.  Pénétré  de  ce  sentiment,  j'ai  l'hon- 
neur de  vous  faire  part  que  je  viens  de  terminer  un  groupe  de 
six  figures  dont  le  sujet  n'avoit  point  encore  été  traité  en  sculpture, 
et  vous  invitant,  Monsieur,  à  vouloir  bien  m'honorer  de  votre 
visite,  j'ai  l'honneur  d'être  avec  respect.  Monsieur,  votre  très 
humble  serviteur, 

Eugène  Gois, 
Statuaire,  ancien  Pensionnaire  du  Roi. 

Mon  atelier  est  au  Palais  des  Arts,  pavillon  de  l'Est.  Il  sera 
ouvert  les  4  premiers  jours  de  chaque  semaine,  depuis  1 1  heures 
jusqu'à  quatre ^ 
(Bibliothèque  d'Angers.  —  Manuscrits.  —  N°  572.) 

I.  Grille  écrit  en  note  :  «  J'irai  samedi  de  10  à  11.  » 


2l6  AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS. 

RUTXHIEL. 

1819. 
Ses  ouvrages  non  exposés  aux  Salons. 

On  trouvera  dans  le  Bric-à-Brac  de  François  Grille  (t.  I,  p.  3o2)  un  pro- 
fil quelque  peu  violent  de  Rutxhiel.  Grille  y  a  mis  de  l'emportement.  La 
page  se  termine  par  une  liste  d'ouvrages  du  statuaire,  nomenclature  incom- 
plète, car  elle  ne  renferme  aucune  des  œuvres  exposées  par  l'artiste,  de  18 14 
à  1827.  D'où  vient  cela.-'  C'est  que  Grille,  sur  le  point  d'écrire  sa  notice,  s'est 
borné  à  lire  la  lettre  qui  va  suivre,  dont  il  a  simplement  transcrit,  en  l'abré- 
geant encore,  \e  post-scriptitm.'^oxi?,  ferons  mieux  que  notre  spirituel  devan- 
cier. La  lettre  explique  son  appendice.  Les  lecteurs  du  Bric-à-Brac  appren- 
dront ainsi  que  ce  livre  pétillant  ne  saurait  suffire  à  quiconque  voudrait  être 
équitable  envers  la  mémoire  de  Rutxhiel.  Nous  supposons  que  l'autographe 
dut  être  adressé  à  Charles  Lafolie,  qui  avait  projeté  d'écrire  avec  Grille  un 
Dictionnaire  des  Artistes.  L'original  porte  en  effet  une  note  manuscrite  de 
Lafolie*. 

Monsieur, 

J'ai  reçu  la  lettre  que  vous  m'avez  fait  l'honneur  de  m'adresser 
à  la  fin  de  mai.  La  note  que  vous  avez  faite  est  bien  celle  des 
ouvrages  que  j'ai  exposés.  Je  joins  ici  le  résumé,  que  vous  avez  eu 
la  bonté  de  me  demander,  des  ouvrages  que  j'ai  faits.  Je  vous  prie 
M""  d'arranger  cela  comme  vous  le  trouverez  le  plus  convenable. 

J'ai  l'honneur  d'être,  Monsieur,  votre  très  humble  et  très  obéis- 
sant serviteur, 

Rutxhiel. 

Paris,  le  7  juin  1819.  Palais  des  Beaux-Arts. 

H.-J.  Rutxhiel.,  élève  de  MM.  Houdon  et  David.,  a  remporté 
le  premier  grand  prix  en  1808  par  un  bas-relief  représentant 
Dédale  et  Icare. 

2.  A  exécuté  plusieurs  bas- reliefs  pour  la  colonne  de  la  place 
Vendôme. 

3.  Il  a  fait  deux  figures  pour  le  palais  de  la  grande  Chancelle- 
rie de  la  Légion  d'honneur. 

4.  A  exécuté  une  statue  en  marbre,  pour  la  Banque  de  France. 

5.  A  fait  4  statues  en  plomb,  pour  décorer  le  dôme  de  l'Hôtel 
Royal  des  Invalides. 

6.  A  fait  également  pour  le  sanctuaire  du  dôme  deux  bas-reliefs 
en  pierre,  représentant  quatre  Vertus. 

I.  Voici  la  note  de  Lafolie  :  «  11  faut  refaire  le  bulletin  des  ouvrages  expo- 
sés et  y  ajouter  ceux  qui  ne  l'ont  pas  été  d'après  les  indications  du  statuaire.  » 


AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS.  2I7 

7.  La  Statue  du  bailiy  de  SufFren,  pour  la  maison  du  Roi. 

8.  A  fait  deux  médaillons  à  la  Conciergerie.  Louis  XVI  et 
Madame  Elisabeth,  pour  les  monuments  expiatoires, 

9.  A  fait  un  projet  delà  statue  de  Marie-Antoinette,  au  moment 
qu'elle  vient  d'écrire  à  Madame  Elisabeth  pour  lui  recommander 
ses  enfants. 

10.  Pandore,  figure  allégorique. 

1 1 .  Bossuet,  pour  la  cathédrale  de  Meaux.  Plusieurs  bustes 
d'après  nature  : 

Grétry,  pour  la  ville  de  Liège,  Delambre,  de  Lalande,  Monge, 
l'abbé  Delille,  le  comte  Murés  d'Argeton,  le  général  Talouet. 
(Bibliothèque  d'Angers.  —  Manuscrits.  —  N"  572.) 

ESPERCIEUX.      ' 
1819. 
Trois  ouvrages  du  maître  non  exposés. 

Le  Dictionnaire  des  Artistes  préparé  par  Lafolie  étant  demeuré  inédit,  ne 
négligeons  pas  de  mettre  au  jour  les  notes  qu'il  tenait  des  intéressés.  Esper- 
cieiix,  l'ami  de  David  d'Angers,  qui  a  laissé  sur  lui  plusieurs  pages  écrites < , 
sollicité  par  Lafolie  de  le  renseigner  sur  ses  ouvrages,  remplit  le  bulletin  que 
lui  avait  adressé  l'écrivain.  Puis  il  complète  la  liste  de  ses  ouvrages  par  cette 
lettre  : 

Paris,  le  i6  juin  1819. 
Monsieur, 

J'ay  pensé  qu'il  était  convenable  de  joindre  à  la  note  de  mes 
ouvrages  que  vous  avez  les  trois  que  je  vous  envoyé  et  qui  n'ont 
pu  être  exposés.  Un  bas-relief  représentant  Diane  et  ses  nymphes 
aux  forges  de  Vulcain,  demandant  des  armes  pour  la  chasse.  Il 
est  placé  au  Musée  Royal,  salle  du  Candélabre.  La  statue  de  la 
Force,  elle  est  placée  dans  la  cour  du  palais  des  Députés.  La  sta- 
tue du  général  Roussel  destinée  autrefois  pour  la  décoration  du 
pont  de  LouisXVÏ,  vous  la  connaissez.  Je  pense,  Monsieur,  que 
vous  voudrez  bien  avoir  la  bonté  de  joindre  ces  ouvrages  aux 
autres;  je  les  ai  faits  pour  le  Gouvernement  et  ils  ne  sont  pas  expo- 
sés au  Salon.  C'était  impossible. 

Je  vous  prie.  Monsieur,  d'agréer  l'assurance  de  mon  respect. 
Votre  serviteur, 

Espercieux. 

I.  Voy.  David  d'Angers,  sa  vie,  son  œuvre,  ses  écrits,  etc.,  t.  II,  p.  176  à 
189.  Manuscrit  daté  de  l'exil,  i852. 


2l8  AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS. 

Evidemment  le  livre  que  voulait  écrire  Lafolie  eût  été  sérieux.  Regrettons 
de  ne  le  pas  avoir.  Renseigné  sur  l'œuvre,  le  biographe  veut  l'être  sur 
l'homme.  11  écrit  de  nouveau,  et  le  statuaire  de  lui  répondre  : 

Le  26  septembre  1819. 
Monsieur, 
Vous  me  demandez  de  qui  je  suis  élève?  J'ay  commencé  par  être 
élève  de  l'Académie  de  Marseille,  ma  patrie,  et  j'ay  eu  les  douze 
professeurs  pour  maîtres  et  un  sculpteur,  artiste  fort  inconnu. 
Arrivé  à  Paris,  j'ay  modellé  quelque  temps  chez  M""  Bridan  et  je 
suivis  l'Académie.  J'ay  reçu  les  conseils  de  W^  Foucou^  Berruer, 
Julien,  Roland  et  de  tous  ceux  que  j'ay  pu  consulter,  mais  l'ar- 
tiste qui  m'a  donné  le  plus  de  leçons  et  les  meilleures  c'est 
Mf  David,  peintre.  Ainsi,  lorsque  j'ay  mis  dans  un  livret  du 
Salon  que  j'étais  élève  de  ceux  qui  m'ont  donné  de  bons  avis,  j'ay 
dit  la  vérité. 

Recevez,  Monsieur,  l'assurance  de  mon  respect. 

Votre  serviteur, 

Espercieux. 

Est-ce  qu'il  dit  vrai  ?  N'est<e  pas  là  plutôt  une  bravade  d'artiste?  L'adminis- 
tration du  Salon  aurait-elle  admis  la  note  singulière  dont  parle  Espercieux  ?  ' 
Ouvrez  le  livret  de  1798,  à  la  page  yS  de  la  réimpression  Guiffrey,  et  lisez  : 
«  Espercieux  (Jean-Joseph),  né  à  Marseille,  élève  de  ceux  qui  m'ont  donné 
de  bons  avis,  rue  Pot-de-Fer,  faubourg  Germain.  »  Quant  aux  hommes  dont 
«  il  a  reçu  de  bons  avis,  »  deux  seulement  étaient  connus  par  l'étude  de 
David  d'Angers  dont  nous  parlions  tout  à  l'heure  :  Bridan  et  Louis  David. 
Nous  savons  maintenant  que  Foucou,  Berruer,  Julien,  Roland  ont  été  les 
maîtres  d'un  jour  du  sculpteur  Espercieux. 

(Bibliothèque  d'Angers.  —  Manuscrits.  —  N"  572.) 

COGIOLA. 

1819. 

Notes  autobiographiques. 

Difficile  entreprise  que  de  vouloir  être  à  la  fois  le  distributeur  des  com- 
mandes officielles  et  l'historiographe  des  artistes  de  son  temps.  C'est  l'histo- 
riographe qui  écrit,  c'est  au  fonctionnaire  que  l'on  répond.  Cogiola  en  four- 
nit une  preuve.  Toutefois,  ce  sculpteur,  dont  le  nom  figure  aux  livrets  de 
1808  à  1817,  donne  ici  la  date  de  sa  naissance.  Plus  d'un  historien  l'avait 
fixée  à  1763.  C'était  vieillir  l'artiste  de  cinq  années. 

A  Monsieur  Grille. 
Monsieur, 
Je  viens  de  recevoir  la  lettre  que  vous  m'avez  fait  l'honneur  de 


AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS.  219 

m'écrire  au  sujet  du  bulletin  des  artistes.  Je  m'empresse  de  vous 
répondre. 

Je  me  nomme  Jean-Ange  Cogiola;  je  suis  né  à  Turin,  le  5  juil- 
let 1768. 

Permettez-moi,  Monsieur,  de  profiter  de  cette  occasion  pour  me 
rappeler  à  votre  souvenir.  J'ai  eu  Fhonneur  de  vous  voir  il  y  a 
quelques  jours  pour  vous  prier  de  vouloir  bien  vous  intéresser  à 
moi  relativement  aux  travaux  que  feu  Caldelary^  mon  camarade, 
devait  faire. 

J'ai  Phonneur  d^être  avec  respect.  Monsieur,  votre  très  humble 
et  très  obéissant  serviteur, 

Cogiola^  sculpteur. 

Paris,  18  décembre  18 19. 

Caldelari,  l'ami  et,  sans  doute  aussi,  le  compatriote  de  Cogiola,  fut  un  sta- 
tuaire de  bon  aloi,  si  nous  en  jugeons  par  les  sujets  qu'il  aimait  à  traiter.  On 
ne  se  souvient  guère  de  lui.  Les  écrivains  de  notre  temps  négligent  d'enre- 
gistrer son  nom  dans  les  Biographies  les  plus  développées.  Gabet  s'était  mon- 
tré moins  indifférent.  Mais  la  mort  de  Caldelari,  antérieure  à  la  publication 
du  livre  de  Gabet,  n'est  cependant  pas  mentionnée  dans  cet  ouvrage.  La  lettre 
de  Cogiola  répare  l'oubli  du  biographe. 

(Bibliothèque  d'Angers.  —  Manuscrits.  —  N"  572.) 

DE  LE  Y. 

1819. 

Sur  les  frontières  de  l'art  et  de  l'industrie. 

Nous  nous  sentions  perplexe  à  l'endroit  du  sculpteur  Deley.  Le  livret  du 
Salon  de  1808  nous  montre  Deley  exposant  un  buste  demi-colossal  de  S.  M. 
l'Empereur,  destiné  à  la  Salle  des  séances  de  la  Municipalité  de  la  ville  de 
Malines.  En  1814,  Deley  envoie  le  buste  de  Pie  Vil.  Trois  ans  plus  tard,  il 
expose  au  Salon  une  statue  de  Jésus  Enfant,  en  bois  de  poirier.  Qu'est-ce  à 
dire?  Deley  l'inconnu  ne  serait-il  qu'un  oublié?  Y  avait-il  lieu  de  s'attarder 
à  la  recherche  des  œuvres,  du  talent,  des  actes  de  ce  sculpteur?  Pourquoi 
non  ?  Nous  avions  donc  résolu  de  mener  rondement  notre  enquête,  quand  la 
lettre  suivante  est  venue  juste  à  point  faire  la  lumière  sur  un  artiste  que  ses 
bustes  de  Napoléon  et  de  Pie  VII  n'empêcheront  pas  d'être  rangé  dans  la 
catégorie  des  sculpteurs  industriels.  Ne  modèle-t-il  pas  «  en  tous  genres  i  » 
Mauvais  signe. 

A  Monsieur  Charles  Lafolie. 

Monsieur, 

Pour  avoir  l'honneur  de  répondre  à  votre  demande,  je  suis 

élève  de  M""  Rangeel,  sculpteur  et  professeur  de  l'Académie  de 

Malines,  de  laquelle  j'ai  reçu  plusieurs  médailles.   Quoique  je 

model  et  sculpte  en  tous  genres,  je  suis  occupé  à  faire  des  figures 


220  AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS. 

en  bois,  pour  les  églises,  et  tous  les  ornemens  qui  les  concernent 
tant  en  sculpture  qu'en  dorure.  Monsieur,  je  me  recommande  à 
votre  protection  en  cas  qu'il  se  trouve  quelques  travaux  en  bois 
pour  le  Gouvernement.  Je  crois  que  vous  serez  satisfait,  et  pour 
vous  même  je  suis  à  votre  service.  A  datterdu  i5  janvier  1820,  je 
transporterai  mes  atteliers  et  magazin  parvis  Notre-Dame,  à  la 
Providence,  n"  20. 

J'ai  rhonneur  d'être,  Monsieur,  votre  très  humble  serviteur, 

Deley^ 
Sculpteur  statuaire,  rue  de  la  Juiverie,  n»  10,  en  la  Cité. 

Paris,  ce  18  décembre  181 9. 

(Bibliothèque  d'Angers.  —  Manuscrits.  —  N"  572.) 

DESBŒUFS. 

1828. 
Adimante  foudroyé  par  Jupiter.  —  Une  jeune  vierge  de  Sparte. 

Demande  d'acquisition  en  la  forme  accoutumée.  Mais  Desbœufs  voudrait 
que  l'on  achetât  sa  «  figure  en  marbre,  »  c'est-à-dire  la  «  Jeune  vierge  de 
Sparte  qui  rattache  son  vêtement  après  la  danse  de  Diane  Thyréatique,  »  et 
c'est  un  modèle  en  plâtre  que  la  commission  préfère  acquérir!  Adimante  est 
en  effet  exposé  en  plâtre  au  Salon  de  1827,  en  même  temps  que  la  Jeune 
vierge  et  six  autres  ouvrages  de  Desbœufs.  Or,  Gabet  nous  apprend  que  la 
statue  d'Adimante  décore  en  i83o  l'Orangerie  de  la  Chambre  des  Pairs. 
C'est  donc  sur  cette  œuvre  que  se  sont  portées  les  préférences  de  l'Etat. 

A  Monsieur  François  Grille. 
Monsieur, 
Je  viens  d'adresser  une  demande  à  S.  E.  le  Ministre  de  l'Inté- 
rieur pour  l'acquisition  d'une  figure  en  marbre  que  vous  avez  pu 
remarquer  au  Salon.  Je  viens  d'apprendre  par  M'  Fontaine  que 
la  Commission  doit  s'assembler  aujourd'hui,  seriez- vous  assez  bon 
pour  lui  soumettre  ma  demande  que  je  vous  adresse  avec  la  pré- 
sente. 
J'ai  l'honneur  d'être,  Monsieur,  votre  très  humble  serviteur, 

S.  Desbœufs. 
29  avril  1828. 
(Bibliothèque  d'Angers.  —  Manuscrits.  —  N*  572.) 

BOSIO. 

1829-1843. 

Monument  commémoratif  de  la  mort  de  Louis  XVI.  —  Buste 

DE  Madame  François  Grille. 

Les  dates  ont  leur  prix,  puisque  nous  vivons  dans  le  temps.  Nos  lecteurs 


AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS.      •         221 

ont  pu  voir  à  l'intérieur  de  la  Chapelle  expiatoire  le  groupe  de  Bosio  consa- 
cré à  la  mémoire  de  Louis  XVI,  faisant  pendant  au  groupe  de  Marie-Antoi- 
nette dû  au  ciseau  de  Cortot.  La  lettre  qui  suit  nous  donne  la  date  de  l'achè- 
vement du  groupe  de  Bosio. 

Paris,  le  14  janvier  1829. 
A  Monsieur  Grille,  chef  de  la  3^  Division  au  Ministère 
de  l'Intérieur. 
Bosio  a  l'honneur  de  présenter  ses  civilités  empressées  à  M' Grille 
et  le  prie  de  vouloir  bien  lui  faire  Tamitié  de  venir  voir  son  monu- 
ment de  Louis  XVI  qu'il  vient  de  terminer.  Dans  cette  aimable 
attente,  il  restera  à  son  atelier  tous  les  jours  de  cette  semaine,  de 
midi  à  trois. 

Au  fond,  qu'était-il,  François  Grille  i'  Un  homme  d'esprit  et  de  grand  cœur. 
Quelles  étaient  les  prérogatives  du  chef  de  la  troisième  Division  au  Ministère 
de  l'Intérieur?  Celles  d'un  Directeur  des  Beaux-Arts.  Nous  n'avons  pas  la 
preuve  que  François  Grille  se  soit  rendu  à  l'invitation  de  Bosio,  mais  il  a  fait 
mieux.  Au  verso  de  la  lettre  du  statuaire,  l'excellent  Directeur  a  esquissé  une 
notice  de  son  correspondant.  Elle  n'a  que  dix  lignes,  on  la  voudra  lire.  Ce 
n'est  pas  une  plume  indifférente  qui  l'a  tracée.  Que  l'on  en  juge  : 

Notice.  —  Bosio,  statuaire.  —  Est  sous  le  rapport  de  la  grâce 
et  du  goût  le  meilleur  sculpteur  de  l'École  moderne.  Il  ne  manque 
pas  de  style  ;  son  Jlercule  terrassant  le  Serpent  en  est  une  preuve  ; 
mais  il  tombe  quelquefois  dans  le  genre  théâtral.  Quoique  Bosio 
ait  obtenu  beaucoup  de  travaux  du  Gouvernement,  il  est  loin 
d'être  à  son  aise.  Ce  qui  lui  manque,  ce  n'est  pas  de  la  conduite, 
mais  de  l'ordre.  Il  était  chargé  d'une  statue  équestre  pour  le  pont 
d'Iéna.  Le  petit  modèle  qu'il  a  fait  est  très  bien  ;  on  peut  lui  con- 
fier toute  espèce  de  travaux,  il  les  exécutera  avec  talent  et  intel- 
ligence. 

Il  vient  de  terminer  le  modèle  de  la  statue  du  ducd'Enghien  et 
celui  d'un  Jeune  enfant  jouant  au  palet.  Ce  dernier  ouvrage  fait  le 
plus  grand  honneur  à  son  talent. 

Chargé  par  le  Ministère  de  la  statue  équestre,  en  marbre,  de 
Louis  XIV. 

J'admire  ce  fonctionnaire  bienveillant  qui,  entre  deux  audiences,  fixe  pour 
sa  gouverne,  son  opinion  sur  ses  justiciables.  Il  ne  songe  point  à  se  donner 
le  change  à  lui-même.  Il  dit  tout,  mais  avec  mansuétude  et  justesse. 

D'ailleurs,  Bosio  n'était  pas  un  étranger  pour  François  Grille.  Celui-ci,  dit 
M.  Célestin  Port,  s'était  marié  en  janvier  1817,  alors  que  depuis  cinq  années, 
—  et  quelles  années!  —  il  était  chef  du  Bureau  des  sciences  et  des  Beaux- 
Arts.  Bosio  fit  le  buste  de  Madame  Grille,  qu'il  n'exposa  pas  au  Salon  et  que 
ses  biographes  ont  naturellement  omis  de  signaler.  De  son  côté,  M.  Port, 
dans  sa  notice  sur  Grille,  ne  dit  pas  à  quelle  date  l'ancien  fonctionnaire, 


222  AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS. 

tombé  en  disgrâce  à  l'avènement  de  la  monarchie  de  Juillet,  perdit  sa  femme. 
Une  lettre  de  Bosio,  en  nous  révélant  l'existence  du  buste  qu'il  a  sculpté,  va 
nous  apprendre  à  quelle  époque  son  ancien  ami  et  protecteur  vit  son  foyer 
désert. 

Paris,  le  lo  septembre  1843, 
A  Monsieur  Grille,  Bibliothécaire  de  la  ville  d'Angers. 
Monsieur  et  ami, 
Il  n'existe  point  de  creux  du  buste  de  Madame  Grille,  il  m'est 
donc  impossible,  à  mon  grand  regrés,  de  repondre  à  votre  désire 
sans  faire  un  bon  creux  et,  pour  y  parvenir,  il  faudrait  m'envoyer 
le  buste,  car  je  craindrais  qu'une  main  malhabile  n'altéra  l'origi- 
nal qu'il  faudrai  lui  confier. 

En  tout  état  de  chose,  disposé  de  moi  ;  j'éprouverai  toujours  un 
vrai  plaisir  à  vous  être  agréable. 

Agréez,  je  vous  prie,  l'assurance  de  ma  haute  considération  et 
croyez  à  toute  la  part  que  je  prends  à  la  perte  douloureuse  que 
vous  venez  de  faire. 

Le  Bon  Bosio. 
(Bibliothèque  d'Angers.  —  Manuscrits.  —  N°  572.) 

PRADIER. 

1844. 

Le  Christ  en  croix  de  la  sépulture  des  Demidoff 
A  Saint-Pétersbourg. 

Comment  expliquer  que  cette  lettre,  datée  de  Paris  1844,  adressée  à  Théo- 
phile Gautier  qui  habitait  Paris,  se  retrouve  dans  les  papiers  de  François 
Grille,  conservateur  de  la  Bibliothèque  d'Angers  depuis  i837.''Le  critique 
s'est-il  intéressé  à  l'œuvre  de  Pradier?  Nous  venons  de  parcourir  le  volume 
Portraits  contemporains  dans  lequel  ont  été  rassemblés  les  feuilletons  de 
Gautier.  Pradier  n'a  pas  même  son  profil  dans  cette  galerie  largement  ouverte 
aux  illustrations  de  l'art  et  des  lettres  de  iSSg  à  1871. 

Mon  cher  Monsieur  Théophile  Gautier. 

Je  viens  de  terminer  une  statue  en  marbre  d'un  Christ  en  croix 
de  huit  pieds  de  proportion,  commandé  par  M""  Anatole  de  Demi- 
doff pour  le  tombeau  de  son  frère  et  qui  doit  partir  pour  Saint- 
Pétersbourg.  Mon  intention  est  de  l'exposer  publiquement  dans 
mon  atelier  depuis  le  samedi  treize  juillet  jusqu'au  20  du  même 
mois,  cour  de  l'Institut,  n°  i". 

Je  serais  heureux  que  vous  voulussiez  bien  prendre  un  moment 
pour  venir  voir  ce  travail,  c'est  la  première  statue  de  ce  genre,  le 
Christ  et  la  croix  étant  dans  le  même  bloc. 

Je  me  recommande  à  votre  bienveillance  pour  faire  faire  l'an- 


BIBLIOGRAPHIE.  22  3 

nonce  de  cette  exposition  dans  les  journaux  où  vous  avez  crédit  et 
vous  prie  de  croire  à  l'affection  de  votre  tout  dévoué, 

/.  Pradier^ 
Membre  de  l'Institut,  officier  de  la  Légion  d'honneur, 
9  juillet  1 844. 
(Bibliothèque  d'Angers.  —  Manuscrits.  —  N»  572.) 


BIBLIOGRAPHIE. 

Album  paléographique  ou  recueil  de  documents  importants  rela- 
tifs à  l'histoire  et  à  la  littérature  nationales,  reproduits  en  héliogra- 
vure d'après  les  originaux  des  bibliothèques  et  des  archives  de  la 
France,  avec  des  notices  explicatives  parla  Société  de  l'École  des 
chartes.  Paris,  Quantin,  1887,  in-folio.  10  pages  d'introduction  et 
5o  planches. 

Si  l'on  peut  regretter  de  voir  parfois  la  photographie  empiéter  sur 
le  domaine  de  certains  arts,  auxquels  elle  porte  un  préjudice  notable, 
il  faut  reconnaître  qu'elle  est  aujourd'hui  un  des  plus  précieux  auxi- 
liaires de  la  science  historique.  En  multipliant  les  textes  anciens,  elle 
en  assure  la  conservation  et  les  met  à  la  portée  de  tous  les  travail- 
leurs, qu'elle  dispense  ainsi  de  longs  et  coûteux  voyages;  Chose 
singulière,  presque  invraisemblable  !  La  photographie  a  permis  de 
retrouver  sur  de  vieux  parchemins  des  traits  effacés  et  imperceptibles 
à  l'œil.  N'accuse-t-elle  pas  d'ailleurs,  avec  une  franchise  implacable, 
les  défauts  de  peintures  qui  paraissent  sans  retouche  à  l'observateur 
le  plus  attentif?  Certaines  applications  scientifiques  ont  permis  de 
constater  récemment  que  la  plaque  photographique  reproduisait  des 
détails,  des  accidents  échappant  à  la  vue  secondée  d'instruments  puis- 
sants. Elle  a  donc  devant  elle  un  champ  des  plus  vastes,  bien  qu'il 
soit  douteux  qu'elle  puisse  jamais  faire  une  concurrence  sérieuse  à 
l'œuvre  d'art. 

Pour  la  reproduction  des  vieilles  écritures,  la  photographie  est  sans 
rivale,  en  raison  de  sa  franchise.  Les  fac-similés  dus  aux  dessinateurs 
les  plus  exercés  n'approchent  pas  de  l'exactitude  des  copies  obtenues 
par  l'héliogravure.  «  Ce  genre  de  reproduction,  dit  M.  Delisle  en 
parlant  de  ces  fac-similés  dans  l'introduction  placée  en  tète  de  l'album, 
comme  celui  que  feu  M.  Pilinski  a  porté  à  un  si  haut  degré  de  per- 
fection, n'est  pas  à  l'abri  des  défiances  de  la  critique;  il  donne  en  effet 
ce  qu'a  vu  ou  cru  voir  le  dessinateur.  Il  en  est  tout  autrement  des 
reproductions  héliographiques,  sur  lesquelles  on  peut  raisonner 
comme  sur  les  originaux,  si  les  épreuves  sont  venues  avec  netteté  et 
si  elles  n'ont  point  subi  de  retouches.  » 

A  la  suite  de  ces  observations,  le  savant  administrateur  général  a 
dressé  le  tableau  des  principales  publications  françaises  ou  étrangères 
ayant  donné  des  reproductions  d'anciens  textes  par  l'héliogravure. 
La  liste  en  est  déjà  considérable.  L'album  paléographique  que  vient 


I 


224  BIBLIOGRAPHIE. 

de  faire  paraître  la  maison  Quantin  occupera  un  des  premiers  rangs 
dans  cette  précieuse  collection.  Il  offre  des  échantillons  des  différents 
types  d'écritures  employés  en  France  pendant  dix  ou  onze  cents  ans, 
depuis  le  vi^  siècle  de  notre  ère  jusqu'en  1682. 

Sur  les  soixante-sept  fac-similés,  vingt-neuf  sont  empruntés  aux 
manuscrits  de  la  Bibliothèque  nationale,  douze  à  des  manuscrits  de 
la  bibliothèque  de  Lyon,  dix-neuf  aux  pièces  originales  des  archives 
de  France,  deux  à  la  bibliothèque  de  la  Faculté  de  médecine  de  Mont- 
pellier, et  un  à  chacun  des  dépôts  suivants  :  bibliothèques  Mazarine, 
de  Cambrai,  de  Laon,  de  Quedlinbourg  et  d'Oxford.  Dans  l'ordre 
chronologique,  l'album  présente  quatorze  fac-similés  du  v«  au  vm«  s., 
quatre  du  viii",  cinq  du  ix°,  deux  du  x«,  un  du  xi*,  huit  du  xii^,  huit 
des  xin°  et  xiv",  trois  du  xv**,  trois  du  xvi«  et  deux  du  xvii*  siècle.  Ne 
semble-t-il  pas  que  les  cinq  dernières  feuilles  appartenant  au  xvi«  et 
au  xvn=  siècle  auraient  pu  sans  inconvénient  être  remplacées  par  des 
textes  plus  anciens?  Les  temps  modernes  à  partir  de  la  Renaissance 
auraient  aisément  fourni  la  matière  d'un  album  assurément  très 
curieux,  tandis  que  les  rares  documents  publiés  ici  sur  une  époque 
si  riche  en  témoignages  écrits  semblent  un  peu  dépaysés.  N'eût-il  pas 
aussi  mieux  valu  séparer  franchement  les  manuscrits  des  diplômes  et 
des  chartes  originales  ?  L'ouvrage  eût  formé  ainsi  deux  parties  entiè- 
rement distinctes,  l'une  confiée  aux  savants  conservateurs  de  la 
Bibliothèque,  l'autre  au  personnel  des  Archives. 

Malgré  ces  observations,  qui  ne  diminuent  en  rien  le  mérite  de 
cet  ouvrage,  malgré  des  lacunes  et  des  imperfections  à  peu  près  inévi- 
tables, l'album  paléographique  restera  une  des  plus  belles  publica- 
tions du  genre.  Il  fait  honneur  à  la  maison  qui  l'a  entreprise  dans 
l'intérêt  unique  de  la  science.  Nous  souhaitons  vivement  que  le  succès 
récompense  cette  initiative  hardie,  afin  que  l'éditeur  soit  encouragé 
à  la  renouveler  et  se  décide  à  former  un  recueil  méthodique  des  plus 
anciens  monuments  graphiques  de  notre  histoire,  dont  quelques-uns 
figurent  ici  pour  la  première  fois  ou  ont  déjà  paru  ailleurs. 

Quelques-unes  des  reproductions  publiées  dans  le  présent  album 
offrent  certains  détails  fort  intéressants  sous  le  rapport  de  l'art.  Nous 
citerons  particulièrement  les  pages  couvertes  de  dessins  extraites  du 
fameux  album  de  Villard  de  Honnecourt,  puis  les  miniatures  qui 
décorent  les  deux  manuscrits  juxtaposés  des  allégories  de  la  Bible  du 
xiii'  et  du  xv»  siècle,  celle  qui  est  placée  en  tête  du  psautier  de  saint 
Louis,  les  miniatures  des  Grandes  Chroniques  de  France,  de  l'Infor- 
mation des  rois,  du  Miroir  historial  et  surtout  des  miracles  de  Notre- 
Dame,  datant  du  milieu  du  xv«  siècle.  Ces  exemples  montrent  qu'en 
dehors  du  haut  intérêt  paléographique  de  la  récente  publication 
éditée  par  la  maison  Quantin,  elle  offre  des  éléments  de  comparaison 
très  précieux  à  ceux  qui  étudient  dans  la  miniature  une  des  plus 
importantes  manifestations  de  l'art  du  moyen  âge.  —  J.-J.  G. 


LES  PEINTRES   VERRIERS   DE   TROYES.  225 

LES  PEINTRES  VERRIERS  DE  TROYES 

DU   XIV«    ET   DU   XVe   SIECLE, 

La  réputation  des  peintres  verriers  de  Troyes  est  faite.  Plusieurs 
d'entre  eux  sont  célèbres,  et  les  églises  de  Troyes  possèdent  encore 
des  verrières  d'une  rare  beauté,  ouvrages  achevés  de  l'art  du  ver- 
rier au  xiv%  au  xv«,  au  xvi«  et  même  au  xvii«  siècle. 

La  renommée  de  ces  maîtres  eût  été  moins  grande,  malgré  le 
talent  de  quelques-uns  d'entre  eux,  si,  il  y  a  une  trentaine  d'an- 
nées, à  une  époque  où  les  études  fondées  sur  les  documents  ori- 
ginaux écrits  étaient  encore  rares,  un  érudit,  l'abbé  Coffinet,  cha- 
noine de  Troyes,  n'avait  entrepris  de  faire  connaîre  ces  peintres 
verriers  par  ceux  de  leurs  travaux  qui  sont  mentionnés  dans  les 
comptes  des  églises  de  Troyes. 

L'abbé  Coffinet  a  publié,  en  i858,  dans  les  Annales  archéolo- 
giques, un  mémoire  intitulé  :  Documents  historiques  et  archéo- 
logiques sur  les  peintres  verriers  de  la  ville  de  Troyes^  pendant 
trois  siècles,  depuis  1 3^5  jusqu'à  i6go.  Il  a  signalé  : 

4  maîtres  du  xiv«  siècle  ; 

22  du  xv«  siècle. 

Les  notices  que  l'abbé  Coffinet  a  données  ont  été  souvent  citées, 
et  c'est  grâce  à  elles  qu'on  a  assigné  à  l'art  de  la  peinture  sur  verre 
à  Troyes  un  degré  d'importance  qui  n'a  pas  été  exagéré. 

M.  Alexandre  Assier,  des  recherches  duquel  nous  avons  déjà 
parlé,  a  consacré  aux  verriers  un  chapitre  de  son  livre  sur  les  Arts 
et  les  Artistes  de  la  capitale  de  la  Champagne  de  i25o  à  i68o, 
publié  en  1876. 

M.  Assier  a  connu  3o  verriers  : 

I  du  XIII*  siècle  ; 

I I  du  XIV*  siècle  ; 
lÔ  du  XV*  siècle. 

Notre  moisson  a  été  plus  abondante.  Nous  avons  recueilli  dans 
les  comptes  les  noms  et  la  mention  des  ouvrages  de  82  peintres 
verriers  : 

I  du  XI  ne  siècle  ; 

19  du  XIV*  siècle; 

62  du  xv«  siècle. 

Nous  disons  peintres  verriers  :  nous  avons  en  effet  écarté  plu- 

ART   FR.    IV  l5 


226  LES   PEINTRES   VERRIERS   DE   TROYES 

sieurs  ouvriers  qui,  tout  en  étant  désignés  comme  verriers,  ne 
faisaient  que  de  la  gobeletterie  ou  ne  faisaient  que  du  verre  en 
feuilles  blanc  ou  de  couleur.  Toutefois  les  peintres  verriers  de 
Troyes  faisaient  toutes  sortes  d'ouvrages.  Ceux-là  mêmes  qui  ont 
fermé  avec  des  verrières  de  couleur  à  histoires  les  baies  énormes 
pratiquées  dans  les  murs  et  les  croisées  de  nos  églises  se  livraient 
en  même  temps  aux  travaux  les  plus  modestes  de  leur  métier.  Ils 
mettaient  des  vitres  aux  tableaux  qui  renfermaient  des  reliques, 
aux  lanternes;  ils  étaient  souvent  de  simples  vitriers,  selon  l'ac- 
ception que  le  mot  a  de  nos  jours. 

Plusieurs  des  maîtres  dont  nous  allons  parler  comptent  parmi 
les  verriers  les  plus"  habiles.  Leurs  noms  ne  doivent  pas  être 
oubliés  : 

Dans  la  seconde  moitié  du  xiv^  siècle,  Guillaume  Brisetout, 
Jacquemin  Sauvage  et  Guyot  Brisetout; 

Dans  la  première  moitié  du  xv*  siècle,  Jean  Simon  dit  de  Bar- 
sur- Aube-, 

Dans  la  seconde  moitié  du  xv^  siècle,  Liévin  Varin,  Girard  le 
Noquat,  Pierre  Maçon,  Jean  Verrat,  Balthazar  Godon  et  Jean 
Macadré. 

Tous  les  extraits  d'articles  de  comptes  que  nous  avons  repro- 
duits ont  été  tirés  des  registres  des  comptes  de  la  ville  ou  des 
églises  de  Troyes  qui  sont  conservés  à  la  Bibliothèque  nationale, 
aux  archives  du  département  de  l'Aube  et  aux  archives  de  la  ville 
de  Troyes. 

XIIP  SIÈCLE. 

I.  Jean  (. .1298-1301}. 
Jean,  verrier  [vitrearius]^  a  travaillé  à  la  cathédrale  de  Troyes. 

xiv^  siècle. 

2.  Martelet  (..i3o6-i3o7). 
Martelet,  verrier  [verreriiis], 

3.  Guillaume  (..1 365-1 372). 

Maître  Guillaume,  peintre  et  verrier,  a  peint  des  statues  [yma- 
gines]  pour  des  confréries  de  Troyes  et  a  réparé  des  verrières  à  la 
cathédrale. 

Nous  supposons  que  le  maître  Guillaume,  peintre,  et  le  maître 
Guillaume,  verrier,  sont  le  même  personnage.  Il  est  probable  que 


DU   XI V^   ET   DU   XV®   SIÈCLE.  227 

maître  Guillaume  le  verrier,  qui  travaillait  en  1 366,  est  autre  que 
Guillaume  Brisetout. 

4.  GuiLLEMiN  I  (..1 366-1 367). 
Guillemin  I,  maître  verrier,  paraît  n'avoir  pas  été  le  même  que 
le  précédent. 

5.  Gw/V/aMme  Brisetout  (..1 372-1 378). 

Guillaume  Brisetout  était  maître  peintre  verrier.  Il  a  été  marié 
et  a  eu  un  fils,  Guyot,  qui  fut  aussi  peintre  verrier. 

Il  quitta  Troyes  en  1378,  en  y  laissant  sa  femme;  rien  n'in- 
dique qu'il  soit  revenu  dans  cette  ville,  car,  plusieurs  années 
après  son  départ,  les  proviseurs  de  l'œuvre  de  l'église  de  Troyes 
portaient  encore  dans  leurs  comptes  comme  «  irrecouvrable  »  une 
somme  de  6  livres  16  sols  qu'il  leur  devait  depuis  1376. 

Guillaume  Brisetout  a  fait  plusieurs  des  verrières  de  la  cathé- 
drale de  Troyes. 

1375-1376.  «  A  maistre  Guillaume  Brisetout,  verrier,  pour 
verrer  la  tierce  forme  de  la  croisée  devers  le  pavement  à  la  partie 
devers  la  ville  en  laquelle  sont  xiijxx  ix  piez  de  verre  blanc  et 
couste  chascun  pié  iiij  sols.  Et  le  pié  d'ymaginé  couste  xij  deniers 
plus  dou  blanc  lequel  plus  de  ladicte  forme  Guillaume  Gauterel 
a  paie,  —  valent  les  xiijxx  ix  piez  à  iiij  sols  pour  pié  Iiij  livres 
xvj  sols. 

a  ...  Pour  verrer  le  grant  oiteau  de  ladicte  croisée  devers  le 
pavement  ouquel  sont  vjc  iiijxx  vj  piez  de  verre  blanc  qui  valent 
à  iiij  sols  vjxx  xvij  livres  iij  sols.  Et  pour  le  verre  ymaginé 
Ixviij  piez  qui  valent  plus  dou  blanc  pour  pié  xij  deniers,  — 
Ixviij  sols,  —  valent  en  toute  somme  vijxx  livres  xij  sols.  » 

1378- 1379.  «  A  Guillaume  Brisetout,  verrier,  et,  depuis  que  fu 
party,  à  ses  vallés  pour  verrer  une  des  formes  de  la  croisée  devant 
le  pavement  à  la  partie  de  la  maison  Dieu  Sainct-Nicolas,  en 
laquelle  sont  le  Sauveur,  saincte  Hélène  et  saincte  Mastie.... 

«  Pour  courtoisie  faicte  ausdicts  vallés  pour  assouvir  le  verre, 
quant  lidis  maistre  Guillaume  s'en  estoit  départi  de  ce  pais  et 
pour  assoir  ladicte  forme  du  commandement  de  messeigneurs, 

XX  s. 

«  A  la  femme  de  maistre  Guillaume  Brisetout  et  Adenet  son 
vallet  pour  courtoisie  faicte  à  eulx  du  commandement  de  mess, 
en  leur  chappitre,  le  mercredi  xiij^  iour  de  ianvier,  pour  ce  que 
ladicte  femme  avoit  grant  perte  à  tenir  les  vallés  et  aussin  que 


2  28  LES   PEINTRES   VERRIERS   DE   TROYES 

sondict   mary  s'en   estoit  partis  du  pais  et  a  voit  laissé  ledict 

ouvraige  bien  empeschié,  pour  ce  c  s. 

a  Aux  vallés  verriers  après  que  ledict  ouvraige  fut  parfaiz  et 

assouvis,  pour  leur  vin  x  s.  » 

6.  Jacquinot  Plumereux  (..iS/S-iSyy). 

Jacquinot  Plumereux,  verrier,  a  peint  les  verrières  de  la  cha- 
pelle de  Saint-Martin  à  Péglise  Saint-Etienne.  Ces  verrières  furent 
posées  en  1377. 

7.  Adenet  (..1 375-1 379). 

Adenet  le  verrier  a  été  valet  de  Guillaume  Brisetout  le  verrier, 
de  1375  à  1377. 

Il  a  travaillé  pour  son  propre  compte  à  la  cathédrale,  en  1377- 
1378. 

Après  le  départ  de  Guillaume  Brisetout,  en  1 378-1 379,  Adenet 
devint  valet  de  la  femme  de  ce  dernier  et  continua  avec  elle  les 
travaux  du  vitrail  de  la  croisée  qui  étaient  commencés. 

8.  Jean  de  Damery  (..1377— î-i38o). 

Jean  de  Damery,  maître  verrier,  était  désigné  quelquefois  sous 
le  nom  de  «  Jehan  Damilly  »  ou  de  «  maistre  Jehan  le  verrier.  » 

Jean  de  Damery  a  fait,  paraît-il,  quelques-uns  des  vitraux  du 
chœur  de  la  cathédrale.  Cette  attribution,  que  l'abbé  Coffinet  a 
reproduite,  ne  nous  paraît  pas  fondée.  Il  est  douteux  que  ce  ver- 
rier ait  exécuté  un  travail  aussi  important,  puisqu'il  ne  put  pas 
faire  convenablement  la  verrière  dont  nous  allons  parler. 

Jean  de  Damery,  en  1 378,  «  avoit  marchandé  de  verrer  la  forme 
du  milieu  de  la  rameure  devers  chapitre  au  costé  par  devers  le 
revestiaire,  sur  laquelle  forme  lui  a  esté  baillé  par  messire  Pierre 
d'Arbois  pour  lors  proviseur  de  ladite  fabrice  xxviij  livres  tour- 
nois et  par  Thomas  Belle,  à  présent  proviseur,  tant  en  plomb 
comme  en  argent  vj  livres  jciiij  sols  qui  font  en  somme  xxxiiij  livres 
xiiij  sols,  —  et  ledit  ouvrage  de  verrerie  fait  par  ledit  maistre  Jehan 
a  esté  condampnez  pour  non  valable  et  moins  souffisant  de  mètre 
en  ladite  forme.  Et  depuis  a  esté  prisié  ledit  ouvrage  à  despécier 
tant  verre  que  plomb  par  ouvriers  à  x  livres  tournois,  lequel  ladite 
fabrice  a  pris  à  la  descharge  dudit  i^aistre  Jehan,  pour  ce  x  livres, 
—  doit  ledit  maistre  Jehan  à  ladite  fabrice  et  Drève  de  la  Marche 
qui  en  a  respondu  pour  luj  en  chapitre  xxiiij  1.  xiii;  s.  » 

1 378-1 379.  «  Item  dudit  maistre  Jehan  qui  avoit  entrepris  à 


DU   XI V^   ET   DU   XVe   SIÈCLE.  229 

faire  la  forme  de  verrière  de  la  crousie  par  devers  chapitre,  au 
costé  par  devers  le  revestiaire,  laquelle  il  n'a  peu  pas  faire.  Et  est 
dit  par  ouvriers  et  bonnes  personnes,  c'est  assavoir  Gilet  le 
poinctre,  maistre  Colin  Lesgeley,  Jaquemin  le  verrier,  Guiot  Bri- 
setout,  verrier,  en  la  présence  de  messire  Pierre  d'Arbois,  messires 
Guillaume  de  Creney,  Drève  de  la  Marche,  Erard  de  Vitel,  cha- 
noines de  Téglise  de  Troies,  et  Guillaume  du  Temple,  bourgeois 
de  Troies,  et  plusieurs  autres  que  l'ouvrage  n'estoit  pas  souffi- 
sant  ne  convenable.  Et  fu  condampnez  par  les  dessusdiz.  Et 
depuis  le  verre  et  le  plonb  dudit  ouvraige  a  esté  prisié  par  saire- 
ment  par  ledit  Jaquemin  et  ledit  Guiot  Brisetout,  verriers,  en 
présence  dudit  Drève  de  la  Marche  et  Jehan  Thierry,  maçon, 
Guiot  Malprouvé  et  autres  à  x  livres  tournois,  pour  ce  x  1. 

a  Au  maistre  de  la  maison  Dieu  le  Conte,  qui  avoit  arrester 
tout  le  verre  et  le  plonb  que  ledit  maistre  Jehan  avoit  pour  l'église 
pour  le  loier  de  sa  maison,  —  paie  pour  ledit  maistre  Jehan  pour 
avoir  ledit  plomb  et  verre  Ix  s.  » 

Jean  de  Damery  est  mort  en  1 38o  ;  il  devait  encore  à  la  fabrique 
les  24  livres  14  sols. 

9.  Jacquetnin  Sauvaige  [..iSyy-j-  de  i388  à  1412). 

Jacquemin  Sauvaige  ou  Sauvaje  est  presque  toujours  appelé 
dans  les  comptes  Jacquemin  le  verrier.  Il  était  de  Valenciennes. 
Il  a  épousé  Marguerite,  qui  est  morte  en  1 382  ou  en  1 383,  léguant 
20  sols  tournois  à  l'œuvre  de  la  cathédrale.  Il  a  eu  d'elle  deux  fils, 
Gillet  et  Renier,  «  lesquelx  ensemble  prinrent  (en  1412,  du  cha- 
pitre de  la  cathédrale)  une  des  roes  du  molin  à  papier  de  la  moline,  » 
des  maisons  et  des  prés  pour  25  livres  par  an.  Leur  père  était 
mort  à  cette  époque,  et  les  fils  continuaient  le  bail  fait  à  leur  père. 

Jacquemin  est  mort  de  i388  à  141 2. 

Il  a  fait  plusieurs  des  grands  vitraux  et  une  des  roses  de  la 
cathédrale. 

1 377-1 378.  «  ...  Pour  verrer  la  forme  où  est  saint  Michiel  en 
laquelle  sont  iijc  iiij  piez  de  verre  blanc  qui  valent  à  iiij  sols  pour 
pié  Ix  1.  xvj  s. 

a  Item  Ixx  piez  d'imagerie  qui  valent  Ixx  sols,  —  ce  fait  en  toute 
somme  Ixiiij  1.  vj  s. 

a  Item  audit  Jaquemin  oultre  le  pris  dessusdit  qui  li  fut  promis 
par  lesdiz  proviseurs  ,  xl  s. 

a  ...  Pour  verrer  la  forme  où  est  ymaginé  mons.  saint  Bartho- 


23o  LES    PEINTRES    VERRIERS    DE   TROYES 

lomé  en  laquelle  sont  iijc  xlj  pié  et  demj  de  verre  blanc  qui  valent 
à  iiij  sols  le  pié  Ixviij  1.  vj  s. 

«  Item  pour  iiijxx  piez  ymagerie  pour  pié  xij  deniers         iiij  1. 

a  Qui  font  en  somme  toute  Ixxij  1.  vj  s. 

a  Et  oultre  ledit  pris  à  li  promis  xl  s.  » 

1 378-1 379.  a  Pour  la  première  forme  qui  est  par  devers  cha- 
pitre au  costé  par  devers  le  revestière^  en  laquelle  est  l'ymage  de 
saint  Mamer,  où  il  a  iijc  iiijxx  xv  pies  et  j  quart  de  verre  blanc, 
pour  chascun  pié  par  marché  faict  à  Jaquemin  le  verrier  par  mes- 
sire  Pierre  d'Arbois  iiij  s.  t.  valent  Ixxix  1.  xij  deniers,  —  pour 
iiijxx  et  XV  pies  et  demj  qui  y  sont  de  verre  point  oudict  ymage 
ou  lion  et  ou  tabernacle  de  ladicte  verrière,  pour  chascun  pié 
xij  deniers  valent  iiij  1.  xv  s.  vj  d. 

«  Pour  aventaige  qui  lui  fut  promis  pour  ladicte  forme       xl  s. 

«  Pour  courtoisie  faicte  aux  vallés  dudict  Jaquemin  v  s. 

«...  Pour  la  forme  par  devers  le  cuer  ou  costé  devers  le  reves- 
tière  où  est  l'ymage  de  saint  Denis  Ixxvj  1. 

«  Pour  aventage  faict  audict  Jaquemin  sur  toute  ladicte  forme 

xl  s. 

a  Pour  appareillier  ij  penels  de  verrières  du  pignon  où  sont  les 
ymages  de  saint  Père  et  saint  Pol  et  un  penel  de  verrières  de  la 
chappelle  saint  Fiacre  par  Jaquemin,  verrier...  » 

Jacquemin  était,  en  cette  année,  au  nombre  des  maîtres  et  des 
ouvriers  commis  par  le  chapitre  pour  juger  les  verrières  de  Jean 
de  Damery  et  ensuite  pour  priser  le  verre  et  le  plomb  de  ces  ver- 
rières. 

1 379-1380.  «...  Pour  la  forme  du  milieu  de  la  rameure  par 
devers  chapitre  au  costé  par  devers  le  revestière,  en  laquelle  est 
l'ymage  de  la  résurrection  Nostre  Seigneur  où  il  a  iiijc  xxxviij  piez 
et  derhj  de  verre  blanc,  pour  chascun  pié  iij  s.  iiij  d.  valent 

Ixxiij  1.  j  s.  viij  d. 

a  Pour  ixxx  xj  piez  de  poincture  qui  sont  sur  ledict  verre  blanc 
es  images  de  ladicte  résurrection  de  sire  Guillaume  de  Hametel  et 
de  sa  femme,  pour  pié  x  deniers,  valent  pour  tout  vij  1.  xviij  s.  ij  d. 

«  Pour  aventage  qui  fut  promis  audict  Jaquemin  pour  toute 
ladicte  forme,  xl  s. 

«  Pour  courtoisie  faicte  aux  vallés  dudict  Jaquemin,  v  s. 

«  Pour  courtoisie  faicte  par  messigneurs  audict  Jacquemin  pour 
ce  qu'il  disoit  qu'il  avoit  perdu  en  ladicte  forme  de  verrière  à  faire 
le  piez  pjour  iij  sols  iiij  deniers  duquel  il  avoit  touziours  par  avant 


DU    XIV^    ET    DU   XV^   SIÈCLE.  23  I 

iiîj  sols,  et  de  ce  fist  une  supplication  à  messigneurs,  liquelx  ordon- 
nèrent qu'il  lui  fust  donné  xl  s.  » 

i38o-i38i.  «  Pour  verrer  la  roè  (rose^par  deveh  la  court  Toffi- 
cial  en  laquelle  a  vjc  et  iiijxx  pies  de  verre  et  les  basses  verrières 
au-dessoubz  de  ladicte  roe  esquelle?  il  a  ijc  et  Ix  pies  de  verre, 
ausin  monte  la  somme  du  verre  tant  de  la  roe  comme  desdictes 
basses  verrières  ixc  xl  piez  de  verre  qui  valent  à  ii)  sols  ix  deniers 
pour  chascun  pié  viijxx  xvj  livres  v  sols. 

(c  Pour  aventage  faict  audict  Jaquemin  par  messigneurs,     Ix  s. 

a  Pour  courtoisie  faicte  aux  vallés  dudict  Jaquemin  v  s. 

«  Pour  faire  viseter  la  verrière  de  ladicte  roe  par  Jehan  dict 
Marayz,  Jehan  Magourt* ,  lesquelx  messire  Pierre  d'Arbois  fit  jurer 
aux  sainctes  évangiles  que  bien  et  diligemment  viseteront  toutes 
les  verrières  faictes  parledict  Jacquemin,  liquelx  rapportèrent  que 
bien  et  léalment  elles  estoient  faictes  et  senz  nul  deffauf!;-.  S  "'  "M 

En  cette  année,  Jacquemin  fut  commis,  avec  d'autres  maîtres, 
pour  visiter  «  les  couvertures  de  plomb  tout  autour  du  cuer  et  des 
chappelles  couvertes  de  plomb  et  ou  haut  clochier.  » 

Cathédrale.  i38i-i382.  «  ...  Pour  faire  une  verrière  neuve  en 
la  chappelle  de  Saincte-Marguerite  au  droit  du  grant  autel... 

ix  1.  iyL  s. 

«  Pour  appareillier  les  verrières  des  chappelles  basses...  iiij  sols 
par  jour  (mars  et  avril  i382).  » 

i382-i383.  «  ...  Pour  appareillier  ung  panel  de  verrière  en  la 
chappelle  Nostre-Dame  et  deux  autres  pannez  de  couleurs  ou 
cuer...  pour  verre,  pour  plomb  et  pour  salaire  x  s,  (juillet).  » 

] 383-1 384.  «  ...  Pour  remettre  ung  penel  de  verrière  en  la 
forme  où  est  l'ymage  de  sainct  Berthemiel  que  le  vent  avoit  rompu 
les  liens... 

«  Pour  appareillier  les  verrières  du  cuer...  iiij  sols  ij  deniers 
par  jour  (avril  1384).  » 

1 386-1 387.  «...  Pour  appareillier  les  verrières  de  la  chapelle 
Sainci-Père  et  Sainct-Pol.  » 

1 387-1 388.  «...  Pour  appareillier  les  verrières  de  la  chappelle 
dou  Sauveur...  » 


1.  Jean  dit  Maraiz  et  Jean  Margourt,  qui  furent  chargés  de  faire  la  visite 
et  l'examen  des  verrières  faites  par  Jacquemin,  ont  été  placés  par  quelques 
érudits  au  nombre  des  verriers  de  Troyes.  Nous  ne  les  avons  jamais  trouvés 
désignés  comme  exerçant  cette  profession.  ,  . 


232  LES    PEINTRES   VERRIERS   DE   TROYES 

lo.  Guyot  Brisetout  (..i 378-1421). 

Guyot  Brisetout,  peintre  verrier,  était  fils  de  Guillaume  Brise- 
tout,  aussi  peintre  verrier. 

Il  a  été  marié,  et  sa  femme  était,  en  i38o-i38i,  bastonnière  de 
la  confrérie  de  «  Madame  saincte  Marguerite  »  à  la  cathédrale. 

Guyot  Brisetout  demeurait,  en  1392-j  393,  dans  «  la  grant  Rue 
de  Troyes,  au  dessoubz  de  l'église  Sainct-Urbain.  » 

Il  a  travaillé  aux  vitraux  de  la  cathédrale  et  des  églises  Saint- 
Étienne  et  Saint-Urbain. 

En  1 378-1 379,  il  a  a  appareillié,  d  à  la  cathédrale,  «  les  basses 
verrières  autour  du  cuer  »  et  d'autres  verrières  ;  il  a  fait  plusieurs 
petits  vitraux;  il  était  au  nombre  des  maîtres  et  ouvriers  commis 
par  le  chapitre  pour  juger  un  vitrail  de  Jean  de  Damery,  et  ensuite 
pour  priser  le  verre  et  le  plomb  de  ce  vitrail. 

Il  a  relevé  et  réparé,  en  1 38o-i  38 1 ,  une  verrière  à  l'église  Saint- 
Etienne,  et,  en  1 401 -1402,  il  a  visité,  avec  le  serrurier  Robert  de 
Chaource,  tous  les  vitraux  de  cette  église. 

Parmi  ses  travaux  à  la  cathédrale,  de  i383  à  141 6,  nous  ne 
citerons  que  les  suivants  : 

Brisetout  a  fait,  en  1 388-1 389,  la  verrière  «  en  laquelle  est 
Tymage  saint  Bartholomé,  »  et  «  un  ymage  de  Dieu  en  loo  et  son 
siège  tout  de  couleurs.  » 

1408  (verrière  du  portail  latéral  nord,  qui  existe  encore).  «  Guiot 
Brisetout,  verrier,  demorant  à  Troies,  ouquel  osteau  seront  faiz 
les  quatre  evvangélistes  en  quatre  rons  qui  seront  oudict  osteau, 
avec  huit  escuçons  qui  seront  en  huit  autres  rons  et  telles  armes 
que  par  lesdiz  vénérables  lui  seront  dictes  et  déclarées,  —  à  raison 
de  trois  solz  quatre  deniers  tournois  pour  chascun  pié  de  verre 
qui  par  lui  sera  mis  ou  emploie  oudict  osteau  (le  marché  a  été 
signé  le  27  juillet  1408).  » 

Guyot  Brisetout  a  été,  dans  certaines  années,  payé  à  la  journée, 
à  raison  de  3  sols  4  deniers  par  jour. 

II.  Aucher  Daubruissel  (..i 380-1401). 

Aucher  Daubruissel,  verrier,  a  travaillé  aux  verrières  de  la 
cathédrale  avec  Guyot  Brisetout  et  avec  Jacquemin  Sauvage. 

12.  DoMANcmN  (..i383-i384). 
Domanchin,  verrier,  varletàt  Guyot  Brisetout,  a  travaillé  avec 


DU   XIV^   ET   DU   XV*   SIECLE.  233 

celui-ci,  en  i383-i384,  aux  verrières  de  Téglise  Saint-Urbain  et, 
en  1 388-1 389,  aux  verrières  de  la  cathédrale. 

i3.  Lambinet  (..1 383-1 384). 
Lambinet,  «  pinctre  verrier.  » 

14.  yean  CoiNTET  |..i  385-1 388). 
Jean  Cointet,  verrier,  a  appareillié,  en  1 386- 1 387,  les  verrières 
de  la  chapelle  Saint-Pierre  et  Saint-Paul  à  la  cathédrale. 

i5.  Jeannin  I  (..1389-1396). 
Jeannin  I,  verrier,  varlet  de  Guyot  Brisetout. 

16.  Jeannin  de  Pommart(..i 393-1 394). 

Jeannin  de  Pommart,  «  varlet  verrier,  »  a  travaillé,  en  i393- 

1394,  à  réglise  Saint- Urbain. 

17.  Etienne  Machefoing  (..i 393-1407]. 

Etienne  Machefoing,  verrier  et  peintre,  a  rapareillié,  en  1394- 

1395,  toutes  les  verrières  de  Téglise  Sainte-Savine,  et  a  réparé, 
en  1406-1407,  les  verrières  d"'une  des  salles  de  Tévêché. 

18.  Jeannin  Sublot  (..i 394-1 396). 
Jeannin  Sublot,  verrier. 

(Nous  croyons  que  Jeannin  Sublot  n'a  pas  été  peintre  verrier, 
et  qu'il  faisait  de  la  gobeletterie) . 

19.  Jean  Charretel  (..i 395-1 398). 

Jean  Charretel,  de  Saint-Quentin,  verrier,  a  ouvré,  en  1397- 
1398,  à  la  cathédrale,  a  en  la  verrière  où  est  Tymage  saint  Bar- 
tholomé.  » 

20.  Jean  Pasquier  (..  1396- 1398). 

Jean  ou  Jeannin  Pasquier,  verrier,  varlet  de  Jean  Charretel. 

xv"  siècle. 
21.  Pierre- Mathieu  Cossard  (xv»  siècle). 
Pierre-Mathieu  Cossard,  peintre  verrier. 

22.  Girard  (. .1407-1410). 
Girart,  valet  de  Guyot  Brisetout,  a  travaillé  avec  celui-ci  aux 
verrières  de  la  cathédrale. 

23.  Guyot  (..1408-  f  avant  1418). 
Guyot,  verrier,  marié  à  Agnès  Nicot,  est  mort  de  141 1  à  1418. 


234  LES    PEINTRES   VERRIERS   DE   TROYES 

24.  Aubrjr  Saùlcier  (..1412-  -f-  de  1416  à  1418). 
Aubry  Saùlcier  ou  Sacier,  verrier,  a  épousé  Thévenette,  et  a  eu 
d'elle  un  fils,  Jeannin,  qui  fut  aussi  verrier. 

25.  Jean  du  Pins  (. .1416-1417). 

Jean  du  Pins  dit  La  Barbe,  verrier,  a  fait  des  vitraux  pour  la 
cathédrale  en  1416-1417  : 

«  iij  formes  de  la  croisée  devers  chapitre  dessubz  la  chapelle 
Saint-Jaque; 

a  iij  formes  de  la  croisée  devers  le  pavement  dessubz  la  chapelle 
Saint-Michel; 

a  Pour  ledit  ouvrage  xxx  1.  » 

26.  Antoine  I  (. .1416-1421). 
Antoine  I,  verrier. 

27.  Jean  Talemer  (. .1416-1428). 
Jean  ou  Jeannin  Talemer  ou  Jeannin  le  verrier,  verrier. 

28.  Hennequin  du  Pins  (..i 417-142 i). 
Hennequin  du  Pins  dit  La  Barbe,  verrier,  a  réparé  des  ver- 
rières à  la  cathédrale  en  141 7  et  en  141 8- 141 9. 

29.  Jean  /Simon  (. .1417-1440). 

Jean  I  Simon  ou  Symon  dit  de  Bar-sur-Aube,  maître  verrier, 
peintre  et  doreur,  est  presque  toujours  désigné  dans  les  comptes 
sous  le  nom  de  Jean  de  Bar-sur-Aube.  Il  a  été  marié  et  a  eu  un 
fils,  Jean  II  ou  Jeannin,  peintre  verrier,  dont  nous  parlerons 
plus  loin. 

Jean  de  Bar-sur-Aube  tenait  à  loyer  du  chapitre  de  l'église 
Saint-Etienne,  au  prix  de  4  livres  ro  sols  tournois  «  en  forte  mon- 
noyé  »  ou  de  20  livres  5  sols  tournois  «  en  foible  monnoie,  »  à 
payer  en  deux  termes,  à  la  Saint-Remi  et  à  Pâques,  «  la  moitié 
d'une  maison  de  la  grant  Rue  qui  va  jusques  à  la  rue  Moyenne.  » 

Il  a  travaillé  aux  vitraux  de  la  cathédrale  et  à  ceux  des  églises 
Saint-Étienne  et  Sainte-Madeleine. 

Cathédrale.  1420.  Jean  Simon  a  fait  une  verrière  pour  la  cha- 
pelle des  apôtres  et  une  autre  en  la  salle  basse  d'une  maison  de  la 
rué  des  Lorgnes  appartenant  à  l'église. 

1425-1426.  a  ...  Pour  avoir  levé  deux  des  fenestres  de  la  cha- 
pelle Saint-Nicolas^  refait  les  bordures  et  mis  en  Tune  le  verre  de 
couleurs...  »t  uh.TKim  izu 


DU    XIV^    ET    DU    XV«   SIÈCLE.  235 

Église  Sainte-Madeleine.  1425-1426.  «  ...  Pour  avoir  appareillé 
et  remiz  à  point  les  verrières  dessus  les  orgues...  » 

1427.  «  ...  Pour  avoir  appareillé  et  mis  à  point  les  verrières...  » 

Cathédrale.  1427.  Réparation  des  vitraux  de  la  chapelle  Notre- 
Dame. 

Église  Sainte-Madeleine.  1430-143 1.  «  ...  Pour  avoir  remis  à 
point  toutes  les  verrières  de  l'église...  » 

1431-1432.  Peinture  et  dorure  «  de  Touvraige  de  bois  du 
cyboire,  »  fait  par  Jean  Oudot,  huchier. 

Cathédrale.  1432-1433.  «  ...  Pour  xiij  jornées  de  ly  et  son  fila 
dorer  la  hensse...  et  la  croix...  Ixv  s.  t.  » 

1433.  Réparation  de  tous  les  vitraux  et  dorure  de  la  croix  du 
grand  clocher. 

De  1433  à  1440,  Jean  de  Bar-sur- Aube  a  réparé  chaque  année 
les  verrières  dala  cathédrale  et  celles  de  Féglise  Sainte-Madeleine. 

3o.  Seugnot  (..14 18). 
Seugnot,  verrier,  a  été  marié. 

3i,  Perrin  Le  Raslat  (.,1418-1423). 
Perrin  Le  Raslat,  verrier  et  peintre. 

32.  Jacquemin  (..141 9-1426). 
Jacquemin,  verrier. 

33.  Jean  Brisetout  (. .1419-  -]-  de  1435  à  1438). 
Jean  Brisetout,  maître  peintre  verrier,  appelé  le  plus  souvent 
maître  Jean  le  verrier,  a  été  marié. 

Il  a  travaillé  en  1420-1421  et  en  1426-1427  aux  vitraux  de  la 
cathédrale.  Il  faisait,  en  1420-1421,  avec  Jean  Blanc  Mantel,  ver- 
rier, les  verrières  de  la  chapelle  de  la  Conception. 

34.  Jean  II  Adam  (..1420). 
Jean  II  Adam,  verrier. 

35.  Jeannin  Saulcier  (..1420). 
Jeannin  Saulcier  ou  Sacier,  verrier,  était  fils  de  Aubry,  verrier, 
et  de  Thévenette,  sa  femme. 

36.  Jacques  I  (..1420-1421). 
Jacques  I,  maître  verrier. 

37.  Jean  Blanc  Mantel  (..  1420-1424). 
Jean  Blanc  Mantel,  verrier,  a  fait  des  vitraux  à  la  cathédrale. 


236  LES   PEINTRES   VERRIERS    DE   TROYES 

38.  Guillemin'II  (..i 421 -142 2). 

Guillemin  II  dit  Flanchant,  verrier,  ne  nous  est  connu  que  par 
l'article  suivant  : 

142 1- 1422.  a  Delà  forfaiture  de  Guillemin  le  verrier  dict  Flan- 
chant, lequel  a  esté  exécutez  par  les  gens  du  Roy  à  la  justice  de 
Troyes,  vend  ses  vignes  à  Jehannette  sa  femme  la  somme  de 
xij  livres  foible  monoye...'.  » 

39.  Jean  de  Vertus  {..i 421 -1423). 
Jean  de  Vertus,  maître  verrier,  a  travaillé  à  la  cathédrale. 

40.  Jeannin  II  (. .1421-1424). 
Jeannin  II,  verrier,  a  travaillé  à  l'église  Saint-Urbain. 

41.  Pierre  Poteau  (..1422). 
Pierre  Poteau,  verrier.  • 

42.  Philippe  Talemer  (..1423). 
Philippe  Talemer,  verrier. 

43.  Thévenette  (..1423). 
Thévenette,  verrière. 

44.  Jean  I  (..1425-  f  de  1432  à  1434). 
Jean  I,  maître  verrier,  a  été  marié. 

45.  Jean  Peu  (..1427- 1430). 
Jean  Peu,  verrier. 

46.  Guillaume  GvÉm^  (. .1427-1432). 
Guillaume  Guérin,  verrier. 

47.  Jean  //Simon  (..143 i-  f  en  1472  ou  en  1473). 

Jean  II  ou  Jeannin  Simon  ou  Symon  dit  de  Bar-sur- Aube  est 
plus  connu  sous  le  nom  de  Jean  de  Bar-sur-Aube  ou  Jean  Bar- 
sur-Aube.  Il  était  fils  de  Jean  I. 

Il  a  été  maître  verrier,  peintre  et  doreur. 

Vallet  de  Viriville  a  attribué  à  ce  maître  un  beau  vitrail  de 
l'église  Sainte-Madeleine  qui  représente  l'histoire  de  saint  Louis. 
Nous  n'avons  pas  trouvé  la  preuve  de  ce  fait. 

Jean  II  de  Bar-sur-Aube  a  fait  cependant  plusieurs  grandes 

I.  Bibliothèque  nationale,  mss.,  Compte  de  la  grand'chambre  de  l'église 
Saint-Ltienne. 


DU   XIV®   ET    DU   XV®   SIÈCLE.  23/ 

verrières,  tandis  que  son  père  n'a  guère  fait  que  réparer  des 
vitraux. 

Église  Sainte-Madeleine,  1448- 1449. 

Il  a  refait  à  neuf  deux  verrières  en  la  chapelle  Sainte-Catherine. 

Cathédrale.  1449- 1450.  «...  Pour  mettre  à  point  plusieurs 
verrières  tant  en  l'église  qu'en  la  maison  de  la  rue  des  Lorgnes...  » 

Église  Sainte-Madeleine.  1452-1453.  «  ...  Pour  avoir  refait  les 
grandes  verrières  estant  sur  les  orgues...  un  venteau  d'une  ver- 
rière estant  au  revestière...  plusieurs  des  verrières  estant  es  cha- 
pelles... » 

Église  Saint-Étienne.  145 8- 145 9.  «  ...  Pour  avoir  fait  deux 
verrières...  » 

De  1459  à  1472,  nous  n'avons  trouvé,  dans  les  comptes  de  la 
cathédrale  et  des  églises  Saint-Étienne  et  Sainte- Madeleine,  que 
la  mention  de  réparations  de  vitraux. 

Jean  II  de  Bar-sur-Aube  est  mort  à  Troyesen  1472  ou  en  1473. 

48.  Huguenin  Guérin  (..1435). 
Huguenin  Guérin,  verrier. 

49.  Michelet  Le  Borgne  (. .1438-1447). 
Michelet  Le  Borgne  ou  Michelet  le  verrier  a  «  rappareillé  et 
remis  à  point  »  des  verrières  à  l'église  Saint-Jean,  en  1441,  et  a 
refait  deux  vitraux,  en  1446-1447,  à  l'église  Sainte-Madeleine. 

5o.  Jean  II  (..1448). 
Jean  II,  verrier. 

Si.  Tirement  de  la  Tour  (..1448- 1472). 

Tirement  ou  Thierement  de  la  Tour,  plus  souvent  appelé  Tire- 
ment le  verrier,  était  maître  verrier. 

Il  a  travaillé  à  la  cathédrale  en  1452,  en  i469-i47oet  en  1470- 
1471. 

52.  Jeanniot  (. .1450-1451). 
Jeanniot,  verrier. 

53.  Hermant  (. .1450-1452). 

Hermant  l'Allemand  ou  Hermant  le  verrier  a  réparé  les  ver- 
rières de  la  cathédrale,  de  1450a  1452,  et  quitta  Troyes  en  1452. 

54.  Hennequin  (. .1450-1453). 
Hennequin  le  Flamand,  verrier. 


2  38  LES   PEINTRES   VERRIERS   DE   TROYES 

55.  Henriet  Coppin  (..i45o--j-i482). 

Henriet  Coppin,  verrier  et  enlumineur,  était  désigné  souvent 
SOUS  le  nom  de  Henriet  le  verrier.  Il  a  épousé  Jeanne,  qui  travail- 
lait avec  lui. 

Il  a  fait  des  verrières  à  la  cathédrale  et  à  Téglise  Saint-Urbain. 

Il  est  mort  en  1482. 

56.  Jean  Tirement  {..1453-1456). 
Jean  Tirement,  verrier,  a  refait,  en  1453-1454,  les  vitraux  de 
l'église  Saint-Urbain. 

57.  Nicolas  I  (..1454-1456). 
Nicolas  I ,  peintre  et  verrier. 

58.  Jeanne  (. .1465-1482). 
Jeanne,  femme  de  Henriet  Coppin,  travaillait  avec  son  mari. 
Elle  a  remis  à  point;  avec  lui,  en  1467- 1468,  les  vitraux  deTéglise 
Saint- Urbain. 

59.  Antoine  II  (1467-1468). 
Antoine  II,  verrier. 

60.  Emery  (..1472). 
Émery,  verrier. 

Jean  II,  verrier. 


61.  Jean  II  (..1472). 

62.  Jeannot  (..1472). 


Jeannot,  verrier. 

63.  Liévin  Varin  (..i473-fi5i2  ou  i5i3). 

Liévin  Varin,  maître  verrier,  était  désigné  le  plus  souvent  sous 
le  nom  de  Liévin  le  verrier. 

Le  prénom  de  Liévin  étant  très  répandu  en  Flandre  et  n'étant 
jamais  donné  à  Troyes,  le  nom  de  Varin  n'ayant  été  porté  à  Troyes 
par  aucun  autre,  il  est  probable  que  Liévin  Varin  était  Flamand. 

Il  a  épousé  Jeanne.  Il  était  oncle  de  Jean  Macadré. 

Il  habitait  la  rue  Notre-Dame. 

Liévin  Varin  a  été  un  des  plus  habiles  verriers  de  Troyes.  Il  a 
exécuté  des  travaux  nombreux  et  importants  à  Troyes  et  à  Sens; 
nous  n'en  signalerons  que  quelques-uns. 

Église  Saint-Etienne.  1478-1479.  Verrière  de  verre  blanc  payée 
X  s.  xj  d.  t. 


DU   Xive   ET   DU   XV®    SIECLE.  289 

Ville.  1498.  «  A  Liévin,  verrier,  la  somme  de  xl  s.  t.  pour  avoir 
fait  et  livré  cinq  paneaux  de  verre  mis  et  assiz  oudit  ostel  où 
demeure  ledit  Grégoire  et  outre  lesdits  paneaux  xvj  piedz... 

«  Audit  Liévin  la  somme  de  xxv  s.  t.  pour  avoir  fait  cinq 
ostiaux  assiz  en  la  chambre  devant  sur  la  rue  Nostre-Dame  et  es 
ostiaux  a  mis  la  Résurrection  nostre  s""  mons'  saint  Ladre,  les 
armes  du  Roy  et  de  Champagne,  et  en  l'autre  chambre  sur  la 
court  deux  autres  ostiaux  où  sont  mons'  saint  Grégoire  et  les 
armes  de  Tournay^.  » 

Cathédrale.  1498.  Varin  fit,  aux  frais  de  François  de  Marisyet 
de  Guillemette  Phelippe,  sa  femme,  la  verrière  de  Radix  Jesse, 
la  quatrième  dans  la  nef,  à  droite,  en  entrant.  Ce  vitrail  est  fort 
beau. 

Le  registre  des  comptes  de  1498- 1499  contient  Tarticle  suivant  : 

a  A  la  femme  de  Lyevin,  verrier,  à  laquelle  messires  ont  ordonné 
bailler  ung  escu  d'or  pour  ung  chapperon  affin  qu'il  fist  bien  et 
deuement  la  verrière  de  Radix  Jesse,  pour  ce  cy  xxxv  s.  t.  » 

Église  de  Sens.  i5oo.  Le  doyen  et  le  fabricien  du  chapitre  de 
la  cathédrale  de  Sens  se  rendirent  à  Troyes  pour  proposer  à  des 
verriers  de  cette  ville  de  faire  les  verrières  de  la  croisée.  Ils  trai- 
tèrent avec  trois  de  ceux-ci,  Liévin  Varin,  Jean  Verrat  et  Baltha- 
sar  Godon.  Marché  fut  passé  entre  ces  verriers  et  les  députés  du 
chapitre,  pour  Pexécution  de  tous  les  vitraux  de  la  croisée,  avec 
forme  de  verre  et  de  plomb,  moyennant  16  blancs  (6  s.  8  d.  t.) 
seulement  par  pied  «  tout  de  couleur  et  paincture.  » 

En  i5oi-i5o2,  le  chapitre  de  la  cathédrale  de  Sens  somma  les 
verriers  troyens  de  faire  et  parfaire  les  vitraux  dans  le  temps 
convenu. 

En  i5o2,  Varin  et  son  neveu  Jean  Macadré  conduisirent  à  Sens 
plus  de  mille  pieds  de  verre  mis  en  œuvre.  Plus  tard^  Varin,  Ver- 
rat et  Godon  apportèrent  Vosteau  qui  fut  posé  le  12  Juin  i5o2. 

Un  serviteur  de  Varin  vint  ensuite  à  Sens  avec  «  le  verre  ouvré 
des  armes  du  Roy  et  de  la  Reyne,  »  et  l'assit  en  Vosteau  le  ij  sep- 
tembre i5o2. 

Enfin,  le  1 1  décembre  de  cette  année,  les  deux  formes  de  vitraux 
du  portail  méridional  furent  mises  en  place  par  Verrat  et  Godon, 
aidés  par  A^acadré,  que  Varin  avait  envoyé  à  sa  pl^ce. 

I.  Archives  de  Troyes,  E  47,  Compte  de  la  maladrerie  des  deux  eaux. 


240  LES   PEINTRES   VERRIERS   DE   TROYES 

Les  vitraux  de  la  chapelle  Notre-Dame  furent  posés  le  4  février 
i5o3. 

Ces  travaux  considérables  furent  payés  8o5  livres  10  sols 
6  deniers  tournois. 

Troyes.  Liévin  Varin  travailla  aux  verrières  de  l'église  Sainte- 
Madeleine  en  i5o3  et  à  celles  de  Téglise  Saint-Jean  de  i5o8  à  sa 
mort.  Il  était  chargé,  à  Péglise  Saint-Jean,  de  «  ouvrer  en  esté  et 
refermer  en  yver  »  les  vitraux  de  Péglise  : 

«  ...  Pour  ses  gaiges  acoustumez  pour  ung  an  d'avoir  ouvert  et 
fermé  les  verrières  de  l'église,  xv  s.  t.  » 

En  i5io-i5i2,  Liévin  Varin  leva  et  rassit,  avec  son  neveu 
Macadré,  plusieurs  verrières  de  l'église  Saint-Jean,  et  les  répara 
pour  le  prix  de  21  livres  18  sols  tournois. 

En  i5i2-i5i3,  il  refit  le  vitrail  de  la  chapelle  Notre-Dame  dans 
cette  église,  vitrail  «  où  est  l'imaige  Sainct  Xpistofle.  » 

Sa  femme  mourut  en  mai  i5o3.  Varin  décéda  en  i5i2  ou  en 
i5i3. 

64.  Claude  Piqueret  (..1474- 148 3). 

Claude  Piqueret  ou  Piquerel  ou  Claude  le  verrier,  verrier. 
65.  Jacques  II  (. .1475-1477). 

Jacques  II,  verrier. 

66.  Andr}'  Faucheron  (..1479- 1484). 

Andry  Faucheron,  maître  verrier. 

6y.  Girard  Le  Noquat  (..1482-1494). 

Girard  Le  Noquat  ou  Le  Noquart,  maître  verrier,  était  appelé 
quelquefois  «  maistre  Girart  »  ou  «  Girart  le  verrier.  » 

Le  nom  peut  être  lu  Le  Noquat  ou  Le  Nognat  ;  nous  ignorons 
quelle  est  la  forme  correcte. 

Girard  a  travaillé  aux  vitraux  de  la  cathédrale  : 

1482-1483.  «  ...  Pour  avoir  faict  toutes  les  verrines  des  deux 
costés  du  hault  de  ladicte  nef  neufve  esquelz  y  a  iiijc  iiijxx  dix 
piedz  de  verre,  —  à  luy  baillé  comme  a  esté  marchandé  par  mes- 
sires  audict  verrier  de  chascun  pied  ij  s.  vj  d.  t. 

«  A  luy  pour  les  verrines  d'en  bas  du  pignon  de  la  ramée  de 
ladicte  nef. 

«  A  luy  pour  les  verrines  d'en  bas  des  parroiz  de  dessoubz  les 
basses  voltes  esquejles  y  a  cinquante  six  pieds...  » 

1484-1485.  «  ...  Auquel  a  esté  marchandé  par  messires  de  faire 


DU   XIV®   ET   DU   XV®    SIÈCLE.  24 1 

les  verrières  de  l'église,  et  de  doit  avoir  de  chascun  pied  de  verre 
ouvré  V  s.  X  d.  et  pour  avoir  faict  toute  la  verrière  qui  est  en  la 
formette  estant  en  la  chappelle  du  nouvel  faicte  du  costé  du  pave- 
ment, en  laquelle  sont  les  prophécies  de  l'advènement  et  passion 
de  Nostre  Seigneur,  et  du  haut  d'icelle  formette  jusques  au  quar- 
rey  est  faict  compte  par  maistre  Oudart  ou  précédent  compte  et 
en  tout  le  quarré  d'icelle  formette  y  a  deux  cens  et  xij  piedz  de 
verre,  dont  je  fait  compte  et  payé  audict  verrier  audict  pris  la  somme 
de  Ixj  1.  xvj  s.  viij  d.  t. 

«  A  lui  qui  c'est  dolu  à  messires  disant  qu'il  i  avoit  perdu  à 
cause  des  couleurs  qu'il  y  a  mises,  lesquieulx  par  délibéracion 
faicte  le  premier  jour  de  décembre  ont  ordonné  oultre  ladicte 
somme  c  s.  t.  » 

De  1485  à  1492,  Girard  Le  Noquat  a  travaillé  aux  verrières  sans 
interruption,  en  faisant  de  neuves  et  en  réparant. 

En  1493,  il  posa  les  vitraux  de  plusieurs  des  chapelles  de  la 
cathédrale.  Il  a  fait  la  verrière  de  la  Transfiguration  et  celle  «  où 
sont  les  anges,  le  crucifiement  et  rAnnunciation.  » 

Il  a  été  un  des  bons  verriers  de  Troyes. 

68.  Jean  I  Maçon  (..1485-  f  de  i5i3  à  i523). 
Jean  I  Maçon,  verrier,  a  été  marié. 

69.  Fmcen?  Marcassin  (. .1491-1493). 
Vincent  Marcassin,  Marquasin  ou  Marquarsin,  verrier,  a  passé, 
en  1492-1493,  un  marché  avec  le  chapitre  de  la  cathédrale  pour 
refaire  huit  verrières  au  pignon  de  la  nef  et  réparer  le  bas  des  ver- 
rières que  l'évêque  Louis  Raguier  avait  fait  faire.  Il  reçut  48  livres 
tournois. 

70.  Nicolas  II  (..1493-1495). 

Nicolas  II,  verrier,  a  refait  des  vitraux  à  la  cathédrale,  et  entre 
autres  la  verrière  «  en  la  chapelle  Sainct-Louys  auquel  est  Tymaige 
Sainct  Estienne.  » 

71.  Pierre  I  AiLLET  (..1493-1500). 
Pierre  I  Aillet,  verrier,  habitait,  en  1499-1500,  une  maison 
a  assise  près  de  ceste  église  (Péglise  Saint-Urbain),  »  dont  le  loyer 
était  de  2  livres  par  an. 

72.  Jean  Aillet  (..1495-1537). 
Jean  Aillet,  Ayllet,  Ailliez  ou  Alluet,  dit  Fréminet,  peintre 

art  FR.   IV  16 


242  LES   PEINTRES  VERRIERS   DE  TROYES 

verrier,  était  appelé  communément  Freminet  le  verrier.  Il  signait 
J.  Aillet. 

Il  a  été  marié  et  a  eu  un  fils  Pierre,  qui  s''est  marié  de  i535  à 
1537. 

Jean  Aillet  a  fait,  d'après  un  carton  de  Guillemin  Passot, 
peintre,  un  vitrail  pour  l'église  Sainte-Madeleine,  en  1495 -1496  : 

a  ...  Pour  la  fasson  de  la  verrière  sur  l'autel  Sainct-Jaques 
regardant  sur  Postel  mons""  de  Lirey  contenant  icelle  verrière 
Iv  pies  au  pris  de  v  sols  tournois  chacun  pié...        xiiij  1.  v  s.  t.  » 

Il  a  fait,  en  cette  même  année,  une  autre  verrière  pour  cette 
église. 

En  i5i8,  à  Féglise  Saint-Jean,  il  a  peint  et  remis  à  plomb  plu- 
sieurs panneaux  de  verrière. 

Il  a  refait,  en  i52r-i522,  un  vitrail  de  la  nef  de  l'église  Notre- 
Dame-aux-Nonnains. 

73.  Nicolas  Maçon  (..i495-i553). 

Nicolas  ou  Colas  Maçon  ou  Masson,  verrier,  était,  en  i553, 
propriétaire  de  la  maison  de  la  Poire^  sise  près  de  la  porte  de 
Belfroy. 

Il  a  travaillé  pour  la  cathédrale  en  1495,  en  1496-1497,  en 
1499,  de  i5i4  à  i5i9,  en  i523-i524  et  en  i535-i536.  Il  a  fait 
principalement  des  réparations  aux  verrières.  Il  a  remis,  en  1495, 
«  des  panneaulx  en  la  chapelle  de  la  Nativité  Nostre  Dame  selon 
les  couleurs.  » 

74.  Pierre  I  Maçon  (..1495-  -]-  de  i559  à  1569). 

Pierre  I  Maçon,  maître  verrier.,  était  appelé  souvent  Pierre  le 
verrier. 

Il  a  épousé  Catherine. 

Il  a  fait  çt  réparé  des  vitraux  à  la  cathédrale  et  aux  églises  Saint- 
Jean,  Saint-Nicolas  et  Saint-Pantaléon. 

Il  a  fait,  en  1498- 1499,  à  la  cathédrale,  la  verrière  de  l'Enfant 
prodigue^  aux  frais  de  Guillaume  Mole.  Les  proviseurs  de  l'œuvre 
furent  satisfaits  de  cet  ouvrage,  et  l'article  des  comptes  ci-après  en 
fait  foi  : 

«  A  la  femme  de  Pierre  le  verrier,  lequel  a  fait  la  verrière  de 


I.  La  parabole  de  l'Enfant  prodigue  est  représentée  en  seize  tableaux,  qui 
forment  trois  rangs  superposés  à  la  troisième  fenêtre  de  la  nef,  à  droite,  en 
entrant. 


DU  XIV^   ET   DU   XVe   SIÈCLE.  248 

l'Enfant  prodigue  pour  Guillaume  Moslé,  à  laquelle  messires  ont 
ordonné  bailler  comme  à  celle  de  Lyévin  ung  escu  d'or  valant 
XXXV  s.  t.  » 

Église  Saint-Nicolas.  i534-i535.  «  ...  Pour  les  pourtraictz  par 
luy  faictz  pour  les  ymages  de  Pierre  de  Genetz  (pour  la  table  du 
grand  autel),  v  s.  t. 

«...  Pour  avoir  pourtraict  les  ymages  sur  le  pourtraict  faict  du 
grant  autel,  xij  s.  vj  d.  » 

Pierre  Maçon  a  réparé  des  vitraux  à  Téglise  Saint-Jean,  en  1 545- 
1547,  et  à  l'église  Saint- Pantaléon  en  i555-i556  et  en  1 556-1 5 59. 

Il  a  travaillé  aussi  pour  la  ville. 

1495.  «  ...  Pour  xvj  piez  de  verre  neuf  pour  amplir  lesdiz  trois 
chassiz  (en  l'ostel  de  la  ville)...  » 

1496- 1497.  «  Pour  avoir  fait  les  deux  verryères  et  Farmoyrye 
desdittes  deux  fenestres  (à  l'ostel  de  la  ville),  Ix  s.  t.  » 

Pierre  Maçon  est  décédé  de  1 559  à  1 569  ;  sa  veuve  vivait  encore 
en  1572. 

75.  Etienne  (..1496-1504). 

Etienne,  verrier. 

76. /ean/ Verrat  (..1496-15 38). 

Jean  I  Verrat,  maître  verrier,  signait  ./.  Verrat.  Il  a  été  marié 
et  a  eu  au  moins  deux  fils,  qui  furent  verriers  tous  les  deux. 

Il  a  été  un  des  peintres  verriers  les  plus  habiles  de  Troyes. 

Il  a  beaucoup  travaillé  à  la  cathédrale;  nous  ne  mentionnons 
que  quelques-uns  de  ses  ouvrages. 

1499.  Ilafait,avecBalthazarGodon,laverrièredeM.  Ladvocat. 

1 504-1 5o5.  Il  a  levé,  racoustré  et  rassis  des  verrières. 

i5o5-i5o6.  Il  a  fait,  encore  avec  Balthazar  Godon,  la  première 
verrière  des  trois  fermettes  de  Tautel  de  Saint-Antoine,  pour  le 
prix  de  vjxx  livres  tournois. 

i5o9  à  i5ii.  Peinture  d'autres  vitraux. 

i5ii-i5i2.  Verrat  a  reverré  deux  des  panneaux  de  la  verrière 
de  monseigneur  de  Metz,  et  y  a  remis  des  pièces  «  selon  les  cou- 
leurs des  histoires.  » 

Il  a  fait  ou  réparé  des  vitraux  de  1517a  i522. 

En  i5i3-i5i4,  à  l'église  Sainte-Madeleine,  il  a  livré  et  mis  le 
verre  au  reliquaire  de  la  vraie  croix  et  «  au  joyau  des  relicques 
nouveau  fait.  » 

Verrat  a  fait  ou  a  réparé  des  verrières  à  l'église  Saint- Pantaléon 


244  L^^   PEINTRES   VERRIERS   DE   TROYES 

de  1 5 19  à  i522.  Il  a  refait  entre  autres  la  verrière  de  Laurent  du 
Molinet,  celle  de  Dauphin  et  celle  d'une  des  chapelles  du  Jubé. 

En  i5oo,  Jean  Verrat,  Liévin  Varin  et  Balthazar  Godon  ont 
passé  à  Troyes  un  marché  avec  les  députés  du  chapitre  de  la  cathé- 
drale de  Sens  pour  faire  toutes  les  verrières  de  la  croisée  de  cette 
cathédrale,  avec  forme  de  verre  et  de  plomb,  «  moyennant  1 6  blancs 
(6  sols  8  deniers  tournois)  seulement  pour  chascun  pied  tout  de 
couleur  et  painture.  »  Cette  entreprise  fut  achevée  à  la  fin  de  1 5o2, 
et  la  dépense  s'éleva  à  8o5  livres  10  sols  6  deniers  tournois.  Les 
vitraux  de  Tosteau  furent  livrés  en  juin  i5o2,  et,  en  septembre, 
on  y  posa  «  le  verre  ouvré  des  armes  du  roy  et  de  la  reyne.  »  On 
monta  en  décembre  les  deux  formes  du  côté  de  la  nef. 

Jean  Verrat  avait,  en  1 5 1  o- 1 5 11 ,  Martin  Lambert  et  Colas  Pas- 
quot  pour  varlets  et  Colas  Blancpignon  pour  apprenti. 

77.  Baltha:(ar  GoDoa  (..1498-1507). 

Balthazar  Godon  ou  Gondon,  maître  verrier,  signait  b  g.  Il 
était  appelé  le  plus  souvent  Balthasar  le  voirrier. 

Il  a  été  un  des  bons  peintres  verriers  de  Troyes. 

Il  a  fait,  pour  la  cathédrale,  en  1408-1499,  avec  Jean  Verrat, 
«  la  verrière  de  M.  Ladvocat.  » 

Il  a  entrepris,  avec  Liévin  Varin  et  Jean  Verrat,  de  faire  les 
vitraux  de  la  croisée  de  la  cathédrale  de  Sens  et  passa  marché  en 
i5oo  pour  cela  avec  le  chapitre  de  Sens.  Ce  travail  fut  achevé  en 
i5o3  ;  Godon  y  prit  une  part  égale  à  celle  de  Varin  et  de  Verrat. 

Il  fit  une  verrière  à  la  cathédrale  en  i5oi-i5o2,  et  y  refit,  en 
i5o2-i5o3,  a  ung  petit  paneau  devoirre  painct.  » 

En  i5o5-i5o6,  Jean  Verrat  et  lui  passèrent  un  marché  avec  le 
chapitre  de  la  cathédrale  pour  faire,  au  prix  de  120  livres,  «  la 
première  verrière  des  troys  formettes  qui  sont  à  faire  sur  l'autel 
Sainct  Anthoine.  »  Enfin,  il  refit,  en  i5o6-i5o7,  des  vitraux  à  la 
cathédrale. 

78.  Victor  Cordonnier  (..  1499-1 5 14). 

Victor  Cordouannier  ou  Cordonnier,  verrier,  était  frère  de  Nico- 
las Cordonnier  le  peintre.  Il  est  toujours  appelé  dans  les  comptes 
Victor  le  verrier  et  signait  avec  sa  marque  (les  lettres  V  et  C  sépa- 
rées par  un  fleuron^).  Il  a  travaillé  à  l'église  Saint-Jean. 

I.  Victor  Cordonnier  a  signé  aussi  avec  la  marque  V.  G. 


DU   XIV*   ET  DU   XV*  SIÈCLE.  245 

79.  Evrard  Hympe  (..i5oo-i5o2). 

Evrard  Hympe,  verrier  et  maçon  à  Sens,  a  travaillé  comme 
verrier  à  la  cathédrale  de  Troyes  en  i5o2. 

80.  Vasco  de  Troyes  (..i5oo-i5o3). 

Vasco  de  Troya,  maître  verrier,  a  fait,  au  commencement  du 
XVI®  siècle,  sous  le  gouvernement  du  cardinal  de  Ximenès,  des 
vitraux  pour  des  églises  d'Espagne,  et  entre  autres  pour  des  églises 
de  Séville,  de  Tolède  et  de  Burgos.  Il  était  à  Séville  en  i5o3. 

81.  Jean  Macadré  (..i5oo-  f  de  1541  à  1547). 

Jean  Macadré  ^  l'aîné,  peintre  et  verrier,  était  neveu  de  Liévin 
Varin. 

Liévin  Varin,  Jean  Verrat  et  Balthazar  Godon  ou  Gondon,  ver- 
riers, ont  passé  à  Troyes  en  i5oo  un  marché  avec  le  doyen  et  le 
fabricien  du  chapitre  de  la  cathédrale  de  Sens  pour  faire  les  ver- 
rières du  croison  de  l'église  (au  portail  du  sud).  Macadré  a  pris 
part  à  Texécution  de  ces  verrières.  Nous  le  voyons,  en  i5oi,  en 
1 5o2  et  en  i5o3,  accompagnant  à  Sens  Godon  et  Verrat,  à  la  place 
de  son  oncle,  pour  poser  les  verrières  et  en  faire  la  remise  au 
chapitre. 

Macadré  a  travaillé  pour  la  ville  de  Troyes  et  pour  les  églises 
Notre-Dame-aux-Nonnains,  Saint-Jean  et  Sainte-Madeleine. 

i5io-r5i2.  Église  Saint-Jean.  «  Payé  à  Lyévin  et  à  son  nep- 
veu  pour  avoir  levé  et  rassis  plusieurs  formes  de  verrières  au  cueur 
de  ladicte  église,  replombé  et  mis  du  verre  neuf  en  aucunes 

xxj  1.  xviij  s.  » 

1 520-1 521.  Église  Sainte-Madeleine.  «...  Pour  avoir  refaict 
deux  verrières  en  ladicte  église,  l'une  de  l'arbre  de  Jessé  et  l'autre 
de  l'invention  de  la  croix,  lesquelles  estoient  fort  endommagées...  » 

1524.  Ville.  «...  Pour  radouber  aucunes  verrières  à  la  sale  (de 
l'hôtel  de  ville,  lors  de  l'entrée  du  duc  de  Guise,  gouverneur  de  la 
Champagne)...  » 

1540.  Église  Saint-Jean.  «  ...  Pour  avoir  refaict...  les  verrières 
de  la  chapelle  de  la  couronne  et  avoir  fourny  le  verre...  » 

Jean  Macadré  a  été  marié  et  a  eu  un  fils,  Jean,  qui  fut  aussi 
peintre  verrier.  Il  est  mort  pauvre. 

I.  Le  nom  est  écrit  souvent  Macadrey,  Macabre,  Macardé  et  Mercadey. 


246  BARTHELEMY  JULLIEN. 

82.  Madrain  (fin  du  xve  siècle). 

Madrain,  verrier  de  Troyes,  est  cité  par  Le  Vieil  (p.  54)  comme 
ayant  travaillé  à  la  fin  du  xv«  siècle;  l'abbé  Coffinet  fait  aussi  men- 
tion de  lui.  Nous  n'avons  trouvé  aucun  document  original  sur  ce 
verrier,  mais  il  y  a  eu  à  Troyes  un  verrier  de  ce  nom  au  milieu 
du  xvi^  siècle. 

Natalis  Rondot. 


LE  PEINTRE  BARTHELEMY  JULLIEN. 

PAIEMENTS   d'un    TABLEAU    EXECUTE   POUR   LE   COMPTE   DES   CONSULS 
DE   TOULON    ET   DE   SIX-FOURS. 

(1573:) 

Communication  de  M.  Ch.  Ginoux. 

L 

Je  soubssigné,  Barthellerny  Jullien,  peintre,  confesse  de  avoir  reseu 
de  mains  de  mos""  le  tressorier,  sieur  Jean  Marin,  de  la  ville  de  Tolon, 
la  somme  de  quarante  florins  fins,  vingts  quatre  francs,  pour  leur 
part  de  la  veiie  figurée  scultée  que  j'ai  faicte  pour  leurs  diferants 
entre  eux  messieurs  de  Tolon  et  de  Six-Fours,  duquel  payement  de 
leurs  parts  me  tient  par  quitte  et  content  jusques  à  l'heure  présante, 
ce  vinc  septembre  iSyS.  Et  me  suis  soubssigné  de  ma  main  propre. 

Barthellerny  Jullien^  peintre. 

Plus  ay  ressu  des  mains  de  mons""  le  trésourier,  pour  les  despans, 
vingt  quatre  sous;  et,  en  signe  de  bonté  et  foi,  ay  faicte  et  refaitte  la 
présante  et  me  suis  soubssigné  comme  dessus. 

Barthellerny  Jiillien,  peintre. 

IL 

Je  Barthélémy  Jullien^  peintre,  demeurant  en  la  ville  de  Marseille, 
soubsigné,  confesse  avoir  reçu  des  Consuls  de  la  Communauté  de  la 
ville  de  ToUon,  et  par  les  mains  de  mons'  le  docteur  m»  Balthazard 
Rodelhat,  la  somme  de  cinct  florins  deus  pour  reste  et  entier  paye- 
ment de  mes  fournitures  et  facture  de  la  «  veue -figurée  »  faicte  en 
compagnie  et  durant  la  commission  de  Mons'  M»  Pierre  Séguiran, 
seigneur  d'Oribeau,  conseiller  et  commissaire,  dentre  ladicte  commu- 
nauté de  Tollon  et  les  scindics  de  la  communauté  de  Six-Fours,  dont 
delaquelle  somme  en  ay  quicté  et  quicte  ladicte  communauté  de  Toi- 


A  PROPOS  d'une  statue  de  la  cathédrale  de  soissons.      247 

Ion,  et  tout  aud.  p*  (?)  tesmoing  la  présente  est  faipte  d'autre  main  et 
signée  de  la  mienne  propre,  ce  quinziesme  décembre  mil  cinq  cens 
septante  troys. 

Barthellemy  Jullien,  peintre. 
J.  Cenf(?), 
Escripteur  et  tesmoing  de  la  présente. 


A    PROPOS    D'UNE    STATUE 

DE    LA   CATHÉDRALE   DE   SOISSONS. 

N   GVJLLEJN   DE   CAMBRA  Y  F 

i694(?) 

telle  est  la  signature,  gravée  en  majuscules  romaines,  que  je  rele- 
vais dans  les  derniers  jours  de  juin  sur  la  tranche  de  la  plinthe 
d^une  statue  placée  au  pied  de  la  nef  de  la  cathédrale  de  Soissons, 
à  droite  du  grand  portail  en  entrant. 

Agenouillée  sur  un  coussin  devant  un  prie-Dieu  qui  porte  Un 
livre  ouvert,  une  religieuse  bénédictine,  enveloppée  de  son  ample 
manteau  de  chœur  dont  le  capuchon  est  relevé  sur  sa  coiffe, 
adresse  ses  oraisons,  les  mains  pieusement  jointes.  A  l'exception 
de  la  face,  des  mains,  de  la  coiffe^  de  la  guimpe  et  des  pleureuses 
qui  sont  en  marbre  blanc,  tout  le  monument  est  en  marbre  noir. 

Une  inscription  gravée  sur  le  socle  moderne,  un  écusson 
armorié  ancien  et  Pépitaphe  originale  en  neuf  longues  lignes 
renseignent  sur  le  personnage  représenté  :  c'est  Madame  Gabrielle- 
Marie  de  La  Rochefoucauld,  fille  de  François-Guillaume  et  de 
Gabrielle  Du  Plessis  de  Liancourt,  qui,  «  après  avoir  esté  abbesse 
<i  du  Paraclet  dvrant  29.  ans,  fvt  nomée  par  le  roy  Lovis  14.  à 
a  cette  Abbaye  royale  »  [de  Notre-Dame  de  Soissons]  «  en  i683j 
«  et  décéda  le  23  nov.^""»  1693,  Aagée  de  71.  ans.  » 

En  1821,  lorsque  les  bâtiments  de  ce  monastère,  qui  comptait 
près  de  douze  siècles  d'existence,  furent  convertis  en  caserne,  la 
statue  fut,  de  l'église  Sainte-Croix,  qui  servait  à  la  sépulture  des 
religieuses  %  transférée  à  la  cathédrale,  ainsi  que  celle,  tout  en 
marbre  blanc  et  sans  signature,  de  Madame  Henriette  de  Lor- 
raine-d^Elbeuf,  abbesse  de  la  même  communauté. 

I.  Leroux,  Histoire  de  la  ville  de  Soissons.  Soissons,  Fosse'-Darcosse,  i83g, 
t.  I,  p.  247. 


248        A  PROPOS  d'une  statue  DE  LA  CATHEDRALE  DE  SOISSONS. 

Quant  à  Fauteur  qui  a  signé,  mais  non  pas  daté,  le  premier  de 
ces  deux  admirables  monuments,  quel  est-il? 

De  par  les  dates  fournies  par  l'épitaphe,  il  est  certain  que  ce  ne 
saurait  être  le  seul  Nicolas  Guillain  connu  jusqu'ici,  «  le  Père 
Cambray,  »  qui  fut  maître  des  AnguierQi  des  Sarrasin  et  père  de 
Simon  Guillain,  dit  Cambray,  et  qui  né  vers  i58i  décéda  à  Paris 
le  26  décembre  i658  à  l'âge  de  soixante-dix-sept  ans,  après  avoir 
été  l'un  des  douze  fondateurs  de  l'Académie  royale  de  Peinture 
et  de  Sculpture. 

Ce  même  Nicolas  Guillain  de  Cambray  a  été  mentionné  par 
Jal  comme  «  m''  sculpteur  et  peintre  »  dans  un  baptistaire  du 
I®'' avril  161 3,  où  il  figure  comme  parrain  de  sa  petite-fille  Cathe- 
rine. Quelle  qu'ait  été  la  date  de  sa  mort,  le  père  de  Simon  Guil- 
lain^  né  vers  i58i,  aurait  été  plus  que  centenaire  à  l'époque  où 
fut  sculpté  le  monument  de  cette  abbesse  nommée  en  i683. 

Aucun  des  cinq  fils  qui,  avec  cinq  filles,  bénirent  la  fructueuse 
union  de  son  fils  Simon  avec  Catherine  Cochet,  ne  porta  un  pré- 
nom commençant  par  un  N. 

D'autre  part,  il  m'est  impossible  d'établir  si  le  sieur  «  Pierre 
a  Guillain,  juré  du  Roy  et  m«  des  œuvres  de  massonneries  de  la 
a  ville  de  Paris,  »  dont  M.  Herluison  (p.  169)  relève  la  signature 
à  la  date  du  16  mai  1606  dans  les  registres  de  Saint-Germain-des- 
Prés,  laissa  un  descendant  qui  soit  devenu  sculpteur  et  à  qui  l'on 
puisse  attribuer  l'initiale  N  et  la  statue  de  l'abbesse  de  Notre- 
Dame  de  Soissons. 

Une  obscurité  non  moins  profonde  règne  sur  le  Baltasar  de 
Cambray^  dont  le  nom  seul  est  inscrit,  après  celui  de  Christophe 
Cochet,  père  de  Catherine,  dans  le  I1I«  des  quatrains  que  l'abbé 
de  Marolles  a  consacrés  aux  Quelques  sculpteurs  de  son  temps 
qu'il  a  catalogués  en  vers  :  au  V*,  il  nomme  un  Guillain  qui  ne 
peut  vraisemblablement  être  autre  que  le  Simon  de  l'Académie. 

Quel  peut  bien  être  le  N.  Guillain  de  Cambrai,  auteur  de  cette 
œuvre  si  remarquable  par  ses  rares  qualités,  ampleur,  simplicité, 
souplesse  noble  et  digne,  caractérisation  du  modèle  et  emploi  heu- 
reux de  deux  marbres  de  couleurs  contrastées  ? 

Serait-ce  un  petit-fils  de  Simon  dont  l'existence  et  l'état  civil 
n'auraient  été  découverts  ni  par  Jal,  ni  par  Herluison,  ni  par  les 
chercheurs  à  qui  les  problèmes  d'attribution  sont  familiers? 

Serait-ce  un  membre  resté  inconnu  jusqu'ici  de  la  famille  de 
Pierre,  le  juré  du  roi,  ou  du  Baltasar  cité  dans  le  Livre  des 
Peintres? 


CHARLES   COYPEL.  249 

Voilà  la  question  qui  se  pose  devant  moi  et  pour  laquelle  je  ne 
trouve  point  de  réponse. 

La  Société  de  l'Histoire  de  TArt  français  la  découvrira  sans 
doute. 

V.-J.  Vaillant. 


CHARLES  COYPEL 

ET   l'histoire   de   DON   QUICHOTTE. 
1721. 

La  tenture  qui  représente  dans  un  cadre  d'une  exquise  fantaisie  les  prin- 
cipales aventures  du  chevalier  de  la  Manche  restera  le  type  accompli  de  l'art 
décoratif  appliqué  à  la  tapisserie  dans  le  cours  du  xviii"  siècle.  Ce  n'est  pas 
un  des  moindres  titres  de  gloire  du  peintre  écrivain  Charles  Coypel  que 
d'avoir  attaché  son  nom  à  ces  compositions  fameuses.  Il  n'est  pas  sans  intérêt 
de  constater  que,  dès  1721,  à  peine  âgé  de  vingt-sept  ans,  notre  artiste  s'oc- 
cupait sérieusement  de  l'Histoire  de  Don  Quichotte;  peut-être  un  certain 
nombre  de  sujets  étaient-ils  déjà  peints.  Pourquoi  le  projet  de  faire  graver 
cette  suite  ne  fut-il  pas  suivi  d'exécution  t  Nous  ne  saurions  le  dire.  La  pièce 
suivante,  qui  a  fait  partie  de  la  collection  Benjamin  Fillon  (n°  1706  du 
Catalogue),  nous  fait  connaître  seulement  les  termes  de  la  curieuse  conven- 
tion arrêtée  entre  Coypel  et  ses  associés  pour  faire  traduire,  à  frais  communs, 
la  célèbre  suite  du  peintre. 

Aujourd'huy  2  3  mars  1721,  nous  Charles  Coypel,  Claude 
Martinot,  Philippes  Le  RebouUet  et  Jean  De  Lamotte,  sommes 
convenus  de  faire  graver  à  frais  communs  la  suitte  de  l'histoire 
de  Dom  Guichot  d'après  les  tableaux  de  mond.  sieur  Coypel^  et, 
pour  y  parvenir,  de  fournir  chacun  la  somme  de  cinquante  livres 
par  mois  qui  sera  insérée  dans  un  registre  que  mond.  s.  Coypel 
veut  bien  en  tenir,  et  sommes  aussi  convenus  que  les  planches 
gravées  resteront  entre  ses  mains,  voulant  bien  aussi  se  charger 
du  soin  de  l'impression.  Fait  quatruple  entre  nous  à  Paris,  les 
jour  et  an  cy  dessus. 

(Signé  :)  Delamotte.  —  C.  Martinot. 
Charles  Coypel. 

Nous  avons  vu  un  autre  exemplaire  de  la  même  convention  sur  lequel  le 
nom  de  Le  RebouUet  a  remplacé  celui  de  De  La  Motte.  L'exemplaire  repro- 
duit ci-dessus  serait  donc  celui  de  Le  RebouUet,  qui  n'avait  pas  signé. 

J.    J.   GUIFFREV. 


25o  l'église  de  la  madeleine  en  i8i6. 

L'ÉGLISE  DE  LA  MADELEINE 

EN    1816. 

Communication  de  M.  Henry  Jouin. 

Si  l'on  ouvre  la  publication  de  V Inventaire  des  Richesses  (Vart 
de  la  France,  Paris^  Monuments  religieux^  tome  P',  on  lit  à  la 
page  211  :  «  Par  ordonnance  royale  du  14  février  18 16,  le 
Temple  de  la  Gloire  projeté  par  Napoléon  fut  mis  à  néant,  et 
l'église  de  Sainte-Marie-Madeleine  fut  de  nouveau  décrétée.  Cette 
église  devait  contenir  les  monuments  expiatoires  de  Louis  XVI, 
de  Marie-Antoinette,  de  Louis  XVII,  de  Madame  Elisabeth  et 
du  duc  d'Enghien.  Bientôt  on  changea  cette  destination,  »  Ces 
lignes  sont  de  M.  Anatole  Gruyer,  membre  de  l'Académie  des 
Beaux-Arts.  Nos  lecteurs  nous  sauront  gré  de  leur  faire  con- 
naître, à  l'aide  de  documents  originaux,  le  plan  d'ensemble  de 
la  décoration  de  l'église  tel  qu'il  fut  adopté  conformément  aux 
décisions  prises  par  Louis  XVIII.  C'est  à  la  Bibliothèque  d'An- 
gers que  nous  empruntons  les  pièces  qui  vont  suivre.  Leur  place 
naturelle  serait  aux  archives  de  l'Administration  des  Beaux-Arts, 
mais  François  Grille,  qui  les  a  rédigées  en  qualité  de  chef  de 
bureau  au  ministère  de  l'Intérieur,  en  1816,  étant  devenu, 
en  1837,  conservateur  de  la  Bibliothèque  d'Angers,  il  n'y  a  rien 
de  surprenant  à  ce  que  la  minute  de  ces  documents  officiels  dont 
il  était  Pauteur  fût  demeurée  entre  ses  mains.  On  la  peut  lire  aux 
Manuscrits  où  elle  est  conservée  sous  le  n"  1042. 

Le  texte  qui  suit  n'est  pas  en  contradiction  avec  celui  de  la 
monographie  de  la  Madeleine  citée  plus  haut.  Toutefois,  on  le 
verra,  M.  Gruyer  indique  l'ordonnance  du  14  février  1816  comme 
ayant  été  le  point  de  départ  de  la  destination  nouvelle  de  l'édifice, 
et  Grille  fait  allusion  à  divers  actes  royaux  du  mois  de  jan- 
vier 18 16  se  rattachant  à  la  même  question. 

L 

Ministère  de  l'Intérieur.  —  Église  de  la  Madeleine.  —  Monuments 

expiatoires. 

Idées  générales  sur  l'exécution  des  lois  et  ordonnances  du  mois  de 

janvier  181 6. 

L'église  s'exécute  sur  les  plans  de  l'architecte  Vignon.  Un  vaste 


L^ÉGLiSÉ  i)É  LA  MADELEINE  EN    1816.  25 1 

péristyle  en  orne  l'entrée.  Un  long  portique  formé  dé  hautes  colonnes 
doit  régner  autour  de  la  nef,  extérieurement. 

Le  chœur  sera  entièrement  consacré  aux  monuments  expiatoires. 

Le  Monument  à  Louis  XVI  occupera  le  fond  (cul-de-four).  Les 
monuments'à  la  Reine  et  à  Louis  XVII  viendront  ensuite,  puis  ceux 
à  Madame  Elisabeth- et  au  duc  d'Enghien. 

La  statue  du  Roi  représentant  ce  monarque,  son  testament  à  la 
main,  surmontera  le  tombeau.  Les  statues  de  Louis  XVII  et  de  la 
Reine  seront  à  la  droite,  celles  de  la  princesse  Elisabeth  et  du  duc 
d'Enghien  à  la  gauche. 

Ces  monuments  seront  en  marbre  blanc. 

L'autel,  également  en  marbre,  sera  placé  à  l'entrée  du  chœur. 

Sur  cet  autel  sera  érigée  la  statue  de  Sainte  Madeleine,  représentée 
sous  les  traits  de  la  France  et  dans  l'attitude  du  repentir. 

Une  grille  dorée  séparera  le  chœur  de  la  nef. 

Sur  le  fronton  sera  sculpté  un  groupe  d'Anges  prêt  à  enlever 
Louis  XVI  au  ciel. 

Sous  le  péristyle,  des  deux  côtés  de  la  porte  d'entrée,  seront  placés 
des  bas-reliefs  qui  représenteront  Louis  XVIII  ordonnant  l'érection 
des  monuments  expiatoires  et  la  réédification  de  l'Église.  Dix-huit 
tableaux  seront  placés,  savoir  :  6  dans  le  chœur,  12  dans  la  nef. 

Les  six  tableaux  du  chœur,  de  moyenne  proportion,  représenteront 
d'un  côté  : 

1°  L'Arrivée  de  Marie-Antoinette  en  France  et  sa  première  entre- 
vue avec  Louis  XVI ; 

2°  La  Cérémonie  du  mariage  ; 

3°  La  Naissance  du  Dauphin. 

De  l'autre  côté  : 

1°  Madame  Elisabeth  aux  Tuileries  se  jetant  entre  le  Roi  et  les 
baïonnettes  ; 

2°  Les  Adieux  du  Roi  à  sa  famille; 

30  L'Orpheline  du  Temple. 

Pour  adoucir  l'effet  de  ces  images,  les  douze  tableaux  dé  la  nef 
représenteront  de  nobles  traits  de  dévouement  à  nos  Rois. 

On  pourra,  entre  un  grand  nombre  de  sujets,  choisir  ceux  qui 
suivent  : 

D'Estaing  sauve  la  vie  à  Philippe-Auguste  à  la  bataille  de  Bou- 
vines. 

La  ville  de  Rouen  ouvre  ses  portes  à  Dunois,  et  Talbot  reste  en 
otage. 

Tannegui  du  Ghâtel,  Prévôt  de  Paris,  fait  à  ses  frais  les  funérailles 
de  Charles  VII. 

Bataille  de  Pavie  :  Bonnivôt,  Saint-Severin,  Saint-Fol  se  font  tuer 
pour  défendre  le  Roi. 


252  l'Église  de  la  madeleine  en  i8i6. 

Les  États  de  Bretagne  sous  François  !«'■  demandent  leur  réunion 
définitive  à  la  couronne. 

Jeanne  Hachette  ou  le  siège  de  Beauvais  sous  Louis  XI. 

Bataille  d'Arcques.  Cinquante  gentilhommes  dégagent  Henri  IV  du 
milieu  des  escadrons  ennemis. 

Dijon  refuse  d'ouvrir  ses  portes  aux  ennemis  du  Roi  Louis  XIII. 

Bataille  de  Denain.  Dévouement  des  troupes.  Grandeur  d'âme  de 
Louis  XIV. 

Maladie  de  Louis  XV .-Deuil  de  la  France. 

La  journée  du  3  mai  1814,  entrée  du  Roi. 

La  nuit  du  19  au  20  mars  181 5. 

Tel  est  le  plan  général  d'exécution  des  travaux.  On  attend  des 
ordres  pour  faire  dresser  par  les  artistes  les  projets  définitifs  qui 
seraient  arrêtés  par  le  Ministre. 

29  janvier  1816. 

Signé  :  F.  Grille. 

Note  à  S.  E. 

Soit  que  V.  E.  fasse  approuver  le  rapport  ci-joint  ou  signe  l'ordon- 
nance ci-jointe,  les  intentions  du  Roi  seront  consacrées. 

Note  de  M.  de  Vaublanc. 

Il  faut  prendre  quelque  mesure  pour  que  les  artistes  donnent  des 
plans. 

II. 

(2®  division.  —  Bureau  des  Sciences  et  des  Beaux-Arts.) 

Propositions  relatives  aux  tableaux  à  exécuter  pour  l'église 
de  la  Madeleine. 

Paris,  le  i5  mai  18 16. 

Rapport  présenté  à  Son  Excellence  le  Ministre  Secrétaire  d'État  au 
département  de  l'Intérieur. 

Monseigneur, 

Les  monuments  expiatoires  érigés  à  Louis  XVI,  Louis  XVII,  la 
Reine  Marie-Antoinette  et  la  Princesse  Elisabeth  doivent  être  placés 
dans  l'Église  de  la  Madeleine. 

Les  travaux  de  cette  Église  sont  en  pleine  activité.  Ils  s'exécutent 
sur  les  plans  de  M.  Vignon.  Un  crédit  de  5o,ooo  fr.  par  mois  a  été 
ouvert  pour  ces  dépenses. 

Les  statuaires  Cartellier,  Lemot^  Bosio^  Dupaty,  Gérard^  Rutxhiel 
et  Fragonard  sont  chargés  de  ce  qui  concerne  la  sculpture.  Ils  ont 
préparé  leurs  esquisses. 


L^ÉGLISE   DE   LA   MADELEINE   EN    1816.  253 

Un  rapport  a  été  demandé  à  M.  Bruyère^  directeur  des  travaux 
publics  de  Paris,  sur  la  dimension  et  le  nombre  des  figures  et  sur  tous 
les  détails  des  monuments. 

Il  reste  à  désigner  les  sujets  des  tableaux  qui  doivent  décorer 
l'Église  et  à  nommer  les  peintres  qui  doivent  être  chargés  de  ces 
ouvrages. 

Il  doit  y  avoir  sept  grands  tableaux  et  deux  tableaux  de  moindre 
proportion. 

Les  sept  tableaux  principaux  doivent  être  placés,  savoir  : 

Trois  de  chaque  côté  de  l'Église,  dans  les  arcs  au-dessus  des  monu- 
ments et  des  autels. 

Un  au-dessus  de  la  porte  d'entrée. 

Les  deux  petits  tableaux  doivent  être  posés  derrière  les  autels,  entre 
les  monuments. 

Chacun  des  sept  grands  tableaux  doit  avoir  40  à  5o  pieds  de  déve- 
loppement sur  i5  à  18  pieds  dans  la  plus  grande  hauteur. 

Les  deux  tableaux  de  moindre  dimension  seront  encore  de  huit  à 
dix  pieds. 

J'avais  d'abord  pensé  à  proposer  à  Votre  Excellence  de  les  confier 
tous  à  l'exécution  d'un  seul  artiste. 

C'est  ainsi  que  dans  les  grands  monuments  d'Italie,  dans  les  beaux 
temps  de  l'École  de  cette  contrée  célèbre,  les  souverains  et  leurs 
ministres  confiaient  à  un  seul  peintre  ou  à  un  seul  sculpteur  la  déco- 
ration de  tout  un  édifice. 

Michel-Ange^  Raphaël,  le  Dominiquin,  le  Corrège  et  tant  d'autres 
furent  ainsi  chargés  de  tous  les  travaux  des  grands  monuments  qu'on 
édifia  à  Rome,  à  Venise,  à  Bologne. 

On  pourrait  dire  qu'en  France  le  même  système  fut  souvent  suivi. 
Le  Brun  peignit  toutes  les  grandes  batailles  d'Alexandre,  faisant  allu- 
sion à  celles  de  Louis  XIV  pour  les  galeries  de  Versailles.  Le  Sueur  fut 
chargé  de  toute  la  suite  de  l'histoire  de  saint  Bruno.  La  Fosse  fit 
toutes  les  peintures  du  dôme  des  Invalides.  Rubens  fut  appelé  à  déco- 
rer la  galerie  du  Luxembourg. 

On  obtint  par  là  un  grand  ensemble  dans  le  travail  et  une  vaste 
composition  dont  le  peintre  étant  le  maître  enrichit  toutes  les  parties 
des  fruits  de  son  imagination  et  de  l'ardeur  de  son  génie. 

On  peut  ajouter  à  l'appui  de  ce  système  que  le  grand  artiste  mis  à  la 
tête  de  ces  travaux,  se  réservant  la  pensée,  l'invention  du  sujet,  la  dis- 
tribution de  ses  différentes  scènes,  ne  peut  tout  peindre,  tout  exécu- 
ter. Il  fait  venir  à  son  secours  ses  élèves,  l'œuvre  est  plutôt  celle  d'une 
École  que  celle  d'un  seul  maître.  Et  tandis  qu'il  y  a  unité  de  vues,  il 
y  a  aussi  réunion  de  forces  et  de  talents.  Un  seul  professeur  dirige, 
une  foule  d'élèves  exécutent.  Le  chef  tracé  les  lignes,  agence  les 
figures,  les  disciples  posent  la  couleur,  remplissent  tout  ce  qui  tient 


254  l'église  de  la  madeleine  en  i8i6. 

à  ce  qu'on  nomme  la  grande  machine,  et  le  plus  habile  revient 
encore,  liant  tout,  poliçant,  faisant  concorder  et  terminant  enfin  l'ou- 
vrage qui  devient  digne  des  frais  et  des  soins  qu'il  a  coûtés. 

Dans  ce  système,  chaque  édifice  pourrait  avoir  son  peintre  directeur. 

M.  Gros,  chargé  déjà  des  peintures  de  la  coupole  de  Sainte-Gene- 
viève, ferait  chargé  de  tous  les  travaux  de  peinture  que  par  la  cuite 
on  pourrait  commander  dans  cette  églis^. 

A  Saint-Denis,  ce  serait  M.  Girodet  p""ô%4;  l'église,  M.  Guérin  pour 
la  salle  du  Trésor. 

Je  réserverais  et  je  proposerais  M.  Gérard  pour  les  grands  tableaux 
de  l'église  de  la  Magdeleine. 

Les  autres  peintres  renommés  de  notre  École,  aujourd'hui  la  pre- 
mière du  monde,  auraient  leur  place  assignée  successivement. 

Mais  c'est  une  idée  qui,  quoiqu 'appuyée  sur  des  raisonnements  et 
sur  des  exemples,  peut  cependant  ne  pas  obtenir  l'assentiment  de 
Votre  Excellence,  et  de  même  que  l'on  a  reparti  les  travaux  de  sculp- 
ture de  l'église  de  la  Madeleine  entre  plusieurs  statuaires,  de  même 
aussi  vous  voudrez  peut-être,  Monseigneur,  employer  à  la  fois  plu- 
sieurs peintres  dans  ce  monument;  votre  bienveillance  pour  tous 
ensemble  peut  aussi  s'appuyer  sur  des  exemples  célèbres. 

Plusieurs  des  temples  d'Athènes  et  de  la  Grèce  furent  enrichis  des 
ouvrages  de  tous  les  artistes  illustres  du  temps. 

Le  fameux  Campo  Santo  de  Pise,  qui  existe  encore  aujourd'hui, 
est  orné  des  œuvres  d'un  grand  nombre  de  fameux  peintres  toscans. 

Enfin,  la  décoration  des  salles  de  la  galerie  du  Louvre  est  due  à 
plusieurs  de  nos  peintres  actuels. 

Pour  mettre  donc  Votre  Excellence  à  même  de  prendre  une  déci- 
sion dans  le  sens  qui  lui  paraîtra  le  plus  convenable,  j'ai  l'honneur  de 
lui  présenter  une  liste  de  38  artistes,  entre  lesquels  je  crois  qu'elle  ne 
peut  faire  qu'un  bon  choix. 

J'inscris  à  la  suite  de  leurs  noms  l'indication  de  leurs  principaux 
tableaux.  Votre  Excellence  marquera  par  une  croix  à  la  marge  les 
neuf  artistes  à  qui  un  tableau  doit  être  confié  pour  l'église  de  la 
Madeleine. 

I.  GÉRARD. 

Célèbre  par  ses  portraits  magnifiques,  par  son  tableau  de  la  Bataille 
d'Austerlii:^  et  par  celui  des  Trois  Ages.  Son  pinceau  est  vigoureux 
et  brillant  ;  toutes  ses  compositions  sont  à  la  fois  nobles  et  gracieuses. 

2.  GIRODET. 

Auteur  d'Atala,  d'Endymion,  d'Une  scène  du  Déluge  et  d'une  foule 
de  beaux  portraits.  Il  brille  par  la  pureté  du  dessin,  la  beauté  des 
formes,  l'originalité  de  la  composition. 


l'eglisb  de  la  madeleine  en  i8i6,  255 

3.  GROS. 

Auteur  des  tableaux  de  la  Peste  de  Jaffa,  de  la  Bataille  d'Aboukir, 
de  la  Bataille  d'Eylau.  Il  a  fait  pour  Saint-Denis  son  charmant 
tableau  de  Charles-Quint  et  François  I^".  II  est  chargé  des  peintures 
de  la  coupole  de  Sainte-Geneviève.  Il  a  fait  les  portraits  du  Général 
et  de  M™e  de  la  Salle,  etc.  Ce  qui  le  distingue,  c'est  une  grande 
variété  de  talent,  une  verve  féconde,  une  entente  parfaite  des 
grandes  machines.  Il  jette  sa  couleur  et  produit  des  tableaux  pleins 
d'effets. 

4.  GUÉRIN. 

Auteur  des  tableaux  de  MarcusSextus,  Phèdre  et  Hyppolite,  Andro* 
maque  et  Pyrrhus,  Enée  et  Didon,  etc.  Il  a  de  la  profondeur  et  de  la 
sagesse.  On  voit  que  ses  compositions  sont  méditées.  Tous  ses  sujets 
sont  traités  d'une  manière  ingénieuse.  Il  y  a  de  la  poésie  dans  ses 
tableaux. 

5.  VERNE  T. 

Auteur  du  tableau  de  la  Bataille  de  Marengo,  du  beau  portrait  de 
S.  A.  R.  Mgr  le  Duc  de  Berry,  et  d'une  infinité  de  jolies  composi- 
tions, où  les  chevaux  sont  traités  avec  un  talent  remarquable. 

6.  PRUDHON. 

Auteur  du  beau  tableau  de  la  Justice  et  de  la  Vengeance  poursui- 
vant le  Crime  et  d'un  grand  nombre  de  compositions  dans  le  genre 
du  Corrège. 

7.  MEYNIER. 

Il  a  été  chargé  de  beaucoup  de  travaux.  Il  est  auteur  du  tableau 
allégorique  sur  la  Naissance  de  Louis  XIV,  de  l'Arsenal  d'Inspruck, 
des  Muses,  de  Télémaque  et  Eucharis,  de  la  Dédicace  de  l'église 
Saint-Denis,  etc. 

8.  GARNIER. 

Auteur  d'Orphée  et  Eurydice  et  d'Eponine  et  Sabinus.  Il  a  obtenu 
un  des  grands  prix  décennaux. 

9.  GAUTHEROT. 

Auteur  du  Convoi  d'Atala  et  de  tableaux  de  bataille. 

10.  LEBARBIER  AÎNÉ. 

Ancien  peintre  de  l'Académie,  connu  pour  plusieurs  ouvrages  de 
mérite.  Il  était  chargé  d'un  des  tableaux  destinés  à  la  sacristie  de 
l'église  de  Saint-Denis.  Il  est  peut-être  un  peu  âgé  pour  de  grands 
travaux. 


k 


256  l'église  de  la  madeleine  en  i8i6. 

II.  MONSI AU. 

Auteur  des  tableaux  :  Molière  lisant  le  Tartuffe.  —  La  mort  de 
Raphaël.  —  Aspasie.  —  Philoctète  à  Lemnos.  —  Couronnement  de 
Marie  de  Médicis.  —  Prédication  de  saint  Denis. 

12.  PAULIN  GUÉ  RI N. 

Pinceau  plein  de  vigueur.  Imagination  ardente.  On  a  fondé  en  lui 
beaucoup  d'espérances  depuis  qu'on  a  vu  au  Salon  le  tableau  de  Caïn 
après  le  meurtre  d'Abel. 

i3.  ANSIAUX. 

Auteur  de  la  Résurrection  de  Notre-Seigneur  et  de  la  Conversion 
de  saint  Paul. 

14.  BEAUNIER. 

Auteur  du  tableau  de  Blanche  de  Castille  et  d'autres  compositions 
exposées  au  Salon  avec  succès.  Il  avait  été  chargé  des  peintures  de  la 
galerie  de  la  Préfecture  de  Metz  et  de  celles  d'un  des  appartements 
de  Fontainebleau.  Il  est  auteur  d'ouvrages  intéressants  sur  les  cos- 
tumes français.  Il  exécute  en  ce  moment  un  tableau  pour  le  Ministère. 

i5.  ABEL  DE  PUJOL. 

Qui  a  exposé  le  tableau  de  la  Mort  de  Britannicus.  Il  est  sorti  de 
l'École  de  Rome. 

16.  HEIM. 

Ancien  pensionnaire  de  l'École  de  Rome.  Auteur  de  Jacob  arri- 
vant en  Mésopotamie.  Il  a  du  talent,  mais  une  couleur  peu  agréable. 

17.  VAFFLARD. 

Il  a  de  la  facilité,  de  la  couleur.  On  a  de  lui  entr'autrcs  un  tableau 
à.' Electre  acheté  par  le  Gouvernement. 

18.  VIGNAUD. 

Son  tableau  de  la  mort  de  Le  Sueur  l'a  fait  très  avantageusement 
connaître. 

19.  MAUZAISSE. 

Un  des  meilleurs  élèves  de  Gros.  Talent  franc,  grand  amour  de  l'art. 
Le  Gouvernement  a  acheté  un  tableau  de  lui  qu'on  avait  remarqué  et 
qui  représente  Y  Arabe  pleurant  son  coursier. 

20.  BLONDEL. 

On  a  vu  de  lui  au  Salon  entre  autres  bons  tableaux  ceux  de  Zéno- 
bie  retrouvée  sur  les  bords  de  l'Araxe  et  de  la  Tendresse  maternelle. 
Le  premier  ouvrage  est  préférable  au  second,  mais  tous  deux  sont  bons. 


l'église  de  la  madeleine  en  i8i6.  257 

21.  FRANQUE  (les  deux  frères). 

Ils  travaillent  ensemble  aux  mêmes  tableaux.  Ils  ont  tous  les  deux 
un  talent  ferme  et  vrai.  Ils  avaient  exposé  au  Salon  de  1814  un  tableau 
représentant  Hercule  délivrant  Alceste.  ^ 

22.  PALLIÈRE  (de  Bordeaux). 

Auteur  du  tableau  représentant  les  Honneurs  rendus  à  Rubens.  Il 
a  obtenu  un  grand-prix  au  concours  de  l'Institut. 

23.  TRÉZEL. 

Phèdre  jugée  aux  Enfers  est  un  tableau  qui  annonce  du  talent. 

24.  STEUBE  (sic). 

Auteur  du  tableau  de  Pierre  le  Grand.,  ouvrage  remarquable  et  qui 
a  décelé  un  talent  plein  de  feu. 

25.  BERTHON. 

Auteur  de  plusieurs  tableaux  agréables  et  entr'autres  d'Angélique 
et  Médor,  acheté  par  le  Ministère. 

26.  GRANGER. 

Auteur  du  Ganymède  et  de  l'Hébé.  Dessinateur  correct,  peintre  un 
peu  froid. 

27.  BOUCHET. 

Auteur  d'Homère  chantant  ses  poésies  et  de  Paris  donnant  la 
pomme. 

28.  MENJAUD. 

Auteur  d'Henri  IV  che^  Michaud,  de  la  Naissance  de  Louis  XHI. 

29.  ROUGET. 

Jeune  peintre  distingué.  Il  avait  à  la  dernière  exposition  un  por- 
trait historique  en  pied  qui  lui  a  fait  honneur. 

3o.  DE  DREUX-DORCY. 

Baja^eth  et  le  Berger,  tableau  de  sa  composition,  a  été  très  remar- 
qué au  Salon.  La  pensée  s'y  joint  à  l'exécution.  Il  a  été  acheté  par  le 
Gouvernement. 

3i.  COLSON. 

Auteur  du  tableau  d'une  Famille  arabe  qui  reçut  des  éloges  au  der- 
nier Salon. 

ART  FR.  IV  17 


258  l'église  de  la  madeleine  en  i8r6. 

Zi.RATHIER. 

Connu  par  de  bons  ouvrages  et  par  un  recueil  de  Costumes  fran- 
çais qu'il  publie  avec  M.  Beaunier. 

33.  LANGLOIS  FILS. 

Ancien  élève  de  l'École  de  Rome. 

34.  PAJOU. 
Auteur  d'Œdipe  et  Antigone,  etc. 

35.  ROEHN. 

Peintre  de  Monsieur.  Il  a  du  talent.  Il  avait  exposé  au  dernier 
Salon  un  tableau  représentant  Louis  XVI recevant  le  Duc  d'Enghien 
aux  Champs-Elysées.  Il  a  des  tableaux  à  faire. 

36.  DE  BOIS'FREMONT. 

On  cite  parmi  ses  tableaux  celui  qui  représente  Virgile  lisant  son 
Enéide  devant  Auguste  et  Octavie.  Ce  tableau  a  été  acheté  sur  les 
fonds  du  Trésor. 

37.  LEMIRE  AÎNÉ. 

Auteur  de  la  Mort  de  Domitien,  etc. 

38.  LEMIRE  JEUNE*. 
Auteur  d'Œdipe  et  Antigone^  etc. 

J'aurais  pu  grossir  encore  cette  liste.  Mais  j'ai  pensé  qu'il  fallait  se 
borner. 

J'ai  mis  en  première  ligne  les  peintres  reconnus  pour  être  du  pre- 
mier ordre  par  les  autres  Artistes  eux-mêmes. 

Les  peintres  qui  suivent  ont  tous  du  talent,  chacun  avec  un  style 
particulier. 

Tous  au  reste  sont  des  «  Peintres  d'histoire,  »  seul  genre  qui  puisse 
trouver  place  ici. 

Quant  aux  prix,  ils  devront  être  différents,  selon  le  rang  des  artistes 
et  la  dimension  des  tableaux. 

Si  Votre  Excellence  prend  pour  les  grands  tableaux  les  premiers 
peintres  portés  sur  la  liste,  la  somme  à  allouer  pour  chaque  tableau 
ne  peut  pas  être  moindre  de  3o,ooo  francs. 

Si  Votre  Excellence  choisit  parmi  les  autres  artistes,  le  prix  pourra 
être  réduit  à  20,000  fr. 

I.  On  remarquera  que  Grille  s'est  engagé  à  présenter  trente-huit  peintres 
et  qu'il  s'arrête  au  n°  '5y,  mais  il  a  parlé,  sous  le  n°  20,  de  deux  artistes,  les 
frères  Franque. 


l'église  de  la  madeleine  en  i8i6.  259 

Le  calcul  est  simple  et  il  y  a  plusieurs  points  de  comparaison.  On 
a  donné  20,000  fr.  pour  des  tableaux  de  20  pieds  sur  i5  aux  peintres 
de  Tordre  des  dix  premiers. 

On  sait  que  M.  Guérin  veut  dans  ce  moment  avoir  24,000  fr.  de 
son  tableau  d'Énée  et  Didon.  Il  est  vrai  que  le  Gouvernement  ne 
l'achète  pas  et  qu'à  ce  prix  cette  belle  page  ne  peut  être  vendue  qu'à 
l'étranger.  Mais  aussi  ce  tableau  est  de  plus  de  moitié  moins  long 
et  du  sixième  moins  haut  que  les  tableaux  qui  sont  à  faire  pour  la 
Madeleine. 

M.  Gros  a  So^ooo  fr.  pour  les  cinq  groupes  de  la  coupole  de  Sainte- 
Geneviève. 

M.  Gérard  était  chargé  de  peindre  pour  la  grande  salle  des  Menus- 
Plaisirs  deux  plafonds  qui  avaient  ensemble  80  pieds  de  développe- 
ment, et  le  prix  fixé  pour  ce  travail  était  de  72,000  fr.,  payables  en 
quatre  années. 

Les  tableaux  de  la  sacristie  de  Saint-Denis  ont  été  payés  4,000  fr. 
Il  avaient  5  pieds  sur  8  ou  40  pieds  de  superficie. 

Or,  ceux  de  la  Madeleine  auront  8  à  900  pieds  de  superficie;  donc 
en  suivant  la  même  proportion,  il  faudrait  les  payer  80  à  90,000  fr. 

C'était  à  ce  prix  que  M.  David  fixait  ses  tableaux  du  Sacre,  de  la 
Distribution  des  Aigles,  etc. 

Mais  c'était  des  sommes  exorbitantes,  et  il  faut  mettre  plus  d'éco- 
nomie dans  les  dépenses  pour  faire  travailler  plus  grand  nombre 
d'hommes  de  talent. 

D'ailleurs,  je  dois  faire  observer  que  tous  les  tableaux  dont  je  viens 
de  parler,  à  l'exception  de  ceux  de  la  coupole  de  Sainte-Geneviève, 
sont  faits  pour  être  vus  à  des  distances  bien  moindres  que  ceux  de  la 
Madeleine. 

Les  sept  grands  tableaux  destinés  à  la  décoration  de  ce  monument 
seront  placés  à  une  hauteur  telle  que  trop  de  fini  nuirait  à  leur  effet 
et  qu'il  faudra  que  les  artistes  les  peignent  largement. 

Il  ne  leur  faudra  pas  pour  cela  moins  de  talent,  mais  ils  auront 
besoin  de  moins  de  temps  et  de  soins,  en  sorte  qu'ils  pourront  avoir 
moins  de  droit  d'être  exigeants  sur  le  prix. 

Si  Votre  Excellence  adoptait  ces  fixations,  il  en  résulterait  que, 
confiés  aux  premiers  peintres,  les  sept  tableaux  coûteraient .... 
210,000  fr. 

Confiés  aux  autres,  ils  ne  coûteraient  que  ....        140,000 

Différence    ' 70,000  fr. 

A  l'égard  des  deux  petits  tableaux,  leur  prix  serait  convenable  fixé 
à  6,000  fr.  Places  sur  les  autels  Saint- Louis  et  de  la  Vierge,  ils 
devront  représenter  des  sujets  entièrement  pieux  et  analogues  à  cette 
destination. 


200  l'Église  de  la  madeleine  en  i8i6. 

Pour  cette  dépense,  au  surplus,  il  n'y  aura  pas  de  crédit  particulier 
au  budget,  et  ces  peintures  ne  seront  point  payées  sur  le  fonds  ordi- 
naire de  i5o,ooo  fr.,  alloués  pour  les  encouragements.  Elles  seront 
payées  sur  les  sommes  accordées  par  exercice  pour  les  travaux  de  la 
Madeleine  suivant  ordonnance  du  Roi  en  date  du  22  avril  dernier. 

Les  sujets  des  tableaux  ne  sont  point  encore  désignés.  J'avais 
adressé  des  listes  sur  lesquelles  j'avais  porté  des  sujets  religieux, 
d'autres  purement  héroïques  ;  tous  étaient  pris  dans  l'histoire  de 
France. 

Je  joins  à  ce  rapport,  Monseigneur,  une  nouvelle  copie  de  ces  listes 
et  j'attendrai  que  Votre  Excellence  me  fasse  connaître  le  choix  qu'elle 
aura  fait. 

Peut-être  y  aurait-il  lieu,  une  fois  que  la  désignation  des  peintres 
sera  faite,  de  demander  à  chacun  d'eux  un  sujet  pris  dans  notre  his- 
toire et  à  la  fois  héroïque  et  pieux.  Chaque  artiste  pourrait  avoir  là- 
dessus  ses  idées  qui  plairaient  à  Votre  Excellence.  On  serait  toujours 
à  même  d'adopter  ou  de  n'adopter  pas  ces  sujets.  Mais  les  peintres 
savent  mieux  que  personne  sentir  les  «  scènes  pittoresques  »  et  qui 
conviennent  à  leur  talent. 

Si  Votre  Excellence  voulait  connaître  ma  pensée  sur  les  artistes 
qui  me  paraîtraient  pouvoir  être  chargés  de  l'exécution  des  neuf 
tableaux  dont  il  s'agit,  je  désignerais  : 

Pour  les  sept  grands  tableaux  :  MM.  Gérard^  Girodet,  Gros,  Gué- 
rin,  Prudhon,  Vernet^  Meynier. 

Pour  les  deux  autres  tableaux  :  MM.  Lebarbier  aîné,  Monsiau. 

Aussitôt  que  j'aurai  vos  ordres,  Monseigneur,  je  dresserai  les  lettres 
d'exécution. 

J'ai  l'honneur  d'être  avec  respect,  Monseigneur,  de  Votre  Excel- 
lence le  très  humble  et  très  obéissant  serviteur. 

Le  Chef  de  la  2^  division, 
Signé  :  Illisible. 
Le  Chef  de  Bureau, 

Grille,  rapporteur. 

IIL 

Observations  sur  le  choix  des  Tableaux  qui  doivent  décorer  l'Église 
de  la  Madeleine. 

Dans  le  choix  des  sept  grands  Tableaux  qui  doivent  décorer  l'Église 
de  la  Madeleine,  il  y  a  quatre  considérations  qu'on  ne  doit  pas  perdre 
de  vue.  Il  faut  : 

I*  Que  chacun  des  tableaux  soit  tiré  d'une  des  époques  les  plus 
importantes  de  notre  histoire. 


l'église  de  la  madeleine  en  i8i6.  261 

20  Que  le  sujet  choisi  représente  l'action  d'un  saint,  conjointement 
avec  celle  d'un  de  nos  Rois. 

30  Que  chaque  tableau  offre  une  des  cérémonies  les  plus  impo- 
santes et  les  plus  pompeuses  du  culte  catholique. 

40  Que  ces  sujets  soient  variés  entr'eux,  de  manière  à  se  faire  valoir 
mutuellement  et  à  laisser  un  souvenir  exempt  de  toute  confusion,  ce 
qui  n'aurait  pas  lieu  si  quelques-uns  des  sept  tableaux  représentaient 
des  actions  à  peu  près  de  la  même  nature. 

Je  dis  que  chacun  des  tableaux  doit  être  tiré  d'une  des  époques  les 
plus  importantes  de  notre  histoire. 

Ces  sujets  pourraient  être  puisés  : 

i"  Du  règne  de  Glovis,  époque  de  l'établissement  de  la  religion  en 
France. 

2*  Du  règne  de  Glovis  II ,  époque  à  laquelle  commença  cette 
fameuse  lutte  entre  l'autorité  royale  et  la  puissance  des  Maires  du 
Palais. 

30  Du  règne  de  Charlemagne,  époque  du  renouvellement  de  l'em- 
pire d'Occident. 

4'  Du  règne  de  Louis  le  Jeune,  époque  des  Croisades. 

50  Du  règne  de  saint  Louis. 

60  Du  règne  de  Henri  IV. 

7*  De  l'heureuse  restauration  de  la  monarchie  sous  le  règne  de 
Louis  XVIII. 

Sous  ces  différents  règnes,  il  faut  choisir  l'action  d'un  saint  con- 
jointement avec  celle  du  Roi  et  varier  les  genres  de  tableaux  de 
manière  à  ce  que  leurs  contrastes  les  fassent  valoir  mutuellement. 
Voici  la  série  que  je  proposerais  : 

i«  Le  Baptême  de  Clovis  par  saint  Rémi. 

2'  Le  moment  où  sainte  Batilde  est  présentée  â  Clovis  II,  qui, 
charmé  de  sa  beauté,  la  prend  pour  son  épouse. 

3°  Le  couronnement  de  Charlemagne  comme  empereur  d'Occident. 

40  Le  moment  où  Louis  le  Jeune,  accompagné  de  saint  Bernard, 
vient  de  recevoir  des  mains  du  pape  Eugène  l'équipage  de  pèlerin, 
et  où  il  prend  l'oriflamme  sur  l'autel  de  Saint-Denis  pour  se  rendre 
en  Palestine. 

5°  La  cérémonie  de  la  Couronne  d'Épines. 

Saint  Louis,  accompagné  de  la  Reine  Blanche,  des  Princes,  ses 
frères,  de  plusieurs  Prélats  et  de  toute  sa  cour,  alla  jusqu'à  Ville- 
neuve-l'Archevêque,  à  cinq  lieues  de  Sens,  au-devant  de  la  Couronne 
d'Epines  qu'il  avait  acquise  et  que  deux  Religieux  dominicains  lui 
apportaient.  Gaultier  Cornu,  archevêque  de  Sens,  qui  était  présent  et 
qui  écrivit  l'histoire  de  cette  translation,  dit  qu'il  n'est  pas  facile  d'ex- 
primer ce  que  le  Roi,  la  Reine,  et  tant  de  personnes  illustres  qui  assis- 
taient à  l'ouverture  de  la  châsse  éprouvèrent.  Ils  poussaient  des  sou- 


202  l'Église  de  la  madeleine  en  i8i6. 

pirs  et  versaient  des  larmes.  Le  lendemain,  le  Roi  se  fit  un  devoir  de 
la  porter  lui-même  en  entrant  dans  la  ville  de  Sens,  et  ne  voulut  par- 
tager cet  honneur  qu'avec  Robert,  comte  d'Artois,  son  frère.  Ils 
étaient  l'un  et  l'autre  nu-pieds  et  en  chemise.  Un  clergé  nombreux 
les  précédait,  portant  les  reliques  de  leurs  églises.  Toute  la  suite  du 
Roi  marchait  comme  lui,  nu-pieds  et  en  silence.  On  aurait  dit  que 
dans  cette  cérémonie  les  sentiments  du  saint  Roi  avaient  passé  dans 
le  cœur  de  tous  ses  sujets.  On  se  rendit  ainsi  à  la  cathédrale,  où  l'on 
montra  à  la  multitude  cet  inestimable  Trésor. 

La  même  cérémonie  fut  répétée  à  Paris. 

6»  Saint  François  de  Sales  prêchant  en  présence  de  Henri  IV  et  de 
toute  sa  cour  en  1602. 

70  Louis  XVIII  dans  l'église  Notre-Dame  de  Paris  le  jour  de  son 
arrivée,  le  3  mai  18 14. 

Si,  dans  cette  série  où  je  me  suis  occupé  principalement  à  varier  les 
tableaux,  il  y  avait  quelques  sujets  qui  parussent  ne  pas  convenir,  je 
proposerais  pour  les  remplacer  : 

Sous  Glovis  I»'  : 
Son  mariage  avec  sainte  Glotilde. 
La  bataille  de  Tolbiac. 

L'érection  de  l'église  de  Saint-Denis  par  les  soins  de  sainte  Geneviève. 
Le  moment  où  il  fait  hommage  au  tombeau  de  saint  Martin  de  la 
plus  belle  partie  des  dépouilles  qu'il  a  remportées  sur  Alaric. 

Sous  Glovis  II  : 

Sainte  Batilde,  confinée  par  le  maire  Ebroin  et  les  seigneurs  de  son 
parti  dans  le  monastère  de  Ghelles,  qu'elle  avait  fondé,  y  prend  le 
voile.  Elle  avait  été  régente  pendant  dix  ans. 

On  lui  apporte  le  corps  de  son  fils,  Glotaire  III,  pour  être  inhumé 
dans  son  couvent. 

Sous  Gharlemagne  : 

Gharlemagne  alla  passer  les  fêtes  de  Pâques  à  Rome.  Il  y  mena 
avec  lui  la  Reine  Hildegarde  et  ses  deux  fils,  qui  y  furent  baptisés  par 
le  pape  Adrien  I"'',  qui  ajouta  à  cette  cérémonie  l'onction  royale  :  au 
jeune  Pépin  comme  Roi  de  Lombardie,  au  jeune  Louis  comme  Roi 
d'Aquitaine. 

Gharlemagne  au  concile  de  Francfort,  où  il  reçut  les  mêmes  hon- 
neurs que  Gonstantin  au  concile  de  Nicée. 

La  dédicace  de  la  magnifique  église  d'Aix-la-Ghapclle,  qu'il  avait 
fait  bâtir  en  l'honneur  de  la  sainte  Vierge.  Il  fait  venir  pour  cette 
cérémonie  le  pape  Léon  III,  plusieurs  cardinaux,  un  grand  nombre 
d'évêques,  les  ducs,  les  marquis,  les  comtes,  et  généralement  tous  les 
principaux  de  l'Empire. 


l'église  de  la  madeleine  en  i8i6.  203 

Sous  Louis  le  Jeune  : 

Son  pèlerinage  au  tombeau  de  saint  Thomas  de  Cantorbéry, 
Il  fait  couronner  son  fils  (Philippe-Auguste)  à  Reims  et  attribue  à 
cette  e'glise  la  prérogative  du  sacre.  Le  Roi  d'Angleterre,  comme  Roi 
de  Normandie,  portait  la  couronne,  le  comte  de  Flandre  l'épée  royale. 
Un  grand  nombre  de  seigneurs  marchaient  devant  et  après  le  jeune 
prince,  faisaient  les  fonctions  pour  lesquelles  ils  étaient  destinés. 
L'archevêque  de  Reims,  Guillaume  de  Champagne,  frère  de  la  Reine, 
fut  le  ministre  de  cette  cérémonie. 

Sous  le  règne  de  saint  Louis  : 

Saint  Louis,  très  jeune,  combat  les  rebelles  et  remporte  sur  eux 
une  grande  victoire. 

Il  épouse  Marguerite  de  Provence. 

Il  va  prendre  l'oriflamme  à  Saint-Denis. 

Etant  à  Cluny,  il  se  sépare  de  sa  mère.  Marguerite  proteste  qu'elle 
le  suivra  jusqu'au  bout  du  monde.  Il  reçoit  avec  les  croisés  la  béné- 
diction apostolique  du  pape  Innocent  IV. 

Il  s'embarque  pour  la  terre  sainte. 

Il  est  fait  prisonnier  près  de  Mansoure. 

Il  aide  lui-même  à  enterrer  les  chrétiens  que  le  soudan  de  Damas 
avait  fait  égorger  dans  la  ville  de  Seide. 

Sa  mort. 

Sous  Henri  IV. 

Saint  François  de  Sales  arrive  à  la  cour  de  France;  il  est  présenté 
au  Roi  par  le  nonce,  évêque  de  Camerin. 

Il  refuse  une  abbaye  qu'Henri  IV  voulait  lui  donner,  ainsi  que  le 
chapeau  de  cardinal. 

Si  l'on  voulait  un  sujet  de  Philippe-Auguste,  on  pourrait  représen- 
ter ce  monarque  dans  le  moment  ovi  saint  Félix  de  Valois,  descen- 
dant de  Hugues  Gapet,  et  saint  Jean  de  Matha,  fondateurs  de  l'ordre 
de  la  Rédemption  des  Captifs,  lui  présentent  cent  dix  esclaves  qu'ils 
ramènent  des  prisons  de  Tunis,  où  ils  ont  été  les  chercher. 

Si  l'on  voulait  un  sujet  de  Robert  le  Pieux,  fils  et  successeur  de 
Hugues  Capet,  il  a  jeté  les  fondements  de  l'église  Notre-Dame  sur  les 
ruines  d'un  temple  de  Jupiter. 

Il  a  fait  un  pèlerinage  à  Rome. 

Il  a  refusé  l'Empire  et  le  Royaume  d'Italie  que  les  Italiens  lui 
offraient. 


264  l'église  de  la  madeleine  en  181 6. 

IV. 

(Ministère  de  l'Intérieur.) 

Arrêté. 

Article  i»"". 

Il  sera  exécuté  pour  la  décoration  de  l'église  de  la  Madeleine  sept 
tableaux  de  40  à  5o  pieds  de  long  sur  i5  à  18  de  haut. 

Article  2. 
Ces  tableaux,  en  forme  de  segment  de  cercle,  seront  placés  dans 
l'ordre  suivant  : 
Le  n°  I"  dans  l'arc  au-dessus  de  l'Autel  Saint- Louis. 
Le  n*  2  au-dessus  de  l'Autel  de  la  Vierge. 
Le  n°  3  au-dessus  du  Monument  de  Louis  XVI. 
Le  n*  4  au-dessus  du  Monument  de  Louis  XVII. 
Le  n"  5  au-dessus  du  Monument  à  la  Reine  Marie-Antoinette. 
Le  n°  6  au-dessus  du  Monument  à  la  Princesse  Elisabeth. 
Le  n°  7  au-dessus  de  la  Porte  principale. 

Article  3. 
Ces  tableaux  seront  peints  sur  toile.  Le  prix  en  est  fixé  à  3o,ooo  fr. 
Cette  somme  sera  divisée  en  quatre  paiements,  savoir  : 
6,000  fr.  pour  l'esquisse. 
6,000  fr.  pour  l'ébauche  sur  la  grande  toile. 
9,000  fr.  quand  le  tableau  sera  aux  deux  tiers. 
9,000  quand  il  sera  terminé. 

Article  4. 
Les  artistes  chargés  de  l'exécution  de  ces  sept  tableaux  sont  : 
MM.  Gérard  pour  le  n"  i. 

Guérin  pour  le  n*»  2. 

Girodet  pour  le  n°  3. 

Gros  pour  le  n»  4. 

Prudhon  pour  le  n»  5. 

Meynier  pour  le  n"  6. 

Carie  Vernet  pour  le  n»  7. 

Article  5. 

Ces  artistes  sont  admis  à  indiquer  eux-mêmes  le  sujet  qu'ils  sont 
appelés  à  traiter,  seulement  il  faudra  que  ce  sujet  soit  religieux, 
héroïque,  et  pris  dans  l'histoire  de  France. 

Ils  adresseront  leur  proposition  écrite  au  ministre  de  l'Intérieur, 
qui,  d'après  le  compte  qui  lui  en  sera  remis,  statuera  définitivement. 


l'église  de  la  madeleine  en  i8i6.  265 

Article  6. 

Deux  autres  tableaux  de  petite  proportion  seront  placés,  l'un  sur 
l'Autel  même  de  la  Vierge,  l'autre  sur  l'Autel  dédié  à  saint  Louis, 
dans  l'église  de  la  Madeleine.  Ils  seront  également  peints  sur  toile. 
Leur  prix  est  fixé  à  6,000  fr.,  payables  : 

1,000  fr.  pour  l'esquisse. 

1,000  fr.  pour  l'ébauche  sur  la  grande  toile. 

2,oco  fr.  quand  le  tableau  sera  aux  deux  tiers. 

2,000  fr.  quand  il  sera  terminé. 

L'exécution  du  i«''  de  ces  tableaux  est  confiée  à  M.  Garnier^  celle 
du  2«  à  M.  Gautherot. 

Article  7. 

La  dépense  de  ces  tableaux  sera  imputée  sur  les  fonds  alloués 
annuellement  pour  les  travaux  de  l'église  de  la  Madeleine. 

Paris,  le  3i  mai  18 16. 

Il  nous  a  paru  intéressant  de  ne  rien  distraire  de  ce  dossier, 
encore  quMl  se  compose  de  pièces  d'un  caractère  purement  admi- 
nistratif. D'une  part  la  sollicitude  dont  François  Grille  fait  preuve 
à  l'endroit  des  artistes,  de  l'autre  les  vues  larges  qu'il  expose  sur 
la  décoration  des  édifices,  les  jugements  qu'il  porte  sur  les 
peintres  de  son  temps  ont  leur  prix.  Les  historiens  futurs  de 
l'Administration  des  Arts  dans  notre  pays,  si  les  pages  qui  pré- 
cèdent leur  sont  connues,  estimeront  sans  doute  que  le  Chef  du 
bureau  des  sciences  et  des  Beaux-Arts,  en  1816,  fut  un  fonction- 
naire éclairé,  libéral  et  d'un  tact  exercé.  Mais  les  pièces  officielles 
que  nous  avons  lues  ouvrent  les  négociations  avec  les  artistes. 
Nous  allons  apprendre  d'eux  si,  en  leur  laissant  le  soin  de  choisir 
eux-mêmes  leur  sujet,  l'administration  a  sagement  agi. 


Autographes  des  peintres  désignés  par  Varrêtédu  3i  mai  181 5 
pour  la  décoration  de  la  Madeleine. 

FRANÇOIS  GÉRARD. 

DÉPART   DE  SAINT   LOUIS  POUR  LA    PREMIERE  CROISADE.    —   CONVERSION   DE  CLOVIS. 

On  l'a  vu,  l'arrêté  du  3i  mai  1816  désigne  sept  peintres  qui  seront  chargés 
de  décorer  l'église  de  la  Madeleine.  Aux  termes  de  l'article  V,  ces  artistes  sont 
admis  à  indiquer  le  sujet  qu'ils  désirent  traiter.  Afin  de  les  prémunir  contre 
des  choix  qui  ne  sauraient  rentrer  dans  le  plan  général  de  la  décoration, 


266  l'église  de  la  madeleine  en  1816. 

une  sorte  de  «  table  des  sujets  »  leur  est  soumise.  Enfin,  l'article  111  leur 
enjoint  de  peindre  leur  tableau  sur  toile.  C'est  leur  procurer  la  faculté  d'ex- 
poser au  Salon  la  page  nouvelle  qu'ils  vont  exécuter.  Gérard  se  sent  égale- 
ment sollicité  par  deux  épisodes  de  l'histoire  de  France  :  le  Départ  de  saint 
Louis  pour  la  croisade  et  la  conversion  de  Clovis.  Une  note  inscrite  en  marge 
de  sa  lettre  nous  apprend  que  le  Ministre  de  l'Intérieur,  M.  Laine,  qui  avait 
succédé  le  7  mai  1816  à  M.  de  Vaublanc,  s'était  décidé  à  confier  à  Gérard  le 
Baptême  de  Clovis.  Le  peintre  n'a  pas  exposé  de  tableau  portant  ce  titre. 

Monseigneur, 

J'ai  reçu  la  lettre  par  laquelle  Votre  Excellence  m'annonce 
que  je  suis  chargé  de  l'exécution  de  l'un  des  tableaux  qui  doivent 
décorer  Téglise  de  la  Madelaine.  Je  suis  vivement  flatté  de  Phon- 
neur  que  je  reçois,  et  je  ne  négligerai  rien  pour  répondre  digne- 
ment à  cette  marque  précieuse  de  votre  confiance. 

Votre  Excellence  veut  bien  me  consulter  sur  le  choix  du  sujet 
et  me  prévient  que  la  destination  de  mon  tableau  est  d'être  placé 
dans  le  cintre  de  la  chapelle  sous  Finvocation  de  saint  Louis.  En 
partant  de  cette  donnée,  j'ai  dû  chercher  le  sujet  dans  la  vie 
même  de  cet  auguste  Monarque;  après  quelques  méditations  sur 
les  traits  les  plus  mémorables  qui  la  caractérisent,  je  ne  vois  rien 
de  plus  grand,  de  plus  religieux  et  de  plus  pittoresque  que  le 
moment  de  son  départ  pour  la  première  Croisade;  il  me  semble 
qu'un  grand  prince,  chéri  et  révéré  de  ses  sujets,  entouré  de  tous 
les  prestiges  du  Trône,  n'a  pu  faire  à  la  religion  de  plus  grand 
sacrifice  que  celui  de  s'arracher  à  la  France  dont  il  fait  le  bon- 
heur, pour  aller  combattre  dans  une  Terre  étrangère  les  ennemis 
de  son  Dieu  et  de  son  pays  :  l'instant  de  sacrifice  marqué  par  le 
contraste  de  tant  de  sentiments  et  d'émotions  également  pathé- 
tiques offre  peut-être  l'une  des  plus  belles  scènes  qui  puisse  frap- 
per l'imagination  de  l'homme  dans  le  Temple  de  la  Divinité. 

Si  l'indication  de  la  chapelle  Saint-Louis  n'était  pas  obliga- 
toire pour  le  choix  du  sujet,  je  proposerais  à  Votre  Excellence  la 
scène  de  la  Conversion  de  Clovis  au  moment  où  ce  fondateur  de 
la  monarchie  revient  des  champs  de  Tolbiac,  au  milieu  de  ses 
enfants  victorieux,  accompagné  des  chefs  des  vieux  Gaulois  qui 
partagent  la  gloire  de  leur  nouveau  prince  et  célèbrent  sa  conver- 
sion à  la  face  du  Ciel,  et  sous  les  auspices  du  vénérable  Rémi, 
son  digne  interprète. 

Telles  sont  les  premières  idées  dont  je  crois  devoir  faire  hom- 
mage à  Votre  Excellence,  et  sur  lesquelles  je  la  prie  d'éclairer 


l'église  de  la  madeleine  en  i8i6.  267 

mon  jugement.  Guidé  par  ses  lumières,  je  me  sentirai  plus  en 
mesure  de  commencer  le  travail  qu'elle  veut  bien  me  confier. 

Sur  la  question  de  savoir  s'il  est  plus  convenable  de  peindre  le 
demi-cercle  en  son  entier  ou  de  couper  l'arc  en  trois  parties,  je 
prendrai  la  liberté  d'observer  que  le  développement  du  sujet 
important  qu'il  s'agit  de  représenter  remplira  facilement  l'étendue 
du  demi-cercle,  et  la  grandeur  de  l'édifice  semble  aussi  indiquer 
l'emploi  de  tout  l'espace  réservé  pour  la  composition  du  peintre. 

Je  vous  prie.  Monseigneur,  d'accueillir  en  bienveillance  l'ex- 
pression des  sentiments  de  gratitude  avec  lesquels  je  suis, 

De  Votre  Excellence,  le  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

F.  Gérard. 
De  Paris,  le  9  juin  181 6. 

GUÉRIN. 

RACHAT   d'esclaves  CHRÉTIENS   PAR   LÈS  RELIGIEUX  DE   LA  MERCI. 

Moins  fertile  que  Gérard,  le  peintre  Guérin  demande  qu'on  le  dispense  de 
remplir  l'arc  entier  dans  lequel  il  se  propose  d'exécuter  un  Radiât  d'esclaves 
chrétiens  par  les  religieux  de  la  Merci,  qui,  d'ailleurs,  est  resté  à  l'état  de 
projet. 

Paris,  12  juillet  1816. 
Monseigneur, 

Le  retard  que  j'ai  apporté  à  répondre  à  la  lettre  de  Votre  Excel- 
lence, qui  me  charge  de  l'un  des  tableaux  de  l'église  de  la  Made- 
leine, n'est  dû  qu'à  l'incertitude  où  je  me  suis  trouvé  d'abord 
pour  le  choix  d'un  sujet,  et  ensuite  à  des  occupations  multipliées 
qui  m'en  ont  distrait.  J'ose  espérer  que  Votre  Excellence  daignera 
recevoir  l'hommage  de  ma  reconnaissance  pour  la  faveur  dont 
elle  m'honore  et  pardonner  à  l'inexactitude  de  ma  plume. 

J'ai  pensé  qu'un  sujet  qui  se  lie  à  la  fois  à  l'histoire  de  France, 
à  la  morale,  à  l'humanité,  à  la  religion  remplirait  les  données 
principales  imposées  par  le  caractère  du  monument  auquel  il  doit 
appartenir;  à  cet  effet,  j'ai  choisi  et  ai  l'honneur  de  proposer  à 
Votre  Excellence  pour  sujet  du  tableau  dont  je  suis  chargé  Une 
Rédemption  d'' esclaves  chrétiens  en  Afrique.,  par  les  religieux 
français  pères  de  la  Merci.  Je  crois  toutefois  inutile  de  m'étendre 
sur  les  développements  dont  ce  sujet  est  susceptible,  et  suis  per- 
suadé que  Votre  Excellence  les  appréciera  sur  le  simple  exposé. 
Je  m'en  rapporte  donc  à  son  goût  qui  ne  peut  errer. 

Quant  à  la  question  de  savoir  si  l'arc  sera  divisé  en  trois  parties, 


268  l'église  de  la  madeleine  en  i8i6. 

mon  avis  serait  pour  l'affirmation,  parce  qu'un  cadre  de  3o  pieds 
sur  i8,  par  exemple,  devient  d'une  proportion  plus  avantageuse 
et  remédie  à  l'inconvénient  des  angles  dans  lesquels  la  composi- 
tion languirait.  Sans  compter  qu'on  rencontrerait  trop  de  diffi- 
cultés locales  pour  l'exécution  d'un  tableau  de  45  à  5o  pieds,  et 
qu'aucun  atelier  ne  pourrait  contenir.  Dans  l'hypothèse  de  la 
division,  on  pourrait  peindre  en  imitation  de  bas-relief  de  grandes 
figures  symboliques  à  l'appui  du  sujet.  J'ai  l'honneur  de  sou- 
mettre cette  idée  à  Votre  Excellence,  ainsi  que  le  sujet  que  je 
désire  exécuter,  et  suis  avec  respect,  Monseigneur,  de  Votre 
Excellence,  le  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

Guérin. 

GIRODET. 

APOTHÉOSE    DE    LOUIS    XVI. 

A  l'exemple  de  Guérin,  Girodet  se  refuse  à  remplir  l'arc  qui  lui  est  réservé, 
s'il  ne  scinde  l'espace  et  ne  groupe  des  figures  allégoriques  dans  les  angles. 
Nous  essayons  de  traduire  la  pensée  du  peintre  en  inscrivant  ici  Apothéose 
de  Louis  XVI.  Girodet  désigne  l'infortuné  monarque  sous  le  titre  :  «  le 
bon  martyr.  »  Au  Ministère  de  l'Intérieur,  on  parut  surenchérir  sur  cette 
qualification.  Nous  trouvons  en  marge  de  l'autographe  du  peintre  cette 
mention  curieuse  :  «  Apothéose  de  saint  Louis  XVI.  » 

Paris,  le  14  juillet  181 6. 
Monseigneur, 

Je  vous  prie  de  me  pardonner  si  je  n'ai  pas  répondu  de  suite  à 
la  lettre  par  laquelle  Votre  Excellence  m'annonce  qu'elle  a  daigné 
me  charger  d'un  tableau  pour  l'église  de  la  Madeleine  destiné  à 
figurer  au-dessus  du  monument  de  Louis  XVI. 

Cependant,  conformément  aux  ordres  de  Votre  Excellence,  j'ai 
médité  plusieurs  sujets;  le  résultat  de  mes  réflexions  m'a  fait 
abandonner  toute  autre  idée  que  celle  qui  m'est  venue  en  dernier 
lieu  de  représenter  au-dessus  de  ce  monument  l'apothéose  du  bon 
martyr  auquel  il  sera  consacré  ;  il  me  semble  que  ce  sujet,  à  la 
fois  français,  héroïque  et  religieux,  aura,  outre  l'avantage  de 
présenter  une  scène  toute  lumineuse  très  favorable  à  l'effet  de 
l'architecture,  celui  plus  particulier  d'une  concordance  morale 
avec  le  monument  au-dessus  duquel  il  sera  placé.  Je  soumets 
cette  idée  au  jugement  et  au  goût  de  Votre  Excellence,  et  j'atten- 
drai ses  ordres  pour  préciser  de  suite  mes  idées  et  commencer 
l'esquisse.  J'ai  l'honneur  de  vous  observer,  Monseigneur,  que 


I 


l'église  de  la  madeleine  en  i8i6.  269 

cette  portion  circulaire,  divisée  en  trois  parties,  fera  peut-être  un 
meilleur  effet,  pouvant  alors  disposer  le  groupe  principal  au 
centre  et  des  groupes  d'Anges  dans  les  angles,  et  sauverait  les 
inconvénients  d'une  composition  toujours  un  peu  lâche  ou  con- 
fuse lorsqu'elle  est  trop  étendue. 
Je  suis  avec  respect,  Monseigneur,  etc. 

Girodet-  Trioson. 
Rue  Neuve-Saint-Augustin,  n"  55. 

A  la  bonne  heure!  La  note  inscrite  au  Ministère  sur  l'autographe  de 
Girodet  n'avait  pas  le  sens  que  nous  étions  en  droit  de  lui  attribuer  à  pre- 
mière lecture.  Le  peintre  a  parlé  d'apothéose,  mot  profane  qui  demande  une 
traduction  dans  le  langage  catholique.  Évidemment,  Girodet  a  conçu  le  plan 
d'une  glorification  de  Louis  XVL  Sans  être  théologien,  François  Grille  se 
rend  compte  de  l'exagération  de  l'hommage,  et  vite,  de  sa  plume  la  plus 
incisive,  il  outrepasse  la  pensée  du  peintre  avant  de  placer  sa  lettre  sous  les 
yeux  du  Roi.  Louis  XVIII  a  trop  de  bon  sens  pour  souscrire  à  ce  crescendo. 
Il  charge  quelqu'un  de  son  entourage,  le  comte  de  l'Escabelle,  d'avertir 
Girodet  de  l'erreur  dans  laquelle  l'a  fait  tomber  un  sentiment  louable  assu- 
rément, mais  excessif.  Le  respect  qu'il  garde  à  la  mémoire  de  Louis  XVI 
n'autorise  pas  l'artiste  à  canoniser  son  héros.  Que  va-t-il  répondre? 

Paris,  le  8  septembre  181 6. 
Monsieur  le  comte, 

Je  me  suis  mal  expliqué  lorsque  j'ai  qualifié  le  tableau  projeté 
pour  la  Madeleine  et  dont  je  suis  chargé.  Ce  n'était  point  l'apo- 
théose de  Louis  XVI  que  je  devais  le  nommer,  puisque  ce  pou- 
vait être  identique  avec  béatification,  et  qu'il  ne  m'appartient  pas 
de  prendre  l'initiative  sur  le  pape. 

J 'appellerai  donc  le  sujet  que  je  dois  traiter  ainsi  :  Admission 
de  Louis  XVI  dans  le  ciel  où  il  est  reçu  par  saint  Louis.  Tous 
les  élus  n'étant  point  canonisés,  l'objection  que  pourrait  faire  le 
Roi  sur  l'apothéose  ne  serait  plus  fondée,  et  S.  M.  ne  la  ferait  cer- 
tainement qu'autant  que,  dans  le  mot  apothéose,  serait  renfermée 
l'idée  de  la  canonisation.  Je  ne  voudrais  que  rendre  les  paroles 
du  confesseur  du  roi  martyr  :  «  Fils  de  saint  Louis  monte^  au 
ciel.  »  Autour  de  Louis  XVI,  la  Reine,  Madame  Elisabeth,  le  dau- 
phin; plus  loin,  les  plus  illustres  victimes  de  la  Révolution  et 
enfin  la  disposition  pittoresque  résultant  de  l'effet  convenable  à 
conserver  relativement  à  l'architecture  et  à  la  forme  obligée  du 
champ  du  tableau  serait  ultérieurement  déterminée.  Je  ne  vois  pas, 
M.  le  comte,  de  sujet  plus  convenable  pour  sa  destination,  et 


270  L^iGLISE   DE   LA   MADELEINE   EN    l8i6. 

c'est  inutilement  que  je  me  suis  creusé  la  tête  à  en  chercher  un 
autre. 

Je  soumets  d'ailleurs  ces  observations  avec  toute  déférence,  et 
vous  serai  bien  obligé  de  vouloir  m'informer  si  vous  les  trouvez 
fondées. 

J'ai  rhonneur  d'être,  etc. 

Girodet-  Trioson. 

M.  le  comte  de  l'Escabelle. 

Cette  composition  n'a  pas  été  peinte,  mais  Girodet  l'a  dessinée  avec  beau- 
coup de  soin.  On  lit  à  la  page  Ixxxv  du  tome  I"  des  Œuvres  posthumes  de 
Girodet-Trioson,  par  A,  Coupin  :  «  1819.  Saint  Louis  recevant  dans  le  ciel 
Louis  XVI  et  sa  famille.  Dessin  très  terminé.  Lithographie  depuis  la  mort 
de  Girodet  par  M.  Lancrenon.  — Appartient  à  M.  Becquerel.  »  L'ouvrage  de 
Coupin  porte  la  date  de  1829.  En  quelles  mains  se  trouve  aujourd'hui  le 
dessin  jadis  possédé  par  M.  Becquerel  r 

GROS. 

SAINT    DENIS    PRÊCHANT    DANS    LES    GAULES. 

Lettre  pressante.  Choix  motivé.  Delestre,  l'historien  de  Gros,  nous  apprend 
que  la  demande  du  peintre  fut  agréée  et  que  notification  régulière  de  la 
commande  lui  fut  faite  le  17  septembre  1816  {Gros  et  ses  ouvrages.  Paris, 
1845,  in-8°,  p.  286).  L'arc  entier  avait  été  réservé  au  peintre,  qui,  de  même 
que  ses  confrères,  n'exécuta  pas  sur  la  toile  la  composition  qu'il  eût  voulu 
traiter.  Il  en  traça  toutefois  des  croquis  à  la  plume.  Delestre  les  a  vus  et  il 
les  décrit  (p.  286-288).  Deux  personnages  paraissent  avoir  préoccupé  le 
peintre  dans  une  mesure  à  peu  près  égale  :  saint  Denis  et  une  druidesse. 
Delestre  loue  le  mouvement  et  l'expression  déployés  par  Gros  dans  ces 
études  préliminaires. 

Paris,  le  9  juillet  181 6. 
Monseigneur, 

J'ai  reçu  avec  la  plus  vive  reconnaissance  la  nouvelle  marque 
d'estime  dont  vous  voulez  bien  m'honorer  en  me  chargeant  de 
l'un  des  sept  tableaux  destinés  pour  l'église  de  la  Madeleine. 

D'après  l'invitation  de  Votre  Excellence  à  énoncer  un  sujet,  je 
choisirais  et  désirerais  ardemment  y  représenter  saint  Denis  prê- 
chant dans  les  Gaules.  Mon  désir  est  tel  que  je  crains  d'en  indi- 
quer un  autre. 

Ayant  toujours  dirigé  mes  études  vers  le  grand  genre  de  la 
peinture,  le  hasard  m'a  toujours  repoussé  dans  des  sujets  de 
costume  si  modernes  que  ce  serait  doubler  votre  bienfait  de  m'ac- 
corder  ce  sujet  si  reculé,  par  là  si  neuf  et  si  grandiose. 


l'église  de  la  madeleine  EN1816.  271 

Monseigneur,  de  Votre  Excellence,  le  plus  affectionné  et  recon- 
naissant serviteur, 

GroSy 

Peintre  d'histoire^ 
Membre  de  l'Institut  et  de  la  Légion  d'honneur. 

Rue  des  Fossés-Saint-Germain-des-Prés,  n°  14. 
PRUD'HON. 

SAINT  LOUIS  PORTANT  LA  COURONNE  d'ÉPIKES.   —  SAINT  FRANÇOIS  DE  SALES 
PRÊCHANT   DEVANT   HENRI    IV. 

Le  peintre  indique  deux  sujets,  mais  il  est  aisé  de  voir  qu'il  préfère  le  pre- 
mier. Les  raisons  qu'il  donne  de  cette  préférence  sont  tirées  d'une  pensée  de 
poète.  A  défaut  de  la  signature  de  Prud'hon,  les  lignes  auxquelles  nous  fai- 
sons allusion  permettraient  de  lui  attribuer  cette  lettre.  Son  âme  tendre  et 
triste  se  trahit  dans  un  sentiment  de  mélancolie  que  d'autres  n'éprouvent  pas 
à  la  manière  de  Prud'hon.  Nous  avons  inutilement  consulté  les  travaux  de 
Frédéric  Villot  et  de  Charles  Clément  pour  retrouver  la  trace  d'une  étude 
quelconque  se  rattachant  à  ces  compositions  projetées. 

Paris,  le  7  juin  18 16. 
Monseigneur, 

Je  me  trouve  honoré,  autant  que  flatté,  du  choix  que  Votre 
Excellence  a  bien  voulu  faire  de  moi  pour  Texécution  d'une  des 
peintures  qui  doivent  décorer  Péglise  de  la  Madeleine. 

Pour  parvenir  autant  que  possible  à  ce  que  l'intention  de  Votre 
Excellence  soit  remplie  dans  tous  ses  points,  j'ai  fait  choix  pour 
la  place  qui  m'est  assignée  au-dessus  du  monument  de  la  reine 
Marie-Antoinette  de  la  cérémonie  de  la  Couronne  d'épines,  oîi 
saint  Louis,  accompagné  de  la  reine  Blanche,  des  princes,  ses 
frères,  de  plusieurs  prélats  et  de  toute  sa  cour,  alla  au-devant  de 
cette  précieuse  relique  jusqu'à  Ville-Neuve-l' Archevêque.  Dans 
la  translation  il  se  fit  un  devoir  de  la  porter  lui-même  en  entrant 
dans  la  ville  de  Sens,  et  ne  voulut  partager  cet  honneur  qu'avec 
Robert,  comte  d'Artois,  son  frère;  un  clergé  nombreux  les  précé- 
dait, toute  la  suite  du  Roi  marchait  comme  lui,  nu-pieds  et  en 
silence  ;  on  se  rendit  ainsi  à  la  cathédrale,  où  Ton  montra  à  la 
multitude  cet  inestimable  trésor. 

Ce  sujet  me  paraît  présenter  une  cérémonie  religieuse  et  impo- 
sante remplie  de  sentiments  pieux  et  de  souvenirs  douloureux 
dont  le  rapprochement  avec  ce  qu'a  souffert  l'auguste  épouse  de 
Louis  XVI  me  semble  devoir  produire  une  impression  profonde. 


272  l'église  de  la  madeleine  en  18 16. 

Je  soumets  également  à  Votre  Excellence  un  second  sujet  qui, 
quoiqu'il  n''ait  pas  comme  le  premier  la  même  identité  avec  le 
monument  placé  au-dessous,  sourit  néanmoins  à  la  pensée,  parce 
qu^on  y  verrait  Henri  IV,  le  modèle,  comme  le  meilleur  des  Rois. 

Ce  tableau  représenterait  saint  François  de  Sales  prêchant  en 
présence  de  ce  monarque  et  de  toute  sa  cour  en  1602. 

Je  pense  aussi.  Monseigneur,  qu'il  faut  laisser  en  entier  le 
champ  de  l'arc  des  tableaux  qui,  divisé  en  trois  parties,  ferait 
perdre  à  la  peinture  quelque  chose  de  ce  caractère  imposant 
nécessaire  à  TefFet  qu'elle  doit  produire. 

J'ose  vous  prier.  Monseigneur,  d'agréer  l'expression  de  toute 
ma  reconnaissance,  ainsi  que  celle  des  sentiments  respectueux 
avec  lesquels  Je  suis. 

De  Votre  Excellence,  le  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

Prud'hon,  peintre, 
Chevalier  de  la  Légion  d'honneur. 

MEYNIER. 

LE    CORPS    DE    SAINT    LOUIS 

Exposé,  après  sa  mort,  à  la  vénération  des  Barons,  Chevaliers  et  Soldats 
français  au  milieu  de  son  camp  et  des  ruines  de  Carthage.  —  Philippe- 
Auguste,  avant  la  bataille  de  Bouvines,  bénit  les  Chevaliers  et  les  Barons 
du  royaume. 

Meynier  propose  au  choix  du  minisire  deux  sujets  historiques,  mais  la 
lettre  de  Prud'hon  avait  précédé  celle  de  Meynier,  et  M.  Laine  avait  assigné 
à  Prud'hon  une  scène  tirée  de  l'histoire  de  saint  Louis.  Il  fut  résolu  que 
Meynier  devrait  traiter  la  bénédiction  de  Philippe-Auguste  avant  la  bataille 
de  Bouvines. 

A  Son  Excellence,  Monseigneur  Laine,  Ministre  Secrétaire  d'État 
au  département  de  l'Intérieur. 

Monseigneur, 

J'ai  l'honneur  de  vous  témoigner  ma  vive  reconnaissance  de 
rhonorable  tâche  dont  vous  avez  bien  voulu  me  charger,  celle  de 
représenter  un  des  grands  sujets  héroïques  et  religieux  de  l'his- 
toire de  nos  Rois,  qui  doivent  décorer  l'église  de  la  Madeleine. 

Je  prends  la  liberté  de  soumettre  à  l'approbation  de  Votre 
Excellence  deux  sujets  que  je  crois  d'un  grand  intérêt  historique 
et  propres  à  développer  les  beautés  de  l'art. 

L'un  serait  le  corps  de  saint  Louis  après  sa  mort.,  exposé  à  la 


l'église  de  la  madeleine  EN1816.  273 

vénération  des  barons,  chevaliers  et  soldats  français  au  milieu 
de  son  camp  et  des  ruines  de  Carthage. 

L'autre  serait  Philippe- Auguste^  qui,  après  avoir  déposé  sa 
couronne  sur  V autel  sacré,  donne  la  bénédiction  aux  chevaliers 
et  barons  du  royaume  avant  la  bataille  de  Bouvines. 

Le  premier,  de  la  plus  touchante  expression,  n'a  pas  encore  été 
traité.  On  a  représenté  la  communion,  la  mort  et  tous  les  traits 
principaux  de  la  vie  du  saint  Roi  ;  mais  je  crois  que  celui-ci  mérite 
la  préférence  par  les  épisodes  qu'il  présente  :  d'un  côté,  les  prin- 
cesses défaillantes,  les  princes  consternés,  les  chevaliers  prosternés 
près  du  Roi.  Des  malades  sortant  des  hôpitaux  et  s'empressant 
pour  voir  et  pour  toucher  encore  les  vénérables  restes  de  leur 
maître.  Le  fond  représentant  des  feux  allumés  dans  le  camp  des 
Maures. 

Le  second,  l'un  des  plus  héroïques  et  des  plus  religieux,  en 
même  temps  qu'il  est  de  la  plus  haute  importance  dans  l'histoire 
de  France.  La  scène  se  passe  dans  le  camp  de  Philippe-Auguste, 
qui,  après  avoir  déposé  sa  couronne  sur  l'autel  et  prononcé  une 
harangue  sublime,  donne  sa  bénédiction  aux  barons  dont  la 
valeur  va  sauver  la  monarchie.  Les  prêtres,  cet  autel,  les  soldats, 
les  chevaliers  prosternés,  la  variété  des  costumes,  les  armures 
extraordinaires  qui  sont  consacrées  par  les  anciens  monuments, 
tout  me  fait  croire  qu'il  est  digne  de  décorer  le  lieu  auguste 
auquel  il  est  destiné. 

Je  pense  aussi  qu'il  est  infiniment  plus  avantageux  de  peindre 
les  grandes  machines  sur  une  seule  toile  et  dMn  seul  sujet. 

Je  renouvelle  à  Votre  Excellence,  Monseigneur,  l'expression 
de  ma  reconnaissance,  et  je  la  prie  d'agréer  l'assurance  du  profond 
respect  avec  lequel  je  suis, 

De  Votre  Excellence,  le  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

Meynier, 
Membre  de  l'Institut  (Académie  royale  des  Beaux-Arts). 

Ce  II  juin  181 6. 

CARLE  VERNE  T. 

DÉBARQUEMENT  DE  SAINT  LOUIS  A  DAMIETTE. 

Carie  Vernet,  non  moins  sûr  de  lui  que  ne  le  sont  d'eux-mêmes  Prud'hon 
et  Meynier,  réclame  la  faveur  de  remplir  l'arc  qui  lui  est  assigné.  Il  indique 
son  sujet  et  demande  qu'on  lui  donne  la  préférence,  si  quelqu'un  de  ses 
confrères  avait  fait  porter  son  choix  sur  la  même  scène.  Et,  aân  sans  doute 

ART   FR.    IV  l8 


^74  L^éGLlSË  DE  LA  MADELEINE  EN    1816. 

de  laissef  entrevoir  au  Ministre  avec  quel  soin  sera  traité  le  point  d'histoire 
auquel  il  s'attache,  il  joint  à  sa  lettre  une  note  détaillée  que  l'on  peut  consi- 
dérer comme  le  commentaire  «  pittoresque  »  de  sa  proposition. 

Paris,  le  6  juin  1816. 
Monseigneur, 

J'ai  reçu  la  lettre  que  vous  m''avez  fait  l'honneur  de  m'écrire 
pour  m'annoncer  que  je  suis  compris  dans  la  répartition  des 
tableaux  destinés  à  décorer  l'église  de  la  Magdelaine.  Je  ne  sau- 
rais vous  exprimer  combien  je  m'en  trouve  honoré,  et  je  vous 
prie  d'être  persuadé  que  je  mettrai  tous  mes  soins  dans  l'exécu- 
tion de  cet  important  ouvrage. 

J'ai  l'honneur  de  soumettre  à  Votre  Excellence  un  sujet  que 
j'aimerais  beaucoup  à  traiter  et  où  se  trouvent  les  conditions 
indiquées  dans  son  arrêté. 

C'est  le  Débarquement  de  saint  Louis  à  Damiette.  Je  m'em- 
presse. Monseigneur,  de  vous  faire  connaître  mon  choix  en  vous 
priant  de  me  conserver  la  priorité  si  quelqu'un  de  mes  confrères 
vous  proposait  le  même  sujet.  Mon  opinion  sur  l'exécution  de  ces 
tableaux  est  qu'ils  soient  faits  sur  une  même  toile  et  non  en  trois 
parties. 

Je  suis  avec  le  plus  profond  respect.  Monseigneur,  de  Votre 
Excellence,  le  très  humble  et  très  obéissant  serviteur. 

Carie  Vernet, 
Membre  de  l'Institut  royal  de  France. 

Rue  de  Bourbon,  n°  34. 

Année  1249. 

Après  avoir  pacifié  son  royaume  et  l'avoir  policé  par  de  bonnes 
lois,  Louis  crut  pouvoir,  sans  danger,  s'en  éloigner.  Dans  une 
maladie  dangereuse  qu'il  avait  essuyée,  il  avait  fait  vœu,  si  Dieu 
lui  rendait  la  vie,  de  l'employer  à  la  délivrance  de  la  Sainte  Cité. 
Dès  qu'il  eut  recouvré  la  santé,  il  ne  songea  plus  qu'à  s'acquitter 
de  cet  engagement.  Ayant  mis  ordre  à  ses  préparatifs,  il  laissa  la 
régence  à  sa  mère  et  s'embarqua  au  port  d'Aiguemortes  avec  la 
reine,  sa  femme,  ses  quatre  fils  et  l'élite  de  la  nation.  Jérusalem 
et  la  plus  grande  partie  de  la  Judée  étaient  soumises  au  Soudan 
d^Égypte;  on  jugea  que  le  plus  siir  moyen  de  les  affranchir  était 
d'aller  l'attaquer  dans  ses  propres  États.  La  fiotte  cingla  vers 
Damiette  regardée  comme  la  clef  de  l'Egypte.  Le  Soudan,  averti  de 


EXTRAIT  DE  l'iNVENTAÏRE  APRES  DECES  DE  MATHIEU  MOLE.       275 

ce  projet,  envoya  un  corps  nombreux  de  milice  pour  s'opposer  au 
débarquement.  A  la  vue  des  ennemis  rangés  sur  la  côte,  Louis  se 
jette  le  premier  sur  le  rivage,  ayant  de  l'eau  jusqu'aux  épaules, 
et  marche  à  eux  couvert  de  son  bouclier  et  Pépée  à  la  main,  son 
exemple  enflamme  le  reste  de  l'armée.  Les  Mameloucks  furent 
renversés,  et,  n'osant  se  renfermer  dans  Damiette  qui  manquait  de 
munitions,  ils  s'enfuirent  vers  la  Haute-Egypte. 


EXTRAIT  DE  L'INVENTAIRE   APRES  DECES 

DE 

MATHIEU  MOLE. 

i^'  mars  i656  et  jours  suivants. 

C'est  à  l'extrême  obligeance  de  M.  le  duc  de  Noailles  que  nous  devons  la 
communication  de  l'inventaire  après  décès  des  biens  de  Mathieu  Mole.  Notre 
généreux  hôte  possède  en  son  château  de  Champlâtreux,  près  Luzarches,  une 
expédition  de  cette  pièce,  dont  on  conserve  la  minute  dans  l'étude  Cornille- 
Prudhomme*.  Ce  document  comprend  trois  parties  :  l'inventaire  de  l'hôtel 
de  la  rue  Gît-le-Cœur,  celui  du  château  de  Champlâtreux  et  l'inventaire  de 
la  bibliothèque,  en  déficit  à  Paris  comme  à  Champlâtreux.  Des  articles  que 
nous  publions,  les  quatre  derniers  numéros  seuls  proviennent  de  l'mventaire 
du  château,  dressé  le  10  avril. 

Que  M.  le  duc  de  Noailles  reçoive  ici  le  témoignage  de  notre  profonde 
gratitude  pour  l'accueil  dont  il  a  daigné  nous  honorer. 

E.   COYECQUE. 

102.  Item,  une  image  de  la  Vierge  Marie  en  yvoire. 

III.  Item, ung grand  tableau  du  Roy, de  la  Reyne  et  de  Mon- 
sieur le  duc  (VAnjou^  prisé  xxx  1. 

117.  Item,  ung  tableau  de  la  Vierge  avecq  son  Jésus,  sainct 
Jean  et  sainct  Joseph,  prisé  ,  xx  1. 

i32.  Item,  ung  cheval  de  bronze  posé  sur  un  pied  de  bois, 
prisé  XX 1. 


I.  Sous  cette  dénomination,  qui  nous  semble  fort  commode,  nous  indi- 
quons le  nom  du  notaire  de  i656  et  celui  de  son  successeur  actuel,  domi- 
cilié rue  Gaillon,  6.  On  pourra  se  reporter  à  l'original  si  on  désire  avoir 
rénumération  complète  et  détaillée  des  meubles  faisant  partie  de  la  succes- 
sion du  fameux  Président.  Nous  ne  donnons  ici  que  les  articles  présentant 
un  certain  intérêt  au  point  de  vue  de  l'art. 


276      EXTRAIT  DE  l'iNVENTAIRE  APRES  DECES  DE  MATHIEU  MOLE. 

i63.  Item,  une  tanture  de  tapisserie,  haulte  lice  de  Paris, 
représentant  Vhistoire  de  Scipion^  contenant  huict  pièces  de 
vingt  cinq  aulnes  de  cours  et  trois  aulnes  de  hault,  prisée  vu"*  v<^  1. 

164.  Item,  une  autre  tanture  de  tapisserie  de  Flandres,  conte- 
nant vingt  quatre  aulnes  de  cours  sur  trois  aulnes  de  hault  ou 
environ,  représentant  Pirame  et  Thisbée,  prisée  xn<=  1. 

i65.  Item,  une  autre  tanture  de  tapisserie  de  huict  pièces,  à 
fleurs  de  lys,  de  haulte  lice,  contenant  vingt  quatre  aulnes  de 
cours  sur  trois  aulnes  ou  environ  de  hault,  prisée  in"  1. 

166.  Item,  une  autre  tanture  de  tapisserie  de  Flandres,  conte- 
nant neuf  pièces  de  boccages  et  testions^  prisée  v=  1. 

167.  Item,  trois  vieilles  pièces  de  tapisseries  de  Flandres  à  per- 
sonnages, dessorties,  contenant  environ  dix  aulnes,  prisez   iiii<=  1. 

168.  Item,  une  autre  tanture  de  tapisseries  de  Flandres  à  ver- 
dure, avecq  quatre  soubassemens,  contenant  environ  vingt  quatre 
aulnes  de  cours  et  trois  aulnes  de  hault,  prisée  xiiii<=  1. 

169.  Item,  une  autre  tanture  de  tapisserie  de  Flandres,  repré- 
sentant Judich,  contenant  sept  pièces,  prisée  vi<=  1. 

Ensuivent  les  tableaux. 

230.  Premièrement,  un  tableau  pin  sur  thoille  où  est  repré- 
senté une  vieille  Magdelaine  couchée  tout  de  son  long,  prisée  c  s. 

23 1.  Item,  ung  grand  puisage,  garny  de  sa  bordure  noire, 
prisé  xii  1. 

232.  Item,  ung  autre  grand  paisage^  garny  de  sa  bordure  noire, 
prisé  xir  1. 

233.  Item,  ung  autre  grand  paisage,  pin  sur  bois,  où  est  repré- 
senté Adam  et  autres  figures,  garny  d'une  vieille  bordure  de 
Flandres,  prisé  xx  1. 

234.  Item,  ung  tableau  de  Nostre  Seigneur^  à  demy  corps, 
entourré  d'anges,  prisé  x  1. 

235.  Item,  le  portraict  du  Père  Joseph^  garny  de  sa  bordure 
dorée,  prisée  xv  1. 

236.  Item,  ung  portraict  du  roy  Charles  neuf,  sur  un  fond  de 
bois,  garny  de  sa  bordure,  prisé  x  1. 

237.  Item,  ung  vieux  portraict  sur  un  fond  de  bois,  oti  est 
escript  sur  la  bordure  :  «  Triste  et  loyal,  »  prisé  c  s. 

238.  Item,  le  portraict  du  bienheureux  François  de  Salle, 
prisé  m  1. 


I 


EXTRAIT  DE  L  INVENTAIRE  APRÈS  DÉCÈS  DE  MATHIEU  MOLE.       277 

239.  Item,  deux  portraicts  du  roy  Charles  neuf  et  Eli^abeth^ 
sa  femme,  garny  de  leurs  bordures,  prisez  ensemble  xii  1. 

240.  Item,  cinquante  sept  portraicts  sur  fonds  de  bois  et  thoille, 
tels  quels,  prisez  ensemble  cxiiii  1. 

241.  Item,  ung  petit  tableau  de  sainct  Bruno  à  demy  corps,  sur 
bois,  garny  de  sa  bordure,  prisé  vi  1. 

242.  Item,  une  teste  de  madame  Louise  Carion,  aagée  de 
soixante  cinq  ans,  sans  bordure,  prisé  vi  1. 

243 .  Item,  une  teste  à  fond  d'or  de  Nostre  Seigneur  du  linge 
de  la  Véronique^  garny  de  sa  bordure  de  poirier,  prisé  c  s. 

244.  Item,  une  Vierge  les  mains  joincte,  une  estoille  sur  l'es- 
paulle,  avecq  sa  bordure,  prisée  un  1. 

245.  Item,  ung  vieux  portraict  de  sainct  Pierre^  qui  a  un 
anneau  au  doigt  dont  il  tient  un  rouleau  de  papiers,  prisé     xx  1. 

246.  Item,  le  portraict  du  roy  Louis  treize,  en  son  jeune  aage, 
non  achevé,  prisé  vi  1. 

247.  Item,  le  portraict  de  la  Royne^  dans  son  jeune  aage,  avecq 
les  mains,  sans  bordure,  prisé  xii  I. 

248.  Item,  ung  autre  portraict  du  feu  roy  Louis  trei:{e,  avecq 
sa  bordure  noire,  prisé  xii  1. 

249.  Item,  le  portraict  d'un  capucin,  son  cachet  et  deux  papiers 
sur  le  tapis,  avecq  sa  plate  bande  de  bois  de  poirier  noircy, 
prisé  VI 1. 

2  5o.  Item,  ung  crucifix  sur  thoille,  garny  de  sa  bordure  de  bois, 
avec  un  filet  d'or,  prisé  vi  1, 

25 1.  Item,  le  portraict  de  feu  monsieur  le  Chancelier  de  Chi- 
vernjr,  plus  que  demy  corps,  habillé  en  Chevalier  ^,  sans  bordure, 
prisé  X 1. 

252.  Item,  ung  Christ,  les  main  jointe,  sur  un  fond  de  bois, 
garny  de  sa  bordure  de  bois  painct  et  doré,  prisé  viii  1. 

253.  Item,  une  Vierge,  les  main  joincte,  d'après  le  Guide, 
sans  bordure,  prisé  viii  1. 

254.  Item,  ung  crucifix  après  Michel  l'Ange,  garny  de  sa  bor- 
dure dorée,  prisé  xri  1. 

255.  Item,  une  Vierge  donnant  à  teter  à  son  enffant,  avecq  sa 
bordure  marquetée  de  filet  d'or,  prisée  xx  I. 

256.  Item,  le  portraict  de  feu  monsieur  le  cardinal  de  Riche- 
lieu, avecq  sa  bordure  noire,  prisée  x  1. 

I.  Certainement  de  l'Ordre  du  Saint-Esprit. 


278       EXTRAIT  DE  l'iNVENTAIRE  APRÈS  DÉCÈS  DE  MATHIEU  MOLE. 

257.  Item,  ung  tableau  d'abricotz,  prunes  et  raissins,  sur  cuivre, 
garny  de  sa  bordure  d'esbeine,  prisé  vi  1. 

2  58.  Item,  une  Nativité  sur  cuivre,  un  Dieu  le  père  en  hault, 
garnye  de  sa  bordure  d'esbeine,  prisé  xii  1. 

259.  Item,  une  Vierge  sur  cuivre,  garny  de  sa  bordure  noire, 
entourrée  de  fleurs,  prisée  x  1. 

260.  Item,  vingt  portraicts  sur  toille  d'oms  illustres,  papes  et 
autres,  aucuns  d'iceux  sans  bordure,  prisez  ensemble  xx  1. 

261 .  Item,  ung  petit  tableau  du  roy  Louis  trei\eiesme,  sur  bois, 
entouré  d^or,  garny  de  sa  plate  bande,  prisé  un  1. 

262.  Item,  ung  vieil  tableau  de  sainct  Hierosme,  sur  thoille, 
garny  de  sa  bordure  noire  vi  1. 

263.  Item,  une  Magdelaine  sur  bois,  la  main  sur  une  teste  de 
mor,  garnye  de  sa  bordure  dorée,  prisé  x  I. 

264.  Item,  une  Vierge^  une  saincte  Catherine  et  sainct 
Sebastien  en  un  tableau  pain  sur  thoille,  garny  de  sa  bordure 
dorée,  prisé  xx  1. 

265.  Item,  ung  grand  tableau  sur  bois  d'une  Nativité^  garny 
d'une  vieille  bordure,  prisé  x  1. 

266.  Item,  le  portraict  de  la  Rejrne  de  Suède,  avecq  sa  bordure 
dorée,  prisé  x  1. 

267.  Item,  ung  petit  tableau  d^une  Vierge  tenant  son  enffant 
qui  dort,  avecq  sa  bordure  dorée,  prisée  x  1. 

268.  Item,  deux  tableaux,  l'un  Ecce  homo,  sur  bois,  et  Fautre 
une  Vierge,  de  pareille  grandeur,  aussy  sur  bois,  dont  le  derrier 
d'iceux  est  pain  de  brun,  avecq  leurs  bordures  dorée,  prisez 
ensemble  lx  1. 

269.  Item,  deux  vieux  paisages,  l'un  sur  bois  et  l'autre  sur 
thoille,  avecq  deux  figures  dedans,  et  leurs  bordures,  tels  quels, 
prisez  ensemble  viii  1. 

270.  Item,  ung  petit  sainct  François,  de  broderie  et  or  sur 
velour  noir,  avecq  sa  bordure  de  bois  noircy,  prisé  lx  s. 

27 1 .  Item,  une  Vierge  qui  tire  de  son  laict  à  Nostre  Seigneur, 
garnye  de  sa  bordure  dorée,  prisée  lx  1. 

272.  Item,  une  grande  Vierge,  sur  thoille,  qui  tient  Nostre 
Seigneur,  garny  de  sa  bordure  noire,  prisée  xx  1. 

273.  Item,  ung  grand  tableau  d'une  Vierge  accompagnée  de 
sainct  Joseph,  de  saincte  Catherine  et  deux  anges,  garny  d'une 
bordure  de  bois  rougy,  prisé  xxv  1. 


EXTRAIT  DE  L  INVENTAIRE  APRÈS  DECES  DE  MATHIEU  MOLE.       279 

274.  Item,  ung  portraict  de  sainct  Mathieu^  un  des  quatre 
évangélistes,  sur  thoille,  et  sans  bordure,  prisé  viii  1. 

275.  Item,  le  portraict  de  la  feue  Reyne  mère  y  sur  thoille,  sans 
bordure,  prisé  ix  1. 

276.  Item,  ung  autre  portraict  de  lad.  feue  Royne  mère,  plus 
petit,  aussy  sur  thoille,  avecq  sa  bordure  noire  et  filetz  d'or, 
prisé  VI  1, 

277.  Item,  deux  portraicts  du  Rojr  et  dQ  monsieur  le  duc  d'An- 
jou, estans  jeunes,  garnis  de  leurs  plates  bandes  noires,  prisez 
ensemble  vi  1. 

278.  Item,  le  portraict  de  monsieur  le  cardinal  de  la  Roche' 
/oucault,  avecq  sa  bordure  noire,  prisé  vi  1. 

279.  Item,  trois  petits  tableaux  paintz  sur  marbres  blancs,  avecq 
leurs  bordures  noires,  prisez  ensemble  un  1.  x  s. 

280.  Item,  un  portraict  de  madame  la  marquise  de  Mesnelay^ 
sans  bordure,  prisé  c  s. 

281.  Item,  une  Vierge  quifaict  lire  son  enfant  dans  un  livre 
et  trois  anges  au  ciel,  sur  cuivre,  avecq  sa  bordure  de  bois  de 
Brésil  et  esbeyne,  prisé  xv  1. 

282.  Item,  ung  paisage  peinct  sur  cuivre  où  est  despeinct  le 
petit  Tobjre,  avecq  sa  bordure  noire,  prisée  xx  1. 

283.  Item,  un  tableau  de  tapisserie  de  la  Savonnerie  où  est 
représenté  Narcisse,  avecq  sa  bordure  de  bois  noir,  prisé      xii  1. 

284.  Item,  ung  autre  tableau  de  paisage,  aussy  de  tapisserie, 
avecq  sa  bordure  dorée,  prisée  xv  1. 

285.  Item,  ung  autre  tableau  de  broderie  de  soie,  à  fleurs  sur 
satin  blanc,  garny  de  sa  bordure  dorée  et  esmaillée,  prisé       xi  1. 

286.  Item,  ung  petit  tableau  d'un  petit  fase  [faisan?]  à  l'es- 
guille,  garny  de  sa  bordure  noire,  prisé  vi  1. 

287.  Item,  ung  petit  tableau  de  tapisserie,  où  est  représenté  un 
vieillard  regardant  dans  un  livre,  garny  de  sa  bordure  dorée, 
prisé  xviri  1. 

288.  Item,  le  portrait  du  chef  de  Nostre  Seigneur  sur  le  linge 
de  la  Véronique,  aussy  de  tapisserie,  avecq  sa  bordure  de  bois 
doré,  prisé  xv  1. 

289.  Item,  ung  autre  tableau  de  crucifix,  de  broderie  de  soye, 
garny  de  sa  plate  bande  noire  et  d'un  rideau  de  taffetas  vert, 
prisé  L I. 

290.  Item,  ung  tableau  d'un  cocq  et  une  poulie  et  un  poullet 
d'Inde,  sur  thoille,  garny  de  sa  bordure  dorée^  prisé  xv  1. 


280      EXTRAIT  DE  l'iNVENTAIRE  APRÈS  D^CÈS  DE  MATHIEU  MOLE. 

291.  Item,  ung  petit  tableau  de  broderie  à  fruicts,  avecq  sa  bor- 
dure noire,  décollée,  prisé  iri  1. 

292.  Item,  ung  petit  tableau  à  pam  [à  pans?]  où  est  représenté 
Nostre  Seigneur^  jeune ^  ayant  la  main  sur  un  monde ^  avecq  sa 
bordure  noire,  prisé  un  1. 

293.  Item,  une  Magdelaine^  en  moyen  tableau,  avecq  sa  bor- 
dure d'or  bruny,  prisé  lx  1. 

294.  Item,  une  Vierge  dans  une  couronne  à  fleurs^  sans  bor- 
dure, prisé  XII 1. 

295.  Item,  ung  petit  tableau  sur  bois  où  est  un  Christ  que 
Von  mect  au  tombeau^  avecq  sa  bordure  de  bois  rouge,  prisé  c  s. 

296.  Item,  un  tableau  de  la  charité  de  sainct  Paul,  prisé    l  1. 

297.  Item,  ung  autre  où  est  peinct  un  panier  de  fleurs^ 
prisé  L 1. 

298.  Item,  ung  Christ  couché,  prisé  xv  1. 

299.  Item,  ung  autre  Christ^  assis  sur  un  oreiller^  prisé     x  1. 

300.  Item,  une  Adoration  des  trois  Roys,  prisé  xxx  1. 
3oi .  Item,  ung  petit  tableau  d'une  Vierge  qui  donne  à  teter  à 

son  enffant  dans  une  sperspective,  prisé  xl  1. 

302.  Item,  une  Magdelaine  qui  médite,  sur  bois,  avecq  son 
châssis  doré  et  argenté,  prisé  xl  I. 

303.  Item,  le  portraict  de  monsieur  de  la  Meilleraye ^  sans 
bordure,  prisé  ix  1. 

352.  Item,  trois  petits  tableaux,  l'un  sur  cuivre  où  est  depeinct 
Nostre  Seigneur  portant  sa  croix ^  et  l'autre  un  sainct  François, 
sur  bois,  le  fonds  doré,  et  le  troisiesme  une  Vierge  tenant  le  petit 
Jesus^  mouUé  sur  une  escaille  de  tortue,  avecq  leurs  châssis,  pri- 
sez ensemble  viri  1. 

362.  Item,  V histoire  de  Daniel,  taillé  en  bois  de  buys,  avecq 
son  estuy  de  cuir  noir,  doré,  doublé  de  velours  rouge,  prisé    c  1. 

377.  Item,  ung  grand  tableau  d'une  Charité^  sur  bois,  garnye 
de  son  châssis  de  bois  peinct,  prisé  xv  1. 

378.  Item,  une  petite  image  de  la  Vierge,  de  bois,  prisée  m  1. 


JOSEPH    CARIS.  201 

LE  SCULPTEUR  JOSEPH  CARIS. 

LA   FONTAINE   SAINT-MICHEL   A   TOULON. 
(1780-I782.) 


Dans  sa  réunion  du  19  septembre  1780,  le  Conseil  municipal  de  Toulon 
délibéra,  à  l'unanimité,  de  faire  reconstruire  la  fontaine  située  sur  le  cours 
Saint-Michel,  et  celle  de  la  place  de  la  Halle*,  qui  menaçaient  ruine.  Il 
décida  en  même  temps  d'employer  900  livres  pour  la  première  et  de  3  à 
4,000  livres  pour  la  seconde.  Des  plans  et  devis  furent  dressés,  les  travaux 
de  construction  de  ces  deux  fontaines  devant  être  mis  aux  enchères  pour  être 
adjugés  à  ceux  qui  feraient  les  conditions  les-plus  avantageuses  à  la  commu- 
nauté. L'intendant  de  la  province,  Mgr  de  Latour,  approuva,  dans  toute  leur 
teneur,  les  délibérations  du  Conseil  2. 

D'après  les  comptes  trésoraires,  la  dépense  totale  pour  la  fontaine  Saint- 
Michel  s'éleva  à  2,375  livres  8  sols,  dont  1,000  livres  pour  le  prix  de  la  fon- 
taine avec  la  colonne;  sur  lesquelles  1,000  livres  il  fut  prélevé  3oo  livres 
payées  à  Antoine  Ollivier,  maître  tailleur  de  pierre,  qui  avait  fait  le  socle,  le 
piédestal  en  forme  de  réservoir,  et  quatre  coquilles.  Les  1,375  livres  8  sols 
restants  servirent  au  payement  de  la  main-d'œuvre  des  ouvriers,  des  pierres 
et  autres  matériaux,  et  de  divers  frais  d'établissement'. 

Caris,  en  acceptant  d'exécuter  la  fontaine  Saint-Michel,  avait  compté  sur 
les  promesses,  fallacieuses,  s'il  faut  l'en  croire,  à  lui  faites  par  l'ingénieur 
Sigaud,  qui,  paraît-il,  en  traitant  avec  le  sculpteur,  l'avait  laissé  dans  l'igno- 
rance de  la  véritable  somme  allouée  par  le  Conseil  et  approuvée  par  l'inten- 
dant. Les  consuls,  s'en  rapportant  à  la  somme  de  900  livres  votée  en  prin- 
cipe, et  qu'ils  croyaient  avoir  été  acceptée  par  Caris,  allouèrent  néanmoins 
1,000  livres  à  ce  dernier  après  avoir  prélevé  sur  cette  dernière  somme 
3oo  livres  dues  au  maître  tailleur  de  pierre.  Notre  malheureux  sculpteur  ne 
reçut  donc  que  700  livres  pour  tout  son  travail,  alors  qu'il  en  avait  déboursé 
presque  autant,  soit  537  livres  10  sols. 


1.  La  fontaine  Saint-Michel  n'existe  plus,  mais  celle  de  la  place  de  la  Halle, 
exécutée  par  l'architecte  Toscat  et  le  sculpteur  Chastel,  et  qui  coûta  plus  de 
6,000  livres,  se  voit  encore.  Cette  dernière,  appelée  de  nos  jours  Fontaine 
des  trois  dauphins,  est  une  œuvre  d'art  assez  remarquable.  Elle  est  bien 
conservée,  seulement  il  est  à  craindre  que,  par  suite  d'une  incurie  coupable, 
elle  soit  bientôt  ruinée.  Depuis  plusieurs  années  elle  est  envahie,  dans  son 
entier,  par  des  plantes  et  des  arbustes;  ces  derniers  deviendront,  en  grandis- 
sant, les  destructeurs  du  monument. 

2.  Arch.  comm.  de  Toulon,  série  DD,  60-61. 

3.  Arch,  comm.  de  Toulon,  série  CC,  371  à  376. 


382  JOSEPH  CARIS, 

Lettres  du  sculpteur  Caris  au  sujet  du  payement  de  la  fontaine 
Saint-Michel. 

I. 

Aix,  le  i*'  aoust  1782. 
Monsieur, 

Messieurs  vos  Consuls  m'ayant  fait  offrir  par  vos  mains  sept 
cent  livres  pour  le  payement  de  la  fontaine  que  j'ai  fait,  et  ayant 
refusé,  comme  vous  savés,  de  les  accepter  comme  inférieures  à  sa 
valeur,  je  crois  devoir  m'adresser  à  vous  pour  vous  dire  que 
M.  Sigaud,  ayant  mieux  réfléchi  sur  cet  ouvrage,  a  cru  qu'il 
devait  être  porté  à  un  prix  plus  haut;  sa  délicatesse  cependant  l'a 
empêché  de  statuer  définitivement  sur  cet  objet,  jusqu'à  ce  qu'il 
en  eut  reçu  l'ordre  précis  de  Messieurs  vos  Consuls. 

Veuliés  donc,  Monsieur,  les  engager  à  écrire  à  M.  Sigaud  pour 
qu'il  fixe  un  prix  convenable  à  mon  ouvrage;  je  l'ai  fait  sous  ses 
yeux,  il  sait  le  temps  que  j'ai  mis  pour  le  faire,  les  soins  que  j'y 
ai  pris  pour  le  rendre  conforme  à  la  beauté  du  modèle;  ces  diverses 
considérations,  Monsieur,  me  flattent  que  son  prix  sera  selon  la 
justice,  et  que  j'aurai  lieu  de  me  félicité  d'avoir  travaillé  pour 
une  ville  qui  sait  apprécier  les  arts  et  les  récompenser. 

J'ai  l'honneur  d'être  avec  respect,  Monsieur,  votre  très  humble 
et  très  obéissant  serviteur, 

J*  Caris. 

II. 

A  Aix,  le  i"  septembre  1782. 
Messieurs, 

Lorsque  j'ai  fait  placer  la  fontaine  à  la  place  Saint-Michel,  je 
remis  mon  compte,  comme  vous  le  savez,  à  M.  Beaudin;  depuis 
lors,  j'ai  parlé  plusieurs  fois  à  M,  Sigaud  qu'il  devait  en  fixer  le 
prix,  et  il  m'a  toujours  renvoyé  au  voyage  qu'il  devait  faire  dans 
votre  ville;  il  en  est  arrivé  depuis  peu  dans  celle-cy,  j'ay  luy  ai 
demandé  s'il  avait  fixé  la  valeur  de  ladite  fontaine,  il  m'a  répondu 
froidement  qu'il  n'en  avait  pas  été  question  entre  vous  et  luy; 
que  dois-je  penser.  Messieurs,  de  ce  silence  à  l'égard  de  mon 
ouvrage  ? 

Si  M.  Sigaud  peut  avoir  quelques  raisons  pour  me  faire  lan- 
guir et  retarder  mon  payement,  juste  comme  vous  êtes,  je  me 


JOSEPH   CARIS.  283 

flatte  que  vous  voudrés  bien  donner  des  ordres  pour  que  je  sois 
payé  selon  le  compte  que  j'ay  donné,  ou  en  ordonner  l'estimation 
par  des  artistes  juges  compétent  à  cet  égard.  En  attendant  le  droit 
de  justice  de  votre  part, 

Je  suis  avec  respect,  Messieurs,  votre  très  humble  et  très  obéis- 
sant serviteur, 

J^  Caris. 

III. 

A  Aix,  le  8  septembre  1782. 
Messieurs, 

J'ai  reçu  la  lettre  que  vous  m'avez  fait  l'honneur  de  m'écrire 
le  5  du  courant. 

Personne  ne  m'a  prévenu  de  l'intention  que  vous  aviez  de  ne 
dépenser  que  mille  livres  pour  la  fontaine  que  j'ai  faite.  M.  Sigaud 
m'a  dit  seulement,  lors  de  mon  premier  voyage  à  Toulon,  que 
vous  auriez  1,100  1.  à  dépencer,  et  que  mes  frais  de  voyage  me 
seraient  remboursé.  En  sus  son  premier  dessein  qu'il  vous  a  pré- 
senté était  effectivement  de  ce  prix,  mais  il  en  a  fait  un  second 
auquel  il  a  supprimé  le  méridien  projeté,  il  y  a  substitué  des 
guirlandes  de  fleurs  et  de  fruit,  ce  qui  est  infiniment  plus  long  et 
plus  riche.  Lorsque  M.  Sigaud  m'a  ditque  vous  vouliez  employer 
1,100  1.,  il  a  entendu  parler  des  ouvrages  que  j'avais  à  faire,  non 
compris  ceux  du  tailleur  de  pierre;  je  n'ai  jamais  rien  dit  à  ce 
dernier  à  ce  sujet,  ni  encore  moins  fait  aucun  traité  avec  luy. 
J'observai  à  M.  Sigaud,  lorsqu'il  fit  le  changement  du  méridien 
pour  des  guirlandes,  que  ceci  faisait  une  augmentation  du  prix;  il 
me  répondit  qu'il  l'entendait  de  même,  que  je  n'avais  qu'à  tra- 
vailler et  qu'il  réglerait  tout.  D'après  cette  assurance,  j'ai  mis  la 
main  à  l'œuvre,  j'y  ai  donné  tous  mes  soins,  vous  avés  parus  en 
être  satisfait,  et  pour  récompense  vous  m'offrez  aujourd'hui 
moitié  du  prix  que  l'ouvrage  vaut.  Si  je  ne  deveis  recevoir  que 
1,000  1.,  mes  journées  ne  me  reviendraient  pas  à  5  sols;  vous 
sentes,  Messieurs,  qu'il  n'y  aurait  pas  de  la  justice;  il  ne  faut  pas 
que  vous  surpayés,  mais  il  est  juste  que  je  reçoive  le  juste  prix  de 
ma  sueur  et  de  mes  talens,  quelques  médiocres  qu'ils  soient.  Si  je 
ne  craignais  pas  de  trop  dire,  j'avouerai  que  je  crains  que  la  con- 
fiance que  vous  aviez  donné  à  M.  Sigaud  ne  soit  diminuée,  et  il 
ne  m'appartient  pas  d'entrer  dans  ces  raison,  mais  l'effet  de  votre 


284  JOSEPH   CARIS. 

mécontentement,  si  vous  en  avez,  ne  doit  pas  retomber  sur  moy 
qui  ai  employé  de  bonne  foy  mon  temps,  mes  talens  et  mon 
argent  pour  vous  ;  j'ose  donc  espérer  de  votre  justice,  et  elle  est 
mon  unique  ressource,  que  vous  ne  permetrés  pas  que  je  perde, 
et  que  vous  ordonerés  que  je  sois  payé  au  prix  que  mon 
ouvrage  vaut. 

Je  suis  avec  respect,  Messieurs,  votre  très  humble  et  très  obéis- 
sant serviteur, 

J^  Caris. 

IV. 

A  Aix,  le  17  septembre  1782. 
Messieurs, 

J'ai  reçu  la  lettre  que  vous  m'avez  fait  l'honneur  de  m'écrira 
le  1 2  du  courant.  Je  vois  avec  bien  du  regret  que  vous  avés  tou- 
jours l'intention  de  ne  me  payer  que  1,000  1.  pour  la  fontaine 
que  j'ai  faite,  j'espérois  que  ce  que  j'ai  eu  Thonneur  de  vous  faire 
observer  par  ma  lettre  du  8  du  courant  suffirait  pour  justifier  que 
je  n'ai  jamais  sçu  que  vous  ne  vouliez  dépenser  que  1,000  1.,  que 
je  n'ai  pas  traité  avec  le  tailleur  de  pierre  de  Toulon  pour  les 
ouvrages  qu'il  a  faits,  et  que  mon  ouvrage,  puisque  vous  en  êtes 
contents,  devait  être  payé  à  sa  juste  valeur,  quand  même  vous 
auriez  dit  à  M.  Sigaud  que  vous  ne  vouliez  dépenser  que  i  ,000 1., 
s'il  m'a  fait  faire  un  ouvrage  de  1,200  1.,  le  devez  vous  moins 
payer?  N'arrive-t-il  pas  tous  les  jours  qu'un  particulier  qui  veut 
faire  un  édifice  fixe  à  son  architecte  la  somme  qu'il  veut  dépenser; 
si  le  plan  de  celui-ci  occasionne  une  dépence  qui  excède  ses 
limites,  est-il  moins  obligé  de  payer  aux  ouvriers  le  montant  de 
leurs  ouvrages;  le  particulier  qui  élèverait  une  semblable  diffi- 
culté ne  trouverait  pas  même  de  deffenseur.  Il  n'y  a  peut-être 
aucun  de  vous  à  qui  le  cas  ne  soit  arrivé;  pourquoi,  en  corps  de 
communauté,  voudriez-vous  me  faire  une  injustice  que  vous  ne 
fairiés  pas  comme  particulier. 

J'ai  l'honneur  de  vous  remettre  ci-après  la  note  de  mes  débour- 
sés, que  je  peux  justifier  par  les  quittances  que  j'ai  en  mains. 

Pierres  de  la  carrière    .     .     .     .  36  1.  »  s. 

Plus 56      »      r  . 

Pierres  de  la  démolition  du  palais.  18      »      '  •    ■^   • 

Pour  le  faire  portez  chez  moy    .         i      4 


»  JOSEPH   CARIS.  285 

Tailleur  de  pierre 1 3o      "^      ) 

Plus 14      »      )        ^"^ 

Un  exper  envoyé  à  la  carrière 
pour  bien  choisir  les  blocs    ...         2      » 

Plus  le  voyage  que  j'ai  fait  moi- 
même  3      » 

Caisse  payés  au  menuisier.     .     .       36      »  36 

Payé  pour  faire  charger  la  fon- 
taine sur  la  charette  d'Aix  à  Tou- 
lon    I 

Payé  au  sieur  Marc  que  j'ai  em- 
ployé dans  mon  atelier  pour  tomber 
le  gros  de  la  pierre 120 

Je  dois  payer  au  sieur  Ollivier  de 
Toulon,  suivant  nos  accords,  pour 
achever  les  congellations  de  ladite 
fontaine 24 

Mon  voyage  à  Toulon  avec  un 
sculpteur  que  j'ai  deiîrayé  ...  96 


537  1.    4  s. 


Mon  compte  remis  à  M.  Beaudin 
monte  à  1,200 1.  Mon  travail  serait 
alors  payé  à 662  1.  16  s. 

1,200  1.    »  s. 


Si  sur  les  662  1.  16  s.  qui  me  reviennent  vous  en  retranché 
200  sur  mon  mémoire,  3oo  pour  payer  le  sieur  Ollivier  pour  le 
pied  destal,  il  ne  me  restera  que  cy  160  1.  16  s.  pour  payer  le 
modèle  que  j'ai  fait  qui  m'a  coûté  mon  argent  en  bois  et  en  cire, 
un  chapiteau  que  M.  Sigaud  m'a  fait  changer  lorsqu'il  a  été  fini, 
et  ma  sculpture. 

Si  vous  trouvés,  Messieurs,  que  cela  soit  juste,  je  dois  croire 
que  vous  êtes  dans  la  bonne  foy  et  que  vous  ne  croyez  pas  me 
faire  injustice,  mais  moi  qui  suis  bien  persuadé  que  je  serai  lézé, 
je  vous  prie  de  convenir  de  deux  experts  ou  amis  communs  qui 
estimeront  mon  ouvrage,  y  compris  les  modèles  que  j'ai  fait,  et 
le  chapiteau  qui  est  devenu  inutile,  et  je  vous  donne  ma  parole 
que  je  m'en  raporterai  à  ce  qu'ils  décideront.  Comme  je  ne  dois 
pas  craindre  que  vous  veuilliez  me  faire  une  injustice  de  propos 


286  JOSEPH  GA.RIS. 

délibéré,  j'ose  espérer  que  vous  ne  me  refuserés  pas  cette  voie 
honnête  de  conciliation. 

Vous  me  faites  l'honneur  de  me  dire  qu'un  sculpteur  d'Aix  a 
dit  qu'au  prix  de  i,ooo  1.,  tout  compris,  il  voudrait  tous  les 
jours  trouver  un  pareil  ouvrage.  Celui-là  a  lui-même  jugé  ses 
talens,  vous  en  trouveriez  tel  autre  qui  serait  assez  payé  de  600  1.; 
mais,  sans  amour  propre,  je  crois  que  j'ai  gagné  davantage,  la 
preuve  en  est  que  je  m'en  raporte  à  la  décision  de  deux  amis 
communs  capables  de  dessider. 

Je  suis  avec  respect.  Messieurs,  votre  très  humble  et  très  obéis- 
sant serviteur, 

y*  Caris. 

V. 

A  Aix,  i«'Xi>'«  1782. 
Messieurs, 

Depuis  la  lettre  que  j'ai  eu  l'honneur  de  vous  écrire  le  17  sep- 
tembre dernier,  qui  est  demeurée  sans  réponse,  j'ai  gardé  le 
silence,  j'ai  cru  que  vous  ne  vous  decideriés  que  d'après  l'estima- 
tion que  M.  Sigaud  fairait  de  mes  ouvrages;  divers  voyages  qu'il 
a  faits  et  la  tenue  des  États  où  il  a  été  obligé  d'assister  ne  m'ont 
pas  permis  de  solliciter  qu'il  s'occupa  de  l'examen  de  mon  compte. 

Depuis  qu'il  est  de  retour,  je  l'ai  justamment  prié  de  le  vérifier, 
ce  qu'il  a  fait  avec  beaucoup  d'attention,  il  a  poussé  la  rigueur 
de  son  examen  jusques  à  s'informer  des  ouvriers  si  tout  ce  que 
j'ai  passé  en  compte  leur  avait  réellement  été  payé;  je  passe  sous 
silence  tout  ce  qua  de  mortifiant  pour  moy  cette  meffiance;  après 
tout  il  a  convenu  que  mon  compte  étois  porté  à  sa  juste  valeur, 
et  qu'il  n'était  pas  juste  d'y  rien  diminuer,  mais  que  sa  place 
l'obligeait  toujours  à  faire  quelque  petit  rabais,  il  a  même  exigié 
que  j'y  consentisse,  je  n'ai  pas  dû  devoir  lui  refuser  cette  satisfac- 
tion, mais  je  lui  ay  dit  qu'un  rabais  tout  au  plus  de  cent  livres 
était  un  sacriffice  audelà  de  mon  benefïice,  et  que  j'espérais  qu'il 
n'en  exigerait  pas  d'avantage.  Il  m'a  promis  de  vous  écrire  par  le 
courrier  d'aujourd'hui.  J'ose  espérer,  Messieurs,  que  sa  lettre 
mettra  fin  aux  désagrément  auxquel  je  suis  exposé  depuis  long- 
temps et  que  votre  réponce  sera  favorable. 

Je  suis  avec  respect.  Messieurs,  votre  très  humble  et  très  obéis- 
sant serviteur, 

J''  Caris. 

^Arch.  comm.  de  Toulon,  sérk  BB,  498-1050,  cartoa.) 


ÉPITAPHBS  DE  PEINTRES.  287 

ÉPITAPHES  DE  PEINTRES 

RELEVÉES   DANS   LES   CIMETIÈRES   DE   PARIS    ET   PUBLIÉES   SUIVANT 
l'ordre   CHRONOLOGIQUE. 

PETIT. 

CXLI.  Petit.  —  1878. 

Ici  —  reposent  —  M.  Savinien  Petit,  —  1816  f  1878.  —  Regrets 
éternels...  —  Seigneur  j'ai  aimé  la  beauté  de  votre  maison  —  et  le  lieu 
où  habite  votre  gloire.  —  Ps.  XXV.  —  M™«  Savinien  Petit,  née  Pon- 
tois,  —  décédée  le  5  juin  1880,  à  l'âge  de  67  ans.  —  Je  crois  en  un 
seul  Dieu,  père  tout-puissant.  —  J'ai  chéri  le  Seigneur  et  il  exaucera 
ma  voix  suppliante.  —  Il  a  écouté  ma  prière,  je  l'ai  prié  tous  les  jours 
de  ma  vie.  Ps.  114.  —  Regrets  éternels  de  sa  nièce. 

(Montparnasse,  i3«  division.) 

(A  suivre.)  H,  J- 


BIBLIOGRAPHIE. 


TuETEY  (Alexandre).  —  Le  graveur  lorrain  François  Briot,  d'après  des 
documents  inédits,  avec  un  portrait  par  Ch.  Goutzwiller.  Paris,  Charavay, 
1887,  in-8*,  38  pages.  —  Ce  travail,  qui  a  paru  d'abord  dans  les  Mémoires 
de  la  Société  d'émulation  de  Montbéliard  et  dont  le  tirage  à  part  vient  d'en- 
richir une  des  collections  formées  par  la  Société  de  l'histoire  de  l'Art  fran- 
çais, mérite  tout  particulièrement  l'attention  de  nos  lecteurs,  car  il  apporte 
des  faits  nouveaux  et  décisifs  sur  un  des  points  les  plus  obscurs  de  l'histoire 
de  l'art  au  xvi=  siècle.  Les  seuls  points  authentiques  connus  jusqu'ici  de  la 
vie  de  François  Briot,  l'auteur  de  la  fameuse  aiguière  en  étain,  avaient  été 
révélés  à  un  des  congrès  de  la  Sorbonne  par  M.  Auguste  Castan.  Seulement, 
le  savant  conservateur  de  la  Bibliothèque  de  Besançon  avait  été  trop  loin  en 
concluant  de  la  présence  de  Briot  à  Montbéliard  pendant  une  vingtaine 
d'années,  de  lôgô  à  i6i5,  que  l'artiste  était  Franc-Comtois  et  probablement 
originaire  de  Montbéliard.  M.  Tuetey  a  repris  la  question  et  l'a  élargie.  On 
doit  lui  savoir  gré,  à  lui  comme  à  la  Société  de  Montbéliard,  de  s'être  incliné 
devant  l'évidence  des  faits,  sans  chercher  par  de  petits  artifices  à  dissimuler 
l'importance  des  documents  qui  enlèvent  à  la  vieille  ville  franc-comtoise  une 
gloire  dont  elle  venaitHi'être  récemment  dotée.  François  Briot,  potier  d'étain, 
était  originaire  de  Damblain,  en  Lorraine.  Il  le  déclare  lui-même;  or,  per- 
sonne ne  le  savait  mieux  que  lui.  Il  est  donc  né  dans  la  même  ville  que 
Nicolas  Briot,  le  célèbre  graveur  de  monnaies;  il  devient  donc  au  moins  fort 
vraisemblable  qu'il  existait  entre  les  deux  artistes  des  liens  de  parenté.  Mais 
à  quel  degré  étaient-ils  parents  i  C'est  ce  qu'il  est  impossible  de  déterminer 
pour  le  moment.  Ajoutons  que  François,  comme  Nicolas,  était  protestant. 
En  i58o,  il  s'établit  à  Montbéliard  pour  y  exercer  la  profession  de  potier 
d'étain;  il  y  reste  jusqu'en  16 16.  C'est  pendant  cette  période  de  trente-six 
ans,  évidemment  la  plus  féconde  de  sa  vie  d'artiste,  que  M.  Tuetey  a  pu  le 
suivre  pas  à  pas,  dans  les  archives  de  Paris  et  dans  celles  de  Montbéliard. 


288  BIBLIOGRAPHIE. 

Le  mérite  de  notre  artiste  lui  valut  une  haute  situation  officielle.  Il  eut  le 
titre  et  les  fonctions  de  graveur  en  titre  de  la  maison  princière  de  Mont- 
béliard  et  exécuta  plusieurs  médailles  qui  portent  sa  signature  F.  B.  C'est 
très  probablement  dans  sa  patrie  d'adoption  qu'il  exécuta  l'aiguière  et  le 
bassin  célèbres  oiî  il  eut  soin  de  laisser  son  médaillon  comme  la  plus  authen- 
tique des  marques  d'origine.  Les  pièces  publiées  par  M.  Tuetey  ne  laissent  pas 
de  doutes  sur  l'identité  du  potier  d'étain  et  du  graveur  de  médailles.  Nous 
ne  suivrons  pas  l'auteur  dans  le  détail  des  actes  de  toute  nature  et  des  pièces 
de  procédure  où  il  a  suivi  les  traces  de  son  héros.  Nous  présenterons  seule- 
ment une  observation  au  sujet  du  fameux  plat  qui  a  fait  depuis  longtemps  la 
réputation  de  Briot.  M.  Tuetey  admet  avec  M.  Bapst  «  que  les  belles  pièces 
de  cet  artiste  avaient  préalablement  été  gravées,  comme  pour  une  médaille, 
et  coulées  ensuite  dans  un  moule  de  métal.  »  Il  est  en  effet  question  de 
moules  de  cuivre  dans  les  pièces  qui  viennent  d'être  publiées;  mais  leur  exis- 
tence n'implique  pas  que  le  plat  d'étain  ait  été  coulé.  Il  nous  semble  qu'une 
pièce  de  cette  nature  devait  être  frappée  comme  une  médaille,  surtout  quand 
on  employait  à  sa  reproduction  un  métal  aussi  malléable  que  l'étain.  De 
même  pour  l'aiguière  qui  aurait  été  faite,  dans  ce  cas,  en  deux  ou  plusieurs 
morceaux  séparés,  puis  soudés.  Cette  hypothèse  trouverait  une  confirmation 
dans  ce  fait  avancé  par  M.  Castan  «  que  François  Briot  fut  le  premier  à  essayer 
et  à  patronner  le  balancier  monétaire  inventé  par  Nicolas  Briot.  »  Un  balan- 
cier puissant  était  d'une  grande  utilité  pour  frapper  des  pièces  en  étain  d'une 
vaste  dimension.  L'examen  des  œuvres  originales  pourrait  seul  permettre  de 
trancher  en  connaissance  de  cause  la  question,  qui  ne  nous  paraît  pas  avoir 
été  examinée  d'assez  près  jusqu'ici,  du  mode  de  fabrication  de  l'aiguière  et 
du  plat  de  François  Briot.  —  J.-J.  G. 

J.  HÉDOU.  —  Jean  de  Saint-lgny,  peintre,  sculpteur  et  graveur  rouennais. 
Rouen,  Auge,  1887,  in-8°,  54  pages.  —  Dans  cette  notice,  parue  d'abord  dans 
le  Précis  de  l'Académie  de  Rouen,  l'auteur  s'est  inspiré  des  recherches  de 
ses  devanciers  et  surtout  de  la  fine  et  pénétrante  étude  publiée  jadis  par  M.  le 
marquis  de  Chennevières  dans  le  premier  volume  de  ses  Peintres  provin- 
ciaux. Aux  faits  déjà  connus,  M.  Hédou  a  su  ajouter  des  découvertes  inté- 
ressantes présentées  sous  une  forme  alerte  et  spirituelle.  Il  faut  lire  surtout  les 
tribulations  du  chercheur  qui  s'est  juré  de  mener  à  bonne  fin  le  dépouillement 
de  l'état  civil  rouennais  et  qui  est  obligé  de  s'arrêter  dès  les  premiers  registres 
sous  peine  de  perdre  la  vue  à  cause  des  difficultés  que  présente  le  déchiffrement 
des  écritures  du  xvi'  siècle.  S'il  n'a  pas  pu  découvrir  la  date  de  la  naissance 
de  Saint-lgny,  notre  confrère  a  été  plus  heureux  pour  une  autre  célébrité 
normande,  Adrien  Sacquespée.  Il  résulte  de  la  copie  d'un  acte,  déposé  chez 
un  notaire  de  Caudebec,  que  l'artiste  était  né  le  17  juillet  1629  et  fut  mis 
en  apprentissage  par  un  contrat  bien  régulier  chez  François  Garnier,  maître 
peintre  à  Paris.  M.  Hédou  expose  en  toute  franchise  quelques  scrupules  sug- 
gérés par  M.  de  Beaurepaire  sur  l'identité  de  cet  Adrien  Sacquespée.  Mais  il 
ne  faut  pas  exagérer  même  la  prudence,  et  nous  tenons  pour  bien  et  dû- 
ment acquise  à  l'histoire  la  date  donnée  par  l'acte  entrevu  seulement  par 
M.  Hédou,  et  dont  d'ailleurs  la  publication  est  promise  en  même  temps  que 
celle  du  contrat  d'apprentissage.  —  J.-J.  G. 


SCULPTEURS   DE   LYON.  289 

SCULPTEURS   DE    LYON. 

(XVI®,  XVII®  ET  XVIII®  SIÈCLES.) 

Actes  de  baptême,  de  mariage  et  de  sépulture  recueillis 
par  M.  Natalis  Rondot. 

Nous  avons  écrit  en  1884  un  essai  sur  les  sculpteurs  de  Lyon, 
et  cet  essai  est  compris  dans  la  collection  de  travaux  publiés  sous 
le  patronage  de  la  Société  de  Phistoire  de  l'Art  français. 

Nous  avons  fait  connaître  alors  les  noms  de  264  sculpteurs  qui 
ont  travaillé  à  Lyon  du  xiv®  au  xviii*  siècle.  Les  uns  étaient  nés 
à  Lyon;  les  autres  étaient  originaires  d'autres  villes  de  France  ou 
étaient  étrangers.  Vingt-deux  sculpteurs  étaient  dans  ce  dernier 
cas,  et  quatorze  de  ceux-ci  étaient  Flamands, 

Nous  avons  découvert  depuis  lors  plusieurs  autres  sculpteurs. 

Pour  ne  pas  retarder  la  publication  des  résultats  généraux  de 
nos  recherches  sur  les  artistes  et  les  maîtres  de  métier  lyonnais, 
nous  avons  résolu  de  donner  d'abord  une  notice  abrégée  de  cha- 
cun d'eux.  Ce  sera  une  autre  tâche  de  mettre  plus  à  profit  les 
pièces  originales  qui  font  connaître  les  principaux  ouvrages  de 
chaque  maître  et  d'aborder  l'étude  des  monuments. 

La  quantité  des  documents  que  nous  avons  trouvés  dans  les 
archives  et  que  nous  avons  transcrits  est  trop  grande  pour  que 
nous  puissions  en  présenter  la  plus  grande  partie  dans  aucun  tra- 
vail; nous  nous  proposons  d'en  donner  un  certain  nombre  de 
chaque  sorte. 

On  trouvera  ci-après  des  extraits  des  registres  des  paroisses  de 
la  ville  de  Lyon  qui  se  rapportent  à  des  sculpteurs.  Ces  registres 
sont  conservés  dans  les  archives  communales  de  Lyon. 

Laurent  de  Saint-Priest. 

(..i5i5-i548.) 

i.  Item,  le  xxv®  (augustus  m  vc  xxxvij  —  iSSj),  fut  baptisée 
Catherine,  fillie  de  Laurens  de  Seinct  Priet.  Parrein  (en  blanc), 
marreyne  Catherine  Chorelle. 

(Extrait  du  registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Pierre-le- 
Vieux  dans  les  années  i532  à  i545.) 

2.  Item,  le  lundi  xiiij®  (de  janvier  mil  vc  xl  —  1540),  fut  bap- 
art  fr.  IV  19 


290  SCULPTEURS   DE    LYON. 

tizé  Ambroyse,  filz  de  Laurens  Timagier.   Parrein  (en  blanc), 
marreynes,  Mille  famé  de  Laurens  Salade  et  la  famé  de  Jehan 
Voilant.  En  ce  jour  tonna  bien  fort. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Pierre-le- Vieux  dans 
les  années  i532  à  \b^b.) 

Philippe  Lalyame. 
(..1599-1623.) 

3.  Le  xij«  du  moys  de  mars  i6o3  fut  baptisé  Jane,  fille  à 
M«  Philippe  Laliame^  architecteur  à  Lyon,  et  à  Adrienne  Baron, 
ses  père  et  mère.  Son  parrin  a  esté  M^  Habrahan  Bernard^ 
m«  masson  audit  Lyon  ;  sa  marreyne  a  esté  Jane  Le  Gras,  fille  à 
mons""  l'ussier  Le  Gras,  et  a  esté  baptisé  par  moy  vicayre. 

(Signé  :)  Cohard. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Pierre-le-Vieux.) 

4.  Jehan  Baptiste,  filz  de  M^  Phillippe  Laliame,  sculpteur,  et 
de  Adriane  Baron,  sa  femme,  a  esté  baptizé  et  porté  sur  les  sainctes 
fondz  de  l'esglise  Saincte  Croix  ce  second  jour  du  moys  de  juilliet 
mil  six  centz  et  quatre,  par  M^  Laurens  Grosbonnet,  masson  de 
ceste  ville  de  Lyon,  .et  marraine  Marguerite  Marlain,  fille  de  feu 
Claude  Marlin,  et  ce  par  moy  soubzsigné,  vicaire  de  Péglise 
Sainte  Croix. 

(Signé  :)  J.  Rolland. 
(  Registre   des   baptêmes   faits   à  l'église   Sainte  -  Croix   dans   les 
années  i Sgg  à  161 1.) 

5.  Chaterine,  fille  de  M*  Phellippe  Laliame^  sculpteur  et  archi- 
tecteur de  ceste  ville  de  Lyon,  et  de  Adrienne  Baron,  sa  femme, 
a  esté  baptizé  le  quatriesme  jour  du  moys  de  juin  mil  six  centz  et 
six,  et  a  esté  son  parrain  Paquost  Simon,  m«  orfeuvre  de  ceste 
ville,  et  marraine  Jeanne  du  Boys,  femme  de  M^  Jehan  Moyro, 
m^  serreurier  à  Lyon,  et  ce  par  moy  commiçaire  soubzsigné  en 
ladicte  esglize  Sainte  Croix,  1606. 

(Signé  0  Ploton. 
(Registre   des   baptêmes   faits    à   l'église   Sainte -Croix  dans   les 
années  iSgg  à  i6u.*) 

6.  Marie,  fille  naturelle  de  Phillibert  Lalyame,  m®  scrup- 
tueur  à  Lyon,  et  de  Anne  de  Ceur,  a  esté  baptizée  en  l'église  paro- 
chialle  Sainte  Croix  de  Lyon,  le  3"  du  mois  de  juin  161 3.  Et  a 


SCULPTEURS   DE   LYON.  29 1 

esté  parrain  sieur  Nicolas  Guillaumont,  m^  orfebvre  aud.  Lyon, 
et  marraine  Anne  Carrel,  femme  de  Estienne  Mallard,  ouvrier  en 
drap  de  soye  aud.  Lyon,  et  ce  par  moy  soubzsigné,  comiçaire  en 
lad.  église. 

(Signé  :)  J.  Rolland. 

(Registre   des   baptêmes   faits   à   l'église   Sainte -Croix   dans   les 
années  161 1  à  1620.) 

7.  Le  22^  may  (1626),  j'ay  baptisé  Ysabeau,  fille  de  Philibert 
Laliame,  maistre  sculpteur,  et  de  Clère  de  Belasque.  A  esté  le 
parrain  honneste  Simon  Ardoin,  maistre  sculpteur;  marreine, 
dame  Ysabeau  Petit. 

(Signé  :)  Bourdin, 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1623  à  1626,) 

8.  Du  vingt  troisième  décembre  an  que  dessus  (1628)  a  esté 
baptizée  Philiberte  Laliame,  fille  de  Philibert  (Laliame),  et  de 
Claire  de  Belasque.  Son  parrain  a  esté  Bernard  Gaj^,  maistre 
masson  ;  sa  marrine,  Philiberte  André,  par  moy  sobsigné. 

(Signé  :)  Concorde,  prestre. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1626  à  i63o.) 

Jean  Thierry. 
(1609-^1679.) 

9.  Jehan,  filz  de  Jehan  Tierrj,  passementier,  et  de  Jehanne  de 
Reube,  sa  femme,  demeurant  en  la  petite  maison  Benoist  Veisin 
de  l'Arbresle,  baptizéle  8  aoust  1609.  Son  parrain,  Jehan  Levrat, 
tournier,  et  marraine,  Clauda  Cousturier,  femme  de  Barthélémy 
Bariot. 

(  Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint  -  Saturnin  dans  les 
années  1606  à  16 10.) 

10.  Le  II  Juillet  (i652),  j^ay  baptisé  Catherine,  fille  de  Jean 
Thierry,  sculpteur,  et  de  Anne  Muguet,  sa  femme;  le  parrain, 
Pierre  Muguet,  marchand  libraire;  marraine,  dame  Catherine  de 
Laurens. 

(Signé  :)  Deneuache. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
i65o  à  i653.) 


292  SCULPTEURS   DE   LYON. 

11.  Le  25=  dudit  (juin  1679),  à  l'esglise,  M*  Jean  Thierry^ 
sculpteur,  M""  Margat.  7  1.  10  s. 

(Registre  des  mariages  et  des  enterrements  faits  à  l'église  Saint- 
Nizier  dans  les  années  1674  à  1680.) 

Voir  le  n"  44. 

Martin  Hendricy. 

(1614-1662.) 

12.  Ledict  jour  (i5  février  1645),  j'ay  baptizé  François,  filz  de 
Martin  Hendricy^  m«  sculpteur,  et  de  Hélaine  Vincent,  sa 
femme.  Parrain,  s""  François  Pélissier,  notaire  royal  de  Saint- 
Estienneen  Forest;  marraine,  dame  Margueritte  Pellissier,  vefve 
d'Estienne  Vincent,  vivant  marchand  audict  Saint-Estienne. 

(Signé  :)  J.  Benoist. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1644  à  1647.) 

i3.  Léonard,  fils  de  s'  Martin  Hendricy^  m*  sculpteur,  et  de 

dame  Marguerite  Cellier,  sa  femme,  sur  les  Terreaux.   A  esté 

baptizé  ce  premier  juin  mil  six  centz  soixante  (1660),  et  ont  esté, 

le  parrain,  s"^  Léonard  Cellier,  et  marreyne,  dame  Jeane  Cousin. 

(Signé  :)  Celier.  M.  Hendricy.  Barrillier,  vic=. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Pierre  et  Saint-Satur- 
nin dans  les  années  1660  à  1667.) 

Voir  le  no  32. 

Nicolas  BiDAU. 

(l622-i-l692.) 

14.  Ledit  jour  (27  mars  i663),  j'ay  baptisé  Marie,  fille  de 
Nicolas  Bidau,  sculteur,  et  de  Susanne  Simond.  Le  parein, 
M""  François  Rembaud^  peintre,  et  la  mareine,  dame  Marie  Bru- 
net.  Rue  Saint-Dominique. 

(Signé  :)  Rambaud.  Gris. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
16G1  à  1664.) 

i5.  Ledit  jour  (4  novembre  1669),  j'ay  baptisé  Alexandre,  né 
le  3  du  courant,  fils  de  s''  Nicolas  Bidau,  maistre  sculpteur,  et  de 
dame  Susane  Simon,  sa  femme.  Le  parrin,  s'iQxir  Lucian  Abraam, 


SCULPTEURS   DE   LYON.  293 

architecte;  la  marraine,  dame  Eléonore  Job.  Rue  Saint- Domi- 
nique, chez  La  Fonds. 

(Signé  ;)  A^.  Bidau.  L.  Abraham.  Eleonor  Job.  Froumand. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier.) 

16.  Adrian,  fils  de  s""  Nicolas  Bidault.,  sculteur  du  Roy,  et  de 
Suzanne  Simon,  sa  femme,  néadvantier  auprès  de  Saint-Clair,  a 
esté  baptisé  le  dernier  septembre  mil  six  cens  quatre  vingt  deux 
par  moy  vicaire  soubsigné.  Ont  estez  parrain  Adrian  Vandel- 
cabel,  peintre,  et  marraine  demoiselle  Jeanne  Rambeau,  femme 
de  sieur  Claude  de  Nervo,  marchand,  qui  ont  signez. 

(Signé  :)  N.  Bidau.  Adrian  Vander  Cabel.  Jeanne  Rambaud. 
Bernerd,  vie. 

(Registre  des  baptêmes,  des  mariages  et  des  enterrements  faits  à 
l'église  Saint-Pierre  et  Saint-Saturnin.) 

17.  Pierre,  fils  de  s'  Nicolas  Bidaud.,  scurteur  du  Roy,  et  de 
Suzanne  Simond,  sa  femme,  née  vers  Saint-Cler,  a  esté  baptisé  le 
troisième  octobre  mil  six  cens  quatre  vingt  quatre,  et  ont  estez 
parrain,  s'  Pierre  Dermais,  marchand  orfaivre;  la  marraine. 
Fleurie  Perrin,  femme  de  s""  Marc  Sartre,  bourgois,  qui  ont  signez. 

(Signé  :  )  A''.  Bidau.  Pierre  Dermes.  Fleurie  Perrin.  Ber- 
nerd, vie®. 

(Registre  des  baptêmes,  des  mariages  et  des  enterrements  faits  à 
l'église  Saint-Pierre  et  Saint-Saturnin.) 

18.  Sieur  Nicolas  Bidaud^  maistre  sculpteur,  aagé  de  soixante- 
dix  ans,  décédé  hier  au  quartier  de  Saint-Clair,  dans  la  maison 
de  mons""  le  trésorier  des  Champs,  a  esté  inhumé  dans  l'église  de 
Saint-Saturnin  par  moy  curé  soubsigné,  ce  18''  novembre  1692, 
et  ont  assisté  au  convoi  s'  Louis  Mimerel,  aussy  sculpteur,  et 
Adrien  Vantrecabel,  peintre,  qui  ont  signé. 

(Signé  :)  L.  Mimerel.  Adrian  Vandel  Cabel.  Chausse,  curé. 
(Registre  des  baptêmes,  des  mariages  et  des  enterrements  faits  à 
l'église  Saint- Pierre  et  Saint-Saturnin.) 

Voir  le  n"  64. 

Gilles  GiROMOND. 
(..1623-1626.) 

19.  Du  mardy  lo^  décembre  1624  a  esté  baptizé  Pierre,  filz  de 
Gilles  Giromond,  tailheur  ou  sculpteur  en  bois  ou  en  pierre,  et 
de  Héleyne  Fournier,  ses  père  et  mère.  Parrain,  sieur  Pierre 


294  SCULPTEURS   DE   LYON. 

Lansart,  maistre  tailheur  d^habis  audit  Lyon,  et  marraine,  dame 

Lucia  Buffaire.  • 

(Signé  :)  PouUeaux. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Paul  dans  les  années 
1621  à  1625.) 

20.  Le  mercredy  16  décembre  1626  ont  esté  baptisez  Simon  et 
Anne,  enfans  gémeaux  de  honneste  Simon  Hardoin^  sculpteur, 
et  de  Marie  Lambert,  sa  femme.  Parrain  de  Simon,  Simon 
Maupin,  ingénieur  pour  le  Roy  au  gouvernement  de  Lionnois; 
la  marraine,  damoiselle  Rayne  Cloquemin.  Parrain  de  Anne, 
honneste  Guj'  Barrier,  maistre  peintre;  sa  marraine,  damoiselle 
Anne  de  Balme.  Demeure  à  la  pile  Fabvre. 

(Signé  :)  P.  Guilhon. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Paul  dans  les  années 

1625  à  i63i,  et  des  mariages  faits  à  la  même  église  dans  les 
années  r632  à  1643.) 

Voir  le  n°  7. 

Clément  Gendre. 
(..1626-1648.) 

21.  Le  19  (mars  1627),  j'ay  baptisé  Pierre,  filzde  hone  homme 
Clément  Gendre^  graveur,  et  de  Hélène  Chavanne,  sa  femme. 
Parrein,  hon«  homme  Pierre  Recordon,  fondeur  ordinaire  pour 
le  Roy  en  son  artilerit  de  Lyon  ;  marreine,  dame  Catherine  Béton. 

(Signé  :)  Turquet. 
Mercière,  viz.  le  bout  du  monde. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 

1626  à  i63o.) 

Bernard  Sibrecq. 
(..i635-fi642.) 
Voir  le  n°  22. 

Gérard  Sibrecq. 
(..1635-1643.) 

22.  Le  18  dudict  (décembre  1637),  j'ay  baptizé  Françoise,  fille 
de  Girard  Cibrec,  sculpteur,  et  de  Jeanne  JuUiot,  sa  femme. 
Parrain,  honneste  Bernard  Cibrec,  aussi  sculpteur;  raarreyne, 
honneste  Françoise  Cointe. 

(Signé  :)  Combet. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
i633  à  1639.) 


SCULPTEURS    DE   LYON.  295 

23.  Ledit  Jour  (i8  novembre  1640),  j'ay  baptizé  Marguerite, 
fille  de  s'"  Girard  Cybret,  m"  sculpteur  à  Lyon,  et  de  dame  Jeane 
Julliot,  sa  femme.  Parrain,  sieur  Meraud  Butavant,  m«  fondeur, 
et  la  marraine,  dame  Marguerite  Carron. 

(Signé  :)  Aubert. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1640  à  1643.) 

Voir  le  n°  39. 

Mathias  Simon. 
(..1639-1662.) 

24.  Ledict  jour  (3i  aoust  1640),  j'ay  baptizé  Susanne,  fille  de 
Mathias  Simon,  m"  sculpteur,  et  de  Marie  Brunet,  sa  femme. 
Parrain,  Anthoine  Jurine,  m^  menuisier;  marraine,  dame 
Susanne  Carra. 

(Signé  :)  Benoist. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1640  à  1643.) 

Jacques  Guillermin. 
(..1 640-1 647.) 

25.  Ledict  jour  (i5  may  1644),  j'ay  baptisé  Jean  Baptiste,  fils 
de  Jaque  Guillermin,  sculpteur,  et  de  Jeane  Cochet,  sa  femme. 
Parrain,  Jean  Guillermin,  sculpteur;  marraine,  dame  Anne 
Jeane  Gain. 

(Signé  :)  Peccoult. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1644  à  1647.) 


Voir  le  n°  29. 


Antoine  Coyzevox. 
(i64o-î-i72o.) 


26.  Le  29  septembre  1640,  j'ay  baptizé  Anthoine,  fils  de  Pierre 
Quoj^^eveau,  maistre  menuisier,  et  à  Ysabeau  Morel,  sa  famme. 
Parrain,  sieur  Anthoine  Biaise,  notaire  à  Lyon;  marraine,  Clau- 
dine Bonardel,  famme  à  Georges  Jomard,  boucher  à  Saint-Just. 
(Signé  :)  Biaise.  P.  Benoist,  vicaire. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1640  à  1643.) 


2g6  SCULPTEURS  DE   LYON. 

Marin  Duhuan. 
,  (..  1 641- 1648.) 

27.  Ledit  jour  (11  aoust  1641),  j'ay  baptisé  Gaspard,  filz  de 
Marin  Duhuan^  sculpteur,  et  de  Catherine  Gabouret,  sa  femme. 
Parrain,  sieur  Gaspard  Leroy,  escuyer^  marraine,  damoiselle 
Marie  Magdelaine  Leroy. 

(Signé  :)  Deneuache. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1640  à  1643.) 

Jean-Baptiste  Guillermin. 
(..1641-11699.) 

28.  Ledict  jour  (4  février  1646),  j'ay  baptizé  Claudine,  fille  de 
Jean  Guilhermin,  m"  sculpteur,  et  de  Anthoinete  Chritin,  sa 
famé.  Parrain,  Jean  Chrittin,  m''^  sculpteur;  marraine,  Claudine 
Chrittin. 

(Signé  :)  J.  Benoist. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1644  à  1647.) 

29.  Le  dimenche  i3  du  présent  mois  de  janvier  (1647),  j'ay 
baptisé  Jacques,  filz  de  Jean  Guillermin^  maistre  sculpteur,  et  de 
Antoinette  Crétin  Bavon,  sa  femme.  Parrain,  Jacque  Guillermin^ 
aussy  maistre  sculpteur;  marraine,  Antoinette  Griot. 

(Signé  :)  Jacque  Guillermin.  Pacour. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1644  à  1647.) 

30.  Ledit  jour  (8  février  1648),  j'ay  baptisé  Nicolas,  filz  de 
Jean  Guillermin,  m®  sculpteur,  et  de  Anthoinette  Cryten ,  sa 
femme.  Le  parrain,  sieur  Nicolas  Jaquin,  m^  sculpteur;  mar- 
raine, Claudine  Guillermin. 

(Signé  :)  Deneuache. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 

1647  ^  i65o.) 
Voir  le  n"  25, 

Jean  Chrittin. 
(..1644-1646.) 
Voir  le  n"  28, 


SCULPTEURS   DE   LYON.  297 

Jean  Vanier. 
(..1 644-1 654.) 

3i,  Ledit  Jour  (14  avril  i65o),  j'ay  baptisé  Claude,  filsde sieur 
Jean   Vagnyer^  maistre  sculpteur,  et  de  Marguerite  Brun,  sa 
femme.   Le  parrain,   sieur   Claude   Chanau,   maistre  masson; 
marraine,  dame  Jeane  Robert.  Place  Confort,  asne  qui  raille. 
(Signé  :)  Jeann  Robert.  Deneuache. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1647  â  i65o.) 

François  Jacquin. 
(..1646-1666.) 

32.  L'an  i65  r  et  le  12  février,  j'ay  baptisé  Anne,  fille  de  Fran- 
çois Jaquin,  sculpteur,  et  de  Catherine  Balif,  sa  femme.  Parrain, 
sieur  Martin  Hendricy^  m""^  sculpteur;  marraine,  Anne  Poisat. 

(Signé  :)  Lacour. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
i65o  à  i653.) 

33.  Ledit  jour  (3o  mai  i658),  j'ay  baptisé  Anthoine,  fils  de 
sieur  François  Jacquin^  sculpteur,  et  de  Catherine  Bailly,  sa 
femme.  Parrain,  sieur  Anthoine  Jacquin^  sculpteur;  marraine, 
dame  Claudine  Majard. 

(Signé  :)  Anthoine  Jacquin.  Prost. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Samt-Nizier  dans  les  années 
1657  à  1661.) 

Voir  le  n°  43. 

Georges  Humbert. 

(..1646- 1674.) 

34.  Ledit  jour  (r5  septembre  1666),  j'ay  baptisé  Marie,  née 
le  i4dudit,  fille  de  George  Humbert^  maistre  sculpteur,  et  de 
Françoise  Faudoge,  sa  femme.  Le  parrain,  Catelin  Noël,  ouvrier 
en  fert  blanc  ;  la  marraine,  dame  Marie  Genevay,  sa  grand'mère. 

(Signé  :)  Prost.  C.  Neel. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
i665  à  1667.) 

Nicolas  Jacquin. 

(..1648-1658.) 

Voir  les  n°*  3o,  36  et  40. 


298  SCULPTEURS  DE  LYON. 

Guillaume  Coyzevox. 

(1652-1678.) 

35.  Le  19e  (juin  i652),  j'ay  baptisé  Guillaume,  fils  de  Pferre 
Coiseveau,  m"  menuisier,  et  d'Ysabeau  Morel,  sa  femme.  Par- 
rain, s'  Guillaume  Perrier,  m'®  peintre;  marraine,  damoiselle 
Marie  Bonvalot. 

(Signé  :)  Perrier.  Marion  Bonuallot.  Prost. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 

i65o  à  i653.) 
Voir  le  n"  52. 

Antoine  Jacquin. 
(..i656-i666.) 

36.  Ledit  jour  (25  septembre  1657),  j'ay  baptisé  Nicolas,  fils  de 
sieur  Anthoyne  Jacquin,  sculpteur,  et  de  dame  Barthélemie  Dan- 
thon,  sa  femme.  Le  parrain,  s\q,\iv  Nicolas  Jacquin,  de  ladite  pro- 
fession ;  sa  marraine,  Claudine  Ogier. 

(Signé  :)  Nicolas  Jacquin.  Clémenson. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
lôSy  à  1661.) 

37.  Ledit  jour  (20  novembre  i658),  j'ay  baptisé  Germain,  fils 
de  sieur  Anthoine  Jacquin,  maistre  sculpteur,  et  de  Barthélemye 
Danton,  sa  femme.  Parrain,  sieur  Germain  Audrain,  graveur  en 
taille  douce;  marraine,  dame  Marie  Jacquin. 

(Signé  :)  Germain  Audran.  Marie  Jacquin.  Prost. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1657  à  1661.) 

38.  Ledit  jour  (2  novembre  i665),  j'ay  baptisé  Léonor,  née  le 
premier  iour  du  courant,  fille  de  sieur  Antoine  Jaquin,  maistre 
sculpteur,  et  de  Barthélemie  Danton,  sa  feme.  Le  parrin,  sieur 
Gabriel  Duturbet,  peintre;  la  marrine,  Léonor  Comba. 

(Signé  :)  Gabriel  Destourbet.  Léonor  Conba.  Froumand. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 

i665  à  1667.) 
Voir  le  n"  33. 

François  Coustou. 

i 
(..I657-I689.) 

Claudine  Coy:{evox,  sa  femme. 

39.  Ledit  jour  (28  février  i638),  j'ay  baptizé  Claudine,  fille  à 


SCULPTEURS  DE   LYON.  29g 

Pierre  Coiseveau,  m«  menuysier,  et  de  Ysabeau  Morel,  sa  femme  ; 
parrain,  Girard  Sibrecq^  m^  sculpteur;  marreine,  Claudine 
Nicaud. 

(Signé  :)  Aubert. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
i633  à  1639.) 

Voir  les  n"*  5 1  et  52. 

Nicolas  CousTOu. 
(i658-i-i733.)  ■ 

40,  Ledit  jour  (9  janvier  i658),  j'ay  baptisé  Nicolas,  fils  de 
François  Coustou,  menuisier,  et  de  Claudine  Coiseveau,  sa  femme. 
Parrain,  s""  Nicolas  Jacquin,  doreur;  marraine,  dame  Ysabeau 
Françoise  Gey. 

(Signé  :)  Nicolas  Jacquin.  Prost. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  Saint-Nizier.) 

Marc  Chabry. 
(..i66o-fi"727.) 

41,  Magdeleine,  fille  de  Marc  Chabry,  maistre  sculpteur,  et 
de  Marie  Blampignon,  sa  femme,  aagée  d'un  ans,  decedé  hier  sur 
les  Terraux,  maison  de  M''  Mimerel^  a  esté  inhumé  dans  Saint- 
Saturnin  par  moy,  vicaire  soubsigné,  le  premier  de  décembre  1689, 
en  présence  Joaquin  Blampignion,  père  de  laditte  femme,  Pierre 
Entier,  marchand  cinturier,  qui  ont  signés. 

(Signé  :)  J.  Blampignon.  P.  Antier.  L.  Mimerel.  Eustace,  uic. 
(Registre  des  baptêmes,  des  mariages  et  des  sépultures  faits  à  l'église 
Saint-Pierre  en  i68g.) 

42,  Elisabet,  fille  naturelle  et  légitime  de  Marc  Chabry  y  sculp- 
teur à  Lyon,  et  de  Marie  Blanpignon,  les  père  et  mère,  a  esté 
baptisée  par  moy,  vicaire  soubsigné,  ce  i8*  septembre  1693,  estant 
née  le  iour  précédent;  son  parrain,  s'  Jean  Andry,  marchand 
bourgeois  à  Paris,  et  marraine,  damoiselle  Elisabet  Blanpignon, 
fille  de  feu  s'"  Joachim  Blanpignon,  marchand  et  maistre  orphèvre 
audit  Lyon,  en  présence  des  tesmoins  soubsignez. 

(Signé  :)  Andry.  Eslisabet.  Marc  Chabry.  P.  Aubier.  Theue- 

nard.  L.  Carre.  Pinet,  vicaire. 
(Registre  des  baptêmes,  des  mariages  et  des  sépultures  faits  à  l'église 
Sainte-Croix  dans  les  années  1692  à  1695.) 


3 00  SCULPTEURS  DE   LYON. 

Claude  Chapuy. 
(..i665-i668.) 

43.  Le  premier  Janvier  1666,  i'ay  baptisé  Magdelaine,  née  le 
3 1  décembre  dernier,  fille  de  Claude  Chapuy,  maistre  sculpteur, 
et  de  Françoise  Jaquin,  sa  femme.  Le  parrin,  François  Jaquin, 
maistre  sculpteur;  la  marrine,  Magdelaine  Vougin. 

(Signé  :)  François  Jacquin.  Magdeleine  Uosgin.  Froumand. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
t665  à  1667.) 

Jean  Thierry. 
(1669-1-1739.) 

44.  Ledit  jour  (5  juin  1669),  j'ay  baptisé  Jean,  né  hier,  fils  de 
Jean  Thierry,  sculpteur,  et  Anne  Huguet,  sa  femme.  Parrein, 
sieur  Jean  Trouslieur,  maistre  chirurgien;  marreine,  Jeanne 
Matillon,  vefve  d'Estienne  Clément,  marchant. 

(Signé  :)Jean  Thierjr.  A.  Rouvieres.  Jeanne  Mathillion.  Jobart, 
vicaire. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1667  à  1669.) 

45.  Le  lundy  vingtunième  décembre  mil  sept  cent  trente  neuf 
(1739)  a  esté  inhumé  à  la  grande  procession  dans  un  tombeau  de 
cette  église,  par  moy  Prévost,  curé  soussigné,  sieur  Jean  Thyerry, 
sculpteur  ordinaire  des  roys  de  France  et  d'Espagne  et  ancien  pro- 
fesseur de  TAcadémie  Royale  de  peintures  et  de  sculpture  et  bour- 
geois de  Lyon,  âgé  d'environ  soixante  et  dix  ans,  décédé  hier, 
après  avoir  receu  l'absolution  et  le  sacrement  d'extrême  onction, 
laditte  inhumation  faitte  en  présence  de  sieur  Pacot  Thierry,  mar- 
chand fabricant,  petit  neveu  du  deffunt,  de  sieur  Paul  Guillot, 
maître  sculpteur,  bourgeois  de  Lyon,  neveu  par  alliance,  et  de 
sieur  Antoine  Cottier,  marchand  maître  teinturier  et  bourgeois  de 
Lyon,  tous  trois  héritiers  du  deffunt,  qui  ont  signés  le  présent  acte. 

(Signé  :)  Pacot  Thierry.  Guillot.  A.  Cottier  fils.  Borde.  Arlin. 

François  Sumas.  Cottier...  Rochefort  Preuot,  curé. 

(Registre  des  baptêmes,  des  mariages  et  des  enterrements  faits  à 

l'église  Saint-Martin-d'Ainay  dans  les  années  1737  à  T739.) 
Voir  le  n°  6 1 . 


SCULPTEURS  DE   LYON.  3oi 

Michel  Meysieu. 
(..1 670-1 684.) 

46.  Ledit  jour  (i3  juin  i683),  j'ay  baptisé  Henry,  né  aujour- 
d'hui, fils  de  sieur  Michel  Meysieu^  maistre  sculpteur,  et  de  Clau- 
dine Oger,  sa  femme.  Parrain,  sieur  Henry  Meysieu^  dudit  art; 
marraine,  Jeanne  Meysieu,  fille  de  sieur  Michel  Meysieu. 

(Signé  :)  Henry  Meysieu.  Jeanne  Mezxieu.  Michel  Mey:{ieu. 
Poulliet,  vicaire. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1682  à  1684.) 

Claude  Paillet. 
(. .1671-1684.) 

47.  David,  fils  naturel  et  légitime  de  Claude  Pallet,  sculpteur 
à  Lyon,  et  de  Luce  Guillon,  les  père  et  mère,  a  esté  baptisé  par 
moy  vicaire  en  Pesglise  Sainte-Croix  ce  25®  avril  1687  ;  son  par- 
rain, honneste  David  Ducret,  manellier  de  l'esglise  collégiale  de 
Saint-Nizier,  et  marraine,  Anthoinette  Monet,  femme  de  Gilbert 
Ardiat  (?),  marchand  quinqualleur  audit  Lyon. 

(Signé  :)  Ducret.  Paillet.  Penchât.  Pinet,  vicaire. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Sainte-Croix  dans  les  années 
1680  à  (690.) 

Benoît  Amequin. 
(. .1672-1690.) 

48.  Ledit  jour  (21  janvier  1773),  j'ay  donné  la  bénédiction 
nuptiale  à  Benoist  Amequin^  maistre  sculpteur,  et  à  Catherine 
Fourneau,  habitans  de  la  paroisse,  ledit  Amequin  de  la  Platière 
avec  remize  et  ladite  Fourneau  de  ceste  paroisse,  en  présence  de 
Michel  Fourneau,  son  père,  et  de  sieur  Louis  Rondet,  marchand. 

(Signé  :)  Benoist  Amequin.  G.  Journeau.  M.  Fourneau.  L. 
Rondet.  Margat. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1668  à  1682.) 

49.  Le  onsiesme  dudit  mois  (février  168 3),  j'ay  baptisé  Damien, 
né  le  9^  dudit,  filz  de  sieur  Benoist  Amequin,  sculpteur  et  minui- 
sier,  et  de  Catherine  Fornosa,  sa  femme.  Parrain,  sieur  Damien 


V 


3 02  SCULPTEURS   DE  LYON. 

Chevalier,  procureur  ;  marraine,  damoiselle  Marie  de  Nuisière, 
femme  de  François  Valton,  bourgeois  de  Lyon. 
(Signé  :)  Benoist  Amequin.  Cheuâlier.  Marie  de  Nuisieres,  Ber- 
trand, vicaire. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1682  à  1684.) 

Etienne  Pradel. 

{. .1673-1778,) 

5o.  Le  dixhuictieme  novembre  1673,  j'ay  donné  la  bénédiction 
nuptiale  à  Estienne  Pradel^  sculpteur,  et  Françoise  Bramereau, 
en  présence  de  Antoine  Bramereau,  père  de  laditte,  et  Suange  (?) 
Berger,  beau-frère  dudit  Pradel,  et  de  Fleury  Gayet,  cousin  de 
l'espouze. 

(Signé  :)  Etienne  Pradel.  A.  Bramereau.  Fleuris  Gayet.  Frou- 
mand,  vicaire. 

Contrat  receu  par  Fauvjon  le  premier  novembre  1673. 

(Registre  des  mariages  faits  à  l'église  Saint-Nizier  en  lôjS.) 

Guillaume  Coustou. 
(i677-fi746.) 

5i.  Ledit  jour  (1"  mai  1677),  j'ay  ondoyé  le  fils  né  le  25*'d'avril 
dernier  de  François  Coustoud^  m*"  menuisier,  et  de  Claudine 
CoisVaud,  sa  femme,  avec  permission  de  M.  le  grand  vicaire. 
(Signé  :)  Boion,  vicaire.  F.  Coustou. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Sainte-Croix  dans  les  années 
1676  et  1677.) 

52.  Ledit  jour  (29  novembre  1677),  j'ay  appliqué  les  saintes 
onctions  de  baptesme  et  donné  le  nom  à  Guillaume.,  né  et  ondoyé 
le  premier  du  mois  de  may  dernier  par  moy  vicaire  soussigné, 
fils  de  François  Coustoud,  menuisier,  et  de  Claudine  Coizevaud, 
sa  femme.  Parrain,  Guillaume  Coizevaud,  sculpteur;  mareine, 
Benoitte  Bourdy,  fille  à  Guillaume. 

(Signé  :)  F.  Coustou.  G.  Coisevaux.  Benoitte  Bourdict.  Boion. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Sainte-Croix.) 

Claude  Le  Morel. 
(..1679-1684.) 
Voir  le  n"  56. 


SCULPTEURS  DE   LYON.  3o3 

Nicolas  Chrestien. 
{..I68I-1690.) 

53.  Ledit  jour  (29  novembre  1682),  j'ay  baptisé  Jean,  né  aujour- 
d'hui, fils  de  Nicolas  Chrestien^  maistre  sculpteur,  et  de  Magde- 
laine  Jacquin,  sa  femme.  Parrain,  sieur  Jean  Emery^  maistre 
sculpteur;  marraine,  Jeanne  Vialon,  femme  de  François  Buyet, 
tireur  d'or. 

(Signé  :)  Jaune  Viallon.  Leyssard,  vicaire.  Jean  Esmery. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 

1682  à  1684.) 
Voir  le  n"  60. 

Simon  Guillaume. 
(..1681-1703.) 

54.  Ledit  jour  (20  août  i683),  j'ay  baptisé  Pierre  Bernard,  né 
aujourd'hui,  fils  de  sieur  Simon  Guillaume^  maistre  sculpteur,  et 
de  Marguerite  Constance  Pozon,  sa  femme.  Parrain,  ûtMV  Pierre 
Isenard,  sculpteur;  marraine,  damoiselle  Marie  Bidaud,  fille  de 
sieur  Nicolas  Bidaud,  aussy  sculpteur. 

(Signé  :)  P.  Isnard.  Marie  Bido.  Guillaume.  Leyssard,  vicaire. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1682  à  1684.) 

55.  Ledit  jour  (ii  may  1689),  j'ay  baptisé  Aymé,  né  aujour- 
d'huy,  fils  de  sieur  Simon  Guillaume,  sculpteur,  et  de  Marguerite 
Constance  Pojon,  sa  femme.  Parrain,  sieur  Ajrmé  Degérando, 
architecte;  marraine,  dame  Fleurie  Perrin,  veuve  de  sieur  Marc 
Satre,  bourgeois. 

(Signé  :)  Degerando.  Fleurie  Perrin.  Guillaume.  Leyssard. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1689  à  1691.) 

Marc  Desasse. 
(..i68i-i683.) 

56.  Ledit  jour  (i5  mai  i683),  j'ay  baptisé  Claude,  né  le  23* 
dudit,  fils  de  Mar^c  Desasse,  sculpteur,  et  de  Anne  Peyrard,  sa 
femme.  Parrain,  sieur  Claude  Morel,  maistre  sculpteur  et  doreur; 
marraine,  Louise  Dubuisson,  veuve  de  sieur  Nicolas  Eustace, 
bourgeois. 

(Signé  :)  C.  Lemorel.  Marc  Desasse.  Leyssard,  vicaire. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1682  à  1684.) 


304  SCULPTEURS   DE   LYON. 

Jacques  Vevelet. 
(..1682-1683.) 

57.  Ledit  jour  (22  août  i683),  j'ay  baptisé  Gabriel,  né  hier,  filz 
de  Jacques  Vevelet  (ou  Veveut)  dit  de  Laune,  sculpteur,  et  de 
Fleurie  Pacalon,  sa  femme.  Parrain,  Gabriel  Taconet,  minuisier  ; 
marraine,  damoiselle  Susanne,  fille  Jacques  Savarin,  aussy  maistre 
minuisier. 

(Signé  :)  J.  de  Laune.  Gabriel  Taconet.  Sauarin.  Bertrand, 
vicaire, 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1682  à  1684.) 

Gabriel  Régnier. 

(..1682-1684.) 

58.  Ledit  jour  (i"  avril  i683),  j'ay  baptisé  Jean,  né  aujourd'hui, 
fils  de  Gabriel  Régnier^  sculpteur,  et  de  Marie  Jacquin,  sa  femme. 
Parrain,  Jean  Guillet,  maistre  gantier;  marraine,  Jeanne  Bertaud, 
femme  de  Martin  Lemelletier,  peintre. 

(Signé  :)  Régnier.  J,  Guillet,  Leyssard,  vicaire. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1682  à  1684.) 


Voir  le  n°  63. 


Voir  le  n"  46. 


Henri  Meysieu. 
(..1682-1685.) 


Michel  NovEL. 
(..1682-1689.) 

59.  Ledit  jour  (25  octobre  1682),  j"'ay  baptisé  Jeanne,  née 
aujourd'huy,  fille  de  sieur  Michel  Nouvel,  maistre  sculpteur,  et 
de  Philiberte  Sauny,  sa  femme.  Parrain,  sieur  Pierre  Fumas, 
maistre  taillieur  d'habit;  marraine,  damoiselle  Anne  Velu,  femme 
de  sieur  Anthoine  Mollin. 

(Signé  :)  Pierre  Fumas.  Velu.  Michel  Nouel.  Foulliet,  vicaire. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1682  à  1684.) 

60.  Le  vintsisiesme  iour  du  mois  d'octobre  168 3,  j'ay  baptisé 
Louyse,  née  hier,  fille  de  Michel  Nouvel,  maistre  sculpteur,  et  de 
Susanne  Miège,  sa  femme.  Parrain,  sieur  Nicolas  Chrestien, 


SCULPTEURS   DE   LYON.  3o5 

menuysier  et  sculteur;  marraine,  Louyse  Guérard,   famme  de 
Charles  Marnas. 

(Signé  :)  Michel  Nouel.  Nicolas  Chrestîen.  Louyse  Gayral. 
Poulliet. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1682  à  1684.) 

Pierre  Garnaud. 

(. .1682-1690.) 

61.  Le  neuvième  jour  du  mois  de  juillet  1684,  j'ay  donné  la 
bénédiction  nuptiale  à  Pierre  Garnault ,  sculpteur,  fils  de  feu 
Pierre  Garnault,  marchant  de  Poitiers,  et  à  Françoise  Thierry, 
fille  de  feu  Jean  Thierry^  maistre  sculpteur  de  cette  ville,  et  ce 
en  suitte  de  la  dispense  de  deux  bans  signée  Morange,  vicaire  géné- 
ral, et  en  présence  de  sieur  Gaspard  Arlin^  sculpteur,  de  Joseph 
Fournier,  tourneur,  et  de  sieur  Jean  Devert,  libraire,  et  M""^  Jean 
Claude  Hébert,  prêtre  habitué  de  cette  église. 

(Signé  :)  P.  Garnau.  Françoisse  Taierris.  G.  Arlin.  J.  de  Vers. 

P.  Caimont.  Leyssard. 
(Registre  des  mariages  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1681  à  1692.) 

Pierre  Isnard. 

(..1682-1693.) 
Voir  le  n^  54. 

Jean  Émery. 
(..1682-1698.) 

62.  Le  7  (novembre  1690)  a  esté  baptisée  Antoinette,  née  le  7, 
fille  de  Jacques  Emerit ,  sculpteur,  et  de  Catherine  Rosset,  sa 
femme.  Parrain,  Gaspard  Arlin,  va^  sculpteur. 

(Signé  :)  Gaspard  Arlin.  Jacques  Esmerjy. 
(Registre  des  baptêmes,  des  mariages  et  des  sépultures  faits  à  l'église 
Saint-Nizier  dans  les  années  1689  à  1691.) 

Voir  le  n°  53. 

François  Girin. 
(. .1682-1706.) 

63.  Ledit  jour  (i*""  novembre  1682),  j'ay  baptisé  Gabriel,  né 
hyer,  filz  de  François  Girain,  maître  sculpteur  à  Lyon,  et  de 
Marie  Jacquin,  sa  femme.  Parrain,  sieur  Gabriel  Reigner,  maistre 

art  fr.  IV  20 


3o6  SCULPTEURS   DE   LYON. 

sculpteur;  marraine,  Bénigne  Jacquin,  femme  de  Pierre  Lamou- 
reux.  Rue  Neuve,  au  Cocq  d'or. 

(Signé  :)  Régnier.  Bénigne  Jacquin.  F.  Girin.  Bertrand. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1682  à  1684.) 

Etienne  Breton. 
(..i683-i685.) 

64.  Ledit  jour  (29  janvier  i685),  j^ay  baptisé  Suzanne,  née  hier, 
fille  de  Estienne  Breton^  maistre  sculpteur,  et  de  Perrette  Egret, 
sa  femme.  Parrain,  Richard  Charmetton,  peintre;  marraine, 
Suzanne  Simon,  femme  de  sieur  Nicolas  Bidaud,  maistre  sculp- 
teur. 

(Signé  :)  Leyssard,  vicaire.  R.  Charmetton.  Estienne  Breton. 
Susan  Simon. 

(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  dans  les  années 
1682  à  1684.) 

Gaspard  Arlin. 
(..1683-1691.) 
Voir  les  n"'  61,  62  et  66. 

Louis  MlMEREL. 

(..1688-1696.) 
Voir  les  n"^  18  et  40. 

François  Bazin. 

(..1 704-1 708.) 

65.  Sieur  François  Ba^in,  maistre  sculpteur,  demeurant  dans 
la  ville  de  Mâcon,  originaire  de  Paris,  comme  il  conste  par  son 
acte  baptistaire  signé  Le  Fer  et  plus  bas  légalizé  par  M""  Lenor- 
mand,  grand-vicaire  de  Mgr  de  Paris,  deuement  controllé,  et 
espoux  advenir,  d'une  part  ;  et  damoiselle  Mari«  Jossan,  fille  natu- 
relle et  légitime  de  Benoist  Jossand  et  de  defîuncte  Jeanne  Martin, 
habitant  de  Dargoire,  authorisée  par  sondict  père,  ainsy  que  l'on 
assuré  deux  de  ses  cousins-germains,  Tépouse  advenir,  d'autre 
part;  lesquelles  parties,  après  avoir  esté  publiées  au  lieu  de  Lan- 
tigné,  diocèse  de  Mâcon,  dans  lequel  ledict  espoux  a  dict  demeu- 
rer despuis  dix  années,  et  ladicte  damoiselle  despuis  quatre  années, 
ainsy  que  l'on  attesté  les  parens  de  ladicte  espouse,  les  publica- 
tions deuement  controllées  et  mises  en  bonne  forme,  au  bas  des- 
quelles est  le  consentement,  permission  et  remise  du  sieur  Pera- 


SCULPTEURS   DE   LYON.  3o^ 

chon,  curé  dudict  Lantignié,  de  luy  signé  en  datte  du  cinquiesme 
du  présent,  qui  leur  laisse  la  faculté  de  se  marier  où  il  leur  plaira, 
et  ayant  esté  spécialement  choisy  par  messire  Roger  de  Damas  de 
Marillac,  grand-vicaire  de  Monseigneur  de  Lyon,  par  son  ordre 
verbal,  et  ayant  esté  dispensé  de  domicilie  aussy  par  ledict  sei- 
gneur grand-vicaire,  attendu  Testablissement  qu'ils  viennent 
prendre  dans  ladicte  ville,  Je  soubsigné,  prebstre  et  vicaire  de 
Téglise  parroissiale  Sainte-Croix  de  Lyon  en  ladicte  qualitté,  ay 
imparty  la  bénédiction  nuptialle  et  le  sacrement  de  mariage  au 
sieur  François  Bazin  et  demoiselle  Marie  Jossan,  n'ayant  recog- 
neu  aucun  empeschement,  dans  ladicte  église  le  vingt  deuziesme 
jour  de  novembre  mil  sept  cent  quatre  (1704),  en  présence  de 
sieur  Chrestien  Roter,  peintre  à  Lyon,  de  sieur  Jean  Champe- 
nois, conseiller  du  Roy  et  substitut  de  son  procureur  en  Teslec- 
tion  de  Lyon,  de  sieur  Jean  Nérondat,  marchand  maistre  apothi- 
quaire,  demeurant  à  Saint- Symphorien-le-Château,  et  sieur  Aymé 
Martin,  maistre  ciergier  à  Lyon,  lesdicts  sieurs  Martin,  Néron- 
dat et  Champenois,  parens  de  la  dicte  épouse,  qui  ont  signés  avec 
l'espoux  et  l'espouse. 

(Signé  :)  François  Ba\in.  Marie  Jossan,  Champenois.  Chritan 

Rotter.  J.  Nérondat.   Madegne  Jossan.  Martin. 

Cath®  Vachet.  Potier,  vicaire. 

(Registre  des  baptêmes,  des  mariages  et  des  sépultures  faits  à  l'église 
Sainte-Croix  dans  les  années  1701  à  1704.) 

Jean  Arlin. 
(..1706-1708.) 

66.  Ledit  (26  avril  1708),  j'ay  baptisé  Louis,  né  auiourd'huy, 
fils  de  Jean  Arlin,  m«  sculpteur,  et  de  Claudine  Obry,  sa  femme. 
Parrain,  Louis  Novel,  dudit  art;  marraine,  Catherine  Arlin,  fille 
de  deffunt  Gaspard  Arlin,  dudit  art. 

(Signé  :)  Arlin.  Louis  Nouel.  J.  Arlin.  Petit,  uic. 
(Registre  des  baptêmes,  des  mariages  et  des  sépultures  faits  à  l'église 
Saint-Nizier  en  1708.) 

Louis  Dublot. 

(. .1707-1708.) 

67.  Louis  Dublot,  sculpteur,  fils  de  Louis  Dublot,  laboureur 
de  Mousselle,  diocèse  de  Paris,  et  de  Geneviefve  Bled,  sa  femme, 
se  marie,  le  3i  janvier  1708,  avec  Marie  Evrard,  fille  de  Claude 
Evrard,  marchand  de  Tournus... 


3o8  SCULPTEURS   DE   LYON. 

Présents  :  Simon  Vacher,  sculpteur. 

(Signé  :)  Simon  Vacher.  Louis  Duhlot. 
(Registre  des  baptêmes,  des  mariages  et  des  sépultures  faits  à  l'église 
Saint-Nizier  en  1708.) 

Claude  Fayttan. 

(..1707-1708.) 

68.  Ledit  (29  février  1708),  j^ay  baptisé  François,  né  hier,  fils 

de  Claude  Fetan,  sculpteur,  et  de  Jeanne  Rouillier,  sa  femme. 

Parrain,  François  Chanal,  m«  ouvrier  en  soye;  marraine,  Louise 

Naville,  femme  de  Cathelin  Poyet,  dudit  art. 

(Signé  :)  Fayttan.  F.  Chanal.  Petit,  uic. 

(Registre  des  baptêmes,  des  mariages  et  des  sépultures  faits  à  l'église 
Saint-Nizier  en  1708.) 

Simon  Vacher. 
(. .1708-1712.) 


Voir  le  n°  67. 
Voir  le  n^  45. 


Paul    GUILLOT. 

(..1737-1739.) 


Nicolas-Moïse  Muriau. 
(..1746-1748.) 

69.  Ledit  (26  avril  1748),  j'ay  baptisé  Marie,  née  de  ce  jour, 
fille  de  Nicolas-Moyse  Muriau.,  sculpteur,  et  de  Anne  Suchet, 
son  épouse.  Le  parrain,  Pierre  Chantre,  boussetier,  et  la  marraine, 
Marie  Bonne  main,  fille  illitérée  de  ce  enquise. 

(Signé  :)  Muriau.  P.  Chantre.  Salaise,  vie*. 
(Registre  des  baptêmes  faits  à  l'église  Saint-Nizier  en  1748.) 

Alexis  Fauconnet. 
(..1749-1751.) 

70.  Le  vingt  quatre  aoust  mil  sept  cent  cinquante  un,  je  sous- 
signé, vicaire,  ay  baptisé  Estiennette,  née  aujourd'huy  du  mariage 
à' Alexis  Fauconnet ^  sculpteur,  et  de  Margueritte  Margouzet,  ses 
père  et  mère;  son  parrain  a  été  François  Girard,  m*  menuisier,  et 
la  marraine,  Estiennette  Margouzet,  épouse  de  Jacque  Grillet, 
colporteur,  qui  ont  signés,  avec  le  père  cy  présent  ont  été  témoins. 

(Signé  :)  Alexis  Fauconnet.  Girard.  Fede.  Crepin  Greppo. 
(Registre  des  baptêmes,  des  mariages  et  des  sépultures  faits  à  l'église 
Saint- Pierre-le- Vieux  dans  les.  années  1751  à  i75g.) 


TABLEAUX    FRANÇAIS   A   QUEBEC.  Sog 

Clément  Jayet. 

(..  1762-1770.) 

71.  Dorothée,  née  d'hier,  fille  de  sieur  Clément  Jayet,  sculp- 
teur de  l'Académie  de  peinture  et  de  sculpture,  et  de  Magdeleine 
Drojat,  son  épouse,  a  esté  baptisée  par  moi  vicaire  soussigné  le 
vingt-quatre  septembre  (1770).  Le  parrain  a  esté  sieur  Camille 
Drojat,  ayeul  maternel  de  l'enfant,  et  la  marraine,  Dorothée 
Gayet,  épouse  du  susdit  sieur  Drojat,  ayeule  maternelle  de  l'enfant, 
qui  ont  signé  avec  le  père. 

(Signé  :)  Clément  Jayet.  Drojat.  Caterine  Drojat Drojat 

Gayet.  Marquet,  vicaire. 

(Registre  des  baptêmes,  des  mariages  et  des  enterrements  faits  à 
l'église  Saint-Martin  d'Ainay  dans  les  années  1768  à  1770.) 


TABLEAUX  FRANÇAIS  A  QUEBEC. 

En  i852,  l'un  de  mes  camarades  de  jeunesse,  Jules  de  Longpré, 
d'une  ancienne  famille  française,  devenue  américaine  par  suite  de 
la  révolte  de  Saint-Domingue,  m'envoyait  la  note  suivante,  qui 
pourrait  fournir  un  chapitre  à  V Inventaire  général  des  richesses 
(Vart  de  la  France.  Longpré  venait  de  visiter  le  Canada  avec  son 
ami  M.  Henry  de  Saint-Georges,  fils  du  fondateur  de  Chicago, 
et,  passant  par  Québec,  il  avait,  en  bon  souvenir  de  moi,  qu'il 
savait  curieux  des  œuvres  de  nos  artistes  nationaux,  noté  ce  qu'il 
avait  rencontré  là  des  peintures  de  la  mère  patrie,  si  chère  encore 
aux  Canadiens, 

«  Principaux  tableaux  du  Couvent  des  Ursulines  de  Québec 
(on  y  trouve  aussi  le  tombeau  du  marquis  de  Montcalm,  tué  à  la 
bataille  des  Plaines  d'Abraham,  le  i3  septembre  1759)  :  Notre 
Sauveur  montrant  son  cœur  aux  Religieuses,  par  Le  Sueur.  —  Le 
rachat  des  chrétiens  capturés  par  les  Algériens,  de  Restout.  —  La 
communion  de  saint  Jérôme;  copie  du  Dominiquin.  —  Jésus- 
Christ  se  mettant  à  table  chez  Simon ,  par  Champagne.  —  La 
pêche  miraculeuse,  par  de  Dieu.  —  Le  portrait  de  notre  Sauveur 
prêchant,  par  Champagne. 

a  Dans  la  Chapelle  du  Séminaire  :  Jésus-Christ  et  la  Samari- 
taine au  puits,  par  Lagrenée.  —  Le  portrait  de  notre  Sauveur  sur 


3lO  TABLEAUX    FRANÇAIS   A    QUEBEC. 

la  croix,  par  Monet.  —  Les  religieux  de  la  Thébaïde,  par  Guillot  (?). 

—  Terreur  de  saint  Jérôme  à  la  vision  du  jour  du  Jugement  der- 
nier, par  (VHullin.  —  L'Ascension  de  Jésus-Christ,  par  Cham- 
pagne. —  La  fuite  de  Joseph  en  Egypte,  par  Vanloo.  —  Deux 
anges,  par  Le  Brun.  —  Le  jour  de  la  Pentecôte,  par  Champagne. 

—  Saint  Jérôme  écrivant,  par  le  même. 

«  A  Y  Hôtel-Dieu  :  la  Nativité,  par  Stella.  —  La  Vierge  et 
l'Enfant  Jésus,  par  Coypel.  —  La  vision  de  sainte  Thérèse,  par 
Menageot.  —  Méditation  de  saint  Bruno,  par  Le  Sueur.  —  Le 
martyre  de  deux  prêtres,  par  Brébœuf  (?). 

«  A  la  Cathédrale  :  une  descente  de  croix,  par  Van  Djyck.  — 
L'apôtre  Paul,  par  Carlo  Maratti.  —  La  naissance  du  Christ, 
par  Annibal  Carrache.  —  Le  jour  de  la  Pentecôte,  par  Vignon. 

a  Voilà,  mon  cher  Chennevières,  ajoutait  Longpré,  ma  petite 
récolte  en  pays  soi-disant  sauvage.  Je  vous  la  donne  avec  cette 
naïveté  du  plus  pur  des  Yankees;  on  m'a  dit  croye\  et  j'ai  cru. 
Homme  civilisé!  je  crains  bien  qu'il  n'en  soit  pas  de  même  pour 
vous » 

Je  crois,  moi,  que  mon  ami  avait  tort  de  se  tant  défier  des  noms 
qui  lui  avaient  été  dits  là-bas.  Il  ne  nous  répugne  nullement  de 
penser  que  la  France  avait  envoyé  à  Québec,  pour  la  décoration 
des  églises  et  chapelles  de  la  plus  belle  et  de  la  plus  française  de 
ses  colonies,  des  tableaux  d'artistes  alors  très  renommés,  tels  que 
Restout,  Vanloo,  Coj^pel,  d'Ulin,  Lagrenée,  Menageot ^  Monnet , 
l'élève  de  Restout;  ou  ceux  de  la  génération  antérieure  :  Cham- 
paigne,  Vignon^  Stella,  Le  Brun,  Ant.  Dieu.  Le  a  Sacré  Cœur  » 
de  Le  Sueur  est  peut-être  un  peu  douteux.  Je  ne  reconnais  pas 
bien  les  noms  de  Guillot  et  de  Brébœuf,  mais  quoi  d'impossible 
à  ce  que  des  gouverneurs  du  Canada,  d'une  générosité  telle  que 
celle  des  Montcalm,  chez  qui  le  goût  le  plus  magnifique  des  arts 
montrait  encore,  il  y  a  à  peine  un  demi-siècle,  leur  vaste  hôtel  de 
Montpellier  rempli  des  plus  rares  merveilles  de  la  peinture,  aient 
cru  devoir  enrichir  les  monuments  religieux  de  leur  capitale  cana- 
dienne de  quelques  tableaux  de  Van  Dyck,  de  Carlo  Maratti  et 
ai' Annibal  Carrache!  Donc  je  tiens  comme  très  probables  et  même 
comme  très  sûres  la  plupart  des  curieuses  attributions  rapportées 
de  Québec  par  mon  ami  Jules  de  Longpré. 

Ph.  DE  Chennevières. 


AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS.  3  I  I 

AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS. 

COMMANDES,  CONTRATS,  QUITTANCES,  ANECDOTES,  NOTES  BIOGRAPHIQUES. 

ROGER,  MAZELINE,  PASQUIER,  FLAMEN ,  LESPINGOLA, 
CHABRY,  ARCIS,  ROUBILLAC,  PIGALLE,  PAJOU,  DU  VIVIER, 
MONOT,  LE  MOT,  ROLAND,  CANOVA,  DU  PAT  Y,  AN  DRIEU, 
NANTEUIL,  ROMAN,  PETITOT,  JALEY,  P RADIER,  CAR- 
PEAUX,  TUBY,  JOUVENET,  GIRARDON,  CHAUDET,  CHI- 
NA RD,  GATTEAUX,  SI  M  ART,  RUDE,  CLE  SINGER,  MAR- 
CELLO, DUBOIS,  BOUCHARDON,  DE  BAY,  CORTOT. 

Cinq  cents  lettres  d'artistes  !  Quel  trésor  à  rendre  envieux 
l'homme  le  plus  modéré  !  Quelle  source  de  renseignements  pour 
récrivain  d'art  !  Ce  portefeuille  hors  de  pair,  ouvert  devant  nous 
par  M.  Etienne  Charavay,  sera  prochainement  dispersé  au  vent 
des  enchères  ^  Et  les  curieux  et  les  historiens  ne  sauront  où  se 
reprendre  pour  obtenir  une  signature,  une  date,  une  anecdote,  un 
contrat  dont  la  tranquille  possession  les  eût  faits  heureux  pendant 
toute  une  vie  !  Car  l'autographe  a  cela  de  singulier  qu'il  est  aimé 
d'abord  pour  lui-même  et  ensuite  pour  ce  qu'il  raconte.  Une  lettre 
de  PrucThon^  fût-ce  une  lettre  banale,  est  recherchée  à  l'égal  d'un 
croquis.  Somme  toute,  l'un  et  l'autre  ne  sont-ils  pas  sortis  de  la 
main  du  maître?  Pendant  quelques  secondes  n'ont-ils  pas  occupé 
sa  pensée?  A  travers  ces  lignes  incorrectes,  tracées  à  la  hâte,  ne 
découvrons -nous  point  le  rêve  de  l'auteur,  ses  larmes  ou  son 
sourire? 

Si  tel  est  le  charme  d'un  simple  billet,  quel  ne  doit  pas  être 
l'attrait  d'une  lettre  importante,  datée,  signée,  renfermant  un  fait 
ignoré?  Ce  n'est  plus  seulement  l'amateur  qui  la  convoite,  c'est  le 
philosophe,  le  critique,  l'homme  du  livre,  car  le  témoignage  inat- 
tendu d'un  autographe  inédit  'équivaut  à  une  révélation  d'outre- 
tombe.  Une  pareille  pièce  est  un  document. 

Soit,  mais  nous  nous  souvenons  du  mot  de  M™^  de  Sévigné 
qui,  parlant  d'elle-même,  écrivait  :  «  11  y  a  beaucoup  de  landes 
dans  mes  lettres,  avant  que  de  trouver  la  prairie,  »  Cette  parole 
appelle  la  réflexion.  Elle  est  un  jugement  applicable  non  pas  aux 
seuls  écrits  de  M""'  de  Sévigné,  mais  à  ceux  de  tous  les  épistoliers. 
La  lettre  admet  l'abandon,  les  digressions,  le  détail,  les  riens 

I.  Vente  des  7  et  8  novembre  1887. 


3 12  AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS. 

charmants  de  la  causerie  à  deux;  la  lettre  exclut  le  plan  préconçu, 
elle  a  peur  de  toute  méthode,  de  toute  tradition.  Elle  est  une  forme 
ailée,  fugitive,  donnée,  pour  un  jour,  à  la  pensée.  «  Il  est  impos- 
sible de  dire  quels  sont  les  éléments  du  style  épistolaire  :  les  autres 
genres  ont  des  règles,  celui-là  n'a  que  des  secrets.  »  C'est  Victor 
Hugo  qui  s'exprime  de  la 'sorte.  Eh  bien  !  les  a  landes  »  de  M"®  de 
Sévigné,  les  «  secrets  »  dont  parle  le  poète,  faits  pour  enlever  à  la 
lettre  le  caractère  de  sévérité,  de  concision  qui  conviennent  au 
document,  sont  moins  visibles  dans  les  lettres  d'artistes  que  dans 
les  autographes  de  littérateurs.  L'artiste  n'écrit  qu'à  son  corps 
défendant.  La  plume  n'est  pas  son  outil,  aussi  lorsqu'il  la  prend 
n'est-ce  point,  comme  tant  d'autres,  par  désœuvrement,  mais  parce 
qu'un  devoir  s'impose  à  lui,  devoir  pénible  dont  il  s'acquitte  avec 
rapidité. 

Toutefois,  il  faut  encore  distinguer  parmi  les  artistes.  Le  peintre 
écrit  plus  volontiers  que  le  sculpteur,  le  musicien  se  montre  moins 
avare  de  ses  lettres  que  l'architecte.  Nous  pourrions  expliquer  ces 
faits  par  des  considérations  de  plus  d'un  genre,  mais  ce  n'est  pas 
le  lieu  de  nous  livrer  à  un  pareil  exposé.  Nous  venons  de  dire  que 
les  sculpteurs  écrivent  peu.  La  conséquence  de  cette  disposition 
d'esprit  est  que  les  autographes  de  sculpteurs  ont  toujours  ou 
presque  toujours  une  valeur  documentaire.  Nous  l'avons  maintes 
fois  constaté.  La  riche  collection  que  M.  Charavay  doit  mettre  en 
vente  dans  quelques  jours  démontrera,  croyons-nous,  la  justesse 
de  notre  dire.  Environ  soixante  autographes  de  statuaires  seront 
adjugés  par  les  soins  du  commissaire-priseur,  M®  Maurice  Delestre, 
à  la  salle  Drouot.  Or,  c'est  à  peine  si  sur  ce  nombre  de  lettres 
authentiques  on  peut  relever  çà  et  là  quelques  pages  sans  impor- 
tance. Tout  le  reste  a  son  utilité,  son  attrait,  quelquefois  son  prix 
exceptionnel. 

N'avons- nous  pas  vu  dans  cet  amas  de  choses  rares  le  reçu  de 
deux  cents  livres  donné,  le  i5  juin  1671,  par  Léonard  Roger  sur 
les  deux  figures  qu'il  exécute  pour  le  château  de  Versailles?  Une 
pièce  de  Pierre  Ma:{eline  porte  la  date  du  6  mai  1672.  François 
Pasquier  travaille  à  la  grande  Galerie. en  1679  et  reçoit  le  17  no- 
vembre de  cette  même  année  un  acompte  de  trois  cents  livres  sur 
ses  sculptures.  Anselme  Flamen,  le  père,  sculpte  sa  statue  de 
Cyparisse  en  1688,  sur  laquelle  il  reçoit,  le  6  août,  un  paiement 
de  trois  cents  livres.  Le  i5  octobre  1691,  c'est  François  Lespin- 
gola  qui  vient  d'achever  le  dessin  des  panneaux  intérieurs  de  la 


AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS.  3l3 

grande  voûte  du  dôme  de  l'église  des  Invalides,  pour  lesquels  il 
reçoit  cent  vingt-deux  livres  trois  sols  deux  deniers. 

Marc  Chabry  nous  appelle  à  Gênes,  d'où  il  date,  le  9  décembre 
1714,  une  longue  lettre  de  six  pages  in-folio,  relative  aux  marbres 
qu'il  est  allé  choisir  pour  les  travaux  de  la  Couronne.  Nous 
suivons  Marc  Arcis  à  Toulouse  où,  le  12  mai  1721,  il  passe 
un  traité  pour  l'exécution  d'un  grand  bas-relief  destiné  au  maître- 
autel  de  Téglise  des  Révérends  Pères  Augustins  et  devant  repré- 
senter Saint  Augustin  en  extase  soutenu  par  des  anges  adoles- 
cents. Le  prix  de  cet  ouvrage  est  fixé  à  ySo  livres.  Jean-François 
Roubillac,  né  à  Lyon  en  1695  et  qui  vécut  en  Angleterre  depuis 
1735  Jusqu'à  sa  mort,  écrit  de  Londres,  le  2  septembre  1758, 
qu'il  ne  pourra  livrer  avant  six  semaines  le  buste  qu'on  attend 
de  lui.  Quel  est  ce  buste?  Peut-être  celui  du  docteur  Ricardo 
Frewen,  aujourd'hui  placé  dans  la  bibliothèque  de  Christ  Church, 
à  Oxford.  Il  est  vrai,  ce  travail  est  signé  et  il  porte  le  millésime 
M  DCC  LVII,  mais  Roubillac,  qui  devait  mourir  en  1762,  ne 
paraît  pas  avoir  sculpté  de  buste  après  celui  de  Ricardo  Frewen. 

Pigalle  n'a  pas  su  évaluer  les  dépenses  du  tombeau  du  maré- 
chal de  Saxe  à  leur  chiffre  exact.  Il  se  voit  obligé  de  réclamer  un 
supplément  d'honoraires.  On  paraît  disposé  à  l'entendre  et,  le 
II  juin  1770,  il  prie  quelqu'un  des  Bâtiments  d'envoyer  chez 
lui  le  marbrier  du  Roi,  le  seul  homme  qui  soit  en  mesure  de 
faire  l'estimation  que  l'on  semble  désirer.  Le  14  octobre  1778, 
Pajou  mande  à  d'Angiviller  qu'il  attend  le  marbre  qu'on  lui  a 
promis  pour  entreprendre  la  statue  de  Bossuet.  Quelques  mois 
plus  tard,  le  23  août  1779,  l'artiste  discute  avec  le  même  person- 
nage le  prix  des  travaux  de  sculpture  de  la  salle  de  spectacle 
de  Versailles.  Benjamin  Duvivier,  le  ly  novembre  1781,  passe 
avec  le  bureau  des  six  corps  des  marchands  de  Paris  le  traité  relatif 
à  l'exécution  de  la  médaille  commémorative  de  la  naissance  du 
premier  Dauphin.  La  statue  de  Duquesne,  par  Martin-Claude 
Monot.,  est  l'objet  d'un  acompte  de  mille  livres  le  i*""  février  1790. 
François-Frédéric  Lemot  a  restauré  la  statue  de  la  Liberté  érigée 
sur  la  place  de  la  Concorde,  et  touche  de  ce  chef,  le  9  vendémiaire 
an  VII,  une  somme  de  six  cents  livres. 

Le  sculpteur  Roland  s'engage,  le  4  janvier  1806,  à  faire  en 
marbre  le  buste  de  Tronchet,  de  grandeur  naturelle,  en  costume 
de  sénateur,  moyennant  quatre  mille  francs.  Ce  n'est  plus  une 
lettre,  c'est  tout  un  dossier  qu'il  nous  faut  lire  sur  la  statue 


3  14  AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS. 

équestre  de  Napoléon  T",  que  Canova  se  propose  d'exécuter  à 
Naples.  Il  écrit  à  Jean-Baptiste  Wicar^  et  quelles  confidences 
imprévues  Canova  fait  à  son  ami  sur  la  pose  qu'il  médite  de  don- 
ner au  conquérant,  sur  les  meilleurs  antiques  dont  il  va  s'inspi- 
rer! Les  dates  extrêmes  de  cette  correspondance  sont  le  28  novembre 
1807  et  le  1 3  décembre  1814.  De  Rome,  le  i5  septembre  1810, 
Charles  Dupaty  écrit  à  M""^  Mionnet  qu'il  termine  sa  statue 
de  Vénus.  Il  dit  vrai.  Le  marbre  est  aujourd'hui  au  Jardin  des 
Plantes,  dans  la  salle  des  Nids,  et  nous  y  avons  relevé  la  signa- 
ture «  G.  Dupaty.  Romae,  i  810,  »  en  pendant  à  l'inscription  légè- 
rement ambitieuse  «  Alma  parens  rerum.  »  Bertrand  Andrieu, 
le  10  mai  181 1,  perçoit  sept  mille  cinq  cents  francs  pour  l'exécu- 
tion de  la  grande  médaille  des  Prix  décennaux. 

Le  24  avril  1828,  le  sculpteur  Jean-Baptiste- Louis  Roman 
donne  quittance  de  huit  cent  trente-trois  francs  pour  le  buste  en 
marbre  de  Girodet.  Ce  ne  peut  être  là  qu'un  solde  de  compte. 
Charles-François  Lebœuf,  dit  Nanteuil,  exécute  en  1827  deux 
statues  destinées  à  la  décoration  de  la  grille  du  château  de  Saint- 
Cloud.  Six  mille  francs  lui  sont  dus.  Il  en  reçoit  le  tiers  le 
22  février.  Cest  un  premier  paiement  de  quatre  mille  francs  que 
perçoit  Lemaire,  le  20  avril  1839,  sur  le  bas-relief  de  la  colonne 
de  Boulogne  représentant  la  Première  distribution  des  croix  de 
la  Légion  d'honneur;  c'est  une  lettre  de  Petitot  concernant  les 
statues  qu'il  exécute  en  1845  pour  le  pont  des  Saints-Pères;  c'est 
Jaley  qui  annonce,  le  17  février  1848,  la  commande  qu'on  lui  a 
faite  de  la  statue  du  général  d'Hautpoul  pour  la  ville  de  Gaillac; 
ce  sont  dix-neuf  lettres  de  Pradier  à  Charles  Blanc,  écrites  en  1 848 
et  en  1849,  ^^  sujet  de  ses  sculptures  des  Invalides,  du  buste  de 
Lemot y  son  maître,  de  celui  du  Prince  Président,  d'une  statue  de 
Belzunce,  du  couronnement  de  TArc-de-rÉtoile;  c'est  Carpeaux 
qui,  le  6  janvier  1867,  ne  peut  livrer  le  buste  du  Prince  impérial 
faute  de  cinq  cents  francs  que  lui  réclame  son  praticien  ! 

Mais  cette  nomenclature  ressemble  à  un  feuillet  détaché  de 
quelque  livre  de  caisse.  Trop  de  chiffres.  L'arithmétique  manque 
d'attrait.  N'avons-nous  donc  découvert  que  des  quittances  ou  des 
traites  dans  les  lettres  d'artistes  obligeamment  ouvertes  devant 
nous  par  M.  Charavay?  Quoi  !  pas  une  anecdote,  pas  un  trait  qui 
laisse  pénétrer  le  maître!  Tout  aux  œuvres,  rien  pour  l'homme! 
C'est  trop  peu. 

Détrompez- vous  !  Si  nous  écrivions  un  article  humouristique 


AUTOGRAPHES  DE  SCULPTEURS.  3l5 

sur  les  statuaires,  nous  pourrions  puiser  au  hasard  dans  les  lettres 
dont  nous  parlons  tous  les  éléments  d'une  causerie. 

Voici,  par  exemple,  Jean-Baptiste  Tuby  qui  loue,  le  7  mars 
1675,  au  peintre  Jean  Lemojyne  une  portion  de  maison  sise  à 
Paris,  rue  des  Deux-Portes-Saint-Sauveur.  Le  24  novembre  i683, 
le  sculpteur  Noël  Jouvenet  règle  le  constructeur  d'un  demi-pavil- 
lon qu'il  s'est  fait  élever  en  la  ville  de  Versailles,  «  sur  une  place 
qu'il  a  plu  au  Roi  de  lui  donner.  »  Girardon  possède  un  immeuble 
à  Paris,  quai  de  l'Horloge,  et  il  le  donne  à  bail  au  joaillier  Leva- 
cher,  moyennant  douze  cents  livres  par  an.  Lemota.  d'autres  inté- 
rêts en  Jeu.  Il  est  victime  d'un  vol  de  la  part  d'un  confrère,  le 
sculpteur  Portail.  Nous  sommes  en  l'an  VIII.  Portail  a  dérobé  la 
tigure  d'Hébé,  sculptée  par  Lemot.  Le  bruit  s'est  répandu  que 
Portail,  qui  n'a  point  de  scrupules,  vend  à  Lyon  des  reproduc- 
tions de  VHébé.  Lemot  informe  son  compatriote  Chinard  de  ces 
faits  délictueux,  afin  que  celui-ci,  qui  réside  à  Lyon,  constate,  s'il 
se  peut,  la  fraude  et  permette  d'arrêter  le  voleur.  Le  2  5  messidor 
an  XI,  Chaudet  écrit  à  Vaudojrer  une  lettre  touchante  où  il  le 
remercie  de  s'être  intéressé  à  son  état  de  santé  et  où  il  s'inquiète  de 
la  souscription  ouverte  en  faveur  de  David  Le  Roy.  Que  parlions- 
nous  de  Chinard,  il  n'y  a  qu'un  instant!  Voici  une  page  de  lui, 
datée  de  Lyon,  i5  mai  1808,  dans  laquelle  il  entretient  un  ami 
de  son  projet  de  vendre  des  marbres  qu'il  possède  à  Carrare,  son 
parti  étant  pris  de  ne  jamais  retourner  en  Italie  où  il  a  essuyé  trop 
de  mécomptes  !  Edouard  Gatteaux  s'adresse  au  comte  de  Cha- 
brol le  5  décembre  18 18,  —  il  n'a  que  trente  ans,  —  et  sollicite  le 
titre  de  graveur  de  la  ville  de  Paris.  En  1840,  Simart  achève  sa 
figure  d'Oreste,  il  l'écrit  à  Ingres,  son  maître,  en  des  termes  qui 
nous  le  montrent  prenant  cette  attitude  «  inclinée  et  charmante  » 
dont  a  si  bien  parlé  Beulé.  Rude  écrit  en  i85i  au  curé  deChâtil- 
lon  et  lui  trace  un  plan  de  décoration  du  maître-autel  de  son  église. 
Clésinger,  pour  un  jour,  croit  être  Michel-Ange  et  sollicite  du 
Préfet  de  police  l'honneur  de  l'entretenir  des  vastes  conceptions 
dont  il  est  l'auteur!  En  1862,  Marcello,  la  duchesse  Colonna, 
fait  hommage  à  l'Empereur  d'une  statuette  de  sa  composition. 
Plus  près  de  nous,  le  25  mai  1876,  M.  Paul  Dm^ow  entretient  un 
écrivain  d'art  de  ses  essais  de  gravure  d'après  son  propre  tableau 
Mes  enfants. 

Si  curieuses  que  soient  ces  lettres,  elles  n'éclairent  cependant 
qu'un  point  de  la  vie  de  leurs  auteurs.  Bouchardon,  écrivant 


3l6  LOUIS   DAVID. 

de  Rome  en  1732  au  duc  d'Antin,  est  plus  explicite.  Les  détails 
qu'il  donne  sur  son  séjour  en  Italie,  sur  les  ouvrages  qui  Poc- 
cupent  feront  rechercher  son  autographe.  Plus  précieux  encore  est 
celui  de  Jean-Baptiste-Joseph  De  Bay  du  22  mars  1822,  dans 
lequel  l'artiste  raconte  sa  vie  de  luttes,  de  joies,  de  travail.  Mais 
cette  page  est-elle  comparable  à  la  correspondance  de  Cortot,  datée 
de  Rome,  de  18 10  à  181 8,  et  adressée  à  Drolling?  Ce  n'est  plus 
seulement  un  artiste  qui  est  en  scène,  ce  sont  Caillouette  Qt  Rude^ 
Blondel  et  Heim,  Langlois  et  Ingres^  Petitot  et  Pradier.  Il  y  a 
là  en  germe  un  chapitre  d'histoire.  Cortot  n'est  sans  doute  pas  un 
maître  incontesté,  mais  les  hommes  dont  il  parle,  les  événements 
qu'il  traverse,  les  ouvrages  qu'il  prépare,  ses  impressions  per- 
sonnelles en  face  des  chefs-d'œuvre  de  Rome  constituent  un 
ensemble  de  documents  qu'un  homme  à  l'esprit  délié  saura  mettre 
en  œuvre. 

Et  nous  n'avons  pas  même  nommé  dans  cette  étude  rapide  Dela- 
croix, Géricault,  Louis  David,  Courbet,  Decamps,  les  Vernet, 
Quentin  de  la  Tour  et  maint  autre  !  Mais  le  moyen  de  tout  dire 
en  quatre  pages,  lorsqu'on  se  trouve  en  face  de  plusieurs  volumes 
inédits  et  curieux! 

Henry  Jouin. 


LOUIS  DAVID 

PEINTRE  DU   GOUVERNEMENT,    PAR   ARRÊTÉ   DES    CONSULS. 

Nous  extrayons  du  Journal  de  Paris,  8  ventôse  an  VIII  (27  février  1800), 
la  lettre  suivante  qui,  pour  n'être  pas  absolument  inédite,  n'en  demeure  pas 
moins  très  ignorée  et  presque  introuvable  dans  le  recueil  où  son  auteur  l'a 
fait  insérer. 

J.-J.  G. 

Aux  rédacteurs  du  Journal. 

Citoyens,  plusieurs  journaux  ont  annoncé,  il  y  a  déjà  quelques 
jours,  que  j'avois  été  nommé,  par  arrêté  des  Consuls,  peintre  du 
gouvernement.  Ils  ont  dit  la  vérité,  et  j'ai  même  reçu  l'extrait  des 
registres  des  délibérations  qui  m'annonce  ma  nomination.  Mais 
ce  qu'ils  n'ont  pu  dire,  c'est  qu'aussitôt  la  réception  de  cet  arrêté, 
je  me  transportai  chez  le  Ministre  de  l'intérieur,  chargé  par  le 
second  article  de  proposer  les  attributions  de  cette  place,  pour  le 
prier  de  ne  point  s'en  occuper,  de  vouloir  bien,  au  contraire,  rece- 


GROS.  3  1 7 

voir  mes  remerciements  et  ma  démission  d'une  place  qui  ne 
paroissoit  devoir  être  profitable  qu'à  moi  seul,  et  nullement  à  Fart 
et  aux  artistes,  objets  uniques  de  ma  sollicitude. 

Salut  et  considération. 

David, 
Membre  de  l'Institut. 

P.-S.  Veuillez  bien,  citoyens,  en  faire  part  au  public,  en  insé- 
rant la  présente  dans  le  plus  prochain  n"  pour  qu'à  l'avenir  les 
personnes  qui  me  croiroient  en  place  ne  m'adressent  plus  leurs 
demandes. 


GROS. 

GRAVURE  DU  TABLEAU  LA  PESTE  DE  JAFFA. 

a  Je  reconnais  avoir  reçu  le  tableau  représentant  l'Hôpital  de 
Jaffa,  envoyé  à  mon  atelier  par  Monsieur  le  Directeur  des  Gobe- 
lins,  d'après  l'autorisation  que  j'en  avais  conjointement  à  lui  à 
l'effet  d'y  être  dessiné  et  gravé. 

«  Paris,  ce  7  février  18 14. 

«  Gros.  » 

On  discute  quelquefois  pour  savoir  quel  nom  il  convient  de  donner  à  un 
tableau;  il  semble  d'après  le  reçu  qui  précède  que  le  tableau  de  Gro*  devrait 
s'appeler  l'Hôpital  de  Jaffa  et  non  autrement. 

Gerspach. 


EPITAPHES  DE  PEINTRES 

RELEVÉES   DANS   LES   CIMETIÈRES   DE   PARIS    ET   PUBLIÉES   SUIVANT 
l'ordre    CHRONOLOGIQUE. 

VrOLLET-LE-DUC,  GOSSE,  DUMAS,  DAUBIGNY,  FAURE,  DURAND-BRAGER, 
COUTURE,  JACQUEMART,  ROGER,  DENANT,  LACOSTE-BRUNNER,  GEN- 
DRON,  BEZARD,  BARON,  JADIN ,  DORÉ,  ROSLIN,  BALZE ,  RICQUIER, 
CABASSON. 

CXLII.  Viollet-le-Duc.  —  1878. 
Famille  Girard  —  et  Adolphe  —  Viollet-le-Duc.  —  Ici  reposent  : 
—  Alexis-François  Girard,  —  artiste  graveur,  —  né  le  8  X^re  1787, 
décédé  le  17  janvier  1870.  —  Etienne-Adolphe  Viollet-le-Duc  —  pay- 
sagiste et  homme  de  lettres,  —  né  à  Paris,  le  28  novembre  1817,  — 


3l8  EPITAPHES   DE    PEINTRES. 

mort  le  (3  mars  1878.  —  M">e  Girard,  née  Bathilde  Louise  —  Mar- 
guerite Marthelot, —  le   12  avril  1784,  décédée  le  8  mars  1861.  — 
Philippine  Hélène  Laure —  Girard,  née  Guigniaut,  —  27  mai  i833 
f  27  avril  i883. 
(Montparnasse,  i'«  division.) 

CXLIII.  Gosse.  —  1878. 
La  première  —  au  —  rendez-vous.  —  M''  Gosse  —  Nicolas  L*  F°'% 

—  peintre  d'histoire,  —  officier  —  de  la  Légion  d'honneur,  —  décédé 
le  9  février  —  1878,  —  à  Soncourt  (H^e.Marne),  —  dans  sa  gi™^  année. 

—  Priez  pour  lui.  —  Madame  Gosse,  —  née  —  Cécile  Eugénie  Pru- 
dence—  Lucquin,  —  décédée  le  3o  octobre  —  i858.  —  Priez  pour  elle. 

(Montparnasse,  12^  division.)  ' 

CXLIV.  Dumas.  —  1878. 
Victor  Dumas,  artiste  peintre,  —  né  le   5  X^re   i83i,  décédé  le 
i5    7bre  1878.  —  Emile  Dumas,  —  né  le   14  mai  i836,  décédé  le 
22  mai  1844.  —  Jacques  Dumas,  —  né  le  8  juin   1797,  décédé  le 
22  gbre  i856. 
(Montmartre,  3i«  division.) 

CXLV.  Daubigny,  —  1 878. 
Charles-François  —  Daubigny,  —  né  à  Paris,  le  i5  février  1817, 

—  mort  à  Paris,  le  19  fév"  (878. 
(Père-Lachaise,  24^  division.) 

CXLVL  Faure.  —  1879. 
Ici  repose  Louis  Faure,  —  artiste  peintre,  —  décédé  le  22  décembre 
1879,  —  à  l'âge  de  94  ans.  —  Regretté  —  de  ses  enfants  adoptifs  — 
et  de  tous  ses  amis.  Priez  pour  lui. 

GXLVIL  Durand-Brager.  —  1879  <. 
Famille  Durand  Brager. 
(Père-Lachaise,  31^  division.) 

CXLVin.  Couture.  —  1879. 

Thomas  Couture,  —  181 6-1 879. 

Sur  une  banderole  tenue  par  un  Génie,  à  gauche,  on  lit  :  Les  Deux 
promises,  —  Pijfferaro,  —  Saint  Rieul,  —  La  Courtisane,  —  Le  Juge 
endormi,  —  Le  Trouvère,  —  Le  Fauconnier,  —  La  Décadence  des 
Romains,  —  Horace  et  Lydie,  —  L'Amour  de  l'or,  —  Le...  Poète,— 
...  Haine. 

Un  autre  Génie,  à  droite,  tient  une  banderole  où  est  gravé  :  Pierrot 
à  la  police  correctionnelle,  —  Pifferaro,  —  L'Enfant  prodigue,  — 

I.  3  mai. 


ÉPITAPHES   DE   PEINTRES.  Sig 

Le  Réaliste,  —  Grande  Chapelle  de  Saint-Eustache,  —  La  Prière  du 
soir^  —  La  Nostalgie,  —  Les  Volontaires  de  lygz. 
(Père-Lachaise,  4^  division.) 

GXLIX.  Jacquemart.  —  1880. 
Jules  Jacquemart,  —  peintre  et  graveur,  —  1 837-1880.  —  Albert 
Jacquemart,  —  homme  de  lettres,  —  1808-1875. 
(Père-Lachaise,  68^  division.) 

CL.  Roger.  —  1880. 

Roger  —  Adolphe,  —  peintre  d'histoire,  —  1800- 1880. 
(Père-Lachaise,  42^  division.) 

CLL  Denant.  —  1880. 
A  la  mémoire  —  de  —  Louis-Pierre  Denant,  —  artiste  peintre,  — 
décédé  à  l'âge  de  84  ans,  —  le  4  septembre  1880. 
(Montparnasse,  7^  division.) 

CLIL  Lacoste-Brunner.  —  1881. 

Henri  Lacoste-Brunner,  —  artiste  peintre,  —  43  ans,  —  décédé  le 
27  mars  1881. 

A  la  mémoire  —  de  —  M"»*  Joséphine  Brunner,  —  née  —  le  8  août 
181 1,  —  décédée  —  le  23  février  1869. 

Joséphine  Demur,  veuve  Lacoste,  —  femme  Brunner,  —  décédée 
le  23  février  1869. 

(Montparnasse,  io«  division.) 

CLIIL  Gendron.  —  1881. 

Ici  repose  —  Jules-Ernest-Auguste  Gendron,  —  peintre  d'histoire, 
—  chevalier  de  la  Légion  d'honneur,  —  décédé  à  Paris  le  12  juillet 
1881,  —  dans  sa  63"  année.  —  Celui  qui  croit  en  moi  vivra  éternelle- 
ment. —  (Saint  Jean,  chap.  xi.) 

(Père-Lachaise,  3i«  division.) 

CLIV.  Bezard.  —  1881. 
Be^ard  —  Jean-Louis,  —  artiste  peintre,  —  chevalier  —  de  la 
Légion  d'honneur,  —  1 799-1 881. 
(Montparnasse,  3«  division.) 

CLV.  Baron.  —  1882. 
Stéphane  Baron,  —  artiste  peintre. 
(Montparnasse,  26^  division.) 

CLVL  Jadin.  —  1882, 
Louis-Godefroy  Jadin,  artiste  peintre,  —  chevalier  de  la  Légion 
d'honneur,  —  né  le  3o  juin  i8o5,  décédé  le  24  juin  1882.  —  Louis- 
Emmanuel  Jadin,  comp''  de  musique,  —  ex-gouverneur  des  Pages  de 
la  Musique  du  Roi,  —  né  le  22  7bre  1768,  décédé  le  11  avril  i853, 


320  EPITAPHES   DE   PEINTRES. 

—  dans  sa  86«  année.  —  Anne-Antoine  Jadin,  née  Hamel,  — décédée 
le  7  mars  1846,  dans  sa  22*  année.  — Justine-Louise  Baron,  son 
épouse,  —  qui  ne  lui  survécut  que  2  jours^,  après  60  ans  de  ménage, 

—  née  le  8  mars  1772,  décédée  le  14  avril  i853,  dans  sa  8i<=  année. 
(Montmartre,  io«  et  i3*  divisions.) 

GLVII.  Doré.  —  i883. 

Ici  reposent  —  Louis-Auguste-Gustave  Doré,  —  décédé  le  23  jan- 
vier i883,  à  l'âge  de  5i  ans.  —  Marie-Anne-Alexandrine  Doré,  née 
Pluchart,  —  décédée  le  i5  mars  1881,  à  l'âge  de  74  ans. 

(Père-Lachaise,  22»  division.) 

CLVIII.  Roslin.  —  i883. 
Face  antérieure  :  Emma  Roslin.  —  Face  postérieure  :  Emma  Ros- 
lin, née  Blanche^,  —  artiste  peintre,  —  morte  le  12  juillet  i883. 
(Père-Lachaise,  22^  division.) 

CLIX.  Balze.  —  18843. 

Paul- Jean- Etienne  Bal^e,  —  peintre  d'histoire,  —  chevalier  de  la 
Légion  d'honneur,  —  décédé  à  Paris,  à  l'âge  de  68  ans. 

A  notre  bon  père  —  Georges-Joseph  Balze,  —  décédé  le  (  7  novembre 
1847. 

(Montparnasse,  10^  division.) 

CLX.  Ricquier.  —  1884. 

Louis-Jean-François  Ricquier,  —  peintre  d'histoire,  —  membre  de 

l'Institut  —  des  Beaux-Arts  des  Pays-Bas,  —  né  à  Anvers  le  17  août 

1792,  —  décédé  à  Paris  le  18  avril  1884.  —  Ici  repose  M'»e  Ricquier, 

•—  née  M. -G. -T.  Van  Brée  —  à  Anvers  (Belgique)  —  le  aS  avril  1783, 

—  décédée  à  Paris  le  26  avril  1847. 
(Montmartre,  32^  division.) 

GLXI.  Cabasson.  —  1884. 
M.  G.-A.  Harang-Cabasson ,  —  né  à  Rouen,  f  11  juin  1884.  — 
Mme  G.-A.  Harang-Cabasson,  —  née  E.-D.  Mainot,  —  f  i^r  décembre 
1879. 
(Montparnasse,  i'^  division.) 

H.  J. 


1.  C'est  (  trois  jours  »  qu'il  eût  fallu  dire,  si  les  dates  inscrites  ici  sont 
exactes. 

2.  Emma  Blanche,  femme  Roslin,  mariée  vers  1862  ou  i863  à  M.  C.  Ros- 
lin, ancien  officier  de  marine,  peintre  lui-même  et  descendant  de  Roslin, 
dit  le  Suédois,  peintre  d'un  réel  talent  (Suppl.  du  Catalogue  du  Musée  d'Aix, 
1877,  pages  3o-3i.) 

3.  24  mars. 


ARNOULD    FERRAND.  321 

LE   PEINTRE  TOURANGEAU  ARNOULD  FERRAND. 

(1601-1622.) 

Dans  une  liasse  de  notes  prises  jadis  au  courant  de  mes  lectures, 
je  trouve  une  fiche,  malheureusement  incomplète  quant  au  titre 
de  l'ouvrage  d'où  elle  fut  extraite  ;  mais,  comme  elle  contient  le 
nom  d'un  peintre  dont  je  ne  rencontre  mention  dans  aucun  livre 
à  ma  disposition,  je  viens  l'inscrire  dans  la  Revue. 

La  source  originale  est  un  registre  ou  un  compte  des  recettes  et 
dépenses  de  l'église  paroissiale  de  Ligré,  village  du  département 
d'Indre-et-Loire,  situé  à  deux  lieues  de  Ghinon. 

Le  conseil  de  la  fabrique,  après  avoir  porté  parmi  les  dépenses 
afférentes  aux  années  1601-1602  les  sommes  payées  à  divers  pour 
la  réfection  du  tabernacle,  qui  semble  avoir  été  de  dimensions 
considérables,  et  pour  la  réparation  de  l'autel  principal,  ajoute 
qu'il  a  été 

«  Payé  à  Arnould  Ferrand,  paintre,  pour  avoir  paint  le  devant 
dndict  tabernacle  et  baillé  les  vitres  d'iceluy x  1.  » 

Puis,  en  1609-16 10,  on  lit  qu'il  a  été  acheté 

«  Trois  esses  de  sapin  quy  ont  servy  à  faire  la  figure  du  cruci- 
fix, de  la  Nostredame  et  de  M""  Sainct  Jehan,  suivant  marché  faict 
avec  le  painctre  pour  paindre  les  dictes  figures 

«  Avoir  faict  paindre  deuant  l'hautel  de  M""  Sainct  Jacques,  xl  s. 

«  Au  paintre  pour  avoir  paint  le  drap  mortuel  xxxv  s.  » 

En  16 17-16 18,  ce  dernier  peint  le  ciel  du  maître-autel,  et,  en 
1621-1622,  deux  chandeliers,  ceux-ci  au  prix  de  vi  s. 

Bien  que  le  nom  du  peintre  qui  exécuta  ces  travaux  variés,  les 
uns  besognes  de  tâcheron,  les  autres  œuvres  d'artiste,  ne  soit  men- 
tionné qu'une  seule  fois,  il  est  probable  que  pour  tous  il  s'agit 
d' Arnould  Ferrand.  De  même  que  la  plupart  des  maîtres  peintres 
de  son  époque,  il  faisait  tout  ce  qui  concernait  sa  partie;  mais  on 
peut  croire  qu'il  ne  manquait  pas  d'un  certain  talent  original, 
lorsque  l'on  constate  à  quels  prix  élevés  certains  de  ses  travaux  sont 
cotés  et  rémunérés. 

V.-J.  Vaillant. 


ART   FR.    IV  2t 


322  TULIÉ,    CHENU,    BAILLET,    SCULPTEURS,    ETC. 

TULIÉ,  CHENU,  BAILLET,  SCULPTEURS;  JULIEN  DE 
HONGRIE,  CHARLES  ERRARD,  J.-B.  DE  CHAMPAGNE, 
PEINTRES;  LOUIS  ROCHER,  ARCHITECTE. 

(1666-1689.) 

Communication  de  M.  E.  Coyecque. 

16  août  1666. 

Charles  Turpin,  chanoine  de  Paris,  préposé  à  l'intendance  de  la 
fondation  de  Gabrielle  de  Dorée,  baronne  pour  moitié  de  Tour  en 
Champagne,  met  en  apprentissage  Jean  Charrie,  fils  d'Etienne  Char- 
lier,  menuisier,  et  de  Barbe  Carouillet,  né  à  Paris,  paroisse  Saint- 
Louis-en-l'Ile ,  pauvre  enfant  de  la  Trinité,  âgé  de  seize  ans,  chez 
Lamoralle  Tulié,  maître  sculpteur,  demeurant  rue  Grenéta,  qui  l'ac- 
cepte moyennant  1 5o  1.  t. 

(Archives  de  M=  Delafon,  notaire  à  Paris.  Fonds  de  l'Hôtel-Dieu,  lay.  20.) 

20  juillet  1Ô67. 
Mise  en  apprentissage  pour  six  ans  de  Louis  Bornet,  pauvre  enfant 
de  la  Pitié,  âgé  de  treize  ans,  fils  de  feu  Claude  Bornet,  gagne-denier, 
et  de  Anne  Fricher,  chez  Jacques  Chenu,  maître  sculpteur,  rue  de  la 
Tisseranderie. 
(Ibidem,  ibid.) 

3  août  1667. 

Julien  de  Hongrie,  peintre,  rue  de  la  Petite-Corroierie,  et  Mar- 
guerite de  Hongrie,  veuve  de  Jean  Dumas,  maître  peintre  et  sculp- 
teur, demeurant  avec  Julien,  son  frère,  donnent  à  l'hospice  des  Incu- 
rables, contre  une  rente  viagère  de  5oo  livres  :  i"  une  maison,  rue  de 
la  Petite-Corroierie,  où  est  pour  enseigne,  contre  le  mur,  la  petite 
image  de  la  sainte  Vierge  ;  ^°  une  rente  de  66  1.  i3  s.  4  d.  t.;  3»  cinq 
arpents  et  demi,  quatre  perches  et  un  quart  de  terre  à  HouUecourt, 
lieux  dits  l'Épée-du-Moine,  le  Champ-Cornu,  l'eauradde,  les  Marais. 

(Ibidem.  Fonds  des  Incurables,  lay.  48.) 

ler  décembre  1673. 

Donation  par  Charles  Errard,  peintre  et  architecte  ordinaire  du 
Roi  et  Recteur  de  TAcadémie  royale  de  peinture,  sculpture  et  archi- 
tecture, demeurant  aux  Galeries  du  Louvre,  à  l'hospice  des  Incu- 
rables de  20,000  1.  contre  2,000  de  rente  viagère. 

(Ibidem,  ibid.,  lay.  48.} 

27  février  1675. 

Donation  par  Charles  Errard,  peintre  et  architecte  ordinaire  du 


TULIÉ,    CHENU,    BAILLET,    SCULPTEURS,    ETC.  323 

Roi  et  recteur  de  l'Académie  royale  de  peinture,  sculpture  et  archi- 
tecture, demeurant  aux  Galeries  du  Louvre,  à  l'hospice  des  Incurables 
d'  «  une  place  close  de  murs,  seize  à  Saint-Germain  des  Prez,  faisant 
l'encoigneure  de  la  grande  rue  du  Bacq  et  de  Saint-Dominicque,  con- 
tenant plus  de  six  vingtz  toises  en  superficie en  la  censive  de  la 

mense  abbatialle  dud.  Sainct-Germain  des  Prés audict  sieur  donna- 

teur  apartenant,  scavoir  un  tiers  comme  donataire  de  feue  damoiselle 
Marie  de  la  Ru,  sa  femme,  par  le  contract  de  mariage  passé  par-devant 
de  Beauvais  et  Remond,  notaires,  le  xxv®  mars  M  Vie  LI,  et  les  deux 
autres  tiers  au  moyen  de  la  vente  qui  luy  en  a  esté  faicte  par  Marie 
Roze,  veuve  Bordin,  comm™  de  la  marine,  par  contract  passé  par- 
devant  Pain  et  led.  de  Beauvais,  notaires,  le  quinze  may  mil  six  cens 

soixante  trois ;  cette  donnation  faicte  à  la  charge  desdicts  cens  et 

droicts  seigneuriaux,  pour  l'advenir  seuUement,  et  outre  à  la  reserve 
que  faict  ledict  sieur  donnateur  de  six  cens  livres  de  pention,  sa  vie 
durant...  » 

27  février  1675. 

Donation  par  Charles  Errard  à  l'hospice  des  Incurables  de  24,000 1., 
à  la  réserve  de  2,400  1.  de  rente  viagère,  sans  préjudice  des  2,000  1. 
de  même  qualité  à  lui  dues  par  les  Incurables,  en  vertu  du  contrat  du 
1er  décembre  1673. 

(Ibidem,  ibid.,  lay.  49.) 

17  février  1679. 

Jean-Baptiste  de  Champagne,  peintre  ordinaire  des  Bâtiments  du 
Roi,  demeurant  Ile-Notre-Dame,  quai  d'Orléans,  se  constitue  caution 
solidaire  du  sieur  Lemaitre,  demeurant  au  Cloître-Notre-Dame,  qui  a 
donné  à  l'Hôtel-Dieu  une  maison,  rue  Neuve-Saint-Louis,  contre 
700  1.  de  rente  viagère. 

(Ibidem.  Fonds  de  l'Hôtel-Dieu,  lay.  26.) 

17  novembre  1679. 
François  Aube ^  maître  peintre,  à  Paris,  rue  Mazarine,  âgé  de 
soixante-neuf  ans  cinq  mois,  «  comme  il  résulte  de  son  extrait  bap- 
tistaire  tiré  des  registres  de  la  parroisse  Saint-Sulpice,  contenant  qu'il 
y  a  esté  baptisé  le  xxn  juin  M  VI*  dix,  »  donne  à  l'Hôtel-Dieu  1,700  1. 
contre  200  de  rente  viagère. 
(Ibidem,  ibid.) 

17  juillet  1680. 
Don  du  même  au  même  de  1,800  1.  contre  100  de  rente  viagère. 
(Ibidem,  ibid.) 

18  avril  1681. 
Bail  par  l'Hôtel-Dieu,  pour  six  ans,  à  Louis  Rocher^  architecte  et 


324  VEIRIER,    DUBREUIL,    ACHARD,    VOLAIRE. 

entrepreneur  des  Bâtiments  du  Roi,  demeurant  rue  Saint- Julien-le- 
Pauvre,  de  la  maison  qu'il  habite,  moyennant  un  loyer  de  400  1. 
(Ibidem,  ibid.,  lay.  27.) 

7  août  1689. 

Nicolas  Baillet,  maître  peintre  et  sculpteur,  demeurant  quai  Pelle- 
tier, s'engage  envers  l'Hôtel-Dieu  à  prendre  comme  apprenti,  pour 
six  ans,  Jean  Bruyant,  âgé  de  vingt  et  un  ans,  moyennant  une  indem- 
nité de  100  1. 

(Ibidem,  ibid.,  lay.  34.) 


LES  SCULPTEURS    VEIRIER  ET  DUBREUIL, 
LES  PEINTRES  ACHARD  ET  VOLAIRE. 

TRAVAUX   A    LA    CHAPELLE   DU    CORP US-DOMINI  A    TOULON. 
(1682-I755.) 

Au  tome  II  de  la  troisième  série  des  Nouvelles  Archives  de 
V  Art  français  (r886,  p.  22-25),  nous  avons  fait  connaître  la  des- 
truction par  le  feu  de  tous  les  travaux  exécutés  par  Puget  pour  la 
décoration  de  la  chapelle  du  Corpus-Domini  de  la  cathédrale  de 
Toulon.  Nous  avons  également  rappelé  que  Christophe  Veyrier, 
élève  de  Puget,  supplanta  Claude  Dubreuil,  autre  élève  du  maître, 
dans  la  réfection  de  ces  travaux.  Aujourd'hui,  nous  publions 
quelques  documents  relatifs  à  cette  réfection  et  à  d'autres  ouvrages 
faits  pour  ladite  chapelle,  dans  le  dernier  siècle. 

Charles  Ginoux. 
J682. 
Sieur  Christofle  Veirier,  sculpteur. 

Et  en  conséquance,  par  contract  du  20  may  1682,  reçeu  par  M®  Val- 
lavieille,  no™,  les  sieurs  recteurs  de  lad.  chapelle  Corpus-Domini,  en 
présence  et  consentement  de  Mons""  le  vicaire  général  et  officiai  de 
Monseigneur  l'evesque  et  de  Mess"  les  consuls,  ont  donné  le  prix  fait 
au  d.  S''  Veirier,  sous  le  cautionne'  du  sieur  Laurens  Jacques,  peintre, 
des  réparations  de  l'autel  de  lad.  chapelle,  en  marbre  blanc  et  dastuc 
(en  stuc)  suivant  et  conformément  au  dessin  par  lui  fait  et  le  détail 
des  ouvrages  exprimez  au  d.  acte  et  sous  les  conditions  y  contenues, 
moyennant  le  prix  et  somme  de  dix  mil  livres. 


VEIRIER,    DUBREUIL,    ACHARD,    VOLAIRE.  325 

Réparation  de  l'autel  pour  10,000  1. 

Par  le  d.  acte,  le  d.  sieur  Veirier  reçut  du  sieur  Jean  Durand,  tré- 
sorier, la  somme  de  1,800  1.,  et  les  8,200  1.  restantes  sont  payables  à 
mesure  et  proportion  du  travail,  cy  1,800  1. 

(Archives  communales,  GG.  28.  —  Registre.) 

1697. 
Payement  de  cent  dix  livres  à  Dubreuil,  sculpteur. 

Dubreuil  intenta  un  procès  à  la  .confrérie  de  Corpiis-Domini,  pour 
se  faire  payer  le  modèle  en  relief  (bois  et  cire)  qu'il  avait  fait  pour  la 
décoration  de  la  chapelle,  travail  qui  fut  donné  à  Veyrier  sans  avoir 
été  mis  aux  enchères,  au  rabais  sur  le  prix  de  base  de  8,000  livres 
qu'il  avait  proposé,  mais  il  fut  débouté  par  jugement  du  17  juillet 
1682.  Plus  tard,  on  lui  accorda,  par  transaction,  afin  qu'il  se  désistât 
de  ce  procès,  une  indemnité  pour  son  modèle  en  bois  et  cire. 

Fait  dépense  de  la  somme  de  iio  livres,  payées  à  Catherine  de 
risle,  femme  du  sieur  Debreuil^  sculpteur,  pour  payement  d'un 
modelle  en  relief  que  ledit  S'  Debreuil  a  fait  lors  des  enchères  de  la 
chapelle  et  autel  de  Corpus-Domini,  ainsi  qu'il  est  mentionné  plus 
long  dans  la  transaction  reçue  par  M*  Fabre,  notaire,  le  27  janvier 
1697,  portant  quittance  employée  au  grand  livre,  fol.  i3i. 

(Archives  communales,  série  GG.  —  Livre  de  raison  de  1673  à  1780.) 

1718. 

Payé  à  Jean-Baptiste  Achard,  peintre  du  lieu  de  Correns  (Var),  la 
somme  de  365  livres  12  sols  3  deniers  pour  les  deux  tableaux,  qui  ont 
été  faits  pour  la  chapelle  de  Corpus-Domini ,  l'un  (celui  peint  par 
Jean-Baptiste  Vanloo)  représentant  le  Triomphe  de  l'Église,  l'autre 
le  Sacrifice  de  Melchisedec,  ainsi  qu'il  résulte  de  la  convention,  man- 
dat et  acquits  des  7  avril,  22  et  23  juillet,  22  et  28  décembre  de  ladite 
année  1718^. 

En  1740,  on  paya  à  Julien,  menuisier,  100  livres  pour  les  deux 
cadres,  la  dorure  des  mêmes  cadres  (noir  et  or)  coûta  3oo  livres. 

Ces  deux  tableaux  remplacèrent  ceux  de  Puget,  que  l'incendie  avait 
dévorés» 

(Archives  communales,  GG.  23.  —  Registre.) 


I.  La  tradition  attribue  ces  deux  tableaux  à  Vanloo  et  à.  Achard.  Les  deux 
tableaux  sont  tout  à  fait  différents  par  le  faire;  on  dit  que  celui  à' Achard 
est  une  copie.  Sans  doute,  Vanloo  ne  voulut  pas  paraître  dans  la  quittance  de 
paiement. 


326  VEIRIER,    DUBREUIL,    ACHARD,    VOLAIRE. 

1725. 

Payé  en  trois  fois  à  Volaire  (Jacques)  ^  la  somme  de  cent  cinquante 
livres  pour  une  bannièr«e  qu'il  a  peinte  pour  la  chapelle  de  Corpus' 
Domini. 

(Archives  communales,  GG.  23.  —  Registre.) 

1740. 

Mémoire  de  la  manière  que  nous  prétendons  faire  la  réparation  de 
la  chapelle  du  Saint-Sacrement,  en  premier  lieu  accomoder  tout  ce 
qui  se  trouve  cassé,  soit  têtes,  bras,  jambes,  pieds,  mains,  cherpes 
(draperies),  et  tout  ce  qu'il  se  trouvera  cassé  dans  ledit  ouvrage,  plus 
donner  une  couleur  à  la  Gloire  et  aux  deux  figures  qui  sont  dans  les 
niches  aux  côtés  de  l'hôtel,  à  façon  d'albastre  avec  son  vernis  appro- 
chant de  la  couleur  des  deux  anges  de  marbre  qui  sont  placés  audit 
hôtel  conformément  à  l'échantillon  par  nous  remis  à  M"  les  consuls, 
plus  dorer  tout  ce  qui  se  trouve  doré  audit  hôtel  et  aux  quatre  coins 
de  la  voûte  (sculptures  des  quatre  corps  de  voûte  ou  pendentifs  de 
la  voûte  sphérique  surbaissée  de  la  nef  précédant  le  sanctuaire),  plus 
mettre  en  couleur  de  marbre  les  pilastres,  approchant  à  la  couleur  de 
ses  (leurs)  piédestaux  qui  sont  aussi  de  marbre  avec  son  vernis,  plus 
tous  les  fonds  seront  peints  de  différentes  couleurs  de  marbre  avec 
son  vernis,  plus  peindre  les  deux  niches  qui  sont  aux  côtés  de  l'hôtel 
en  bleu  avec  des  étoilles  d'or,  à  savoir  que  tout  ce  qui  doit  être  doré 
sera  doré  d'or  de  Paris,  et  le  tout  réceptable,  et  nous  fournirons  les 
étagères  et  tout  ce  qui  sera  nécessaire;  et  le  tout  pour  le  prix  et 
somme  de  deux  mille  livres  payables  en  trois  payes  égalles,  savoir  : 
la  première  ce  jourd'huy,  la  seconde  au  milieu  de  l'ouvrage  et  l'entier 
payement  quand  ledit  ouvrage  sera  finy  et  recepté.  Avant  finir,  les 
parties  ont  convenus  que  le  tout  sera  fait  et  parfait  au  plus  tard  aux 
fêtes  de  la  Noël  prochaines,  fait  double  à  Toulon,  le  douze  juillet 
mille  sept  cent  quarante. 

J.  Selmy,  Pellegrino  Selmy. 

(Archives  communales,  GG.  23.  —  Registre.) 


I.  Jacques  Volaire,  né  à  Toulon  en  1684,  mort  dans  la  même  ville  le 
20  avril  1768,  était  fils  de  Jean,  élève  de  Puget,  qui  se  maria  le  3  février 
1682,  à  Toulon,  où  il  était  né  et  où  il  mourut  un  peu  avant  le  mariage  de 
son  fils  Jacques,  qui  eut  lieu  le  18  février  1622.  Ce  Jean,  qui  est  le  premier 
auteur  d'une  nombreuse  famille  de  peintres,  figure  sur  les  états  de  payements 
de  la  marine  de  1682  à  1696.  On  voit  une  Pieta,  signée  J.  Volaire,  dans  la 
paroisse  Saint-Louis.  Quant  à  Jacques,  qui  a  beaucoup  travaillé  pour  la 
Ville  et  les  églises,  il  ne  reste  de  lui  qu'un  tableau,  intitulé  la  Gloire,  qui  se 
trouve  placé  à  la  cathédrale. 


DUTOUR,    PAUILLON,    PERROT,    PILLEMENT,    ETC,  Zl'] 

1745. 

Dans  son  3«  compte,  au  20^  article,  Joseph  Marquisan,  élu  trésorier 
le  3o  septembre  1742,  se  décharge,  le  3o  décembre  1745,  de  la  somme 
de  trois  cent  cinquante-neuf  livres  seize  sols  trois  deniers  qu'il  a  payé 
à  S""  Jacques  Volaire^  m^  peintre,  à  Jean  Dot,  menuisier,  et  à 
S"  Selmy  et  Billet,  m«s  doreurs,  valeurs  d'un  tableau  de  19  pans 
(4™56),  largeur,  et  i3  pans  (3°»  12),  hauteur,  représentant  une  Gloire, 
mis  à  demeure  sur  la  banque  des  prieurs  en  dehors  de  la  grille,  sui- 
vant la  convention  du  16  juillet  dernier,  et  le  mandat  de  M"  Estienne 
Garnier,  Louis  Marin,  Josep  Légier  et  François  Légier,  recteur,  en 
date  de  ce  jour,  avec  l'acquit  dudit  S""  Volaire,  etc. 

A  sieur  Volaire 200  l.   »  s.   »  d. 

A  Dot  pour  châssis 1 5       »       » 

A  Isnard,  toille j5i6       6 

Au  maçon »       »       » 

A  doreur,  cadre 39       »       » 

Au  serrurier,  crampe »       »       » 

A  Silvy,  doreur 90       »       » 

Coust  dudit  tableau SSg  1.  16  s.  6  d. 

(Archives  communales,  GG.  23.  —  Registre.) 

1755. 

Payé  au  sieur  Volaire  fils  70  livres  pour  avoir  réparé  les  deux 
grands  tableaux  de  la  chapelle  Corpus-Domini,  et  avoir  fait  le  sou- 
bassement. 

(Archives  communales,  GG.  23.  —  Registre.) 


DUTOUR,  PAUILLON,  PERROT,  PILLEMENT,  PEINTRES; 
LES  SLODTZ,  POULAIN,  DUCREUX,  DUMONT,  SCULP- 
TEURS; BERAIN,  COCHIN,  DESSINATEURS;  BERNARD, 
ARCHITECTE. 

Extraits  des  Registres  des  Menus-Plaisirs. 
(1711-1747.) 

171 1. 
État  de  la  dépense  qui  a  esté  faite  pour  le  grand  service  à  Saint- 
Denys  pour  feu  Monseigneur  le  Dauphin,  décédé  en  son  chasteau 
de  Meudon,  le  14*  avril  171 1. 
A  Dutoiir,  peintre,  pour  armoiries  par  luy  fournies,  65o  1.  8  s.^. 

I.  Cet  artiste  est  sans  doute  mort  dans  le  cours  de  l'année  171 1.  Le  prix 
d'armoiries  funèbres  est  payé  en  1712  à  la  veuve  Dutour. 


328       DUTOUR,  PAUILLON,  PERROT,  PILLEMENT,  ETC. 

A  Pauillon  et  Perroty  peintres,  pour  les  décorations,  1,678  1.  8  s., 
sçavoir  : 

Pour  avoir  peint  en  marbre  de  Brèche  violet  les  corps  de  14  pilastres, 
et  feint  une  moulure  d'or  sailly  qui  renferme  les  fonds  de  velours  de 
chacque  pilastre,  1 68  1. 

Même  travail  pour  l'autel. 

A  Slodt^y  sculpteur,  la  somme  de  270  1.,  sçavoir  : 

Pour  une  couronne  de  carton  en  ovalle  de  six  pieds  de  long  sur 
quatre  de  large,  ayant  4  pieds  et  demy  de  hauteur;  avoir  fait  le 
modelle  de  terre  grand  comme  l'ouvrage,  avoir  fait  les  creux  et  mou- 
lez en  carton;  l'avoir  montée  et  blanchie,  preste  à  dorer,  pour  ce,  170 1. 

Pour  4  consolles  de  2  pieds  et  demy  de  long,  en  avoir  fait  les 
modelles  et  moulez  en  carton,  40  1. 

Pour  2  modelles  de  cire  en  petit  pour  le  catafalque  de  feu  Monsei- 
gneur, suivant  les  desseins  de  M.  Berin,  20  1. 

Pour  avoir  fait  mouler  en  carton  plusieurs  modelles,  2  5  1.,  etc. 

(Arch.  nat.,  O*  2841.) 

1712. 

Grand  Service  à  Saint  Denis  pour  la  mort  de  la  Dauphine,  le  18  avril 
17 12,  conduit  par  M.  Ferrand  de  Saint-Disant,  Inspecteur  et  Con- 
trôleur.   , 

ASlodtj,  sculteur,  1,222  1.  pour  tous  les  ouvrages  de  sculpture 
qu'il  a  fait  et  fourny  pour  cette  pompe  funèbre,  sçavoir  : 

Pour  4  figures  en  pied  de  six  pieds  de  haut  représentant  la  Religion^ 
la  Charité,  la  Prudence  et  la  Justice;  les  avoir  modelés  de  terre,  fait 
les  creux  de  piastre,  moulé  les  cartons,  assemblé,  drapé  et  blanchi,  5oo  1. 

Pour  quatre  Testes  de  mort  avec  leurs  aisles  ornées  de  festons  et 
lauriers,  de  2  pieds,  82  1. 

Pour  4  Armes  posées  sur  le  tombeau 

Pour  avoir  fait  et  moulé  huit  Griffes  servant  de  support  au  tom- 
beau de  12  pouces  de  haut  sur  7  pouces  de  large,  24  1. 

Pour  avoir  fait  une  grande  Couronne  en  ovalle,  composée  de  8  dau- 
phins, de  8  fleurs  de  lys  et  de  bandeaux  de  5  piedz  et  demi  dans  son 
ovalle,  160  1. 

A  Perrot  et  Pauillon,  peintres,  3,189  livres  5  sols,  pour  tous  les 
ouvrages  de  peinture  et  dorure  par  eux  faits  et  fournis  pour  ladite 
pompe  funèbre.  (Peignaient  et  doraient  Architraves,  Pilastres,  Pan- 
neaux, Cartouches,  Archivoltes,  Pavillons,  Armes,  Timpans,  Mou- 
lures, Vases  à  l'antique,  Blasons,  Armoiries,  Pyramides,  Chapiteaux.) 

Au  S""  Berrain,  5oo  1.,  pour  avoir  fait  plusieurs  desseins,  peines  et 
soins,  et  avoir  séjourné  à  Saint-Denis  pendant  le  temps  qu'on  y  a 
travaillé,  pour  son  logement  et  nourriture. 


DUTOUR,    PAUILLON,    PERROT,    PILLEMENT,    ETC.  829 

Plus,  25o  1.  au  graveur  qui  a  gravé  la  planche  pour  tirer  des  estampes 
de  la  décoration  et  du  catafalque  suivant  le  marché  fait  par  le  sieur 
Berrain,  25o  1. 

Même  date. 

Pompe  de  la  Dauphine  à  Notre-Dame. 

Au  S""  Berrain  pour  ses  peines  et  soins  pour  avoir  conduit  les 
ouvrages  à  Nostre-Dame,  200  1. 

Signalons,  dans  le  décompte  de  cette  cérémonie,  un  sieur  Bernard,  archi- 
tecte, «  faisant  revue  à  Saint-Denis  et  à  Notre-Dame,  pour  la.  Pompe  de  la 
Dauphine,  de  toutes  les  menuiseries  et  charpentes,  voir  si  le  tout  est  solide 
et  de  manière  qu'il  ne  pust  arriver  aucun  accident.  » 

(Arch.  nat.,  Qi  2842.) 

1713. 

État  général  de  tout  ce  qui  a  esté  fait  pour  le  bout  de  l'an  de  M""  le 
Dauphin  et  de  M»e  la  Dauphine  à  Saint-Denis,  le  18  février  1713, 
sous  les  ordres  de  Monsieur  Lefebvre. 

Du  16  janvier,  donné  un  carosse  pour  mener  à  Saint-Denis  et  rame- 
ner M"  Berain,  de  Vousge,  Buat  et  Guenon,  7  1.  10  s. 

Du  20,  pour  mener  à  Saint- Denis  M""  Berain  et  le  ramener  chez 
M*"  Le  Febvre  un  carosse,  2  1.  10  s. 

Du  27,  donné  à  M''  Perot  la  somme  de  5o  1. 

Lundi  3o,  pour  mener  M""  Berain  à  Saint-Denis  pour  aller  et  reve- 
nire  un  carosse,  7  1.  10  s. 

A  Perrot,  peintre,  pour  tous  les  ouvrages  de  peintures,  tant  rac- 
commodages que  ce  qu'il  a  fait  de  neuf,  200  1. 

Au  S""  Berrin  3oo  1.,  pour  ses  desseins  et  peines  d'avoir  conduit  le 
dit  ouvrage. 

(Arch.  nat,  0«  2843.) 

1714. 

Service  à  Notre-Dame  pour  la  Reyne  d'Espagne  ( Marie -Louise- 
Gabrielle  de  Savoie,  décédée  à  Madrid,  le  14  févr.  1714). 

Au  S""  Perot,  peintre,  la  somme  de  1,700  1.  pour  toutes  les  journées 
de  peintres  et  doreurs  qu'il  a  employées  à  peindre  et  dorer  les  tim- 
pans  neufs,  médailles,  devises  ornées  de  cyprès,  fait  tous  les  blasons, 
peint  en  marbre  porfire  le  corps  du  tombeau,  etc.,  etc. 

A  5/0(i/f,  sculpteur,  la  somme  de  761  livres  pour  tous  les  ouvrages 
de  sculpture  qu'il  a  fait,  sçavoir  : 

Pour  avoir  assis  et  raccommodé  les  quatre  figures  qui  estoient  au 
magazin  des  Tuileries,  les  avoir  changées  d'atitudes,  redrapées  et 
changé  leurs  attributs,  pour  ce  25o  1. 


33o  DUTOUR,    PAUILLON,    PERROT,    PILLEMENT,    ETC. 

Pour  avoir  fait  un  ange  de  six  pieds  de  haut,  tenant  une  couronne 
à  sa  main,  fait  le  modèle  de  terre,  les  creux  en  piastre,  moulé  en  car- 
ton, blanchy  et  rendu  prest  à  dorer,  i5o  1. 

Pour  avoir  fait  quatre  lions  pour  servir  de  suports  au  tombeau,  fait 
les  modèles,  i5o  1. 

Pour  avoir  fait  i8  testes  de  mort  qui  ont  esté  posées  dans  le  pour- 
tour du  chœur,  au  haut  des  pilastres,  à  6  1.  pièce,  io8  1. 

A  Pillement,  peintre,  la  somme  de  484  1.,  pour  avoir  fait  58  dou- 
zaines d'armes  sur  papier,  pour  poser  sur  les  velours. 

Au  S''  Berrin,  dessinateur  du  Roy,  tant  pour  ses  desseins  que  pour 
ses  soins  d'avoir  fait  exécuter  la  dite  pompe  funèbre,  35o  1. 

Pompe  funèbre  du  Duc  de  Berry  à  Saint-Denys,  le  16  juillet  1714. 

A  Slods,  sculpteur,  la  somme  de  1,000  1.  pour  tous  les  ouvrages  de 
sculpture  qu'il  a  fait  et  fourni  pour  ladite  pompe  funèbre,  sçavoir  : 

Pour  4  figures  posées  sur  les  4  coins  du  tombeau  de  6  pieds  de  pro- 
portion, représentant  des  squelettes  tenant  en  leurs  mains  des  torches 
ornées  de  feuilles  de  cyprès,  en  avoir  fait  les  modèles  de  terre,  les 
creux  de  piastre  moulé  en  carton,  drapé,  blanchi  et  posé  en  place, 
poiir  ce  600  1. 

Pour  deux  groupes  de  deux  enfants,  chacun  de  3  pieds  de  propor- 
tion, assis  à  costé  des  figures,  tenant  une  urne  dans  une  main  et  des 
torches  de  l'autre,  220  1. 

Plus  pour  4  cartouches  sur  les  4  faces  du  tombeau,  dans  lesquels 
estoient  les  armes  du  Prince  avec  les  Cordons  des  Ordres,  couronnes 
et  palmes  d'environ  3  pieds  et  demi  de  haut  sur  3  pieds  de  large,  80 1. 

Au  S'  Perot  2,700  1.  pour  tous  ses  ouvrages,  sçavoir  : 

Pour  avoir  peint  et  doré  d'or  d'Allemagne  67  pieds  de  corniches,  33. 1. 

Pour  avoir  fait  12  piramides  avec  leurs  pieds  d'estaux  de  environ 
20  pieds  de  haut,  sur  chacune  desquelles  estoient  les  armes  du  Prince, 
les  corps  des  piramides  de  marbre  blanc,  les  fonds  noirs  enveloppés 
d'une  baguette  d'or  et  semé  de  lames  d'argent,  600  1. 

Plus  six  grands  morceaux  posés  entre  les  piramides,  de  18  pieds  de 
haut,  ornés  d'un  grand  rideau  rehaussé  d'argent,  qui  enveloppe  cha- 
cun deux  squelettes  à  demi  corps,  sortant  chacun  d'une  gaîne  avec 
des  festons  de  cyprès  qui  retombent. 

A  Pillement,  peintre,  268  1.  pour  toutes  les  armes  et  chiffres  qu'il 
a  fait  pour  le  grand  service,  tant  sur  toille,  papier  que  sur  carton. 

Au  S""  Berrin^  dessinateur  du  Cabinet  du  Roy,  3oo  I.  pour  avoir 
fait  plusieurs  dessins,  avoir  séjourné  à  Saint-Denis  plusieurs  jours 
pour  les  faire  exécuter. 

(Arch.  nat.,  O»  2844.) 


DUTOUR,  PAUILLON,  PERROT,  PILLEMENT,  ETC.       33 1 
1718. 

Pompe  funèbre  de  la  Reyne  d'Angleterre,  décédée  à  Saint-Germain 
en  Laye,  le  7^  may  17 18. 

A  Pillement,  peintre,  94 1.  pour  toutes  les  armes  qu'il  a  fait  et  fourni 
tant  sur  cartons  que  sur  teilles. 

Au  S'  Perrot,  peintre,  42  1.  pour  l'impression  qu'il  a  faite  de  l'es- 
trade et  de  la  balustrade  du  lit  et  de  la  dorure  d'une  couronne  fermée 
pour  mettre  sur  la  représentation  de  la  Reyne. 

Au  S''  Poulain^  sculpteur,  480  1.  pour  avoir  fait  une  grande  épitaphe 
de  marbre  noir  de  3  pieds  9  pouces  de  long  sur  2  pieds  de  large  en 
relief,  avec  la  bordure  de  marbre  blanc  veiné  de  3  pouces  et  demi  de 
large  au  pourtour,  portant  architecture,  l'inscription  gravée  en  lettres 
d'or  sur  le  marbre  avec  les  armes  et  tous  les  quartiers  de  la  Reyne  de 
marbre  blanc  sculpté  et  très  fini,  avoir  fait  poser  et  incruster  dans 
un  pillier  de  pierre,  de  cimettrie  avec  celle  qui  y  étoit,  avoir  fait  plu- 
sieurs voyages  à  Ghaillot,  lieu  de  sépulture. 

A  Ducreux^  sculpteur,  272  1.  pour  le  portrait  en  cire  qu'il  a  fait  de 
la  Reyne  d'Angleterre,  comme  aussy  pour  la  coeflFure  et  la  chase, 
sçavoir  : 

Pour  le  portrait  en  cire,  200  1. 

Pour  la  coefFure,  les  cheveux,  la  garniture  de  gaze  noire,  garnie  de 
dentelle,  avec  une  coeffe  de  gaze  noire  brodée  et  la  draperie  de  drap 
de  Saint-Maur,  3o  1.  —  Pour  une  chase  façon  de  bois  d'ébeine  gar- 
nie de  verre  blanc  pour  mettre  le  portrait,  3o  I.  —  Pour  avoir  été 
deux  fois  à  Saint-Germain  pour  les  ouvrages,  cy  12  1. 

(Arch.  nat.,  Qi  2847.) 

1719. 

Grand  Service  de  Madame,  Duchesse  de  Berry,  à  Saint-Denis, 
le  2  septembre  1719. 

Au  S""  Slodt^^  sculpteur,  la  somme  de  83o  1.  pour  les  ouvrages  de 
sculpture  qu'il  a  fait  pour  ladite  pompe,  sçavoir  : 

Pour  avoir  fait  le  modèle  de  terre  d'un  ange  de  huit  pieds  de  pro- 
portion, avoir  fait  le  creux  de  piastre  et  l'avoir  moulé  en  carton, 
assemblé,  drapé,  blanchy  et  posé  en  place,  i3o  1. 

Pour  avoir  fait  le  modèle  de  terre  de  quatre  torchères  de  1 1  pieds 
de  hauteur  chacune,  y  compris  le  vase  qui  est  au  dessus,  enrichies  de 
platebandes,  feuillages  tournans,  agrafes  et  autres  ornemens,  avoir  fait 
les  creux  de  piastre,  moulé  en  carton,  assemblé,  blanchy  et  posé  en 
place,  400  1. 

Pour  avoir  fait  le  modèle  de  4  consolles  de  6  pieds  de  hauteur, 
ornées  de  testes  d'anges,  de  volutes,  rouleaux  et  feuillages,  les  creux 


332       DUTOUR,  PAUILLON,  PERROT,  PILLEMENT,  ETC.     > 

de  piastre,  moules  de  carton,  assemblé,  blanchy  et  posé  en  place,  3oo  1. 

Au  S""  Dumont,  sculpteur,  la  somme  de  220  1.  pour  ses  ouvrages, 
sçavoir  : 

Pour  2  cartouches  de  4  pieds  et  demi  de  hauteur  sur  3  de  large, 
dans  lesquels  étoient  les  chiffres  de  Madame,  duchesse  de  Berry,  ornez 
de  palmes  et  couronnes,  pour  les  modèles  en  terre,  creux  en  piastre, 
moules  en  carton,  les  avoir  blanchis  et  posé  en  place,  cy  i5o  1. 

Pour  avoir  fait  le  modèle  en  terre,  creux  en  piastre  et  moule  en 
carton,  blanchy  un  morceau  de  4  pieds  et  demi  de  longueur  sur 
2  pieds  de  largeur,  composé  d'un  cul  de  lampe  saillant,  enrichy  de 
bandes  de  cyprès  et  autres  ornements,  cy  70  1. 

Au  S""  Perrot,  peintre,  i  ,608  1.  pour  ses  ouvrages  de  peinture  et 
dorure. 

Au  S*"  Pillement,  bbj  1.  pour  toutes  armes  et  chiffres  sur  coutil,  sur 
le  velours  et  carton. 

Au  S'  Berin,  dess.,  400  1.  pour  avoir  fait  plusieurs  desseins  pour 
cette  pompe,  avoir  séjourné  à  Saint-Denis  pour  les  faire  exécuter. 

(Arch.  nat.,  O»  2849.) 

1723. 

Service  solennel  célébré  à  Notre-Dame  de  Paris  pour  le  repos  de 
l'âme  de  Son  Éminence  Monseigneur  le  Cardinal  Dubois,  Arche- 
vesque.  Duc  de  Cambray,  Premier  Ministre  d'État,  le  27  aoust  1723. 

A  Pillement,  peintre,  600  1.  pour  les  armoiries  qu'il  a  fourny  sur 
papier,  carton,  toile,  couty  (pour  mettre  sur  les  robbes  des  jurez- 
crieurs). 

Obsèques  et  Pompe  funèbre  de  S.  A.  R.  Mgr  le  Duc  d'Orléans,  con- 
duitte  et  executtée  par  M.  Lefebvre,  Intendant  en  exercice,  l'an- 
née 1723. 

Au  S""  Berain,  dessinateur,  400  1.  pour  avoir  fait  plusieurs  desseins 
pour  le  grand  service  fait  à  Saint-Denis  pour  S.  A.  R.,  y  avoir 
séjourné  plusieurs  jours  pour  les  faire  exécuter,  fait  plusieurs  voyages, 
etc.,  400  1. 

A  Slodt!j[,  sculpteur,  4,049  1.  pour  ses  ouvrages,  sçavoir  : 

Décoration  du  pourtour  de  l'Église  :  Pour  1 3  grands  Chapiteaux 
servans  à  couronner  les  pilastres,  composez  chacun  d'un  cartouche, 
avec  une  grosse  teste  de  mort  ailée,  enrichie  de  volutes  d'où  sortent 
des  cornets  de  feu,  des  feuilles  de  raisin,  des  bandes  et  des  festons  de 
laurier  avec  une  toison  d'or,  le  tout  faisant  ensemble  de  hauteur 
5  pieds  et  demy  sur  5  pieds  4  pouces  de  large  pour  chacun,  à  raison 
de  45  1.  chaque  chapiteau,  585  1. 

Décoration  du  Catafalque  :  4  grands  Trophées  isolez  de  14  pieds 
de  haut  de  différents  modèles,  élevez  sur  un  faisseau  de  piques,  enri- 


DUTOUR,    PAUILLON,    PERROT,    PILLEMENT,    ETC.  333 

chis  d'ornemens  et  de  plusieurs  attributs  convenables  à  raison  de 
2  5o  1.  chaque  trophée,  i,ooo  1. 

Plus,  sur  les  pieds  d'estaux  où  sont  élevez  lesdits  trophées  un  car- 
touche à  chacun  où  est  une  teste  de  mort  ailée  et  couronnée  de  lau- 
rier, 8o  1. 

Sur  les  2  costez  de  chaque  pied  d'estal,  des  bandes  de  relief  servant 
à  faire  des  volutes  pour  former  le  contour  du  pied  d'estal,  8  1. 

Pour  deux  grands  morceaux  d'ornemens  aux  i  costez  de  l'estrade, 
enrichis  de  platebandes,  volutes,  feuilles  de  raisin,  godrons,  palmes, 
d'une  teste  de  mort  couronnée  de  cyprès,  de  feuilles  de  resent  et 
autres  contenant  chacun  g  pieds  de  long  sur  3  pieds  de  haut,  i6o  1. 

Pour  4  consolles  isolées  aux  4  coins  servans  à  porter  le  tombeau  de 
7  pieds  et  demy  de  longueur,  enrichies  d'ornemens,  400  1. 

(Arch.  nat.,  O»  2854.) 

Service  à  Notre-Dame  pour  le  Prince  Louis,  premier  Roy  d'Espagne, 
décédé  à  Madrid,  le  trente  et  un  aoust  1724. 

Au  S""  Perrot,  peintre,  4,870  1. 

Pour  la  peinture  des  rideaux,  280  1. 

Pour  les  Enfans  et  leurs  attributs  sur  les  timpans,  les  Lions  et 
Figures  de  la  grande  arme  de  la  porte  du  chœur  et  de  celles  de  la 
riie,  260  1. 

Pour  fourniture  de  couleur,  or  et  argent  en  feuille,  bronzes,  ocre, 
terre  d'ombre,  blanc,  Inde,  terre  de  Cologne,  cendre  bleue,  vermil- 
lon, rouge  d'Angleterre,  graine  d'Avignon,  etc.,  1,887  "• 

Pour  avoir  fait  et  dirigé  les  desseins,  900  1. 

Au  S'  S/oif|',  sculpteur,  3,714  L,  sçavoir  : 

Pour  sept  figures  ou  corps  d'Écorché  en  forme  de  Ternies  posées 
sur  les  pilastres  de  u  à  12  pieds  de  haut,  ayant  les  bras  levez  et  tenant 
sur  leurs  testes  un  gros  vaze,  coeffées  de  draperies  venant  ceindre  le 
corps  et  festonner  le  long  de  la  guesne  avec  des  nœuds  accompagnez 
de  festons,  lauriers  et  cyprès,  56o  1. 

Pour  la  décoration  du  Cénotaphe  :  Une  grande  couronne  royalle 
d'Espagne  de  cinq  pieds  et  demy  de  diamettre  sur  six  à  sept  pieds  de 
haut,  posée  sur  le  haut  de  la  tour,  enrichie  dans  son  bandeau  de  perles 
et  de  diaments  et  de  treffles  sur  les  courbes  des  feuilles  d'eau,  200  1. 

4  lions  gros  comme  nature,  de  trois  pieds  trois  quarts  de  long,  posez 
sur  la  gorge  du  dessus  de  la  tour,  216  1. 

Pour  2  figures  écorchées  grande  comme  nature,  tenants  des  féaux 
et  sortant  dudans  de  la  ditte  tour,  envelopées  de  draperies  qui  viennent 
festonner  le  long  des  portes  enrichies  de  franges,  cordons,  glands  et 
troupes,  les  dittes  2  figures  posées  à  2  portes  de  la  tour,  l'une  à  celle 
de  l'entrée  du  chœur  et  l'autre  à  celle  de  la  façade  de  l'autel,  160  1. 

Pour  avoir  retably  les  4  Figures,  Religion,  Sagesse,  Justice,  Espé- 


334  DUTOUR,    PAUILLON,    PERROT,    PILLEMENT,    ETC. 

rance^  y  avoir  refait  des  parties  neuves,  bras,  jambes,  bustes  et  attri- 
buts, 2  5o  1. 
(Arch.  nat.,  O»  2855.) 

1747- 

Grand  service  à  Notre-Dame  pour  Dame  Catherine,  Reine  de  Pologne, 

le  i8  may  1747. 

Aux  S^s  Slods,  frères,  sculpteurs  du  Roy,  16,268  1.,  sçavoir  : 
Décoration  du  pourtour  du  Chœur. 

Pour  vingt  chapiteaux,  pilastres  en  carton  servants  de  couronne- 
ment à  l'ordre  de  l'attique,  ornés  de  plattes  bandes,  feuilles,  enroul- 
lements,  moulures  et  astragals,  à  raison  de  3o  1.  chacun,  600  1. 

Pour  vingt  chuttes  ou  festons  de  lauriers  de  quatre  pieds  de  demy 
ronde  bosse,  240  1. 

Pour  vingt  fortes  testes  de  mort,  aisles  déployez,  de  quatre  pieds  de 
large  au  même  ordre  attique  aux  parties  circulaires  formants  arcades 
par  le  moyen  des  corniches,  à  14  1.  pièce,  280  1. 

Pour  sept  aigles  de  rondes  bosses  de  cinq  à  six  pieds  de  large,  les 
aisles  déployées,  placés  dans  la  corniche  du  grand  ordre,  servants 
à  porter  les  cartouches  ou  écussons  qui  renferment  les  armes  de  la 
Reine  de  Pologne,  à  raison  de  100  1.  pièce,  cy  700  1. 

Pour  quatorze  roseaux  ou  grouppes  de  palmes  sortants  de  derrière 
lesdits  aigles  de  rondes  bosses  à  droite  et  à  gauche,  placés  dans  les 
frises  de  la  corniche  du  grand  ordre  pour  la  réunion  des  cartels  avec 
les  aigles  de  sculptures  et  peintures,  à  12  1.  chacun,  168  1. 

Pour  huit  grands  morceaux  d'ornements  en  forme  de  cartels  et 
agraffes  placés  avec  les  aigles  dans  les  millieux  des  arcades,  à  la  grande 
corniche,  pour  porter  de  grands  écussons,  et  donner  naissance  à 
des  médaillons  camayeux,  environ  de  sept  pieds  de  long  chacun  sur 
trois  de  haut,  composés  de  plattes  bandes,  enrouUements,  feuilles, 
palmes  et  autres  ornements,  à  raison  de  46  1.  chacun,  cy  368  1. 

Pour  dix  neuf  nœuds  de  rubans  avec  anneaux  placés  au-dessus  des- 
dits aigles  servants  d'attaches  aux  médaillons,  camayeux  et  aux  tro- 
phées de  l'autel  et  du  jubé,  à  raison  de  i5  1.  chacun,  285  1. 

Pour  les  dix-huit  chapiteaux  du  grand  ordre  de  la  décoration,  chutte 
de  lauriers  et  autres  ornemens,  cy  i3o  1. 

Pour  quatorze  guaisnes  en  forme  de  scabelons  de  sept  à  huit  pieds 
placés  au  bas  des  pilastres  de  la  décoration,  formants  le  grand  ordre 
sur  le  premier  fillet  au  dessus  des  stalles,  composés  de  corps  de  sail- 
lants, plattes  bandes,  feuilles,  festons  de  ciprés  et  festons  de  morts 
aisles  avec  plusieurs  membres  d'architectures,  de  rondes  bosses,  ser- 
vants à  porter  des  girandoUes  tant  à  leurs  extrémités  d'en  haut  que 
dans  les  enroulements  des  voluttes  sur  les  costez  à  raison  de  112  1. 
chacune,  i,568  1. 


DUTOUR,  PAUILLON,  PERROT,  PILLEMENt,  ETC.       335 

Pour  vingt  testes  de  morts  accompagnées  d'aisles,  groupées  avec  des 
os  en  sautoir  ornés  de  rubans,  appliquées  sur  les  lez  de  velours  du 
premier  fiUet  au  dessus  des  stales,  aux  aplomb  des  pilastres  et  millieu 
des  arcades,  à  1 5  1.  chacune,  3oo  1. 

Maistre  autel. 

Pour  un  Christ  en  bois  de  cinq  pieds  six  pouces  de  haut  de 
rondebosse  avec  draperie,  posé  sur  une  croix  placée  sur  le  contre- 
table  de  l'autel,  au  milieu  d'un  grand  panneau  de  marbre  entre  les 
colonnes,  400  1. 

Pour  quatre  chapiteaux  ioniques  de  rondes  bosses  à  quatre  faces 
chacun,  pour  les  colonnes  isolées  de  l'autel,  avec  festons  de  lauriers  et 
autres  ornemens,  à  raison  de  16  1.  pièce,  64  1. 

Pour  quatorze  roses  en  pendantifs  de  i5  à  16  pouces  de  diamettre, 
composées  de  feuilles  d'achantes,  dont  huit  placées  dans  les  frises  de 
la  corniche  de  l'ordre  ionique,  sur  les  faces  et  retour,  à  l'aplomb  des 
colonnes  et  six  en  platfond  sous  le  tympan  de  l'autel,  à  raison  de  6 1. 
10  s.  chacune,  91  I. 

Pour  seize  bandeaux  composés  de  différents  ornements  placés  avec 
cimétrie  autour  des  quatre  colonnes  servants  de  liens  de  bronzes 
pour  les  embrasser  et  porter  nombre  de  lauriers,  à  raison  de  14  1. 
chacun,  224  1. 

Pour  deux  morceaux  de  sculptures  en  ornemens  renfermants  cha- 
cun une  teste  de  mort  d'où  naissent  des  festons  de  ciprès  placés  au 
bas,  et  dans  les  entrecolonnes  faisants  adoption  sur  les  pieds  d'estaux 
portants  des  girandoles  à  raison  de  20  1.  chacun,  40  1. 

Pour  une  gloire  placée  au-dessus  du  Christ  dans  la  partie  du  fron- 
ton de  toute  la  longueur  composée  détestes  d'anges,  nuages  et  rayons, 
190  1. 

Pour  deux  grouppes  de  testes  d'anges  avec  nuées  placés  au  haut  des 
niches  aux  deux  costés  de  l'autel,  à  raison  de  14  1.,  cy  28  1. 

Pour  un  Saint  Esprit  en  relief,  accompagné  de  rayons  et  nuées, 
placé  dans  un  panneau  du  milieu  du  coffre  en  tombeau  de  l'autel,  56  1. 

Pour  une  gloire  argentée  placée  au  haut  du  dais  de  l'autel  avec 
3  testes  d'anges  et  nuées,  i8  1. 

Catafalque. 

Pour  une  figure  de  ronde  bosse  représentante  la  Mort  écorchée 
tenant  d'une  main  une  faux  et  de  l'autre  des  draperies  retroussées 
avec  des  aisles  déployées  de  six  à  sept  pieds,  moulée  en  piastre  et 
carton,  400  1. 

Pour  quatre  cartouches  avec  leurs  couronnes  et  chiffre  composés 
de  plattes  bandes,  enroullements,  aisles  de  chauvesouris  et  feuilles, 
de  trois  pieds  de  haut  sur  largeur  proportionnée,  lesdits  cartouches 


336       DUTOUR,  PAUILLON,  PERROT,  PILLEMENT,  ETC. 

placés  au  milieu  de  la  piramide,  sur  chaque  face,  à  raison  de  65  1. 
chacun,  cy  260  1. 

Pour  trente  deux  morceaux  d'ornements  en  forme  d'agraffes  ser- 
vants à  porter  des  girandolles  du  haut  en  bas  de  la  piramide  sur  les 
quatre  pans  coupés,  à  raison  de  6  1.  chacun,  192  1. 

Pour  quatre  autres  morceaux  d'ornements  en  forme  de  cartels  avec 
feuilles,  et  enroullemens  placés  au  bas  de  la  piramide  sur  la  corniche 
aux  quatre  faces,  servants  à  porter  des  girandolles  de  chacun  trois 
pieds  de  haut,  à  45  1.  pièce,  cy  180  1. 

Pour  quatre  torchères  aux  angles  du  catafalque,  formants  bouquets 
de  cyprès  composés  d'ornemens,  d'agraffes  et  fleurons,  portantes  cha- 
cune trente  lumières,  de  sept  à  huit  pieds  de  haut,  à  170  1.  pièce,  680  1. 

Pour  quatre  grouppes  d'enfants  forts  comme  nature  placés  aux 
quatre  faces  de  la  corniche  aux  parties  ceintrées,  composés  chacun  de 
deux  génies  avec  aisles,  draperies  et  attributs,  sable  et  flambeaux  ren- 
versés à  raison  de  deux  cent  livres  pièce,  cy  800  1. 

Pour  quatre  testes  de  morts  avec  aisles  déployées  placées  au  des- 
sous desdits  grouppes,  à  19  1.  chacune,  76  1. 

Vingt  six  autres  testes  de  mort  aislées,  placées  dans  les  pentes,  fai- 
sant festons  autour  du  catafalque,  à  raison  de  6  1.  chacune,  1 56  1. 

Pour  quatre  morceaux  d'ornements  placés  dans  le  milieu  des  quatre 
faces  de  la  corniche,  servants  de  métope,  à  raison  de  18  1.  chacun,  72  1. 

Pour  quatre  aigles  de  rondes  bosses  de  quatre  pieds  de  proportion 
plus  fort  que  nature,  tenants  de  leurs  serres  des  écussons  aux  armes 
de  la  Reine  de  Pologne,  placés  au  bas  et  entre  lesdites  colomnes,  sur 
les  pieds  d'estaux  des  angles,  à  145  1.  chacun,  5So  1. 

Pour  un  grouppe  de  trois  figures  représentants  la  Reine  de  Pologne 
accablée  de  ses  douleurs,  qui  rend  sa  couronne  d'une  main  à  la  Terre 
et  de  l'autre  en  reçoit  une  autre  de  gloire  qui  luy  est  présentée  par 
un  ange,  lesquelles  figures  de  proportion  naturelle  avec  leurs  attri- 
buts, à  raison  de  400  1.  chacune,  cy  1,200  1. 

Pour  un  lion  de  rondebosse  de  proportion  naturelle  avec  terrasse 
placée  au  bas  dudit  grouppe  sur  les  degrez,  au  pied  de  la  Terre,  120 1. 

Pour  une  figure  de  six  pieds  représentant  la  Mort  assise  sur  un 
espèce  de  trosne,  tenante  un  flambeau  d'une  main  qu'elle  renverse  et 
de  l'autre  un  sable  aussy  renversé,  placée  sur  lesdits  degrés  de  l'es- 
trade à  la  face  de  l'entrée  du  chœur  au  pied  du  catafalque,  400  1. 

Pour  deux  enfants  de  proportion  naturelle  placés  à  droite  et  à  gauche 
de  ladite  figure  formants  grouppes  ensemble ,  représentans  deux 
génies,  celui  de  la  Lorraine  et  de  Pologne,  tenants  en  leurs  mains 
des  écussons  armoiries  avec  bordures  de  lauriers,  désirants  s'opposer 
aux  volontés  de  la  Mort,  à  raison  de  146  1.  chacun,  cy  292  1. 

Pour  quatre  grandes  consoUes  isoUées  de  rondes  bosses,  composées 
de  différents  ornements,  bandes,  corps  d'architecture,  enroullements 


TROEL.  337 

et  autres,  servants  à  porter  le  tombeau  du  catafalque  élevé  de  cinq 
pieds  de  dessus  le  socle,  à  raison  de  100  1.  chacune,  cy  400  1. 

Pour  quatre  cartels  renfermants  les  armes  et  chiffres  de  la  Reine  de 
Pologne,  accompagnés  de  palmes,  festons  de  ciprés,  feuilles  d'orne- 
ments et  surmontés  de  couronnes,  placés  aux  quatre  faces  dudit  tom- 
beau à  raison  de  yS  1.  chacun,  3oo  1. 

Pour  le  raccommodage  de  deux  figures  représentant  l'une  la  Reli- 
gion et  l'autre  la  Piété,  placées  sur  les  degrés  des  flancs  dudit  cata- 
falque, 110  1. 

Aux  dits  S""»  Slods,  frères,  2,000  1.  de  gratiffications  à  eux  accordées 
pour  avoir  exécuté  le  dessein  dudit  catafalque,  ensemble  leurs  peines 
et  soins  pendant  lesdits  travaux,  2,000  1. 

Au  S""  Dominique  Slods,  peintre  ordinaire  des  Menus  plaisirs  du 
Roy,  la  somme  de  10,988  1.  pour  ses  fournitures  et  journées  des 
peintres  d'ornements,  d'architecture,  paysagistes,  en  marbre,  plus 
1 ,000  1.  pour  avoir  conduit  les  travaux. 

Dans  ce  même  compte,  on  lit  : 

Au  S""  Vernansal,  peintre  Jîguriste,  igi  1.  pour  quatre  bas  reliefs 
peints  en  bleii  de  forme  ovale  avec  figures  de  cinq  pieds  de  propor- 
tion, neuf  testes  de  morts  et  quatorze  emblesmes  rehaussés  d'or  avec 
deux  anges  de  clair-obscur. 

Au  S'"  Cochin,  graveur,  la  somme  de  quatre  mille  livres  pour  les 
desseins  particuliers  qu'il  a  faits  et  la  planche  qu'il  a  gravée  de  la 
décoration  du  catafalque  pour  la  Reine  de  Pologne  à  Notre-Dame, 
suivant  le  marché  fait  avec  luy,  4,000  1.^. 

Au  S""  Colin,  trésorier  de  l'église  Notre-Dame  de  Paris,  98  1.  pour 
son  remboursement  de  pareille  somme  par  lui  avancée  pour  avoir  fait 
retirer  de  la  nef  les  grands  Tableaux  pour  le  service  de  la  Reyne  de 
Pologne,  et  les  y  avoir  fait  remettre  après  ledit  service,  98  1. 

Au  S''  Thevenard,  Imprimeur  du  Roy,  la  somme  de  5oo  1.  à  compte 

des  impressions  de  la  planche  gravée  à  l'occasion  de  la  pompe  funèbre 

de  la  Reine  de  Pologne  à  Notre-Dame. 

(Archives  nationales,  O*  2985.) 

Henry  de  Ghennevières. 


LE  SCULPTEUR    TROEL. 

SUBSTITUTION   d'eNFANT. 

(1727.) 

Troel  est  un  inconnu,  mais  si  l'on  ne  parlait  que  des  hommes 

I.  La  gravure  de  celte  pompe  funèbre  se  trouve  à  la  Chalcographie  du 
Louvre. 

ART   FR.    IV  22 


338  TROEL. 

célèbres,  on  serait  vite  à  bout  d'inédit.  D'ailleurs,  Troel  a  occupé 
Fopinion  il  y  a  cent  soixante  ans.  Il  est  vrai  que  ses  malheurs 
domestiques  ont  plus  contribué  que  ses  ouvrages  à  le  sauver  de 
Toubli.  Qu'importe?  L'un  de  nous  découvrira  peut-être  quelque 
pièce  relative  aux  travaux  de  l'artiste.  Voici,  en  attendant,  un 
arrêt  du  Parlement  dont  le  texte  nous  renseigne  sur  les  faits, 
gestes  et  coutumes  d'une  certaine  classe  de  personnes  dont  les 
procédés  n'ont  guère  changé  à  un  siècle  et  demi  de  date.  La  pièce 

vaut  la  peine  d'être  lue. 

Henry  Jouin. 

Arrest  de  la  Cour  de  Parlement  qui  juge  l'état  d'un  Enfant  réclamé 
par  deux  Mères. 

Du  1 1  Juillet  1727. 

Entre  Guillaume  Brunot,  M^  Cordonnier  à  Paris,  et  sa  femme, 
appellans  d'une  Sentence  du  Châtelet  de  Paris  du  3  Avril  1727, 
d'une  part;  et  René-François  Troel  Sculpteur,  et  Anne  Lucas  sa 
femme,  intimez  d'autre;  et  entre  ledit  Troel  et  sa  femme,  Deman- 
deurs en  Requête  du  4  Avril  dernier,  à  ce  qu'il  plaise  à  la  Cour  en 
prononçant  sur  ledit  appel,  mettre  l'appellation  au  néant,  et  confir- 
mer la  Sentence,  avec  amende  et  dépens  ;  et  en  cas  que  la  Cour  y 
fasse  quant  à  présent  la  moindre  difficulté,  leur  permettre  de  faire 
preuve  que  l'enfant  actuellement  vivant  est  le  même  dont  la  femme 
dudit  Troel  est  accouchée  le  14  Novembre  1722,  et  pour  parvenir 
à  la  démonstration  de  ce  fait  gênerai,  leur  permettre  de  faire  preuve 
par  témoins  pardevant  tel  de  Messieurs  qu'il  plaîra  à  la  Cour  nom- 
mer, et  pardevant  le  plus  prochain  Juge  Royal  de  Richeville  et  Boi- 
semont,  lieux  du  domicile  des  Nourrices; 

i»  Que  l'Enfant  dont  la  femme  de  Brunot  est  accouchée  le  14  No- 
vembre 1722,  étoit  foible  et  délicat,  qu'il  fut  même  malade  en 
naissant;  qu'au  contraire  celui  dont  la  femme  Troel  est  accouchée  le 
même  jour  14  Novembre  1722,  étoit  fort  robuste. 

20  Après  que  Brunot  et  sa  femme  sont  convenus  par  leur  interro- 
gatoire avoir  marqué  les  hardes  de  leur  enfant  avec  un  morceau  de 
cuir  cousu  de  gros  fil,  afin  que  la  Meneuse  le  pût  distinguer  de  celui 
dudit  Troel.,  lui  permettre  de  faire  preuve  que  les  mêmes  hardes  ont 
perpétuellement  servi  à  l'Enfant  mort  à  Richeville  le  2  Décembre  1722. 

3»  Après  que  Brunot  et  sa  femme  sont  convenus  par  leur  interro- 
gatoire n'avoir  donné  qu'un  bonnet,  lequel  n'étoit  pas  neuf,  à  leur 
enfant,  permettre  de  faire  preuve  que  ce  même  bonnet,  qui  n'étoit 
pas  neuf  et  marqué  d'un  G,  première  lettre  du  nom  de  Baptême  de 
Brunot,  appelle  Guillaume  Brunot,  étoit  sur  la  tête  de  l'Enfant 
quand  il  est  mort  à  Richeville  le  2  Décembre  1722. 


TROEL.  339 

40  Que  les  deux  Enfans  ayant  été  portez  de  Paris  à  Richeville  par 
la  Meneuse  appellée  la  grande  Françoise,  à  qui  ils  furent  confiez, 
furent  mis  ensemble  sur  le  lit  de  cette  Meneuse,  où  ils  furent  laissez 
pour  aller  chercher  deux  Nourrices;  après  quoi  l'un  des  deux  fut 
donné  comme  l'Enfant  de  Troel  à  la  nommée  Geneviève  Sieuray, 
femme  de  Claude  le  Cercle,  pour  le  nourrir,  quoique  ce  fût  l'Enfant 
de  Brunot,  avec  les  hardes  cousues  de  gros  fil,  marquées  d'un  mor- 
ceau de  cuir,  ayant  sur  la  tète  le  bonnet  usé  marqué  d'un  G,  et  que 
c'est  ce  même  enfant  qui  est  mort  à  Richeville. 

5°  Que  les  hardes  de  l'Enfant  Brunot  marquées  avec  un  morceau 
de  cuir  par  son  père,  ainsi  qu'il  en  est  convenu  par  son  interroga- 
toire, et  le  bonnet  marqué  G  ont  été  rapportez  à  la  femme  Troel, 
comme  si  elle  avoit  été  la  mère  de  l'Enfant  mort,  auquel  par  inad- 
vertance on  avoit  donné  le  nom  de  Troel,  à  cause  de  la  confusion 
qui  s'étoit  faite  des  deux  Enfans  en  les  tirant  de  dessus  le  lit  de  la 
Meneuse. 

6°  Que  l'autre  Enfant  pris  pour  celui  de  Brunot,  quoique  fils  de 
Troel,  fut  confié  sous  ce  nom  à  la  nommée  Auge,  femme  d'Adrien 
Mazieu,  Nourrice,  avec  deux  bonnets  de  laine  neufs,  et  autres  hardes 
données  par  la  femme  Troel  à  la  Meneuse  lors  de  sa  naissance  ;  que 
ce  même  Enfant  Troel,  réputé  Brunot  par  erreur,  est  resté  trois  mois 
à  Richeville  entre  les  mains  de  cette  Nourrice,  après  lequel  tems  la 
femme  Brunot  le  croyant  son  Enfant  à  cause  de  la  mort  de  celui  qui 
avoit  été  nourri  par  la  nommée  Sieuray  et  faussement  nommé  Troel, 
quoiqu'il  fût  Brunot,  l'a  envoyé  à  Boisemont,  distant  d'une  lieuë  de 
Richeville,  pour  le  donner  à  une  autre  Nourrice,  et  que  c'est  l'enfant 
vivant,  pour  l'Enquête  faite  et  rapportée  être  ordonné  ce  que  de 
raison  avec  dépens  d'une  part;  et  lesdits  Brunot  et  sa  femme  Défen- 
deurs, d'autre. 

Après  que  Buirette,  Avocat  de  Guillaume  Brunot  et  sa  femme,  et 
Forestier,  Avocat  de  René-François  Troel  et  sa  femme,  ont  été  oliis 
pendant  trois  Audiances  ;  ensemble  Talon  pour  le  Procureur  General 
du  Roy. 

La  Cour  a  mis  et  met  l'appellation  et  ce  dont  a  été  appelle  au 
néant,  émandant,  sur  les  Requêtes  des  Parties  de  Forestier,  met  les 
Parties  hors  de  Cour;  en  conséquence,  ordonne  que  l'Enfant  dont 
est  question  appartiendra  aux  Parties  de  Buirette,  dépens  néanmoins 
compensez.  Fait  en  Parlement  le  onze  Juillet  mil  sept  cent  vingt-sept. 

Signé  :  Ysabeau. 
(Extrait  des  registres  de  Parlement.) 


340  AYCARD. 

LE   SCULPTEUR  AYCARD. 

OFFRE  d'une  statue  OU  d'uN  BUSTE  DE  LOUIS  XVI  A  MM.  LES  CONSULS 
DE  TOULON  POUR  L^HOTEL-DE-VILLE. 

(1777-) 
Communication    de   M.   Charles    Ginoux. 

Du  24  juin  1777,  de  Marseille. 
Messieurs, 
L'attache,  le  respect  et  l'amour  que  j'ai  sentis  pour  nos  princes, 
pendant  mon  séjour  à  Paris,  m'a  fait  employer  mon  ciseau,  de 
retour  dans  cette  province,  à  tirer  de  la  masse  le  portrait  de  notre 
auguste  Monarque.  L'approbation  de  M.  le  comte  de  Valbelle  a 
porté  messieurs  les  Échevins  de  Marseille  à  en  placer  un  à  l'hôtel- 
de-ville.  Les  Messieurs  d'Aix  feront  la  même  chose.  Les  trois 
portraits  que  j'ai,  dont  un  est  en  pied,  de  cinq  pieds  de  haut,  les 
deux  autres  en  buste,  de  trois  pieds  de  haut,  seront  employés  à 
faire  le  plus  grand  usage  que  j'aurais  pu  me  promettre.  D'après 
votre  décision,  Messieurs,  vous  pouvez  me  donner  vos  ordres;  la 
promptitude  avec  laquelle  je  les  mettrai  en  exécution  sera  le 
fidel  garand  du  profond  respect  avec  lequel  j'ai  l'honneur  d'être, 
Messieurs, 

Votre  très-humble  et  très-obéissant  serviteur, 

Ajrcard. 
Rue  du  faubourg  de  Paradis,  à  Marseille*. 
(Arch.  comm.  de  Toulon,  série  BB,  498  à  642.) 


LE   PEINTRE   SIMON  JULIEN. 

PROPOSITION   d'exécuter  LE  TABLEAU   DU  MAÎTRE-AUTEL   DE   l'ÉGLISE 
SAINT-LOUIS   A  TOULON. 

(1785.) 

On  a  pu  lire  ce  que  nous  avons  publié  sur  les  sculpteurs  Bar- 
thélémy-François Chardigny  et  Jean- Paner  ace  Chastel  [suprà, 

1.  Aycard,  sculpteur,  était,  en  1790,  adjoint  à  professeur  à  l'Académie  de 
Marseille.  (Note  fournie  par  M.  Etienne  Parrocel.) 


SIMON   JULIEN.  341 

p.  143-147  et  i8o-i83).  —  Après  résiliation  d'un  premier  traité 
passé  entre  Chardigny  et  les  entrepreneurs  de  la  paroisse  Saint- 
Louis,  Chastel  avait  proposé  d^exécuter  deux  statues  pour  cette 
église.  L'année  suivante,  avant  que  Chardigny  eût  passé  un 
nouveau  marché  avec  les  mêmes  entrepreneurs,  le  peintre  Simon 
Julien,  membre  de  l'Académie,  offrit,  par  l'intermédiaire  de  son 
ami  Barry,  à  la  Municipalité  de  Toulon,  de  peindre,  pour  la 
nouvelle  paroisse,  un  grand  tableau  (il  aurait  eu  6  mètres  3o  sur 
3  mètres  i5  et  aurait  été  cintré).  Les  deux  statues  furent  exécu- 
tées par  Chardigny,  qui  fit  aussi,  en  remplacement  du  tableau 
proposé,  un  modèle  pour  un  grand  bas-relief  devant  être  sculpté 
sur  place,  au  fond  de  la  grande  nef,  immédiatement  sous  la  voûte 
en  berceau,  et  avoir  les  mêmes  dimensions  que  le  tableau  dont  il 
vient  d'être  parlé.  La  lettre  qui  suit  est  écrite  au  nom  de  Simon 
Julien  par  son  compatriote  Barry. 

Charles  Gmoux.  . 

A  Paris,  le  5  décembre  1785. 
Monsieur, 

Le  désir  de  contribuer  à  tout  ce  qui  peut  augmenter  la  splendeur 
de  notre  commune  patrie  m'engage  à  avoir  l'honneur  de  vous  com- 
muniquer les  sentimens  de  M.  Simon  Julien,  peintre  de  l'Académie 
royale  et  notre  digne  compatriote. 

Cet  illustre  compatriote,  sachant  que  vous  faites  bâtir  une  église 
paroissiale  sous  l'invocation  de  Saint- Louis,  ofre  de  peindre  le 
tableau  du  maître-autel,  lequel  représenterait  ou  la  Mort  ou  l'Apo- 
théose du  saint  Roy,  au  choix  de  la  Ville,  et  il  se  ferait  un  plaisir  d'y 
employer  tout  son  génie  et  tous  ses  talens.  Quant  au  prix,  il  s'en 
rapporterait  à  la  munificence  de  sa  patrie.  Son  frère,  maître  à  des- 
siner des  gardes  de  la  marine,  prendrait,  sous  votre  approbation,  les 
dimensions  du  tableau  relativement  à  l'emplacement,  et  là-dessus, 
M.  Julien  ferait  une  esquisse  qui  vous  serait  envoyée  pour  être  sou- 
mise à  votre  jugement,  après-  quoi  il  entreprendrait  l'ouvrage  de 
façon  qu'il  fût  fini  dans  moins  de  deux  ans. 

Je  ne  crois  pas,  Monsieur,  devoir  m'attacher  à  exciter  le  goût  et  le 
zèle  de  notre  adm.inistration  municipale.  Vous  savés  tous  que  les 
productions  des  Beaux-Arts  prennent  la  principale  décoration  d'une 
grande  ville.  Les  étrangers  curieux  courent  ordinairement  dans  les 
églises  où  ils  savent  qu'il  y  a  de  beaux  morceaux  de  peinture  ou  de 
sculpture.  Notre  ville  se  glorifie  de  quelques  ouvrages  de  Puget;  elle 
ajoutera  à  cette  gloire  celle  de  posséder  un  superbe  tableau  qu'elle 
tiendra  de  la  main  et  du  cœur  d'un  de  ses  enfants.  C'est  à  vous, 


342  LES   ROYER. 

Monsieur,  et  à  MM.  vos  coadministrateurs  que  nous  et  nos  descen- 
dans  en  serons  redevables.  Ce  monument  transmettra  d'âge  en  âge 
votre  amour  pour  le  bien  public  et  les  talens  sublimes  d'un  de  nos 
concitoyens.  Quant  à  moi,  je  m'estimerai  heureux  si,  dans  cette 
occasion,  je  puis  encore  convaincre  de  mon  attachement  pour  la 
patrie  et  de  la  respectueuse  co.nsidération  avec  laquelle  j'ai  l'honneur 
d'être,  Monsieur, 

Votre  très-humble  et  très-obéissant  serviteur, 

Barry. 
(Arch.  comm.  de  Toulon,  série  BB,  498  à  642,) 


FRANÇOIS -MARIE -JOSEPH  ROYER,  PIERRE -ALEXANDRE 
ROYER,  FRANÇOIS -HENRI  ROYER,  PEINTRES,  CHARLES- 
RAYMOND  ROYER,  SCULPTEUR. 

(1792-) 

Notre  ami  Guiffrey,  dans  ses  Scellés  d'artistes,  a  donnç  l'inven- 
taire de  Pierre  Rqyer,  peintre  de  la  Reine  et  ancien  directeur  de 
l'Académie  de  Saint-Luc.  (Voy.  Nouvelles  Archives^  II®  série, 
t.  VI,  p.  204-206.)  Cette  pièce  porte  la  date  du  27  décembre  1787. 
Il  y  est  dit  que  Pierre  Rojyer  laisse  une  veuve,  Marie-Charlotte 
Le  Cesne,  et  neuf  enfants,  parmi  lesquels  Pierre-Alexandre^ 
François-Henry,  peintres,  et  Claude-Raymond,  sculpteur. 

Nous  possédons  la  copie  d'un  jugement  rendu  en  1792  contre 
une  dame  Satens  tombée  en  démence  et  dont  l'interdiction  est 
demandée  par  sa  famille.  Or,  au  nombre  des  témoins  cités  par  les 
requérants,  figurent  deux  des  fils  de  Pierre  Rojrer  que  nous 
nommons  plus  haut.  Nous  ne  donnons  ici  qu'un  extrait  du  Juge- 
ment de  l'affaire  Satens  dont  le  fond  reste  étranger  à  toute  ques- 
tion d'art.  Cet  extrait  n'est  pas  sans  intérêt.  Il  éclaire  sur  plus 
d'un  point  l'histoire  des  Royer  qui  occupaient  un  certain  rang. 
M.  Guiffrey  dit  formellement  qu'il  a  «  peu  rencontré  d'artistes 
aussi  opulents.  » 

Pierre-Alexandre  Royer,  maître  peintre  de  l'Académie  de 
Saint-Luc,  qui  demeurait  en  1787  rue  Basse-du-Rempart,  y 
demeure  encore  en  1792  :  son  neveu,  chargé  de  le  remplacer 
devant  le  tribunal  dans  l'affaire  Satens,  nous  l'apprend.  Il  en  est 
de  même  du  sculpteur  Charles-Raymond  Rayer,  que  M.  Guif- 
frey dénomme  Claude-Raymond ,  mais  aucun  doute  n'est  possible 
sur  l'identité  du  personnage. 


LES    ROYER.  343 

A  quel  titre  les  Royer  comparaissent-ils?  Nous  étions  tout  près 
de  supposer  que  des  relations  de  voisinage  ou  d'amitié  avaient 
seules  déterminé  les  enfants  de  la  dame  Satens  à  les  prendre 
comme  témoins.  Nous  pensons  que  des  liens  de  parenté  ont  uni 
les  Satens  et  les  Royer.  On  a  vu  plus  haut  que  Pierre  Royer 
avait  laissé  une  veuve,  née  Marie-Charlotte  Le  Cesne.  Or,  la 
veuve  Satens,  contre  laquelle  on  plaide  en  interdiction,  est  née 
Simonne  Le  Cesne,  Peut-être  faut-il  voir  en  elle  la  propre  sœur 
de  Marie-Charlotte.  Les  dates  énoncées  ici  autorisent  cette  hypo- 
thèse. 

Henry  Joum. 

Louis,  par  la  grâce  de  Dieu,  et  par  la  loi  constitutionnelle  de 
l'État,  roi  des  Français,  à  tous  ceux  présens  et  à  venir,  salut  :  le  Tri- 
bunal du  deuxième  arrondissement  du  département  de  Paris,  séant 
bâtimens  des  Petits-Pères  de  la  place  Louis  XIV,  a  rendu  le  jugement 
suivant  : 

Sur  le  rapport  fait  à  l'audience  publique  dudit  tribunal  par  M.  Gi- 
rard de  Bury,  l'un  des  juges  : 

1°  De  la  requête  présentée  par  Jean-Charles  Satens,  citoyen  de 
Paris,  Jean-Mathias  Satens,  homme  de  loi,  Vincent  Dufour,  aussi 
homme  de  loi,  au  nom  et  comme  mari  de  dame  Marie-Angélique 
Satens,  sa  femme,  tous  trois  demeurant  à  Paris,  rue  du  Renard 
Saint-Sauveur,  ladite  requête  expositive,  que  dame  Simonne  Lecesne, 
veuve  de  sieur  Philippe-François  Satens,  leur  mère,  âgée  de  soixante- 
neuf  ans  passés,  étoit  tombée  en  démence,  et  se  trouvoit  hors  d'état 
d'administrer  sa  personne  et  ses  biens,  ils  se  trouvoient  dans  la 
malheureuse  nécessité  de  provoquer  son  interdiction,  et  la  nomina- 
tion d'un  curateur  à  son  interdiction;  que,  ce  considéré,  il  plût  au 
tribunal  leur  permettre  de  convoquer  pardevant  lui  la  famille  de 
ladite  dame  Satens,  pour  donner  son  avis  sur  l'interdiction  de  ladite 
dame  Satens,  et  la  nomination  d'un  curateur,  pour,  après  ledit  avis, 
être  procédé  à  l'interrogatoire  de  ladite  dame  Satens,  et  le  tout  com- 
muniqué à  M.  le  commissaire  du  roi,  être,  par  le  tribunal,  statué  ce 
qu'il  appartiendroit,  ladite  requête  signée  Fondeur,  avoué  des  requé- 
rants, ensuite  de  laquelle  est  l'ordonnance  de  M.  Agier,  en  date  du 
vingt-six  juillet  dernier,  duement  enregistrée  le  lendemain  par  Thi- 
baudier,  portant  :  soient  les  parens  et  amis  convoqués  devant 
M.  Girard,  juge  suppléant  du  tribunal,  lundi  trente  du  présent  mois, 
huit  heures  du  matin; 

2°  Et  du  procès-verbal  fait  pardevant  mondit  sieur  Girard  de  Bury, 
en  exécution  de  ladite  ordonnance,  ledit  jour  trente  juillet  dernier, 
ledit  procès-verbal  contenant  la  comparution  des  parens  et  amis  de 


344  ^^^   ROYER. 

ladite  veuve  Satens  :  savoir  de  sieur  Jean-Charles  Satens,  fils  aîné  de 
ladite  dame  Satens,  et  citoyen  de  Paris,  y  demeurant  rue  du  Renard 
Saint-Sauveur;  de  sieur  Jean-Mathias  Satens,  homme  de  loi,  aussi 
fils  de  ladite  dame,  demeurant  à  Paris,  susdite  rue  et  paroisse;  de 
sieur  Vincent  Dufour,  homme  de  loi,  gendre  de  ladite  dame,  à  cause 
de  Marie-Angélique  Satens,  sa  femme,  demeurant  à  Paris,  susdite 
rue  et  paroisse  ;  de  sieur  François-Marie-Joseph  Royer,  peintre  en 
bâtiments,  demeurant  à  Paris,  rue  de  Sève,  paroisse  Saint-Sulpice, 
neveu  de  sieur  Pierre- Alexandre  Royer,  peintre,  demeurant  à  Paris, 
rue  Basse-du-Rampart,  n"  vingt-deux,  paroisse  de  la  Madeleine  de  la 
Ville-l'Évêque;  de  sieur  François-Henri  Royer,  peintre,  demeurant 
à  Paris,  rue  du  Four-Saint-Germain,  paroisse  Saint-Sulpice;  de 
sieur  Charles- Raymond  Royer,  sculpteur,  demeurant  rue  des  Vieilles- 
Tuileries,  lesquels  avoient  dit  que,  depuis  environ  un  an,  ils  s'étoient 
apperçus  que  les  facultés  morales  de  ladite  dame  Satens  s'affoiblis- 
soient;  mais,  depuis  six  mois,  ils  avoient  remarqué  que  la  raison 
étoit  totalement  perdue  ;  qu'elle  ne  parloit  à  personne,  pas  même  à 
ses  enfans;  qu'elle  répondoit  tout  au  plus  aux  complimens  d'usage 
dans  la  société  ;  qu'il  lui  arrivoit  de  se  mettre  à  chanter  ou  à  compter, 
sans  ordre  et  sans  suite;  que,  depuis  ces  six  mois  en  particulier,  elle 
ne  s'occupoit  plus  de  son  ménage,  ni  des  affaires  ;  qu'elle  signoit 
même  ce  qu'on  lui  présentoit,  sans  se  faire  rendre  compte  de  ses 
affaires  et  sans  demander  de  l'argent,  s'il  étoit  question  de  recette  ; 
que  dans  une  pareille  position,  qui  étoit  à  la  connoissance  de  tous 
les  comparans,  les  sieurs  Satens  et  le  sieur  Dufour,  fils  et  gendre  de 
ladite  dame  Satens,  avoient  présenté  leur  requête  au  tribunal,  pour 
avoir  la  permission  d'assembler  la  famille  :  ce  qu'ils  avoient  effectué 
ledit  jour,  en  exécution  de  l'ordonnance  intervenue  sur  icelle;  et 
tous,  après  avoir  prêté  le  serment  en  tel  cas  requis  et  accoutumé, 
avoient  déclaré  qu'ils  étoient  unanimement  d'avis  que  ladite  dame 
Satens  fût  et  demeurât  interdite  de  l'administration  de  sa  personne 
et  biens;  et  que  le  sieur  Jean-Charles  Satens,  son  fils  aîné,  qui,  à  son 
égard,  s'en  est  rapporté  à  justice,  soit  nommé  curateur  à  ladite  inter- 
diction, à  l'effet  de  régir  et  administrer  sa  personne  et  biens,  etc. 

Le  Tribunal,  jugeant  en  première  instance,  etc. 

Fait  et  jugé  par  Pierre-Jean  Agier,  etc. 

Mandons  et  ordonnons  à  tous  huissiers  sur  ce  requis,  etc. 

Enregistré  à  Paris  le  17  août  1792,  reçu  treize  livres.  Signé  :  Thi- 
baudier. 

Insinué  sur  le  registre  du  greff'e  dudit  tribunal,  sous  le  n°  24, 
fol.  63  v"  et  T°,  l'an  quatre  de  la  liberté,  le  vendredi  dix-sept  août 
mil  sept  cent  quatre-vingt-douze.  Signé  :  Acart.  Vingt  sols. 


l'église  de  la  madeleine  de  1828  A  i83c.  345 

L'ÉGLISE  DE  LA  MADELEINE 

de  1828  A  i83o. 
Communication  de  M.  Henry  Jouin. 

Nous  avons  fait  connaître  les  divers  projets  adoptés  en  i8i6 
pour  la  décoration  de  Téglise  de  la  Madeleine  ^  On  ne  lira  pas 
sans  intérêt  Texposé  des  conflits  auxquels  donnait  lieu,  douze  ans 
plus  tard,  l'achèvement  de  la  construction.  Il  va  de  soi  qu'en  par- 
lant d'achèvement  nous  adoptons  pour  une  heure  l'illusion  des 
architectes  et  du  Conseil  des  Bâtiments  civils  de  1828.  On  se 
croyait  au  but,  mais  de  longues  étapes  étaient  encore  à  franchir. 
La  pièce  qui  suit  renferme  un  rapide  exposé  des  vicissitudes  subies 
par  le  monument  depuis  la  date  de  sa  fondation  qui  déjà  remonte 
à  un  demi-siècle.  François  Grille  est  l'auteur  de  ces  pages  que 
nous  avons  transcrites  au  département  des  manuscrits  de  la 
Bibliothèque  d'Angers  (n"  1042  du  catalogue).  Et,  chose  digne  de 
remarque,  ce  document  officiel  n'est  point  ennuyeux  ! 

H.  J. 

Ministère  de  l'Intérieur.  —  Direction  des  Sciences,  Belles-Lettres 
et  Beaux- Arts.  —  2^  Division.  —  Bureau  des  Monuments. 

L 

Compte-rendu  et  proposition  au  sujet  des  plans  de  V Église 

de  la  Madeleine. 

**  Rapport  au  Ministre. 

Paris,  le  19  avril  1828. 
Monseigneur, 

Il  semble  que  les  grands  travaux  d'Architecture  en  France  ne 
puissent  marcher  qu'au  milieu  des  débats  et  des  contradictions. 

Les  églises,  les  palais,  les  arcs  de  triomphe  n'arrivent  à  leur  terme 
qu'après  avoir  été  l'objet  de  toutes  les  incertitudes  et  de  tous  les  obs- 
tacles. 

La  pensée  d'un  monarque  les  fonde,  le  Trésor  s'ouvre  et  s'épuise 
pour  leurs  dépenses.  Mais  les  artistes  ne  sont  d'accord  ni  pour  le  choix 
de  celui  d'entre  eux  qui  doit  être  chargé  de  l'exécution,  ni  pour  les 
projets  qui  doivent  être  adoptés,  ni  sur  l'effet  des  monuments  quand 
ils  sont  enfin  achevés  et  qu'ils  sont  livrés  à  leur  critique. 

Ces  réflexions  naissaient  dans  mon  esprit  lorsque  je  me  rappelais 

I.  Voy.  p.  25o  à  275. 


346  l'église  de  la  madeleine  de  1828  A  i83o. 

toutes  les  opinions  qui  avaient  été  émises  relativement  à  la  Colonne 
de  la  place  Vendôme,  au  palais  de  la  Bourse,  à  l'Opéra,  à  la  Galerie 
du  Louvre,  à  l'Arc  du  Carrousel. 

Mais  elles  devenaient  plus  vives  quand  elles  s'appliquaient  aux  plans 
des  édifices  en  construction  ou  de  ceux  qu'il  s'agit  d'élever,  tels  que 
l'Arc  de  l'Étoile,  la  Bibliothèque  du  Roi,  la  Chambre  des  Députés, 
l'Église  de  la  Madeleine. 

Tous  les  dessins  et  tous  les  devis  sont  l'objet  d'attaques  et  de  con- 
troverses, aucun  d'eux  n'est  arrêté  à  demeure,  tous  sont  à  l'examen 
encore  et  cependant  les  travaux  s'avancent,  les  pierres,  les  marbres 
sont  apportés,  d'énormes  sommes  sont  payées,  de  forts  crédits  sont  à 
ouvrir.  C'est  à  Votre  Excellence  qu'il  appartient  de  prendre  des  réso- 
lutions définitives  qui  fixeront  toutes  les  idées  et  assureront  la  marche 
et  les  résultats  de  ces  grandes  et  belles  entreprises. 

Le  rapport  que  je  vous  présente  aujourd'hui,  Monseigneur,  est  rela- 
tif particulièrement  à  l'Église  de  la  Madeleine. 

Je  mets  sous  vos  yeux  des  pièces,  des  avis,  des  ordonnances  qui 
seront  tout  à  fait  opposés  les  uns  aux  autres. 

Si  je  remontais  jusqu'à  l'origine,  je  trouverais  que  la  première  pierre 
de  cette  église  fut  posée  sous  le  règne  de  Louis  XV,  au  mois  d'avril 
1764;  l'architecte  désigné  était  Contant  d'Ivry,  qui  mourut  en  1777. 
Les  murs  étaient  à  quinze  pieds  du  soH. 

L'architecte  Couture  qui  vint  après  changea  tout.  On  démolit  et  on 
reconstruisit  ;  à  l'époque  de  1 789,  l'édifice  était  très  avancé  ;  les  colonnes 
que  le  second  plan  avait  ajoutées  au  péristyle  étaient  debout. 

Longue  suspension  alors  dans  les  travaux. 

On  les  reprit  sous  le  gouvernement  impérial,  mais,  par  les  projets 
que  M.  Vignon  avait  dressés  et  qui  furent  arrêtés  en  Pologne,  les 
colonnes  étaient  déplacées;  il  en  était  ajouté  un  grand  nombre  de 
nouvelles  ;  il  s'agissait  d'un  Temple  de  la  Gloire,  et  tout  le  caractère 
du  monument  s'alliait  à  l'idée  de  la  nouvelle  conception. 

Le  retour  du  Roi  rend  l'édifice  à  sa  première  destination  ;  c'est  un 
monument  religieux  qu'il  faut  élever  et  de  plus  c'est  un  monument 
expiatoire  :  une  ordonnance  du  14  février  1816,  rendue  en  vertu  de 
la  loi  du  mois  de  janvier  précédent,  porte  que  l'on  y  placera  les  mau- 


I.  Donnons  ici  un  extrait  des  Mémoires  secrets  de  Bachaumont  (t.  XVII, 
p.  121)  :  «  12  avril  1781.  On  s'occupe  très  sérieusement  de  la  nouvelle 
salle  de  la  Comédie  italienne,  et  les  travaux  se  poussent  avec  vigueur;  on 
prétend  même  qu'on  a  enlevé  les  ouvriers  occupés  à  la  construction  de  l'église 
de  la  Madeleine  pour  les  transporter  à  cet  édifice  profane,  ce  qui  scandalise 
fort  les  dévots.  »  —  Pour  peu  que  les  Mémoires  aient  dit  vrai  et  que  ce  fait 
se  soit  reproduit  de  temps  à  autre,  toutes  les  lenteurs  subies  par  la  cons- 
truction de  la  Madeleine  s'expliquent  sans  grand  effort. 


l'église  de  la  madeleine  de  1828  A  i83o.  347 

solées  de  Louis  XVI,  de  la  Reine  Marie-Antoinette,  de  Louis  XVII, 
de  la  princesse  Elisabeth. 

M.  Briiyère,  qui  était  directeur  des  travaux  publics,  envoie  divers 
plans  pour  l'exécution  de  la  loi  et  de  l'ordonnance. 

L'un  de  ces  plans  est  adopté  par  une  ordonnance  du  22  avril  1816; 
par  l'article  i**",  M.  Vignon  est  confirmé  dans  ses  fonctions  d'archi- 
tecte de  la  Madeleine  ;  par  l'article  2,  il  lui  est  enjoint  de  soumettre 
au  Ministre  tous  les  détails  d'exécution. 

Ici  commença  une  lutte  qui  s'est  perpétuée  jusqu'à  ce  moment. 

M.  Vignon  prétendit  que  les  dessins  admis  en  principe,  mais  qui 
devaient  être  suivis  d'études  et  de  développements,  n'étaient  point 
ceux  qui  lui  appartenaient.  Il  les  rejetait  et  s'en  écartait  dans  les 
détails  qu'il  avait  à  fournir  et  il  les  modifiait  sur  deux  points  princi- 
paux :  l'un  relatif  à  la  décoration  intérieure,  l'autre  concernant  les 
parties  supérieures  de  l'édifice. 

Des  explications  furent  données  par  M.  Bruyère;  l'architecte  ne  se 
mit  point  d'accord  avec  le  Directeur.  Le  Ministre,  pour  éclairer  la 
question,  nomma  une  commission  prise  dans  le  sein  de  l'Académie 
des  Beaux-Arts  pour  examiner  toute  l'affaire. 

Cette  commission  fut  composée  de  MM.  Fontaine,  Percier,  Heur^ 
tier  et  Thibaut. 

Elle  donna  raison  à  l'architecte.  Un  rapport  dans  ce  sens  fut  fait  au 
Roi  et  une  ordonnance,  rendue  le  6  mai  1818,  interpréta  celle  de 
1816  de  manière  à  faire  achever  l'église  suivant  des  plans  nouveaux, 
qui  sont  ceux  que  l'on  a  suivis  postérieurement  et  jusqu'à  la  fin  de  la 
campagne  dernière. 

Mais  depuis  que  M.  Héricart  de  Thury  a  pris  la  direction  des  tra- 
vaux, il  a  toujours  montré  de  l'inquiétude  sur  la  construction  des 
«  parties  supérieures  »  dont  il  faut  à  présent  s'occuper. 

Il  a  pensé  que,  par  les  projets  tels  que  les  avait  conçus  M.  Vignon, 
ces  constructions  n'auraient  point  la  solidité  désirable  et  que,  si  l'on 
ne  prenait  pas  de  mesures  différentes  de  celles  que  cet  architecte  avait 
proposées,  on  compromettrait  absolument  la  durée  et  l'existence  d'un 
monument  qui  aurait  exigé  tant  de  frais. 

Les  rapports  de  M.  de  Thury  ont  été  à  leur  tour  renvoyés  au  Con- 
seil des  Bâtiments  civils  et  l'on  y  a  joint  les  observations  contradic- 
toires de  l'architecte. 

Le  conseil  a  nommé  une  commission  composée  de  MM.  Labarre, 
Rohault  et  Gourlier;  cette  fois  l'avis  a  été  conforme  à  celui  du  Direc- 
teur, et  l'on  s'est  accordé  pour  déclarer  que  l'achèvement  de  l'église 
de  la  Madeleine  devait  être  conduit  d'après  les  vues  et  indications 
qu'avait  primitivement  consacrées  l'ordonnance  du  mois  d'avril  1816. 

Le  Ministre  toutefois  n'a  point  adopté  ces  conclusions  et,  par  une 
lettre  du  mois  de  juillet  1827,  il  a  décidé  au  contraire  qu'on  s'en  tien* 


348  l'église  de  la  madeleine  de  1828  A  i83o. 

drait  au  système  d'architecture  adopté  en  181 8,  sauf  à  prendre  les 
précautions  accessoires  pour  remédier  aux  inconvénients  trop  graves 
que  le  conseil  avait  signalés. 

L'affaire  en  était  restée  là,  lorsque,  le  26  février  dernier,  le  Direc- 
teur des  travaux  a  cru  devoir  appeler  l'attention  de  Votre  Excellence 
sur  un  objet  aussi  important. 'Son  rapport  a  été  soumis  au  Conseil  des 
Bâtiments  pour  un  examen  approfondi  et  un  avis  est  intervenu  entiè- 
rement conforme  à  celui  de  1827,  c'est-à-dire  que  l'on  insiste  pour 
faire  exécuter  les  parties  supérieures  de  la  construction  autrement 
que  ne  le  veut  M.  Vignon  et  d'après  le  vœu  formellement  émis  et  par 
les  derniers  commissaires  et  par  M.  Héricart  de  Thury. 

La  différence  capitale  qui  existe  entre  les  deux  projets  consiste  dans 
la  manière  d'éclairer  l'intérieur  de  l'édifice. 

M.  Vignon  veut  que  les  jours  viennent  par  six  arcs  latéraux  dans 
toute  la  longueur  de  la  nef. 

M.  Héricart  de  Thury  et  le  conseil  demandent  que  les  jours  des- 
cendent du  haut  des  coupoles. 

S'il  n'y  a  point  d'arcs  ouverts  sur  les  parties  latérales,  les  murs  de 
la  cella  seront  montés  jusqu'à  la  couverture  et  de  là  évidemment  une 
solidité  et  une  durée  plus  grandes. 

Outre  cela,  les  jours  venant  de  la  voûte  seront  plus  également 
répandus  et  les  objets  de  décoration  intérieure  seront  mieux  vus  dans 
leur  perspective  régulière  sans  rayons  contraires  et  divergents. 

Je  dois  ajouter  une  considération. 

Quand  l'ordonnance  du  mois  d'avril  18 16  eut  été  rendue  et  qu'il 
eut  été  arrêté  que  les  «  arcs  doubleaux  »  seraient  pleins,  un  rapport 
au  Roi  fut  présenté  pour  faire  décider  que  ces  emplacements  très 
propres  à  la  peinture  seraient  décorés  des  tableaux  de  nos  meilleurs 
maîtres. 

Des  sujets  pris  dans  l'histoire  de  nos  princes  furent  désignés  et  une 
approbation  générale  fut  donnée  à  tout  cet  ensemble  d'une  vaste  et 
noble  décoration  qui  complétait  l'édification  de  l'Eglise  de  la  Made- 
leine et  devait  en  faire  un  des  monuments  les  plus  majestueux  et  les 
plus  augustes. 

Lorsque  M.  Vignon  a  fait  décider  qu'au  lieu  de  ces  arceaux  peints 
il  y  aurait  de  simples  vitrages,  sans  doute  il  a  fait  remarquer  qu'au- 
tant que  possible  on  mettrait  des  peintures  à  la  voûte. 

Mais  cela  ne  remplaçait  point  les  sujets  désignés  et  qui  devaient  se 
développer  dans  les  arcs  de  cinquante  pieds  de  long  et  de  vingt  pieds 
de  haut  qui  étaient  réservés  par  le  premier  plan. 

Quoi  qu'il  en  soit,  Monseigneur,  de  tous  ces  intérêts  qui  se  croisent 
ou  plutôt  à  cause  même  de  la  complication  de  ces  intérêts,  je  crois 
devoir  proposer  à  Votre  Excellence  de  former  une  commission  spé- 
ciale qui,  pour  obtenir  que  toutes  les  opinions  eussent  leurs  défenses. 


l'église  de  la  madeleine  de  1828  A  i83o.  349 

pourrait  être  composée  des  membres  vivants  des  deux  précédentes 
commissions. 

Ce  seraient  MM.  le  baron  Fontaine,  Percier,  Labarre,  Rohault, 
Gourlier  et  Hervé,  sous  la  présidence  du  comte  de  Tournade. 

Tous  les  documents,  plans,  dessins,  devis  leur  seraient  remis  et  ce 
serait  sur  leur  avis  que  Votre  Excellence  serait  à  même  de  prendre 
une  détermination  sur  l'achèvement  d'un  édifice  qui,  lorsqu'il  sera 
livré  au  culte,  n'aura  pas  coûté  moins  de  douze  à  quinze  millions. 
Je  vous  prie.  Monseigneur,  d'agréer  l'hommage  de  mon  respect. 
Le  Directeur  des  Sciences,  Belles-Lettres 
et  Beaux-Arts,  ^ 

Vicomte  Fréneau. 
Le  Chef  de  Division,  rapporteur, 
F.  Grille. 
En  marge  est  écrit  : 
Approuvé  par  le  Ministre,  Mgr  de  Martignac. 

IL 

Sculptures  intérieures  de  l'Église  de  la  Madeleine. 

Remplacement  de  MM.  LEMOT  et  DUPATY. 

Ministère  de  l'Intérieur. 

Paris,  le  2  septembre  1828. 
Monseigneur, 

Les  monuments  expiatoires  ordonnés  en  1816  au  Roi  Louis  XVI,  à 
la  Reine  Marie-Antoinette,  à  Louis  XVII,  à  la  princesse  Elisabeth 
doivent  être  placés  dans  l'Église  Royale  de  la  Madeleine. 

Les  Artistes  chargés  de  ces  travaux  étaient  M"  Lemot ,  Dupaty, 
Bosio. 

Les  deux  premiers  sont  morts  et  je  viens  proposer  à  Votre  Excel- 
lence de  les  remplacer,  le  premier  par  M.  Ramey  père,  qui  fait  la  sta- 
tue colossale  du  cardinal  de  Richelieu  pour  le  pont  Louis  XVI  ;  le 
second,  par  M""  Petitotfils,  qui  a  fait  la  statue  de  Louis  XIV  pour  la 
ville  de  Caen. 

M.  Ramey  est  membre  de  l'Institut.  M.  Petitot  a  été  Pensionnaire 
du  Roi  en  Italie,  après  avoir  obtenu  le  premier  grand  prix  de  Sculp- 
ture à  l'Institut. 

Le  prix  de  ces  monuments  a  été  fixé  à  5o,ooo  1. 

Mais  il  s'exécutera  en  plusieurs  années  et  d'ici  à  deux  ans  il  n'y 
aura  que  des  esquisses  et  modèles  à  payer. 

Le  moment  est  venu  de  s'occuper  de  la  sculpture  de  l'Église,  parce 


35o  .l'église  de  la  madeleine  de   1828  A  i83o. 

que  les  travaux  d'architecture  vont  s'achever  et  qu'il  faut  â  présent 
dresser  les  plans  et  faire  les  dessins  particuliers  du  placement  des 
mausolées. 

Les  projets  â  cet  égard  doivent  être  arrêtés  par  l'architecte,  M^'iferve, 
d'accord  avec  les  statuaires  ;  il  devient  donc  nécessaire  de  compléter 
le  nombre  de  ceux-ci  et  c'est  l'objet  du  rapport  que  j'ai  l'honneur  de 
soumettre  à  Votre  Excellence. 

Indépendamment  des  monuments  expiatoires  dont  je  viens  de  par- 
ler, il  y  aura  un  autel  dédié  à  sainte  Madeleine,  à  l'entrée  du  chœur; 
un  grand  bas-relief  pour  le  Fronton,  trois  figures  dans  de  hautes  pro- 
portions au-dessus  du  péristyle  extérieur,  et  enfin  le  mausolée  de 

Mgr  de  Sèze  que ^  a  permis  de  placer  auprès  de  celui  du  Roi  dont 

il  fut  le  défenseur. 

Ces  derniers  travaux  sont  confiés  à  MM.  Cartellier^  Gérard  et 
Roman. 

Tous  les  artistes  devront  s'entendre  pour  coordonner  leurs  ouvrages 
dès  que  la  décision  que  je  réclame  aujourd'hui  sera  rendue,  une  réu- 
nion aura  lieu  et  le  résultat  de  la  discussion  ouverte  mettra  à  même  de 
prendre  la  détermination  définitive  qui  est  attendue  sur  les  sculpteurs 
de  l'Église. 

Je  finis. 

Grille. 

III. 

Le  Fronton  de  la  Madeleine. 

Les  lignes  qui  suivent,  datées  d'avril  1829,  sont  encore  de  François 
Grille  : 

Vingt-sept  statuaires  s'étaient  fait  inscrire  jusqu'au  25  avril  pour 
le  concours  du  bas-relief  du  Fronton  de  la  Madeleine. 

Les  esquisses  doivent  être  exposées  à  l'église  même,  à  partir  du 
i"  mai. 

On  dit  déjà  beaucoup  de  bien  de  plusieurs  d'entre  elles. 

On  espère  beaucoup  de  l'émulation  qui  a  été  excitée  par  le  con- 
cours. 

On  a  loué  l'ensemble  et  consigné  certains  détails  de  la  mesure. 

On  consigne  largement,  on  loue  sobrement  :  c'est  l'usage. 

Entre  les  censures,  il  y  en  avait  une  assez  amère  et  qui  n'était 
pas  signée.  Elle  reposait  sur  des  données  peu  exactes. 

1.  Un  blanc. 


l'église  de  la  madeleine  dei828ai83o.  35i 

On  en  connaît  aujourd'hui  l'auteur. 

Un  petit  livre  a  paru  sur  la  mendicité.  L'écrivain  est  nommé 
en  toutes  lettres  ;  sur  le  frontispice  et  au  dos  de  la  couverture  on 
lit  :  «  Se  trouve,  du  même  auteur^  chez  les  mêmes  libraires^ 
les  ouvrages  suivants  :  Réflexions  sur  le  Fronton  de  la  Made- 
leine^ etc.  » 

L'incognito  est  donc  trahi,  cherchez  le  nom  à  présent. 

Les  deux  productions  en  valent  la  peine.  Elles  ne  manquent  ni 
de  verve  ni  d'esprit.  Il  ne  faut  plus  qu'une  chose,  c'est  que  l'expé- 
rience vienne  mûrir  cette  jeune  Raison. 

Que  veut  dire  cela,  sinon  qu'au  mois  d'avril  182g  le  Fronton  de  la  Made- 
leine, ou,  pour  être  plus  exact,  le  concours  ouvert  en  vue  de  l'exécution  de 
cet  ouvrage  était  l'objet  de  brochures  quelque  peu  violentes  ?  Nous  ne  pou- 
vons dire  à  quelle  «  jeune  raison  »  Grille  fait  ici  une  allusion  mordante. 
Nous  n'avons  pas  découvert  la  brochure  sur  la  Mendicité  qui  nous  eût  livré 
le  mot  de  l'énigme.  Un  moment,  nous  avons  cru  que  le  sculpteur  TTtéophile 
Bra  n'était  pas  étranger  aux  manifestations  dirigées  contre  le  ministère  de 
l'Intérieur.  La  lettre  qui  suit  nous  autorisait  à  le  penser.  Adressée  à  Fran- 
çois Grille  en  mai  1829,  elle  a  tout  le  caractère  d'un  réquisitoire  implacable. 

A  Monsieur  Grille^  chef  de  division  au  Ministère 
de  ^Intérieur. 

22  mai  1829. 
Monsieur, 
Lors  ce  que  d'accord  avec  plusieurs  de  mes  confrères  je  fus  au 
Ministère  vous  demander  une  expédition  du  programme  ou  de 
l'arrêté  de  son  E.  le  Ministre  de  l'Intérieur  relatif  au  concours 
pour  le  Fronton  de  la  Madeleine,  vous  parûtes  étonné  de  ma 
demande  et  vous  me  répondîtes  qu'il  n'y  en  avait  point.  Étonné 
moi-même  de  la  singularité  de  vos  paroles,  car  je  ne  comprends 
pas  un  concours  sans  programme,  lorsqu'il  s'agit  d'un  travail  qui 
sert  d'introduction  à  un  monument  important  par  sa  destination, 
monument  qui  est  le  programme  pour  tous  artistes  appelés  à  le 
confectionner,  j'insistai,  en  vous  rappelant  l'arrêté  de  son  E.  qui 
renferme  un  programme;  je  vous  fis  observer  que,  sans  la  pro- 
mulgation de  cet  arrêté,  le  public  ne  serait  point  en  état  de  juger 
si  telle  ou  telle  composition  était  ou  non  en  rapport  avec  ce  que 
commande  l'Église  Royale  de  la  Madeleine,  Vous  reprîtes  en 
disant  que  le  concours  ne  regardait  pas  le  public,  qu'il  y  avait  une 
commission  pour  en  décider  ;  ma  réponse  était  naturelle  :  pour- 


352  l'église  de  la  madeleine  de  1828  A  i83o. 

quoi  rexposition  publique?  N'ayant  alors  rien  à  objecter,  vous 
m'envoyâtes  auprès  de  M.  le  vicomte  Siméon,  en  m'assurant  qu'il 
répondrait  à  ma  lettre.  Fatigué  de  ces  débats,  je  vous  quittai  en 
vous  déclarant  que  je  ferais  afficher  le  Moniteur  le  soir  même,  ce 
que  j'ai  fait  exécuté. 

Voilà,  Monsieur,  mot  pour  mot,  la  conversation  que  j'ai  eu 
l'honneur  d'avoir  avec  vous.  Arrivé  aux  Petits-Augustins,  j'en  fis 
part  hautement  à  mes  confrères  et  au  chef  du  Bureau  des  Écoles 
Royales  des  Beaux-Arts.  M.  Rabbe,  écrivain  distingué,  l'entendit 
et  crut  devoir  en  faire  usage  dans  l'intérêt  du  public  et  des  artistes. 

Aujourd'hui,  Monsieur,  vous  écrivez  à  ces  hommes  de  lettres, 
dont  vous  connaissez  bien  la  loyauté,  vous  vous  plaignez  de  plu- 
sieurs artistes  sans  les  désigner  nominativement;  vous  soupçon- 
nez qu'il  se  trouve  parmi  eux  des  personnes  qui  n'ont  point  rap- 
porté les  choses  sous  leur  aspect  véritable.  Et  cependant  vous  êtes, 
dites-vous,  le  promoteur  d'arrêtés  pris  à  leur  profit,  à  leur  avan- 
tage, vous  les  avez  secondés  vivement  lors  de  leurs  premiers  pas 
dans  la  carrière,  et  c'est  à  eux  que  vous  attribuez  en  partie  les 
désagréments  que  vous  éprouvez.  Ici,  Monsieur,  je  suis  obligé  de 
soupçonner  à  mon  tour  que  vous  avez  voulu  m'atteindre,  et  vous 
m'avouerez  qu'il  m'est  bien  permis  de  le  penser,  puisque,  le  col- 
loque rapporté  ci-dessus  n'ayant  eu  pour  auteurs  et  pour  témoins 
que  vous  et  moi,  la  publicité  est  cause  d'une  partie  des  désagré- 
ments que  vous  éprouvez. 

Je  voudrais  bien  savoir.  Monsieur,  quelle  faveur  je  dois  à  votre 
protection,  quels  bienfaits  j'ai  reçus  devons?  Cinq  de  mes  statues 
ont  été  exécutées  soit  en  bronze,  soit  en  marbre;  trois  furent  com- 
mandées par  les  Ministères  de  la  Maison  du  Roi  et  de  l'Intérieur, 
une  seule  appartient  à  ce  dernier,  c'est  mon  début  ;  les  ouvrages, 
je  les  conçus  sans  ordre;  envoyé  aux  expositions  publiques  avec 
l'incertitude  du  succès,  je  dois  l'avantage  qu'ils  ont  obtenu  à  l'opi- 
nion favorable  manifestée  par  le  public  et  les  témoignages  écrits 
des  hommes  les  plus  marquants  de  l'Institut  et  de  l'Ecole  Royale 
des  Beaux-Arts.  Vous  ne  l'ignorez  pas.  Monsieur,  vous  savez  aussi 
que,  malgré  les  honorables  suffrages  écrits,  la  s\.ai\M&  à'' Aristodème 
a  été  plus  mal  rétribuée  que  beaucoup  d'autres  ouvrages  moins 
importants. 

Veuillez  donc.  Monsieur,  me  faire  connaître  positivement  les 
obligations  que  je  vous  dois,  les  services  que  vous  m'avez  rendus. 


l'église  de  la  madeleine  de  1828  a  i83o.  353 

Si  vous  prétendez  me  désigner  d'une  façon  déshonorante  auprès 
d'un  homme  que  j'estime,  j'ai  droit  à  une  prompte  justification  de 
votre  part,  ne  pouvant  supporter  la  double  accusation  d'avoir 
manqué  à  la  gratitude  et  à  la  vérité.  Si,  au  contraire,  je  ne  suis 
pas  au  nombre  des  accusés,  faites-le-moi  connaître,  Monsieur, 
mais  soyez  persuadé  que  je  n'avance  jamais  un  fait  que  je  ne  puisse 
prouver  à  l'instant  et  que  je  suis  toujours  prêt  à  me  justifier  vis- 
à-vis  de  quiconque  croit  avoir  à  se  plaindre  de  moi. 
Agréez,  Monsieur,  mes  salutations  empressées. 

Votre  très  humble  serviteur, 
Théophile  Bra, 
Rue  de  Beaune. 

P.-S.  M.  Rabbe  ne  pouvait,  sans  manquer  à  la  noblesse  de 
son  caractère,  me  celer  des  inculpations  qui  en  apparence  pou- 
vaient peser  sur  moi  ;  en  me  communiquant  votre  lettre,  il  a  cru 
remplir  le  devoir  prescrit  par  l'honneur.  J'aurais  agi  comme  lui 
en  pareille  occasion.  Je  vais  lui  envoyer  ma  lettre  ouverte  avant  de 
vous  la  faire  parvenir. 

La  forme  de  cette  épître  n'a  rien  d'exquis.  Un  fait  se  dégage  toutefois  de 
la  lettre  de  Bra  :  Grille  s'était  jeté  dans  la  mêlée  pour  défendre  le  concours 
du  Fronton.  Etait-ce  de  toute  prudence?  Combien  mieux  eût  valu  pour  lui 
le  silence  traditionnel  des  fonctionnaires  avisés!  Mais  Grille  était  intem- 
pérant, impétueux,  tout  en  dehors,  trop  spirituel  pour  être  circonspect.  Il 
apprit,  hélas!  à  ses  dépens,  quelques  mois  après  avoir  reçu  la  philippique 
de  Bra,  que  des  aptitudes  batailleuses  ne  sont  pas  de  mise  dans  les  admi- 
nistrations de  l'État.  La  Bourdonnaye,  qui  ne  fit  que  passer  à  l'Intérieur 
(8  août- 18  novembre  182g),  le  destitua.  Il  n'oublia  point  ses  liasses  de 
papiers,  et,  relisant  un  jour  dans  la  retraite  la  lettre  du  sculpteur  ulcéré, 
il  écrivit  en  marge  d-'un  trait  de  plume  :  «  Bra,  statuaire,  atteint  de  folie.  » 
Puis,  cherchant  dans  ses  autographes  d'artistes  ceux  qu'il  pouvait  tenir  de 
Bra,  il  les  rassembla  dans  un  même  pli. 

Voici  le  premier.  Il  a  trait  à  la  Biographie  des  Artistes  français  que  Grille 
avait  eu  le  projet  de  composer  et  qu'il  voulait  dédier  au  ministre  de  l'Inté- 
rieur. Mais,  c'est  inutilement  que  notre  fonctionnaire-écrivain  vit  passer 
au-dessus  de  lui  «  vingt-deux  »  ministres,  aucun  d'eux  ne  reçut  l'hommage 
du  livre  qui  est  encore  à  faire. 

A  Monsieur  Grille. 

Paris,  7  septembre  1819. 
Monsieur, 
Je  vous  remercie  infiniment  de  l'honneur  que  vous  me  faites 
en  me  comprenant  dans  le  travail  que  vous  destinez  à  son  Excel- 
lence le  Ministre  Secrétaire  d'État  de  l'Intérieur. 

ART   FR.    IV  a3  y 


354       I^'^GLISE  DE  LA  MADELEINE  DE  1828  A  l83o. 

Ce  projet,  bien  digne  d'un  protecteur  des  Arts,  me  fait  con- 
naître tout  rintérêt  que  vous  nous  portez.  Je  m'empresse  de  vous 
faire  parvenir  le  bulletin  que  vous  me  demandez,  avec  les  notes 
qui  vous  sont  nécessaires. 

Agréez,  Monsieur,  l'assurance  du  profond  respect  avec  lequel 
j'ai  l'honneur  d'être 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

Statuaire. 
Rue  Saint-Hyacinthe-Saint-Michel,  9. 

Voici  une  seconde  lettre,  sans  autre  intérêt  d'ailleurs  que  celui  qui  résulte 
d'une  indication  bibliographique  relative  à  Jean  de  Douai.  Complétons  le 
texte  de  Bra  en  disant  qu'il  s'agit  ici  de  l'Éloge  de  Jean  de  Bologne  par 
Duthilleul.  Douai,  1820,  in-4". 

A  Monsieur  Grille. 
Monsieur, 
Mes  compatriotes  me  prient  de  vouloir  bien  vous  faire  agréer 
l'hommage  d'un  exemplaire  de  VEloge  de  Jean  de  Bologne^  que 
la  Société  d'Agriculture,  Sciences  et  Arts  de  la  ville  de  Douai  a 
couronné  dans  sa  séance  du  2  5  septembre  dernier. 

Je  saisis  cette  occasion  de  me  rappeler  à  votre  souvenir  et  vous 
prie  de  me  croire, 

Monsieur, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

Bra. 
20  octobre  1820. 

Mais,  revenons  au  Fronton  de  la  Madeleine.  Grille  écarté  du  ministère,  la 
question  ne  se  trouva  pas  résolue.  Nous  découvrons  dans  les  papiers  de 
l'ancien  chef  de  division  une  lettre  anonyme  du  3i  mai  i83o,  avec  cette 
suscription  :  «  A  Jacques  Goste.  »  Elle  a  trait  au  concours  qui  avait  exas- 
péré le  sculpteur  Bra.  Nous  la  donnons  ici. 

Paris,  le  3i  mai  i83o. 
Monsieur  le  Rédacteur, 
Le  Fronton  de  l'Église  de  la  Madeleine  a  partagé  pendant 
quelques  jours  avec  la  politique  et  l'expédition  d'Alger  les  colonnes 
des  journaux  et  l'attention  publique,  ce  qui  prouve  qu'il  est  géné- 
ralement considéré  comme  devant  être  un  des  ouvrages  de  sculp- 
ture les  plus  importants  et  les  plus  propres  à  fixer  l'opinion  de 
l'avenir  sur  l'état  actuel  de  Tart  en  France.  Cette  vérité  a  été,  il 


l'église  de  la  madeleine  dei828ai83o.  355 

faut  le  croire,  sentie  par  l'administration  précédente,  et  c'est  sans 
doute  dans  le  but  d'obtenir  le  plus  de  chances  possibles  d'un  bon 
résultat  qu'elle  s'était  déterminée  à  ouvrir  un  concours  auquel 
tous  les  statuaires  ont  été  appelés  à  prendre  part  ;  un  concours  passe 
encore,  bien  que  l'efficacité  de  ce  moyen  ne  soit  certainement  pas 
incontestable  et  que  l'expérience  en  ait  déjà  bien  souvent  démon- 
tré l'illusion,  mais  cette  fois  on  avait  imaginé  d'attribuer,  par  un 
mode  aussi  nouveau  qu'étrange,  le  choix  des  juges  à  ceux  mêmes 
qui  devaient  relever  du  tribunal  ;  aussi  la  mesure  a-t-elle  porté  ses 
fruits  :  le  Jury,  formé  par  la  majorité  des  concurrents,  presque  en 
totalité  de  membres  de  l'Institut,  a-t-il  bien  pu  se  défendre  d'une 
certaine  prédilection  pour  les  esquisses  de  ceux  dont  les  maîtres  fai- 
saient partie  de  la  commission?  Quoi  qu'il  en  soit,  l'exposition  des 
modèles  à  l'École  des  Beaux-Arts  a  révélé  la  faiblesse  du  second  con- 
cours et  donné  lieu  de  reconnaître  qu'aucun  des  auteurs  admis 
n'avait  compris  son  thème.  En  effet,  un  fronton  qu'est-ce  autre  chose 
que  le  frontispice  du  monument?  De  là,  nécessité  que  le  sujet 
exprime  la  pensée  principale  et  non  un  épisode  de  l'histoire  du 
monument  ;  que  les  figures,  tout  en  remplissant  l'espace,  soient  bien 
distinctes  les  unes  des  autres  ;  que  la  pose  en  soit  franche  et  combinée 
à  l'aide  de  l'ajustement,  de  manière  à  produire  de  larges  masses 
d'ombre  et  de  lumière,  effets  qui  seuls  peuvent  rendre  le  sujet 
intelligible  à  une  grande  distance.  Telles  sont,  en  peu  de  mots,  les 
conditions  indispensables  pour  la  sculpture  monumentale,  les- 
quelles, sans  entrer  dans  l'analyse  des  bas-reliefs  qui  viennent 
d'être  exposés,  ne  sont  dans  chacun  d'eux  que  bien  imparfaite- 
ment remplies,  de  l'avis  de  tous  les  connaisseurs.  Or,  il  est  à  pré- 
sumer que  le  Ministre,  appréciant  l'importance  du  choix  qu'il 
doit  faire,  et  qui,  du  reste,  a  toute  latitude  pour  choisir  dans  le 
concours  ou  hors  du  concours,  est  disposé  à  prendre  toutes  les 
mesures  et  à  accueillir  toutes  les  lumières  propres  à  mettre  à  cou- 
vert la  responsabilité  de  son  jugement,  et  peut-être  serait-ce  un 
moyen  d'atteindre  le  but  que  d'ajourner  toute  décision  jusqu'à 
l'époque  peu  éloignée  de  l'ouverture  du  Salon  où  les  modèles  pré- 
sentés par  le  jury  seraient  de  nouveau  mis  sous  les  yeux  du  public 
et  comparés  à  d'autres  sur  le  même  sujet  qui  d'ici  à  ce  moment-là 
pourront  être  exécutés. 

Si  l'Administration  prenait  ce  parti,  nul  doute  qu'alors  nos  sta- 
tuaires, profitant  de  l'ajournement,  ne  se  missent  de  suite  à  l'œuvre 
et  qu'il  ne  sortît  de  leurs  efforts,  éclairés  par  la  discussion  que  le 


356  ARNOULD   FERRAND. 

concours  a  fait  naître,  une  composition  digne  d'un  monument 
qui,  pareil  au  Parthénon  d'Athènes,  semble  destiné  à  marquer  le 
rang  que  doit  occuper  la  sculpture  moderne  dans  l'estime  de  la 
postérité. 

J'ai  l'honneur  d'être^avec  une  considération  distinguée,  Mon- 
sieur, votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur. 

Un  de  vos  abonnés  très  désintéressé 
dans  la  question. 

Chacun  sait  que  le  Fronton  de  la  Madeleine,  sujet  de  tant  de  disputes,  est 
de  Lemaire,  Mais,  consciemment  ou  non,  un  biographe  de  ce  sculpteur  a 
décontenancé  la  critique  à  l'aide  de  quelques  lignes  étranges  plusieurs  fois 
reproduites.  «  En  i836,  écrit  Louvet,  le  Fronton  de  l'église  de  la  Madeleine 
ayant  été  mis  au  concours,  M.  Lemaire  présenta  un  dessin  qui  fut  préféré.  » 
Si  Louvet  avait  dit  vrai,  Lemaire  serait  tout  à  fait  étranger  aux  discussions 
ardentes  de  1829  et  de  i83o.  Mais  Louvet  se  trompe.  Nous  ne  relevons  pas 
ce  qu'il  y  a  d'insolite  dans  le  prix  d'un  concours  de  sculpture  décerné  sur  la 
présentation  d'un  simple  dessin.  Les  choses  ne  se  passent  point  ainsi. 
Louvet,  en  défaut  sur  ce  détail,  l'est  aussi  sur  la  date  du  concours.  Ouvrons 
le  livret  du  Salon  de  i83i,  à  la  page  276,  cinquième  supplément^  nous  y 
lisons  sous  le  n*  3 168  : 

«  Modèle  du  Fronton  qui  doit  être  exécuté  pour  la  façade  principale  de  la 
Madeleine.  La  dimension  de  cet  ouvrage  n'en  ayant  pas  permis  le  transport, 
il  sera  exposé  dans  l'atelier  de  l'Artiste,  à  la  Madeleine,  du  10  au  i5  août, 
de  onze  heures  à  quatre  heures.  » 

Ce  texte  est  sans  réplique.  Le  livret  fut  publié  au  mois  de  mai  i83i. 
A  cette  date,  Lemaire  avait  déjà  sculpté,  dans  de  grandes  proportions,  le 
modèle  de  son  Fronton.  C'est  donc  bien  autour  de  son  nom  que  s'est  fait 
tout  le  bruit  dont  il  est  parlé  plus  haut. 

H.  J. 


LE  PEINTRE  TOURANGEAU  ARNOULD  FERRAND. 

(1607.) 

On  a  lu  {suprà,  p.  32 1)  la  note  de  M.  V.-J.  Vaillant  sur  Arnould  Ferrand. 
M.  Ch.  de  Grandmaison,  archiviste  du  département  d'Indre-et-Loire,  nous 
fait  parvenir  quelques  renseignements  supplémentaires  touchant  l'artiste 
tourangeau. 

H.  J. 

Ouvrez  le  Bulletin  de  la  Société  archéologique  de  Touraine 
(tome  II,  p.  181).  Il  y  est  dit  c{xC Arnould  Ferrand^  après  avoir 
été  employé,  en  1601,  par  la  fabrique  de  Ligré  à  peindre  un 
tabernacle,  était,  en  1607,  chargé  par  le  duc  de  Bourbon-Mont- 


PIERRE-ETIENNE   MONNOT.  35/ 

pensier  de  l'entretien  des  vitres  du  château  et  de  la  Sainte-Cha- 
pelle de  Champigny.  Ferrand  était  donc  un  peintre-verrier,  et 
peut-être  lui  doit-on  les  derniers  panneaux  de  la  région  inférieure 
des  magnifiques  vitraux  de  Champigny,  qui  ont  dû  être  exécutés 
vers  1600;  mais  ce  n'est  là  jusqu'à  présent  qu'une  simple  conjec- 
ture. 

Ch.  DE  Grandmaison. 


LA  FAMILLE  DU   SCULPTEUR   FRANC-COMTOIS 
PIERRE -ETIENNE  MONNOT. 

(1628-1665.) 

Dans  le  dernier  volume  publié  par  la  Direction  des  Beaux-Arts 
et  contenant  les  lectures  faites  à  l'occasion  du  Onzième  congrès 
des  Sociétés  des  Beaux-Arts  des  Départements  à  la  Sorbonne 
(Paris,  Pion  et  Nourrit,  1887),  on  peut  lire  un  très  intéressant 
travail  de  M.  A.  Castan,  bibliothécaire  de  la  ville  de  Besançon, 
sur  a  Le  sculpteur  français  Pierre-Etienne  Monnot,  citoyen  de 
Besançon,  auteur  du  Marmorbad  de  Cassel  (lôSy-iySS).  »  Nul 
mieux  que  M.  Castan  n'était  préparé  à  une  semblable  étude,  et 
les  renseignements  qu'il  a  réussi  à  découvrir  sur  la  vie  et  les 
ouvrages  de  cet  artiste,  inconnu  pour  ainsi  dire  en  France,  ont 
été  mis  en  œuvre  avec  une  rare  habileté. 

Si,  après  la  lecture  de  cette  biographie,  l'on  n'a  plus  rien  à 
apprendre  sur  Pierre-Etienne  Monnot,  il  ne  sera  peut-être  pas 
inutile  de  connaître  sur  sa  famille  quelques  nouveaux  renseigne- 
ments, tirés  des  archives  municipales  de  Baume-les-Dames,  que 
M.  A.  Castan  a  sans  doute  négligé  de  consulter. 

C'est  dès  1628  que  l'on  trouve  des  membres  de  la  famille  Mon- 
not  célèbres  en  Franche-Comté  dans  l'art  de  la  menuiserie  et  de 
la  sculpture,  à  en  juger  par  une  lettre  d'un  nommé  Pelletier,  qui 
recommande  au  lieutenant  du  bailliage  de  Baume  Jean  Monnot 
le  jeune,  du  Noël-Cerneux',  et  Daniel,  son  fils,  «  fort  experts 
non  seulement  en  la  menuiserie,  mais  aussy  en  la  sculpture,  voire 
austant  qu'il  s'y  pourroit  rencontrer  dans  le  pays^.  » 

1.  Noël-Cerneux,  cant.  de  Russey,  arr.  Montbéliard  (Doubs). 

2.  Archives  municipales  de  Baume-les-Dames,  DD.  26. 


358  PIERRE-ÉTIENNE  MONNOT, 

La  recommandation  produisit  son  effet,  et  Jean  Monnot  à  son 
tour  agit  de  même  à  Tégard  de  Jacques  Rochejean,  aussi  de  Noël- 
Cerneux,  qui,  grâce  à  ce  bienveillant  intermédiaire,  fut  chargé, 
en  1634,  de  fcculpter  un  retable  de  la  Vierge  pour  l'église  de 
Baumô^. 

Ces  documents  indiquent  clairement  le  lieu  d'origine  de  cette 
famille  d'artistes,  à  qui  Ton  doit  Pierre- Etienne  Monnot,  et 
viennent  confirmer  les  hypothèses  de  M.  A.  Castan  :  «  Durant 
les  dernières  guerres,  la  plupart  des  églises  rurales  de  la  province 
avaient  perdu  leur  mobilier,  et  nombreuses  étaient  les  commandes 
de  retables  en  bois  sculpté  pour  les  autels.  Un  important  atelier 
de  ce  genre  avait  existé  au  Russey,  et  c'était  là  sans  doute 
qu'Etienne  Monnot  avait  acquis  jadis  les  notions  qui  lui  ser- 
virent à  faire  vivre  sa  famille  et  à  délier  la  main  de  son  fils 
Pierre'E tienne^.  » 

Le  père,  Etienne  Monnot,  obtint  de  la  ville  de  Baume  une 
exemption  d'impôts  en  lôSg^.  Avait-il  exécuté  pour  la  ville  quelque 
travail  considérable  dont  ni  les  parchemins  ni  la  tradition  n'ont 
conservé  le  souvenir?  Avait-il  souffert  à  ce  point  pendant  la  der- 
nière invasion  de  la  Franche-Comté  qu'il  ne  pouvait  plus  payer 
les  redevances  auxquelles  il  était  soumis?  Je  n'irai  pas  jusqu'à 
supposer  que  cette  décharge  lui  fut  accordée  en  considération  du 
futur  talent  de  son  fils,  à  peine  alors  âgé  de  deux  ans  :  on  n'ad- 
mettrait guère  ce  don  de  la  divination  chez  les  échevins  de 
Baume-les-Dames,  bien  que  l'enfant  ait,  dit  M,  Castan,  donné 
des  signes  d'une  très  rare  précocité  d'esprit. 

En  i665,  Etienne  Monnot,  veuf  d'Elisabeth  Flegguerin, 
épousa,  en  secondes  noces,  Françoise  Bobillier,  de  Morteau; 
l'acte  de  mariage  existe  encore  à  Baume  ■*.  Etienne  Monnot  résida 
donc  assez  longtemps  à  Baume  avant  d'aller  s'établir  à  Besan- 
çon, où  tout  devait  contribuer  à  développer  et  à  faire  connaître 
les  dispositions  artistiques  de  son  jeune  fils. 

Henri  Stein. 


1.  Idem. 

2.  Recueil  cité,  p.  121. 

3.  Archives  municipales  de  Baume-les-Dames,  CC.  10. 

4.  Idem,  GG.  i. 


RIGAUD.  359 

UNE  LETTRE  DE  RIGAUD  A  GAIGNIÈRES. 

En  parcourant  la  volumineuse  correspondance  de  Gaignières  con- 
servée à  la  Bibliothèque  nationale,  j'ai  rencontré  une  lettre  de  Rigaud, 
à  propos  d'un  portrait  du  marquis  de  Puysieux  qui  existe  peut-être 
encore  dans  quelque  collection  publique  ou  privée.  Le  marquis  de 
Puysieux  était  le  grand-père  du  jeune  marquis  de  Blanchefort,  neveu 
et  héritier  de  Gaignières,  ce  qui  explique  l'intervention  en  cette  cir- 
constance du  célèbre  collectionneur  qui,  comme  on  sait,  joignait  à 
tant  d'autres  goûts  la  passion  des  portraits.  Les  lettres  de  Rigaud  ne 
sont  pas  communes  et  nous  croyons  celle-ci  inédite'  : 

Je  suis  bien  fâché,  Monsieur,  de  ne  m'être  pas  trouvé  chez 
moy  quand  vous  m'avez  fait  Thonneur  d'y  venir  avec  monsieur 
Pévesque  de  Soissons  et  monsieur  le  marquis  de  Pisieux.  J'ac- 
cepte rheure  que  vous  me  mandez  qu'il  viendra  chez  moy  pour 
commencer  son  portrait;  puisque  le  matin  luy  convient,  Je  vous 
prie  de  luy  dire  que  ce  soit  à  neuf  heures,  afïin  que  j'aie  le  (temps) 
de  faire  Tébauche  avant  midy;  et,  s'il  le  faut,  je  ne  m'engageray 
pas  même  l'après  midy  de  demain;  parceque,  s'il  estoit  nécessaire, 
je  continueray  la  même  journée  pour  gagner  du  temps.  Je  suis 
ravy,  Monsieur,  que  vous  me  procuriez  l'honneur  de  peindre 
Monsieur  le  marquis  de  Pisieux;  j'y  profiteray  par  plus  d'un 
endroit,  puisqu'il  me  procurera  celuy  de  vous  avoir  chez  moy  et 
vous  y  asseurer  qu'on  ne  peut  estre,  avec  plus  d'estime  et  de  res- 
pect que  je  le  suis, 

Monsieur, 

Vostre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

Rigaud. 

Au  dos  :  A  Monsieur  de  Gaignere,  en  sa  maison  près  les  Incu- 
rables, à  Paris  2. 

Cette  lettre  n'est  pas  datée,  mais,  comme  on  le  voit  par  la  suscrip- 
tion,  elle  est  postérieure  à  1701,  époque  de  l'établissement  de  Gai- 
gnières dans  sa  maison  de  la  rue  de  Sèvres,  et  très  probablement  anté- 
rieure à  l'année  17 12,  à  partir  de  laquelle  de  graves  infirmités  ne  lui 
permirent  guère  de  quitter  cette  maison,  où  il  mourut  le  27  mars  1715. 

Ch.  DE  Grandmaison, 
Archiviste  d'Indre-et-Loire. 

1.  C'est  à.'' Hyacinthe  Rigaud,  le  grand  portraitiste,  qu'il  s'agit  ici  et  non 
de  son  frère  Gaspard. 

2.  Bibl.  nat.,  Fr.  24991,  fol.  i63. 


36o  CHARLES-ANDRÉ   TRAMBLIN    ET   JOSEPH    LABBÉ. 

CHARLES-ANDRÉ  TRAMBLIN  ET  JOSEPH  LABBÉ 

PEINTRES   DE   l' ACADÉMIE   ROYALE. 

A  en  croire  les  pièces  dont  nous  publions  le  texte,  Tramblin  et 
Labbé  auraient  fait  partie  de  l'Académie  royale  de  peinture  et  de 
sculpture.  Or,  on  chercherait  vainement  leurs  noms  sur  les  listes  offi- 
cielles, sur  les  procès-verbaux  de  la  Compagnie,  comme  dans  les  livrets 
des  Salons.  En  effet,  ils  n'ont  jamais  appartenu  qu'à  l'Académie  de 
Saint- Luc.  On  voit  par  cet  exemple  combien  était  fréquente  l'usurpation  • 
d'un  titre  fort  envié.  Il  ne  faut  donc  jamais  conclure  du  titre  de  peintre 
du  Roi  ou  même  de  celui  de  membre  de  l'Académie  royale  pris  par 
un  artiste  que  celui-ci  appartenait  réellement  à  l'Académie  royale  de 
peinture  et  de  sculpture.  Charles-André  Tramblin  et  Joseph  Labbé 
paraissent  d'ailleurs  avoir  occupé  une  situation  honorable  dans  la  cor- 
poration un  peu  mélangée  des  maîtres  peintres.  Le  second,  mort  en 
novembre  1767,  avait  le  titre  de  peintre  du  comte  d'Eu,  suivant  le 
procès-verbal  de  scellés  dressé  après  sa  mort,  dont  nous  avons  publié 
naguère  l'analyse ^.  Quant  à  Tramblin,  il  appartenait  à  une  de  ces 
vieilles  familles  parisiennes  qui  se  transmettaient  de  génération  en 
génération  le  goût  de  l'art  et  le  titre  de  maître  peintre,  titre  qui  ne 
laissait  pas  quelquefois,  comme  on  le  voit  ici,  que  de  leur  peser  un 
peu.  Fils  à! André  Tramblin^  mort  en  1742  après  avoir  été  professeur 
à  l'Académie  de  Saint-Luc  2,  Charles-André  était,  en  1752,  directeur 
pour  le  Roi  des  ouvrages  de  la  Chine  à  la  manufacture  des  Gobe- 
lins  3.  On  trouvera  d'autres  détails  sur  sa  biographie  dans  les  pièces 
auxquelles  nous  renvoyons  le  lecteur. 

A  Messieurs  les  Prévost  des  Marchands  et  eschevins  de  la  ville 

de  Paris. 
Suplient  humblement  Charles-André  Tremblin  tt  Joseph  Labbé, 
tous  deux  de  TAcadémie  royalle  de  peinture,  qu'il  vous  plaise 
leur  permettre  de  faire  graver  le  feu  d'artifice  que  la  Ville  se  dis- 
pose de  faire  en  rejouissance  de  la  prise  de  la  ville  et  château  de 
Tournay  par  Tarmée  du  Roy  commandée  par  Sa  Majesté,  et  en 
faire  faire  la  distribution  au  public,  et  vous  ferez  bien. 

(Signé  :)  Boisneuf. 
Soit  communiqué  au  procureur  du  Roy  et  de  la  Ville. 
Fait  le  premier  juin  1745. 

(Signé  :)  Sauvage. 
Veu  la  présente  requeste. 

1.  Nouvelles  Archives  de  V Art  français,  i885,  t.  XI,  p.  411. 

2.  Nouvelles  Archives  de  l'Art  français,  i885,  t.  XI,  p.  17-27. 

3.  Ibidem,  p.  140,  142. 


UNE  LETTRE   DE  M.    DE  TOURNEHEM.  36 1 

Je  n'empêche  pour  le  Roy  et  la  Ville  les  tins  et  conclusions 
d'icelle.  Fait  le  premier  juin  mil  sept  cent  quarante  cinq. 

(Signé  :)  Moriau. 

2  juin  1745. 

Permission  défaire  graver  et  distribuer  au  public  le  feu 
d^ artifice  pour  la  prise  de  Tournay. 

Veu  la  requeste  présentée  au  Bureau  par  Charles- André 
Tramblin  et  Joseph  Labbé,  tous  deux  de  l'Academye  royalle  de 
peinture,  tendante  à  ce  qu'il  nous  plaise  leur  permettre  de  faire 
graver  le  feu  d'artitice  que  la  Ville  se  dispose  de  faire  en  réjouis- 
sance de  la  prise  de  la  ville  et  château  de  Tournay  par  l'armée  du 
Roy,  commandée  par  Sa  Majesté,  et  en  faire  faire  la  distribution 
au  public,  ladicte  requeste  signée  Boisneuf,  procureur  en  ce 
Bureau,  conclusions  du  procureur  du  Roy  et  de  la  Ville  : 

Nous  avons  permis  aux  suplians  de  faire  graver  le  feu  d'arti- 
fice que  le  Bureau  se  dispose  de  faire  en  réjouissance  de  la  prise 
de  la  ville  et  citadelle  de  Tournay  par  Tarmée  du  Roy  que  Sa 
Majesté  commande  en  personne,  et  en  faire  faire  la  distribution 
au  public.  Ce  fut  fait  et  donné  au  Bureau  de  la  ville  de  Paris,  le 
deux  juin  mil  sept  cent  quarante  cinq. 

Signé  :  de  Bernage.  —  Baizé.  —  Pierre.  —  Sauvage. 

(Arch.  nat.,  Zih  652.) 

La  planche  dont  il  est  question  dans  les  pièces  qui  précèdent  fut 
exécutée.  Elle  est  signée  :  Tremblin  le  jeune  et  Labbé  pinx.  A  Paris, 
che!f  Tremblin;  format  in-folio.  Les  dessins  du  feu  d'artifice  avaient 
été  donnés  par  Beausire  (Jean-Baptiste-Augustin),  architecte  de  la 
ville  de  Paris  de  1706  à  lySi. 

J.  J.  G. 


UNE   LETTRE  DE  M.   DE  TOURNEHEM. 

(1746.) 
Communication  de  M.  le  marquis  de  Chennevières,  membre  de  l'Institut. 

A  Paris,  ce  25  may  1746. 
Vous  este,  monsieur,  attaché  au  roy,  ainsy  j'espère  que  vous 
ne  me  refuserez  pas  la  demande  que  je  vais  vous  faire.  Sa  Majesté 


362  BIBLIOGRAPHIE. 

m'a  mis  dans  une  place  où  je  dois  auoir  pour  objet  la  protection 
des  arts  et  au  deffaut  dé  cognoissances  aussy  parfaittes  qu'il  seroit 
nécessaire  pour  les  faire  fleurir,  je  dois  auoir  au  moins  le  discer- 
nement de  choisir  auec  qui  je  puisse  parvenir  à  la  perfection  que 
je  desirerois.  J'ay  dans  cet  esprit  que  j'ay  jette  les  yeux  sur  vous 
et  je  me  suis  flatté  que  vous  ne  me  refuseriez  pas  vos  conseils, 
que  j'ose  dire  que  vous  deuez  à  nostre  maistre.  Mon  intention 
est  devons  consulter  sur  tout  ce  qui  regardera  la  peinture,  scul- 
ture,  même  gravure.  J'ay  ordonné  à  M""  Boucher  de  me  faire  deux 
esquices  pour  deux  tableaux  nécessaires  dans  la  chambre  du  roy 
à  Marly.  Il  me  les  a  aporté  ce  matin.  Je  vous  serois  bien  obligé 
si  vous  vouliez  bien  demain  dans  la  matinée  ou  dans  l'apres 
midy,  car  je  dinneray  chez  moy,  ou  vendredy  matin  à  l'heure 
que  vous  voudrez  m'aider  à  voir  ce  que  vous  croirez  qui  pouroit 
estre  à  désirer  pour  la  perfection  de  l'ouurage.  J'attens  là-dessus 
de  vos  nouuelles,  et  suis  très  parfaittement,  Monsieur,  vostre  très 
humble  et  très  obéissant  seruiteur. 

Lenormant. 

Le  Normand  de  Tournehem  avait  été  nommé  Directeur  général  des 
Bâtiments  en  décembre  1745.  A  qui  cette  lettre  est-elle  adressée?  au 
comte  de  Caylus,  j'imagine,  à  en  juger  par  ce  que  rapporte  Cochin, 
dans  son  Mémoire  sur  Caylus,  p.  65.  {Mémoires  inédits  de  Ch.  Nie. 
Cochin^  publiés  par  M.  Ch.  Henry.) 


BIBLIOGRAPHIE. 


Inventaire  des  Richesses  d'art  de  la  France.  —  Un  nouveau  tome  de  la 
publication  de  l'État  vient  de  s'ajouter  aux  sept  volumes  précédemment  parus 
(E.  Pion,  Nourrit  et  C»,  rue  Garancière,  10).  C'est  le  tome  II  de  la  série  des 
Monuments  civils  de  la  province.  Il  renferme  les  monographies  des  Musées 
de  Nantes  et  de  Dieppe,  de  la  préfecture  de  Versailles,  de  la  bibliothèque  de 
Besançon,  de  l'hospice  de  la  Charité  de  Lyon,  du  château  de  Gien,  des  hôtels 
de  ville  de  Beaugency,  Bellegarde  et  Lorris  (Loiret).  Les  auteurs  de  ces  mono- 
graphies, très  étudiées,  sont  'MM.  Castan,  Merson,  Charvet,  Milet,  Edmond 
Michel.  Une  Table  analytique  et  raisonnée,  par  M.  Henry  Jouin,  complète 
cet  intéressant  volume.  —  P.  N. 

RoNDOT  (Natalis).  Nicolas  Bidaii,  sculpteur  et  médailleur  à  Lyon  (1622- 
1692).  Lyon,  impr.  Mougin-Rusand,  in-8%  26  p.  et  i  planche.  —  L'artiste 
jusqu'ici  peu  connu  sur  lequel  M.  Rondot  vient  d'attirer  l'attention  occupe 
un  rang  distingué  parmi  les  graveurs  de  la  ville  de  Lyon,  où  il  a  travaillé 
pendant  quarante  ans.  Après  un  chapitre  consacré  aux  détails  biographiques 


BIBLIOGRAPHIE.  363 

vient  l'énumération  de  ses  œuvres  de  sculpture,  puis  de  ses  médaillons. 
Dix-sept  de  ces  médaillons  ont  été  retrouvés  par  l'auteur  de  la  monographie 
qui  en  donne  une  description  détaillée.  Ils  prouvent  que  Nicolas  Bidau 
était  un  artiste  de  valeur  et,  pour  que  le  lecteur  puisse  en  juger  par  lui-même, 
M.  Rondot  a  joint  à  sa  notice  la  photogravure  du  portrait  de  François 
de  Baglion,  comte  de  la  Salie,  prévôt  des  marchands,  signé  :  Bidau,  i658. 
—  J.-J.  G. 

Maignien  (Edmond).  Les  artistes  grenoblois,  architectes,  armuriers,  bro- 
deurs, graveurs,  musiciens,  orfèvres,  peintres,  sculpteurs,  tapissiers,  tour- 
neurs, etc.  Notes  et  documents  inédits.  Grenoble,  X.  Brevet,  1887,  in-8°, 
384  p.  —  Le  nouveau  volume  que  M.  Maignien  vient  de  joindre  à  la  série 
déjà  nombreuse  des  monographies  provinciales  consacrées  spécialement  aux 
artistes  contient  environ  1,200  noms,  inconnus  jusqu'ici  pour  la  plupart.  Le 
plus  grand  nombre  de  ces  articles  provient  du  dépouillement  systématique 
des  archives  notariales.  Les  registres  paroissiaux  et  municipaux  de  Grenoble 
ont  aussi  fourni  leur  contingent.  D'ailleurs  l'auteur  a  indiqué  pour  chaque 
article  les  sources  de  ses  renseignements.  Inutile  d'insister  sur  l'importance 
d'un  pareil  ouvrage.  Ajoutons  que  l'intéressante  communication  faite  cette 
année  par  M.  Henri  Stein,  à  la  réunion  des  délégués  des  Sociétés  des  Beaux- 
Arts,  sur  les  maîtres  de  l'œuvre  en  Dauphiné  et  les  peintres  de  la  ville  de 
Grenoble  vient  utilement  compléter  sur  plus  d'un  point  le  précieux  dépouil- 
lement des  minutes  notariales  dû  à  M.  Maignien.  —  J.-J.  G. 

JouiN  (Henry).  Musée  de  Portraits  d'artistes  (Laurens,  éditeur).  —  Voici 
un  nouvel  ouvrage  de  cet  infatigable  travailleur.  M.  Henry  Jouin  se  fait  un 
plaisir  de  la  production  et,  là  où  tant  d'autres  trouvent  une  peine  parfois 
démesurée,  lui,  il  cherche  une  joie  immanquable.  A  voir  chacun  de  ses  volumes 
de  critique  ou  de  catalographie,  à  les  voir  aussi  denses  et  complets,  on  sent 
une  conscience  tout  heureuse  d'épuiser  tel  et  tel  sujet  successivement.  En 
lui  l'érudition  est  une  passion  continue  et  se  renouvelant  à  mesure.  Déjà  en 
1878,  M.  Jouin  avait  attaché  son  nom  à  la  mise  en  forme  du  catalogue  des 
Portraits  historiques  de  l'Exposition  universelle.  Son  Musée  de  Portraits 
d'artistes  était  en  germe  dans  cette  première  élaboration  et  la  spécialisation 
très  étendue  d'un  bon  nombre  de  ces  portraits  historiques  a  donné  naissance 
au  livre  d'aujourd'hui.  D'ailleurs  les  projets  de  M.  Castagnary,  directeur  des 
Beaux-Arts,  font,  par  un  très  heureux  hasard,  une  actualité  de  ce  volume  de 
recherches.  Pour  un  livre  d'érudition  d'art,  le  cas  est  unique,  et  l'on  n'a  pas 
de  ces  chances  sans  l'avoir  mérité!  Ni  l'artiste,  ni  l'amateur,  ni  le  lettré,  ni 
le  curieux  ne  pouvaient  souhaiter  pour  leurs  travaux  ou  leurs  documents  de 
guide  plus  précis  ni  plus  compact.  C'est  un  état  de  plus  de  trois  mille  por- 
traits peints,  dessinés  ou  sculptés  d'artistes  français.  L'un  des  meilleurs  résul- 
tats de  cet  ouvrage  sera  peut-être  de  faire  surgir  un  jeune  iconographe  assez 
désintéressé  d'ambition  pour  s'enterrer  soit  à  Versailles  soit  au  Cabinet  des 
estampes  dans  le  débrouillement  partiel  de  nos  séries  historiques  de  portraits. 
Le  volume  de  M.  Henry  Jouin  peut  donc  compter  sur  la  reconnaissance  et  les 
sympathies  effectives  de  tous  les  gens  assez  avisés  pour  prévoir  les  nombreux 
partis  à  tirer  de  cette  inépuisable  mine.  —  Henry  de  Chennevières. 


cd^ 


TABLE 
ANALYTIQUE    ET    RAISONNÉE 

DE   LA   QUATRIÈME   ANNEE 
(1887). 


SIGNES  ET  ABREVIATIONS  : 

A.  signifie  Architecte.  —  Aq.,  Aquarelliste.  —  Art.  dr.,  Artiste  drama- 
tique. —  Art.  lyr.,  Artiste  lyrique.—  Br.,  Brodeur.  —  Carie,  Caricaturiste. 
—  Cér.,  Céramiste.  —  Cis.,  Ciseleur.  —  Comp.,  Compositeur.  —  Dess., 
Dessinateur.  —  Éd.,  Éditeur.  —  Ém.,  Émailleur.  —  Fond.,  Fondeur.  — 
G.,  Graveur.  —  Gr,  en  méd.,  Graveur  en  médailles.  —  Hist.,  Historien.  — 
Imp.,  Imprimeur.  —  Jo.,  Joaillier.  —  Lap.,  Lapidaire.  —  Lith.,  Litho- 
graphe. —  Méd.,  Médailleur.  —  Men.  éb..  Menuisier  ébéniste.  —  Mod., 
Modeleur.  —  Mon.,  Monnayeur.  —  Mos.,  Mosaïste.  —  Orf.,  Orfèvre.  — 
P.,  Peintre.  —  P.  sur  porcel.,  Peintre  sur  porcelaine.  —  P.  verr.,  Peintre 
verrier.  —  Phot.,  Photographe.  —  Se,  Sculpteur.  —  Stuc,  Stucateur.  — 
Tap.,  Tapissier.  —  Verr.,  Verrier. 

Le  mot  Bibliogr.  indique  un  article  bibliographique  spécial  ou  une  men- 
tion d'ouvrage. 

Un  astérisque  (*)  précède  les  noms  de  lieux. 


ABECEDARIO. 

Abecedario,  17,  22,  38,  41,  i32. 
Abel,  72,  106.  Voy.  Caïn. 
Abel  de  Pujol,  p.,  256. 
*Abbeville,  17,  27,  28,  42, 

—  Description  des  églises  d',  28. 

—  Topographie  historique  et  archéo- 
logique d ,  27. 

Aboukir  (Bataille  d'),  255. 
Abret  (Pierre),  p.,  i5o. 
Abraham  (Lucien),  a.,  292-293. 
Académie  de   Saint-Luc,    64,    127, 

342,  36o. 
Académie    royale    de    musique   au 

XVIII'  siècle,  1 27. 
Acart,  344. 


—  AGIER. 

Achard,  archiviste,  9. 

Achard  (Jean-Baptiste),  p.,  325. 

Actes  d'état  civil  d'artistes  français, 

193-203. 
Adam,  276. 

Adam  (Jean  II),  p.  verr.,  235. 
Adenet,  p.  verr.,  227,  228. 
Adimante  foudroyé  par  Jupiter,  220. 
Adoration,   12. 

Adoration  des  bergers,  i5,  55. 
Adoration  des  mages,  i5. 
Adoration  des  rois,  i3,  280. 
Adrien  P',  pape,  262. 
Ages  (les  Trois),  254. 
Agier  (Pierre-Jean),  344. 


AGNEAU. 


AUBE. 


365 


Agneau  noùveau-né  (1"),  igo. 

Agnès,  p.,  100. 

AiUefol.  Voy.  Jacquet. 

Aillet  dit  Fréminet  (Jean),  p.  verr., 

241. 
Aillet  (Pierre  I),  p.  verr.,  241. 
*Aix,   2,  3,  4,   II,   143,    178,    i83, 

262,  283,  284,  285,  286,  314. 
Alaric,  262. 

Album  paléographique,  223-224. 
Alceste.  Voy.  Hercule. 
Alexandre  (Batailles  d'),  253. 
*Alger,  354. 
Alkan,  129. 
AUain  (Jacques),  141. 
Amboise  (cnâteau  d'),  n5. 
Amequin  (Benoît),  se,  3oi-3o2. 
Araequin  (Damien),  3oi. 
♦Amiens,  11,  16,  17,  18,  ig,  21,  22, 

23,  24,  25,  28,  42,  45. 
Amiens  {Histoire  d'),  17,  22,  25. 
—  (Histoire   littéraire   de   la  ville 

d\  23. 
Amour  de  l'or  (1'),  3 18. 
Ananias,  82. 

Ancelin  ou  Ascelin  (Jean),  poète,  160. 
Ancre  (la  maréchale  d'),  3i. 
*Andelys  (les),   17,   ig,  23,  25,  26, 

27,  42. 
André  (Frère),  p.,  55. 
André  (Philibertej,  291. 
Andrieu  (Bertrana),  gr.  en  méd.,  3 14. 
Andromaque  et  Pyrrhus,  255. 
Andry  (Jean),  29g. 
Anet  (château  d'),  64. 
Angélique  et  Médor,  257. 
Angélus  (1'),  igo. 
*Angers,  2i5,  217,  218,  21g,   220, 

222,   223,  25o. 
Anges  (deux),  3 10. 
Angiviller  (d'),  3i3. 
Angleterre  (la  reine  d'),  33 1. 
*Angoulême,  02,  206,  207. 
Angranville  {a'),  14. 
Anjou  fduc  d"),  275,  27g. 
Anjou  (M"^  Yolande  d  ),  7g. 
Annales  de  la  Peinture,  178. 
Anne  d'Autriche,  26,  43,  45. 
Annonciation,  106,  109. 
Ansiaux,  p.,  256. 
*Antibes,  10. 
Antier  (Pierre),  29g. 
Antigna  (Jean-Pierre-Alexandre),  p., 

192. 
Antigone.  Voy.  Œdipe. 
Antin  (duc  d'),  3 16. 
Antoine,  se,  74. 
Antoine,  p.,  99. 
Antoine  I,  p.,  i52. 
Antoine  1,  p.  verr.,  234. 
Antoine  11,  p.,  i5g. 
Antoine  11,  p.  verr.,  238. 
Antoine  (maître).  Voy.  Colas. 


*Anvers,  320. 

Apprenant  au  bébé  à  marcher,  igo. 
Arabe  pleurant  son  coursier,  256. 
Arbois  (Pierre  d'),   228,   22g,  23o, 

23l. 

Arbon,  prêtre,  ig5. 

Arcelin.  Vo)r.  Haslin. 

Arche  ^Antoinette),  201. 

Arche  (Jacques),  201. 

Architectes,  47-5 1,  52,  53,  go,  11 5, 
116,  iig,  290,  3o3,  323,  34o-34g, 
363. 

Architecture,  47-48,  5o-5i,  go,  ii5, 
1 16,  345-340. 

Archives  de  1  Aube,  84. 

Archives  communales  de  Toulon, 
i83. 

Archives  de  V Art  français  {Ancien- 
nes), 14,  i3o,  loi,  lii. 

Archives  de  l'Art  français  {Nou- 
velles), 2g,  124,  126,'  i3i,  i33, 
134,  i36,  i52,  i5g,  161,  162, i63, 
2o5,  324,  342,  363. 

Arcis  (Marc),  se,  3i3. 

Arcques  (Bataille  d'),  252. 

Ardiat  (Gilbert),  3oi. 

Ardoin  (Anne),  2g4. 

Ardoin  ou  Hardoin  (Simon),  se,  2g i, 
2g4. 

*Argentan,  2  5. 

Aristodème,  352. 

*Arles,  2,  144,  145. 

Arlin  (Catherine),  307. 

Arlin  (Gaspard),  se,  3oo,  3o5,  3o6, 
307. 

Arlin  fJean),  se,  307. 

Arlin  (Louis),  307. 

Armoiries,  53-54,  75,  84,  85,  106, 
107,  log,  III,  112,  114,  i5i,  i52, 
i53,  i55,  i57,  i58,  161,  i65,  168, 
i6g,  208,  23g,  243,  247,  327,  328, 
33o,  332. 

Arnoux  (J.),  58. 

Arrent  (Jeanne),  g5. 

Arrent  (Nicole),  g5. 

Art  (/'),  63,  iQi. 

Art  flamand  dans  l'est  et  le  midi  de 
la  France,  2. 

Artistes  français  à  l'étranger,  g. 

Artistes  et  artisans  employés  à  i em- 
bellissement et  à  l  entretien  des 
châteaux  royaux,  2g. 

Artois  (Robert,  comte  d'),  262. 

Arts  {les)  et  les  artistes  dans  la  capi- 
tale de  la  Champagne,  gj,  22  5. 

Aspasie,  256. 

Asselin  (Jean),  charpentier,  gi. 

Assemblée  générale  des  membres  de 
la  Société,  I2g-i35. 

Assier  (Alexandre),  hist.,  g7,  225. 

Atala,  254,  255. 

"Athènes,  254. 

Aube  (François),  p.,  323. 


366 


AUBERT.  —  BELLE. 


Aubert,  295.  299. 

Aubert  (l'aboé),  igS,  1^7,  199. 

Aubert  (Antoine),  g.,  53. 

Aubert  (François),  enlumineur,  19 5. 

*Auch,  4. 

Audin  (Louis),  194. 

Audran  (Anne),  196,  196. 

Audran  fAntoine),  g.,  202. 

Audran  (Antoinette),  196,  198,  202. 

Audran  fBenoist),  g.,  201. 

Audran  (Catherine),  196. 

Audran  (Gliarles),  g.,  195. 

Audran  (Christophe),  195. 

Audran  (Claude),  g.,   194-195,  197, 

199,  200,  202. 
Audran  (Gabriel),  g.,  197. 
Audran    (Germain),    g.,    197,    198, 

200,  201,  202,  298. 
Audran  (Girard),  g.,  iqg. 
Audran  (Grégoire),  195. 
Audran  (Hélie),  197. 
Audran  (Jean),  g.,  202. 
Audran  (KarlJ,  g.,  46. 
Audran  (Louis),  g.,  202. 
Audran  (Lucrèce),  195. 
Audran  (Marie),  194. 
Audran  (Nicolas),  ig5. 
Audran  (Olivier),  198. 
Audran  (Pierre),  198. 

Audran  (famille),  194,  195,  196. 
Aumale  (duc  d'),  168. 
Auroux  (Jean),  200. 
Auroux  (Nicolas),  g.,  200. 
Auroux  (Thaurin),  200. 
Auroy  (Anne),  201. 
Austerlitz  (Bataille  d'),  25<j. 
*Avignon,  180.  Voy.  Musée. 
*Avon,  85,  164,  171. 
*Avraaches,  56. 
Aycard,  se,  340. 

B...  (Michel),  2. 

Bacchus,  2,  178. 

Bachaumont,  346. 

Bacheley,  p.,  i5. 

Bachot  (Jacques),  se,  65,  78,  79,  80, 

159. 
Bachot  (Louis),  p.,  i55. 
Bachot  (Marc),  se,  86. 
Bachot  (Y von),  se,  87. 
Baglion.  Voy.  Salle  (comte  de  la). 
Bagnolet  (château  de),  64. 
Bailly  (Catherine),  297. 
Bailly  (Huguenin),  se,  71. 
Bailly  (Jacques),  p.,  2o5. 
Bailly  (Nicolas),  se  et  p.,  204-205, 

32A. 

Baize,  36 1. 

Bajazeth  et  le  Berger,  257. 

Balet  (Anne),  202. 

Ballet  (Sébastien),  202. 

Balme  (Anne  de),  294. 

Balze  (Georges-Joseph),  3ao, 


Balze  (Paul-Jean-Etienne),  p.,  320. 

Banville  (Jean  de),  57. 

Bapst,  288. 

*Bar- sur-Aube,  100,  io3,  io5,  234. 

Barat,  orf.,  70. 

Barbe  (Hennequin  du  Pins,  dit  La), 

p.  verr.,  234. 
Barbe  (Jean  du  Pins,  dit  La),  p.  verr., 

234. 
Barbeaux  (abbaye  de),  164. 
Barbin,  3i. 
*Barbizon,  191. 
Barbizon  (la  plaine  de),  jgo. 
Barentin  (de),  210,  211. 
Bargues  (Françoise  de),  194. 
Bargues  (Mahiet  de),  mus.,  194. 
Barillet  (Etienne),  fond.,  90-91. 
Bariot  (Barthélémy),  291. 
Baron  (Adrienne),  290. 
Baron  (Justine-Louise),  320. 
Baron  (Pierre),  24. 
Baron  (Stéphane),  p.,  319. 
Barrau  (Jehan),  23. 
Barreau  (Guillaume),  maçon,  90. 
Barrier  (Guy),  p.,  294. 
Barrillier  (labbé),  292. 
Barry,  341,  342. 
Barry  (Claude),  2o3. 
Barry  (Jacqueline),  2o3. 
Baruel  (l'abbé),  58. 
Baudesson,  40. 
Baudicour  (de),  2,  11. 
Baudrier  (Jean),  p.,  11 3. 
Baudry  (Jean-Baptiste),  180. 
Baudry  (Paul),  p.,  64. 
*Baugency,  48. 
Bavon    (Antoinette   Chrittin).   Voy. 

Chrittin, 
Bazin  (François),  se,  3o6-3o7. 
Beau  Jehan  (Jean),  p.,  102. 
Beaucorps  (Nicolas),  maçon,  90,  91, 

92. 
Beaudin,  282,  285. 
*Beaugency,  362. 
Beaulieu  (A.  Portier  de),  63. 
Beaulieu  (C.  de),  61. 
■^'Beaume-les-Dames,  357,  358. 
Beaumont  (Jean  de),  p.,  i55. 
Beaunier,  p.,  256,  258. 
Beaurepaire  (de),  288. 
Beausire  (Jean -Baptiste -Augustin), 

a.,  36i. 
*Beauvais,   16,   17,   18,  19,  20,  ai, 

23,    28,    252. 

Beauvais  (de),  notaire,  323. 
Beauvoisis  {Supplément  à  l'histoire 

du),  21,  23. 
Becquerel,  270. 
Becquerel  (Françoise),  p.,  22. 
Belasque  (Claire  de),  291. 
Bellange,  p.,  21. 
Bellange  (Jae),  p.,  11. 
Belle  (Thomas),  328. 


BELLE-CROIX.  —  BOUCHER. 


367 


Belle-Croix  (Jehan-Clément  de),  200. 
"Bellegarde,  362. 
Bellevue  (château  de),  121. 
Bellier  de  la  Chavignerie,  biographe, 

124. 
Belligny,  lap.,  176. 
Belloni,  mos.,  183-184. 
Bellori,  historien,  26. 
Belly  (Jehan  de),  p.,  1 1 7. 
Belly  (Ysabelle),  1 17, 
Belzunce  (Mgr  de),  314. 
Bénard  (Philbert),  se,  03. 
Benart  (Philippe),  p.,  gb. 
Benne  (Jean),  p.,   100. 
Benoist  (J.   et  P.),   igb,    199,  292, 

2g5,  296. 
Berain,  dess.,  i38-i3g,  327-33o,  332. 
Béraldi   (H.).    —  Les  graveurs    du 

XIX*  siècle.  Bibliogr.,  192. 
Berenger,  32. 
Berger  (Suange)  (?),  3o2. 
Berger  (le  jeune),  21 3. 

—  assis  au  pied  d'un  arbre,  11. 
Bergerat  (Emile),  128. 
Bergère,  190. 

—  tricotant,  igo. 
♦Berlin,  186. 
Bernage  (de),  36 1. 
Bernard,  a.,  327,  329. 
Bernard  (maître),  p.,  98. 
Bernard  (Abraham),  maître  maçon, 

290. 
Bernard  (Marguerite),  62. 


Bernard  ^Samuel),  64. 

Bernard  (l'abbé),  295. 

Berny  (Quentin),  se,  86. 

Berruer,  se,  218. 

Berry  (duc  de),  63,  255. 

Berry  (duchesse  de),  33 1,  332. 

Berry  (Jean),  p.,  1 17. 

Bertaud  ^Jeanne),  304. 

Berthomiers,  i3o. 

Berthon,  p.,  2  57. 

Bertrand  (Vabbé),  2o3,  3o2,  304, 3o6. 

Berty,  129. 

Bery  (Jean),  se,  117. 

*Besançon,  287,  357,  358,  362. 

Béthenon  (Héhe),  195. 

Béton  (Catherine),  294. 

Beulé  (Ernest),  3i5. 

Bezard  (Jean-Louis),  p.,  3iq. 

Biau  Temps  (Girard),  se,  60. 

Bibienna,  a.  et  p.,  i25. 

Bibliographie,  63-64,  128,  192,  223- 

224,  287-288. 
Bichu  ou  Bichue,  p.,  56. 
Bidau  (Adrien),  2g3. 
Bidau  (Alexandre),  202. 
Bidau  (Marie),  292,  3o3. 
Bidau  (Nicolas),  se,  292-293,  3o3, 

3o6. 
Bidau  (Pierre),  293. 
Bidault,  2o5. 


Bignon,  208,  209. 
Bigre  (M""  veuve),  61. 
Billet,  doreur,  327. 
Billets  d'enterrement  des  Académi- 
ciens, 205. 
Billiard  (René),  200. 
Bizeau  (Noël),  maçon,  90. 
Bizet  de  Barbonne  (Jean),  chanoine, 

67. 
Biaise  (Antoine),  notaire,  295. 
Blaiseau  (Jean),  p.,  i65. 
Blanc  (Charles),  188,  189,  3 14. 
Blanc  Mantel  (Jean),  p.  verr.,  235. 
Blanche  (la  reine),  261. 
Blanche  de  Castilie,  256, 
Blanche.  Voy.  Roslin. 
Blanchefort  (marquis  de),  359. 
Blanchet  (Jacques),  196. 
Blanchet  (Th.),  p.,  ii. 
Blancpignon  (Colas),  p.  verr.,  244 
Blancpignon  (Etienne),  p.,  166. 
Blancpignon  (Joachim),  orf.,  299. 
Blancpignon  (Marie),  299. 
Blancpignon  (Nicolas  II),  p.,  iSg. 
Blancpignon  (Parceval),  p.,  134. 
Blancpignon  (Pierre  I),  p.,  108. 
Blasset  (Nicolas),  se,  ii,  17. 
Bled  (Geneviève),  307. 
Blesie  (Michelet),  maçon,  90. 
*Blois,  29,  37. 
Blondel,  p.,  256,  3 16. 
Bobillier  (Françoise),  358. 
Bocanegra  (Athanase),  p.,  55. 
Bocquet,  p.,  120,  122,  i23,  i25. 
Boevin  (^Guillaume),  57. 
Boion  (l'abbé),  3o2. 
Bois-Fremont  (de),  p.,  258. 
*Boisemont,  33q. 
Boisneuf,  36o,  36 1. 
Boissieu  (J.-J.),  p.,  11. 
Boivin  (Jean),  p.,  io5. 
Bollery  (Hyerosme),  p.,  ii8. 
Bologne  (Jean  de),  se,  354. 
♦Bologne,  253. 
Bonardel  (Claudine),  295. 
Bonaventure  (le  Père),  p.,  17,  19,  32. 
Bonin  de  Chalucet  (Armand-Louis), 

évèque  de  Toulon,  5o. 
Bonnemain  (Marie),  3o8. 
Bonnemer,  p.,  2o5. 
Bonneville  (Antoine),  se,  52. 
Bonnivet,  25 1. 
Bonvalot  (Marie),  298. 
Borde,  3oo. 

Bordin  (Marie  Roze,  veuve),  323. 
Boreau,  ^i. 
Bornet  (Claude),  322. 
Bosio  (baron  François-Joseph),  se, 

184-185,  220-222,  202,  349. 
Bosse  (Achille-Jean),  a.,  52. 
Bossuet,  217,  3i3. 
Botticclli,  p.,  61. 
Boucher  (François),  p.,  55,  36a. 


368 


BOUCHARDON.  —  CALISSANNE. 


Bouchardon,  se,  3i5. 
Boucher  (Jean),  p.,  ii. 
Boucher-Desnoyers,  g.,  192. 
Bouchel,  p.,  iby. 
Boudon,  p.,  120,  122. 
Bouguereau,  p.,  58. 
Boulanger  (Nicolas),  117. 
Boulanger  ou   Boullenger  (Robert), 

p.,  1 16,  1 17. 
Boullet  (Bernarde),  95. 
Boulogne  (Geneviève),  p.,  178. 
*Boulogne,  3i^. 

Bourbon  (Antoinette  de).  Voy.  Guise. 
Bourbon-Montpensier  (duc  de),  356- 

357. 
Bourdicte  (Benoite),  3o2. 
Bourdin  (l'abbé),  291. 
Bourdon  (Sébastien),  p.,  140. 
*BourgeSj  12,  63. 
Bourgogne  (ducs  de),  5. 
Bourguignon  (de),  11. 
*Bournainville,  25.  > 
*Bouvines,  25 1,  272,  273. 
Bouzonnet-Stella  (Antoine),  p.  et  g., 

198. 
Bouzonnet-Stella  (Antoinette),  p.  et 

g.,  200. 
Bouzonnet-Stella  (Claudine),   p.  et 

g.,  198. 
Bouzonnet  (Etienne),  orf.,  198,  199, 

200. 
Bouzonnet-Stella   (Françoise),   p.  et 

^S-,  199-         .    , 

Boyer  (Françoise),  141. 

Boyer  d'Eguille  (messire),  3. 

Boyron  (Jean),  202. 

Bra  (Théophile),  se,  35 1,  353,  354. 

Bramereau  (Antoine),  3o2. 

Bramereau  (Françoise),  3o2. 

Branchi  (Philippe),  lap.,  171-177. 

Branchy  (Marc),  177. 

Brascassat,  p.,  n . 

Brébœuf,  p.,  3 10. 

Brefïect  (Jehan),  p.,  193. 

Bréghot  du  Lut.  —  Le  livre  de  rai- 
son de  Jacques-Charles  Dutillieu. 
Bibliogr.,  63-64. 

Bretagne  (duc  de).  Voy.  Mariage  de 
Jean  IV. 

Breton  Œtienne),  se,  3o6. 

Breton  (Jean  le),  maçon,  90,  91,  92. 

Breton  (Suzanne),  3o6. 

Briais  ou  Briois  (Jean),  p.,  i5o. 

Bric-à-brac,  216. 

Bridan,  se,  218. 

Brion  (G.),  p.,  191. 

Briot,  g.,  12. 

Briot  (François),  orf.,  i33,  287-288. 

Brisetout  (Guillaume),  p.  verr.,  226, 

227,    228,   232. 

Brisetout  (Guyot),  p.  verr.,  226,  227, 

229,   232,   233. 

Brisetout  (Jean),  p.  verr.,  235. 


Brissonnet  (Jean),  dit  Savine,  se,  85. 

Britannicus  (Mort  de),  256. 

Broisin  (Pierre),  197. 

Brongniart,  52. 

Bronod  (Edme-Louis),  206. 

Brouard  (Jean-Baptiste),  57. 

*Bruges,  2. 

Bruisselles  (Henri  de),  a.,  67. 

Bruisselles  (Jean  de),  se,  67. 

Brun  (Françoise-Jeanne),  52, 

Brun  (Jacques-Martin),  53. 

Brun  (Marguerite),  297. 

Brun  (O.),  49. 

Brunet  (Marie),  292,  295. 

Brunetti   (Paul- Antoine),   p.,    119, 

120,    121,    124,    125. 

Brunner  (M""  Joséphine),  319. 
Brunot  (Guillaume),  338,  33q. 
*Bruxelles,  5,   121,   187,    188.  Voy. 

Musée. 
Bruyant  (Jean),  se  et  p.,  324. 
Bruyère,  2  53. 
Bruyère,  a.,  347. 
Bruyerre  (Louis),  a.,  129. 
Buat,  329. 
Bûcheron  (le),  190. 
Budé  (Guillaume),  4. 
BufFaire  (Lucia),  294. 
Buisson  (Antoine),  p.,  i65. 
Buisson  (Jules),  40. 
Buisson  (Michel),  p.,  166. 
Bulletin  (le),  i33. 
Bulletin  de  la  Société  de  VHistoire 

de  Paris,  49. 
Bureau  (Mary),  92, 
*Burgos,  245. 
Buirette,  avocat,  339. 
Burney  (François-Eugène),  g.,  58. 
Burnout  (Jacques),  a.,  57. 
Bury  (Girard  de),  343. 
Buschet  (Guillaume),  23,  24. 
Butavant  (Meraud),  fond.,  295. 
Butay  fJehan),  p.,  94. 
Butay  (Suzanne),  94,  177. 
Buyet  (François),  3o3. 
Buysson  (Jean-Baptiste),  194. 
Buyster  ^Françoise),  180. 
Buyster  (Philippe),  se,  i8o. 

Cadet.  Voy.  Cardet. 

*Gaen,  3,  i3,  14,  i5,  349. 

Caignart  (Claude),  21. 

Cain,  72,  106. 

Gain  après  le  meurtre  d'Abel,  256. 

Cailhiol,  se,  178-179. 

Caille  (Nicolas),  202. 

Caillet,  notaire,  204. 

Caillet  fJean),  p.,  159. 

Caillot  (famille),  141. 

Caillouette,  se,  212,  3i6. 

Caietan.  Voy.  Brunetti. 

Caldelari,  se,  219. 

*Calissanne,  144,  145,  146,  180,  182. 


CALLOT.  —  CHATILLON. 


Callot  (Jac),  p.,  II. 

Calmet  (Dom),  79. 

Calmont  (P.),  3o5. 

*Cambrai,  224. 

Cambray  (Balthazar  de),  se,  248. 

Camos,  p.,  i38. 

Campardon  (Emile),  127. 

Camus  (Pierre),  p.,  ii3. 

Canet  (Denis),  p.,  162. 

Canova,  se,  2x3,  214,  314. 

Canteraine  (Marguerite),  p.,  22. 

Garaccio  (Annibal),  p.,  6. 

Cardet  (Jean),  p.,  107. 

Cardeuse,  190. 

Carion  (Louise),  277. 

Caris  (Joseph),  se,  281-286. 

Carouiilet  (Barbe),  322. 

Garpeaux,  se,  314. 

Carra  (Suzanne),  295. 

Carrache  (Annibal),  3 10. 

*Carrara,  182. 

■''Carrare,  3i5. 

Carre  (L.),  299. 

Carrel  (Anne),  291. 

Carron  (Marguerite),  295. 

Cars  (François),  g.,  201. 

Cars  (Jean),  201. 

Cars  (Jean-François),  g.,  206. 

Cars  (Laurent),  g.,  200-208. 

Cartellier,  se,  262,  35o. 

Carteron  (Jean),  202. 

Cartier  (Cnristofle),  batteur  d'or,  195. 

Casanova,  p.,  120. 

Castagnary,  directeur  des  Beaux- 
Arts,  363. 

Castan  (Auguste),  287,  288,  357, 
358,  362. 

^Castres  (Girondej,  55. 

Catherine  de  Médicis,  i56. 

Catherine,  reine  de  Pologne,  334. 

*Caudebec,  288. 

Caumette,  p.,  11. 

Caumont  (Sébastien  de),  charpen- 
tier, 91. 

Caupain  (Colinet),  se  et  p.,  78,  11 3. 

Caupain  (Jean),  p.  et  se,  75,  80, 
1 13. 

Caupain  (Jean  J),  p.  et  se^  73,  74, 
X08-1 10. 

Caupain  fJean  II),  p.,  114. 

Caupain  (Pierre),  p.  et  se,  74,  75, 
80. 

Caupain  (Pierre  I),  se  et  p.,  108- 
109,  I13-I 14. 

Caupain  (Pierre  II),  p.,  164. 

Cautet  (Jacquet),  p.,  104. 

Cauvin,  p.,  64. 

Caylus  fcomte  de),  362. 

Cellier  (Léonard),  292. 

Cellier  (Marguerite),  292. 

Celloni  (J.),  p.,  u. 

Cène   la),  18,  59. 

Ceur  (Anne  de),  290. 

ART   FR.    IV 


369 


Chabaud  (M.  et  M°"  Honoré),  192. 

Chabrol  (comte  de),  3i5. 

Chabry  (Elisabeth),  299. 

Chabry  ^Madeleine),  299. 

Chabry  (Marc),  se,  299,  3i3. 

*Chaillot,  33 1. 

Chalette,  p.,  24,  26. 

Chalette  (Jean),  164. 

Chalette  (Nicolas  I),  p.,  164. 

Chalon  (Claude),  p.,  160,  i63. 

Ghalucet.  Voy.  Bonin. 

Cham,  p.,  64. 

Chamant  (Jos.),  p.,  11. 

Charabigues  fPierre),  maçon,  92. 

Champagne  (Guillaume  de),  arche- 
vêque, 263. 

Champagne,  p.,  309,  3 10. 

Champaigne  (Philippe  de),  p.,  5,  29. 

Champaigne  (J.-B.  de),  p.,  323. 

Champenois  (Jean),  307. 

*Champigny,  357. 

Champlâtreux  (château  de),  275. 

Chanal  (François),  3o8. 

Chanau  (Claude),  maître  maçon,  297. 

Chantelou  (de),  5,  8,  35. 

Chantilly  (château  de),  64,  i85. 

Chantre  (Pierre),  3o8. 

Ghaource  (Robert  de),  serrurier,  232. 

Chaperon,  p.,  6. 

Chapponnet  (Jean),  maçon,  94. 

Ghapu  (Henri),  se,  58-ôo. 

Chapuy  (Claude),  se,  3oo. 

Chapuy  (Madeleine),  3oo. 

Gharavay  (Etienne),  3ii,  3 12,  314. 

Gharavay  frères,  287. 

Chardigny,  se,  i8o. 

Ghardigny  (Barthélémy -François), 
se,  143-147,  340,  341. 

Chardigny  (Pierre-Joseph),  se,  143. 

Gharm  (Amable),  199. 

Charité  (la),  5i,  328. 

Charlemagne,  261,  262. 

*Gharleroi,  187. 

Charles  VI,  63,  88. 

Charles  VII,  63,  25 1. 

Charles  VllI,  75,  107,  no,  ii5. 

Charles  IX,  160,  161,  i63-i65,  167, 
168-170,  276,  277. 

Charles- Quint,  enipereur,  157. 

Gharles-Q.uint  et  François  I",  255. 

Charlier  (Etienne),  menuisier,  322. 

Gharlier  (Jean),  se,  322. 

Gharraeton  (Richard),  p.,  3o6. 

Gharretel  (Jean),  p.  verr.,  2  33. 

Charton,  18. 

Gharvet,  362. 

Ghastel,  p.,  11. 

Ghastel,  se,  281. 

Ghastel  (Jean -Pancrace),  se,  180- 
i83,  340,  341. 

Ghasteney  (Jane),  196. 

Ghateaurou,  7g. 

*Châtillon,  3i5. 

24 


370 

Chaudet,  se,  3i5. 
Chaumont  (de),  106. 
Chausse  (l'aobé),  293. 
Chavanne  (Hélène),  294. 
Chavanne  (JeanJ,  g.,  2o3. 
Chavanne  (Philippe),  2o3. 
Chelles  (monastère  de),  262. 
Chénier  (André^,  212. 
Chennevières  (Charles-Philippe,  mar- 

?uis  de).  —  Quentin  Warin,  L. 
'insonius,  J.  Daret,  R.  Levieux, 
J.  de  Saint-Igny,  Letellier,  1-47. 
—  Tableaux  français  à  Québec, 
309-3 10.  —  Une  lettre  de  M.  de 
Tournehem,  36i-362.  —  Son  nom 
cité,  i3o,  i85,  288. 

Chennevières  (Henry  de).  —  Berain, 
Simon,  Francart,  Camos,  Lehon- 
gre,  Slodtz,  Pauillon,  Silvestre, 
Scotin,  Ducreux,  1 38- 140.  —  Du- 
tour,  Pauillon,  Perrot,  Pillement, 
peintres;  les  Slodtz,  Poulain,  Du- 
creux, Dumont,  sculpteurs;  Berain, 
Cochin,  dessinateurs;  Bernard,  ar- 
chitecte, 327-337.  —  Bibliogr., 
363. 

Chenu  (Jaccjues),  se,  322. 

Cherrier-Dien,  g.,  192. 

Chervet  (Gabrielle),  197. 

Chesne  (Virgine),  201. 

Chevalier  fDamien),  3o2. 

Chevalier  (Nicolas),  p.,  94. 

Chevallier  (Antoine),  p.,  162. 

Chevillon  (Jean),  p.,  i65. 

Chevillon  f Pierre),  p.,  )65. 

Chevret  (Manclou),  p.,  170. 

Chevrier  (Noël),  19». 

^Chicago,  309. 

Chifflart,  g.,  192. 

Chilly-Mazarin  (château  de),  i36. 

Chinard,  se,  3i5. 

*Chinon,  11 5. 

Chiverny  (le  chancelier  de),  277. 

Chorelle  (Catherine),  289. 

Choiseul  (duc  de),  i25. 

Choisy  (l'abbé  de),  14. 

Chrestien  (Jean),  3o3. 

Chrestien  (Nicolas),  se,  3o3,  304, 
3o5. 

Chrétiens  (le  rachat  des),  309. 

Christ  (un),  325. 

—  et  la  Samaritaine  (le),  55. 

—  couronné  d'épines,  23. 

—  (Flagellation  du),  ig. 

—  à  la  piscine,  16. 

—  à  la  colonne,  20. 

—  en  croix,  17,  19,  20,  23,  24,  27, 
42,  45,  56,  57,  222. 

—  dans  les  cieux,  5. 
Chrittin  (Antoinette),  296. 
Chrittin  (Claudine),  296. 
Chrittin  (Jean),  se,  296. 
Gibret  (Girard),  se,  199. 


CHAUDET,  —  COLSON. 


Ciche,  7, 

Circoncision  (la),  2. 

Ciseleurs,  52,  287,  288. 

Ciseron  (Jeanne),  197,  198,  201,  202. 

Clair  (Claude  du),  199. 

Clapier,  3. 

Clastrier,  se,  177. 

Claude,  se,  76. 

Clémenson,  298. 

Clémenson  (l'abbé),  197,  201. 

Clément  (Charles),  272. 

Clément  (Etienne),  3oo. 

Clément  (Thibault),  tap.,  io5. 

Clerc  (Barthélémy),  200. 

Clérian,  2. 

Clérion  (Jacques),  se,  177-179. 

Clésinger,  se,  3i5. 

Ciignot   (François -Henry),    facteur 

d'orgues,  53. 
Climençon,  p.,  98. 
Cloquemain  (Françoise),  199. 
Cloquemin  (Rayné),  294. 
Clotaire  III,  262. 
Clotilde,  262. 
Clovis,  261,  262,  265-267. 
Clovis  II,  261,  262. 
*Cluny,  263. 
Cochet  (Catherine),  248. 
Cochet  (Christophe),  se,  248. 
Cochet  (Jeanne),  295. 
Cochin,  i33. 
Cochin,  dess.,  327,  337. 
Cochin  (Ch.-N.),  362. 
Cochin  (Jacques  I),  p.,  148,  i5o,  i5i, 

i53,  i54,  i57-i58. 
Cochin  (Jacques  II),  p.,  i65. 
Cochin  (Jacques  III),  p.,  161. 
Cocquille  (Edmond),  p.,  167. 
Codony,  36. 
Coelemans,  g.,  3. 
Coffinet  (l'abbé),  225,  228. 
Cogiola  (Jean-Auguste),  se,  218-219. 
Cogniet  (Léon),  p.,  5g. 
Cogomblis  (Jehan  de),  23. 
Cohard  (l'abbé),  290. 
Cointe  (Françoise),  294. 
Cointet  (Jean),  p.  verf.,  233. 
Colas  (A.),  p.,  56. 
Colas  (Antoine),  se,  73,  76. 
Colas  (Oudart),  se,  73,  76. 
Cole  (T.),  g.,  190. 
Colin,  337. 

Colin  (Charles),  p.,  i63. 
Collet  (Genêt),  se  et  p.,  i55. 
Colin  (Jean),  se,  i63. 
Collaud  (Anne),  2o3. 
Collet  (Jaquème),  197. 
Collet  (Mérode),  ig4. 
Collot  (Simon),  se,  86. 
Cologne  (Henriet  de),  se,  71. 
♦Cologne,  12. 
Colot.  Voy.  Blancpignon. 
Colson,  p.,  257, 


COMBA.  • 

Comba,  g.,  128. 

Comba  (Eléonore),  298. 

Comba  (Pierre),  maître  maçon,  198. 

Combat,  294. 

Compain.  Voy.  Caupain. 

*Compiègne,  23. 

Comptes  des  Bâtiments,  94,  gS,  96, 

171. 
Concorde  (l'abbé),  291. 
Condé  (Mgr  le  prince  de),  i85. 
Conrad  de  Strasbourg,  se,  67. 
Constantin,  p.,  11. 
Constantin,  262. 
Contant  d'Ivry,  a.,  346. 
Coppin  (Jeanne,  femme  de  Henriet), 

p.  verr.,  238. 
Copain,    Copen,    Copin,    Coppain. 

Voy.  Caupain. 
Coppin  (Henriet),  p.  verr.,  238. 
Coral  (Benoist),  201. 
Cordonnier  (Etienne),  se,  8i. 
Cordonnier  (Jacquet),  p.  et  se,  76, 

110. 
Cordonnier  (Jacquet  I),  se,  71,  io5. 
Cordonnier   (Jacquet  II),   p.  et  se, 

72,  106,  107. 
Cordonnier  (Jacquinot),  se,  80-81. 
Cordonnier  (Nicolas),  p.,  69,  72,  102, 

log,  148,  169. 
Cordonnier   (Nicolas  II),   se.    et  p., 

74,  75,  76,  iio-ii3,  i63. 
Cordonnier  (Nicolas  III),  p.,  160-161. 
Cordonnier  (Vincent),  p.,  11 3. 
Cordonnier  (Victor),   p.  verr.,   jb, 

1 10,  244. 
Cordouanier.  Voy.  Cordonnier. 
Corlieu  (Girard  de),  167. 
Corneille.  Voy.  Flamand. 
Cornille,  notaire,  295. 
Cornu  (Mgr  Gaultier),  261. 
Cornuaille  (Martin  de),  orf.,  io3. 
Corot,  p.,  04,  192. 
Corrège  He),  p.,  25,  28,  253. 
Correns  (Var),  32  5. 
Correspondance   de   V Académie  de 

Rome,  i33,  i34,  i35. 
Cortot  (J.-P.),   se,   i85,  214,  221, 

3i6. 
Cossard   (Pierre-Mathieu),   p.  verr., 

233. 
Coste  (Jacques),  354. 
Costumes  (les),  12. 
Cotelle,  p.,  1 14. 
Cotelle  (Augustin),  p.,  170. 
Cotelle  fClaude),  p.,  170. 
Cotelle  (Erard),  p.,  107. 
Cotelle  (Guyot),  p.,  i5o,  i5i,  154. 
Cotelle  (Jean  I),  p.,  108. 
Cotelle  (Jean  II),  p.,  167. 
Cotelle  (Jean  III),  p.,  168. 
Cotelle  (Pierre),  p.,  i5o,  i5i,  154, 

i55. 
Cotelle  (Yrardot),  p.,  170, 


DANSE. 


371 


Cottier  (Antoine],  3oo. 

Coudret  (Jean-Pierre),  se,  52. 

Couet  (Henry),  se,  180. 

Coupin  (A.),  270. 

Courbet,  p.,  3 16. 

Couronnement  d'épines  (le),  19. 

Court,  p.,  128. 

Courtalon,  76. 

Courtisane  (la),  3 18. 

Courtry,  g.,  192. 

Cousin  (Jeanne),  292. 

Coustou  (François),  se,  298-299. 

Coustou  (François),  maître  menui- 
sier, 299,  3o2. 

Coustou  ^Guillaume),  se,  3o2. 

Coustou  (Nicolas),  se,  299. 

Cousturier  (Clauda),  291. 

Coutances,  56. 

Couture  (Thomas),  p.,  3 18. 

Couture,  a.,  346. 

Couzon  (Antoinette),  197. 

Coyecque  (E.).  —  Notre-Dame  de 
Paris,  88-94.  —  Médaillons  pour 
l'Hôtel-de-Ville  de  Paris,  i36-i37. 
—  Extrait  de  l'inventaire  après  dé- 
cès de  Mathieu  Mole,  275-280.  — 
Tulié,  Chenu,  Baillet,  sculpteurs; 
Julien  de  Hongrie,  Charles  Errard, 
J. -B.  de  Champaigne,  peintres; 
Louis  Rocher,  architecte,  322-324. 

Coypel,  p.,  3 10. 

Coypel  (Charles),  p.,  249. 

Coypel  (Noël),  p.,  64. 

Coyzevox  f Antoine),  se,  i36,  2q5. 

Coyzevox  (Claudine),  298,  299,  3o2. 

Coyzevox  (Guillaume),  se,  298,  3o2. 

Coyzevox  (Pierre),  maître  menuisier, 
2q5,  2q8,  290. 

*Creil,  18. 

Creney  (Guillaume  de),  chanoine, 
229. 

Crépin,  p.,  122. 

Crespières.  Voy.  Desons. 

Cressy  (Simon),  maçon,  92. 

*CreveIt,  186. 

Criqueville  (président  de),  i3. 

Croquet  (Françoise  du),  22. 

Crucifix  (un),  21,  28. 

Cuet  (A.),  prêtre,  196. 

Cypansse,  3 12. 

Daire  (le  Pére)^  hist.,  22,  23. 
Damas  de  Marillac  (l'abbé  Roger  de), 

307. 
*Damas,  263. 
*Damblain,  287. 
Damery  (Jean   de),   p.    verr.,    101, 

228-229,   232. 

*Damiette,  273,  274,  275. 
Dan  (le  Père),  39. 
Dandré-Bardon,  p.,  11,  45. 
Daniel,  prophète,  279. 
Danse  (la),  21 3,  214. 


372 

Danseurs,  127-128. 

Danthon  (Barthélemie),  298. 

Darcel  (Alfred),  3,  28. 

Daret  (Daniel),  p.,  5. 

Daret  (J.),  p.,  i-47- 

*Dargatoire,  3o6. 

Daubigny    (Charles  -  François),    p., 

192,  3i8. 
Daubruissel  (Aucher),  p.  verr.,  232. 
Dauge  (Claude),  p.,  i6b. 
Dauge  ou  Daulge  (Girard),  p.,  i5i, 

i52-i53. 
Dauge  (Jean),  p.,  i5d.,  170. 
Dauge  (Marc),  p.,  104. 
Dauge  (Nicolas),  164. 
Daumier,  g.,  192. 
Dauphin  (Mgr  le),  327. 
Dauphine  (M°"=  la),  828,  329. 
Dauttier  (Barthélémy),  se,  197. 
Dauzats,  g.,  192. 
David  d'Angers  (  Pierre-Jean  ),   se, 

188,  189,  212-214,  216,  217. 
David  (Rooert),  se,  189. 
David   (J. -Louis),  p.,   129-130,  186, 

187,  218,  269,  3i6,  317. 
David  (baron  Jules),  p.,  129-130. 
David  de  Marseille,  p.,  n. 
De  Bay  (Jean-Baptisie-Joseph),  se, 

3i6. 
Décadence  des  Romains  (la),  3 18. 
Decamps,  p.,  192,  3iG. 
Décorations  du  Panthéon  {les),  i85. 
Dédale  et  Icare,  216. 
De  Dreux-Dorcy,  p.,  257. 
Degérando  (Aymé),  a.,  3o3. 
Deioux,  se,  i85. 

Delachapelle  (Edme-Henri),  cis.,  52. 
Delachapelle  (François-Louis),  02. 
Delachapelle   (Louise-Denise-Henri), 

52. 

Delacroix  (E.)^  p.,  192,  3 16. 

Delafon,  notaire,  322, 

Delambre,  217. 

Delamarre  (Nicolas),  172. 

Delamonce  (Ferd.),  p.,  ti. 

De  Lamotte  (Jean),  249. 

De  La  Place  fHennequm),  se,  67. 

Delaroche  (P.),  p.,  192. 

Delaroche,  prêtre,  194. 

De  la  Rose  (J.-B.),  p.,  11. 

Delatouche  (Marie-Jeanne-Françoise), 

52. 

Delaulne  (Et.),  g.,  u. 

Delaune  (Jacques  Vevelet  ou  Veveut, 

dit),  se,  304. 
Deléry  (Catherine),  170. 
Déleste,  hist.,  270. 
Delestre  (Maurice),  3 12. 
Deley,  se,  219-220. 
Delille  (l'abbé),  217. 
Delisle,  223. 
Déluge  (Scène  du),  254. 
Delyé  (Pierre),  maçon,  90. 


DANSEURS.  —  DISCIPLES. 


Demidoff  (Anatole),  222. 
Demur.  Voy.  Lacoste  (veuve). 
Denain  (Bataille  de),  252. 
Denant  (Louis-Pierre),  p.,  319. 
Deneuache,  196,  291,  296,  297. 
Denisot,  p.,  100. 
Denon,  p.,  46. 
De  Piles,  17. 

Deponsony  (Catherine),  196. 
Déposition  de  croix,  55. 
Déposition  du  Christ,  80. 
De  Remefort,  33,  35,  36,  37. 
Dermais  ou   Dermes   (Pierre),  orf., 

293. 
Deruet  (Claude),  p.,  n8. 
Desasse  (Claude),  3o3. 
Desasse  (Marc),  se,  3o3. 
Desbœufs   (Antoine),   se,   187-188, 

220. 
Desboutin,  g.,  192. 
Descente  de  croix,  55,  144,  145,  147, 

3io. 
Descente  du  Saint-Esprit,  175. 
Deschamps  (Antoine),  202. 
Description  de  la  France,  5,  19,  22. 
Desnoyers,  41. 
Desous  (Charles),  sieur  de  Crespiè- 

res,  39. 
Desprele  (Benoiste),  201. 
Desprez  (Marguerite),  53. 
Dessinateurs,  22,  138-140. 
Dessins,  22,  i38,  i39,  208,  210. 
Destailleur  (Hippolyte),  16. 
Destourbet    ou    Duturbet  (Gabriel), 

p.,  298. 
Dessvargues  (Anne),  202. 
Dessvargues  (Claude),  g.,  202-2o3. 
Dessvargues  (Jacqueline),  2o3. 
Dessvargues  (Jean),  g.,  2o3. 
Desvaux  (A.),  p.,  56. 
Det.  —  Jacques  Prou,  se,  203-204. 
Détaille,  g.,  192. 
De  Tierceville,  p.,  41. 
Detot  (M"'),  p.,  41. 
Devéria  (Achille),  p.,  192. 
Devert  (Jean),  3o5. 
Devobes  (Renée),  162. 
Devosge  père,  p.,  ix. 
Diane  et  ses  nymphes,  aux  forges  de 

Vulcain,  217. 
Diane  Thyréatique,  220. 
Diaz,  g.,  192. 
Dictionnaire  critique,  38,  47,  94,  95, 

96,  1 18. 
Dictionnaire  des  artistes  de  l'école 

française,  204. 
Didier  (Colas),  se,  80. 
Didon.  Voy.  Énée. 
Dien,  g.,  192. 
*Dieppe,  3o2.  Voy.  Musée. 
Dieu  (Ant.),  p.,  309. 
*Dijon,  loi,  252. 
Disciples  d'Emmaûs  (les),  6x. 


DISTRIBUTION. 

Distribution  des  aigles,  259. 
Diversités  d'habillements  à  la  mode, 

12. 
Documents  pour  servir  à  Vhistoire 

des  arts  en  Touraine,  47. 
Domanchin,  p.  verr.,  232-233. 
Dominique  (maître).  Voy.  Ricoveri. 
Dominiquin  (le),  p.,  253,  Sog. 
Domitien  (Mort  de),  258. 
Doré  (  Louis -Auguste-Gustave),   p., 

64,  192,  320. 
Doré  (M"»")^  320. 
Doré  (Philippe),  prêtre,  2o3. 
Doré-Gavard,  g.,  192. 
Dorée  (Gabrielle  de),  322. 
Dorey  (Henrion),  j3. 
Dorigny  (Nicolas),  ibj. 
Dot  (Jean),  menuisier,  327. 
Douai  (Jean  de).  Voy.  Bologne. 
*Douai,  35^. 
Douville,  historien,  28. 
Doyen,  p.,  120. 
Dramart  (Antoine),  95. 
Dramart  (Charles),  p.,  95. 
Draner,  g.,  192. 
*Dresde,  121. 

Drève  de  la  Marche,  chanoine,  229. 
Drobet  (Pierre),  195. 
Droin,  se.  et  p.,  loi. 
Drojat  (Camille),  309. 
Droiat  (Clément),  Sog. 
Drolling,  p.,  3io. 
Drouart  (Gervais),  maçon,  92. 
Drouin,  se,  80. 
Drouin  I,  p.  et  se,  66. 
Drouin  II,  p.  et  se,  68. 
Drouin  III,  se,  78. 
Drouin  de  Mantes,  se,  67. 
Drouynot  (Guyot),  p.,  i55. 
Droyn  de  la  Marche,  i52. 
Droyn.  Voy.  Drouin. 
Dublé  (François),  201. 
Dublot  (Louis),  se,  3o7-3o8. 
Dubois  (Mgr),  332. 
Dubois  (J.-B.),  184. 
Du  Bois  (Jehan  et  Louis),  193. 
Dubois  (Paul),  se.  Si 5. 
Dubouchel,  g.,  192. 
Du  Boys  (Jeanne),  290. 
Dubreuil  (Claude),  se,  324,  325. 
Dubufe,  g.,  192. 
Dubuisson  (Louise),  3o3. 
Duchastel  (Louis),  maçon,  90. 
Duchatel  (comte),  i85. 
Duclos,  p.,  119,  123,  127. 
Ducret  (David),  3oi. 
Ducreux,  se,  140,  327,  33 1. 
Dufour  (Vincent),  343,  344. 
Dugué  (Nicolas),  p.,  164. 
Dunuan  (Gaspard),  296. 
Duhuan  (Mann),  se,  296. 
D'Ulin,  p.,  3io 


ENFANT. 


373 


(È 


Dumas  (Emile),  3 18. 


Dumas  Oacques),  3 18. 
Dumas  (Jean),  se  et  p^  322. 
Dumas  (Victor),  p.,  3io. 
Dumont,  se,  327,  332. 
Dumoulin,  éd.,  i32. 
Dunois,  231. 

Duparc  (Albert),  a.  et  se,  49-5 1. 
Dupaty  (Charles),  252,  3 14,  349. 
Du  Plessis  de  Liancourt  (Gabrielle), 

247. 
Duplessis-Bertaux,  g.,  192. 
Dupont,  r33. 
Dupont  (Philippe),  117. 
Du  Pont  (Thomas),  se,  69. 
Dupré  (Jules),  g.,  192. 
Du  Puy,  161,  167. 
Duquesne,  3i3. 
Durand  (l'abbé),  53. 
Durand  (Etienne),  poète,    i,  3o-35, 

37. 
Durand  (Jean),  325. 
Durand-Brager,  p.,  192,  3 18. 
Durant    (Antoine- Sébastien),    orf., 

208-210. 
Durant  (Jehan),  a.,  ii5-ii6. 
Durazzo  (comte),  1 19-128. 
Durize,  dit  La  Roche  (Aimé),  196. 
Dusevel,  hist.,  17,  25. 
Dussieux,  hist.,  g,  i32. 
Dutillieu  fAmancf),  p.,  64. 
Dutillieu  (Charles-Gilles),  p.,  64. 
Dutillieu  (François  Le  Pesant),   p., 

64. 
Dutillieu  (Jacques -Charles),  p.,  63. 
Dutour,  p.,  327. 
Duvivier,  i83,  184. 
Duvivier  (Benjamin),   gr.  en  méd., 

3i3. 
Duvivier  (Saint-Vincent),  i32. 

Ebroin,  262. 

Ecce  Homo,  278. 

Eglise  (le  Triomphe  de  1'),  325. 

Egret  (Perrette),  3o6. 

Eguille.  Voy.  Boyer. 

Electre,  2  56. 

Elémens  de  pourtraiture  ou  la  mé- 
thode de  représenter  et  pourtraire 
toutes  les  parties  du  corps  humain, 
12,  i3,  i5. 

Eléonore  (la  reine),  74,  84,  87,  iio, 
ii3,  149,  i53,  i54,  i55,  157,  i5q. 

Elisabeth ,  femme  de  Charles  IX, 
277. 

Elisabeth  (la  princesse),  217,  25o- 
252,  264,  347,  349. 

Emery,  p.  verr.,  238. 

Emery  (Antoinette),  3o5. 

Emery  (Jean),  se,  3o3,  3o5. 

Emery  (Jacques),  se,  3o5. 

Endymion,  254. 

Enfant  Jésus  au  milieu  des  docteurs, 
55. 


3/4  ENFANT.  - 

Enfant  jouant  au  palet  (Jeune),  221. 
Enfant   prodigue  (Scènes  de  la  vie 

de  1'),  242,  3 18. 
Engelmann,  g.,  192. 
Enghien   (Louis-Antoine   de   Bour- 
bon, duc  d'),  184-185,  221,   25o, 

25 1.  Voy.  Louis  XIV. 
Enée  et  Didon,  255,  259. 
*Epinay-sur-Seine,  55. 
Epitaphes  de  peintres,  191-192,  287, 

Siy-Sao. 
Eponine  et  Sabinus,  255. 
Ermenonville  (église  d'),  3. 
Errard  (Charles),  p.,  6,  7,  i3i,  322, 

323. 
Escudier,  9. 
Esmery.  Voy.  Emery. 
Espérance  (1'),  333-334- 
Espercieux  (Jean-Joseph),  se,   217- 

218. 
Essai  d'une  histoire  de  la  paroisse 

de  Saint-Jacques-de-la-Boucherie, 

42. 
Estaing  (d'),  25 1. 
Etex,  g.,  192. 
Etienne,  p.,  104. 
Etienne,  p.  verr.,  243. 
Etienne,  se,  66. 
Eucharis.  Voy.  Télémaque. 
Eude  (Paul),  hist.  L'Hôtel  Drouot  et 

la  Curiosité  en    i885-i886,    Bi- 
.  bliogr.,  128. 
Eugène,  pape,  261. 
Eurydice.  Voy.  Orphée. 
Eustace  (l'abbé),  299. 
Eustace  (Nicolas),  3o3. 
Evrard  (Claude),  307. 
Evrard  (Marie),  307. 
Eylau  (Bataille  d'),  255. 

Fabre,  notaire,  325. 

Face  (Jehan),  p.,  117,  118. 

Face  (Louis),  117. 

Fagot  (Nicolas),  p.,  i65. 

Falguière,  g.,   192. 

Famille  araoe,  257. 

Fanveldan  (Barthélémy),  196. 

Fanveldan  (David),  g.,  196. 

Fantin-Latour,  g..  192. 

Faucheron  (Andry),  p.  verr.,  240. 

Fauconnet  (Alexis),  se,  3o8. 

Faucon  net  (Etiennette),  3o8. 

Fauconnier  (le),  3i8. 

Faudoge  (Françoise),  297. 

Faure  (Louis),  p.,  3 18. 

Fauvjon,  notaire,  3o2. 

Favart  (A.  P.  C),  120. 

Favart  (Charles-Simon),  dramaturge, 

I 19-128. 
Favereau  (Clément),  charpentier,  92. 
Favre  (Durand),  196. 
Favre  fMarie),  igS. 
Favre  (Pierre),  g.,  196. 


FOUCOU. 

Fayet,  129. 

Fayttan  (Claude),  se,  3o8. 

Fayttan  (François),  3o8, 

Fede,  3o8. 

Félibien,  hist.,  17,  38,  i33. 

Félon  (Jean  de),  maçon,  90. 

Femme  au  bain,  190. 

—  portant  le  lait  à  la  maison,  190. 

—  rapportant  le  linge  après  la  les- 
sive, 190. 

Féraud,  entrepreneur,  144,  146,  180. 

Ferdinand,  p.,  27. 

Ferrand  (Arnould),  p.,  32 1,  356- 
357. 

Ferry  (le  comte),  79. 

Feuchère,  g.,  192. 

Feuquières  (comtesse  de),  204. 

Feyen-Perrin,  g.,  192. 

Fileuse,  igo. 

Filleul  (Jean),  tailleur  de  pierres,  89. 

Fillon  (Benjamin),  249. 

Finsonius  (S.),  p.,  1-47. 

Fiselet  (Jeanne),  201. 

Fiselet  (Marin),  g.,  201. 

Flagellation  (la),  20. 

Flamand  (Le),  se,  78. 

Flamand  (Corneille  le),  se,  87. 

Flamand  (Nicolas),  se,  i58. 

Flamant.  Voy.  Haslin. 

Flamel  (Nicolas),  42. 

Flamen  (Anselme),  se,  3 12. 

Flameng  (L.),  g.,  192. 

Flameng.  Voy.  Haslin. 

Flanchant.  Voy.  Guillemin  IL 

Flandrin  (Hippolyte),  p.,  55,  192. 

Flandrin  (P.),  g.,  192. 

Flatters  (Jean-Jacques),  se,  186-187. 

Flegguerin  (Elisabeth),  358. 

Fleuy  (Antoine),  se,  49-51. 

*Florence,  33,  bg,  121,  2o5. 

Foi  (la),  5i. 

Fondeur,  avoué,  343. 

Fondeurs,  go,  91,  198,  294,  295. 

Fontaine,  a.,  220,  347,  34g. 

♦Fontainebleau,  16,  17,  29,  39-42, 
66,  85,  148,  149,  i54,  i55,  157, 
iSg,  160,  162-164,  171,  256. 

Fontainebleau  {Description  histori- 
que de),  40. 

—  {Trésor  des  merveilles  de),  3g. 
Forbin  (comte  de),  p.,  ir,  ig2. 
Force  (la),  217. 

Forest  (Antoine  de  la),  194. 
Forest  (Mathieu  de  la),  g.,  194. 
Forestier,  avocat,  33g. 
Fornazeris  (Jacques  de),  g.,  196. 
Fornazeris  (Marie),  196. 
Fornosa  (Catherine),  3oi. 
Forster,  g.,   192. 
Fortier  (Antoine),  161. 
Fortier  (Jean),  p.,  i5g. 
Fortung,  g.,  ig2. 
Foucou,  se,  218. 


FOUCQUET,  —  GILLOT. 


375 


Foucquet  ou  Fouquet  (Bonaventure), 
36,  37. 

Foulliet  (l'abbé),  201,  304. 

Foulcjuier,  g.,  192. 

Foure,  p.,  iig,  120,  i23. 

Fourneau  (Catherine),  3oi, 

Fourneau  (Michel),  3oi. 

Fournier  (Hélène),  293. 

Fournier  (Joseph),  tourneur,  3o5. 

Foussedouaire  (J.),  notaire,  47,  48, 
116. 

Fragonard,  se,  252. 

Français,  g.,  192. 

Francart,  p.,  i38. 

*Francfort,  262. 

François  I'',  4,  86.  Voy.  Charles- 
Quint. 

François  (Andrée),   197. 

Franque  frères,  p.,  257. 

Franquetot  (l'abbé  de),  14. 

Fréminet,  p.,  14. 

Fréminet.  Voy.  Aillet. 

Freneau  (vicomte),  349. 

Fresnoy  (sieur  de),  35. 

Frételat  (Hélie),  1 95- 199. 

Frewen  (Ricardo),  3i3l 

Fricher  (Anne),  322. 

Frischer  (M.  et  M""),  61. 

Frœlich,  g.,  192. 

Fromentin,  p.,  64. 

Froumand,  prêtre,  198,  200,  202, 
293,  298,  3oo,  3o2. 

Fuite  de  Joseph  en  Egypte  (la),  3 10. 

Fumas  (Pierre),  304. 

Fyson  (Jacques),  p.,  2. 

Gabet,  biographe,  219,  220. 

Gabouret  (Catherine),  296. 

Gabriel  (l'ange),  109. 

Gadier  (Pierre),  a.,  47-48. 

Gaget  (François),  p.,  17,  18,  19. 

Gaignières,  359. 

Gailde  (Jean),  se.  et  a.,  65,  76,  77,  78. 

*Gaillac,  314. 

Gaillard  (Claude-Ferdinand),  p.  et  g., 

57-63,  192. 
Gaillard  (famille),  61. 
Gaillon  (château  de),  55. 
Gain  (Anne-Jeanne),  295. 
Gallien  (Catherine),  200. 
Gallois  (Larme),  p.,  167-168. 
Galtier.  Voy.  Gautier. 
Gamelin,  p.,  1 1. 
Gandar,  17,  25. 
Ganymède,  186,  187,  257. 
Garbol  (Jeanne),  202. 
Garin,  p.,  99. 
Garnaiz,  se,  85. 
Garnaud  (Pierre),  se,  3o5. 
Garnerey,  g.,  192, 
Garnier,  p.,  255,  265. 
Garnier  (Etienne),  327. 
Garnier  (François),  p.,  288. 


Garnier  (Jean),  orf.,  70. 

Garnier  (Jean),  maçon,  90. 

Catien  (François),  a.,  48. 

Gatteaux,  g.,  192. 

Gatteaux  (Edouard),  gr.  en  méd., 
3i5. 

Gaucheran  ou  Gauterin  de  Vitel,  se, 
68. 

Gaucherel,  g.,  192. 

Gaujean,  g.,  192. 

Gaultier  (Bénigne),  194. 

Gaultier  (Benoiste),  197. 

Gauterel  (Guillaume),  227. 

Gautherot,  p.,  255,  265. 

Gauthier,  209,  210,  211. 

Gautier  I,  p.,  loi. 

Gautier  II,  p.,  io5. 

Gautier  (maître),  se,  70. 

Gautier  (Théophile),  g.,  192,  222. 

Gay  fBernard),  maître  maçon,  291. 

Gay  (Girard),  se,  67. 

Gay  (Nicolas),  195. 

Gayet  (Dorothée],  Sog. 

Gayet  (Fleury),  ^02. 

Gazette  des  Beaux-Arts,  17,  25,  28, 
63. 

Galette  de  Cologne  {la),  63. 

Geheri  (Girard),  charpentier,  90. 

Gellée  (Cl.),  p.,  11. 

Gendre  (Clément),  g.,  294. 

Gendret  (François),  p.,  i65, 

Gendret  (Jean),  se  et  p.,  iSg. 

Gendron  (Jules-Ernest- Auguste),  p., 
319. 

Genestz  (Georges),  charpentier,   92. 

Genetz  (Pierre  de),  243. 

Genevay  (Marie),  297. 

Gentil  (Edme),  p.,  i52. 

Gentil  (François),  se,  i52,  169. 

Gentil  f Jacques),  p.,  i58. 

Genty  (Maurice),  194. 

Geofrey  (Françoise),  195. 

Gérard,  se,  35o. 

Gérard  (François),  p.,  i5o,  214,  21 5, 
252,  254,  259,  260,  264-267. 

Géricault,  p.,  3i6. 

*Germoles  (château  de),  100. 

Gerspach.  —  Arrivée  de  Belloni  à  Pa- 
ris, 183-184.  —  Gros.  Gravure  du 
tableau  la  Peste  de  Jaffa,  317. 

Gey  (Ysabeau-Françoise),  299. 

Giacetti  (Jean-Ambrogio),  lap.,  171- 
177. 

Gibelin,  p.,  11. 

*Gien,  3o2. 

Gilbert,  hist.,  17,  24. 

Gilet,  p.  verr.,  22g. 

Gillequin,  se,  71. 

Gillequin,  p.  99. 

Gillequin  II,  p.,  102. 

Gillet  I,  p.,  100. 

Gillet  II,  p.,  10 1. 

Gillot,  p.,  100. 


B76 


Gineste,  145. 

Ginguené,  directeur  général  de  l'ins- 
truction publique,  9. 

Ginoux  (Charles).  —  Albert  Duparc, 
architecte  et  sculpteur,  et  Antoine 
Fleury,  sculpteur,  49-51.  —  Les 
Armoiries  des  morts  à  Toulon, 
53-54.  —  Le  sculpteur  Chardigny, 
143-147.  —  Le  sculpteur  Jean- 
Pancrace  Chastel,  1 80-1 83.  —  Le 
peintre  Barthélémy  JuUien,  246- 
247.  —  Le  sculpteur  Joseph  Ca- 
ris, 281-286.  —  Les  sculpteurs 
Veirier  et  Dubreuil,  les  peintres 
Achard  et  Volaire,  324-327. —  Le 
sculpteur  Aycard,  340.  —  Le  pein- 
tre Simon  Julien,  340-342. 

Girard^  p.  verr.,  233. 

Girard  (Alexis-François),  g.,  317. 

Girard  (François),  menuisier,  3o8. 

Girard  {M"""j,  3 18. 

Girard  de  Han.  Voy.  Gay. 

Girardin  de  Bruxelles,  se,  71. 

Girardin  de  Mons,  se,  68. 

Girardon,  se,  i36-i37,  3i5. 

Giraud  (C.),  1 1." 

Girin  (Gabriel),  3o5. 

Girodet,  p.,  234,  260,  264,  268-270, 
314. 

Giromond  (Gilles),  se,  293-294. 

Giromond  (Pierre),  293. 

Glaneuses  (les),  190. 

Gloire  (la),  326,  327. 

Godier  (Colot),  se,  74,  86. 

Godier  (Jean),  se,  80. 

Godon  (Balthasar),  p.  verr.,  226, 
239,  243,  244,  245. 

Gois  (Edme-Etienne-François),  se, 
21 5. 

Gomez  (Sébastien),  p.,  56. 

Gonnon  (Antoinette),  200. 

Gonnot  (M.  et  M""«),  61. 

Gonse,  i33,  i35. 

Gosse  (Nicolas-Louis-François),  p., 

Gosse*  (M"-"),  3 18, 

Goudin,  notaire,  143. 

Goulart  (Jean),  maçon,  91,  92. 

Gourlier,  a.,  547,  349. 

Goutzwiller  (Ch.),  g.,  287. 

Gozlan  (Léon),  120. 

Graham  (Maria),  44. 

Grain  (Gilles),  maçon,  90. 

*Grand-Andely  (Eure;,  55. 

Grand-Remy  (Jean),  charpentier,  94. 

Grandchand  (seigneur  de).  Voy.  Per- 
rochel. 

Grancher  de  Tramon.  Voy.  Jean 
d'Orléans. 

Grandmaison  (Ch.  de).  —  Pierre  Ga- 
dier,  architecte,  47-48.  —  Jehan 
Durant,  architecte,  ii5-ii6.  —  Je- 
han Bi'effect,  peintre  tourangeau. 


GINESTE.  —  GUIFFREY. 


193. —  Le  peintre  tourangeau  Ar- 
nould  Ferrand,  356-357.  —  Une 
lettre  de  Rigaud  à  Gaignières,  359. 

Grandsaigne  (Jean  de),  sieur  de  Mar- 
sillac,  33,  36. 

Granet,  p.,  11. 

Granger,  p.,  257. 

Gratis  (Jeanne),  94. 

Graveurs,  12,  i3,  53,  57-63,  192, 
193-203,  206-208,  287,  288,  294, 
298,  363. 

Gravure,  2,  12,  i3,  57*63. 

*Gray,  11. 

Grégoire  (Jean),  201. 

Grégoire  (P.-P.),  p.,  11. 

Grenoble  (Catherine  Jacquet,  dit), 
85. 

Grenoble  (Jacquet,  dit),  se,  85. 

*Grenoble,  363. 

Greppo  (Crépin),  3o8. 

Grétry,  comp.,  217. 

Greuze,  p.,  120. 

Griffins  (Antoine),  194. 

Grifiins  (Marie),  194. 

Grigny  (Berthaud  de),  tailleur  de 
pierres,  89. 

Grille  (François),  2i5,  216,  218,  220, 
221,  222,  25o,  252,  258,  260, 265, 
345-356. 

Grille  (M""  François),  220-222. 

Grillet  (Jacques),  3o8. 

Grin  (François),  se,  3o5-3o6. 

Griot  (Antoinette),  296. 

Grisliot  (Jean),  se,  76. 

Gros,  p.,  254,  255,  259,  260,  264, 
270,  271,  317. 

Grosbonnet  (Laurens),  maçon,  290. 

Grosley,  76,  i56,  160. 

*Gruchy,  190. 

Gruyer  ^Anatole),  25o. 

Gruyer  (Pierre),  p.,  i65. 

Guaido  (Giovanni).  Voy.  Gailde. 

Guandini  (Mazier),  56. 

Guenon,  329. 

Guéranger  (Dom),  61. 

Guérard  (Louise),  3o5. 

Guérin,  p.,  254,  255,  259,  260,  267- 
268. 

Guérin  (Gilles),  se,  i36-i37. 

Guérin  (Guillaume),  p.  verr.,  236. 

Guérin  /Huguenin),  p.  verr.,  237. 

Guérin  (Paulin),  p.,  256. 

Guérison  du  paralytique  (la),  40,41. 

Guernier  (J.-J.),  p.,  57. 

Guersant  (Pierre-Sébastien),  se,  188- 
189. 

Guet,  p.,  99. 

Guigniaut.  voy.  Girard. 

Guigou-Maurel,  11. 

Guinard  (Jehan),  p.,  96. 

GuiftVey  (J.-J.).  —  Quelques  tableaux 
remarquables  des  églises  de  pro- 
vince, 55-56.  —  Les  peintres  déco- 


GUILBERT.  —  HERMANT. 


377 


rateurs  du  xviii'  siècle,  iig-128. 
—  Jean  Rondet,  peintre,  i36.  — 
Ferdinand  Megliorini  et  Philippe 
Branchi,  lapidaires,  171 -177.  — 
Henry  Couet,  sculpteur,  180.  — 
J.-F.  Millet  jugé  par  les  Améri- 
cains, 189-190.  —  Jacques  Prou, 
sculpteur,  203-204.  —  Lefèvre, 
tapissier  de  haute  lisse  aux  Gobe- 
lins,  2o5-2o6.  —  Commandes  de 
tableaux  d'orfèvrerie,  208-2 11.  — 
Charles  Coypel  et  l'histoire  de  don 
Quichotte,  24g.  —  Louis  David, 
peintre  du  Gouvernement  par  ar- 
rêté des  Consuls,  3 1 6-3 17. — Char- 
les-André Tramblin  et  Joseph 
Labbé,  peintres  de  l'Académie 
royale,  3bo-36i.  —  Bibliogr.,  63, 
128,  192,  223-224,  287-288,  362- 
363.  —  Son  nom  cité,  1,  9,  12,  16, 
17,  28,  29,  3o,  3q,  42,  44,  46,  47, 
49,  129,  i32,  i83,  218,  342. 

Guitbert  (l'abbé),  40. 

Guilhon  (P.),  prêtre,  196,  29^ 

Guillain  (Guillaume),  maçon,  94. 

Guillain  (Nicolas),  se,  247-249. 

Guillain  (Pierre),  a.,  248. 

Guillain  (Simon),  se,  248. 

Guillaume  I,  p.,  98. 

Guillaume,  p.  verr.,  226-227. 

Guillaume  I,  Genevois,  p.,  102. 

Guillaume  II,  p.,  99. 

Guillaume  U,  Genevois,  p.,  107. 

Guillaume  (Aimé),  3o3. 

Guillaume  (Pierre  Bernard),  3o3. 

Guillaume  (Simon),  se,  3o3. 

Guillaume,  duc  d'Aquitaine,  9. 

Guillaume  de  Mantes,  p.,  100. 

Guillaume  I"  d'Orange-Nassau,  186. 

Guillaumont  (Nicolas),  orf.,  291. 

Guillemin,  p.,  108. 

Guillemin  I,  p.  verr.,  227. 

Guillemin  II,  p.  verr.,  236. 

Guilleminot  de  Plancy,  p.,  loi. 

Guillermin  (Claudine),  296. 

Guillermin  (Jacques),  se,  295,  296. 

Guillermin  (Jean-Baptiste),  295. 

Guillermin  TJean),  se,  295. 

Guillermin  (Jean-Baptiste),  se,  296. 

Guillermin  (Nicolas),  296. 

Guillet,  p.,  120,  122. 

Guillet  (Jean),  304. 

Guillon  (Luce),  3oi. 

Guillot,  p.,  3io. 

Guillot  (Paul),  se,  3oo,  3o8. 

Guise  (Antoinette  de  Bourbon,  du- 
chesse de),  i52. 

Guise  (duc  de),  i5i,  168,  245. 

Guitard  (Jean),  charpentier,  go. 

Guychard  (Benoiste),  197. 

Guyet,  p.,  99. 

Guyon  de  Vables,  p.,  q5. 

Guyot,  p.  verr.,  233. 


Habert  (Jehan),  i36. 

Hachette  (Jeanne),  252. 

Hallain.  Voy.  Haslin. 

Halle  (Claude-Guy),  p.,  41. 

Halle  (Daniel),  p.,  42. 

Halin.  Voy.  Haslin. 

Hamel.  Voy.  Jadin. 

Hametel  (Guillaume  de),  23o. 

Hans,  se,  73. 

Haquinet,  se,  72. 

Harang-Cabasson  (G. -A.),  p.,  320. 

Harang-Cabasson  (M™*),  320. 

Hardoin.  Voy.  Ardoin. 

Harselin.  Voy.  Haslin. 

Haselin.  Voy.  Haslin.- 

Haslin   (Nicolas),  se  et  p.^  65,  8i- 

85,  148,  149. 
Haslin  (Nicolas  II),  se  et  p.,  162. 
Haslin  (Pierre),  p.,  162. 
Haut  (Thomas),  197. 
Hautpoul  (général  d'),  314. 
Havard  (Henry),  63,  129,  i3o. 
Havelin.  Voy.  Haslin. 
Hébé,  257,  3i5. 

Hébert  fl'abbé  Jean-Claude),  3o5. 
Hédou  (J.).  —  Jean   de  Saint-Igny, 

peintre,  sculpteur  et  graveur  rouen- 

nais.  Bibliogr.,  288. 
Hédouin  (Ed.),  190. 
Heim,  p.,  256,  3i6. 
Heineken,  5. 
Hellart,  p.,  n. 
Hellouin  (X.),  p.,  57. 
Hendricy  ^François),  292. 
Hendricy  (Léonard),  292. 
Hendricy  (Martin),  se,  292,  297. 
Hennequin,  se,  66,  72. 
Hennequin  I,  p.,  gg. 
Hennequin  II,  p.,  102. 
Hennequin,  arcniprêtre,  i5i. 
Hennequin  (Christophe),  92. 
Hennequin  (Oudart),  80,  87. 
Hennequin   le   Flamand,    p.    verr., 

237. 
Hennequin  de  Louvain,  se,  72. 
Henri  II,   148,   i.S3,  i55,   i56,  157, 

160,  i63,  i65,  167,  168,  i6g,  170. 
Henri  IV,  A,  252,  261,  262,  263. 
Henri  IV  cnez  Michaud,  257. 
Henri  le  Flamand,  se,  71. 
Henri  de  Mons,  68. 
Henry  (Ch.),  362. 
Henry.  78. 

Hérault  (Antoine),  p.,  64. 
Hercule,  64. 

—  délivrant  Alceste,  257. 

—  terrassant  le  serpent,  221. 
Herluison  (H.).  —  Vivier,  Coudret, 

Bonneville,    sculpteurs;    Delacha- 
pelle,  ciseleur;   Bosse,   architecte, 
et  Aubert,  graveur,  52-53.  —  Son 
nom  cité,  2o5,  248. 
Hennant,  p.  verr.,  237. 


Hervé,  a.,  349,  35o. 
Hesse  (Auguste),  p.,  56. 
Heude  (N.J,  p.,  i5. 
Heurtier,  a.,  347. 
Hildegarde  (la  reine),  262. 
Histoire  de  Lorraine,  79. 
Histoire  des  maisons  royales,  i33. 
Histoire  ecclésiastique  de  l'église  de 

la  ville  de  Troyes,  ibj,  161. 
Hoey  (Jean  de),  p.,  148,  164. 
Homère,  212. 

—  chantant  ses  poésies,  257. 
Homme  à  l'œillet  (1'),  61. 
Hongrie  (Julien  de),  p.,  322. 
Hongrie  (Marguerite  de),  322. 
Horace  et  Lydie,  3i8. 

Hôtel    Drouot    et    la    Curiosité   en 

1885-1886,  128. 
Houdon,  se,  216. 
Hovervogt  (Jacques),  12. 
Hubin  (Nicolas),  p.,  iio. 
Huet,  i3. 

Hugo  (Victor),  3 12. 
Hugues  Capet,  2()3. 
Huguet  (Anne),  3oo. 
Huguetan  (Anne),   ig6. 
Humbelot  (Philippe),  38. 
Humbert  (Georges),  se,  297. 
Humbert  (Marie),  297. 
Hurant  (Nicolas  I),  p.,  169. 
Huriot  (Geneviève),  bi. 
Huyard  (Antoine),  avocat,  i53. 
Hymans.  187,  108. 
Hympe  (^Evrard),  p.  verr.,  245. 
HyppoUte.  Voy.  Phèdre,  255. 

Immortalité  (1'),  i85. 
Ingres,  p.,  9,  11,  3i5,  3i6. 
Ingres,  se,  3i5. 
Innocent  IV,  pape,  263. 
Inspruck  (l'Arsenal  d'),  255. 
Inventaire  des  richesses  d'art  de  la 

France,  23,  25o,  362-363. 
Isehard  ou  Isnard  (Pierre),  se,  3o3, 

3o5,  327. 
Istreville  (Guillaume  d'),  tailleur  de 

pierres,  89. 
Ithier,  p.,  98. 
*Ivry-sur-Seine,  187. 

Jacob,  56. 

—  arrivant  en  Mésopotamie,  256. 
Jacquemart  (Albert),  319. 
Jacquemart  (Jules),  p.  et  g.,  319. 
Jacquemin,  p.,  loi. 
Jacquemin,  p.  verr.,  229,  235. 
Jacques  I,  se,  71. 

Jacques  I",  p.,  98,  161. 
Jacques  I,  p.  verr.,  235. 
Jacques  II,  se,  86. 
Jacques  II,  p.,  100. 
Jacques  II,  f).  verr.,  240. 
Jacques  (Charles),  p.,  191. 


HERVE.  —  JEANNIN. 


Jacques  rLaurens)j  p.,  324. 
Jacques  (le  chevalier),  i85. 
Jacquet,  p.,  73,  107. 
Jacquet,  se,  68. 
Jacquet  d'Aillefol,  p.,  100. 
Jacquet  de  Valenciennes,  p.,  102. 
Jacquin  (Anne),  297. 
Jacquin  (Bénigne),  3o6. 
Jacquin  (Antoine),  se,  297,  298. 
Jacquin  (Eléonorej,  298. 
Jacquin  (François),  se,  297,  3oo. 
Jacquin  (François),  3oo. 
Jacquin  (Germain),  298. 
Jacquin  (Madeleine),  3o3. 
Jacquin  (Marie),  298,  3o4,  3o5. 
Jacquin  ou  Jaquin  (Nicolas),  se,  296, 

297,  298,  299. 
Jadin  ^Anne-Antoine),  320. 
Jadin  (Louis-Godefroy),  p.,  319. 
Jadin(Louis-Emmanuel),comp.,3i8. 
Jaffa  (l'Hôpital  de),  317. 
Jal,  17,  38,  44,  46,  47,  49,  94,  95, 

1 16,  118,  2o5,  248. 
Jaley,  se,  3 14. 
Jardin  de  la  noblesse  française  (le), 

12. 
Jarry  (L.).  Jean  Grancher  de  Trainou, 

dit  Jean  d'Orléans.  Bibliogr.,  63. 
Jaubert  (l'abbé),  iq8. 
Jayet  (Dorothée),  iog. 
Jayet  (Clément),  se,  309. 
Jean,  a.,  68. 
Jean,  p.,  170. 
Jean,  p.  verr.,  226. 
Jean,  se,  io3. 
Jean  I,  p.,  98. 
Jean  I,  p.  verr.,  236. 
Jean  I  ou  Jeannin,  se,  70. 
Jean  II,  p.,  102. 
Jean  II,  p.  verr.,  237,  238. 
Jean  III,  p.,   104. 
Jean  IV,  p.,  108. 
Jean  IV.  Voy.  Mariage. 
Jean  (Petit),  se,  73. 
Jean  de  Bar-sur- Aube.  Voy.  Simon. 
Jean  de  Dijon,  p.,  loi. 
Jean  de  Damas,  76. 
Jean  Filleul,  tailleur  de  pierres,  8g. 
Jean  Lalement,  se,  66. 
Jean  dit  Marais,  23i. 
Jean  de  Metz,  72. 
Jean    d'Orléans    (Jean    Granger   de 

Trainou,  dit),  p.,  63. 
Jean  de  Provins,  se,  67. 
Jean  de  Savières,  p.,  loi. 
Jean  de  Savoye,  p.,  104. 
Jean  de  Soissons,  76. 
Jean  du  Temple,  tailleur  de  pierres, 

89. 
Jean.  Voy.  Johannes. 
Jeanne.  Voy.  Coppin. 
Jeannin,  p.,  9Q. 
Jeannin,  se,  66,  71. 


JEANNIN.    —  LABORDE. 


Jeannin  I,  p.  verr.,  232. 

Jeannin  II,  p.  verr.,  236. 

Jeahnin  II,  p.,   io5. 

Jeanniot,  p.  verr.,  237. 

Jeannot,  p.  verr.,  238. 

Jehan  de  Soissons,  a.,  i52. 

Jérôme  (la  communion  de  saint),  3og. 

—  (Terreur  de),  3!o. 
*Jérusalem,  160. 
Jésus-Christ,  9. 

—  (naissance  de),  3 10. 

—  chez  Marthe  et  Marie,  1 1. 

—  se  mettante  table  chez  Simon,  3og. 

—  et  la  Samaritaine  au  puits,  309. 

—  prêchant,  309. 

—  guérissant  le  paralytique,  56. 

—  (Transfiguration  de),  241. 

—  et  les  petits  enfants,  55. 

—  devant  Pilate,  19. 

—  (Crucifiement  de),  241. 

—  en  croix,  3o9-3io. 

—  (Résurrection  de),  4,  23o,  239, 
256. 

—  (Ascension  de),  3 10. 

—  (Scènes  de  la  vie  de),  149. 
Joannon  (Jean),  201. 

Joannon  (Jeanne-Françoise),  201. 

Job,  g.,  128. 

Job  (Eléonore),  293. 

Jobar  (l'abbé),  198,  202,  3oo. 

Jobert  (Thaurin),  200. 

Joconde  (la),  59. 

Johannes  de  Villaribus,  fond.,  88. 

*Joinville,  78,  79. 

JoUivet,  209,  210,  211. 

Jomard  (Georges),  295. 

Jonas,  83. 

Joseph  (le  Père),  276. 

Jossand  (Benoist),  3o6. 

Jossand  (Marie),  3o6-3o7. 

Jouin  (Henry).  —  Claude-Ferdinand 
Gaillard,  peintre  graveur,  57-65.  — 
Peintres  oubliés,  N.  Chevalier,  J. 
Butaye,  Ransint  de  la  Marche,  Ph. 
Benart,  Guyon  de  Vables,  Ch. 
Dramarl,  Nicolas  II  Pinaigrier, 
G.  Saulnier,  L.  Lejeune,  M.  Le 
Riche,  94-96;  R.  Boulanger,  N. 
Lescuyer,  G.  Petitpas,  J.  Berry, 
Et.  Ponnanceau,  J.  de  Belly,  J. 
Face,  P.  Tessier,  ii6-n8.  —Con- 
trat de  mariage  de  Jean  Ranc,  p., 
140-143.  —  Arrivée  de  Belloni  à 
Paris,  183-184.  —  Autographes  de 
sculpteurs:  Bosio,  Cortot,  Flatters, 
Desbœufs,  Guersant,  184-189;  Ro- 
land, Lemot,  Gois,  Rutxhiel,  Es- 
percieux,Cogiola,Deley,  Desbœufs, 
Bosio,  Pradier,  212-223.  —  L'église 
de  la  Madeleine  en  1816,  2bo-2ib. 
—  L'église  de  la  Madeleine  de  1828 
à  i83o,  345-356.  —  Autographes 
de  sculpteurs  :  commandes,  con- 


379 

trats,  quittances,  anecdotes,  notes 
biographicjues ,  3ii-3i6.  —  Le 
sculpteur  Troel,  337-339.  —  F.- 
M.-J.  Royer,  P.-A.  Royer,  F.-H. 
Royer,  peintres,  Ch.-R.  Royer, 
sculpteur,  342-344.  —  Le  peintre 
tourangeau  Arnould  Ferrand,  356- 
357.  —  Epitaphes  de  peintres  rele- 
vées dans  les  cimetières  de  Paris  : 
Y.  Merino,  J.-Ch.  Povv^er,  G.  Brion, 
L.-O.-G.  Reynard,  H.  Masson,  J.- 
P.-A.  Antigna,  iQi-ig2;  S.  Petit, 
287;  A.-F.  Girar'd,  E.-A.  VioUet- 
le-Duc,  N.-L.-F.  Gosse,  V.  Dumas, 
C.-F.  Daubigny,  L.  Faure,  Durand- 
Brager,  Th.  Couture,  J.  Jacque- 
mart, A.  Roger,  L.-P.  Denant,  H. 
Lacoste-Brunner,J.-E.-A.  Gendron, 
J.-L.  Bezard,  S.  Baron,  L.-G.  Jadin, 
L.-A.-G.  Doré,  E.  Roslin,  P.-J.-E. 
Baize,  S.-J.-F.  Ricquier,  G,- A. 
Harang  -  Cabasson,  317-320.  — 
Maîtres  contemporains.  Bibliogr., 
64.  —  Musée  de  portraits  d'artistes. 
Bibliogr.,  363.  —  Son  nom  cité, 
12g,  362.  —  Table  analytique  et 
raisonnée,  365  et  suiv. 

Journal  des  arts  {le),  61. 

Journal  de  Paris  (le),  3iG. 

Jousset,  docteur,  médecin,  58. 

Jouvenet  (Jean),  p.,  1 5. 

Jouvenet  liean  II),  p.,  i5. 

Jouvenet  (Laurent),  p.,  i5. 

Jouvenet  (Noël),  se,  i5,  3i5. 

Judic,  276. 

Judissé  (famille),  61. 

Juge  endormi  (le),  3 18. 

Juliani  (R.-P.),  56. 

Julien,  se,  218. 

Julien,  menuisier,  325. 

Julien  (Simon),  p.,  340-342. 

Julius,  pape,  m. 

Jullien  (;Barthélemy),  p.,  246-247. 

JuUiot  (Jeanne),  294,  295. 

Jumeaux  (Léonore)^,  ig5. 

Junon,  123,  178. 

Jupiter,  123,  178. 

Jurine  (Antoine),  maître  menuisier, 
2g5. 

Justice  (la)  et  la  Vengeance  poursui- 
vant le  Crime,  255,  328,  333. 

Kerchove  (Catherine  van  den),  176. 
Kerchove  (Frédéric  van  de),  p.,  64. 
Kerchove  (Josse  van  den),  teinturier, 

176. 
Konitz  (comte  de),  122. 

Labarre,  a.,  347,  349. 

Labbé  Hean),  p.,  108. 

Labbé  (Joseph),  p.,  36o. 

Laborde  fde),  g4,  g5. 

Laborde  (marquis  de),  i33,  i35. 


38o 


LA  BOURDONNAYE.  —  LEMIRE. 


La  Bourdonnaye,  353. 

Laboureurs  (les),  igo. 

La  Bouticle  (Jacquet  de),  se,  73. 

Lacoste  (veuve),  319. 

Lacour,  297. 

Lacoste-Brunner  (Henri),  p.,  3 19. 

Lacour,  p.,  12. 

Lacroix  (^Robert),  se,  56. 

Ladvocat,  243,  244. 

Lafage,  p.,  11. 

La  Ferte  (M""  la  maréchale  de),  i3. 

Lafolie  (Cliarles),  216-219. 

La  Fosse,  p.,  253. 

Lagrenée,  p.,  309,  3 10. 

Lagrippe  (Jean),  maçon,  91. 

*La  Haye,  14. 

La  Herche  (de),  21. 

Lahyre  (Etienne  del,  p.,  26,  38. 

La  Hire  (Laurent  cfe),  p.,  38. 

La  Hire  (Philippe),  38. 

La  Hire  (Quentin  de),  38,  39. 

Laine,  ministre  de  l'Intérieur,  266, 
272. 

Lair  (P.-A.),  3. 

Lajolais  TLouvrier  de),  i33,  i35. 

Lalande  (de),  217. 

Lalement.  Voy.  Jean. 

Lallemand,  p.,  27. 

La  Louppe  (M""'  de),  i3. 

Lalyame  (Catherine),  290. 

Lalyame  (Jean-Baptiste),  290. 

Lalyame  (Jeanne),  290. 

Lalyame  (Marie),  290. 

Lalyame  (Philibert),  291. 

Lalyame  (Philippe!,  se,  290-291. 

Lalyame  (Ysabeau),  291. 

Lambert  (Marie),  195,  294, 

Lambert  (Martin),  p.  verr.,  244. 

Lambinet,  p.  verr.,  233. 

Lamoureux  (Pierre),  3o6. 

Lancion  (Mgr),  107. 

Lancrenon,  lith.,  270. 

Lancret,  p.,  64. 

Lange,  p.,  11. 

Langlois,  p.,  3i6. 

Langlois  fils,  p.,  258. 

Lani  (M""),  dans.,  128. 

Lanier,  32,  33,  35,  36,  37. 

La  Noe  (Henry  de),  83. 

La  Noue  (Jean  Lubin  dit),  35,  36. 

Lansart  (Pierre),  294. 

*Lantigné,  3o6,  307. 

Lantynois  (Nicolas),  p.,  i65. 

Lany  (Jean-Bartbélemy),  dans.,  127. 

Lany  (Louise-Madeleine),  dans.,  127. 

*Laon,  26,  244. 

Lapidaires,   171-177. 

Laplace,  ministre  ae  l'Intérieur,  10. 

Larbalestrier  (Catherine),  i63. 

Lariose  (Philippe),  196,  197. 

La  Rochefoucauld  (cardinal  de),  279. 

La  Rochefoucauld  (François -Guil- 
laume de),  247. 


La   Rochefoucauld   (Gabrielle-Marie 

de),  247, 

*La  Rochelle,  55. 

Larsonnyer,  211. 

La  Ru  (Marie  de),  323. 

La  Tasche  (Jean),  p.,  i66. 

La  Tasche  (Pierre),  p.,  i65. 

La  Teulière,  p.,  i3i. 

Latour  (Mgr  de),  281. 

La  Tour  Me),  147. 

La  Tour  (Quentin  de),  p.,  3 16. 

Laurens  (Catherine  de),  291. 

Laurent,  p.,  26. 

Laurent  (Guillaume),  plombier,  94. 

Lebarbier  aîné,  p.,  255,  260. 

Le  Bègue,  seigneur  de  Majainville 
(Charles),  204. 

Leber,  12. 

Lebœuf  (Charles- François),  se,  314. 

Le  Boiteux,  p.,  107. 

Le  Borgne  (Michelet),  p.  verr.,  237. 

Le  Boucher  (Jean),  se,  73. 

Lèbre  (A.j,  p.,  10. 

Le  Brun  (Cnarles),  p.,  94,  177,  253, 
3io. 

Lecerf,  p.,  56. 

Le  Cesne  (Marie-Charlotte),  342,  343. 

Le  Cesne  (Simonne),  343. 

Le  Clerc  (Jacquemin),  p.,  102. 

Leclerc  (Sébastien),  g.,  177. 

Lecomte  (Florent),  se,  8,  17,  26. 

Le  Conte  (Dieu),  229. 

Lecouvreur  (Adrienne),  tragédienne, 
126. 

Lecouvreur,  notaire,  175. 

Léda  regarde  ses  quatre  enfants  sor- 
tir de  leur  coquille,  2i5. 

Ledoux  (Geneviève),  ^6. 

Lefebvre,  175,  180,  329. 

Lefebvreou  Lefèvre  (Jean),  tap.,  177, 
2o5-2o6. 

Le  Fer,  3o6. 

Lefèvre-Soyer,  20,  21. 

Le  Flamant.  Voy.  Haslin. 

Lefuel,  a.,  129. 

Légier  (Joseph  et  François!,  327. 

Légion  d'honneur  (première  distri- 
bution des  croix  de  la),  314. 

Le  Gras  (Jeanne),  290. 

Lehmann,  p.,  64. 

Lehongre,  se,  i38. 

Le  Jay  (Nicolas),  12. 

Lejeune  (Lazare),  p.,  96. 

Lejeune  (Martin),  96. 

Le  Lieu  (Robert),  02. 

Le  Lonpnat  (Louis),  p.,  i65. 

Lemaigre  (Julien),  141. 

Le  Maire,  p.,  6,  7,  120,  122. 

Lemaire,  se,  314,  356. 

Le  Maire,  prêtre,  52. 

Lemaître^  323. 

Lemelletier  (Martin),  p.,  304. 

Lemire  aîné,  p.,  258. 


LEMIRE.  —  MACADRE. 


38l 


Lemire  jeune,  p.,  258. 

Le  Moine  (F.),  p.,  64. 

Le  Morel  (Claude),  se,  3o2,  3o3. 

Lemot  (François-Frédéric),  se,  214- 
2i5,  252,  3i3,  3i4,  3i5,  349. 

Lemoyne  (Jean),  p.,  3i5. 

Lenain,  p.,  2,  26. 

Le  Nattier  (Etienne),  se,  86. 

Le  Natier  (Jean),  se,  87. 

Lerioir  (Alexandre),  184,  i85. 

Le  Noir  (Jean),  85. 

Lenormand  (l'abbé),  307. 

Léon  lU,  pape,  61,  262. 

Le  Pesant.  Voy.  Dutillieu. 

Lépicié  (Nicolas-Bernard),  p.,  55. 

Le  Q.ueux  (François),  plombier,  94. 

Le  Raslat  (Perrin),  p.  verr.,  104, 
235. 

Le  RebouUet  (Philippe),  249. 

Le  Riche,  i23. 

Le  Riche  (Denis),  96.  • 

Le  Riche  (Martin),  p.,  96. 

Le  Riche  (Théodore),  96. 

Leriverend  (Augustin),  p.,  56. 

Le  Rouge  (Jean),  p.,  106. 

Leroux,  hist.,  247. 

Le  Roux  (Durand),  196. 

Le  Roy  (David),  3i5. 

Leroy  (Gaspard),  296. 

Leroy  (Marie-Madeleine),  296. 

Lescuier  (Antoine),  p.,  107. 

Lescuyer  (Charlotte),  116,  117. 

Lescuyer  (Nicolas),  p.,  116-117. 

Le  Sec  (Jacques),  Si,  35,  36. 

Lesgeley  (Cochin),  p.  verr.,  229. 

Lesguisé  (Guillaume),  73. 

Lespingola  (François),  se,  3 12. 

Lesprit  (Antoinette),  177. 

Le  Sueur,  p.,  55,  253,  256,  3o9,  3 10. 

Letellier,  p.,  1-47. 

Leuze  (de),  p.,  120,  122. 

Levacher,  jo.,  3i5. 

Le  Vachier,  Le  Vacher  ou  Vachat 
(Jacquet),  se,  72. 

Le  Vachier,  Le  Vacher  ou  Le  Va- 
chat  (Jean),  se,  73. 

Lévêque  (Laurent),  p.,  i5. 

Le  Vieil,  246. 

Levieux,  orf.,  8. 

Levieux  (Raynaud),  p.,  1-47. 

Levrat  (Jehan),  291. 

*Leyde,  164. 

Leyssard  (l'abbé),  3o3-3o6. 

Liancourt.  Voy.  Du  Plessis. 

Liart  (Pierre),  p.,  170.' 

Liberté  (la),  3i3. 

*Liège,  217. 

Lieutier,  a.,  178. 

Liévin.  Voy.  Varin. 

Ligoneau  (Marguerite),  141. 

*Ligré  (Indre-et-Loire),  32 1,  356. 

*Lirie,  212. 

*Limoges,  112,  206,  207. 


Linard  (Jacquette),  161. 

Linard  (Pierre),  p.,  170. 

Lionnois,  dans.,  128. 

Lionnois  (M°"),  dans.,  128. 

Liçuerie  (Joachim),  p.,  197. 

*Lisieux,  55. 

L'Isle  (Catherine  de),  325. 

Liste    des    artistes    des     châteaux 

royaux,  42,  44,  46. 
Livre  de  portraiture,  1 2 . 
'Londres,  3i3. 

Longpré  fJules  de),  309,  3 10. 
Longuet  (Renée),  117. 
Lopin  fJean  I),  p.,  106. 
Lopin  (Jean  II),  p.,  108. 
Lopin  (Perrinot),  p.,  io3,  104. 
Loppin.  Voy.  Lopin. 
Lorraine  (Henri  de),  65,  78. 
Lorraine    d'Elbeuf  (  Henriette    de  ), 

247. 
*Lorris,  362, 
Loth  (Arthur),  63. 
Loûaintie  (A.-F.),  p.,  56. 
Louis  XI,  252. 

Louis  XII,  75,  108,  109,  114. 
Louis  XIII,  4,  32,  38,  îg,  252,  277, 

278. 

—  (le  Sacre  de),  55. 

Louis  XIV,  i36,  178,  204,  221,  2  52, 
253,  34g. 

—  (naissance  de),  2  55. 

—  recevant  le  duc  d'Enghien  aux 
Champs-Elysées,  258. 

Louis  XV,  252. 

Louis  XVI,  217,  220-222,  25o,  2  5 1, 
252,  264,  268-270,  340,  347,  349. 

Louis  XVII,  25o,  25i,  252,  204, 
347. 

Louis  XVIII,  25o,  261,  262,  269. 

Louis  le  Jeune,  261,  263. 

Louis  (naissance  de),  257. 

Louis,  roi  d'Aquitaine,  262. 

Louis  (le  prince),  premier  roi  d'Es- 
pagne, 333. 

*Louvain,  72. 

Louvet,  356. 

Louvois,  i3i,  172,  175. 

Lovet  (François),  oi. 

Lubin  (Jean).  Voy.  La  Norre. 

Lucas  (Anne),  338. 

Lucas  de  Leyde,  p.,   164. 

Lucas  de  Montigny  (M.  et  M" 

Lucquin.  Voy.  Gosse  (M°"). 

Lutte  de  Jacob  et  de  l'ange,  56. 

Luynes  (connétable  de),  58. 

Luynes  (duc  de),  3o,  3i,  32. 

Lycaon,  i23. 

Lydie.  Voy.  Horace. 

Lynard,  p.,  166. 

*Lyon,  64,  76,  112,  i32,  iq3-2o3, 
224,  289-309,  3i3,  3i5,  362-363. 

Macadré  (Antoine),  p.,  i63. 


'),  214. 


3lSi2 


MACADRE. 


MEGLIORINI. 


Macadré  (Jean),  p.  verr.,   226,  238, 

239,  245. 
Macadré  (Jean),  p.,  lôg. 
Macadré  (Jean  I),  p.,  114. 
Macadré  (Jean  II),  p.  verr.,  114, 
Machadre.  Voy.  Macadré. 
Machefoing  (Etienne),  p.,  102,  233. 
*Mâcon,  3o6. 

Maçon  (Jean  I),  p.  verr.,  241. 
Maçon  (Nicolas),  p.  verr.,  242. 
Maçon  (Pierre  I),  p.  verr.,  226,  242- 

243. 
Madrain,  p.  verr.,  246. 
Madeleine  (sainte  Marie-),  104,  107, 

114,  25i,  276,  278,  280. 
*Madrid,  329. 

Magasin  pittoresque,  18,  43. 
Magat  (Limon  de),  202. 
Magnan  de  la  Roquette,  p.,  11. 
Magus  (Simon),  82. 
Manault  (de],  148. 
Maignien  (Edmond).  —  Les  artistes 

grenoblois.  Bibliogr.,  363. 
Mainfroy  (Guillaume),    p.,  170-171. 
Mainot.  Voy.  Harang-Cabasson. 
Maisonrouge  (seigneur  de),  12. 
Maîtres  contemporains,  64. 
Majard  (Claudine),  297. 
Malherbe,  3. 
*Malines,  73,  219 
Mallard  (Estienne),  291. 
Malprouvé  (Guiot),  22g. 
Mandarinade  (la),  14. 
Manoyer  (J.-L.),  p.,   11. 
*Mansoure,  263. 
*Manles,  66,  67. 

Mantz  (Paul),  9,   10,   129,  i32,  191. 
Maquart  (Mathurin),  p.,  i5o-i5i, 
Maralti  (Carlo),  p.,  3 10. 
Marc,  tailleur  de  pierre,  285. 
Marcassin  (Vincent),  p.  verr.,  241. 
Marcel,  209,  210,  211. 
Marcello,  se,  3 16. 

Marchant  (Jacques),  charpentier,  94. 
Marcien  (Jeanne),  201. 
Marcille,  i33. 
Marcus  Sextus,  255. 
Marengo  (bataille  de),  255. 
Maressal  (Antoinette),  44,  46,  47. 
Maressal  (Jean),  p.,  26,  43,  44,  45, 

46. 
Margat,  292,  3oi. 
*Margaux,  55. 
Margourt  (Jean),  23 1. 
Margouzet  (Etiennette),  3o8. 
Margouzet  (Marguerite),  3o8. 
Marguerite  de  Provence,  263. 
Mariage  de  Jean  IV,  duc  de  Bretagne, 

et  de  Jeanne,  fille  du  roi  de  r^a- 

varre,  55. 
Marie,  sœur  de  Lazare,  it. 
Marie- Antoinette,    217,    221,    23o, 

252,  264,  347,  349. 


—  (scènes  de  la  vie  de),  261. 
Mariette,  17,  38,  41,  45. 
Marin  (Jeanj,  246. 

Marin  (Louis),  327. 

Marionneau.  —  Quelques  tableaux 
remarquables  des  églises  de  pro- 
vince, 55-56. 

Marisy  fFrançois  de),  289. 

Marlet  (J.),  professeur  de  dessin,  2. 

Marlin  fClaude),  290. 

Marlin  (Marguerite),  290. 

Marly  (château  de),  204,  362. 

Marnas  (Charles),  3o5. 

Marniere  (Phelippe  de  la),  209,  210, 
21 1. 

Marolles  (l'abbé  de),  12,  248. 

*Marolles  en  Hurepoix,  58. 

Marout  (Jacques),  p.,  166. 

Marquisan  (Joseph),  327. 

Marrot  (Claude),  36. 

*Marseille,  11,  5o,  177-179,  218, 
246,  340.  Voy.  Musée. 

Marsy  (de),  23. 

Marteau  (Robert),  92. 

Martelet,  p.  verr.,  226. 

Marthe,  sœur  de  Lazare,  11. 

Marthelot.  Voy.  Girard  (M""). 

Martignac  (Mgr  de),  349. 

Martin,  3,  91. 

Martin,  p.,  122. 

Martin  (Aimé),  307. 

Martin  (Hugues),  charpentier,  90. 

Martin  (Jean),  charpentier,  91,  92. 

Martin  (Jeanne),  3o6. 

Martinot  (Claude),  249. 

Martyre  de  deux  prêtres  (le),  3 10. 

Marx  (Roger),  60.  61. 

Massa  (Toussaint),  se,  212,  21 3. 

Massard,  g.,  64. 

Masso  (Antoine  de),  orf.,  igg. 

Masso  (Claudine  de),  198. 

Masson  (Hippolyte),  p.,  192. 

Materon  (Louis),  2o3. 

Materon  (Marie),  2o3. 

Matillon  fJeanne),  3oo. 

Mauger  (Antoine),  avocat,  19. 

Maugis  (l'abbé  Claude),  29,  3o. 

Maupin  fSimon},  ingénieur,  294. 

Mauroy  (Simon),  se,  85. 

Mauvoisin  (Colinet),  se,  76. 

Mauzaise,  p.,  256. 

Mazarin  (M'"^  de  la  Vrillière,  duchesse 
de),  64. 

Mazeline  (Etienne),  p.,  i5,  42. 

Mazeline  fPierre),  se,  3i2. 

Mazeline  (Robert),  p.,  i5. 

Mazieu  (Adrien),  iicj. 

Meaume  (E.),  1 18. 

Médicis  (Marie  de),  26,  29,  3o,  38. 

—  (couronnement  de  Marie  de),  256. 
Médor.  Voy.  Angélique. 
Megemond  (l'abbé),  198,  199. 
Mégliorini  (Ferdinand),  lap.,  171-177. 


MEGLIORINI.  —  NANTES. 


383 


Mégliorini  (Horace),   lap.,    171- 177. 

Meilleraye  (de  la),  279. 

Mély  (F.  de),  129. 

Melchisedec  (sacrifice  de),  325. 

Mémoires  inédits  sur  la  vie  et  les 
ouvrages  des  membres  de  l'Acadé- 
mie royale  de  peinture  et  de  sculp- 
ture, 'iS,  i3i,  i32,  i35. 

Mémoires  et  correspondances  de  C. 
S.  Favart,  119-120. 

Mémoires  secrets,  346. 

Ménageot,  p.,  3 10. 

Menard  (Antoine),  116. 

Mercœur  (duchesse  de),  39. 

Mercure,  175. 

Mercure  français,  3 1 . 

Merino  (Ygnacio),  p.,  191. 

Menjaud,  p.,  257. 

Merson,  362. 

Meslin  (Ch.),  p.,  11. 

Mesnelay  (marcjuise  de),  279. 

Méton  (Françoise),  201. 

*Metz,  256. 

Meudon  (château  de),  327. 

Meynier,  p.,  235,  260,  264,  272,  273. 

Meysieu  (Henry),  se,  3oi,  304. 

Meysieu  (Jeanne),  3oi. 

Meysieu  (Michel),  se,  3oi. 

Mézeray,  32. 

Michallon  (Achille-Etna),  se,  187. 

Michaud,  3i. 

Michel  (Edmond),  362. 

Michel-Ange,  p.,  2  53. 

Michelin  (Christophe),  p.,  i66. 

Michelin  (Thomas),  notaire,  2o5, 
206. 

Michiels  (Alfred),  2,  5. 

Midi  (Femme  couchée),  190. 

Miège  (Suzanne),  304. 

Mignard,  p.,  6,  7,  5d. 

Mignard  (Nicolas),  p.,  11. 

Mignard  clown,  203-204. 

Milet,  362. 

Miline  (Antoinette),  197. 

Millet  (Fritz),  p.,  56. 

Millet  (Jean-François),   p.,  189-190. 

Millet  (M""),  190. 

Millon,  entrepreneur,  144,  146,  180. 

Millon  (Noël),  85. 

Mimerel  (Louis),  se,  293,  299,  3o6. 

'Mirecourt,  1 18. 

Mionnet  (M"""),  314. 

Mise  au  tombeau  (la),  20,  21. 

Miskou.  Voy.  Saint-Martin. 

Moireau  (Jean),  a.,  90. 

Moïse,  72. 

Mole  (Guillaume),  242. 

Mole  (Mathieu),  275-280. 

Molière,  177. 

—  lisant  le  Tartuffe,  256. 

Molin  (Jean),  200. 

Molinet  (Laurent  du),  244. 

Mollin  (Antoine),  304. 


Monet  (Antoinette),  3oi. 

Monge,  217. 

Monmerque,  2o5. 

Monnet,  p.,  3 10. 

Monnot  (Daniel),  se,  357. 

Monnot  (Etienne),  358. 

Monnot  (Jean),  se,  357,  358. 

Monnot  (Pierre-Etienne),  se,  357- 
358. 

Monnyer  (Olivier),  fond.,  198. 

Monot  (Martin-Claude),  se.,  3i3. 

Monsiau,  p.,  256,  260. 

Montaiglon  (Anatole  de).  —  Rapport 
à  l'assemblée  générale  de  la  Socié- 
té. Séance  du  17  mai  1887,  129- 
i35.  —  Son  nom  cité,  14,  21,  22,42. 

"Montbéliard,  287,  357. 

Montcalm  (marquis  de),  309. 

Montinier  (Jean),  charpentier,  91,  92, 

*Montpellier,  224. 

Montucla  (Jeanne),  202. 

Morange,  vicaire  général,  3o5. 

Moranssier  (Perrenette),  194. 

Mordant  (Jean),  p.,  166. 

Moreau  (Antoine),  p.,  i53. 

Moreau  (Macé),  157. 

Morel,  157. 

Morel  (Ysabeau),  295,  298,  299. 

Moret  (Jeanne),  194. 

Moréri,  historien,  17. 

Moriau,  36i. 

Mosaïstes,  183-184. 

Mosnier  (Jean),  p.,  29. 

Motu  (Jean),  maçon,  90. 

Moulin,  p.,  120,'  122. 

Moulinneuf,  p.,  11. 

*Mousselle,  307. 

*Moutier-la-Celle,  i52. 

Moyrinier  (Perrette),  95. 

Moyro  (Jehan),  290. 

Moyset  (Simon),  80. 

Muguet  ^Anne),  291. 

Muguet  (Pierre),  291. 

Murés  d'Argeton  (comte),  217. 

Muriau  (Marie),  3o8. 

Muriau  (Nicolas-Moïse),  se,  3o8. 

Muscon  (Marcelle),  96. 

Musée.  Avignon,  9,  10,  11. 

—  Bruxelles,  129,  i86. 

—  Dieppe,  362.  ' 

—  Marseille,  3. 

—  Naples,  2. 

—  Nantes,  302. 

—  Narbonne,  23. 

—  Nîmes,  1 1. 

—  Toulouse,  lo. 

—  Versailles,  2,  10,  184,  253. 
Muses  (les),  255. 

Musique  (la),  21 3,  214. 
Mytart,  p.,  n3. 

Nagler,  biographe,  124,  180. 
*Nantes,  55,  362.  Voy.  Musée. 


384 

Nanteuil.  Voy.  Lebœuf. 

*Naples,  59,  187,  314.  Voy.  Musée. 

Napoléon  I",  21g,  25o,  314. 

Napoléon  III,  314. 

Napolitain  (le),  p.,  6. 

*Narbonne,  23,  24. 

Narbonne  [Description  du  Musée  de), 

23. 

Narcisse,  279. 

Natier.  Voy." Le  Natier. 

Nativité  (la),  3io. 

Navez  (François-Joseph),   p.,    186, 

187»  188. 
Naville  (Louise),  3o8. 
Neel  (G.J,  297. 
Nerau.  Voy.  Nérot. 
Néron,  82,  83. 
Nérondat  (Jean),  3o7. 
Nérot  (Jean  I),  p.,  162. 
Nervo  (Claude  de),  293. 
Neufchastel  fPierre  de),  p.,  104. 
Neufchastel  (Simon  de),  p.,  104. 
Neufmaison  (Anne-Ursule  de),  126. 
Neufmaison  (Pierre  de),  p.,  126. 
*New-York,  191. 
Nicaud  (Claudine),  299. 
Nicolas,  p.,  107. 
Nicolas  I,  p.  verr.,  238. 
Nicolas  II,  p.  verr.,  241. 
Nicot  (Agnès),  233. 
*Nîmes,  Q. 

*Nîmes,  8,  9.  Voy.  Musée. 
Nittis,  p.,  64. 
Nivelon  (Marie),  171. 
Noailles  (duc  de),  276. 
Noblesse  française  à  l'église  (la),  12, 

i5,  29. 
Nocret,  p.,  6,  7. 
Noël,  se,  76. 
Noël  (Catelin),  297. 
*Noël-Cerneux,  357,  358. 
Noot  rColin),  se,  69. 
Noot  (Gilles),  se,  70. 
Noot  ou  Nouot  (Jean  I),  se,  70. 
Noquat  (Girard  le),   p.   verr.,    226, 

240-241. 
Nostalgie  (la),  319. 
Notre-Dame  de  Pitié,  i3. 
Nourrit,  imp.,  257,  302. 
Novel  (Jeanne),  304. 
Novel  (Louis),  se,  307. 
Novel  (Louise),  304. 
Novel  (Michel),  se,  3o4,  3o5. 
Noyers  (de),  17,  26. 
Noyers  (Mgr  de),  40. 
Nuisière  (Marie  de),  3o2. 

Obry  (Claudine),  307. 
Odet  ^Léonard),  g.,  194. 
Odet  (Mérode),  194. 
Odon  (Jean),  se,  76. 
Œdipe  et  Antigone,  258. 
Œdipe  détache  de  l'arbre,  190. 


NANTEUIL.  —  PARIS. 


Œuvres  de  M.  et  M"'  Favart,  120. 

OfFray  (Andrée),  20 3  . 

Offray  (Antoine),  202. 

Oger  (Claudine),  3oi. 

Ogier  (Claudine),  298. 

Ogier  (Jeanne),  202. 

Ogier  (Philippe),  198. 

Oeier  (Pierre-Mathieu),  g.,  202. 

Olagnier  (François),  2o3. 

OUivier  (Antoine^,  maître  tailleur  de 

pierre,  281,  282. 
Orange  (prince  d'),  127. 
Orange-Nassau.  Voy.  Guillaume. 
Oreste,  3i5. 
Orfèvrerie,   70,  81,  86,    io3,    i56, 

208,  209,  210,  211. 
Orfèvres,  70,  8i,  86,  io3,  198,  199, 

200,  208,  20Q,  210,  21 1,  290,  291, 

299,  363. 
Origines,  i3. 

Orléans  (Mgr  le  duc  d'),  i58. 
Orphée  et  Eurydice,  255. 
Orpheline  du  Temple  (F),  25i. 
Orsel,  p.,  II. 
Oudin  (Michel),  160. 
Oudot  (Jean),  se,  235. 
Oudot  (Jean  I),  se,  66. 
Oudot  (Jean  II),  se,  66. 
Oudot  (Jean  III),  se,  68,  6g,  71. 
Oudot  (Jeannin),  se,  68,  6g. 
Oudot  (Thevenin),  se,  68,  og. 
Oudry,  p.,  64. 
*Oxford,  224,  3i3. 

Pacalon  (Fleurie),  304. 

Pacour,  296. 

Paillet  (Claude),  se,  3oi. 

Paillet  (David),  3oi. 

Pain,  notaire,  323. 

Pajou,  se,  214,  3i3. 

Pa)ou,  p.,  2  58. 

Paie  (l'abbé),  igg,  200. 

Pallière,  p.,  257. 

*Pamiers  (Ariège),  55. 

Pandore,  217. 

Panthot  (Germain),  p.,  igj. 

Papillon  (Jean),  orf.,  8i,  86. 

Paraclet  (abbaye  du),  247. 

Paris  donnant  la  pomme,  257. 

Paris.  Arc  de  l'Etoile,  3 14. 

—  Bibliothèque  des  Archives  natio- 

nales, 3i,  37,  4g,  88-g4, 
96,  122,  i36,  i38,  140, 
172,  177,  180,  208,  21 1, 
328-334. 

—  —      nationale,  67,85,  96,  i37, 

i57,  i6i,  162,  i63,  167, 
236,  359,  36i,  363. 

—  —      Mazarine,  224. 

—  Château  de  la  Bastille,  33-36. 

—  Cimetière  Montparnasse,  igi,  287, 

3i8,  3i9,  320. 


PARIS. 


PELLETIER. 


385 


Paris.  Citaetièré  Montmartre,  3i8, 

320. 

—  -^      du   Père  -  Lachaise,    191, 

192,  3i8,  3iQ,  320. 

—  Couvent  des  Carmes  diéchaussés, 

21,41,42,45. 

—  —      des  Pénitents  blancs,  5. 

—  —      des    Pères    de    l'Oratoire, 

4,  5. 

—  Ecole  des  Beaux -Arts,  189,  191, 

214,  21 5. 

—  —      normale,  188. 

—  Eglise  de   Notre-Dame,    88-94, 

329,  332-337. 

—  —      de  Notre-Dame  de  Lorette, 

180. 

—  —      de  la  Sainte-Chapelle,  22 1 . 

—  —      de  Saint-Etienne  du  Mont, 

i6,  18,  42,  45,  49. 

—  —      de   Saint  -  Eustache,    118, 

3ig. 

—  —      de  Saint-Germain -l'Auxer- 

rois,  117. 

—  —      de    Saint  -  Germ£fin  -  des- 

Prés,  42,  45. 

—  —      de  Sainte-Geneviève,  i85, 

254,  255,  259. 

—  —      de   Saint- Jacques- de -la- 

Boucherie^   29,  3o,  42- 
45,  95,  96,  117. 

—  —      de    Saint-Jean-en-Grève, 

117. 

—  —      de  Sainte-Marguente,  52. 

—  —      de    Sainte-Marie- Madelei- 

ne,   52,    187-188,    25o- 
'  275,  345-356. 

—  —      de  Saint-Merry,  96,    116- 

1 18. 
1      —      —      de      Saint  -  Nicolas  -  des- 
m.  Champs,  2,  38,  52. 

—  —      de  Saint- Séverin,  53,  94. 

—  Hospice  de  Bicêtre,  10. 

—  —      des  Incurables,  322,  323. 

—  Hôpital  Saint-Jacques,  57. 

—  Hôtel-Dieu,  323. 
•^  Hôtel  de  Samuel-Bernard,  64, 

—  —      de  la  Banque  de  France, 
216. 

—  —      d'Egmont,  i25. 

—  —      des  Invalides,  216. 

—  —      de  Soubise,  i25. 

—  -      de  Ville,  i36-i37. 

—  Jardin  des  Plantes,  314. 

—  Manufacture   des   Gobelins,   121, 
126,  171-177,  184,  2o5-2o6,  36o. 

I    —  Musée  central  des  Arts,  9,  10. 
•*•      —      du  Louvre,  9,  10,  11,  16, 
45. 

—  —      du  Luxembourg,  3o. 

—  Parc- Royal,  30. 

—  Théâtre  de  la  Comédie- Française, 
124. 

—  —     de  l'Opéra,  121,  122,  127. 

ART  FR.    IV 


Paris.  Théâtre  du  Louvre,  122. 

—  Palais  de  la  Chambre  des  Dépu- 

tés, 187,  217. 

—  —      de  la  Cnambre  des  Pairs, 

187,  220. 

—  —      de  la  grande  Chancellerie, 

216. 

—  —      du  Louvre,  29. 

—  —      du  Luxembourg,  29,  253. 

—  —      des  Tuileries,  29,  529. 

—  Place  de  la  Concorde,  188. 

—  —      de  Grève,  37. 

—  —      Vendôme,  216. 

—  Pont  d'Iéna,  221. 

—  —      Louis  XVI,  217,  34g. 

—  —      des  Saints-Pères,  314. 

—  Prison  de  la  Conciergerie,  217. 

—  Salle  des  Menus  Plaisirs,  259. 
Parmesan,  p.,  7. 

Parrocel  (Etienne).  —  Découverte  à 
Marseille  d'une  œuvre  de  Jacques 
Clérion,  177-179.  —  Son  nom  cité, 
340. 

Pasquier  (François),  se,  3 12. 

Pasquier  (Jean)',  p.  verr.,  233. 

Pasquot  (Colas),  p.  verr.,  244. 

Passot  (  Guillemin  ),  p.,  107-108, 
242. 

Passot  (Jacques),  p.,  i5o. 

Passot  (Jacques  I),  p.,  i5i-i52,  i53, 
154. 

Passot  (Jacques  II),  p.,  169-170. 

Passot  (Jacquinot),  se,  80,  85. 

Passot  (Nicolas  I),  p.,  i5i. 

Patanchet  ou  Potanchet,  p.,  57. 

Pater,  p.,  64. 

Patrocle,  83, 

Pauillon,  p.,  i38,  i39,  327,  328. 

Paule  (Madeleine),  199. 

Paupie,  14. 

Paussier  (Gabrielle),  195. 

*Pavie,  23 1. 

Payelle  (Jacques),  199. 

Paysans  retournant  chez  eux,  190. 

Peccoult,  prêtre,  196,  199,  295. 

Pêche  miraculeuse  (la),  309. 

Peguet  (Mexme),  maçon,  Ii5-ii6. 

Pemtres,  1-47,  55-64,  68,  69,  74- 
76,  80,  94-114,  116-128,  i3è, 
138-143,  147-171,  186-197,  204- 
2o5j  225-247,  240-275,  287,  288, 
292,  293,  294,  298,  304,  3o6,  309- 
3io,  3x6-324,  327-337,  340-344, 
356,  357,  359-36r,  363. 

Peintres  provinciaux  de  Vancienne 
France,  i,  3,  16,  i3o,  288. 

Peinture,  1-47,  55-64,  68,  69,  74-76, 
96,  97-114,  118,  121-128,  106, 
138-140,  147-171,   iqo,    193,  225- 

2^6,   249,    251-280,    309-3  lO,     321- 

3^7,  340-342,  356,  3Î7,  35g. 
Pellegrin,  p.,  11. 
Pelletier,  357. 

25 


3$6 

Pellissier  (François),  notaire,  292. 

Pellissier  (Marguerite),  292. 

Pellissier  (Pierre),  23. 

Penchât,  3oi. 

Penchaud,  a.,  179. 

Penelle  (Claude),  couvreur,  94. 

Pentecôte  (le  jour  de  la),  3io. 

Pépin,  roi,  202. 

Percier,  a.,  347,  349. 

*Périgueux,  206,  207. 

Pernelle,  femme  de  Nicolas  Flamel, 

42. 
Perrier  (Guillaume),  p.,  196,  298. 
Perrin,  p.,  100. 
Perrin  (Fleurie),  293,  383. 
Perrochel    (  Charles  ),    seigneur    de 

Grandchamp,  12. 
Perroneau  (J.-B.),  p.,  64, 


PELLISSIER.  —  POYET. 


Perrot,  p.,  327,  328,  329,  33o,  33 1, 
332,  3?"' 


333. 


Perrot  (Richard),  p.,  161,  164. 

Pesseline  ou  Pesselive,  p.,  5"/. 

Peste  de  JafFa,  255. 

Petit  (l'abbé),  3o7,  3o8. 

Petit  (Achille-Jules),  192. 

Petit  (Catherine),  176. 

Petit  (Elie),  avocat,  16,  18,  22. 

Petit  (Savinien),  p.,  287. 

Petit  fM""  Savmien),  287. 

Petit  (Ysabeau),  291. 

*Petit-Ecoyeux,  55. 

Petitot,  se,  3 14,  3 16. 

Petitot  fils,  se,  349. 

Petitpas  (Claude),  117. 

Petitpas  (Grégoire),  p.,  117. 

Peur  (Jean),  p.  verr.,  236. 

Peyrard  (Anne),  3o3. 

Peyresc,  2. 

Phèdre  et  Hippolyte,  255. 

—  jugée  aux  enfers,  257. 

Philipon  (Jean),  se,  86. 

Philippe- Auguste,    25 1,    262,    263, 

272,  273. 
Philoctète  à  Lemnos,  256. 
Pie  (le  cardinal),  61. 
Pie  VII,  219. 
Piedefer  (Robert),  92. 
Pierre,  3oi. 
Pierre,  p.,  98. 
Pierre  de  Bruges,  p.,  99. 
Pierre  le  Grand,  257. 
Pierrot  à  la  police  correctionnelle, 

3i8. 
Pieta,  6,  7,  20,  56,  326. 
Piété  (la),  337. 
Piètre,  p.,  120,  121,  122. 
Pifferaro,  3 18. 
Pigalle,  se,  3i3. 
Piganiol  de  la  Force,  4,  5,  17,   19, 

^.?^'  43,  44,  89. 
Pilate,  83. 

Pilgrim  (lord),  hist.,  120, 
Pilinski,  223. 


Pillement,  p.,  11,  i5,  64,  527,  33o, 
33i,  332. 

Pilon  (Germain),  se,  49,  i3o. 

Pilon  (Germain),  menuisier,  49. 

Pinaigrier  (Marguerite),  95. 

Pinaigrier  (Nicolas  II),  p.,  95. 

Pinet  fl'abDé),  299,  3oi. 

Pins  (au).  Voy.  Barbe. 

Pinsot  (Jacques  I),  p.,  i55. 

Piotière  (de  la),  3o. 

Piqueret  (Claude),  p.  verr.,  240. 

Pirame  et  Thisbée,  276. 

*Pise,  254. 

Pithou  (Nicolas),  hist.,  157,  i6i, 
167. 

Pitro,  dans.,  128. 

Pion,  imp.,  357,  362. 

Ploton,  290. 

Pluchart.  Voy.  Doré  (M"'). 

Plumeraux  (Jacquinot),  p.  verr.,  228. 

P.  N.  Bibliogr.,  362. 

Poireau  (Louis),  maçon,  91,  92. 

Poisat  (Anne),  297. 

Poinsson  (Pierre),  48. 

Poitiers  (lycée  de),  2. 

Pomart  (Jeannin  de),  p.  verr.,  233. 

Pompadour  (M"'  de),  121. 

Ponnanceau  (Etienne),  p.,   117. 

Ponnanceau  (Marie),  117. 

Ponsonailhe,  hist.,  140. 

*Pont-de- l'Arche,  36,  37. 

Pontheron  (la  famille),  p.,  118. 

Porée  (l'abbé),  25. 

Port  (Célestin),  221. 

Portail,  se,  3i5. 

Porte  (Si monde),  194. 

Portes,  4. 

Portraits  contemporains,  222. 

Poteau  (Pierre),  p.  verr.,  236. 

Poterat  (Jeanne),   168. 

Pothier  (Dominique),  p.,  i63. 

Pothier  (François),  p.,  148,  i63. 

Pothier  (Jean),  p.,  148. 

Pothier  (Jean  I),  p.,  162. 

Pothier  (Louis),  p.,  i52. 

Pothier  (Nicolas  I),  p.,  148,  i56, 
159. 

Pothier  (Pierre),  p.,  161. 

Potier,  39. 

Potier  (l'abbé),  307. 

Pottier  (André),   12. 

Poujoulat,  3i. 

Poulain,  se,  327,  33 1. 

Poulleaux,  294. 

PouUiet  (l'abbé),  202,  3oi,  3o5. 

Poultier,  209,  210,  211. 

Poussin  (Nicolas),  p.,  i,  5',  7,  8,  14, 
16,  17,  19,  23,  25,  26,  27,  28,  42, 
45,  46. 

—  {Souvenir  de  la  jeunesse  de  Nico- 
las), 25. 

Power  (Jean-Charles),  p.,  191. 

Poyet  (Cathelin),  3o8. 


POYSAT.   —  ROETTIERS. 


Poysat  (Anne),  igS. 
Pozon  (Marguerite- Constance),  3o3. 
Pradel  (Etienne),  se,  3o2. 
Pradier,  se,  2i3,  222,  223,  3i4,  3i6. 
Prarond  (Ernest),  hist.,  27. 
Présentation  au  temple  (la),  45,  46. 
Prévost  (l'abbé),  3oo. 
Prévost  (Jac],  p.,  i  r. 
Prière  du  soir  (la),  3 19. 
Procès-verbaux  de   l'Académie  de 

peinture,  i3o,  )3i,  i33,  134,  2o5. 
Promises  (les  deux),  3 18. 
Prost,  197,  297-299. 
Prou  (Jacques),  se,  203-204. 
Prudan  (Jean),  iqg. 
Prudence  (la),  320. 
Prudliomme,  notaire,  275. 
Prud'hon  (P.),  p.,  n,  i33,  255,  260, 

264,  271,  272,  3ii. 
Prunay  (Jean),  p.,  154. 
Prunay  (Raphaël),  p.,  168. 
Prymatice  (l'abbé  François),  171. 
Puget  (Pierre),  se,  11,  5o,  177,  178, 

324,  325,  326. 
Purification  (la),  9. 
Puvigne  (M™*),  dans.,  128. 
*Puy-Notre-Dame    (Maine-et-Loire), 

55. 
Puysieux  (marquis  de),  359. 
Pyrrhus.  Voy.  Andromaque. 

Quatremère  de  Quincy,  5,  i85,  214. 

*Q.uébec,  3o9-3io. 

*Q.uedlinbourg,  224. 

Quenet  (Nicolas),  p.,  1 54-1 55. 

Quevestre  (Grégoire),  p.,  166. 

Quevestre  (Jacques),  p.,  i58. 

Quesnel,  p.,  56. 

Quichotte  (Scènes  des  aventures  de 

don),  249. 
Quintilien,  188. 

Rabbe,  352,  353. 
Rabel,  p.,  i^ 
Racet.  Voy.  Tau. 

Rachat  d'esclaves  chrétiens,  267-268. 
Rambeau  (Jeanne),  2g3. 
Ramey,  se,  34.9. 
Ranc  (Antoine),  p.,  140. 
Ranc  (Jean),  p.,  140-143. 
Rangeel,  219. 
Ransint  (Jeanne),  95. 
Ransint  de  La  Marche,  p.,  95. 
Raoul,  p.,  99. 
Raphaél.  Voy.  Sanzio. 
Rasset.  Voy.  Tau. 
Rathier,  p.,  258. 
Ravanas  (M"'),  3. 
Réaliste  fie),  319. 
Reboul  (Antoine  de),  23. 
Reboul  (J.-B.),  poète,  3. 
Recordon  (Pierre),  fond.,  294. 
hle 


Recueil  des  plus  beaux  tableaux  du  211 


387 


cabinet  de  messire  Boyer  d'Eguil- 

le,  3. 
Regnard  (Jehan_),  a.,  11 5. 
Regnault  (Henri),  p.,  64. 
Regnault  (Robert),  p.,  168. 
Reignier  (Gabriel),  se,  3o4-3o6. 
Régnier  (Jean),  304. 
*Reims,  11,  207,  203. 
Religieux  de  la  Thébaïde,  3 10. 
Religion  (la),   144,    145,  328,   333, 

337. 
Rembrand  (François),  p.,  292. 
Remond,  notaire,  323. 
Remyot  (Claude),  p.,  162. 
Renaissance  des  Arts,  q4, 95, 96, 117. 
Renaud  (Lucrèce),  193. 
Rendu  (Jeanne  Gillet,  femme  Sébas- 
tien), 192. 
Restout,  p.,  309,  3 10. 
Restout  (Jean),  p.,  i5. 
Restout  (Louis),  p.,  i5. 
Retondeur  (Amable),  199. 
Retondeur  (François),  g.,  199. 
Retondeur  (Marie),  19g. 
Reube  (Jeanne  de),  291. 
Revoil  (P.),  p.,  4,  II. 
Revue  britannique  (la),  63. 
Rey,  se,  177. 
Reynard   (Louis-Ovide-Georges),  p., 

191. 
Rey  nie  (de  la),  172. 
Richard  (Th.),  p.,  11. 
Richelieu  (cardinal  de),  32,  277,  349. 
Richelieu  {Mémoires  de),  3i. 
Richelieu  (maréchal  de),  I25. 
*Richeville,  338,  33q. 
Ricquier  (Louis-J.-F.),  p.,  320. 
Ricquier  (M""),  320. 
Ricoveri  (Antoine),  164. 
Ricoveri  (Domenico),  se,   p.  et   g., 

66,  148,  160,  164,  168,  169. 
Ricoveri  (Marie),  164. 
Rigaud  (Gaspard),  p.,  140,  141. 
Rigaud  (Hyacinthe),  p.,  140,  359. 
Rigaud  (Marguerite-Elisabeth),  140, 

141. 
Rivalz  (les),  p.,  10,  11. 
Robaut  (Alfred),  192. 
Robert,  se,  72. 
Robin  (Alexandre),  a.,  48. 
Robert  ^Barthélémy),  200. 
Robert  (Jean),  p.,  149. 
Robert  (Jeanne),  297. 
Robert  (Marcelle),  06. 
Robert-Dumesnil,  5,  i3. 
Robert  le  Pieux,  264. 
Rochejean  (Jacques),  se,  358. 
Rocher  (Louis),  a.,  323. 
Rochon,  concierge,  172. 
Rodelhat  (Balthazar),  246. 
Rœhn,  p.,  258. 
Roéttiers  (Jacques-Nicolas),  orf.,  210- 


3gS 


ROFFAVJPR. 


Roffayier  (Biaise),  199. 

Roger  (Adolphe),  p.,  3 19. 

Roger  (Léonard),  se,  3 12. 

Rohault,  a.,  847,  349. 

Roier  (Simon),  a.,  107. 

Roland  (Ph.-L.),  sc^  212-214,  218, 

3i3. 
Rolland  (l'abbé  J.),  290,  291. 
Roman    (  Jean-Baptiste-Louis  ),   se, 

3i4,  35o. 
Rombaud,  se,  5o. 
*Rome,  55,  253,  262. 

—  Eglise  Saint-Louis  des  Français, 
8,  II. 

-T  Palais  Farnèse,  6,  7,  8. 

Rondet  (JeanJ,  p.,  i36. 

Rondet  (Louis),  3oi. 

Rondonneau,  3o,  3i. 

Rondot  (Natalis).  —  Les  sculpteurs 
de  Troyes  au  xiv»  et  au  xv»  siècle, 
65-87.  —  Les  Peintres  de  Troyes 
du  xiii"  au  XV'  siècle,  97-114.  — 
Les  peintres  de  Troyes  dans  la 
première  moitié  du  xvi«  siècle, 
147-170.  —  Les  Graveurs  de  Lyon, 
193-203.  —  Les  Peintres  verriers 
de  Troyes  du  xiv'  et  du  xv"  siè- 
cle, 225-246.  —  Sculpteurs  de  Lyon 
des  xvi%  XVII'  et  xviii*  siècles,  289- 
309.  —  Nicolas  Bidau,  sculpteur 
et  médailleur  à  Lyon.  Bibliogr., 
362-363.  —   Son   nom   cité,    i3o, 

l32. 

Roque,  p.,  £  i. 

Roslin    (Emma-Blanche,    femme), 

320. 
Rosset  (Catherine),  3o5. 
Roter  (Chrestienl,  p.,  307. 
*Rothau  (Vosges),  191. 
Roubillac  (Jean-François),  se,  3i3. 
*Rouen,  12,  14,  i5,  42,  128,  25i. 
Rouget,  p.,  257. 
RouiUier  (Jeanne),  3o8. 
Rousseau  (Jean),  p.,  166. 
Rousseau  (Th.),  191. 
Rouser  (Antoine),  94. 
Rouser  (Robert),  94. 
Roussel  (le  général),  217. 
Rouvières  (A.),  3oo. 
Roux,  se,  144,  145,  147. 
Roy  (Estiennette),  199. 
Roy  (François),  198. 
Royer  (Charles-Raymond),  se,  342. 
Royer  (François-Henri),  p.,  3^.2-344, 
Royer  (François-Marie- Joseph),    p., 

342-344. 
Royer   (Pierre-Alexandre),   p.,   342- 

344, 
Roze.  Voy.  Bordin. 
Ruandé  (M"»  de),  14. 
Ruban  (Jacques),   107, 
Rubens,  p.,  38,  46,  55,  253. 

—  (honneurs  rendus  à),  257. 


SAINT- JACQUES. 

Rude,  se,  3i5,  3 16. 

*Russey    357,  358. 

Rutxhiel  (H.-J.),  se,  216-217,  253. 

Sabinus.  Voy.  Eponine. 
Sacquespée  (Adrien),  p.,  i5,  288, 
Sacquespée  (Pierre),  p.,  i5. 
Sacre  (le),  -zbo. 
Sacré-Cœur  (le),  3 10,  3 11. 
Sagesse  (la),  333. 
Saillans  (le  P.  de),  p.,  11. 
*Saillé,  55. 

Sainct-Loup  (Claude  de),  p.,  167. 
Saint-Ambroise  (abbé  de),  38. 
Saint-Aulbin  (Jean  de),  109. 
Saint  Augustin  en  extase,  3i3. 
Saint-Augustin  (mère  Canterel  de), 

supérieure  du  couvent  des  Ursu- 

lines,  22. 
Saint  Aventin,   i58. 
Saint   Bartholomé,    229-230,    232, 

233. 
Saint  Bernard,  261. 
Saint  Biaise,  107. 
Saint  Bruno,  253,  277. 

—  (Méditation  de),  3 10. 

Saint  Charles  Borromée,  41,  43,  44, 

45. 
Saint  Charles  en  extase,  29,  3o. 

—  distribuant  des  aumônes  aux  pau- 
vres, 16,  18. 

Saint  Clair  guérissant  les  aveugles, 
55. 

—  (Martyre  de),  25. 
Saint  Claude,  i56. 
Saint-CIoud  (château  de),  3 14. 
Saint-Denis,   10,  83,  i38,  230,  270, 

327,  328,  329,  33i. 

—  (Prédication  de),  256. 

—  (Dédicace  de  l'église  de),  255. 
*Saint-Denis,    i38,    i39,    254,    255, 

259,  203. 
Saint-Disant  (Ferrand  de),  328. 
Saint  Dominique,  4. 
Saint  Eloi,  81,  1 1 1,  241. 
Saint  Etienne,  85,  i58. 
Saint-Fargeau  (seigneur  de),  iz. 
Saint  Félix  de  Valois,  263. 
Saint  Fiacre,  23o. 
Saint  François,  60,  278,  280. 

—  recevant  le  rosaire,  57. 

Saint  François  de  Sales,  262,  263, 

271-272,  276. 
Saint  Georges,  61. 
Saint-Georges  (Guillet  de),  38. 
Saint-Georges  (Henry  de),  3o9. 
*Saint-Germain-en-Laye,  29,  33i. 
Saint  Grégoire,  239. 
Saint  Guillaume,  57. 
Saint  Hubert,  57. 
Saint-lgny  (Jean  de),  se,  p.    et  g., 

1-47,  288. 
Saint-Jacques,  32 1. 


SAINT-JEAN.  -^  SCULPTURE. 


389 


Saint-Jean,  p.,  ii. 

Saint  Jean-Baptiste,  9,  10,  70,  i56. 

—  (Décollation  de),  149. 

—  Sainte  Elisabeth  et  Zacharie,  55. 
Saint  Jean  l'Evangéliste,  40,  84,  m, 

275,    321. 

Saint  Jean  de  Matha,  263. 
Saint  Jérôme,  278,  3 10. 
Saint  Joseph,  5,  275,  278. 
Saint-Just  (l'abbé  de),  201. 
Saint  Ladre,  23q. 
Saint-Laurent  (Vincent),  9. 
Saint  Laurent  (martyre  de),  25. 
Saint  Lazare,  i5o. 

Saint  Louis,   41,  73,  145,  146,  224, 
261,  263,  265-267,  271-275. 

—  (scènes  de  la  vie  de),  236. 
Saint  Loup,  81. 

Saint  Luc,  évangéliste,  i5. 
Saint-Lynart  (Jean  de),  p.,  104. 
Saint  Marner,  23o. 
Saint  Marc,  1 14. 
Saint-Martin  (abbé  de),  14,  i6. 
Saint-Martin   (de),   marquis  de  Mis- 

kou,  14. 
Saint  Martin,  4,  262. 
Saint  Mathieu,  27g. 
Saint    Michel,    10,    29,    3o,  43,  76, 

77,  86,  229. 
Saint  Nicolas,  73. 
*Saint-Omer,  55. 
Saint  Pantaléon,  75,  iii. 
Saint  Paul   préchant  les  Athéniens, 

iQ,  67,  6g,  82,  83,  i5o,  23o,  256, 

280,  3io. 
•Saint-Pétersbourg,  222. 
Saint  Pierre,   5,   21,   24,  40,  67,  6g, 

72.  75,  77.  79.  82,  86,   106,  114, 

i5o,  23o,  277. 
Saint-Pol,  25i. 

Saint-Priest  (Ambroise  de),  290. 
Saint-Priest  (Catherine  de),  28g. 
Saint-Priest  (Laurent  de),  se,  289- 

2go, 
Saint  Rémi,  261,  266. 
Saint  Rieul,  3 18. 
Saint  Roch  guérissant  un  pestiféré, 

56. 
'Saint-Saturnin,  56. 
Saint  Savinien,  i58. 
Saint  Sébastien,  21,  56,  63,  log,  278. 
Saint-Séverin,  25i. 
Saint  Siméon,  45. 

*Saint-Symphorien-le-Château,    307. 
Saint  Thomas,  263. 

—  (incrédulité  de),  3. 
Saint  Urbain,  68. 
Saint  Vincent,  25. 

—  (martyre  de),  42. 
Saint  Zacharie,  55. 
Sainte-Agathe  (François  de),  52. 
Sainte  Anne,  g. 

Sainte  Batilde,  261,  262. 


Sainte  Catherine,  278. 

Sainte  Elisabeth,  55. 

Sainte  Famille,  2,  4. 

Sainte  Geneviève,  44,  262. 

Sainte  Hélène,  227. 

Sainte  Hoylde,  i58. 

Sainte  Marguerite,  83,  112. 

Sainte  Marie  Madeleine,  20,  21,  78, 

84. 
Sainte  Thérèse,  4. 
—  (la  vision  de),  3io. 
Sainte  Véronique,  277. 
Saintot  (de),  i38. 
Salle  (François  de  Baglion,  comte  de 

la),  363. 
Salle  (le  général  et  M"""  de),  255. 
Salade  (Laurent),  290. 
Salaise  (l'abbé),  3o8. 
Salon  de  1886  [le),  61. 
Samaritaine  (la),  53,  3og. 
Sambin  (Hugues),  p.,  ii._ 
Sancey  (Gautier),  p.,  166. 
*San  Miguel   de  Piura  (Pérou),  igi. 
Santerre,  p.,  56. 

Sanzio  (Raphaël),  p.,  9,  40,  253,  256. 
Sarrabat  (Dan.),  p.,  11. 
Sartre  (Marc),  293. 
Satens  (famille),  342-344. 
Satre  (Marc),  3o3. 
Sauclier  (Aubry),  p.,  104. 
Saulcier  (Aubry),  p.  verr.,  234,  235. 
Saulcier  (Jeannin),  p.  verr.,  234,  235. 
Saulnier  (Guillaume),  p.,  96. 
Sauny  (Philiberte),  304. 
Saussoys  (Gautier),  p.,  166. 
Sauvage,  36o,  36i. 
Sauvage  (Jacquemin),  p.  verr.,  226, 

229-231,    233. 

Sauvan  (Ph.),  p.,  11. 

Savine.  Voy.  Brissonnet. 

Savarin   (Jacques),   menuisier,    304. 

Savarin  (Suzanne),  304. 

Savary  (Claude),  se,  igS,  197. 

Savary  (Pierre),  197. 

Savoie  (Marie-Louise-Gabrielle  de), 
32g. 

Saxe  (le  maréchal  de),  120,  127,  3i3. 

Sceaux  (château  de),  64. 

Scellés  d'artistes^  2o5. 

Scipion,  38,  276. 

Scotin,  g.,   i3g. 

Scribner^s  Monthly,  i8g. 

Sculpteurs,  12,  i3,  14,  i5,  4.9,  5o, 
5i,  52,  53,  65-87,  '"')  1°^,  110, 
ii3,  i36-i37,  138-140,  143-148, 
14g,  i52,  i55,  159,  162,  169, 
177-183,  184-189,   igg,  203-204, 

212-223,     235,    247-249,    252,    281- 

286,  288-3og,   3ii-3i6,    322-325, 
327-344,  349-354,  357,  358,  362; 
363. 
Sculpture,  4g-5i,   65-87,    i36-i37, 
138-140,   143-147,    177-ïjg,   180- 


3  go 


SÉBASTIEN.  —  TÊTE. 


i8g,  204,  2  12-223,  235,  247-24Q, 
25i,  281-286,  288-3og,  3ii-3io, 
324,  325,  327-337,  340,  34Q-358, 
363. 

Sébastien,  prêtre,  197. 

*Séez,  36,  37. 

Séguiran  (Pierre),  246. 

Sé]Ournet,  53. 

Selmy  (J.  et  Pellegrino),  doreurs,  326, 
327. 

Semeur  (le),  190. 

Sénemaud,  129. 

*Sens,  238,  23q,  244,  245,  261,  262. 

Sensier  (Alfred),  190,  toi. 

*Sepmes  (Indre-et-Loire),  193. 

Séranon  (de),  3. 

Serre  (M.),  p.,  11. 

Servandoni  (le  chevalier  Jean-Nico- 
las),   p.,    119,     120,    121,    122,   123. 

Seugnot,  p.  vèrr.,  235. 

*Seurre,  io3. 

Sève  (Jean),  p.,  102. 

Sévigné  (M"'^  de),  3 11,  3 12. 

*Séville,  245. 

Sevin,  p.,  106. 

Sevin  (P.),  p.,  1 1. 

Sèze  (Mgr  de),  35o. 

Sibrecq  (Bernard),  se,  294. 

Sibrecq  (Françoise),  294. 

Sibrecq  (Marguerite),  "295. 

Sibrecq  (Girard),  se,  294,  295,  29g. 

Sieuray  (Geneviève),  339. 

Sigaud,    ingénieur,   281,   282,    283, 

284,  286. 
Sigaud,  a.,   143,  144,  145,  180,  181, 

i83. 
Silvy,  doreur,  327. 
Silvestre,  p.,  i3q. 
Simart  (Etienne),  se,  71,  3i5. 
Siméon  (vicomte),  352. 
Simon,  hist.,  23,  25,  28,  29,  38,  42, 

43. 
Simon.  Voy.  Jésus-Christ. 
Simon,  p.,  gg,  i38. 
Simon  (Jean  I),  p.  verr.,  234-235. 
Simon  (Jean  II),  p.  verr.,  234,  236, 

237. 
Simon  (Mathias),  se,  2g5. 
Simon  (Nicolas),  p.,  107. 
Simon  (Paquost),  orf.,  2go. 
Simon   (Suzanne  ),    2g2,    2g3,   2g5, 

3o7. 
Siti  (André).  3o-35,  37. 
Siti  (François),  3o-35,  37. 
Slodtz  (les),  se,  ï38,  i3g,  328,  32g, 

33o,  33i,  332,  333,  334,  337. 
Sobliaz  (M"=),  igg. 
Soissons  (Jehan  de),  81. 
'Boissons,  247,  35o. 
Soissons  {Histoire  de  la  ville  de), 

247. 
Sommariva  (de),  214. 
*Soncourt  (Haute-Marne),  3 18. 


Soubrien.  Voy.  Saint-Loup. 

Soudan  (Henri),  a.,  67. 

Soulié  (Eud.),  I,  18,  184. 

Sourches  (marquis  de),  204. 

Souvenir  de  la  fête  de  la  Madone, 
187. 

Sparron  (Jean-Baptiste),  2o3. 

Spierre  (Cl.),  p.,  11. 

Spoury,  p.,  125. 

Stein  (Henri).  —  Germain  Pilon, 
maître  menuisier  à  Paris,  4g.  — 
Bibliogr.,  64.  —  Un  tableau  de 
Claude  Deruet,  118.  —  Le  graveur 
Laurent  Cars  et  l'expulsion  des 
Jésuites,  206-208.  —  La  famille 
du  sculpteur  franc-comtois  Pierre- 
Etienne  Monnot,  357-358.  —  Son 
nom  cité,  12g,  i3i,  134,  i35,  363. 

Stella,  p.,  3io. 

Stella  (Françoise),  igg. 

Stella  (Madeleine),  ig8,  igg,  200. 

Steube,  p.,  257. 

Stromatourgie  [la),  i33. 

Strozzi  (l'abbé),  176. 

Sublot  (Jeannm),  p.  verr.,  233. 

Suchet  (Anne),  3o8. 

Suffren  (le  bailly  de),  117. 

Sumas  (François),  3oo. 

Sybrèque.  Voy.  Cibret. 

Symon  (Jean),  p.,  io5. 

Symon  (Jean  I),  p.,  io3. 

Tableau  historique  des  sciences,  bel- 
les-lettres et  arts  en  Picardie,  22. 
Taconet  (Gabriel),  menuisier,  304. 
Taillebois  (Guillemin),  se,  71. 
Taillet  (Jean),  p.,   168. 
Taiz  ou  Tays.  Voy.  Thays. 
Talbot,  25 1. 

Talemer  (Jean),  p.  verr.,  104,  234. 
Talemer  (Philippe),  p.  verr.,  236. 
Tailleur  (Catherine),  2o3. 
Tailleur  (Louise),  2o3. 
Tailleur  (Nicolas),  2o3. 
Talouet  (le  général),  217. 
Tannegui  du  Châtel,  25 1. 
Tapisseries,  io5,  24g. 
Tapissiers,  io5,  2o5,  206,  363. 
Tardif,  p.,  120,  122. 
Tassaert,  p.,  64. 
Tau  (Rasset),  p.,  io3. 
Tautet.  Voy.  Caritet. 
Télémaque  et  Eucharis,  255. 
Temple  (Guillaume  du),  229. 
Temps  [le),  63. 
Tendresse  maternelle,  256. 
Terpsichore,  214. 
Tessié,  docteur  médecin,  58. 
Tessier  (Jehanne),  118. 
Tessier  (Pierre),  p.,  118. 
Tessin  (comte  de).  64. 
Testelin  (Jusquin),  118. 
Tête  de  cire  (la),  61. 


THARCILIN.  —  VAUBLANC. 


Tharcilin  (François),  p.,  i66. 
Tharonot  (Guillaume),  p.,  14g,  167. 
Tharonot    (Jacques),    p.,    149-150, 

i5i,  154. 
Tharonot  (Jean),  p.,  iio,  164. 
Tharonot  (Jean  II),  p.,  14g. 
Tharonot  (Jean  III),  p.,  161. 
Tharonot  (Michel),  p.,  168. 
Thays  (Michel  I),  p.,  i58. 
Thays  (Nicolas),  p.,   164. 
The  Century  Illiistratea,  189. 
Theuenard,  299. 
Thévenard,  impr.,  SSy. 
Thevenet  (Louis-Jean),  180. 
Thévenette,  104. 
Thévenette,  p.  verr.,  236. 
Thibaudier,  i^'i,  344. 
Thibaut,  a.,  347. 
Thibaut,  p.,  11. 
Thibaut  ou  Thiébaut,  se,  66. 
Thibaut  V,  98. 
Thibert,  notaire,  204. 
Thierriat,  p.,  n. 
Thierry  (Catherine;,  291. 
Thierry  (Françoise),  3o5. 
Thierry    (Jean),  se,  291-292,    3oo, 

3o5. 
Thierry  (Jehan),  maçon,  229. 
Thierry  (Pacot),  3oo. 
Thisbée.  Voy.  Pirame. 
Thomassin  le  Flamand,  se,  71. 
Thury  (Héricart  de),  347,  348. 
Tilly  (seigneur  de),  12. 
Timbal  (Charles),  p.,  64. 
Tirement  (Jean),  p.  verr.,  2  38. 
Tobie,  279. 
*Tolbiac,  262. 
*Tolède,  245. 
Tomur  (Isabelle),  117. 
Tonte  des  moutons,  190. 
Toro  (B.),  n. 
Toscat,  a.,  281. 
*Toulon,   49-5 1,   53,    54,    143-147, 

177,  i8i-i83,  246,  281-286,  324- 

327,  340-342. 
*Toulouse,  24,  3i3.  Voy.  Musée. 
Tour  (Tirement  de  la),  p.  verr.,  237. 
Tourbe  (Gabriel  de),  p.,  197. 
*Tournai,  5,  67,  72,  36i. 
Tournai,  23,  24. 
Tournehem  (Le  Normand  de),  36 1- 

362. 
Tourneux  (Maurice).  —  Bibliogr., 

63-64.  —  ^^^  ^*^"^  ^^^^'  '^9- 
Tournier,  p.,  10. 
*Tournus,  307. 
*Tours,  3i,  47,  48,  Il 5. 
Trainou.  Voy.  Jean  d'Orléans. 
Tramblin  (André),  p.,  126,  36o, 
Tramblin   (Charles-André),  p.,   119, 

120,  121,  122,  126,  36o,  561. 
Tramblin  (Pierre-Robert),  p.,  126. 
Trébutien,  i3. 


391 

*Treste  (lisez  Trets,   Bouches -du- 

Rhône),  178. 
Trézel,  p.,  257. 
Trieur  (Isabelle),  117. 
Tristant,  21. 

Troël  (René-François),  se,  337-339. 
Tronchet,  212,  3i3. 
Trouslieu  (Jean),  3oo. 
Trouvère  (le),  3 18. 
Troy  (J.),  p.,  II. 
*Troyes,  26,65-87,97-114,  147-17 1, 

225-246. 
Trubert  (Jeannin),  se,  66. 
Trubert  (Pierre  ou  Perrin  I),  se,  68. 
Trubert  (Perrin  II  ou  Pierre),  se,  70. 
Trubert  (Thomas),  se,  66. 
Tuby  (Jean-Baptiste),  se,  3i5. 
Tuetey  (Alexandre).  —  Le  graveur 

lorrain  François  Briot.  Bibliogr., 

287-288.  —  Son   nom    cité,    129, 

i33,  i34-i35. 
Tulié  (Lamoralle),  se,  322. 
*Tunis,  203. 
*Turin,  219. 

Turpin  (Charles),  chanoine,  322. 
Turquet,  prêtre,  195,  197,  294. 

Univers  {l'),  61. 

Uret  (Grégoire),  g.,  195. 

Vacher  (Simon),  se,  3o8. 

Vacher.  Voy.  Le  Vachier. 

Vachet  (Catherine),  307. 

Vaflard,  p.,  256. 

Vaillant  (V.-J.).  —  Nicolas  Bailly, 
peintre,  204-205.  —  A  propos 
d'une  statue  de  la  cathédrale  de 
Soissons,  247-249.  —  Le  peintre 
tourangeau  Arnould  Ferrand,  821. 
—  Son  nom  cité,  356. 

Vaillant  (Loys),  menuisier,  118. 

Valbelle  (comte  de),  340. 

Valeniin,  p.,  4. 

Vallavieille,  notaire,  324. 

Vallée  (Paul-Adrien),  53. 

Vallée  fPauI-Félix),  53. 

Vallet  ae  Viriville,  236. 

Valton  (François^,  3o2. 

Vandœuvre  (Philippe  de),  76. 

Van  Brée.  Voy.  Ricquier. 

Van  Dyck,  3 10. 

Van  Geel  (Louis),  212,  21 3. 

Vanloo,  p.,  3io. 

Vanloo  (Jean-Baptiste),  p.,  325, 

Van  Panderen,  g.,  2. 

Vander  Cabel  (Adrian),  p.,  293. 

Vanier  (Claude),  297. 

Vanier  (Jean),  se,  297. 

Varin  (Liévin),  p.  verr.,  1 14,  226, 
238-240,  244,  245. 

Vasco  de  Troyes,  p.  verr.,  245. 

Vatepin  (Jean),  p.,  i55. 

Vaublanc  (de),  252,  266. 


Vaudoyer,  a.,  3i5. 

Vaugin  (Madeleine),  200. 

Vaultrouilley  (Jean),  p.,  166. 

Vaynier  (Jean),  se,  igô. 

Velu  (Anne),  504. 

Vendalle  (Marie),  i8ô. 

Vendegrin  (Jean-Baptiste),  194. 

Vendegrin  (Otton),  p.  et  g.,  194. 

*Venise,  bg,  253. 

Vente  Virœus  (Franciècuà  de  la),  p., 

56. 
Vénus,  178,  314. 
Vernansal,  p.,  337. 
Vernet  (les),  p.,  235,  260,  264,  3 16. 
Vernet  (Carie),  p.,  273-275. 
Véron  (Françoise),  igS. 
Verrat  (Jean),  p*  verr.^  226,  239,  245. 
Verrat  (Jean  I),  p.  verr.,  243-244. 
Verrey.  Voy.  Viare. 
*Versailles,   i,   121,   172,    178,   3i5, 

362,  363.  Voy.  Musée. 

—  (palais  de),  04,  3 12. 
Vertus  (Jean  de),  p.  verr.,  2  36. 
Vestris  (les),  dans.,   127-128. 
Vestris  (M""),  dans.,  128. 
Vevelet  (Gabriel),  304. 
Vevelet  (Jacques).  Voy.  Delaune. 
Veyrier  (Christophe),  se,  324-325. 
Vialon  (Jeanne),  3o3. 

Viare  (Girard),  p.,  i55-i56. 
Viaron.  Voy.  Viare. 
Viarrey.  Voy.  Viare. 
Viart,  32,  33,  33,  36,  37. 
Vie  (Dominique  de),  évêque,  4. 
*Vienne,  1 19-122,  i23,  126. 
Vierge,  3,  7,  9,  61,   109,  275,  277, 
278,  280. 

—  (Annonciation  delà),  i,  2,  55,  241. 

—  (Assomption   de  la),   11,   ig,  21, 
24,  23,  35,  36,  1 18. 

—  (Mort  de  la),  36. 

—  (Scènes  de  la  vie  de  la),  175. 

—  et  Jésus  Enfant,  20,  3 10. 

—  asisise  et  tenant  l'Enfant  Jésus,  4, 
7,  16. 

—  assise  au  pied  de  la  croix,  56. 

—  foulant  aux   pieds  le  serpent,  56. 

—  au  milieu  du  ciel,  20. 

—  écrasant  la  tête  du  serpent,  144, 
145. 

—  au  chat,  6,  7. 

—  de  Sparte,  220. 
Vignaud,  p.,  256. 

Vignon,  a.,  23o,  252,  346,  347,  348. 
Vignon  (Claude),  p.,  14,  3 10. 
Villacerf  (de),  i3i. 


VAUDOYER.  —  ZIPOLt. 


Villain  (l'abbé),  42,  43. 

Villard  de  Honnecoùrt,  224. 

Villaribus.  Voy.  Johannes. 

Villars.  Voy.  Villaribus. 

*Ville-Neuve-r Archevêque,  271. 

*Villedieu-les-Poeles  (Manche),  57. 

Villiers  (seigneur  de),  12. 

Villiers  (Jean  de),  p.,  io5. 

Villon,  poète,  37. 

Villot  (Frédéric^,  10,  272. 

Vincent,  p.,  214. 

Vincent  (Èstienne),  292. 

Vincent  (Hélène),  292. 

Vinci  (Léonard),  p.,  59. 

Viollet-le-Duc,  a.,  97. 

VioUet-le-Duc  (Etienne-Adolphe),  p., 
3i7. 

*Vire  (Calvados),  56,  5?. 

Virgile  lisant  son  Enéide  devant  Au- 
guste et  Octave,  258. 

Vitel  (Erard  de),  chanoine,  22g. 

Vitel.  Voy.  Gaucheran. 

Vivien  (Arnoul),  79. 

Vivier  f Jacques- Etienne),  se,  52. 

Vivier  (Pierre-Etienne),  52. 

Vœnius  (Otto),  p.,  28. 

Volairè  (Jacques),  p.,  326,  327. 

Voilant  (Jehan),  290. 

Volontaires  de  1792  (les),  3 19, 

Volpo  (Anne),  tgo. 

Volpo  (Claire),  196. 

Voltaire  {le),  6r. 

Vouet  (Aubin),  p.,  47. 

Vouet  (Simon),  p.,  46,  47. 

Vougin  (Madeleine),  3oo. 

Vousge  (de),  329. 

Vrilliere  (M™*  de  la).  Voy.  Mazarin. 

Vulcain,  217. 

Vyare.  Voy.  Viare. 

Vyerrey.  Voy.  Viare. 

Warin  (Quentin),  p.,  1-47,  i3o. 

Warin  (M°"),  p  ,  19, 

Warin  (sœur  Sainte-Madeleine,  fille 

de  Quentin),  p.,  22. 
Wicar  (Jean-Baptiste),  p.,  314, 

Ximenès  (cardinal  de),  245. 

Ysabeau,  339. 
Ysabeau  (Denise),  196. 

Zani,  hist.,  19,  22. 

Zénobie  retrouvée  sur  les  bords  de 

l'Araxe,  256. 
Zipoly  (Dominique),  175,  176. 

Henry  Jouin. 


Nogent-le-Rotrou,  imprimerie  Daupeley-Gouverneur. 


BINDING  SECT.  MAR  2  4  )969 


N  Archives  de  l'art  français 

68a 
A82 

sér.3A 
t.3 


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